Blogue de Lyne Robichaud

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12 novembre 2010

Y a-t-il des emplois de gov2.0 au Québec?


Fortune a publié un article signé par John F. Moore intitulé 'Creating jobs for the people through Open government', à propos de la création d'emploi en lien avec le gouvernement 2.0 en Californie, notamment suite au concours 'Apps for California'. Bienheureux sont les Californiens! Les cinq lauréats de ce concours ont généré de la création d'emploi.

En septembre dernier, la ville de San Francisco s'est classée première au palmarès des 50 villes américaines les plus branchées sur les médias sociaux d'après un rapport de NetProspex. [traduction] «La Californie et le Texas ont été les seuls États à obtenir plusieurs villes dans le top 15 du NPSI. La Californie est représentée par San Francisco (#1), San José (#2), Los Angeles (#9) et San Diego (#15), tandis que deux villes du Texas se sont classées», souligne NetProspex.

Le gouvernement 2.0 fait son chemin aux États-Unis et quelques autres pays à travers le monde. Des gens y travaillent: des gestionnaires, analystes, communicateurs, programmeurs, éditeurs, animateurs de médias sociaux, recherchistes, etc. «Hired» en raison de compétences en lien avec le gouvernement 2.0, c'est possible, ce n'est pas une utopie, on l'entend aux États-Unis, et ailleurs dans le monde.

Combien d'années de retard accuse le Québec? L'État n'a pas encore adopté un virage de gouvernement 2.0. La province n'a pas encore adopté de plan numérique. À l'exception d'un projet de Tourisme Québec pour le partage d'expériences touristiques avec des citoyens, il ne semble pas y avoir eu d'investissement considérable dans une collaboration gouvernement/citoyen de la part du gouvernement du Québec. Le partage d'expériences touristiques n'a rien à voir avec le partage de l'analyse des idées et des projets, l'orientation de programmes gouvernementaux, l'allocation des dépenses d'un budget gouvernemental, et tout ce qui constitue le processus d'une gouvernance. En fait, le partage d'expériences touristiques avec des citoyens, ce n'est pas tellement compromettant pour un gouvernement.

Yves Therrien dans Le Soleil («Les TI modifieront l'exercice de la démocratie») indiquait le 10 novembre dernier que «des coopératives, comme le Mouvement Desjardins, des syndicats ou d'autres organisations se mettront à l'ère moderne de l'exercice démocratique avant que le monde de la politique embarque dans le mouvement.» Le gouvernement 2.0 au Québec, ce n'est apparemment pas pour demain...

Essayons d'énumérer les emplois en lien avec le gouvernement 2.0 créés au Québec. Au gouvernement du Québec? Euh... force est d'admettre que cela doit tourner autour de zéro.

À la Ville de Montréal? Euh... il doit bien y avoir au moins une personne! Car la Ville s'est apparemment récemment jointe à la (mystérieuse) coalition G4 des villes ouvertes canadiennes. C'est ce qu'a annoncé fièrement Chris Moore devant les participants du colloque Beyond 2010 en octobre dernier. Cependant, aucun représentant de la Ville de Montréal n'était sur place pour officialiser cette annonce. Aucun communiqué de presse n'a été émis du cabinet du maire de la Ville de Edmonton pour consolider l'annonce faite à Beyond 2010. Aucun communiqué de presse n'a été émis à cet effet par la Ville de Montréal. Aucun 'webcast'/preuve d'enregistrement vidéo ne doit exister de cette annonce, car l'information a été diffusée lors d'une période de question: cela ne faisait pas partie du programme officiel du colloque. Aucun responsable de dossier de Montréal n'a encore été annoncé publiquement. Aucun plan de développement ni échéancier de travail n'a été diffusé. Entre la volonté de vouloir faire partie d'un groupe canadien de villes ouvertes, et la réalité de devenir un gouvernement ouvert, par le biais d'une planification stratégique et la réalisation de nombreux projets, il existe tout un univers.

Le groupe Montréal ouvert est une une initiative populaire lancée par quatre citoyens (Jonathan Brun, Jean-Noé Landry, Michael Lenczner et Sébastien Pierre - source Lien multimédia) qui a pour but de promouvoir l'accès ouvert aux données civiques de la région de Montréal.

Il existe peut-être des emplois au Québec découlant du gouvernement 2.0. Si c'est le cas, ils sont bien cachés...

La conclusion de l'article de John F. Moore est censée servir d'encouragement aux leaders gouvernementaux et à les pousser à agir. Mais dans un contexte québécois, cette conclusion pourrait donner le vertige aux citoyens qui se dévouent pour l'avancement du gouvernement 2.0 dans la province. [traduction] «Nous ne pouvons compter indéfiniment sur la passion et l'intérêt (des employés du gouvernement). En fin de compte, les hommes politiques doivent mettre l'accent sur la garantie de poursuivre ces efforts et leur épanouissement, de sorte que le public puisse profiter des avantages. Sinon, celles et ceux qui travaillent "pour le peuple" pourront simplement choisir, ou être forcés, de faire autre chose.»

Cette semaine, Charles Hébert m'a demandé sur Twitter «Pour quel ministère travaillez-vous?» J'ai balbutié/marmonné avec embarras et regret, «Euh... je ne travaille pour aucun ministère». J'aimerais bien, pourtant! Tout demeure à construire. Malheureusement, la volonté politique pour faire du Québec un gouvernement 2.0 n'existe pas (encore).

08 novembre 2010

Qui sont les leaders américains de gov2.0?

Govfresh demandait ce soir sur Twitter qui sont les leaders américains de gov2.0. Synonymes du mot 'leader': dirigeant, meneur, porte-drapeau, protagoniste, responsable, tête.

Il a de nombreux leaders, mais il se fait tard... il est 1h30 du matin. Voici la liste des gens qui m’influencent et qui me viennent à priori en tête. Je passe le flambeau à d’autres, continuez l’exercice!

ÉTATS-UNIS
Barack Obama, parce qu’il a donné une direction gov2.0 à toute une nation.

Vivek Kundra, U.S. Chief Information Officer, parce qu'il implante un modèle de co-innovation, où le peuple américain peut aider à créer, d'une manière qui n'a jamais pu être effectuée auparavant.

Tim O’Reilly, parce que c’est un pilier. Il a rendu populaire les expressions ‘open source’ et ‘Web 2.0’

Dr Mark Drapeau, parce qu’il a inventé le mot ‘goverati’ et que ses recherches contribuent à l’avancement du gov2.0. Il est co-fondateur de Governement 2.0 Club, une plate-forme internationale de partage des connaissances à propos de l’intersection entre la technologie et la gouvernance.

Kevin Curry pour avoir inventé le concept des citycamps, une non-conférence internationale et communauté en ligne dédiée à l’innovation, pour les administrations municipales et les organismes communautaires.

Alex Howard parce qu’il excelle dans la gestion et la diffusion de l’information.

Chris Vein pour sa vision et son excellente gestion, et parce qu’il accorde de la liberté à ses fonctionnaires afin qu’ils puissent collaborer avec les citoyens de San Francisco.

Dustin Haisler parce qu'il croit qu'un gouvernement ouvert est possible, peu importe qu'il s'agisse d'une petite ou grande communauté.

Adriel Hampton parce qu’il s'est construit des systèmes de diffusion de l'information des plus sophistiqués. Il a fondé une émission radiophonique à propos du gouvernement 2.0 (Gov20Radio). Il possède la capacité de développer des solutions technologiques innovatrices qui stimulent l'efficacité et la productivité.

Andrew P. Wilson parce qu’il possède le secret des conversations efficaces et respectueuses avec les citoyens.

Alan Silberberg pour son dynamisme, son ouverture d’esprit et son respect et souci d’intégrer d’autres cultures.

Steve Ressler parce qu’il a fondé Govloop.

John F Moore pour ses analyses et sa production de contenu.

CANADA
Véritables étendards, qui inspirent d'autres au dépassement. Chris Moore et Nick Charney #gov20 J'aimerais pouvoir figurer sur cette liste!

17 avril 2009

Une autre conférence à saveur gouvernement 2.0 à Washington: eDemocracyCamp


[Traduction] «La parade des conférences Gov 2.0 se poursuit, avec la tenue de eDemocracyCamp ce week-end, qui aura lieu juste avant le début de la conférence Politiques en ligne IPDI. eDC en est à sa seconde édition, et se tiendra de 8 à 17 heures dimanche, dans l’édifice Media and Public Affairs de l’Université George Washington. Il s’agit du même lieu où s’est déroulé le Transparency Camp. Étant donné qu’il s’agit d’un bar camp, la participation à cet événement est gratuite. Vous pouvez vous inscrire et consulter l’horaire de l’événement ici.»

Le site Internet de eDemocracyCamp indique que cet événement se concentrera sur une e-participation (utilisant Internet pour soutenir une participation publique). Le but de l’événement est de réunir des autorités gouvernementales, chercheurs, développeurs, praticiens, et citoyens ordinaires dans ce qui se veut une collaboration intense d’une journée et partage des connaissances.

Les utilisateurs de Twitter semblent utiliser les hashtags suivants en lien avec cet événement: #edemcamp #gov20 #opengov

Je vais tenter de faire de mon mieux pour couvrir à distance cet événement sur Twitter et Facebook.

05 mars 2009

La montée des goverati

Mark Drapeau

Il y a un mois, via @AndrewPWilson, j’ai découvert Mark Drapeau (qui est ­@cheeky_geeky sur Twitter), un associé de recherche au Centre de la technologie et de la politique de sécurité nationale de la National Defense University de Washington.

Il parlait des goverati dans un article intitulé ‘Government 2.0: The Rise of Goverati’.

Je ne connaissais pas ce mot: goverati.

Pas étonnant, car il a été inventé il y a quelques semaines…

Le fait que Mark Drapeau analyse des éléments de défense nationale est intéressant (d’un point de vue de préparatifs pandémiques) et je vais tenter de le suivre au cours des prochains mois.

