Blogue de Lyne Robichaud

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05 mars 2009

La montée des goverati

Mark Drapeau

Il y a un mois, via @AndrewPWilson, j’ai découvert Mark Drapeau (qui est ­@cheeky_geeky sur Twitter), un associé de recherche au Centre de la technologie et de la politique de sécurité nationale de la National Defense University de Washington.

Il parlait des goverati dans un article intitulé ‘Government 2.0: The Rise of Goverati’.

Je ne connaissais pas ce mot: goverati.

Pas étonnant, car il a été inventé il y a quelques semaines…

Le fait que Mark Drapeau analyse des éléments de défense nationale est intéressant (d’un point de vue de préparatifs pandémiques) et je vais tenter de le suivre au cours des prochains mois.

Une phrase mentionnée dans son article ‘Government 2.0: A Theory of Social Government’, a retenu mon attention: «Pour quelqu’un qui étudie le lien entre les maladies infectieuses et la sécurité internationale, je réfléchis à l’utilisation des communications sociales en ligne dans le cas d’une pandémie.» Voilà, c’est dit. Il a osé prononcer le grand P. Et vous pouvez être certains que je vais creuser pour trouver d’autres informations, et voir où il en est rendu dans ses réflexions à ce sujet.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos goverati.

Dans Federal Computer Week, Mark Drapeau explique d’où vient ce terme et ce qu’il signifie:
«Dernièrement, il y a eu pas mal de bourdonnement à propos des technologies des médias sociaux à Washington. Des technologies Web 2.0 telles que WordPress, Twitter et Qik sont en train de pousser les communications et les interactions personnelles vers de nouveaux domaines. Mais une tendance locale dans le domaine des logiciels sociaux a largement échappé à l’attention des médias nationaux: la montée des goverati.

Qui sont donc les goverati, me demanderez-vous – et en faites-vous partie? Goverati est un terme que j’ai inventé il y a quelques semaines alors que je participais à un groupe de discussion du Social Media Club DC. Essentiellement, les goverati sont des personnes familières avec le gouvernement et avec la manière dont il fonctionne, et qui comprennent les technologies des médias sociaux. Ces gens veulent se mettre en réseau les uns avec les autres, afin de favoriser de plus en plus de transparence, de participation et de collaboration du gouvernement.

Le président Barack Obama a émis dernièrement un mémo qui remet en cause le gouvernement pour accomplir cet objectif au cours de son mandat. Étant donné que les outils 2.0 ont donné de l’empowerment aux personnes et leur ont permis de communiquer les unes avec les autres, d’une manière plus efficace et plus ouverte, les gens demandent également à avoir accès à leur gouvernement. La bonne nouvelle est que cela est en train de se produire [aux États-Unis]. Les applications sociales feront partie d’une stratégie globale impliquant le directeur technique national (qui n’a pas encore été nommé), le Bureau de la gestion et du budget, ainsi que les Services d’administration générale. De plus, le directeur des nouveaux médias de la Maison Blanche, Macon Phillips, saura sans doute conseiller le président sur les progrès réalisés, pousser le long de ce processus et le tenir intelligemment informé.

Tout comme les goverati exercent des pressions pour qu’ait lieu un gouvernement plus transparent, participant et collaboratif, ils utilisent simultanément les applications de réseautage social, pour lesquelles ils sont passionnés, pour réseauter les uns avec les autres, et pour devenir une force collective plus puissante que la somme de ses parties individuelles.

Par exemple, un employé du ministère de la Sécurité intérieure a développé un réseau social informel appelé ‘GovLoop’ dans ses temps libres, et en seulement quelques semaines, les adhésions ont grimpé à plus de 5,000 membres. Intelink, la communauté du renseignement de sécurité du réseau pour l'échange d'informations, est à fleur d'eau dans les blogs et autres communications sur des sujets pertinents.Et les goverati peuvent être trouvés en train de réseauter sur à peu près n’importe quel outil commercial existant, incluant des réseaux d’affaires tels que LinkedIn, Facebook et d’autres sites Internet.

Mike Leavitt

Ce mouvement n’est pas limité qu’aux employés de la Génération Y, aux stagiaires collégiaux, et aux geeks. L’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux [Mike Leavitt] a édité son propre blogue à propos de l’influenza. Le commandant de la Garde côtière utilise YouTube et Facebook. Et ce mouvement n’est pas uniquement limité qu’aux initiés de Washington: Craig Newmark, fondateur de Craiglist, a parlé de la nécessité d’ouvrir le gouvernement au cours d’une récente discussion.

Les goverati utilisent également leurs réseaux sociaux pour planifier des événements informels qui les aident à échanger des idées et apporter de nouvelles personnes dans la bergerie. Un de ces événements à venir est le Government 2.0 Camp, qui se tiendra à Washington les 27-28 mars prochain, où des gens du gouvernement, de l’éducation et de l’industrie partageront leurs informations, formeront de nouvelles collaborations, et discuteront d’un futur gouvernement transparent, participant et collaborateur par, et pour le peuple. Il est encore temps pour vous de rejoindre les rangs des goverati.»

Vous imaginez un peu que je serais aux anges si ce contexte de transparence, participation et collaboration pouvait exister au Québec!

