Blogue de Lyne Robichaud

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24 juin 2011

Prix des médias sociaux aux Émirats arabes unis: Célébrer certaines grandes valeurs

Alors que je m'apprête à transmettre mes commentaires au leader parlementaire adjoint, dans le cadre de son analyse du potentiel du Web 2.0, je me document sur ce que d'autres pays ont fait, sur les diverses politiques d'utilisation des médias sociaux, et comment ils effectuent la transition entre un ancien mode de gestion vers la philosophie du gouvernement ouvert. L'exemple des Émirats arabes unis m'intéresse vivement, et je lirai avec attention leur politique au cours des prochains jours.

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PRIX DES MÉDIAS SOCIAUX AUX ÉMIRATS ARABES UNIS: CÉLÉBRER CERTAINES GRANDES VALEURS
Traduction par Lyne Robichaud de Ibrahim Elbalawi (@iBalawi), 24 juin 2001, publié à GovintheLab.com, 'The UAE Social Media Award: Celebrating some Great Values'

Les lignes directrices de l'utilisation des médias sociaux développées par le eGovernment fédéral (@EmirateseGov) aux Émirats Arabes Unis (UAE) s'est fait décerner «L'initiative médias sociaux de l'année» lors de la conférence 'Government Digital Media' organisée par @govdmf à Dubaï plus tôt ce mois-ci.

J'ai eu l'honneur de diriger le groupe de travail du gouvernement ayant collaboré à l'élaboration de cet important document politique , cette récompense n'est pas seulement une récompense pour l'effort d'équipe, mais aussi une récompense de la pratique et des valeurs qui ont régi le processus de formulation des politiques. Ici, je souligne certains éléments (de cet document):

* Être proactif: Bien que le document des lignes directrices de la politique (concernant les médias sociaux) ait été officiellement lancé en mars dernier, le réel processus de développement n'a été lancé qu'en avril (de cette année), 2010. En raison de la date de lancement, certains pensaient que c'était une réaction à la montée des médias sociaux dans la région le mois dernier, et que celle-ci avait joué un rôle dans les changements en cours. Je souhaite préciser: ce n'était pas une réaction. Au lieu de cela, ce fut une initiative bien planifiée ayant débuté beaucoup plus tôt que cela. Merci à l'esprit proactif de M.. Salem Al Shair (Directeur de l'administration en ligne des Émirats arabes unis ) et à la façon dont il a accordé de l'empowerment au groupe de travail.

* Collaboration gouvernementale croisée: à partir d'avril 2010, l'approche de développement de la politique a été conçue pour garantir une collaboration maximale avec les entités gouvernementales fédérales et locales à travers les Émirats arabes unis. Cela s'est reflété dans le forum sur les politiques et les séances de table ronde où la première version de la politique a été rédigée, et aussi dans la collaboration continue et la discussion en ligne. (Consultez le lien pour visionner les photos à la fin de ce billet)

* Implication des citoyens: enrichir l'interaction avec le public (les citoyens et résidents) est l'un des objectifs clés de l'adoption d'une stratégie des médias sociaux du eGovernment des Émirats arabes unis, alors nous comptons grandement consulté le public et écouté leurs opinions sur l'usage du des médias sociaux par le gouvernement, et comment la politique devrait les affecter. Cela a aidé à offrir aux entités gouvernementales une meilleure compréhension du point de vue des citoyens lors de la rédaction de cette politique.

* Partenariat: Je suis un fervent croyant du partenariat entre le gouvernement et les instituts de recherche. Lorsque nous avons décidé de développer cette politique en partenariat avec un institut de recherche, la Dubaï School of Government (@dubaischoolgovt) a été notre choix ultime en raison de l'expertise et des ressources de son programme de recherche spécialisé – L'innovation dans la recherche à propos du gouvernement fut dirigée par M.. Fadi Salem (@Fadisalem). Ce billet est une autre occasion de le dire: merci Fadi!

Autant que nous apprécions ce prix, nous savons que nous n'avons pas beaucoup de temps pour célébrer! Nous devons continuer à faire notre travail de promotion de l'utilisation plus efficace des médias sociaux au sein du gouvernement, cette politique doit être d'une grande aide!

Pour en savoir plus sur les orientations politiques et le processus, vous pouvez:

* Télécharger le document
* Visionner la collection de photos
* Lire mon billet précédent : Three Reasons Why the Social Media Guidelines of UAE eGovernment are Vital (Trois raisons pour lesquelles les lignes directrices des médias sociaux de la cyberadministration des Émirats arabes unis sont cruciales)
Auteur de ce billet: Ibrahim Elbadawi. Biographie: Stratège eGovernment fédéral à l'eGovernment des Emirats Arabes Unis & et chercheur. Intérêts actuels comprennent le gouvernement ouvert, la participation des citoyens et les médias sociaux. Ses billets reflètent ses opinions personnelles.

07 juin 2011

Une année en 90 jours: «Soyez agiles», recommande Beth Noveck

Les gestionnaires de projets Internet savent que le temps est relatif. Ils savent que sur Internet, une année (de 365 jours) équivaut en fait à une période de 90 jours. Ce qui signifie que les gestionnaires planifient des activités (concours, événements en direct, participation à des événements réels) ou des renouvellements (de design, changement au contenu, ajouts de sections, animations dans les forums, etc.) en fonction de ce laps de temps. Ne pas agir, dans un site Internet, pendant 90 jours, peut se traduire par des pertes importantes d’achalandage et d’image.

Nous sommes à l’ère des médias sociaux. Nous sommes à l’ère du temps d'Internet. Alors il faut être conscient que le temps étant relatif – tout le monde sait cela, n’est-ce pas? – les actions gouvernementales devraient s’ajuster en fonction de cette perception de l’écoulement du temps, le temps subjectif, et non pas en fonction du temps objectif (indiqué par l’horloge invariable). La théorie de la relativité nous indique que la mesure du temps est différente d'un référentiel à un autre, mais qu’il existe une simultanéité objective locale.

Les interactions de la matière dans l’espace (définis comme phénomènes physiques) nécessitent un degré de liberté (une dimension): le temps. En physique, le temps subjectif peut, en première approche, être défini comme l'altération psychologique du temps objectif. La durée (c’est-à-dire, l'impression subjective du temps) dépend particulièrement des émotions ressenties par la personne qui l'évalue.

Nous sommes à l’ère des médias sociaux, qui produisent l’effet d’une simultanéité objective locale.

Les gouvernements soucieux d’améliorer leur relation avec les citoyens devraient réaliser qu’ils ne bougent pas assez vite, et faire des efforts pour agir plus rapidement. C’est ce que recommande Beth Noveck, la gourou américaine du gouvernement ouvert, ex-responsable adjointe pour la technologie de l'initiative Gouvernement ouvert (Deputy Chief Technology Officer) des États-Unis, et qui vient d’être engagée par le gouvernement britannique, dans un témoignage survenu le 2 mars 2011 devant le Comité permanent sur l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique (ETHI) de la Chambre des communes du Canada:
Soyez agiles - Si possible, favorisez les innovations qui peuvent être mises en œuvre dans un délai de 90 jours ou moins. Obligez les organisations à agir plus rapidement, découragez la bureaucratie et encouragez le remue-méninge créatif et l'innovation. Le besoin de rapidité encourage une volonté d'aller vers les autres, y compris dans le secteur public.

08 avril 2011

A notch further

I have to confess I had tears of joy, I cried when I opened the link http://openideo.com. I have been hoping for such a project for a while.
I believe it is the right path, it is what our world needs to solve major global issues.
The right formula, the (technical) solution seems to have been found.
What is missing now – rather non-technical – is a critical mass of people who will think about these issues. [And I insist on the word ‘think’ VS ‘write’, or ‘click’, or ‘comment’, or use a platform. Just thinking would be enough.]
A critical mass has to be cultivated.
It can be achieved by training government officials first.
When government leaders from around the world will learn
how the human mind works and what it does,
When they will make a link between the rise of social media,
open government platforms and the power of collective consciousness,
When government leaders will understand
what is the nature of collective consciousness,
When they will learn how to manage with consciousness the collective consciousness,
When they will unite their voices (it could be a few spokesmen) and repeat in every way possible the same message – ‘We need your help’, ‘We ask for your collaboration’, ‘This month, we want to focus on this problem, please give us a hand’.
When this will happen, we will see a transformation.
A shift in collective consciousness will occur, and problems will get solved.
In the meantime, more countries have to implement open government initiatives, so that more citizens from around the world can take the habit of participating in collective projects.
(Open government) business models are popular. They sell well to government officials. They fit well in budgets.
However, I believe the ultimate use of open government innovative tools is tapping into the wisdom of crowds (the collective consciousness) to find solutions.
Nobody barely ever talks about these things. Yet these things are the very essence of what we are.
I did not expect to see emerge a site as http://openideo.com so soon. I thought it would occur in a few years.
In recent months we have seen examples of what social media can do for nations under the yoke of an autocratic government. Several government officials are beginning to realize what social media can do. For example, the deputy mayor of Nantes Jean-Marc Ayrault (ref. this video interview by Simon Robic) said that recent global events had made him understand the importance of social issues. This led him to launch an open data initiative.
We should go a notch further, and teach to government officials how to use the wisdom of crowds.

