Blogue de Lyne Robichaud

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09 avril 2012

3 questions à Lyne Robichaud militante et stratège de l'ouverture des données

Je reproduis ici une interview du Forum francophone des données ouvertes, une initiative de Link4Dev, publiée à Dakar, au Sénégal, le 7 avril 2012.
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FFDO: Lyne, Merci de vous présenter à la communautés francophone en relation avec vos activités de militante des données ouvertes notamment le gouvernement ouvert
Je m’appelle Lyne Robichaud, francophone, résidant à Trois-Rivières, au Québec, Canada. Passionnée pour le gouvernement ouvert depuis plusieurs années. Analyste et gestionnaire de projets internet en décembre 2010 avec John F Moore de Government in the Lab nous avons conçu un projet de partenariat multilatéral de gouvernement ouvert s’adressant aux États ayant le français en partage. Le projet vise 39 pays et 977 de leurs villes. Depuis novembre 2010, je suis ‘Engagement manager’ dans l’équipe du groupe de réflexion Edgeryders sur les jeunes et la transition piloté par le Conseil de l’Europe. Edgeryders vise à impliquer les jeunes, ainsi que toute personne de tout âge qui serait intéressée à collaborer, dans la construction d’une vision partagée de la façon dont les citoyens et autorités gouvernementales pourrait travailler ensemble pour réussir la transition pour tout le monde.

Les résultats finaux de cet exercice seront présentés à la Commission européenne ainsi qu’aux 47 États membres du Conseil de l’Europe, au cours d’une conférence, en juin 2012. En mars 2012 au Comité 2.0 de l’Institute for Consciousness Research, qui a pour mission de faire prendre conscience le fait que la science est sur le point d’effectuer une percée monumentale, qui permettra de faire débloquer un réel potentiel humain. Je veux contribuer à faire connaître ce processus qui confère un pouvoir d’agir et également explorer ses innombrables applications dans les sphères d’activités humaines, dont entre autres, le modèle de gouvernement ouvert.

FFDO: Justement que devrait-on retenir de votre vision du Gouvernement ouvert?
Ma vision d’un gouvernement ouvert consiste en un partenariat hybride – une intégration transnationale créant des ponts entre une culture distincte et des identités nationales. Je pense que cela permettrait de fournir une opportunité instructive et exploratoire sans précédent pour le développement du gouvernement ouvert à travers le monde.

Il existe, depuis septembre 2011, l’Open Government Partnership. Cependant, les principaux pays de la Francophonie ne s’y sont pas encore joint, car il n’existe pas vraiment de gouvernement ouvert implanté dans des pays francophones pour le moment.

Je ne sais pas exactement encore comment il faut s’y prendre pour rompre les effets de la régulation culturelle, ou l’acculturation. Cela fait plusieurs années que je passe mon temps à me demander comment les sphères anglophone et francophone pourraient devenir comme des vases communicants. Cela serait peut-être possible si la sphère francophone était considérée comme étant «forte», s’il y avait davantage d’égalité entre les deux sphères.

Ces cinq dernières années, j’ai fait de mon mieux pour devenir un pont vivant entre anglophones et francophones. J’édite mon blog – L’Ère du Temps – en 2 langues (ce qui n’est pas encore le cas de plusieurs institutions gouvernementales). L’osmose m’attire. Il s’agit d’un phénomène qui se définit comme le mouvement de molécules de solvants passant à travers une membrane sélectivement perméable, dans le but d’égaliser les concentrations de soluté sur les deux côtés. J’aimerais pouvoir appliquer ce système biologique à la sphère gouvernementale. J’aimerais voir l’information concernant le gouvernement ouvert voyager de l’anglais vers le français (et d’autres langues), et vice-versa.

Je suis lasse d’avoir à me confronter à l’acculturation de facto de membres de ma communauté, à travers l’assimilation à une culture (soi-disant) mondiale, et la négation de l’identité culturelle. Pendant des années, j’ai eu sur une base quotidienne à négocier activement les limites de la séparation culturelle, l’assimilation et l’exclusion. Par conséquent, il me tarde de voir germer des solutions tendant vers de la fusion et de l’inclusion.