Au lieu de cela, nous nous faisons dire que les gens qui s’intéressent à la fois aux médias sociaux et au gouvernement sont des crétins. Difficile d'oublier la décision du gouvernement du Québec du 17 juin 2008, de ne pas collaborer avec des membres de la sphère du Flublogia, et le site Zonegrippeaviaire.com, parce que les médias sociaux «ne sont pas assez crédibles ni suffisamment matures», et pour ne pas avoir à reconnaître le reste des médias sociaux.

Au lieu de montée des goverati, nous assistons plutôt à l’étouffement de ceux-ci au Québec. Dommage. Nous manquons une fois de plus le bateau.

Si vous êtes à Washington, il y a des chances que vous puissiez faire partie de la montée des goverati. Mais si vous vous trouvez ailleurs...

18 novembre 2008

Le Québec a besoin d’un plan numérique, ainsi qu'un plan multisectoriel de planification de pandémie

Le Québec a besoin d’un plan numérique, ainsi qu'un plan multisectoriel de planification de pandémie et de reconnaissance du rôle des médias sociaux

Paru le dimanche, 2 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Ultra F., Digital Vision, libre de droits, #82245837

Il y a six jours, la bloggueuse montréalaise Patricia Tessier passait à l’action et signait une lettre ouverte adressée au premier ministre du Québec – intitulée Monsieur Charest – Le Québec a besoin d’un plan numérique - visant une gouvernance numérique, afin de «non seulement rattraper le retard, mais devenir une nation qui prendra sa place et se distinguera dans la nouvelle économie».

Une excellente initiative, qui a récolté en peu de jours de nombreux appuis, avec près de 200 personnes ayant rejoint le groupe associé à cette lettre sur Facebook, une quarantaine de bloggeurs ayant mis la main à la pâte de la diffusion de la lettre, et plusieurs mentions dans les médias.


Jean Charest. Photo Jacques Nadeau, Le Devoir. Source

Dans moins de 72 heures, il est probable que le premier ministre Jean Charest annoncera la tenue d’une élection générale provinciale au Québec. Je suis persuadée que Patricia Tessier et ses acolytes, dont plusieurs excellent en communications, arriveront à faire cheminer leur démarche au cours de la campagne électorale provinciale.

Patrice-Guy Martin, dans un article publié dans Direction informatique, qui se penche notamment sur la démarche de Patricia Tessier, indique qu’il faut prêcher par l’exemple: «Nous avons tous un environnement sur lequel nous avons un pouvoir d’influence ou d’action. C’est dans ce périmètre que nous sommes véritablement des agents de changement. Sachons utiliser ce pouvoir. Il est plus grand que nous le croyons. Il serait sage que nos gouvernements poussent dans ce sens. Il serait encore plus sage de commencer à agir sans nécessairement les attendre.»

Le pouvoir d’action, c’est justement ce sur quoi Zonegrippeaviaire.com s'appuie. Nous prenons notre rôle d’information et d’empowerment des citoyens en vue d’une pandémie très au sérieux. Étant donné que les préparatifs pandémiques sont l’affaire de tout le monde, et en particulier des gouvernements, nous sommes allés cogner à la porte du gouvernement du Québec au printemps dernier, et nous lui avons demandé de nous considérer comme un partenaire de développement de la planification de pandémie, et comme faisant partie de la solution d’approche à une pandémie. La réaction du gouvernement a été le déni des médias sociaux. Zonegrippeaviaire.com n'est pas à sa première lettre adressée au premier ministre Jean Charest (et je dois souligner que les réponses brillent par leur absence). Nous souhaitons, nous aussi – comme Patricia Tessier et ceux et celles qui l’appuient - non seulement que le gouvernement du Québec rattrape le retard, mais qu’il devienne une nation qui prendra sa place et se distinguera dans le domaine des préparatifs en vue d’une pandémie. Cela permettrait de limiter les dégâts à notre économie, et de diminuer le nombre de victimes qui seront emportées par un virus pandémique et les dommages collatéraux causés par une pandémie d'influenza.

Je considère qu’il est tragique que les autorités provinciales québécoises et fédérales canadiennes n’aient pas encore trouvé une formule de collaboration et n’arrivent pas à reconnaître le rôle du Web participatif (ou médias sociaux) comme levier de mitigation de la société. Pourtant, ce rôle est souligné dans le document «Les médias sociaux et la communication du risque», signé en mai dernier par la Direction de la coordination de l’information et des mesures d’urgence de Services Québec.

Le déclenchement des élections provinciales entraînera sans doute la paralysie du gouvernement jusqu’au printemps 2009 (le temps que la campagne électorale se déroule, puis qu’un nouveau cabinet ministériel soit formé, puis que ces personnes prennent la pleine possession de leurs dossiers). Pendant que les autres nations du monde continueront de développer leurs planification de pandémie, nous pouvons anticiper que le Québec prendra encore plus de retard dans ce domaine.