04 mars 2011

L’Afrique, l’eldorado de l’Internet mobile pourrait devenir aussi l’eldorado du Gouvernement ouvert

Le français se développe-t-il à travers le monde? Le français est la neuvième langue parlée au monde, et la deuxième langue enseignée, avec 116 millions d’apprenants, d’après l’Organisation internationale de la Francophonie.

Un rapport de l’OIF indique que le français se développe en Afrique, principalement pour des raisons démographiques, stagne en Amérique du Nord, et décline en Europe. (La Langue française dans le monde 2010, préfacée par Abdou Diouf, réalisé par l’Observatoire de la langue française de l’OIF)

En Afrique, on assiste depuis quelque temps à un boom phénoménal de croissance de la téléphonie mobile (333 millions d'abonnés aujourd'hui contre 88 millions il y a cinq ans). L'Internet mobile et les médias sociaux enregistrent le développement le plus rapide dans le monde, a indiqué dernièrement Mary Meeker (analyste américaine de l'Internet). Voilà un exemple d’innovation spectaculaire! L'Afrique a précédé le reste du monde dans le passage de la téléphonie fixe vers la téléphonie mobile, a indiqué un rapport de l'Union internationale des télécommunications (Mesurer la société de l’information).

Dans cet eldorado de l’Internet mobile, un développement économique, politique et social devient envisageable. Plusieurs États africains pourraient être bientôt mûrs pour introduire une gouvernance ouverte.

Jon von Tetzchner
«L’accessibilité des téléphones mobiles signifie que l’Internet mobile peut permettre à des dizaines de millions de personnes de se connecter; beaucoup plus que le Web par câbles», a indiqué Jon von Tetzchner, cofondateur d’Opera (navigateur Internet pour téléphone portable).

Il reste néanmoins encore quelques nuages à l’horizon. Les coûts de l'accès à l’Internet demeurent exorbitants: un Africain doit dépenser en moyenne 17,7% de son revenu mensuel brut, contre 1,1% seulement pour un Européen, indique l’Union internationale des télécommunications.

Actuellement, vivent en Afrique près de la moitié des francophones du monde entier.

L’Organisation internationale de la Francophonie prévoit qu’en 2050, il y aura 85% des francophones en Afrique.

Imaginez un instant ce que cela peut signifier pour le développement de la langue française sur Internet et dans le monde, si vous combinez ces statistiques à l’avancée la plus rapide de l’Internet mobile et des médias sociaux. Ajoutez à ce portrait imaginaire une gouvernance ouverte, axée sur la transparence, la participation et la collaboration.

Les nouvelles technologies offrent une opportunité inégalée pour la construction d’une société démocratique dans les pays africains. En favorisant l'essor du Gouvernement ouvert en Afrique, cela permettrait aux citoyens africains d’exprimer leur opinion librement, leur offrirait la possibilité de contribuer à des discussions et de participer à des projets gouvernementaux. Et par le fait même, avec la numérisation de très nombreuses données publiques, on assisterait à un essor sans précédent de la langue française sur Internet.

01 février 2011

Les médias sociaux facilitent-ils un cheminement vers la responsabilité?

L'individu contemporain occidental se voudrait autonome, conquérant et responsable. Toutefois, il est engourdi. Les gouvernements ouverts souhaitent qu'ait lieu une collaboration et participation citoyenne. Quel genre de citoyens rencontrons-nous de nos jours? Ces citoyens sont-ils responsables?

L'individualisme est une «maladie» sournoise malheureusement très répandue. Le citoyen moderne a développé une fâcheuse tendance à jouer à l'enfant ou à pleurer sur son sort. Dans un cas comme dans l'autre, c'est une façon de fuir ses responsabilités, de tricher et, finalement, de ruiner la vie sociale.

Comment jouir de l’indépendance tout en esquivant ses devoirs? Par deux échappatoires, l’infantilisme et la victimisation, ces «maladies» de l’individu contemporain. D'un côté, l'adulte, choyé par la société de consommation, voudrait garder les privilèges de l'enfance, ne renoncer à rien tout en étant diverti en permanence. De l'autre, l'adulte se peint en martyr, même s'il ne souffre que du simple malheur d'exister. (Pascal Bruckner, La Tentation de l'innocence, 1996)

Dans ce cas, les bien-souffrants seraient les nouveaux bien-pensants.

Que favoriserait l'épanouissement vers un «bien-souffrant», plus responsable?

Aujourd'hui, on a plus souvent recours au psychiatre, aux médicaments et à l'avocat qu'à la responsabilité et à l'intelligence. Scandalisés par le moindre incident de notre existence, nous crions à la barbarie lorsque nous ne sommes pas immédiatement contentés. La médicalisation croissante de nos existences est signe des temps, des frustrations, et de l'incapacité à surmonter une existence incertaine et une histoire tragique.

Par ailleurs, le fossé entre les sexes se creuse. Il y a bel et bien une crise structurelle entre hommes/femmes. Le taux de divorce bat des records. Un mariage sur deux se termine par un divorce. Cette réalité est le fruit d'une mutation profonde des rapports hommes/femmes, encore inaboutie. Car l'indépendance de la femme n'a pas été encore pleinement intégrée dans les mentalités. D'où une crise des rôles masculin et féminin et une précarisation des liens intimes. On constate un durcissement des relations dans le couple, qui s'avère d'ailleurs un reflet d'un durcissement du monde du travail. J'en ai parlé dans mon billet «Eros Bendato et les médias sociaux».

Dans toutes les sociétés développées, la montée de la solitude est devenue un phénomène social majeur, souligne la psychiatre, psychanalyste et victimologue Marie-France Hirigoyen, spécialisée dans l'étude de toutes les formes de violences. Alors que les interactions entre individus sont permanentes, voire envahissantes, de nombreuses personnes éprouvent un sentiment douloureux d'isolement.

Toutefois, la solitude n'est pas mauvaise en soi, rappelle Hirigoyen. La solitude peut apporter énergie et inspiration: à tout âge, la solitude choisie, tout en restant disponible à l'autre, est une source de plénitude, un moyen de sortir de la superficialité d'une société dominée par le narcissisme et le culte de la performance.

Accepter la solitude, c'est cesser de dépendre du regard de l'autre et assumer la responsabilité de ce que l'on est, savoir ce que l'on vaut par soi-même, compter sur soi et non sur les autres. Accepter la solitude génère para conséquent un gain en empowerment. C'est à travers les difficultés de la solitude que se fait l'apprentissage de l'autonomie. Avec l'autonomie se développe souvent le sens des responsabilités.

Ce qui rend un humain en santé est le fait d'être aligné avec les forces de l'univers, de sentir que le corps fait partie de la nature, de communier avec l'âme en passant du temps dans le silence et la solitude. C'est à travers la solitude que l'humain trouve la voie invisible vers la conscience collective.

Les médias sociaux transforment la société de nombreuses façons. Les périodes de solitude et d’abstinence sexuelle, souvent durables, peuvent être adoucies par les relations d'amitié qui peuvent se développer via les médias sociaux.

Quelques-unes des caractéristiques les plus évidentes de la communication en ligne sont l’anonymat, l’invisibilité, le manque de contact, les messages écrits impersonnels, l’élasticité du niveau de synchronisation, la neutralisation du statut et la facilité avec laquelle on peut diffuser des messages auprès d’un grand nombre de personnes. En raison de ces caractéristiques ainsi que de bien d’autres, les personnes sont amenées à communiquer de manière plus spontanée, expressive, authentique et ouverte. Ce modèle de comportement inusité présente paraît-il le véritable visage d’un individu. (Bargh, Fitzsimons, & McKenna, 2002, Can you see the real me? Activation and expression of the “true self” on the Internet. Journal of Social Issues)

Quel rôle les médias sociaux, conjugués avec les nouvelles solitudes, peuvent-ils jouer dans la transformation de bien-souffrants en citoyens responsables, soucieux de construire la vie sociale, engagés, participant et collaborant à un Gouvernement ouvert?

Le credo paresseux des désenchantés sera-t-il transmué par l'imagination?

Le philosophe Pascal Bruckner écrivait dans La mélancolique démocratie en 1992 (il y a 19 ans), «aujourd'hui, ce sont les gouvernements qui draguent les citoyens, les supplient de faire leur devoir civique.»

Élections désertées, syndicats en chute libre, citoyens aux abonnés absents, partis politiques en pleine décomposition. Bruckner a souligné que «le système parlementaire est en train de mourir de sa bonne santé.»

Vingt ans plus tard, est-ce encore le cas? La situation s'est-elle détériorée ou y a-t-il eu des améliorations perceptibles?

Les médias sociaux changent-ils quelque chose aux plutôt mous et paresseux désenchantés que nous sommes devenus?

«Chacun devient un déserteur de la chose publique, un exilé de l'intérieur», a indiqué Bruckner. Les pays développés en sont arrivés à une dépolitisation dont aucun régime autoritaire n'oserait rêver. Le despotisme fait de la résignation une vertu, décourageant les citoyens à ne rien entreprendre. En Occident, nous tenons à ne rien entreprendre par des moyens contraires. Le bien-être et un esprit d'individualisme farouche nous ont foudroyés. Tout se passe comme si nos sociétés avaient acquis des droits que pour ne pas en user.