Une phrase mentionnée dans son article ‘Government 2.0: A Theory of Social Government’, a retenu mon attention: «Pour quelqu’un qui étudie le lien entre les maladies infectieuses et la sécurité internationale, je réfléchis à l’utilisation des communications sociales en ligne dans le cas d’une pandémie.» Voilà, c’est dit. Il a osé prononcer le grand P. Et vous pouvez être certains que je vais creuser pour trouver d’autres informations, et voir où il en est rendu dans ses réflexions à ce sujet.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos goverati.

Dans Federal Computer Week, Mark Drapeau explique d’où vient ce terme et ce qu’il signifie:
«Dernièrement, il y a eu pas mal de bourdonnement à propos des technologies des médias sociaux à Washington. Des technologies Web 2.0 telles que WordPress, Twitter et Qik sont en train de pousser les communications et les interactions personnelles vers de nouveaux domaines. Mais une tendance locale dans le domaine des logiciels sociaux a largement échappé à l’attention des médias nationaux: la montée des goverati.

Qui sont donc les goverati, me demanderez-vous – et en faites-vous partie? Goverati est un terme que j’ai inventé il y a quelques semaines alors que je participais à un groupe de discussion du Social Media Club DC. Essentiellement, les goverati sont des personnes familières avec le gouvernement et avec la manière dont il fonctionne, et qui comprennent les technologies des médias sociaux. Ces gens veulent se mettre en réseau les uns avec les autres, afin de favoriser de plus en plus de transparence, de participation et de collaboration du gouvernement.

Le président Barack Obama a émis dernièrement un mémo qui remet en cause le gouvernement pour accomplir cet objectif au cours de son mandat. Étant donné que les outils 2.0 ont donné de l’empowerment aux personnes et leur ont permis de communiquer les unes avec les autres, d’une manière plus efficace et plus ouverte, les gens demandent également à avoir accès à leur gouvernement. La bonne nouvelle est que cela est en train de se produire [aux États-Unis]. Les applications sociales feront partie d’une stratégie globale impliquant le directeur technique national (qui n’a pas encore été nommé), le Bureau de la gestion et du budget, ainsi que les Services d’administration générale. De plus, le directeur des nouveaux médias de la Maison Blanche, Macon Phillips, saura sans doute conseiller le président sur les progrès réalisés, pousser le long de ce processus et le tenir intelligemment informé.

Tout comme les goverati exercent des pressions pour qu’ait lieu un gouvernement plus transparent, participant et collaboratif, ils utilisent simultanément les applications de réseautage social, pour lesquelles ils sont passionnés, pour réseauter les uns avec les autres, et pour devenir une force collective plus puissante que la somme de ses parties individuelles.

Par exemple, un employé du ministère de la Sécurité intérieure a développé un réseau social informel appelé ‘GovLoop’ dans ses temps libres, et en seulement quelques semaines, les adhésions ont grimpé à plus de 5,000 membres. Intelink, la communauté du renseignement de sécurité du réseau pour l'échange d'informations, est à fleur d'eau dans les blogs et autres communications sur des sujets pertinents.Et les goverati peuvent être trouvés en train de réseauter sur à peu près n’importe quel outil commercial existant, incluant des réseaux d’affaires tels que LinkedIn, Facebook et d’autres sites Internet.

Mike Leavitt

Ce mouvement n’est pas limité qu’aux employés de la Génération Y, aux stagiaires collégiaux, et aux geeks. L’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux [Mike Leavitt] a édité son propre blogue à propos de l’influenza. Le commandant de la Garde côtière utilise YouTube et Facebook. Et ce mouvement n’est pas uniquement limité qu’aux initiés de Washington: Craig Newmark, fondateur de Craiglist, a parlé de la nécessité d’ouvrir le gouvernement au cours d’une récente discussion.

Les goverati utilisent également leurs réseaux sociaux pour planifier des événements informels qui les aident à échanger des idées et apporter de nouvelles personnes dans la bergerie. Un de ces événements à venir est le Government 2.0 Camp, qui se tiendra à Washington les 27-28 mars prochain, où des gens du gouvernement, de l’éducation et de l’industrie partageront leurs informations, formeront de nouvelles collaborations, et discuteront d’un futur gouvernement transparent, participant et collaborateur par, et pour le peuple. Il est encore temps pour vous de rejoindre les rangs des goverati.»

Vous imaginez un peu que je serais aux anges si ce contexte de transparence, participation et collaboration pouvait exister au Québec!

Au lieu de cela, nous nous faisons dire que les gens qui s’intéressent à la fois aux médias sociaux et au gouvernement sont des crétins. Difficile d'oublier la décision du gouvernement du Québec du 17 juin 2008, de ne pas collaborer avec des membres de la sphère du Flublogia, et le site Zonegrippeaviaire.com, parce que les médias sociaux «ne sont pas assez crédibles ni suffisamment matures», et pour ne pas avoir à reconnaître le reste des médias sociaux.

Au lieu de montée des goverati, nous assistons plutôt à l’étouffement de ceux-ci au Québec. Dommage. Nous manquons une fois de plus le bateau.

Si vous êtes à Washington, il y a des chances que vous puissiez faire partie de la montée des goverati. Mais si vous vous trouvez ailleurs...

27 février 2009

Craig Vanderwagen rejoint Zonegrippeaviaire sur Facebook

Craig Vanderwagen

Craig Vanderwagen a rejoint le groupe "[Zonegrippeaviaire] En faveur de plus de préparatifs en vue d'une pandémie" sur Facebook.

Premier et actuel secrétaire adjoint à la préparation et à l'intervention dans le cadre de la requalification de l'Office de la santé publique d'urgence (en vertu de la Loi sur la protection civile en vue d'une pandémie et de tous les dangers 2006 | Pandemic & All Hazards Preparedness Act), Craig Vanderwagen a été le second secrétaire adjoint de la santé publique d'urgence au ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS).

Il s'agit du tout premier haut fonctionnaire gestionnaire de pandémie d'une nation (les États-Unis) à avoir rejoint ce groupe sur Facebook.

Craig Vanderwagen est également le premier haut gestionnaire de pandémie d'une nation à avoir ouvert une fenêtre de dialogue avec la communauté de pratique flublogienne sur Facebook. Voir mon billet à ce sujet.

En décembre 2008, David Nabarro, coordonnateur senior de l'influenza humain et aviaire aux Nations Unies, avait rejoint Zonegrippeaviaire sur Facebook, invitant ainsi les planificateurs de pandémie et les décideurs des pays du monde à faire de même.

Ross Upshur

Au Canada, Ross Upshur, un grand nom de la recherche canadienne en santé publique, pilotant présentement l'équipe CanPrep.ca, également directeur du Joint Centre for Bioethics de l'Université de Toronto, a rejoint le groupe Zonegrippeaviaire sur Facebook.

Aucun décideur ou planificateur de pandémie canadien ou québécois n'a toutefois encore accordé d'appui à ce groupe.

94 personnes ont rejoint le groupe Zonegrippeaviaire sur Facebook à ce jour, comparativement à 54 personnes pour le groupe "Public Health Early Warning and Preparedness", ce qui constitue un nombre acceptable, étant donné le peu d'information circulant dans les médias à propos de la réelle menace de pandémie et du phénomène mondial appelé "flu fatigue" qui s'est malheureusement emparé des populations de la planète.

Plusieurs gens de la sphère du Flublogia ont rejoint ce groupe sur Facebook. Les blogueurs américains Michael P. Coston / Fla_Medic, Greg Dworkin / DemFromCT, Debi Brandon / SophiaZoe, Maryn McKenna, Catherine Mitchell, ainsi que le blogueur canadien Crawford Kilian / Crof (de la province de Colombie-Britannique), et le blogueur belge Michel S.f. Vermeulen se sont joints au groupe. Le groupe compte aussi plusieurs leaders d'opinion de la sphère francophone et anglophone du Flublogia. Il y a aussi des gens impliqués dans des organisation "grass-root", tels que Justin Kamen de Student Prep America.

Emma Fitri, une journaliste du Jakarta Post (en Indonésie) qui rapporte souvent à propos de la grippe aviaire, de même que Maggie Fox, éditrice, sciences et santé, chez Thompson Reuters, font partie du groupe. Du côté des médias électroniques, Rodolphe Isvelin, chef de centre chez France 3 (à Rouen en France), a rejoint le groupe.

Plusieurs Québécois connus et bien implantés dans leurs milieux respectifs ont rejoint le groupe: Vallier Lapierre, un journaliste spécialisé en technologies de l’information appliquées au monde des affaires, et éditeur du blogue Tous complices; Pierre Bouchard, consultant (agence Indico) et conférencier en gestion de la réputation, communication d’entreprise et relations publiques; de même que Marc Snyder, consultant en communications spécialisé en communications corporatives, en relations publiques et relations de presse, en gestion de crise et en politique à Montréal; Sébastien Paquet, chercheur canadien, professeur (à l'Université du Québec à Montréal) et blogeur connu pour ses travaux portant sur l'infrastructure des réseaux Internet avec Phillip Pearson.

Des consultants en gestion de pandémie du milieu des affaires ont rejoint le groupe Zonegrippeaviaire sur Facebook. Mats Espander est directeur de Espander - Life Science Partners AB, en Suède. Il offre des services de consultation dédiés aux entreprises concernant les préparatifs pandémiques. Harlan Dolgin, de Dolgin Consulting, offre des services de consultation en continuité des affaires, gestion de situations d'urgence et planification de pandémie au Missouri, États-Unis. Erik Yvan Fivaz est cadre dirigeant au sein d'une compagnie britannique (internationale) de gestion de risques, basée en Suisse, qui offre notamment des services de planification de pandémie.

Le cap des 100 premiers individus devrait être franchi prochainement.

Tout le monde est invité à rejoindre ce groupe.