David Nabarro. Photo Getty Images source

Les élections provinciales tombent plutôt mal, à un moment clé où les agences onusiennes en sont arrivées à un important tournant de leur vision de la gestion de pandémie. Le Quatrième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (voir le synopsis en français) publié à la mi-octobre, avec David Nabarro, coordonnateur du système des Nations Unies pour la grippe, à la barre des travaux de ce rapport, propose de nouvelles directives internationales qui pousseront les décideurs et les planificateurs de pandémie des États du monde à retourner à leurs plans de pandémie et à les faire évoluer. Ce qui s’annonce, à l’échelle mondiale, est donc un changement majeur dans la gestion de pandémie: Au cours de l’année 2009, [les pays] veilleront à mettre au point des protocoles, des cadres d’action et des indicateurs en vue d’une préparation multisectorielle [sociale, économique et politique] à une pandémie, et l’on proposera des mécanismes en vue de son financement approprié.»


Mike Leavitt. Photo source

Naturellement, je souhaiterais que ces questions deviennent des enjeux électoraux, mais je suis réaliste et je sais que cela n’arrivera probablement que dans mes rêves les plus fous, en raison de l'apathie des médias et de la société en général envers ces questions. Le sujet d'une pandémie ne cadre pas très bien dans une campagne électorale car cela n'a pas le potentiel de générer des masses de votes. Comme l'a mentionné le ministre américain de la Santé, Mike Leavitt, la semaine dernière lors d'un séminaire diffusé sur Internet: «Il n'est pas facile de parler d'une pandémie». Toutefois, son administration s'est positionnée en leader et soutient l'importance des préparatifs individuels. «Nous devons continuer à utiliser chaque occasion pour parler de l'état de préparation individuel. Oui, le gouvernement doit jouer un rôle, que ce soit au fédéral ou local… mais les gens ont une responsabilité et c'est en joignant leurs actions que cela déterminera finalement si nous sommes préparés ou pas.» Il est à souhaiter que le gouvernement du Québec adopte lui aussi un discours d'encouragement des préparatifs individuels, et en vienne à reconnaître et soutenir la communauté virtuelle Zonegrippeaviaire.

Suivons de près le momentum créé par les démarches visant une gouvernance numérique. Qui sait, peut-être surviendra-t-il des occasions de faire valoir la nécessité d’une préparation multisectorielle en vue d’une pandémie et le rôle des médias sociaux au cours de la campagne électorale provinciale qui s’annonce.

À propos du séminaire du 29 octobre organisé par le HHS

Paru le mercredi, 29 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Mike Leavitt. Photo source

Il était très touchant, le résumé du ministre américain de la Santé, à propos des préparatifs de pandémie effectués à ce jour par les États-Unis, 6 jours avant la nomination d’un nouveau président (lors d'un séminaire diffusé sur Internet de la série Webcast du HHS).

Malgré tout le travail accompli, Mike Leavitt a souligné qu’il reste encore beaucoup à faire. «Nous devons résister à la tendance de limiter les préparatifs, en raison des coupure budgétaires. Cela requiert de la détermination, de la ténacité et du CHANGEMENT.» Il lèguera une liste de 4 éléments prioritaires à son successeur.

Le ministre a également beaucoup insisté sur le rôle des INDIVIDUS. «Leur participation est irremplaçable et l’agrégat de leurs actions feront la différence lors d’une situation d’urgence et d'une pandémie.»

J'ai pris des notes, et si j'ai le temps de le faire, peut-être que j'écrirai un billet qui rapportera plus en détails à propos de cet événement.

Entrevoir une pandémie à travers les yeux de médecins avec de l'expérience en aide humanitaire

Paru le lundi, 6 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Dr Vincent Échavé. Photo source

Nous avons la chance à Zonegrippeaviaire, de compter parmi nos utilisateurs DRMSFV, un médecin généraliste, qui a passé plusieurs années en Afrique et s'est impliqué à Médecins sans frontières. Pour lui, la souffrance humaine est intolérable. Si vous discutez avec lui le moindrement, vous remarquerez que c'est plus fort que lui: c'est le message qu'il répète inlassablement. Et avec raison! Il a déclaré le 3 octobre dernier: "La pandémie est inévitable, mais la souffrance humaine touchant les domaines de la santé et du socio-économique est grandement évitable dans une démarche active, par les intervenants et par la population."

Je retrouve un peu ce même discours contre la souffrance humaine chez Vincent Échavé, interviewé aujourd'hui par le quotidien Le Devoir, ce même espoir que les choses changent un jour.

Ceux qui ont de l'expérience sur le terrain, ceux qui ont dû lutter chaque jour pour exercer une médecine de brousse dans des conditions difficiles, sont capables d'imaginer (mieux que d'autres je dirais) ce que sera une pandémie. Ils ont un avant-goût amer de ce que nous devrons traverser. Ils connaissent la chanson... Ils ont également une compréhension profonde des systèmes politiques et de comment fonctionnent réellement les choses. Ces personnes ont acquis une certaine sagesse, et ont une bonne idée de ce qui devrait être changé pour que le monde tourne un peu mieux.

Tout comme nous portons attention aux voix du passé, et que nous écoutons les témoignages des survivants de la grippe espagnole pour nous aider à mieux aiguiller les préparatifs pandémiques, nous pourrions apprendre beaucoup de médecins avec de nombreuses années d'expérience en aide humanitaire, tels que DRMSFV et Vincent Échavé.