Alors qu'est-ce que la société? Bruckner la définissait ainsi: «La manière dont les citoyens sont séparés à l'intérieur d'un même cadre et se dérobent de la même façon à la participation au bien commun.»

Cela faisait quelque temps que je n'avais pas relu cet essai de Bruckner. La notion de «séparation» me saute aujourd'hui aux yeux.

Car de nos jours, on parle sans arrêt de «connexion». Le monde entier est devenu connecté. Cela n'existait pas il y a vingt ans... Nous abordons aujourd’hui une nouvelle ère dans l’échange des informations entre les hommes, l’ère du «monde connecté». Un monde où tout se situe en deux secondes d'intervalle, le temps d'un clic de souris. Un monde qui fait fi des distances et des technologies. Un monde d’opportunités.

«Les progrès en matière de connectivité et de mobilité sont en passe de bouleverser tout ce que nous connaissons», explique Paul Gustafson, directeur du Leading Edge Forum, le centre de veille technologique de CSC. «La technologie a évolué à un point tel que ce n’est plus véritablement de technologie dont il est question, mais d’imagination et de réorganisation pour s’adapter à une nouvelle réalité.»

D'imagination...

Les technologies et les médias sociaux, en plus de connecter la planète, ont rendu possible que se répande la philosophie du Gouvernement ouvert.

Cependant, malgré l'implantation de quelques pays à Gouvernement ouvert, je considère que l'inertie et l'indifférence sévit encore en Occident. Le changement s'avère à ce jour partiel. Une collaboration entre le gouvernement et les citoyens s'instaure peu à peu. La clé du succès serait-elle l'«imagination»?

On parle beaucoup de créativité dans un contexte de Gouvernement ouvert.

Quant à moi, j'ai souligné l'importance de développer une meilleure compréhension de l'effet de la conscience collective.

Ces notions - imagination, créativité, conscience collective - se rejoignent. Il s'agit d'une seule et même chose.

En ce moment même, ailleurs dans le monde, des citoyens se réveillent et se prennent en main.

Deux millions de manifestants Égyptiens marchent aujourd'hui dans les rues du Caire et un million à Alexandrie. Inspirés par la révolte tunisienne, les Égyptiens contestent à leur tour le régime de Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 30 années.

De nombreuses autres populations emboîteront le pas.

Quel effet cela aura-t-il sur la dépolitisation des pays développés? Cela contribuera-t-il à transmuer le credo paresseux des désenchantés? Quel effet cela aura-t-il sur l'imagination, la créativité, et la conscience collective?

26 janvier 2011

Les inepties du pape à propos des médias sociaux

Les médias sociaux sont devenus un phénomène caractéristique de notre temps. Même le pape en parle! Cependant, son discours démontre une absence de vision.

Le discours papal d'aujourd'hui portait sur l'usage des médias sociaux:
Benoît XVI a mis en garde contre les «dangers» d’Internet, et des réseaux sociaux en particulier, dans un message lors de la 45e Journée mondiale des communications sociales, le 24 janvier 2011.
Alors que les réseaux sociaux – Facebook, Twitter, myspace, Viadeo ou LinkedIn – sont en pleine croissance, le pape dans son message a partagé « quelques réflexions suscitées par (…) l’expansion de la communication à travers le réseau Internet». Au fil du texte, Benoît XVI a évoqué les «dangers des espaces virtuels », comme celui de «se réfugier dans une sorte de monde parallèle» ou d’une « addiction au monde virtuel». Il a mis en garde devant le risque, pour les jeunes essentiellement, de «céder à l’illusion de construire artificiellement son ’profil’ public».
S’il a reconnu que « les nouvelles technologies permettent aux personnes de se rencontrer au-delà des frontières de l’espace et des cultures, inaugurant ainsi un tout nouveau monde d’amitiés potentielles », Benoît XVI n’a pas oublié les «risques possibles». [Rome: le pape évoque les risques des réseaux sociaux sur Internet, NovoPress, 24 janvier 2011]

Ce qui m'étonne chez ce leader spirituel, c'est sa propension à souligner le négatif. Plutôt que de mettre l'accent sur le petit pourcentage d'abus, pourquoi ne pas se concentrer sur les avantages d'une situation, et adopter une vision à long terme?

Le leadership de la papauté est fondé sur une conception verticale du pouvoir. Nous avons pu observer ces derniers temps, avec l'exemple de la révolution en Tunisie, comment les médias sociaux peuvent renverser un régime abusif pour passer d'une dominance, d'un pouvoir central ou une force supérieure de hiérarchie, à une assemblée de tous qui voudront prendre part à la gouvernance.

Le Gouvernement ouvert, d'après John Moore, est «une philosophie axée sur le citoyen et une stratégie selon laquelle les meilleurs résultats sont généralement le fruit de partenariats entre les citoyens et le gouvernement, et ce à tous les niveaux.»

Le pape Benoît XVI a déclaré aujourd'hui qu'il souhaite que «le web ne devienne pas un instrument qui permette aux plus puissants de monopoliser les opinions des autres».

L'Église a pourtant une longue historique de monopole de l'opinion des autres. La déclaration d'aujourd'hui démontre-t-elle que l'Église perçoit les médias sociaux comme une menace?


José Comblin explique la problématique de l'Église (dans 'Église et pouvoir'):
La conception médiévale du pouvoir dans l’Église, avec l’abîme qui s’en suit entre le clergé et le peuple, est en crise depuis deux siècles, même si la hiérarchie l’a nié jusqu’à Vatican II et si plusieurs le nient encore aujourd’hui.
Cette relation est en crise depuis longtemps et la crise s’est accentuée davantage au XXe siècle. Des millions de personnes ont abandonné l’Église catholique et la cause fondamentale, consciente ou inconsciente, c’est la question du pouvoir. Avec le Pape actuel, on ne peut même pas soulever le problème parce que son pouvoir est plus absolu que le pouvoir de n’importe quel Pape du passé. [...] Mais il est évident que la nouvelle société urbaine, alphabétisée et culturellement développée, n’accepte pas ce genre de relation de pouvoir qui est né au Moyen Âge.
On ne peut pas nier que l’Église, comme tout groupe humain, a besoin d’une organisation de pouvoir, mais pas éternellement cette organisation née à une époque historique donnée, limitée dans le temps. Personne ne nie que l’autorité soit nécessaire. Mais le système actuel de l’autorité fait que des millions de catholiques, justement ceux qui sont de la nouvelle culture urbaine, s’éloignent de l’Église, ou tout simplement perdent inconsciemment le sentiment d’appartenance à cette Église.

Le pape a également souligné que «les nouvelles technologies ne changent pas seulement le mode de communiquer, mais la communication en elle-même.»

Un leader spirituel (à mon avis) devrait comprendre les mécanismes de l'esprit, et quels sont les effets bénéfiques des nouvelles technologies et des médias sociaux:

• Si la communication en soi change, cela peut positivement affecter l'être humain.
Plus de communication conduit au développement du soi. La communication permet une prise en compte de l’individu dans ses ressentis présents et dans ses demandes. La communication développe l'estime de soi et permet de réaliser le potentiel inscrit dans l'ensemble d'un être. La communication peut favoriser la libération de l'être.

• Les médias sociaux abolissent toutes les frontières, et permettent de ressentir que nous sommes une seule et même chose: nous sommes tous interconnectés.
Tout est lié avec tout le reste. Dans le monde spirituel, ces liens deviennent visibles. Mais dans le monde physique, nous n'entrevoyons les connexions qu'avec les indices qui nous sont données. Les médias sociaux font en sorte que de plus en plus de gens perçoivent ces connexions.

• Réaliser l'interconnexion favorise l'épanouissement de l'empowerment individuel.
«Chaque goutte de sève contient la plénitude de l'arbre entier.» (Maharishi Mahesh Yogi)
Une fois que l'on prend conscience que l'on est connecté à tout, et que l'on fait partie du tout, on prend aussi conscience de son pouvoir. C'est l'empowerment individuel.

• La conscience est un champ infini dont chaque personne constitue une expression localisée.
Une partie du champ peut en affecter une autre. C'est ainsi qu'un champ fonctionne. Quel que soit son emplacement dans le champ magnétique de la Terre, une boussole s'alignera toujours spontanément avec ce dernier, c'est-à-dire qu'elle pointera vers le nord.

• Par conséquent, les médias sociaux pourraient donner lieu à une hausse du niveau de conscience collective (ou intelligence collective).
«Les groupes sont plus intelligents quand les gens agissent individuellement», affirme James Surowiecki.

• Davantage de conscience collective (ou intelligence collective) pourrait conduire à la résolution de grandes problématiques mondiales.
L'intelligence se comporte de façon autoréférentielle. Elle saute par-dessus les barrières de l'impossible. Il s'agirait là du comportement naturel de l'intelligence qui s'influence elle-même, en elle-même et par elle-même. Elle ne connaît pas d'obstacles absolus. Elle sait tracer de nouveaux chemins. Lorsque besoin il y a, elle crée de nouvelles réalités.
Lyall Watson a indiqué: «Il est possible que lorsqu'un nombre suffisant tient une chose pour vraie, celle-ci devienne vraie pour tous.»

Alors je ne pense pas que le discours d'aujourd'hui prononcé par le pape, à propos des médias sociaux, consistait en un discours éclairé. Un chef spirituel devrait pouvoir voir plus loin que son nez, et surmonter sa peur de perdre le contrôle (pouvoir).