20 février 2009

L’Indonésie, dans la mire d’Obama, en tant qu’allié

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton. Photo source

Alors que le président des États-Unis, Barack Obama, effectuait aujourd’hui (19 février 2009) une brève visite de travail au Canada, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, est en tournée inaugurale en Asie. «J’ai choisi l’Asie pour mon premier voyage en tant que secrétaire d’Etat afin de montrer que les relations de l’Amérique avec l’autre côté du Pacifique sont indispensables pour faire face aux défis et saisir les opportunités du XXIe siècle», a-t-elle déclaré, rapporte Libération.

Les États-Unis ont nommé un gros canon à la tête de leur politique étrangère. La chef de la diplomatie américaine est une femme qu'un grand nombre d'Américains auraient choisie comme présidente. Hillary Clinton nous a averti que pour l’administration Obama, la diplomatie allait désormais reprendre ses droits, aux côtés des outils économiques, politiques, juridiques et culturels.

Ce qui signifie que le smart power - la «puissance intelligente», en quelque sorte - sera de nouveau le mot d'ordre.

Hillary Clinton a tendu la main à l’Indonésie. «L'Indonésie serait un bon partenaire des États-Unis pour tisser des liens avec le monde musulman,» a-t-elle déclaré.

Elle a souligné que Washington était déterminé à établir un nouveau partenariat renforcé avec Djakarta. Les États-Unis ont indiqué qu’ils considèrent que l’Indonésie devrait «aider les deux pays à faire face à des problèmes pressants, comme la crise économique ou les changements climatiques.»

Les préparatifs pandémiques n’ont pas été mentionnés, à ma connaissance, dans les articles de presse publiés à propos de la visite de Hillary Clinton en Indonésie.

Toutefois, si les États-Unis réussissent à se faire un allié de l’Indonésie, cela pourrait avoir un impact positif considérable sur les préparatifs pandémiques, étant donné que l'Indonésie est le pays le plus touché au monde par la grippe aviaire, et qu'il cumule le plus grand nombre de cas humains d'infection et de décès.

Il faudrait se demander cependant si des comportements compromettants dans le dossier des préparatifs pandémiques pourront continuer d'être tolérés (par les deux pays). Pendant la majeure partie de l’année 2008, la ministre indonésienne de la Santé, Siti Fadilah Supari, s’est démarquée par ses déclarations contre les États-Unis. Elle a même écrit un livre, Saatnya Berubah, Tangan Tuhan Dibalik Bird Flu (Il est temps de changer, la main divine derrière la grippe aviaire), dans lequel elle a allégué que Washington utilisait des échantillons de grippe aviaire partagés par des pays touchés par cette maladie pour créer des armes biologiques.

Je me suis longtemps étonnée que le président de l’Indonésie, Susilo Bambang Yudhoyono, ait laissé sa ministre de la Santé publier un tel ouvrage et répéter à de très nombreuses reprises, pendant des mois, que les États-Unis cherchaient à propager l’influenza aviaire ou à causer du tort à la vie humaine par l’utilisation d’armes biologiques du virus de la grippe aviaire.

Ce discours politique servait sans doute à quelque chose et à quelqu'un. Des élections présidentielles auront lieu prochainement en Indonésie. Le pays se prépare à de nouvelles élections législatives, en avril, et une élection présidentielle, en juillet 2009. Étant donné que les États-Unis ont changé d’administration, cela aura certainement une incidence sur les stratégies de campagne électorale de politiciens indonésiens, puisque le président Barack Obama jouit d’une l'immense popularité en Indonésie. De nombreux Indonésiens considèrent quasiment Barack Obama comme l'un des leurs, pour y avoir vécu enfant de 1967 à 1971, après le remariage de sa mère avec un Indonésien.

Selon Hillary Clinton, l'Indonésie aurait un «rôle moteur» à jouer dans la promotion des «valeurs» défendues par l’administration de Barack Obama.

Mais la promesse d'une présence américaine plus dynamique dans les institutions multilatérales s'accompagnera certainement de conditions. Le Devoir a rapporté les propos prononcés par Joe Biden (vice-président des États-Unis) la semaine dernière: «L'Amérique en fera plus. Voilà la bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle, cependant, est que l'Amérique demandera à ses partenaires d'en faire davantage.»

Des conditions pourraient-elles être énoncées éventuellement? Les préparatifs pandémiques pourraient-ils se retrouver dans ce deal?

Siti Fadilah Supari. Photo source

Cela pourrait ne pas du tout être lié au timing du contexte de la présente tournée inaugurale en Asie de la chef de la diplomatie américaine, mais nous avons été informés cette semaine – justement – que la ministre indonésienne de la Santé, Sidi Fadilah Supari, sera bientôt convoquée comme témoin dans une enquête sur des allégations de corruption au sein du ministère de la Santé, par la Commission d'éradication de la corruption.

Depuis 1998, un total de 128 milliards de Rp – soit 10,88 millions de dollars - du budget du ministère indonésien de la Santé, auraient été détournés.

Le quotidien 7sur7 Belgique a rapporté que le 16 février 2009, l'ex-gouverneur de la banque centrale d'Indonésie a été condamné en appel à cinq ans et demi de prison dans une affaire de corruption. Burhanuddin Abdullah a été jugé pour avoir, avec d'autres responsables de la banque centrale, détourné quelque 10,3 millions de dollars pour distribution de pots-de-vin.

Notez qu’il s’agit quasiment du même montant des allégations portées contre la ministre Supari.

Si un gouverneur de banque a été condamné, quelles sont les chances que la ministre Supari le soit également?

Toutefois, le Figaro a rapporté le 11 février 2009 que le fils cadet de l’ancien président indonésien Suharto avait été blanchi d’accusations de corruption. Cette affaire impliquait un détournement présumé de 400 millions de dollars.

On parlait ici du fils de l'ex-président, et la somme d'argent impliquée était un peu plus rondelette.

La corruption est presque considérée comme une maladie en Indonésie, un pays qui se positionne au 143ième rang sur l’échelle de la transparence internationale, d’après BBC News. J’ai été étonnée d’apprendre que l’Indonésie se classe à peine quelques rangs avant le Zimbabwe.

Les incidences de corruption ne sont pas prêtes de disparaître. Le Jakarta Post a averti que la corruption pourrait continuer à grimper et que de nombreux autres décideurs indonésiens pourraient être pris dans des scandales de corruption, étant donné qu’aucune région du pays de n’est encore engagée à mettre en œuvre le plan d’action d’élimination de la corruption du président Susilo Bambang Yudhoyono.

Alors, qu'en pensez-vous? Les allégations de corruption portées contre la ministre de la Santé, Siti Fadilah Supari, surviennent-elles en pure coïncidence, ou se pourrait-il que ce qui se passe puisse avoir un petit quelque chose à voir avec le vent de changement qui souffle sur les politiques étrangères? En 2008, Mme Supari a fait la pluie et le beau temps, et personne n'a semblé avoir trouvé à redire contre elle au sein du cabinet du président Yudhoyono.

Mais les temps changent…

Les États-Unis ont maintenant un président qui maîtrise le bahasa (la langue parlée en Indonésie).

De gros changements sont déjà survenus (la fermeture de Guantanamo Bay, à Cuba, entre autres).

D’autres changements ont été promis.

Le secrétaire d'Etat indonésien, Hatta Radjasa, a estimé que l'Indonésie souhaite construire une relation ferme avec les États-Unis. «Nous devons saisir cette opportunité pour construire une relation ferme basée sur le respect mutuel qui nous sera bénéfique», a-t-il expliqué.

Et en novembre dernier, le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a également fait appel, au cours d'une visite à Washington, à une «relation stratégique» avec les États-Unis.

Jonah Blank, le principal conseiller politique de l'Asie du Sud de la Commission sénatoriale des affaires étrangères, a déclaré que Barack Obama avait une «occasion en or» de faire de l'Indonésie un allié crucial des États-Unis.

Cette «occasion en or» pourrait-elle servir à d'autres sauces, comme aux préparatifs pandémiques?

Pourrions-nous espérer, dans le présent contexte politique annonçant des changements considérables aux politiques étrangères de nombreuses nations, que l’impasse concernant le partage des souches du virus de l’influenza aviaire - un véritable cul-de-sac international, où l’Indonésie et les États-Unis n’ont cessé de se chamailler sur arrière-fond de nouvelles concernant NAMRU-2 - soit enfin DÉNOUÉE au cours des prochains mois?

15 février 2009

Les multiples dangers des dominos économiques menacent les préparatifs pandémiques


Vendredi 13 (pour les superstitueux), l’éditeur de CIDRAP News, Robert Ross, a signé un article à propos du plan de relance économique américain allégé de l’enveloppe budgétaire dédiée aux préparatifs pandémiques de près d'un milliard de dollars. Robert Ross a conclu: «Il semblerait que le Congrès américain ferme les yeux sur les préparatifs de santé publique aux niveaux d’état et local.»

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas la petite histoire, la somme de 870 millions de dollars a été retirée du plan de relance économique. Le blogeur DemFromCT a résumé la situation dans ce billet.

Samedi 14 février (c’était le jour de la Saint-Valentin), Craig Vanderwagen, l’assistant du ministre de la Santé américain chargé des préparatifs de mesures d’urgence, a rédigé une note dans Facebook à propos de l’enveloppe budgétaire des préparatifs pandémiques du plan de relance économique américain. Il a indiqué: «Nous espérons que le Congrès américain tiendra compte de ces crédits dans l’enveloppe budgétaire régulière du ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS), où ces sommes ont été soumises sous forme de modification [amendement] en août 2008, et qui sont actuellement à l’étude.»


Cette situation me fait penser à la campagne de communications à propos du secret de la Caramilk, ou encore au secret de l’énigmatique sourire de la Joconde de Léonard de Vinci. Tout le monde se demande ce que cela signifie. C’est un peu la même chose avec l’enveloppe budgétaire dédiée aux préparatifs pandémiques. On ne sait pas trop ce qu’il en est, et les préoccupations à propos de ces sommes d’argent sont élevées. On se demande entre autres si ces sommes ont été flushées pour de bon, ou si elles se matérialiseront via une autre enveloppe budgétaire quelconque.

