Blogue de Lyne Robichaud

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02 novembre 2010

Stratégies de communication multilingue de gov2.0


Les enjeux de développement du gouvernement 2.0 sont énormes.

Le monde rétrécit. L'utilisation croissante de l'Internet suscite de nouvelles opportunités.

S'ouvre ainsi devant nous une réelle potentialité de conquérir de nombreux États, qui adopteront éventuellement cette importante tendance en gestion publique: le gouvernement 2.0.

Mais pour y arriver, il faudrait d'abord réaliser le grand rêve d'une communication généralisée.

Le temps est venu pour les principaux acteurs du gouvernement 2.0 de se débarrasser de cette idée que l’anglais convient à toutes les situations, et de cesser d'entretenir une certaine complaisance reposant sur l’absence de mise en place de stratégies de communication multilingue. Cela reposait probablement sur le fait que leur langue native - l'anglais - ouvre aussi de grands marchés où l’anglais n’est pas la langue officielle.

Toutefois, dialoguer dans la langue des «clients étrangers» est la première étape indispensable, si l’on veut comprendre les différences culturelles et surmonter les difficultés qu’elles génèrent.

Donc pour développer davantage de gouvernement 2.0 à travers le monde, une ouverture sur d'autres langues s'avérerait une stratégie gagnante.

Par ailleurs, l'anglais régnait en maître sur la toile web, informatique oblige. Mais la tendance est en train de s'inverser. Les internautes ne semblent pas prêts à se couler dans cette «world culture» unique. Bientôt, l'Internet accueillera plus d'utilisateurs non anglophones que d'utilisateurs anglophones.

Il y a quelques jours, les dirigeants francophones réunis au Sommet à Montreux ont indiqué qu'ils voulaient peser davantage dans l'échiquier mondial. L'Organisation internationale de la francophonie réclame une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU. «Nous décidons de consolider la place et la visibilité de la Francophonie dans la gouvernance mondiale, conscients de sa valeur ajoutée comme acteur des relations internationales», indique un communiqué.

Les défenseurs du gouvernement 2.0 devraient profiter de ce désir des pays francophones d'affirmer leur place dans la gouvernance mondiale pour leur vendre l'idée de l'empowerment des citoyens et de gouvernement ouvert.

Par ailleurs, lors du Sommet de Montreux, le gouvernement du Québec a annoncé qu'il accueillera en 2012, comme le souhaitait l'administration de Jean Charest, un forum international sur la langue française. Les États participants au Sommet ont appuyé l'idée, a souligné le premier ministre du Québec, Jean Charest. L'exercice doit permettre de mener une «réflexion en profondeur» en vue de déterminer les «gestes à faire pour l'affirmation de la langue française», a dit le premier ministre.

Alan W. Silverberg

Hier, Alan W. Silverberg (@IdeaGov) a publié dans le Huffington Post 'Why I Launched Gov20LA', où il explique qu'en février 2010, il a mis sur pied la première «non-conférence» ou non-camp à Los Angeles. Deux éléments ont attiré mon attention: il parle de «portail» (ce qui me fait penser à un portail vertical d'information multilingue portant sur le gouvernement 2.0), et il mentionné que l'édition de 2011 comportera une composante de diffusion en espagnol.

À ma connaissance, il s'agit de la première non-conférence en lien avec le gouvernement 2.0 qui diffusera officiellement dans une seconde langue.

Des individus s'exprimant en d'autres langues que l'anglais contribuent au rayonnement de l'information concernant le gouvernement 2.0 à travers le monde.

Pour ma part, cela fait longtemps que je rêve de développer des contenus en français à propos du gouvernement 2.0. Je m'efforce de faire de mon mieux, avec les moyens du bord.

En mars 2009, j'ai couvert en français, de manière informelle sur Twitter, la non-conférence de gouvernement 2.0, pilotée entre autres par le Dr Mark Drapeau (@cheeky_geeky), ayant eu lieu à Washington.

Depuis quelque temps, j'assure (bénévolement) une couverture en français sur Twitter des émissions de radio de Gov20Radio, fondé par Adriel Hampton (@AdrielHampton).

J'ai participé au colloque Beyond 2010 à Edmonton les 20 et 21 octobre dernier, et mes quelque 150 tweets (dont une majorité en français) m'ont positionnée en troisième position de la tête du palmarès d'impact des 355 tweeterers ayant participé à cet événement, d'après une analyse de TweetTronics.

Une analyse d'impact de TweetTronics pour #gov20 effectuée le 1er novembre indique que je serais la seule francophone parmi les 20 premiers utilisateurs (j'occupe la 15ième position) à utiliser le hashtag #gov20.

L'édition multilingue de contenus implique: traduction, édition, correction d’épreuves, rédaction de résumés, interprétation, terminologie, technologies linguistiques [traitement de la parole, reconnaissance et synthèse vocales], etc. L'édition multilingue, ce n'est pas simple, cela exige des budgets dédiés à ces tâches, mais surtout une organisation bien huilée, flexible, rapide et efficace.

Pour pouvoir bâtir des relations transculturelles gratifiantes, il faut avoir la volonté de s'adapter, être conscient que des obstacles culturels se posent lors de traductions, éviter les stéréotypes négatifs, et avoir une bonne préparation préalable dans le domaine de la compréhension interculturelle.