«Je crois que chacun de nos actes comporte une dimension universelle», a indiqué le Dalai Lama. Cela devient de plus en plus évident avec les médias sociaux.

Par ailleurs, Deepak Chopra vient de publier un nouveau livre sur le leadership (The Soul of Leadership). Suggestion de lecture pour le pape...

02 décembre 2010

Global Citizenship: contribuer à un tout plus vaste que soi


Une voix intérieure qui murmure, «va plus loin». En suivant ce chuchotement, il n’y a plus de risque comme auparavant de se perdre dans un pays inconnu, puisque les connections entre les individus transcendent désormais les frontières...

Qui est «nous»?

Tout est Un. Cela a toujours été. Mais cette réalité devient de plus en plus évidente aux yeux de tous, notamment grâce au transport abordable qui permet à un grand nombre de personnes de se déplacer, et également grâce au déploiement des médias sociaux. Et parce que la technologie de l'idéation sociale s'accélère plus rapidement que jamais.

Ce que nous appelons une personne, est une sorte de «paquet dynamique du Tout» qui se transforme. «Si nous reconnaissons que nous sommes responsables, comment commençons-nous à contribuer à un tout plus vaste que soi?», s’interrogeait Lovisa Williams, lors d’une interview à Gov20Radio.

Plus vaste que l’expérimentateur, plus vaste qu’une série d’expériences transformatrices, voilà ce que pourrait peut-être signifier le projet Global Citizenship, qui se trouve pour le moment en phase conceptuelle (piloté par plusieurs personnes, dont Lovisa Williams et Alan Silberberg).

Après avoir écouté parler madame Williams, je me suis demandé quelles seraient les habiletés nécessaires pour transformer les idées en actions qui changent tout. Voici quelques pistes:
- La capacité de comprendre comment la technologie change tous les systèmes sociaux, indépendamment des domaines de connaissances connexes qui ont été créés à partir des systèmes antérieurs.
- La compréhension de la manière dont nous pouvons collectivement créer de l'innovation pour résoudre les problématiques existantes.
- La perception de la différence entre modes, tendances et innovation. Avoir un bon jugement.
- Le courage de surmonter la peur et être disposé à prendre des risques en tant qu’innovateur. Une personne armée de courage et de fermeté d’esprit est prête à se battre pour ce en quoi elle croit, même si cela signifie confronter le rejet.
- L’acquisition de connaissances des autres et la capacité de collaboration permettant d’accroître les connaissances pour l’optimisation de chacune des personnes.
- Le respect, parfois appelé aussi la piété, générant un profond sentiment de respect pour les personnes, les cultures, mais aussi les médias sociaux et la dynamique de l’intersection de la technologie avec le réseau.
- Le libre partage des idées et des possibilités, en reconnaissant que le réseau social peut valider et étendre les idées avec davantage de sens et de résultats, plus rapidement que jamais.
- La reconnaissance que les grandes idées proviennent de la sagesse des foules.

Si vous pouviez changer une chose pour améliorer notre monde, que feriez-vous?

10 novembre 2010

Les politiciens s'humanisent grâce aux médias sociaux (Adriel Hampton)

Adriel Hampton. Photo: ©Jeremy Maurer

«Les médias sociaux humanisent notre capacité à reconnecter la démocratie», a indiqué Adriel Hampton, conférencier invité à Gravity Summit le 8 novembre 2010 (Brandman University, Chapman’s OC Campus, Orange County, California) à propos des médias sociaux et du gouvernement. Voir la présentation de Adriel Hampton sur son blogue WiredtoShare.

Dans un monde marqué par la méfiance et la suspicion envers le gouvernement, humaniser un politicien s'avère un excellent moyen de gagner la confiance des citoyens. On pourrait parler d’une bonne première impression, d’une certaine manière. Cela permet de réintégrer l’humain dans le rapport gouvernement/citoyen. Basé sur un échange One-to-One (avec une tendance naissante au One-to-Few), l’internaute n’est donc pas face à un «nom de marque» débitant de l’information, mais face à de réelles personnes travaillant pour le gouvernement, que l’on peut identifier dans le plus souvent des cas (nom, prénom, ministère, agence, etc.).

«C’est l’ère de la participation du consommateur. Le vieux modèle était Informer, persuader et rappeler. Le nouveau modèle est celui de Démontrer, impliquer et participer». (Mich Mathews, à la tête de Marketing Microsoft)

Adriel a cité plusieurs CIO et CEO en exemple. Notons celui du Canadien Chris Moore, CIO de la Ville de Edmonton, mentionné pour son excellente utilisation de Twitter pour s'engager avec les gens. Il a également évoqué le récent colloque Beyond 2010 s'étant déroulé simultanément à Edmonton et Birmingham (au Royaume-Uni).

Lors de cette conférence, Adriel Hampton a dressé une longue liste de projets pouvant être réalisés en lien avec les médias sociaux - par exemple, des outils permettant de poser des questions au conseil municipal, d'autres suscitant la participation au processus budgétaire, ou encore la ludification - qui peuvent réellement générer de l'empowerment des gens. Il a démontré qu'il existe de nombreuses possibilités de solutions de «co-création» entre les citoyens et un gouvernement.

«Cela devrait être plaisant d'être un citoyen», a souligné Adriel Hampton. Impliquez les gens au début du processus. Générez davantage d'auto-détermination. Pensez «Gouvernance!», a-t-il conclu avec enthousiasme.

25 septembre 2010

Eros Bendato et les médias sociaux

L'oeuvre Eros Bendato, par Igor Mitoraj

L’œuvre Eros Bendato a été réalisée par Igor Mitoraj, un artiste polonais, connu pour avoir provoqué de vives polémiques. Il s’inspire de la statuaire antique pour illustrer la nature humaine et ses imperfections. Ses sculptures sont délibérément blessées ou écorchées. Adriel Hampton (e)ADRIEL nous l’a fait découvrir le 22 septembre dernier, via Flickr, lors d’un déplacement à St.Louis, aux États-Unis. J’ai constaté par la suite qu’il existe plusieurs autres Eros Bendato, situés un peu partout dans le monde, dont à Vancouver, au Canada, et à Cracovie, en Pologne.

Eros Bendato est une sculpture en bronze d’une grande puissance, qui ressemble à un fragment d’une statue de Eros, le dieu de l’amour. C'est une critique de la civilisation contemporaine et une intense mise en garde.

Précarisation des relations amoureuses
La tête arrachée du dieu Eros nous fait réfléchir sur l’état actuel des relations hommes/femmes.

Dans toutes les sociétés les sociétés développées, la montée de la solitude est devenue un phénomène social majeur. Alors que les interactions entre les individus sont permanentes, de nombreuses personnes éprouvent un sentiment douloureux d’isolement. Plusieurs personnes font le choix de vivre seules. Cette réalité est le fruit d’une profonde mutation des rapports hommes/femmes, encore inaboutie.

Si les femmes ont enfin obtenu une autonomie nouvelle, dans le travail comme dans la sexualité, cette indépendance n’a pas encore été pleinement intégrée dans les mentalités. D’où une crise des rôles masculin et féminin et une précarisation des liens intimes: un mariage sur deux se termine par une rupture, surtout à l’initiative des femmes.

Illusions de la communication et du virtuel
Dans la vie réelle, il existe de moins en moins de lieux d’échange et donc de rencontres fortuites. Dans les grandes villes, les gens sont proches les uns des autres, mais ils ne se rencontrent pas. Ainsi, pour sortir de son réseau familial ou amical, il ne reste qu’Internet. L’explosion des médias sociaux coïncide ainsi avec une crise structurelle des relations homme/femme, de même qu’avec un durcissement des relations de travail.

La solitude n’est pas toujours perçue comme telle, car elle peut être masquée par des rencontres (croiser beaucoup de gens, sans nécessairement ressentir quelque chose de significatif) et de l’agitation.

J’ai été très surprise que William James Pitcher (e)RZR pose aujourd’hui la question suivante sur Facebook, puisque je réfléchis justement à ce sujet ces derniers jours : «Do you ever have days where you feel that social media makes you less social?»

Les informations sont de plus en plus nombreuses, mais aussi de plus en plus fractionnées. Le problème est que toutes nos connexions sont saturées et qu’il y a plus de place pour un territoire intime. On échange de l’information, mais l’incommunicabilité est devenue la règle. Notre esprit se dilue dans la surinformation, et nous perdons l’esprit critique et une sensibilité envers Autrui. Nous croyons communiquer beaucoup, mais nous ne le faisons le plus souvent que d’une façon rapide et superficielle. Toutefois, un échange profond nécessite du temps.

La véritable intimité implique avant tout de la disponibilité, la capacité à repérer si l’autre va bien ou non. Au lieu de cela, nous fuyons tout face-à-face avec nous-mêmes et avec les autres par des communications où nous n’échangeons aucunement.

Fin de l’épaisseur

Avec l’accélération du temps et l’impatience de notre époque, nous manquons d’espace libre pour rêver et pour nous relier en profondeur avec notre entourage. Nous développons ainsi un faux-soi adaptatif, qui amène les personnes à perdre le contact avec leurs véritables sentiments intérieurs, et à vivre une existence dépourvue d’authenticité.