Plusieurs s’inquiètent que l’effet ciseau se transforme en effet domino mondial. Alors que la crise financière mondiale se métamorphose en une récession mondiale, les décideurs sont confrontés avec de graves décisions. Tous les yeux sont désormais tournés vers les États-Unis. Je suis persuadée que ce qu’il se passera au cours des prochaines semaines (c’est-à-dire la manière dont ces questions seront gérées) aura un impact considérable sur le maintien (ou non) des budgets de préparation de pandémie de diverses nations à travers le monde.

«C’est cela», m'a répondu en français Craig Vanderwagen sur Facebook.

Il y a lieu de noter cette réponse, car bien qu’elle ne comporte que deux mots, ces deux mots-là veulent dire beaucoup.

Un article signé par Didier Heinderich (dans le Magazine de la communication de crise et sensible), intitulé «La crise entre risques et opportunités dans un monde en devenir» a retenu mon attention, et j’ai noté certains passages. Cet article commence par une citation d’Albert Camus, qui fouette comme une gifle:
« Nous sommes dans les nœuds de la violence et nous y étouffons. Que ce soit à l’intérieur des nations ou dans le monde, la méfiance, le ressentiment, la cupidité, la course à la puissance sont en train de fabriquer un univers sombre et désespéré où chaque homme se trouve obligé de vivre dans le présent, le mot seul d’«avenir» lui figurant toutes les angoisses, livré à des puissances abstraites, décharné et abruti par une vie précipitée, séparé des vérités naturelles, des loisirs sages et du simple bonheur.» [Albert Camus, La crise de l’homme, le 28 mars 1946]

Didier Heinderich décrit ensuite les dangers de la crise économique mondiale. Mais puisque tout est interdépendant, les bouleversements sociétaires qui nous affectent présentement auront un impact sur l’état de préparation du monde entier face à une pandémie. De sa plume distinguée, Didier Heinderich nous avertit à propos de plusieurs éléments concernant la crise actuelle:
Perte de confiance envers l’État et la politique
«La perte de confiance peut se révéler dangereuse à l’heure où l’intervention des États est indispensable dans la gestion de la crise, dans la régulation et le rétablissement de la confiance. La vitalité de la démocratie et des oppositions est également plus que nécessaire afin d’éviter les dérives des gouvernements acculés, dos au mur, face aux multiples attentes.

Perte de sens
À force de communication non suivi d’effet, à force de marier habilement les mots pour faire résonner chaque intervention comme autant de slogans, à force de raccourcis, à force d’indignations feintes, à force d’amalgames réalisés pour brouiller les repères et à force de storytelling alibis, les mots sont titrisés par autant de hedges funds de la communication qui misent exclusivement sur le court terme. Chaque idée véritablement nouvelle qui prend corps dans la société, à l’image du développement durable, est rapidement pervertie par la communication qui s’en empare pour la gadgétiser. Il en résulte une perte de sens et de repères jusqu’au discrédit de toute parole. Pire, toute communication responsable, pédagogique, utile à la gestion de crise se veut insipide pour l’individu hypermoderne abonné au zapping, à la communication-produit-de-loisirs dans une société que l’analyse et le doute ennuient, dans une société prête à sacrifier les intellectuels pour mieux dissimuler ses turpitudes.

Autoritarisme et repli sur soi
Le danger n’est pas uniquement économique et peut être également démocratique: les périodes de crise sont souvent propices à un autoritarisme exacerbé, réponse simpliste mais électoralement efficace. Le moindre fait divers, les manifestations contre des licenciements, l’hostilité à l’encontre de mesures draconiennes, les violences liées au désespoir peuvent devenir autant de prétextes à la promulgation de lois d’exception tout comme à la fermeture et au contrôle des frontières dans de nombreux pays. Le pire est que l’autoritarisme a généralement pour effet d’amplifier les crises tout en étant applaudi par une large part de populations en quête de boucs émissaires.»

En plus de l’effet domino pouvant jouer directement sur les budgets d’opération des nations, qui pourraient être tentées d'effectuer des coupures drastiques dans les préparatifs pandémiques, s’ajoutent donc aussi les préoccupations décrites par Didier Heinderich.

Je ne connais pas les circonstances qui ont poussé les Américains à inclure l’enveloppe budgétaire substantielle de quelque 900 millions de dollars dédiée aux préparatifs pandémiques dans le plan de relance économique. Mais la résultante, je la constate: elle est désastreuse. Je pense que les autorités américaines vont devoir concocter une monumentale stratégie politique et de relations publiques afin d'arriver à renverser le message négatif qui a été envoyé par le Congrès américain ces derniers jours au monde entier, à propos de l'idée et de la nécessité de se préparer à une pandémie d'influenza. Rappelez-vous la conclusion de Robert Ross.

Les prochaines semaines seront donc cruciales. Car la gaffe du plan de relance économique met en péril la totalité des préparatifs pandémiques effectués à ce jour. Si les budgets de pandémie se tarissent de par le monde, les défenses de l’Humanité vont tomber, au moment même où le virus H5N1 est en train de gagner la partie dans la bataille féroce que les humains lui ont livré depuis des années. Voir à ce sujet un troublant (et long) billet de Scott McPherson.

«Dire la vérité même si ça coûte, surtout si ça coûte,» disait le fondateur du Monde, Hubert Beuve-Mery. Les Américains seront-ils capables de réparer les choix maladroits liés au plan de relance économique? Réussirons-ils à éviter l'effet domino qui pourrait provoquer l’effondrement des préparatifs pandémiques à travers le monde?

La présente situation concernant le plan de relance économique est vraiment incroyable. Cela fait des années que les États-Unis se positionnent en leader mondial et poussent le monde entier à se préparer à une pandémie. Et voilà qu’une manœuvre politique risque tout faire s’effondrer, et de positionner l’Humanité dans une situation de très grande vulnérabilité face aux virus candidats au déclenchement d’une pandémie.

Vallier Lapierre

L’ami @VallierLapierre (qui a une plume admirable, lui aussi --- je vous invite à découvrir son blogue Tous complices) me répondait hier sur Twitter: «Dans le contexte actuel, ça ressemblerait aux dix plaies d'Égypte. Nous vivons une époque vraiment formidable.» Dans le sens de «très grand, important, redoutable, terrible», oui, je suis d'accord. Mais ce n'est pas, à mon avis, une époque magnifique, merveilleuse, phénoménale, prodigieuse, remarquable. À vous de choisir...

12 février 2009

PanFlu.gov fait face à de grands défis

Si vous visitez le site http://pandemicflu.gov/, vous ne pourrez pas manquer la grande fenêtre ouverte qui a été ajoutée en haut de la page d’accueil, qui se veut un appel aux commentaires et au «feed-back» à propos de ce site Internet.

Le gestionnaire de ce site, @AndrewPWilson, a également diffusé des appels répétés sur Twitter, en priant les gens de commenter le site. Il a même publié le nombre de commentaires reçus au cours d’une journée, afin d’encourager les gens à poursuivre cette séance de remue-méninges collective.

Ce site Internet diffuse une quantité impressionnante de documents en lien avec les préparatifs pandémiques américains. On y trouve aussi la série d’émissions PlanFirst diffusées par Internet, qui est unique aux États-Unis.

Il sera intéressant d’observer de quelle manière ce site se transformera, maintenant que grands changements ont été apportés avec l’entrée en poste du président Barack Obama. Les valeurs de transparence, collaboration et participation sont mises de l’avant par l’administration Obama. De quelle manière s'y prendront les gestionnaires du site pour les mettre bien en évidence dans PanFlu.gov?

Un autre élément à surveiller sera la façon dont seront interprétées les recommandations de préparatifs multisectoriels indiquées dans le Quatrième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de pandémie, publié en octobre 2008 par David Nabarro des Nations Unies en collaboration avec la Banque mondiale.

Ce document a fourni les grandes lignes directrices qui permettront aux États du monde entier de peaufiner leurs préparatifs en vue d’une pandémie. En plus du secteur de la santé, les experts des agences onusiennes recommandent désormais une approche multisectorielle comportant les dimensions sociale, économique et politique.

Donc nous avons trois valeurs clé importantes:
> transparence
> participation
> collaboration

Ainsi que trois autres éléments de gestion à développer:
> social
> économique
> politique,
> en plus du secteur déjà assez bien couvert de la santé.

Ce qui pourrait signifier entre autres que l’implication de la société civile et du secteur privé – qui était demeurée relativement limitée à ce jour – pourrait enfin prendre davantage de place dans les processus de planification.

Les États-Unis, avec leur important virage de gouvernement 2.0, seront certainement appelés à jouer un rôle clé auprès de la communauté internationale.

Le site PanFlu.gov faisait déjà beaucoup appel aux leaders communautaires et était ouvert aux échanges avec le grand public. Je suis persuadée que ces éléments seront encore plus présents dans le projet de refonte du site. Y aura-t-il un blogue, comme cela existe dans le site http://www.whitehouse.gov/? Le blogue sera-t-il aussi omniprésent que dans le site WhiteHouse.gov, qui affiche en plein centre de la page d’accueil?

En plus de l'aspect organisationnel des données et de l'esthétique graphique du site, il y a aussi des éléments en lien avec le service à la clientèle, qu'il vaut la peine de mentionner. Le service poli et courtois offert jusqu'à présent par PanFlu.gov a témoigné du respect aux citoyens qui ont collaboré. Je suis persuadée que les relations publiques seront un des éléments clé du nouveau site PanFlu.gov.

Les gestionnaires de PanFluGov ont un grand défi entre les mains. Ils doivent effectuer une importante chirurgie esthétique au site officiel du gouvernement américain portant sur les préparatifs pandémiques, dans un contexte d’actualités locales qui ont projeté au cours des derniers jours un très inquiétant flou existentiel autour des sommes dédiées à ce domaine dans le plan de relance économique. Voir mon billet à ce sujet.

Le 14 janvier 2009, soit huit jours avant l’entrée de Barack Obama à la Maison blanche, le Comité sur la Sécurité intérieur a publié un rapport intitulé “Getting Beyond Getting Ready for Pandemic Influenza” (Aller au-delà d'être prêt pour une pandémie d'influenza). Ce rapport avait certainement pour but de fournir les arguments pour justifier des investissements majeurs dans le domaine des préparatifs pandémiques.