Un organisme, un groupement d'organisme, un gouvernement, ou un groupement de gouvernements, viendra-t-il appuyer la mise en place, et soutenir financièrement, des stratégies de communication multilingue, dans le but de développer la tendance de gouvernement 2.0 à travers le monde?

31 mars 2009

L’heure du choix, pour le Citoyen 2.0

Alan W. Silberberg

Le dirigeant de You2Gov, Alan W. Silberberg, a participé à l’événement Gov2.0 Camp, qui s’est déroulé à Washington aux États-Unis les 27 et 28 mars dernier. Le chanceux! J’y serais volontiers allée sur les genoux… En couvrant l’événement en français, j’ai pu suivre la montée d’adénaline et le ravissement des participants: ce qui a propulsé #gov20camp en 2ième position des sujets les plus discutés sur Twitter pendant 12 heures le 27 mars et 9 heures et demi le 28 mars.

L’ami Vallier Lapierre m’a dit hier sur Twitter: «À peu près certain qu'aucun Québécois n'y est allé. On a pu savoir ce qui se passait grâce à toi et @Emergent007» (Claude Malaison).

J’ai trouvé cela plutôt très décevant que seulement deux Québécois aient prient la peine de twitter à propos de Gov2.0 Camp. Pour ma part, mes efforts ont donné des résultats, car je me suis classée No.4 parmi les top trendsetters de #gov20camp, d’après TwoPopular. J’ai maintenu cette position pendant les deux journées de l’événement. Je suis la seule francophone de ce palmarès, naturellement.

J’avoue que je trouve cela de plus en plus difficile de frayer avec les virtuoses du gouvernement 2.0, pendant que dans la vraie vie, je n’ai encore récolté que du rejet et du mépris de la part des autorités québécoises. Tout un contraste! Alan W. Silbergerg décrit avec brio le décalage existant entre les innovateurs - ceux qui pensent le gouvernement 2.0 - et les autorités gouvernementales.

Dans son billet d’aujourd’hui intitulé ‘Citizen 2.0 Meets Government 2.0’, Alan W. Silberberg nous fait part de son enthousiasme pour son expérience à Gov2.0 camp. Et il pose une question à 100,000 dollars! J’ai trouvé son billet si intéressant que je l’ai traduit au complet.
«J’ai fait partie des principaux penseurs, en ce qui a trait au Gouvernement 2.0 à Washington, DC. Ce fut grisant de me retrouver parmi autant de pilotes de la pensée critique et de sensibilisateurs.

Qu’en ai-je retenu, à part bien entendu une profonde satisfaction, du fait que tous les efforts déployés par You2Gov pour créer l'un des premiers sites Internet de Gouvernement Ouvert à la fine pointe des outils en lien avec Gouvernement 2.0, en valaient la peine?

L’équilibre symbiotique nécessaire à une utilisation appropriée de ces outils et une acceptation étendue, de même qu’à leur mise en œuvre, m’apparaît un peu comme un mariage. Le secteur privé innove et se situe en avance sur la capacité du gouvernement à gérer ces changements rapides. Le secteur gouvernemental est avide d’accepter ces nouveaux outils et entame le processus de création d’un cadre de Gouvernement Ouvert pour des communications à la fois autorisées (sécurisées) et publiques (non sécurisées).

Mais à ces deux aspects très importants, il manque l’autre partie du triangle d’un Gouvernement Ouvert. Le citoyen ayant acquis de l’empowerment agissant à la fois pour créer et utiliser les outils, afin de tenir des comptes du gouvernement, devient maintenant le Citoyen 2.0. (Andrea Baker et Adriel Hampton ont tous deux écrit à propos du Citoyen 2.0 auparavant). Mais le débat doit tourner autour de l’interaction entre les trois parties du triange. Le peuple, le gouvernement et l’industrie.

Nous sommes à la recherche de percées historiques qui modifient totalement la façon dont nous communiquons avec notre gouvernement, et comment notre gouvernement communique avec nous. Oui, il s’agit de notre gouvernement. Beaucoup de gens semblent oublier ces paroles mémorables de la Constitution des États-Unis: «Le pouvoir au peuple, par le peuple et pour le peuple.» Il ne s'agit plus de quelques curieux termes et anciens usages de l’anglais. Les Pères fondateurs étaient explicitement spécifiques dans le choix¸ emplacement et l'utilisation de ces mots. Ils sont basés sur la rationalisation de la crainte d’un leadership impérial, et sur les fondements qu’une démocratie en découle et se produise lorsque tous participent.

Ainsi, alors que tous les grands contractants du gouvernement tentent d’entrevoir quoi vendre prochainement au gouvernement, et que le gouvernement est lui-même aux prises avec la façon de définir, de capturer et d'optimiser ces technologies nouvelles, le Citizen 2.0 est confronté à un choix. Il s’agit d’un choix qui est relativement nouveau en ce qui concerne notre démocratie oligarchique. Ce choix tourne autour de ce concept: Le Citoyen 2.0 devrait-il jouer un rôle actif dans notre démocratie, en utilisant ces outils, ou bien le Citoyen 2.0 devrait-il s’asseoir passivement et continuer de regarder, en laisser des choses survenir dans notre gouvernement, que nous ne tolérions jamais qu’elles arrivent dans notre propre foyer?»
 
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