L’œuvre Eros Bendato s’avère une puissante mise en garde que c’est la fin de l’épaisseur, c’est la fin de la profondeur des sentiments. Tout est superficiel, à fleur de peau. D’ailleurs, la peau du dieu Eros est toute écorchée. Tout comme le sont nos cœurs.

Empowerment, maturation
Cependant, la solitude n’a pas que de mauvais côtés. Elle peut apporter énergie et inspiration (empowerment). La capacité de rester seul est une ressource précieuse, qui permet d’être en contact avec ses sentiments les plus profonds et de développer son imagination créatrice. Les expériences de solitude s’avèrent également des expériences d’apprentissage. Un rapport positif à la solitude constitue une étape importante de maturation.

Avec Internet, il devient possible de rencontrer des gens que l’on n’aurait pas croisés ailleurs et avec qui on peut véritablement échanger, même si cet échange ne concerne qu’une facette de nous. Nous pouvons adapter chaque lien aux différentes facettes de notre personnalité. Dans cet état d’esprit, il y aura plusieurs personnes qui compteront, plutôt qu’un être cher unique.

Dans un contexte de gouvernement 2.0, plus d’empowerment individuel constitue une tendance positive. Des individus plus matures seront davantage portés à devenir responsables de leur communauté, à s’intéresser à ce qui se passe dans leur milieu et à s’impliquer activement pour améliorer la qualité de vie de la collectivité.

Le règne de Dragonne

Aujourd’hui, la Dragonne (@dragon_flaming:}~~~ (e)SLEEP) a décroché la première position sur le site Empire Avenue. Je me réjouis qu’elle se soit rendue au faîte du site. Elle véhicule des valeurs d’amitié, de solidarité et d’amour. La communauté qu’elle a fondée il y a quelques jours à peine, The Dragon’s Cave, est un succès retentissant. On y échange en badinant et en s’amusant en construisant au gré des conversations l’univers magique de la Cave. Les liens se consolident rapidement, et des amitiés solides y naissent.

Ma collaboration étroite avec la Dragonne me permet d'observer de plus prêt les effets de la promotion de la chaleur humaine dans les médias sociaux. À The Cave, «Nous sommes des amis. Nous nous apprécions, nous nous aimons. Nous nous soutenons. Ensemble, nous sommes incroyables.»

20 septembre 2010

11 réponses à Dragonne (e)SLEEP (interview)

Depuis cinq jours, je collabore avec la reine Dragonne sur Empire Avenue à ériger un empire à The Cave, une nouvelle communauté de réseautage axée sur le jeu et le plaisir. Jusqu'à présent, nous connaissons un succès retentissant, avec une cinquantaine de membres. Nous avons même atteint la 17ième position du Top Influence parmi l'ensemble des groupes de Empire Avenue. On peut dire que nous avons le vent dans les voiles. Dragonne m'a demandé de répondre à quelques questions. Voici la version en français d'une interview qu'elle publie sous forme de billet dans son blogue The Dragon's Cave.


Parlez-nous de vous.
J’oscille entre deux passions, les médias sociaux et l’art. Je suis un agent de changement, une gestionnaire de projets Internet et un artisan en métiers d’art. Je suis douée pour l'analyse des situations, l'amélioration des structures organisationnelles et la gestion de dossiers complexes. Je suis un meneur d'hommes, une sorte de mélange d’entrepreneur passionné avec un côté social rêveur. Lorsque je pilote un dossier, je m’implique à fond. J’agis en fonction d’atteindre un idéal. J’ai habité à Montréal pendant 20 ans. Je vis présentement dans ma ville natale, Trois-Rivières. Je suis une mère monoparentale d’un garçon lumineux de cinq ans.

Dites-nous pourquoi vous avez rejoint Empire Avenue, et ce que vous en espérez.
J’ai été informée de l’existence de Empire Avenue par mon un ex-collègue de Web escape agents, Geoffroi Garon (e)GGAR, qui avait publié un article à propos de EAv sur Facebook. Étant donné que j’adore les médias sociaux, je me suis immédiatement inscrite. Depuis ma toute première journée sur Empire Avenue, je n’ai pas cessé de rire. J’ai vraiment beaucoup de plaisir à réseauter sur ce site.

Je me sers de Empire Avenue pour réseauter et consolider mes liens avec des gens. J’ai revu sur Empire Avenue plusieurs leaders d’opinion que je croisais déjà sur Facebook et Twitter. Et j’ai découvert aussi des perles rares, des personnes créatives et passionnées, toutes plus douées les unes que les autres dans leurs domaines respectifs. Empire Avenue s’avère un puissant outil de réseautage pour moi. Je suis béate d’admiration, comme un enfant devant un étalage infini de jouets. Empire Avenue, c’est une expérience incroyable pour moi.

Dites-nous ce que vous pensez que signifie l’influence.
Un leader d’opinion est un individu influençant d’une manière informelle le comportement d’autres personnes dans une direction souhaitée. L’une des idées les plus établies concernant la transmission de l’information est l’importance de la communication interpersonnelle. L’information diffusée par le bouche-à-oreille a un impact plus grand sur la décision (par exemple d’achat) que les autres sources d’information classiques comme la publicité.

Je pense que les décideurs NE DEVRAIENT EN AUCUN CAS DÉLAISSER les leaders d’opinion. Ils devraient tout faire pour mettre en œuvre des stratégies de communications qui leur sont adaptées, et forger une relation à long terme avec les leaders d’opinion, en les invitant à être des membres d’honneur dans leurs panels, ou des bêta-testeurs de nouvelles politiques et de mesures. Si ces stratégies sont menées correctement, les leaders d’opinion peuvent se transformer et devenir des transporteurs d’une information positive, et par conséquent, influencer les autres citoyens composant une communauté.

Parlez-nous du contenu que vous aimez.
Je m’intéresse à ce qui concerne le Gouvernement 2.0 et le développement des médias sociaux.

Ces derniers mois, j'ai passé beaucoup de temps à me documenter sur la conscience, qui est un champ, ou la conscience collective, la définition de la matière (de la physique quantique), et l’expérience du centième singe. Car j’entrevois un lien entre la conscience collective et les médias sociaux.

Je suis curieuse à propos de tout ce qui permet de dépasser les barrières de l'«impossible» et le dépassement de soi.


Parlez-nous de votre travail d’artisan. Il est plutôt beau.
Mes œuvres en sont en papier. J’utilise une très ancienne forme d’art – le quilling – qui existe depuis la Renaissance. Les moines se servaient du quilling pour enluminer des textes religieux. Cela consiste à utiliser des bandes de papier qui sont roulées, façonnées, et collées ensemble pour créer des motifs décoratifs. Le papier est enroulé autour d'une plume pour créer une forme spiralée de base. Les motifs la plupart des fleurs et des feuilles forment d'élégants topiaires, des bijoux, des cartes de souhaits, et d’autres objets décoratifs. J’utilise du papier sans acide et j’enduis mes oeuvres d'un produit acrylique pour les rendre structurellement plus solides. Pour en savoir plus, consultez ma démarche artistique. Mes oeuvres sur Flickr.


J’ai recommencé à créer en 2009, après la mort de mon père. Le choc de son décès a réveillé ma créativité. Il s’agit de ma seconde carrière artistique. Après avoir obtenu mon diplôme universitaire, je m’étais lancée dans une carrière d’artiste en arts visuels. À l’âge de 26 ans, je me suis retrouvée à la tête de l’Association des artistes en arts visuels du Québec. J’ai dirigé des relations gouvernementales pendant plusieurs années et j’ai atteint les objectifs fixés. Mes démarches et ma persévérance ont conduit, en 1995, à la reconnaissance des ateliers d'artistes dans la Loi sur la fiscalité municipale du Québec. Par la suite j’ai délaissé les arts visuels pour me spécialiser dans les communications Internet.

Vous êtes très engagée dans le Gov2.0, dites-nous pourquoi cela est si important pour nous.
Le Gouvernement 2.0 est ce qui m’intéresse le plus en ce moment. «Gouvernement 2.0» désigne l’intégration de la nouvelle génération de médias numériques, à la structure et au fonctionnement d'une Administration. Je crois que la notion de sagesse des foules peut s'appliquer à la gouvernance. Cependant, mon cœur se brise rien à y penser! Je trouve cette situation déchirante, car j’aurais le goût de m’y investir, mais je ne perçois pas présentement d’ouverture pour le Gov2.0 au Québec. Il est regrettable d’envisager qu’un changement pourrait possiblement prendre plus d’une décennie.

Je pense que le Gouvernement 2.0 favorise une prise de conscience collective cohérente qui pourrait non seulement améliorer la qualité de la vie urbaine, mais aussi résoudre les conflits internationaux et assurer la paix mondiale.

C'est pourquoi, même si je ne suis pas plongée à fond dans un pilotage de dossier de Gouvernement 2.0 comme je le souhaiterais, j’admire et j’applaudis les personnes qui m'inspirent, ces leaders qui poussent pour que les choses avancent. Par exemple, Adriel Hampton (e)ADRIEL représente depuis plusieurs années un modèle de leadership pour moi.
Je crois au pouvoir miraculeux des médias sociaux. Ils refaçonnent notre manière de communiquer. Ils pourraient réinventer notre société.