Je crois que l’hyperespace transnational devrait être l’expression de différentes cultures et de l’évolution des langues. J’entrevois que si les médias sociaux permettent de nouvelles notions de connectivité, de communication et d’interaction, les médias sociaux produisent et diffusent également de nouvelles cultures. Je voudrais étendre cette approche au gouvernement ouvert. C’est ainsi que j’en suis venue, en décembre 2010, en collaboration avec John F. Moore de Government in the Lab, à proposer un projet de partenariat multilatéral de gouvernement ouvert et Francophonie, visant une majorité d’États francophones (39 pour être précis, soit la moitié du membership de l’OIF) et près de 1000 de leurs villes – ce qui créerait une masse critique de gouvernements – qui s’impliqueraient dans un partenariat basé sur les principes de la philosophie du gouvernement ouvert.

FFDO: Votre dernier mot, Lyne
Merci d’avoir lancé cette initiative de forum francophone des données ouvertes, et pour terminer je dirai que je parle souvent “de transcendance et de conscience collective”. J’aimerais voir se réaliser, à long terme, une métamorphose transculturelle, transcendant différents mondes et réalités. Dans l’intervalle, nous sommes pris entre plusieurs mondes dominés par des politiques divergentes, des économies déséquilibrées, des cultures contrastées, et des communautés divisées, dans un village globalisé et le rétrécissement de l’anomie. La nouvelle spatialité associée à un monde en mouvement conteste nos définitions et signification des frontières, de la territorialité, de l’État-nation, la société civile, la citoyenneté, la gouvernance et la démocratie. Nous flottons entre deux espaces, qui ne sont ni ici ni là-bas et en même temps à la fois ici et là. Une nouvelle façon d’entrevoir le monde – entre deux – consisterait à la fois en une fusion et en des dualités contrastées de l’hyper mobilité et de la proximité, du détachement et de l’appartenance, du fait de se sentir chez soi et à l’écart, et d’un nouveau sens de multi-appartenance. Je considère que ces questions devraient être considérées, dans les stratégies internationales de développement du gouvernement ouvert, car ne sommes-nous pas en train de devenir des citoyens du monde?

Pour en savoir plus sur Lyne Robichaud:
sur Linkedin: http://www.linkedin.com/pub/lyne-robichaud/12/245/822

20 septembre 2010

11 réponses à Dragonne (e)SLEEP (interview)

Depuis cinq jours, je collabore avec la reine Dragonne sur Empire Avenue à ériger un empire à The Cave, une nouvelle communauté de réseautage axée sur le jeu et le plaisir. Jusqu'à présent, nous connaissons un succès retentissant, avec une cinquantaine de membres. Nous avons même atteint la 17ième position du Top Influence parmi l'ensemble des groupes de Empire Avenue. On peut dire que nous avons le vent dans les voiles. Dragonne m'a demandé de répondre à quelques questions. Voici la version en français d'une interview qu'elle publie sous forme de billet dans son blogue The Dragon's Cave.


Parlez-nous de vous.
J’oscille entre deux passions, les médias sociaux et l’art. Je suis un agent de changement, une gestionnaire de projets Internet et un artisan en métiers d’art. Je suis douée pour l'analyse des situations, l'amélioration des structures organisationnelles et la gestion de dossiers complexes. Je suis un meneur d'hommes, une sorte de mélange d’entrepreneur passionné avec un côté social rêveur. Lorsque je pilote un dossier, je m’implique à fond. J’agis en fonction d’atteindre un idéal. J’ai habité à Montréal pendant 20 ans. Je vis présentement dans ma ville natale, Trois-Rivières. Je suis une mère monoparentale d’un garçon lumineux de cinq ans.