Une enveloppe de 870 millions de dollars avait été budgétée dans le plan américain de relance économique. Mais d’intenses négociations entre membres du Sénat américain ont conduit ces derniers jours au retrait des 870 millions. Certains ont dit qu’ils avaient «coupé le gras» pour décrire les coupures apportées au plan de relance. Malheureusement, il a fallu que ces jeux politiques aient un lien avec le financement des préparatifs pandémiques. Je suis persuadée que les mordus de questions de pandémie ont dû éprouver une grande déception en observant la bataille qui fut livrée dernièrement dans les couloirs de la Maison blanche. Bien entendu, nous aurions souhaité que les 870 millions de dollars soient demeurés dans le plan de relance économique.

Le coup de ciseau drastique du Sénat américain dans l’enveloppe budgétaire des préparatifs pandémiques envoie un signal négatif au monde entier. Ce que plusieurs pourraient être portés à croire, c'est que les préparatifs pandémiques sont accessoires. Et d'autres nations pourraient s'aligner sur la mentalité (représentée par la sénatrice Collins).

Voilà toutes les raisons pour lesquelles je pense que les travaux de refonte du site PanFlu.gov seront cruciaux et garants du succès de l'avenir des préparatifs pandémiques multisectoriels à l'échelle mondiale. Les gestionnaires de ce site devront non seulement démontrer qu’ils sont encore en vie, mais que leur secteur est dynamique plus que jamais, malgré ce qui s'est passé, et qu'ils effectuent un travail exemplaire, malgré le couperet du Sénat qui leur est tombé dessus.

Les 870 millions de dollars seront probablement récupérés et reconfigurés dans un autre projet de loi, éventuellement. Espérons-le. Nous pourrions nous attendre à ce que d’autres rapports, du genre de celui publié par la Sécurité intérieure, voient le jour au cours des prochaines semaines, afin de fournir les armes nécessaires, en termes d'arguments, pour justifier l'enveloppe des quelque 900 millions de dollars.

Il ne fait aucun doute que les travaux de refonte du site PanFlu.gov seront déterminants.

08 février 2009

Québec a des atouts en main, sauf qu’il joue mal son jeu


Le 2 février 2009, Pandémie Québec a publié le «Coffre à outils des gestionnaires».

Étant donné que j’ai l’impression qu’il s’agit d’un remâchage de vieilles stratégies qui datent de plusieurs années, je n’ai pas encore pris le temps de lire ces documents au complet.

J’en ai lu quelques-uns et certaines phrases – qui m'apparaissent comme de véritables tentatives de lavage de cerveau collectif – (notamment dans la fiche «Pandémie, source de stress?») m’ont tellement déplu que je n’ai même pas eu la tentation ni l’envie d’en lire davantage. Par exemple, le gouvernement voudrait que l'on «mentionne à ses proches que, contrairement à ce qui a été le cas pour les précédentes pandémies, les autorités ont pu, cette fois-ci, bien se préparer.» La notion d'être bien préparé ou pas, c'est plutôt relatif, en plus de ne pas être tellement politically à la mode ces jours-ci, puisque la plupart des États les mieux préparés disent qu'ils ne sont pas préparés... Cet argument, que le gouvernement espère que nous dirons à nos personnes les plus chères pour les rassurer, n'a rien pour me rassurer, moi. Je ne suis pas d'accord de diffuser le message «assis-toi sur tes lauriers, ne pense à rien, parce que le gouvernement pense à ta place». Je suis désolée, mais ce genre de discours-là, je trouve cela totalement inapproprié dans un contexte où il faudrait plutôt responsabiliser chacun des citoyens, tout mettre en oeuvre pour augmenter l'empowerment des individus. Cette phrase-là dit exactement le contraire. J'ai été tellement choquée que je n'ai pas poursuivi ma lecture.

J’essaierai de regarder tout cela à tête reposée, une journée où je serai vraiment de très bonne humeur.

La publication du «Coffre à outils» n’a pas eu lieu en page d’accueil du site Pandémie Québec. Cela est paru uniquement dans la section réservée aux professionnels de la santé.

Une question que je me pose constamment, est pour quelle raison le gouvernement du Québec ne rend-il pas public son fameux «Guide autosoins», qui est destiné au grand public? La plupart des milieux ont eu droit à l’accès à l’information: le gouvernement a publié plusieurs guides spécifiques à divers secteurs de la société. Mais pas le guide pour les citoyens.

Ayant déjà eu connaissance du contenu du «Guide autosoins», qui a été publié à l’été 2008 par plusieurs groupes professionnels, comme par hasard quelques jours avant la démission de l’ex-ministre de la Santé Philippe Couillard, je sais que le Québec recommande dans ce document-là d’avoir 2 semaines de réserve en approvisionnement de nourriture, eau et autres biens de consommation.

Ceci correspond à la recommandation actuelle du gouvernement fédéral des États-Unis, et de la République française. Les recommandations varient d’un État américain à l’autre, ou d’un gouvernement local à l’autre, allant de 2 semaines jusqu’à 3 mois de réserve (le comté Nez Percé en Idaho, qui héberge le site GetPandemicReady, le site le plus avancé au monde en termes de conseils en préparatifs individuels).

Une amie m’a fait remarquer que dans le site Pandémie Québec, section «Ma Santé», dans l'onglet vert «Je prends soin de moi et je garde le moral», on trouve sous l'onglet orange «Je m'organise», les conseils suivants:
«Une bonne organisation permet de réduire les obligations de dernière minute, dévoreuses d'énergie et sources de stress:

- Je me tiens constamment informé de l'état de la situation et des consignes de santé publique en vigueur, par exemple en ce qui a trait aux écoles et aux garderies, et des meilleurs conseils en matière de santé physique. Pour ce faire, plusieurs sources fiables d'information sont à ma disposition.
- Je dispose d'une réserve suffisante de biens essentiels (eau et nourriture de base, matériel d'usage quotidien, médicaments…) comblant mes besoins en termes de confort et de santé POUR AU MOINS DEUX SEMAINES. Ainsi, je suis prêt à faire face à de possibles retards d'approvisionnement dans les commerces, et je ne m'épuise pas alors que j'ai peut-être d'autres priorités.
- Je limite mes déplacements en privilégiant les transactions et les achats par téléphone ou par Internet, lorsque ces transactions sont sécurisées.
- J'évite les lieux publics de grande affluence ou je réduis mon temps passé en ces lieux au strict minimum.»

Bon!!!!!!!! Voilà ce qu’on voulait entendre!!!!!!!!!!!!!

Mon amie a fait remarquer «qu'il faut chercher longtemps sur le site pour trouver cette information. Le gouvernement ne semble pas vouloir demander aux citoyens de faire leurs deux semaines de réserves tout de suite!»

C’est ça le problème: la stratégie du camouflage-par-en-arrière de l’information. Expliquez-moi à quoi ça sert de NE PAS marteler des informations cruciales qui pourraient servir à aider des gens, AVANT le déclenchement d’une pandémie. Expliquez-moi aussi à quoi ça sert de ne pas mettre ces informations bien en évidence, puisque lorsque surviendra le début d’une pandémie, cela a été largement démontré par de nombreux experts de renommée mondiale, qu’il pourrait très certainement y avoir une pénurie de denrées et interruption des chaînes d’approvisionnement dès les PREMIERS jours d’une pandémie. Comment voulez-vous que les citoyens stockent une réserve de 2 semaines de vivres en plein chaos et pénurie de denrées?

La panique, cette chère panique que nos autorités craignent tant, elle risquerait d'être très considérablement amplifiée si les denrées s’épuisent rapidement comme glace au soleil quelques jours après le début du déclenchement d’une pandémie.

À moins qu'on nous joue la même carte que ce qui se passe en ce moment avec la Caisse de dépôt et de placement du Québec? Les informations concernant des pertes considérables de 38 milliards de dollars ont été retenues pendant des mois. Radio-Canada a rapporté que "Québec ne commente pas". Mario Dumont (chef de l'Action démocratique du Québec) croit que les chiffres du déficit de la Caisse auraient dû être dévoilés avant les élections de novembre/décembre 2008. Questionné sur l'authenticité du montant du déficit publié dans la La Presse, il a répondu que «si les chiffres étaient erronés, le gouvernement aurait déjà émis un communiqué».

Les chiffres auraient dû être dévoilés aux citoyens AVANT les élections.

Je pense que c'est un peu la même chose avec la question de la réserve individuelle. Cette directive devrait être répétée aux citoyens AVANT le déclenchement d'une pandémie.

Le gouvernement du Québec a peut-être prévu l’équivalent des recommandations américaines et françaises en matière de réserve individuelle, sauf qu’à peu près personne n’est au courant. Alors je considère que ce genre de planification-là, cela ne vaut pas grand-chose.

Tant que le grand public ne recevra pas des directives claires et répétées des douzaines de fois, afin que le message rentre dans la tête des gens, je considère que la planification échoue.

On s’en fiche pas mal de ce qui est écrit dans les plans du gouvernement du Québec. Ce qui compte, ce n'est pas tant le plan comme tel, mais la résultante de la planification, c'est-à-dire par exemple ce qu’il y a d’accumulé dans les garde-manger des ménages québécois. C’est la capacité qu'aura ou non chacun des individus, à se comporter de telle sorte que les infections du virus pandémique ne se répandront pas comme de la poudre à canon dévastatrice à travers la société québécoise.

Ne perdons pas non plus de vue cette phrase du 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de pandémie: «Des études ont confirmé que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance sous la forme d’une modification efficace du comportement reste un défi.» (Synopsis, paragraphe 18). Rien ne prouve que les gens vont écouter le gouvernement quand le gouvernement voudra qu'il les écoute...

En ce moment, je considère qu’il y a peu de mitigation parmi la société québécoise, parce que les gens n’ont pas été informés suffisamment à propos des choses concrètes qu’ils devraient faire AVANT le déclenchement d’une pandémie.