Dites-nous quelles sont les 5 choses que vous n’aimez pas.
La peur. La fermeture d’esprit. Les «control freaks». L’autoritarisme. Le repli sur soi.
Le mensonge. Manquer à sa parole.
L’indifférence. La perte de confiance envers l’État et la politique.
Que l’on s’adresse à moi d’une autre pièce: je suis visuelle. Regardez-moi dans les yeux!
La culture du silence qui sévit depuis plusieurs années au Canada et au Québec.

Dites-nous quelles sont les 5 choses que vous aimez.
La transparence. La démocratie. Les communications. Les solutions durables.
La beauté, l’art.
La liberté de penser et de créer.
L'énergie, l'amour, l'harmonie des relations.
La stabilité émotionnelle, le bien-être intérieur, la paix de l'esprit, le bonheur.

Vous affichez une liste intéressante de livres sur Facebook, dites-nous en plus sur ce que vous aimez lire.
Je lis surtout des essais sociologiques, scientifiques et spirituels. Mes auteurs préférés sont le romancier et essayiste français Pascal Bruckner (La Mélancolie démocratique; Misère de la Prospérité; L’Euphorie Perpétuelle) qui s'évertue à témoigner des réalités sociales, et le Dr Deepak Chopra, médecin penseur indien, que le TIME a classé parmi les 100 personnes les plus influentes au monde. Cette année, je suis en train de lire l’œuvre complète de Chopra (j’ai lu une dizaine de ses livres au cours de l’été, et il m’en reste encore 45 à décortiquer): Pouvoir, liberté, grâce; Esprit éternel et corps sans âge; Le Corps Quantique.

D’autres livres qui m’ont marquée: Gregory Berns, Iconoclasts. James Surowiecki, The Wisdom of Crowds. Naomi Klein, The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism. Miguel Ruiz, La maîtrise de l’amour et Le cinquième accord Toltèque.

Dites-nous quelque chose à propos de vous dont personne n’est au courant.

Bien que j’aie une présence très forte dans les médias sociaux, dans la vraie vie, je suis plus réservée. Je parle peu, et je suis portée à observer les gens et les situations. Comme le dit souvent un de mes amis bloggeur, ‘I’m better on paper.’

À quelle date (approximative) avez-vous rejoint Empire Avenue?
J’ai découvert Empire Avenue il y a environ 6 semaines.

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11 juin 2010

Que forge l'identité?

Ce matin, je me posais la question: qu'est-ce qui forge l'identité d'une personne, que l'identité soit numérique ou autre?

Après une absence de 5 mois, je reprends du service dans les plateformes sociales. J'ai changé d'orientation de carrière, j'ai choisi de devenir artisan en métiers d'art. Si vous n'êtes pas familiers avec mes oeuvres et mon parcours, consultez ma page dans Culture Mauricie. Je souhaite que ce changement important s'articule dans mon identité numérique.

Depuis quelque temps, je suis très active dans Facebook.

Cette semaine, j'ai repris les activités dans Twitter (@Lyne_Robichaud).

Je projette de créer d'ici la fin de l'année un site Internet pour y afficher mes nouvelles oeuvres, avec une boutique en ligne.

Des échanges interessants à propos de l'identité numérique sont survenus dans Facebook cette semaine avec mes amis Eric Franchi et Sylvia Bel (tous deux Français, mais l'un habite à Montréal, alors que l'autre réside en France).

Eric Franchi est un avocat brillant et cultivé. Je souhaitais lui parler d'une avocate (Catherine Morissette) qui est devenue une pro sur Twitter (information que j'ai reçue via mon ami Marc Snyder).

J'ai fait valoir que l'identité numérique consiste en la somme des composants qui définissent et distinguent un individu --- comportements, goûts culturels, métier, position sociale. Chacun d’entre nous contient des multitudes, plusieurs facettes. Dépendant de la situation, du lieu, numérique ou physique où l’on se trouve, nous décidons de mettre en avant tel ou tel trait de caractère. Dans le virtuel: il s'agit de rendre l’invisible visible, de montrer ses mondes personnels, d'allez aussi loin que possible, de s'évader avec chacun de ses mondes, de les séparer et de les disperser. Puis, lorsque familiarisé(e), les intégrer... et traverser le courant.

Je n'ai rien inventé. Cela provient du discours officiel des professionnels, qui sont passés maîtres dans l'art de l'identité numérique, notamment de mon ami Sébastien Paquet, qui se définit (sur Twitter) comme étant un "social software & collaboration thinker, reality theorist, worldview hitchhiker, professor, open scholar, musician, passionate."

Sébastien Paquet parle de "l'importance d'être bizarre". [De ce côté, je ne devrais pas trop rencontrer de difficultés, car pour être bizarre, je pense être assez bizarre!]

Voici une excellente présentation de Seb Paquet sur les identités, qui mérite d'être visionnée. Vraiment bien fait.

J'adore les médias sociaux, parce qu'il s'agit d'un phénomène mondial, et aussi parce que nous apprenons tous à tâtons, nous sommes en train de redéfinir notre manière de nous exprimer, de communiquer, de fonctionner en société.

J'espère que j'arriverai à forger ma nouvelle identité d'artisan, ainsi que mon identité numérique au fil des prochains mois.

05 mai 2009

Le commissaire belge sur l'influenza, Marc Van Ranst, effectue un virage 2.0

Marc Van Ranst

Après Craig Vanderwagen (USA) et Thierry Saussez (France), Marc Van Ranst et la Belgique se lancent dans le web participatif et embrassent les médias sociaux. Voir mes billets précédents annonçant le virage de Craig Vanderwagen et celui de Thierry Saussez.

Le Commissaire interministériel sur l'influenza du gouvernement belge, Marc Van Ranst, a créé un nouveau groupe sur Facebook. Cela faisait longtemps que j'attendais cela! Je pressentais que Marc Van Ranst était mûr pour ce saut (depuis février dernier). Bravo, troisième nation au monde à prendre un virage 2.0 en lien avec questions pandémiques!


Mexicaanse griep H1N1 - Grippe mexicaine H1N1 - Mexikanische Grippe H1N1

Le commissariat interministériel influenza
Le commissariat interministériel influenza a été créé le 20 octobre 2005. Il s’agit d’un organe de coordination générale des actions et de concertation avec toutes les instances concernées, au niveau fédéral, régional et communautaire. Le commissariat établit également des contacts avec les instances européennes et les institutions internationales.

Grippe mexicaine H1N1
Il s’agit d’un nouveau virus humain composé d’une combinaison de gènes d’origines différentes : ils proviennent en partie de virus porcins, d’un virus aviaire et d’un virus humain. Ce virus a été détecté au Mexique pour la première fois le 18 mars 2009.

Call center: Pour toutes vos questions, notifications ou remarques, le call center influenza est accessible du lundi au vendredi de 9h à 17h au numéro gratuit
0800 99 777.

Michel Vermeulen

Ce groupe a été rejoint par 127 utilisateurs de Facebook (au 5 mai 2009 à 10h30 ET). Naturellement, le médecin et blogueur sur l'influenza Michel S.f. Vermeulen fait partie de ce groupe.

14 mars 2009

Se rendre là où personne n’est encore allé: pousser l’expérience gouv2.0

Steve Ressler

Ces derniers mois, les membres de la sphère du Flublogia ont consolidé leurs liens en expérimentant avec de nouveaux outils de réseautage social, tels que Facebook et Twitter.

En se regroupant, ils ont formé une communauté.

En échangeant des informations, discutant et partageant leurs expériences, ils se sont transformés en communauté de pratique flublogienne. Wikipédia définit une communauté de pratique comme étant le processus d'apprentissage social émergeant lorsque des personnes ayant un centre intérêt commun collaborent mutuellement. Cette collaboration, qui doit se dérouler sur une période de temps notable consiste à partager des idées, trouver des solutions, construire des objets nouveaux.

La communauté de pratique flublogienne a noué des amitiés avec une poignée de hauts gestionnaires gouvernementaux de plusieurs nations.

Très récemment, quelques hauts gestionnaires gouvernementaux se sont mis à bloguer sur Facebook à propos des défis des préparatifs pandémiques. Craig Vanderwagen (des États-Unis) et Thierry Saussez (de la République française) ont ouvert une fenêtre de discussion avec la communauté de pratique flublogienne.

D’autres hauts gestionnaires et leaders gouvernementaux sont invités à suivre les traces de ces deux pionniers, et à participer à l’expérience 2.0. Plus il y aura d’individus impliqués dans la discussion, plus grandes seront les chances que ces échanges conduisent à de l’innovation dans le domaine des préparatifs pandémiques sociaux.

Steve Ressler, un employé de la Sécurité intérieure (Homeland Security) du gouvernement américain, a compris cela il y a plusieurs mois, en lançant (en juin 2008) un site de réseautage social – www.GovLoop.com - conçu et construit exclusivement pour les employés du secteur public (et ouvert au monde entier). Steve Ressler espère positionner ce site comme plaque tournante du secteur public: un endroit où les décideurs et les fonctionnaires échangeront des idées et exploreront de nouvelles opportunités. Ressler est également co-fondateur d’une organisation professionnelle connue sous le nom de Young Government Leaders (Jeunes dirigeants), dont le but est d’aider le gouvernement à évoluer dans l'ère du Web 2.0.

