Blogue de Lyne Robichaud

Aucun message portant le libellé BirdFluGov. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé BirdFluGov. Afficher tous les messages

22 janvier 2009

D’autres enjambées flublogiennes dans les médias sociaux

De jour en jour, le développement de la sphère du Flublogia se poursuit dans les médias sociaux. Voyons ce que 24 heures de Facebook et Twitter ont produit.

Du côté de Facebook
Un nouveau groupe a été créé dans Facebook le 21 janvier 2009 par Jim Wilson, qui se définit comme CTO/CSO et co-fondateur de l’entreprise de gestion de risque Veratect Corporation: Public Health Early Warning and Preparedness. Ce groupe compte au 22 janvier à 18h30 un total de 38 membres, ce qui est un succès retentissant, croyez-moi, vu le sujet. En raison du phénomène connu sous le nom de «flu fatigue», rallier des gens autour d’une discussion de grippe aviaire en fait fuir plus d’un! Le groupe se décrit ainsi:
«Ce groupe discute des défis et des questions concernant une alerte précoce d’influenza pandémique et de préparatifs en vue d’une pandémie, de même que d’autres sujets de discussion impliquant des changements opérationnels en santé publique.»

Je suis bien contente que le terme «alerte précoce» se soit retrouvé dans la définition du groupe.

Pour le moment, le groupe est à l’étape du recrutement, et nous verrons en temps opportun de quelle manière s’articuleront les échanges. Le créateur du groupe a déjà nommé plusieurs modérateurs (des capitaines, en français), dont la moitié sont des leaders d'opinion des plus actifs dans le monde du Flublogia.

Ce qui est intéressant avec ce groupe, c'est qu’il est chapeauté par un leader d’opinion issu d’une entreprise privée, avec de l’expérience en «méthodologie de biosurveillance et ayant dirigé une équipe d’analystes chargée de surveiller des menaces biologiques de toutes sortes affectant les animaux et les humains à travers le monde». Cette vision de la biosécurité, combinée avec l’approche sociale des membres de la sphère du Flublogia, produira certainement des résultats intéressants. C’est à suivre!

Du côté de Twitter
Nous accueillons deux nouveaux membres francophones actifs du Flublogia: @Nathacat et @drmsfvermeulen.

@BirdFluGov a annoncé qu’il commençait à suivre des utilisateurs. ‘In case you noticed, we have begun following. More to come on this today or tomorrow.’ Il s’agit de 9 ‘following’ pour le moment, dont plus de la moitié sont liés à la sphère du Flublogia.

Un autre élément intéressant publié aujourd’hui par @BirdFluGov concerne sa vision d’interaction sur Twitter: ‘Posted a page sketching out how we envision interacting on Twitter (for now)' http://tinyurl.com/cy5ke4. Il s’agit d’une version préliminaire qui évoluera certainement au fil des semaines. Nous sommes tous des débutants dans cette grande aventure des médias sociaux, et c’est donc un peu tous de la même manière - à tâtons - que la sphère du Flublogia, et son grand frère @BirdFluGov, évoluent. @BirdFluGov parle d’une «expérience en cours».

Je crois que ce qui se passe en ce moment est très important. Cela me fait penser aux premiers humains qui ont marché sur la lune. Il s'agit de la toute première fois que des gens ordinaires, des citoyens, ont l'occasion de discuter d'égal à égal avec une administration gouvernementale, et de participer activement à l'élaboration de stratégies de communications qui pourraient avoir un impact majeur sur la mitigation des sociétés face à une pandémie.

C'est ce dont les personnes qui se sont dépassées pour que des préparatifs pandémiques aient lieu à l'échelle mondiale, et que des gens connus sous le nom de flubies, rêvent depuis des années. Ce n'est plus du domaine du rêve: nous sommes à l'aube d'une collaboration sans précédent entre la société civile et des autorités gouvernementales. Les enjeux sont tellement élevés qu'ils me donnent le vertige lorsque j'y pense.