Le gouvernement du Québec pourrait se positionner parmi les leaders en matière de planification de pandémie. Il a des atouts en main, sauf qu’il joue mal son jeu.

07 février 2009

Chronologie d’implantation d'éléments en vue d’un déploiement de préparatifs pandémiques


Les choses vont tellement vite aux États-Unis que c’est littéralement de jour en jour que le développement s’effectue dans le domaine des préparatifs pandémiques, notamment en lien avec Internet. Voici quelques éléments que j’ai notés, que j’ai présentés en une chronologie d'événements des quatre dernières semaines:

SEMAINE 2 DE 2009
> Entrée de @BirdFluGov sur Twitter le 12 janvier.
> Le Comité sur la Sécurité intérieur a publié un rapport intitulé “Getting Beyond Getting Ready for Pandemic Influenza” (Aller au-delà d'être prêt pour une pandémie d'influenza) le 14 janvier. Voir mon billet à ce sujet.
> Article de Jean-Yves Nau dans Le Monde à propos des recherches du sociologue Michel Setbon, le 14 janvier. Michel Setbon pense que les autorités devraient répondre à cette question: «Comment faire pour que chaque citoyen fasse ce qui sera nécessaire pour briser le plus rapidement possible la chaîne de contagion interhumaine d'un nouveau virus grippal hautement pathogène?» Voir mon billet à ce sujet.

SEMAINE 3 DE 2009
> Cérémonie d'inauguration de Barack Obama le 20 janvier.
> Création groupe "Public Health Early Warning and Preparedness" sur Facebook par Jim Wilson, co-fondateur de l’entreprise de gestion de risque Veratect Corporation, le 21 janvier. Voir mon billet à ce sujet.
> @BirdFluGov commence à suivre des gens.
> Thierry Saussez (en France) échange avec une leader d'opinion sur Facebook le 24 janvier. M. Saussez a été nommé, le 16 avril 2008, au Conseil des ministres, aux postes de Délégué Interministériel à la Communication et Directeur du Service d'information du gouvernement. Il est chargé de veiller à la coordination des actions d’information et de communication du Gouvernement.

SEMAINE 4 DE 2009
> Plusieurs agences américaines sur Twitter (dont @femainfocus (FEMA), @USDA_CSREES (ministère de l'Agriculture), @diseasecontrol (CDC), Ready.gov, @RedCross (American Red Cross), @FDArecalls). Voir le billet de Michael Coston à ce sujet.
> Plusieurs salariés d’agences américaines sur Twitter eux aussi, dont @AndrewPWilson, le gestionnaire de l'équipe Web au ministère de la Santé (HHS).
> Un lien annonçant présence Twitter en page d'accueil de PanFluGov le 28 janvier.
> Craig Vanderwagen, un haut planificateur du gouvernement fédéral américain (Secrétaire assistant pour la préparation et la réponse, ministère de la Santé), commence à échanger ouvertement avec plusieurs blogeurs sur Facebook.

SEMAINE 5 DE 2009
> HHS annonce qu'il mise sur le pouvoir des médias sociaux le 3 février.
> Annonce du nouveau Social Media Center le 3 février.
> Marc van Ranst (Belgique), un expert et conseiller en virologie mondialement reconnu, commissaire interministériel du gouvernement fédéral belge de préparation pandémique, a rejoint le groupe créé par Jim Wilson sur Facebook.
> Diffusion Web du HHS de la rencontre du Comité national aviseur sur les vaccins (NVAC) le 4 février
> Les blogeurs DemFromCT et Revere sont validés par Michael Osterholm, directeur du CIDRAP, le 5 février.


Qu'arrivera-t-il en semaine 6 de 2009 et les semaines suivantes?

Encore plus de consolidation aux États-Unis en vue d'un déploiement de préparatifs pandémiques (dont sociaux).

Après les changements observés depuis le 20 janvier aux États-Unis, les espoirs sont désormais tournés vers les nations de l'Union européenne dans l’espoir qu’un autre pays se lancera dans un virage 2.0. Il faut bien que cela vienne de l’Europe, car ce ne sera évidemment pas le Canada (et la province du Québec) qui seront les seconds au monde à développer une relation 2.0 avec leurs citoyens, étant donné que le Québec a rejeté le 17 juin 2008 la sphère du Flublogia sous prétexte que les «médias sociaux ne sont pas crédibles ni suffisamment matures». Aucun élément permet d’entrevoir que cette position ait changé.

En cette époque difficile de crise financière mondiale, au cours des deux ou trois prochaines années, comme l’a fait remarquer Scott McPherson, les nations pourraient ne plus se permettre d'injecter des sommes considérables dans l'acquisition d'antiviraux et d'autres équipements, en ce qui concerne les préparatifs pandémiques. Maintenir l'état de préparation en vue d'une pandémie pourrait s'avérer laborieux.

Toutefois, des préparatifs sociaux seraient beaucoup moins coûteux à mettre sur pied. Les communications pourraient donc jouer un rôle considérable au cours des prochaines années dans ce domaine.

Pour toutes ces raisons, plusieurs espèrent qu'un virage social sera observé d'ici peu quelque part (autre qu’aux États-Unis) sur la planète. Sans doute en Europe?

03 février 2009

Les États-Unis misent sur la puissance des médias sociaux

John Foxx, Stockbyte. Libre de droits, # 71086535

J’ai reçu un avis de @Health_IT sur Twitter ce matin, rapportant que le ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis (HHS) utilisera les outils de médias sociaux comme levier pour livrer de l’information sur le foyer d’éclosion de Salmonella Typhimurium:
«La puissance des médias sociaux est utilisée par le ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS), et son Agence de l’Alimentation et des Médicaments (Food and Drug Administration, FDA), ainsi que ses Centres pour le contrôle et la prévention de la maladie (CDC), pour disséminer de l’importante information à propos du retrait de certains produits de beurre d’arachide et contenant du beurre d’arachide, qui sont associés avec les récents foyers d’éclosion de Salmonella Typhimurium.

L’effort de rayonnement dans les médias sociaux est dirigé par le nouveau Centre des médias sociaux du ministère HHS, qui fait la promotion d’une utilisation collaborative des outils des médias sociaux afin de mieux communiquer de l’information relative à la santé et aux services sociaux. Plusieurs de ces ressources sont disponibles à la fois en anglais et en espagnol.»

La leader d’opinion et bloggeuse américaine Catherine Mitchell a écrit à ce sujet dans son statut de Facebook: «Je pleure… parce que le message est en train de se répandre. Parce que Dieu nous a béni avec la sagesse, les connaissances, la force et le temps pour nous préparer [avant une pandémie].»

Je n’ai pas tellement le cœur aux Alleluia! Disons que je serais plutôt portée à «pleurer» sur l’absence de vision et de leadership des autorités québécoises concernant les médias sociaux et toute la préparation pandémique en générale.

Par ailleurs, toujours sur Twitter, j’ai appris via @AndrewPWilson que le gouvernement américain prépare un ‘Government Camp 2.0’ à Washington, les 27 et 28 mars prochain. La description de ce «camp» s’appuie sur le principe de collaboration et met de l’avant la voix des citoyens:
«Notre gouvernement des États-Unis est une démocratie qui est, d’après ses principes fondamentaux, est constituée par le peuple, pour le peuple. Le format de non-conférence applique les mêmes principes de collaboration que ceux de la démocratie de notre nation, et ainsi, cela s’avère le format idéal pour le sujet de Gouvernement 2.0.»

Le camp est défini ainsi:
«Le Camp Gouvernement 2.0 est une non-conférence à propos de l’utilisation des médias sociaux et des technologies Web 2.0 afin de créer un gouvernement américain plus efficace, décisif et collaboratif, et ce, à tous les niveaux (local, d’état, et fédéral).»

Les médias sociaux sont utilisés chez nos voisins du Sud comme leviers de sensibilisation de la population aux menaces de santé publique. Ils servent présentement à développer des préparatifs pandémiques sociaux et ces outils 2.0 contribueront à la mitigation de la société américaine.

Le gouvernement du Québec s'est positionné contre la sphère du Flublogia en juin 2008, sous prétexte que les médias sociaux ne sont «pas crédibles ni suffisamment matures». Les États-Unis se donnent présentement les moyens de traverser une pandémie. Nous risquons beaucoup: des milliers de victimes et des torts inimaginables à notre économie. Il serait temps de se pencher sérieusement sur ces questions!

22 janvier 2009

D’autres enjambées flublogiennes dans les médias sociaux

De jour en jour, le développement de la sphère du Flublogia se poursuit dans les médias sociaux. Voyons ce que 24 heures de Facebook et Twitter ont produit.

Du côté de Facebook
Un nouveau groupe a été créé dans Facebook le 21 janvier 2009 par Jim Wilson, qui se définit comme CTO/CSO et co-fondateur de l’entreprise de gestion de risque Veratect Corporation: Public Health Early Warning and Preparedness. Ce groupe compte au 22 janvier à 18h30 un total de 38 membres, ce qui est un succès retentissant, croyez-moi, vu le sujet. En raison du phénomène connu sous le nom de «flu fatigue», rallier des gens autour d’une discussion de grippe aviaire en fait fuir plus d’un! Le groupe se décrit ainsi:
«Ce groupe discute des défis et des questions concernant une alerte précoce d’influenza pandémique et de préparatifs en vue d’une pandémie, de même que d’autres sujets de discussion impliquant des changements opérationnels en santé publique.»

Je suis bien contente que le terme «alerte précoce» se soit retrouvé dans la définition du groupe.

Pour le moment, le groupe est à l’étape du recrutement, et nous verrons en temps opportun de quelle manière s’articuleront les échanges. Le créateur du groupe a déjà nommé plusieurs modérateurs (des capitaines, en français), dont la moitié sont des leaders d'opinion des plus actifs dans le monde du Flublogia.