Ce réseau comporte actuellement plus de 7000 membres de plusieurs niveaux de gouvernement: fédéral, des États (ou provincial) et local. Les utilisateurs de GovLoop sont variés: on y compte des CIO (Chief Information Officers), de brillants administrateurs, de même qu’à peu près tous les types de personnel, en provenance des États-Unis, ainsi que du monde entier.

En peu de temps, les utilisateurs ont rédigé des centaines de billets, lancé des centaines de discussions via des groupes, ont affiché des événements, et ont partagé plus de mille photographies et vidéos. Les utilisateurs de GovLoop se réunissent et collaborent de façon à améliorer le gouvernement de l’intérieur. De récentes discussions et blogues ont porté sur des sujets tels que le Gouvernement 2.0, la budgétisation participative, la formation de nouveaux dirigeants, et il existe même un groupe se penchant sur une pandémie.

Meghan Harvey, une utilisatrice de GovLoop, a écrit dans un message intitulé ‘How GovLoop Helps Restore Faith’: «Si les gens situés au cœur d’un gouvernement sont dévoués, passionnés, et intelligents, alors comment le public ne pourrait-il pas avoir la foi dans les directives et mesures d’un pays?»

David Nabarro et son équipe, dans le Quatrième rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire, recommandait: «L’instauration d’une relation de confiance entre les populations et les autorités, en particulier en ce qui concerne les mesures de contrôle qu’elles prônent, jouera un rôle crucial pour permettre aux gens de se protéger contre la grippe aviaire pathogène et de limiter les conséquences potentielles de la maladie et d’autres maladies infectieuses émergentes.» (Synopsis, paragraphe 18)

Je suis fière des développements observés ces six derniers mois concernant des tentatives d’apprivoisement entre la société civile et des membres du secteur public, en lien avec les préparatifs pandémiques.

Réjouissons-nous de ces acquis.

Mais poussons également pour que ce bourgeonnement d’échanges se développe en un phénomène mondial, qui pourraient conduire à l’implantation de réels préparatifs pandémiques sociaux.

Mon hypothèse, en présentant l’outil de réseautage GovLoop.com aux gestionnaires de pandémie, est qu’en introduisant des outils de partage d’information favorisant une plus grande expérience 2.0, cela pourrait conduire à un essor 2.0 mondial dans le domaine des préparatifs pandémiques.

J’ai lancé aujourd’hui des invitations à mes amis gestionnaires et décideurs à s’inscrire à GovLoop.com, et à participer à cette expérience de réseautage. J’espère qu’ils répondront à cet appel et que fleurira la pratique 2.0 dans notre milieu. Après tout, nous sommes sur le point de célébrer l'arrivée du printemps. Un peu de nouveauté ferait le plus grand bien.

05 mars 2009

La montée des goverati

Mark Drapeau

Il y a un mois, via @AndrewPWilson, j’ai découvert Mark Drapeau (qui est ­@cheeky_geeky sur Twitter), un associé de recherche au Centre de la technologie et de la politique de sécurité nationale de la National Defense University de Washington.

Il parlait des goverati dans un article intitulé ‘Government 2.0: The Rise of Goverati’.

Je ne connaissais pas ce mot: goverati.

Pas étonnant, car il a été inventé il y a quelques semaines…

Le fait que Mark Drapeau analyse des éléments de défense nationale est intéressant (d’un point de vue de préparatifs pandémiques) et je vais tenter de le suivre au cours des prochains mois.

Une phrase mentionnée dans son article ‘Government 2.0: A Theory of Social Government’, a retenu mon attention: «Pour quelqu’un qui étudie le lien entre les maladies infectieuses et la sécurité internationale, je réfléchis à l’utilisation des communications sociales en ligne dans le cas d’une pandémie.» Voilà, c’est dit. Il a osé prononcer le grand P. Et vous pouvez être certains que je vais creuser pour trouver d’autres informations, et voir où il en est rendu dans ses réflexions à ce sujet.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos goverati.

Dans Federal Computer Week, Mark Drapeau explique d’où vient ce terme et ce qu’il signifie:
«Dernièrement, il y a eu pas mal de bourdonnement à propos des technologies des médias sociaux à Washington. Des technologies Web 2.0 telles que WordPress, Twitter et Qik sont en train de pousser les communications et les interactions personnelles vers de nouveaux domaines. Mais une tendance locale dans le domaine des logiciels sociaux a largement échappé à l’attention des médias nationaux: la montée des goverati.

Qui sont donc les goverati, me demanderez-vous – et en faites-vous partie? Goverati est un terme que j’ai inventé il y a quelques semaines alors que je participais à un groupe de discussion du Social Media Club DC. Essentiellement, les goverati sont des personnes familières avec le gouvernement et avec la manière dont il fonctionne, et qui comprennent les technologies des médias sociaux. Ces gens veulent se mettre en réseau les uns avec les autres, afin de favoriser de plus en plus de transparence, de participation et de collaboration du gouvernement.

Le président Barack Obama a émis dernièrement un mémo qui remet en cause le gouvernement pour accomplir cet objectif au cours de son mandat. Étant donné que les outils 2.0 ont donné de l’empowerment aux personnes et leur ont permis de communiquer les unes avec les autres, d’une manière plus efficace et plus ouverte, les gens demandent également à avoir accès à leur gouvernement. La bonne nouvelle est que cela est en train de se produire [aux États-Unis]. Les applications sociales feront partie d’une stratégie globale impliquant le directeur technique national (qui n’a pas encore été nommé), le Bureau de la gestion et du budget, ainsi que les Services d’administration générale. De plus, le directeur des nouveaux médias de la Maison Blanche, Macon Phillips, saura sans doute conseiller le président sur les progrès réalisés, pousser le long de ce processus et le tenir intelligemment informé.

Tout comme les goverati exercent des pressions pour qu’ait lieu un gouvernement plus transparent, participant et collaboratif, ils utilisent simultanément les applications de réseautage social, pour lesquelles ils sont passionnés, pour réseauter les uns avec les autres, et pour devenir une force collective plus puissante que la somme de ses parties individuelles.

Par exemple, un employé du ministère de la Sécurité intérieure a développé un réseau social informel appelé ‘GovLoop’ dans ses temps libres, et en seulement quelques semaines, les adhésions ont grimpé à plus de 5,000 membres. Intelink, la communauté du renseignement de sécurité du réseau pour l'échange d'informations, est à fleur d'eau dans les blogs et autres communications sur des sujets pertinents.Et les goverati peuvent être trouvés en train de réseauter sur à peu près n’importe quel outil commercial existant, incluant des réseaux d’affaires tels que LinkedIn, Facebook et d’autres sites Internet.

Mike Leavitt

Ce mouvement n’est pas limité qu’aux employés de la Génération Y, aux stagiaires collégiaux, et aux geeks. L’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux [Mike Leavitt] a édité son propre blogue à propos de l’influenza. Le commandant de la Garde côtière utilise YouTube et Facebook. Et ce mouvement n’est pas uniquement limité qu’aux initiés de Washington: Craig Newmark, fondateur de Craiglist, a parlé de la nécessité d’ouvrir le gouvernement au cours d’une récente discussion.

Les goverati utilisent également leurs réseaux sociaux pour planifier des événements informels qui les aident à échanger des idées et apporter de nouvelles personnes dans la bergerie. Un de ces événements à venir est le Government 2.0 Camp, qui se tiendra à Washington les 27-28 mars prochain, où des gens du gouvernement, de l’éducation et de l’industrie partageront leurs informations, formeront de nouvelles collaborations, et discuteront d’un futur gouvernement transparent, participant et collaborateur par, et pour le peuple. Il est encore temps pour vous de rejoindre les rangs des goverati.»

Vous imaginez un peu que je serais aux anges si ce contexte de transparence, participation et collaboration pouvait exister au Québec!

Au lieu de cela, nous nous faisons dire que les gens qui s’intéressent à la fois aux médias sociaux et au gouvernement sont des crétins. Difficile d'oublier la décision du gouvernement du Québec du 17 juin 2008, de ne pas collaborer avec des membres de la sphère du Flublogia, et le site Zonegrippeaviaire.com, parce que les médias sociaux «ne sont pas assez crédibles ni suffisamment matures», et pour ne pas avoir à reconnaître le reste des médias sociaux.

Au lieu de montée des goverati, nous assistons plutôt à l’étouffement de ceux-ci au Québec. Dommage. Nous manquons une fois de plus le bateau.

Si vous êtes à Washington, il y a des chances que vous puissiez faire partie de la montée des goverati. Mais si vous vous trouvez ailleurs...

24 février 2009

Communauté, communauté de pratique et équipe collaborative

Une COMMUNAUTÉ est un groupe d’individus partageant un certain niveau de liens personnels avec d’autres personnes, pour une raison quelconque, allant de l’amitié, aux affaires, à la famille, à la résidence, à la culture, à la religion, à la politique, etc.

Les communautés sont généralement formées au sein de réseaux. Ainsi, une utilisation professionnelle des réseaux peut accélérer la naissance ou la croissance de communautés.