Ce réflexe de coucher les accords et les pistes de développement sur papier au fur et à mesure que les événements surviennent me semble la bonne manière d'avancer. Il est important de positionner des balises d'une étape à l'autre, afin que tous sachent dans quelle direction évoluent les réflexions (si nous souhaitons marcher d'une même voix, de plus en plus nombreux, telle une onde se déplace à la surface de l'eau). Puisque les choses bougent très rapidement dans le monde virtuel, je me réjouis que @BirdFluGov ait pris la peine de rédiger quelques lignes au sujet de sa présence sur Twitter.

Par ailleurs, ce ne sont pas uniquement les mordus des préparatifs pandémiques qui observent les agissements de @BirdFluGov. Il y a par exemple les éditeurs de magasines en technologie de l'information, et les stratèges en développement et marketing Web, qui suivent de près ce qui se passe. Car ce qui sera entrepris aux États-Unis pourrait servir de modèle à de nombreuses autres nations du monde. Et comme l'a fait remarquer David Nabarro (le coordonnateur senior de l'influenza humain et aviaire à l'ONU), les efforts déployés pour développer les préparatifs mondiaux sont "si admirables qu'ils pourraient être cités en exemple". Ils pourraient s'appliquer à d'autres problématiques importantes. Alors ce dialogue qui s'amorce entre les citoyens virtuels (je ne dis pas Américains, car je n'en suis pas une - il faut bien que je me case quelque part!) et @BirdFluGov pourrait avoir une portée au-delà de ce que nous pouvons entrevoir au moment présent.

Voici une traduction de
‘PandemicFlu.gov is now on Twitter’ (PandemicFlu.gov est maintenant présent sur Twitter).

Qu’est-ce Twitter?
Twitter est un service de messagerie sociale gratuit, qui permet aux utilisateurs de communiquer en temps réel. Chaque message est composé de 140 caractères de long ou moins, et est appelé un «tweet». Les tweets peuvent être transmis et reçus, à partir d’ordinateurs et d'appareils mobiles. Twitter permet de contrôler combien de messages vous recevez en vous permettant de choisir les utilisateurs que vous souhaitez «suivre». D’autres personnes peuvent vous suivre afin de recevoir vos mises à jour. 'Twitter in Plain English' est une excellent vidéo, brève (2:25 minutes), qui fournit davantage d’information élémentaire à propos de Twitter.

Comment PandemicFlu.gov planifie-t-il d’utiliser Twitter?

Notre présence sur Twitter est une expérience en cours. Nous planifions de fournir des mises à jour lorsque l’information est publiée sur le site Internet de PandemicFlu.gov, et lorsque des reportages «crédibles» à propos de la grippe aviaire sont disponibles dans les médias. [Les guillemets placés sur le mot crédible sont de ma part, vous comprendrez pourquoi un peu plus loin dans mon texte.] Il existe plusieurs autres utilisations potentielles de cet outil, et nous encourageons toutes les personnes qui ont des idées à faire une suggestion en nous transmettant un tweet.

Suivrons-nous en retour?

Nous reconnaissons le fait que les nouveaux outils tels que Twitter tirent beaucoup de leur valeur dans les deux sens, lorsqu’ils permettent à des conversations d’avoir lieu. Toutefois, participer à des nouveaux forums ajoute de nouvelles responsabilités supplémentaires sans toutefois bénéficier de ressources supplémentaires. Afin de nous aider à gérer notre charge de travail pendant que nous expérimentons avec ces nouveaux outils, notre présente approche est de ne suivre uniquement que les utilisateurs qui nous ont transmis des réponses utiles et pertinentes, directement dans notre profil Twitter.

Qu’en est-il des hashtags?
Les hashtags (#) facilitent l’organisation des tweets sur Twitter en des groupes définis par l’utilisateur autour d’un sujet général, faisant en sorte que les conversations sont plus faciles à suivre. Des individus de la communauté PanFlu (des préparatifs pandémiques) ont suggéré que nous utilisions les hashtags #prep et #panflu dans nos profils Twitter. Pour le moment, notre intention est d’utiliser #planfirst en relation avec notre série de diffusion Web PlanFirst. Pour constater de quelle façon ces éléments fonctionnent, effectuez une recherche sur #planfirst dans Twitter.