Ce qui est intéressant avec ce groupe, c'est qu’il est chapeauté par un leader d’opinion issu d’une entreprise privée, avec de l’expérience en «méthodologie de biosurveillance et ayant dirigé une équipe d’analystes chargée de surveiller des menaces biologiques de toutes sortes affectant les animaux et les humains à travers le monde». Cette vision de la biosécurité, combinée avec l’approche sociale des membres de la sphère du Flublogia, produira certainement des résultats intéressants. C’est à suivre!

Du côté de Twitter
Nous accueillons deux nouveaux membres francophones actifs du Flublogia: @Nathacat et @drmsfvermeulen.

@BirdFluGov a annoncé qu’il commençait à suivre des utilisateurs. ‘In case you noticed, we have begun following. More to come on this today or tomorrow.’ Il s’agit de 9 ‘following’ pour le moment, dont plus de la moitié sont liés à la sphère du Flublogia.

Un autre élément intéressant publié aujourd’hui par @BirdFluGov concerne sa vision d’interaction sur Twitter: ‘Posted a page sketching out how we envision interacting on Twitter (for now)' http://tinyurl.com/cy5ke4. Il s’agit d’une version préliminaire qui évoluera certainement au fil des semaines. Nous sommes tous des débutants dans cette grande aventure des médias sociaux, et c’est donc un peu tous de la même manière - à tâtons - que la sphère du Flublogia, et son grand frère @BirdFluGov, évoluent. @BirdFluGov parle d’une «expérience en cours».

Je crois que ce qui se passe en ce moment est très important. Cela me fait penser aux premiers humains qui ont marché sur la lune. Il s'agit de la toute première fois que des gens ordinaires, des citoyens, ont l'occasion de discuter d'égal à égal avec une administration gouvernementale, et de participer activement à l'élaboration de stratégies de communications qui pourraient avoir un impact majeur sur la mitigation des sociétés face à une pandémie.

C'est ce dont les personnes qui se sont dépassées pour que des préparatifs pandémiques aient lieu à l'échelle mondiale, et que des gens connus sous le nom de flubies, rêvent depuis des années. Ce n'est plus du domaine du rêve: nous sommes à l'aube d'une collaboration sans précédent entre la société civile et des autorités gouvernementales. Les enjeux sont tellement élevés qu'ils me donnent le vertige lorsque j'y pense.

Ce réflexe de coucher les accords et les pistes de développement sur papier au fur et à mesure que les événements surviennent me semble la bonne manière d'avancer. Il est important de positionner des balises d'une étape à l'autre, afin que tous sachent dans quelle direction évoluent les réflexions (si nous souhaitons marcher d'une même voix, de plus en plus nombreux, telle une onde se déplace à la surface de l'eau). Puisque les choses bougent très rapidement dans le monde virtuel, je me réjouis que @BirdFluGov ait pris la peine de rédiger quelques lignes au sujet de sa présence sur Twitter.

Par ailleurs, ce ne sont pas uniquement les mordus des préparatifs pandémiques qui observent les agissements de @BirdFluGov. Il y a par exemple les éditeurs de magasines en technologie de l'information, et les stratèges en développement et marketing Web, qui suivent de près ce qui se passe. Car ce qui sera entrepris aux États-Unis pourrait servir de modèle à de nombreuses autres nations du monde. Et comme l'a fait remarquer David Nabarro (le coordonnateur senior de l'influenza humain et aviaire à l'ONU), les efforts déployés pour développer les préparatifs mondiaux sont "si admirables qu'ils pourraient être cités en exemple". Ils pourraient s'appliquer à d'autres problématiques importantes. Alors ce dialogue qui s'amorce entre les citoyens virtuels (je ne dis pas Américains, car je n'en suis pas une - il faut bien que je me case quelque part!) et @BirdFluGov pourrait avoir une portée au-delà de ce que nous pouvons entrevoir au moment présent.

Voici une traduction de
‘PandemicFlu.gov is now on Twitter’ (PandemicFlu.gov est maintenant présent sur Twitter).

Qu’est-ce Twitter?
Twitter est un service de messagerie sociale gratuit, qui permet aux utilisateurs de communiquer en temps réel. Chaque message est composé de 140 caractères de long ou moins, et est appelé un «tweet». Les tweets peuvent être transmis et reçus, à partir d’ordinateurs et d'appareils mobiles. Twitter permet de contrôler combien de messages vous recevez en vous permettant de choisir les utilisateurs que vous souhaitez «suivre». D’autres personnes peuvent vous suivre afin de recevoir vos mises à jour. 'Twitter in Plain English' est une excellent vidéo, brève (2:25 minutes), qui fournit davantage d’information élémentaire à propos de Twitter.

Comment PandemicFlu.gov planifie-t-il d’utiliser Twitter?

Notre présence sur Twitter est une expérience en cours. Nous planifions de fournir des mises à jour lorsque l’information est publiée sur le site Internet de PandemicFlu.gov, et lorsque des reportages «crédibles» à propos de la grippe aviaire sont disponibles dans les médias. [Les guillemets placés sur le mot crédible sont de ma part, vous comprendrez pourquoi un peu plus loin dans mon texte.] Il existe plusieurs autres utilisations potentielles de cet outil, et nous encourageons toutes les personnes qui ont des idées à faire une suggestion en nous transmettant un tweet.

Suivrons-nous en retour?

Nous reconnaissons le fait que les nouveaux outils tels que Twitter tirent beaucoup de leur valeur dans les deux sens, lorsqu’ils permettent à des conversations d’avoir lieu. Toutefois, participer à des nouveaux forums ajoute de nouvelles responsabilités supplémentaires sans toutefois bénéficier de ressources supplémentaires. Afin de nous aider à gérer notre charge de travail pendant que nous expérimentons avec ces nouveaux outils, notre présente approche est de ne suivre uniquement que les utilisateurs qui nous ont transmis des réponses utiles et pertinentes, directement dans notre profil Twitter.

Qu’en est-il des hashtags?
Les hashtags (#) facilitent l’organisation des tweets sur Twitter en des groupes définis par l’utilisateur autour d’un sujet général, faisant en sorte que les conversations sont plus faciles à suivre. Des individus de la communauté PanFlu (des préparatifs pandémiques) ont suggéré que nous utilisions les hashtags #prep et #panflu dans nos profils Twitter. Pour le moment, notre intention est d’utiliser #planfirst en relation avec notre série de diffusion Web PlanFirst. Pour constater de quelle façon ces éléments fonctionnent, effectuez une recherche sur #planfirst dans Twitter.

Je m’étonne que @BirdFluGov se soit lancé dans cette aventure twitteresque sans avoir accumulé au préalable des montagnes d’études et d’analyses!

D’après ce document, la présence du gouvernement américain est en effet une tentative, une expérience nouvelle. Chose certaine, ce n’est probablement pas de cette manière que les autorités québécoises procéderaient...

Mais je n’ai rien contre cette approche, les deux mains à la pâte. C’est très différent de ce que nous connaissons (en sol canadien et québécois et probablement ailleurs également), rafraîchissant, … humain même. À l'opposé du style de document «Les médias sociaux et la communication du risque», publié par Services Québec au printemps 2008, qui concluait que les médias sociaux ne sont ni crédibles ni suffisamment matures pour mériter que le gouvernement du Québec y consacre temps ou argent.

Nous n’avons pas l’impression que les autorités gérant @BirdFluGov sont assises en haut de leur tour d’ivoire.

Je suis convaincue qu’avec cette attitude, @BirdFluGov réussira à stimuler une participation citoyenne et à mettre sur les rails les préparatifs sociaux en vue d'une pandémie. Le défi demeure toutefois titanesque! 24 heures à la fois...

21 janvier 2009

Avec une présence accrue du Flublogia dans les médias sociaux, surgissent des questionnements

Il se passe des choses extraordinaires depuis le début de l’année 2009 en lien avec le Flublogia dans Twitter: nous pouvons observer une participation accrue de gens de cette sphère, en plus bien entendu de l’arrivée très appréciée de @BirdFluGov, la toute première administration gouvernementale à diffuser de l’information sur la marche des virus de la grippe aviaire à travers le monde de même que sur les préparatifs pandémiques.

Une communauté composée de plus d'une douzaine d’individus émet ainsi quotidiennement de plus en plus d’informations via plusieurs plate-formes de médias sociaux. Ces gens sont suivis par des centaines de personnes, alors l’information commence à rayonner dans ces divers réseaux sociaux.

Car ces gens ont lié des amitiés entre eux, bien entendu – et je suis très heureuse que la sphère du Flublogia se soit consolidée au cours des derniers mois. Mais ces gens comptent aussi parmi leurs amis et «followers» des non-flubies (on pourrait quasiment parler de «moldus», comme dans Harry Potter), c’est-à-dire des personnes pas nécessairement habituées à consulter de l’information à propos d’une pandémie.

Par ailleurs, on peut remarquer que parmi les amis des flubies, il y a de nombreux leaders d’opinion très actifs dans leurs sphères respectives, et donc ainsi, peu à peu, le message à propos des préparatifs pandémiques se répand dans tous les milieux de la société.

Ce phénomène de rayonnement social auquel nous assistons présentement est donc des plus importants: c’est à partir d’un noyau dur que s’effectue un balbutiement de préparation pandémique sociale.

En plus, en cette troisième semaine de 2009, un autre phénomène social a eu lieu: des membres du Flublogia ont pris l’initiative de suggérer des standards d’utilisation et se réunissent virtuellement pour échanger sur des sujets. Cela a donné lieu à l’utilisation de hashtag: #panflu pour tout ce qui a trait à l’information sur les virus, et #prep pour tout ce qui concerne les préparatifs pandémiques. @BirdFluGov a également suggéré #planfirst pour diffuser de l’information sur la série d’émissions PlanFirst WebCast, qui sont régulièrement diffusées via Internet.

La présence de @BirdFluGov sur Twitter aura certainement pour effet accélérer le rythme de l’information sur les questions de pandémie exposée aux citoyens. Il sera intéressant d’observer si @BirdFluGov se contentera d’émettre de l’information, ou si il s’engagera dans un dialogue véritable avec la population, en suivant des individus, et en observant ce que ces gens-là disent sur Twitter.