Dites-nous pourquoi vous avez rejoint Empire Avenue, et ce que vous en espérez.
J’ai été informée de l’existence de Empire Avenue par mon un ex-collègue de Web escape agents, Geoffroi Garon (e)GGAR, qui avait publié un article à propos de EAv sur Facebook. Étant donné que j’adore les médias sociaux, je me suis immédiatement inscrite. Depuis ma toute première journée sur Empire Avenue, je n’ai pas cessé de rire. J’ai vraiment beaucoup de plaisir à réseauter sur ce site.

Je me sers de Empire Avenue pour réseauter et consolider mes liens avec des gens. J’ai revu sur Empire Avenue plusieurs leaders d’opinion que je croisais déjà sur Facebook et Twitter. Et j’ai découvert aussi des perles rares, des personnes créatives et passionnées, toutes plus douées les unes que les autres dans leurs domaines respectifs. Empire Avenue s’avère un puissant outil de réseautage pour moi. Je suis béate d’admiration, comme un enfant devant un étalage infini de jouets. Empire Avenue, c’est une expérience incroyable pour moi.

Dites-nous ce que vous pensez que signifie l’influence.
Un leader d’opinion est un individu influençant d’une manière informelle le comportement d’autres personnes dans une direction souhaitée. L’une des idées les plus établies concernant la transmission de l’information est l’importance de la communication interpersonnelle. L’information diffusée par le bouche-à-oreille a un impact plus grand sur la décision (par exemple d’achat) que les autres sources d’information classiques comme la publicité.

Je pense que les décideurs NE DEVRAIENT EN AUCUN CAS DÉLAISSER les leaders d’opinion. Ils devraient tout faire pour mettre en œuvre des stratégies de communications qui leur sont adaptées, et forger une relation à long terme avec les leaders d’opinion, en les invitant à être des membres d’honneur dans leurs panels, ou des bêta-testeurs de nouvelles politiques et de mesures. Si ces stratégies sont menées correctement, les leaders d’opinion peuvent se transformer et devenir des transporteurs d’une information positive, et par conséquent, influencer les autres citoyens composant une communauté.

Parlez-nous du contenu que vous aimez.
Je m’intéresse à ce qui concerne le Gouvernement 2.0 et le développement des médias sociaux.

Ces derniers mois, j'ai passé beaucoup de temps à me documenter sur la conscience, qui est un champ, ou la conscience collective, la définition de la matière (de la physique quantique), et l’expérience du centième singe. Car j’entrevois un lien entre la conscience collective et les médias sociaux.

Je suis curieuse à propos de tout ce qui permet de dépasser les barrières de l'«impossible» et le dépassement de soi.


Parlez-nous de votre travail d’artisan. Il est plutôt beau.
Mes œuvres en sont en papier. J’utilise une très ancienne forme d’art – le quilling – qui existe depuis la Renaissance. Les moines se servaient du quilling pour enluminer des textes religieux. Cela consiste à utiliser des bandes de papier qui sont roulées, façonnées, et collées ensemble pour créer des motifs décoratifs. Le papier est enroulé autour d'une plume pour créer une forme spiralée de base. Les motifs la plupart des fleurs et des feuilles forment d'élégants topiaires, des bijoux, des cartes de souhaits, et d’autres objets décoratifs. J’utilise du papier sans acide et j’enduis mes oeuvres d'un produit acrylique pour les rendre structurellement plus solides. Pour en savoir plus, consultez ma démarche artistique. Mes oeuvres sur Flickr.


J’ai recommencé à créer en 2009, après la mort de mon père. Le choc de son décès a réveillé ma créativité. Il s’agit de ma seconde carrière artistique. Après avoir obtenu mon diplôme universitaire, je m’étais lancée dans une carrière d’artiste en arts visuels. À l’âge de 26 ans, je me suis retrouvée à la tête de l’Association des artistes en arts visuels du Québec. J’ai dirigé des relations gouvernementales pendant plusieurs années et j’ai atteint les objectifs fixés. Mes démarches et ma persévérance ont conduit, en 1995, à la reconnaissance des ateliers d'artistes dans la Loi sur la fiscalité municipale du Québec. Par la suite j’ai délaissé les arts visuels pour me spécialiser dans les communications Internet.