Une citation de Vincent Échavé a retenu toute mon attention, et je note soigneusement ses paroles, car elles s'appliquent étonnament bien aux défis des préparatifs en vue d'une pandémie: «Les intérêts des grandes nations passent avant la vie humaine, lâche-t-il. On en est encore à ce point de barbarie. On a peu évolué.» Il cite en exemple la timidité de plusieurs à s'ingérer dans les affaires d'un État. «Je pense que la souveraineté des États ne doit pas être au-dessus de la vie humaine, de la justice et de la dignité.»

Nous avons pu observer ces derniers mois une tendance mondiale au black-out d'information, notamment en Indonésie, ce pays où sont survenus le plus grand nombre de décès causés par la grippe aviaire. À part quelques tentatives du ministre américain de la Santé, Mike Leavitt, qui s'est rendu en Indonésie, et une autre visite à Jakarta effectuée par le milliardaire Bill Gates, peu de protestations ont été entendues de par le monde à propos du laisser-aller face à la menace de la grippe aviaire et du silence grandissant concernant les cas humains.

Les "flubies" restent au front des nouvelles de la grippe aviaire, mais pour combien de temps? Nul ne sait dans combien d'années surviendra la pandémie, et plusieurs risquent de succomber à la "fatigue" et la lassitude de la grippe aviaire entre temps.

Je note également que Vincent Échavé conclut qu'il serait nécessaire de changer la structure des Nations unies, qu'il qualifie «d'entitée complètement paralysée». Il est d'avis que si nous n'arrivons pas à modifier cette super agence, «c'est le monde qui se condamne à l'inaction totale».


L'entrevue - Soigner en zone de guerre
Lundi, 6 octobre 2008 | Par Alexandre Shields | Le Devoir
Le Dr Vincent Échavé se refuse à tolérer l'inhumain.



Chirurgien bardé de diplômes, le Dr Vincent Échavé pourrait se contenter de profiter de la vie. Mais le confort et l'indifférence, très peu pour lui. Engagé au sein de l'organisation Médecins sans frontières, il a pratiqué la médecine dans plusieurs des pires zones de guerre que le monde ait connues depuis 20 ans. Et il en a assez vu pour conclure que les grandes puissances détournent le plus souvent le regard devant la souffrance que subissent les populations confrontées à ces conflits.

Pour résumer ce qui le pousse à exercer cet art médical qu'est la chirurgie dans des conditions extrêmes, et parfois même au péril de sa propre vie, le Dr Échavé cite Les Frères Karamazov de Dostoïevski: «Nous sommes tous responsables de tout et de tous devant tous, et moi plus que tous les autres.» Cette responsabilité est d'autant plus incontournable, selon lui, que «nous sommes privilégiés» de pouvoir vivre loin de cette misère endémique qui frappe des millions d'êtres humains.

«Mon engagement avec Médecins sans frontières me permet de réaliser mon rêve d'apporter mon aide là où les populations en ont le plus besoin et ainsi de mettre la personne humaine au-dessus de toute autre considération, explique le professeur à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke. J'ai embrassé la dimension internationale de notre profession pour vivre la médecine comme un désir d'humanité. Mon plus grand souhait est que l'on puisse conserver cette volonté de ne pas tolérer l'inhumain, de refuser la banalisation de l'injustice dans un monde placé sous le signe de la violence.»

Un désir d'aider doublé d'un parcours on ne peut plus riche. Né à Cuba, Vincent Échavé quitte l'île avec ses parents alors qu'elle est en pleine ébullition révolutionnaire. Il consacre alors plusieurs années à voyager pour parfaire sa formation en médecine, d'abord à Madrid, puis en Suisse, où il se spécialise en chirurgie générale et thoracique. Ensuite, direction le Québec, où il fait son internat rotatoire à Sherbrooke et sa résidence en chirurgie générale à l'Université McGill, puis à l'Université de Miami. Le Dr Échavé effectuera aussi des spécialisations en chirurgie vasculaire et oesophagienne.

[...]

Les limites de l'humanitaire

Malgré toute la volonté des ONG, Vincent Échavé constate les limites de l'aide humanitaire, surtout si la communauté internationale continue de garder le silence. «Les intérêts des grandes nations passent avant la vie humaine, lâche-t-il. On en est encore à ce point de barbarie. On a peu évolué.» Il cite en exemple la timidité de plusieurs à s'ingérer dans les affaires d'un État. «Je pense que la souveraineté des États ne doit pas être au-dessus de la vie humaine, de la justice et de la dignité. Il y a des situations où la non-ingérence doit s'arrêter au moment où naît le risque de non-assistance.»

En 2005, l'ONU a effectivement admis l'existence d'une responsabilité de protéger les nations contre les génocides, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. «Pourtant, dans le cas du Darfour, il n'y a rien qui bouge. On est victime du Conseil de sécurité et du droit de veto de ses membres. Chacun défend ses intérêts. Cette fois-ci, c'est la Chine qui bloque tout parce qu'elle lorgne les réserves pétrolières du Soudan.»