Il sera intéressant de voir si des agences onusiennes lanceront elles aussi une présence sur Twitter. J’aimerais que ce soit le cas, au minimum pour observer le développement de la sphère du Flublogia. Je crois que ce qui se passe en se moment est des plus importants, et l’observation des échanges et des conversations permettrait de mettre sur pied des campagnes de communication efficaces, à travers le monde, en plusieurs langues.

La poignée d’individus actifs actuellement deviendront des centaines, puis des milliers d’individus, à moyen terme. Certaines personnes souhaiteraient recevoir des directives des autorités gouvernementales sur la manière de se comporter, et sur la façon de procéder pour diffuser de l’information à propos des préparatifs pandémiques. À ce que je sache, aucune directive n’est venue lorsque les communautés virtuelles ont construit les forums de discussion portant sur les questions de virus d’influenza et de pandémie. Je ne m’attends donc pas à ce que les autorités fournissent des conseils pour développer d'autres plate-formes de médias sociaux.

Je crois que c’est à nous, citoyens, de nous débrouiller pour faire évoluer les comportements, et nous créer des outils collectifs pour mieux gérer les situations difficiles. Les autorités gouvernementales (mondiales, ou locales) pourraient toutefois soutenir cette démarche, car il s'agit d'un service collectif qui permettrait à de grands pans de la société de faire évoluer les préparatifs sociaux. Par exemple, nous pourrions rédiger des capsules ou des messages-types pour pourraient aider des individus à répondre à des attaques verbales ou à autres situations compromettantes.

L’idéal, bien entendu, serait un dialogue véritable avec les autorités et les planificateurs de pandémie. Toutefois, vu la disparité des comportements entre divers nations, il ne sera pas possible pour les citoyens de tous les pays de pouvoir discuter ouvertement de ces problématiques de développement liées aux préparatifs sociaux. Espérons que certaines nations se positionneront en leaders, et veilleront à développer des outils pour aider les citoyens dans leurs tâches de diffusion de l’information. Voilà un autre exemple concret de collaboration de participation citoyenne avec le secteur public.

Tant mieux si prochainement des actions sont posées pour définir un ensemble de règles pour guider la sensibilisation et l’empowerment des citoyens en vue d'une pandémie. Les agences onusiennes, ou les nations qui sont parvenues à un niveau plus avancé dans leurs relations avec les citoyens, pourraient peut-être créer une sorte d'entité mandatée pour définir un soutien aux communautés virtuelles et réelles? Faisons confiance aux coureurs, et voyons ce qui émergera de la présente explosion de la sphère du Flublogia dans les médias sociaux.

19 janvier 2009

De la mélancolique démocratie, à la douteuse démocratie

Un billet rédigé aujourd’hui par l’amie Michelle Blanc, intitulé «Obama ouvre la voie du gouvernement 2.0», m’a fait songer à ce bouquin de Pascal Bruckner que j’ai lu une bonne douzaine de fois. Mais en cette veille du 22 janvier 2009, ce n’est plus de «Mélancolique démocratie» que je m’inquiète, mais de «démocratie» tout court. Pas pour nos voisins du sud, bien entendu! Mais pour nous, citoyens du Québec et du Canada.

Pour votre information, depuis le 12 janvier 2009, @BirdFluGov diffuse sur Twitter de l’information à propos de l’influenza aviaire et des préparatifs pandémiques. Les citoyens discutent directement avec le Health and Human Services sur cette plate-forme. Pour vous donner une petite idée de la cadence et de la vitesse à laquelle les choses évolueront, les trois premiers jours de sa participation sur Twitter, @BirdFluGov a émis 10 nouvelles (en plus de nombreux échanges avec des utilisateurs), alors que Pandémie Québec a diffusé 7 nouvelles au cours des 11 derniers mois sur son site Internet. J’attends toujours par ailleurs que se manifestent des réponses aux centaines de lettres que j’ai transmises aux décideurs du gouvernement du Québec depuis le mois de juillet 2008.

Je considère que le fait qu’un gouvernement se mette à diffuser ce type d’information dans les médias sociaux - sur une pandémie, ce qui n’est pas des plus roses, avouons-le -, est extrêmement révélateur de sa capacité de gestion. Plutôt que de faire l’autruche, et de penser que les gens seront effrayés par ces informations, cette nation prend le taureau par les cornes, et s’attaque à de DIFFICILES PROBLÉMATIQUES, en maximisant sur la participation citoyenne pour arriver à mettre de l’avant des mesures titanesques: les préparatifs pandémiques.

En voyant ce qui se passe aux États-Unis, moi aussi, je m’interroge de plus en plus à propos de notre obscure démocratie. Surtout que les autorités québécoises m’ont encore envoyé valser le 6 janvier dernier, et qu’il ne s’est apparemment manifesté en ce début d’année aucune ouverture pouvant faire entrevoir un revirement de situation de la perception des médias sociaux par le gouvernement du Québec.
Cette fois-ci, on m’a encore répété que les communautés évoluant via les médias sociaux «ne sont pas crédibles», mais on eu la délicatesse d’ajouter «parce qu’ils ne sont pas des docteurs». Cela commence à être agaçant à la longue de se faire sans cesse dénigrer…

Demain, je prévois donc une bonne quantité de papiers mouchoirs devant mon téléviseur. Mais pas pour les mêmes raisons que l’amie (américaine) Maryn McKenna, qui a indiqué dans Facebook «qu’elle se dépêchait à faire son travail, parce qu’elle était pas mal certaine qu’elle pleurerait pendant la plupart de la journée mardi» [getting her work done now 'cause she's pretty sure she's going to be crying most of Tuesday].

Pendant que nous regarderons nos voisins du sud s’épanouir, les Québécoises et Québécois qui souhaiteraient que les choses évoluent ont-ils une chance? Le “rêve américain” existe-t-il désormais uniquement pour celles et ceux qui habitent de l’autre côté de la frontière? Peut-être devrions-nous songer à déménager le Canada sur un autre continent, car nous pourrions être portés à penser que l’on ne ‘fit’ plus tellement par ici. Certains pourraient se sentir comme dans un étau, et trouver que cela commence à être des plus inconfortables.

15 janvier 2009

Les patrons d’entreprises britanniques prennent la menace de pandémie à la légère

Deux mois après que le gouvernement britannique ait publié le registre des menaces à la nation, en insistant sur le fait qu’une pandémie d’influenza est considérée comme étant la menace No.1, supplantant toutes les autres menaces (dont les inondations, les catastrophes naturelles et le terrorisme), nous apprenons qu’un sondage effectué auprès des patrons d’entreprises britanniques a révélé que cette information n’avait pas poussé les entreprises à se préparer à une pandémie.
Les entreprises principales se détournent, aveuglées, à la menace pandémique

Les patrons britanniques ignorent les avertissements gouvernementaux à propos de la menace d'une pandémie d'influenza, d'après le Business Continuity Forum.

Un récent sondage auprès de 1500 leaders d'entreprises par une organisation conseil indépendante a révélé une "culture répandue d'ignorance et de déni parmi les patrons britanniques à propos de cette menace," a-t-elle indiqué. Trois quart des patrons britanniques ne soutiennent pas l'idée de planifier afin de protéger leurs entreprises ou leurs employés, si jamais une pandémie venait à frapper.

Cela fait suite à la publication du Registre de risque national par le gouvernement en novembre dernier, qui déclarait qu'une pandémie d'influenza constitue la plus grande menace à la nation, portant le potentiel d'infecter la moitié de la population du Royaume-Uni et de tuer jusqu'à 750,000 personnes.

Le Business Continuity Forum a prétendu que sa recherche souligne la vulnérabilité auxquelles les entreprises s'exposent elles-mêmes. Plus d'un tiers (36%) des patrons n'ont aucun plan pour faire face à une absence d'employés, et seulement 11% des entreprises ont établi des réserves d'antiviraux afin de protéger leurs employés.

Russell Price, président de Continuity Forum, a déclaré: "Il y a un état de paralysie parmi les entreprises du Royaume-Uni, lorsqu'il s'agit de planification pandémique, et une telle paralysie est exactement ce à quoi plusieurs entreprises s'exposent. Alors que l'économie continue de ralentir, il est surprenant et inquiétant de constater qu'autant d'entreprises s'exposent volontairement à de tels considérables risques financiers."

Des entreprises qui prétendent être préparées, deux-tiers d'entre elles ont admis que leurs plans ne seront pas complétés avant une année et demie et la plupart ont rapporté ne pas avoir testé leurs plans dernièrement.

Pourtant, la publication du Registre de risque national a été bien diffusée. Les patrons de grandes entreprises ont certainement dû en avoir connaissance. C’était la première fois qu’une nation admettait publiquement que le risque pandémique est le plus important, parmi une brochette d’autres menaces.

Les autorités britanniques vont devoir retourner à leurs stratégies de communication, si elles souhaitent que davantage de préparatifs de pandémie s’effectuent au sein des entreprises.

Les États-Unis ont eux aussi publié de nombreux guides destinés au secteur privé au cours des derniers mois. Toutefois, chacun est libre d’agir ou non. Ce qui pourrait constituer un problème en temps de pandémie, et fragiliser l’économie, si le niveau de préparation n’est pas suffisant.

Avec l’arrivée en poste du nouveau président Barack Obama, d’ici quelques jours, surviendra-t-il un leadership fort? Il est évident que le monde entier a besoin d’un renouveau dans le domaine des préparatifs en vue d’une pandémie, car c’est davantage que de l’essoufflement que nous pouvons observer: cela s’apparente à l’agonie. Si rien de spectaculaire n’est fait, et si des actions soutenues et répétées n’ont pas lieu pour promouvoir la nécessité de maintenir et de développer les préparatifs pandémiques, ma foi, nous pourrions nous attendre au pire au cours des prochaines années. Les efforts déployés à ce jour pourraient n’avoir été qu’une mode passante, enterrée et oubliée.
 
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