Les contributions des membres sont encouragées et forment la substance même de la communauté. Sans activité, il n'existe pas de communauté. Toutefois, il n’est pas nécessaire que tous les membres participent à chaque activité et à chaque fois qu'il survient quelque chose. Une communauté permet à ses membres d'être aussi actifs qu’ils le souhaitent à propos de ce qu’ils choisissent. La politique de l'activité fait donc partie d'une communauté (c'est-à-dire que certains membres sont plus visibles que d'autres, alors que certains apparaissent comme des leaders, d'autres comme des adeptes, et d'autres comme des auditeurs neutres).

Ces trois derniers mois, ce qui est désigné comme étant la «sphère du Flublogia» est devenue une COMMUNAUTÉ sur deux plates-formes de réseautage (Facebook et Twitter).

En octobre 2008, j’ai encouragé plusieurs membres de cette blogosphère à s’inscrire à Facebook, afin de rester en contact avec des collègues, d'apprendre des autres et de lutter contre l'isolement social. Dix personnes ont répondu à l’appel. Ensuite, ces personnes se sont liées entre elles, et avec d’autres membres de cette blogosphère déjà inscrites sur Facebook. Graduellement, la toile de liens d'amitié s'est consolidée. En peu de temps, une COMMUNAUTÉ est née. Un noyau dur, composé environ d'une centaine d'individus, partagent présentement une moyenne de dix amis en commun (et ce nombre s’élève à autant que 98 amis communs).

Une COMMUNAUTÉ DE PRATIQUE est une communauté de professionnels dont le but est de créer et de partager des connaissances à propos d'une pratique commune à tous les membres. Son objectif est de favoriser l'innovation incrémentale.

Les gens du Flublogia actifs sur Facebook et Twitter ne l’ont peut-être pas encore réalisé, mais après avoir formé une COMMUNAUTÉ, ils sont devenus aussi une COMMUNAUTÉ DE PRATIQUE, lorsque des individus de plusieurs pays différents ont franchi la barrière des langues et ont commencé à partager leurs idées, informations, connaissances et expériences.

Une ÉQUIPE COLLABORATIVE a pour but de produire un produit final. Il s'agit d'un groupe de personnes définies par un résultat final commun.

Les gens du Flublogia ne sont pas encore devenus une équipe collaborative, par le biais d’une utilisation des médias sociaux et de divers outils et plates-formes de réseautage social. Mais cela m'apparaît comme la prochaine étape logique.

Une poignée de hauts fonctionnaires (gestionnaires de pandémie) se sont ouverts aux members du Flublogia sur Facebook, en nouant des amitiés. J’ai observé que David Nabarro, le coordonnateur senior pour l’influenza humain et aviaire des Nations Unies, est devenu ami avec six membres de cette blogosphère, au cours des deux derniers mois. Marc Van Ranst, commissaire interministériel du gouvernement fédéral de la Belgique pour les préparatifs pandémiques, est devenu ami avec cinq membres du Flublogia.

Mais jusqu’à présent, je n’ai pu observer que ces planificateurs de pandémie de haut niveau aient réellement engagé des conversations ouvertes à propos des préparatifs pandémiques. Il y a eu des échanges privés toutefois, mais le flux des conversations n’a pas eu lieu publiquement.

Jusqu’au 14 février 2009 (le Jour de la Saint-Valentin, par ailleurs!).

Ce jour-là, Craig Vanderwagen (la première personne à avoir été nommée Secrétaire adjoint pour les préparatifs de situation d’urgence du ministère américain de la Santé et des Services sociaux) a fait ce que je considère être l’équivalent de marcher sur la lune. Ce haut fonctionnaire, après avoir noué des amitiés avec une dizaine de membres de la sphère du Flublogia (le nombre le plus élevé d’amitiés observé à ce jour), le 14 février, a commencé à bloguer sur Facebook, par le biais de notes. Il a partagé son avis à propos d’un aperçu de défis et de projets à venir. En faisant cela, il a permis qu’ait lieu une discussion à propos de ces éléments.

Par conséquent, Craig Vanderwagen est à mon avis le premier haut gestionnaire de préparatifs pandémiques à avoir ouvert une fenêtre de dialogue avec la COMMUNAUTÉ DE PRATIQUE flublogienne.

Au cours des prochaines semaines, il sera intéressant d’observer comment les hauts gestionnaires de pandémie développeront leur collaboration avec cette communauté de pratique.

Éventuellement, il sera peut-être question qu’une ÉQUIPE COLLABORATIVE émerge naturellement. Ceci pourrait notamment contribuer à favoriser l’innovation.

Un exemple concret d’équipe collaborative expérimentale consiste à mon avis en Government 2.0 Camp (sur Twitter @Gov20Camp):
«Governement 2.0 Camp est une non-conférence sur l’utilisation des médias sociaux et des outils technologiques Web 2.0, afin de créer un gouvernement américain plus efficace et une meilleure collaboration à tous les niveaux (local, étatique et fédéral).»

Je vais observer attentivement les travaux de cette équipe au cours des prochaines semaines. Vous pouvez consulter cette vidéo qui explique en quoi consistera ce Camp. Consultez cette page Internet pour en savoir plus à propos de Government 2.0 Camp. L’ami Andrew P. Wilson (un membre de l’équipe Internet du HHS) m’a confirmé hier qu’il participera à cet événement, qui se déroulera le 27 mars 2009. Vous pouvez suivre Andrew sur Twitter: @AndrewPWilson.

Le 23 février 2009, la Maison Blanche a annoncé la nomination d’une équipe Internet:
«Lundi après-midi, la Maison Blanche a annoncé une nouvelle série de personnel de haut niveau, y compris une liste de positions high-tech du président, et une équipe de nouveaux médias Internet.

Plusieurs membres clé du personnel de la Maison Blanche, d’après un communiqué de presse de Robert Gibbs, géreront les grands portefeuilles Internet et la sensibilisation à la «participation de citoyens» en ligne.

La liste des nominations comprend plusieurs anciens collaborateurs de la campagne présidentielle de Barack Obama, dont naturellement, l’ancienne conseillère Web du président, Nancy Pelosi, ainsi qu’un ancien employé de Google qui a travaillé à titre de modérateur de plate-forme pour cette entreprise.

Le bureau de presse de la Maison Blanche avait déjà fait des vagues, il y a un mois, du moins selon les standards de Washington, lorsque le président Obama a invité le Huffington Post à sa première conférence de presse. Lors d’une invitation lancée aux blogeurs pour assister à une récente conférence de presse de la Maison Blanche, un agent des nouveaux médias a déclaré que demander à des blogeurs d’assister à des conférences de presse présidentielles pourrait devenir une «nouvelle tradition».

Un mois après l’entrée en poste du président Barack Obama, les États-Unis poursuivent inexorablement leur virage 2.0. Cela aura une incidence sur le développement de préparatifs pandémiques sociaux.

Voici un rappel du Quatrième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire de David Nabarro:
«Des approches de la communication à long terme en vue des modifications comportementales sont nécessaires, en particulier des approches adaptées aux contextes sociaux, économiques et culturels de la population. Les populations doivent disposer des connaissances et des moyens nécessaires à la mise en pratique des recommandations. L’instauration d’une relation de confiance entre les populations et les autorités, en particulier en ce qui concerne les mesures de contrôle qu’elles prônent, jouera un rôle crucial pour permettre aux gens de se protéger contre la grippe aviaire pathogène et de limiter les conséquences potentielles de la maladie et d’autres maladies infectieuses émergentes.» (Synopsis, paragraphe 18).

Je me réjouis à propos des récents développements observés, ainsi que du contexte actuel en général. J’ai l’impression que les recommandations de l’ONU pourraient finalement être transposées dans un modèle pratique.

Du progrès a été effectué ce dernier mois par les agences américaines, dans la manipulation et l'expérimentation avec différents outils de médias sociaux. Le fait que Craig Vanderwagen ait ouvert une fenêtre de dialogue avec des leaders d’opinion du Flublogia sur Facebook est encourageant. Il ouvre la voie à quelque chose de nouveau. L’administration Obama est en train d’établir de nombreuses nouvelles normes. Tous ces éléments convergent et pourraient contribuer à produire de réels préparatifs pandémiques sociaux.

Un nom sur cette planète a le pouvoir d'obtenir l'attention des dirigeants d'entreprises. Ce nom-là est McKinsey, qui publie la fameuse McKinsey Quaterly. Dernièrement, ils ont publié un article intitulé ‘Six ways to make Web 2.0 work' (dont j'ai parlé dans mon billet "Six éléments de gestion Web 2.0 qui ont du succès, d'après McKinsley". Ces recommandations peuvent très bien s'appliquer aux gouvernements également. Plusieurs considèrent ces recommandations comme étant un point de basculement, qui propulsera les entreprises dans un virage 2.0 massif.

La raison pour laquelle j'évoque McKinsey dans ce billet, c'est que sa règle Numéro 1 est: Le passage à une culture «bottom-up» a besoin d’être soutenu par le haut.

Par conséquent, si nous appliquons la formule gagnante McKinsey, la mise en oeuvre de préparatifs «bottom-up» pandémique sociaux a besoin d'être soutenue par le haut.

J'espère que le soutien par le haut en question - c'est-à-dire émanant de très hauts gestionnaires de pandémie, tels que Craig Vanderwagen et David Nabarro - dont nous avons tant besoin pour mettre sur les rails des préparatifs sociaux, ne tardera pas à se matérialiser.
 
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