Selon lui, il faudrait donc élargir le Conseil de sécurité, mais en y incluant «des pays neutres, qui n'ont pas d'intérêts comme ceux qu'on voit et qui ne sont pas d'anciennes puissances coloniales. On doit changer la structure des Nations unies, une entité complètement paralysée». Sans quoi, c'est le monde qui se condamne à l'«inaction totale».

Source: www.ledevoir.com

L'e-démocratie, c'est pour qui?

L'e-démocratie, c'est désormais pour les Français, les Américains, et même les Canadiens... mais surtout pas pour les Québécois

Paru le jeudi, 18 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Jean-Pierre Jouyet. Photo Flickr, source

Je remercie mon copain Christian Aubry d'avoir publié un lien dans le réseau Facebook.com, pointant vers une nouvelle annonçant que Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d'État aux affaires européennes, projette une sorte de "Leadership Blog" et a convié au Quai d'Orsay quelques blogueurs pour leur faire découvrir un forum d'échanges.


Mike Leavitt, ministre, HHS.

Pandemic Flu Leadership Blog est une initiative du ministère de la Santé [Health and Human Services] des États-Unis. Ce projet virtuel s'est déroulé en 2007, et a réuni une poignée de blogueurs, dont nos amis Michael Coston (mieux connu sous le pseudonyme Fla_Medic), qui édite Avian Flu Diary, et le Dr Greg Dworkin (éditeur fondateur du forum FluWiki. Il blogue également de remarquables billets sous le pseudonyme DemFromCT dans Daily Kos. Consultez nos traductions de ce blogueur). Découvrez également quels ont été les autres contributeurs de ce projet virtuel d'envergure (le Leadership Blog) qui a permis par la suite entre autres de positionner solidement la sphère du Flublogia aux États-Unis.

Plusieurs blogueurs ont dernièrement été invités au CDC, à Atlanta, et au HHS, à Washington, pour participer à des simulations de pandémie.

Quant à moi, je n'entretiens plus aucun espoir de recevoir quelque invitation que ce soit pour aller sur la colline parlementaire, à Québec.

Toutefois, j'ai appris aujourd'hui l'existence d'un projet vraiment emballant. Et oh la la, j'ai peine à le croire... cela a lieu ici même, AU CANADA. Il existe un Center for Global eHealth Innovation, rattaché à l'Université de Toronto.

La description des gens qui travaillent à ce Centre me fait presque verser des larmes! Je ne pensais pas voir naître un projet de cette nature de si tôt au Canada, et je suis vraiment très heureuse d'apprendre que ces gens existent. "We are a group of people who share the Centre's vision to improve health for all through information and communication technologies (ICTs)."

C'est donc avec un grand soupir de soulagement que j'entrevois qu'il sera éventuellement possible, dans un avenir relativement rapproché, de voir naître des projets de e-démocratie, dont certains pourraient même être liés à des préoccupations de préparatifs pandémiques.

Ce n'est pas malheureusement pas demain la veille que nous allons voir le gouvernement du Québec annoncer un projet de e-démocratie pour réfléchir à quelque sujet que ce soit... Car avec le document "Les médias sociaux et la communication du risque", nous pouvons comprendre que les décideurs québécois sont très loin d'accueillir à bras ouvert les innovations technologiques dans leurs pratiques de communication de risque.

Ici, au Québec, l'e-démocratie, c'est donc tout simplement une histoire impossible à imaginer pour le moment, étant donné la volonté de contrôle de l'information, que souhaiteraient pouvoir exercer indéfiniment les autorités gouvernementales.
Rencontre avec Jean-Pierre Jouyet: l'e-démocratie, une chance pour l'Europe
Par Natasha QS | Mémoire Vive.Tv

Le cabinet du Secrétaire d’État aux affaires européennes a convié huit blogueurs au Quai d’Orsay pour échanger avec Jean-Pierre Jouyet. Il est plutôt jovial et moins «techno» qu’on a pu le dire. But de la rencontre: nous faire découvrir le forum qui aura lieu à Nantes en octobre prochain : “12 projets pour 2020. L’Europe de demain” (europeens.touteleurope.fr). Ce forum a pour ambition de consulter plus de 500 jeunes venus de toute l’Europe et de faire remonter leurs propositions. Jean-Pierre Jouyet nous brosse un rapide panorama de ce qu’il attend de ce forum nantais. Les internautes sont invités à y participer activement (voir la vidéo, à la fin du billet).
Jules de Diner’s Room évoque dans une question le concept d’opinion publique européenne. Le ministre ne pense pas qu’elle existe. L’Europe, c’est un regroupement de 27 pays avec des visions bien différentes sur certaines questions, à l’instar des conceptions juridiques anglo-saxonne, germanique ou française, très dissemblables.

À l’entendre, une évidence se fait jour: trouver des consensus avec autant de pays différents doit être complexe. C’est sans doute un long apprentissage pour apprendre à travailler et diriger ensemble. Dommage que les politiques ne bloguent pas les coulisses de cette aventure. L’Europe a très certainement besoin d’un haut représentant pour les affaires étrangères. On se fait une petite idée de la complexité de la charge.