Vous êtes très engagée dans le Gov2.0, dites-nous pourquoi cela est si important pour nous.
Le Gouvernement 2.0 est ce qui m’intéresse le plus en ce moment. «Gouvernement 2.0» désigne l’intégration de la nouvelle génération de médias numériques, à la structure et au fonctionnement d'une Administration. Je crois que la notion de sagesse des foules peut s'appliquer à la gouvernance. Cependant, mon cœur se brise rien à y penser! Je trouve cette situation déchirante, car j’aurais le goût de m’y investir, mais je ne perçois pas présentement d’ouverture pour le Gov2.0 au Québec. Il est regrettable d’envisager qu’un changement pourrait possiblement prendre plus d’une décennie.

Je pense que le Gouvernement 2.0 favorise une prise de conscience collective cohérente qui pourrait non seulement améliorer la qualité de la vie urbaine, mais aussi résoudre les conflits internationaux et assurer la paix mondiale.

C'est pourquoi, même si je ne suis pas plongée à fond dans un pilotage de dossier de Gouvernement 2.0 comme je le souhaiterais, j’admire et j’applaudis les personnes qui m'inspirent, ces leaders qui poussent pour que les choses avancent. Par exemple, Adriel Hampton (e)ADRIEL représente depuis plusieurs années un modèle de leadership pour moi.
Je crois au pouvoir miraculeux des médias sociaux. Ils refaçonnent notre manière de communiquer. Ils pourraient réinventer notre société.

Dites-nous quelles sont les 5 choses que vous n’aimez pas.
La peur. La fermeture d’esprit. Les «control freaks». L’autoritarisme. Le repli sur soi.
Le mensonge. Manquer à sa parole.
L’indifférence. La perte de confiance envers l’État et la politique.
Que l’on s’adresse à moi d’une autre pièce: je suis visuelle. Regardez-moi dans les yeux!
La culture du silence qui sévit depuis plusieurs années au Canada et au Québec.

Dites-nous quelles sont les 5 choses que vous aimez.
La transparence. La démocratie. Les communications. Les solutions durables.
La beauté, l’art.
La liberté de penser et de créer.
L'énergie, l'amour, l'harmonie des relations.
La stabilité émotionnelle, le bien-être intérieur, la paix de l'esprit, le bonheur.

Vous affichez une liste intéressante de livres sur Facebook, dites-nous en plus sur ce que vous aimez lire.
Je lis surtout des essais sociologiques, scientifiques et spirituels. Mes auteurs préférés sont le romancier et essayiste français Pascal Bruckner (La Mélancolie démocratique; Misère de la Prospérité; L’Euphorie Perpétuelle) qui s'évertue à témoigner des réalités sociales, et le Dr Deepak Chopra, médecin penseur indien, que le TIME a classé parmi les 100 personnes les plus influentes au monde. Cette année, je suis en train de lire l’œuvre complète de Chopra (j’ai lu une dizaine de ses livres au cours de l’été, et il m’en reste encore 45 à décortiquer): Pouvoir, liberté, grâce; Esprit éternel et corps sans âge; Le Corps Quantique.

D’autres livres qui m’ont marquée: Gregory Berns, Iconoclasts. James Surowiecki, The Wisdom of Crowds. Naomi Klein, The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism. Miguel Ruiz, La maîtrise de l’amour et Le cinquième accord Toltèque.

Dites-nous quelque chose à propos de vous dont personne n’est au courant.

Bien que j’aie une présence très forte dans les médias sociaux, dans la vraie vie, je suis plus réservée. Je parle peu, et je suis portée à observer les gens et les situations. Comme le dit souvent un de mes amis bloggeur, ‘I’m better on paper.’

À quelle date (approximative) avez-vous rejoint Empire Avenue?
J’ai découvert Empire Avenue il y a environ 6 semaines.

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