Mike Leavitt rencontre 27 ministres européens de la santé en France

Mike Leavitt rencontre 27 ministres européens de la santé en France, et déclare que la menace de pandémie est "toujours réelle"

Paru le vendredi, 12 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Mike Leavitt. Photo source

Le ministre américain de la santé, Mike Leavitt a été invité au début de la semaine, à une rencontre des ministres de la santé des 27 États membres de l'Union européenne, qui s'est déroulée à Angers en France.

Ce n'est pas demain la veille que nous verrons Mike Leavitt être invité au Canada pour venir discuter de la grippe aviaire et de préparatifs pandémiques... Les poules risquent d'avoir des dents avant que cela se produise!

Mais même si nous savons que de telles invitations n'arriveront que dans nos rêves les plus fous, nous sommes toutefois en mesure d'apprécier les organisations et les nations qui ont assez de plomb dans la tête et de professionalisme pour planifier du mieux qu'elles le peuvent en vue d'une pandémie d'influenza.

Il y a quelques semaines, le Royaume-Uni a déclaré qu'une pandémie était désormais considérée comme la menace NUMÉRO 1 de la nation, et supplantait toutes les autres menaces.

Didier Houssin
Photo AFP/JACK GUEZ (source)

La semaine dernière, le délégué interministériel à la Lutte contre la grippe aviaire de l'Union européenne, Didier Houssin, a déclaré quelque chose équivalent à la position des Britanniques: "Une pandémie grippale reste la principale menace qui pèse sur l'Europe en matière de santé".

La rencontre des 27 ministres de la santé permettra sans doute de niveler l'état de préparation de chacun des États membres de l'Union européenne. Cette stratégie assurera au continent européen une force égale de combat face à la menace de pandémie, et évitera que certains pays soient davantage touchés par un virus mortel, et viennent compromettre les mesures et infrastructures des autres pays limitrophes.


Julie Gerberding. Source photo

Il est difficile d'oublier cette citation de Julie Gerberding, experte en maladies infectieuses, directrice du Centre for Disease Control (CDC) aux États-Unis: "Nous sommes seulement aussi forts que notre lien plus faible." L'Union européenne semble apparemment déterminée à appliquer cette stratégie de renforcement et de mitigation de sa communauté d'États membres.

En ce qui concerne le gouvernement du Québec, j'ai pu vérifier lors d'une rencontre ayant eu lieu le 30 mai dernier avec deux hauts fonctionnaires en charge de la planification de pandémie, qu'ils n'ont aucune idée, ni aucun outil, qui leur permettrait de déterminer où en est rendu l'état de préparation de chacune des agences provinciales, et l'ensemble des municipalités du Québec. Le gouvernement du Québec n'a pas d'outil qui lui permette de comparer l'état de préparation des diverses régions administratives de son territoire.

Le gouvernement du Québec ne sait pas non plus où il se situe par rapport aux autres provinces canadiennes, et encore moins par rapport aux autres nations développées du monde entier. Le gouvernement du Québec est convaincu d'être "bon" et plusieurs s'imaginent qu'il figure parmi les meilleurs, et que ses préparatifs en vue d'une pandémie sont excellents. Les fonctionnaires du gouvernement ne cessent de répéter qu'ils reçoivent des louanges pour leurs travaux de planification. On ne sait pas trop d'où proviennent au juste cette pluie de louanges, mais les gens qui ont parti ces rumeurs ont fait du bon travail (mais ceux qui ont parti cela sont des vraiment bons leaders d'opinion), car cette perception erronée de l'avancement des préparatifs du Québec en vue d'une pandémie semble être partagée par de nombreux employés du gouvernement, répartis dans plusieurs ministères de l'appareil gouvernemental.

Aux États-Unis, des fondations (Trust for America’s Health (TFAH) et Infectious Diseases Society of America (IDSA)) travaillent depuis des années à mettre sur pied un système de comparaison entre les divers États qui composent les États-Unis d'Amérique. Les États reçoivent annuellement une note (sur une échelle de 1 à 10) pour leur état général de préparation. Plusieurs éléments sont évalués et les États savent en quoi ils excellent et dans quels domaines ils affichent des lacunes et nécessitent des améliorations.

À ma connaissance, il n'existe pas de système de cette nature au Canada, qui permettrait d'avoir un portrait global de l'avancement de l'état de préparation des provinces et territoires canadiens.


Les trois chef d'États nord-américains. Photo source

Le Canada fait partie d'un regroupement continental (nord-américain), et des accords ont été conclus avec les États-Unis et le Mexique à propos des préparatifs en vue d'une pandémie. Le partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité comporte des clauses de coopération portant sur la grippe aviaire. Mais depuis le sommet du mois d'août dernier, qui s'est déroulé à Montebello, au Québec, il n'y a pas eu à ma connaissance d'information récente publiée dans les médias à propos de ce qu'il est advenu de cet accord. Le communiqué officiel du PSP datant du mois d'août 2007 a mentionné que "beaucoup de progrès ont été réalisés pour relever les défis auxquels font face nos trois pays nord-américains". Je trouve qu'il est difficile d'évaluer en quoi consiste exactement l'expresssion "beaucoup de progrès", et si "beaucoup de progrès" dans ce dossier a eu lieu ou non depuis un an.

Voici un article du Figaro, qui rapporte les propos de Mike Leavitt lors de sa visite en France. Le ministre de la santé a rappelé que la menace de la grippe aviaire pesait toujours, et que l'épée de Damoclès pend encore au-dessus de nos têtes, même si nous n'en entendons pas vraiment parler dans l'actualité...
Grippe aviaire: menace "toujours réelle"
9 septembre 2008 | AFP, Le Figaro

Le secrétaire américain à la Santé, Michaël Leavitt, a estimé aujourd'hui que la menace d'une pandémie liée au risque de mutation du virus de la grippe aviaire H5N1 était "toujours aussi réelle", même si elle suscite moins d'intérêt qu'au moment de son apparition en 2003.

"Le virus continue de se répandre dans le monde, il ne suit pas le gré des médias et la menace est toujours aussi réelle qu'il y a quelques années", a déclaré le ministre à l'usine Sanofi-Pasteur de Val-de-Reuil (Eure).

Il a notamment visité une unité en cours de qualification qui pourrait être mobilisée pour fabriquer en grande quantité des vaccins en cas de pandémie.

Le secrétaire à la Santé a souligné que les actions de préparation comme celles menées par Sanofi en France ou aux États-Unis ne visaient pas que le virus H5N1 mais les pandémies "en général".

Source: www.lefigaro.fr

Survol et analyse des possibles, en vue de la «rentrée» de l’influenza aviaire

Paru le lundi, 8 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Photo source

La rentrée scolaire a eu lieu au début du mois. J’ai remarqué que plusieurs feuilles d’arbres commencent à rougir. Le changement de saison s’en vient. L’arrivée de l’automne signifie habituellement une augmentation des cas de grippe aviaire un peu partout dans les zones à risque.

Alors que les cycles de l’influenza poursuivent leur inexorable danse, et que les scientifiques analysent les données séquentielles, les choses évoluent lentement dans l’état mondial des préparatifs pandémiques.

Le changement le plus saisissant survenu cette année a été un glissement graduel vers une absence de nouvelles, conduisant à un black-out d’information. En apparence, nous avons l’impression qu’il ne se passe rien, puisque nous n’entendons pas parler de grand-chose, mais les plus avisés savent que cela pourrait être trompeur…

Depuis décembre 2007, nous avons pu assister à une escalade d’événements qui ont conduit à un black-out de nouvelles. Un groupe de cas humains de grippe aviaire survenus au Pakistan, a été rendu public plusieurs semaines après qu’il soit survenu. Ce fut le fouillis dans la gestion des échantillons, ce qui a eu pour heureuse conclusion d’éviter de conclure à une transmission interhumaine. Des préoccupations ont alors été soulevées sur l’efficacité du système de surveillance mondial des épidémies.

Un autre changement notable survenu cette année, a été la force et la vivacité des foyers d’infection. Des pays, qui jusqu’alors avaient réussi à contenir les foyers d’infection de grippe aviaire, ont dû combattre de façon beaucoup plus féroce le virus, qui a frappé même lorsque la température s’est avérée plus clémente. Des oiseaux jusqu’alors asymptomatiques, comme les canards, ont succombé en masse au virus de la grippe aviaire, notamment au Vietnam.

Une flambée importante de grippe aviaire a eu lieu au Bangladesh et en Inde. Des centaines de gens ont consommé des oiseaux tombés raides morts, probablement en raison du H5N1, mais les autorités ont affirmé qu’aucun cas humain de grippe aviaire n’était survenu sur leur territoire. Quelques mois plus tard, des analyses de routine ont révélé un échantillon humain positif au H5N1. Un cas d’infection au Bangladesh a alors été annoncé (il s’agissait d’un enfant). D’autres préoccupations concernant l’efficacité du système de surveillance des épidémies ont alors été soulevées.

La Corée du Sud a elle aussi combattu une vive flambée de grippe aviaire. Un soldat infecté au H5 (confirmé en laboratoire) s’est avéré ne plus être infecté par la suite. Un fouillis semblable à celui survenu au Pakistan est survenu, laissant planer encore plus de préoccupations à propos de la fiabilité des déclarations officielles et du système de surveillance des épidémies.

Le clou de l’année a été la sortie flamboyante de la ministre indonésienne de la santé, Siti Fadilah Supari. Elle nous en a fait entendre de toutes les couleurs, et nous n’en avons pas encore fini avec son histoire hautement controversée de partage des souches.

Au fil des mois, l’impasse diplomatique entre l’Indonésie et le monde entier s’est aggravée, et malgré une visite à Jakarta du ministre américain de la santé, Mike Leavitt, et même du président de Microsoft, Bill Gates, les pourparlers concernant le partage des souches de virus sont demeurés au beau fixe. À l’approche de la prochaine réunion de l’Organisation mondiale de la santé à ce sujet, prévue à Genève en novembre prochain, les mêmes histoires publiées depuis novembre dernier nous sont revenues dernièrement. Mais aucun nouvel élément n’a encore été rapporté par les médias. L’Indonésie a annoncé il y a quelques mois sa nouvelle politique de black-out d’information et a cessé de rapporter les cas humains de grippe aviaire, alors que cela fait deux ans que les infections qui se produisent chez les oiseaux ne sont pas non plus rapportées à l’OIE. On ne comprend pas trop où se situe l’OMS dans tout cela et c'est le silence «de mort» du côté des bulletins de mise à jour de la situation indonésienne. Il y a quelques semaines, une équipe de l’OMS a été déployée sur le terrain en Indonésie, et l’on soupçonne que la grippe aviaire soit mal diagnostiquée comme étant de la fièvre dengue. Il est difficile de savoir ce qui se passe réellement.

Les pays développés (sauf le Canada, bien entendu…) ont démontré une activité accrue dans leur planification. Le Royaume-Uni a commencé par déclarer que l’armée ne pourrait venir en aide à l’infrastructure civile en temps de pandémie. Ensuite, les Britanniques ont révélé qu’une pandémie constituait la menace Numéro 1 de leur nation. Un représentant de l’Union européenne a effectué ensuite une déclaration semblable. Cette semaine, 27 ministres de la santé de l’Union européenne se sont réunis à Angers en France, avec la grippe aviaire à l’ordre du jour de leur rencontre. Un des objectifs visés est de niveler les préparatifs pandémiques des pays de l’UE, une sage stratégie: les pays de l’UE ont compris qu’ils seront aussi forts que leur maillon le plus faible en temps de pandémie. La proximité des pays situés sur le continent européen force les États membres de l’UE à resserrer leur collaboration, s’ils souhaitent s’en tirer avec le moins de dommages possibles. Le ministre américain de la santé, Mike Leavitt, a même été invité à cette rencontre des 27 (je suppose pour parler de stratégie mondiale et faire le point sur la situation de la menace pandémique).

Le Japon, lui aussi, s’est démarqué ces derniers temps, par la multitude d’annonces publiées à propos de ses préparatifs de pandémie. Une annonce n’attend pas l’autre… Les Japonais ont décidé d’inoculer une partie de leur population avec un vaccin pré-pandémique. Les premiers répondants ont été ciblés en premier. La réserve de Tamiflu a été doublée. Un don de 500,000 doses de Tamiflu a été effectué aux pays de l’Asie de l’Est. 40,000 vêtements de protection ont été achetés par le gouvernement du Japon, de même que des lits spéciaux ressemblant à des incubateurs pour traiter les enfants atteints de la grippe aviaire. 3,600 respirateurs ont été commandés. Le Japon a également planifié une simulation de pandémie avec la Chine et la Corée du Sud, qui devrait avoir lieu cet automne.

Pour le moment, nous ne concevons pas encore la magnitude des changements résultant de la situation mondiale. Nous pouvons réaliser que nous devrions être en train de faire quelque chose de différent pour composer avec l’évolution de la situation, mais nous ne savons pas encore quoi exactement! Nous pouvons nous appuyer sur des forces de la sphère du Flublogia pour poursuivre notre analyse, au fur et à mesure que des événements se produiront au cours de la prochaine saison:
- La collaboration de masse accélère notre compréhension de la situation mondiale;

- Les échanges et les conversations génèrent de la créativité et de l’innovation, ce qui fait émerger un système underground de surveillance mondial des épidémies;

- Les applications Web 2.0, tels les blogues et médias sociaux, permettent de catalyser l'interaction humaine;

- L'interaction humaine accélère l’apprentissage, la connaissance et la distribution de l’information;

- L'impact des efforts déployés aujourd'hui n’est qu’une onde à comparer aux masses de changements qui se pointent à l'horizon;

- Les conclusions d’aujourd’hui ne constituent pas pour autant les réponses de demain, et les États du monde font ainsi face au défi considérable d’un constant réajustement de leurs mesures.
Alors que la sphère du Flublogia poursuit l’exploration de ses possibilités, les leaders scientifiques et politiques mondiaux semblent entrer dans une période où les risques sont ré-évalués et les enjeux se font moins précis, cachés sous une épaisse couverture de silence et de mystère.

C’est dans ce contexte que nous verrons s’il émergera ou non un nouveau système de surveillance des épidémies et comment les États du monde arriveront à assurer un certain mécanisme d’alerte précoce du déclenchement d’une pandémie.

Pour le moment, il n’est question que de possibilités d'un nouveau système. À la vitesse où évoluent les choses, rien n’indique que la rencontre de novembre sur le partage des souches donnera naissance à un tel nouveau système.

C’est pourquoi l’armée de citoyens qui composent la sphère du Flublogia déploie jour après jour des montagnes d’ingéniosité pour que puissent émerger des possibilités, en l’absence d’une certitude que le système officiel accomplira sa tâche.

Des gens, comme par exemple Laurence Brillant, de Google.org, réfléchissent à de nouvelles possibilités et élaborent des projets. D’autres, travaillent dans l’ombre à l’amélioration des possibles en construisant sur les anciennes bases, que ce soit probablement dans les corps diplomatiques, au siège de l’OMS à Genève, de même dans les cabinets ministériels de tout État qui se respecte.

Dieu seul sait ce que l’automne nous réservera comme surprises! Ce sera une saison haute en couleurs, pleine de sous-entendus, où il faudra redoubler d’ardeur pour arriver à déterrer les informations et tenter d’y voir clair.
 
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