Je m’étonne que @BirdFluGov se soit lancé dans cette aventure twitteresque sans avoir accumulé au préalable des montagnes d’études et d’analyses!

D’après ce document, la présence du gouvernement américain est en effet une tentative, une expérience nouvelle. Chose certaine, ce n’est probablement pas de cette manière que les autorités québécoises procéderaient...

Mais je n’ai rien contre cette approche, les deux mains à la pâte. C’est très différent de ce que nous connaissons (en sol canadien et québécois et probablement ailleurs également), rafraîchissant, … humain même. À l'opposé du style de document «Les médias sociaux et la communication du risque», publié par Services Québec au printemps 2008, qui concluait que les médias sociaux ne sont ni crédibles ni suffisamment matures pour mériter que le gouvernement du Québec y consacre temps ou argent.

Nous n’avons pas l’impression que les autorités gérant @BirdFluGov sont assises en haut de leur tour d’ivoire.

Je suis convaincue qu’avec cette attitude, @BirdFluGov réussira à stimuler une participation citoyenne et à mettre sur les rails les préparatifs sociaux en vue d'une pandémie. Le défi demeure toutefois titanesque! 24 heures à la fois...

21 janvier 2009

Avec une présence accrue du Flublogia dans les médias sociaux, surgissent des questionnements

Il se passe des choses extraordinaires depuis le début de l’année 2009 en lien avec le Flublogia dans Twitter: nous pouvons observer une participation accrue de gens de cette sphère, en plus bien entendu de l’arrivée très appréciée de @BirdFluGov, la toute première administration gouvernementale à diffuser de l’information sur la marche des virus de la grippe aviaire à travers le monde de même que sur les préparatifs pandémiques.

Une communauté composée de plus d'une douzaine d’individus émet ainsi quotidiennement de plus en plus d’informations via plusieurs plate-formes de médias sociaux. Ces gens sont suivis par des centaines de personnes, alors l’information commence à rayonner dans ces divers réseaux sociaux.

Car ces gens ont lié des amitiés entre eux, bien entendu – et je suis très heureuse que la sphère du Flublogia se soit consolidée au cours des derniers mois. Mais ces gens comptent aussi parmi leurs amis et «followers» des non-flubies (on pourrait quasiment parler de «moldus», comme dans Harry Potter), c’est-à-dire des personnes pas nécessairement habituées à consulter de l’information à propos d’une pandémie.

Par ailleurs, on peut remarquer que parmi les amis des flubies, il y a de nombreux leaders d’opinion très actifs dans leurs sphères respectives, et donc ainsi, peu à peu, le message à propos des préparatifs pandémiques se répand dans tous les milieux de la société.

Ce phénomène de rayonnement social auquel nous assistons présentement est donc des plus importants: c’est à partir d’un noyau dur que s’effectue un balbutiement de préparation pandémique sociale.

En plus, en cette troisième semaine de 2009, un autre phénomène social a eu lieu: des membres du Flublogia ont pris l’initiative de suggérer des standards d’utilisation et se réunissent virtuellement pour échanger sur des sujets. Cela a donné lieu à l’utilisation de hashtag: #panflu pour tout ce qui a trait à l’information sur les virus, et #prep pour tout ce qui concerne les préparatifs pandémiques. @BirdFluGov a également suggéré #planfirst pour diffuser de l’information sur la série d’émissions PlanFirst WebCast, qui sont régulièrement diffusées via Internet.

La présence de @BirdFluGov sur Twitter aura certainement pour effet accélérer le rythme de l’information sur les questions de pandémie exposée aux citoyens. Il sera intéressant d’observer si @BirdFluGov se contentera d’émettre de l’information, ou si il s’engagera dans un dialogue véritable avec la population, en suivant des individus, et en observant ce que ces gens-là disent sur Twitter.

Il sera intéressant de voir si des agences onusiennes lanceront elles aussi une présence sur Twitter. J’aimerais que ce soit le cas, au minimum pour observer le développement de la sphère du Flublogia. Je crois que ce qui se passe en se moment est des plus importants, et l’observation des échanges et des conversations permettrait de mettre sur pied des campagnes de communication efficaces, à travers le monde, en plusieurs langues.

La poignée d’individus actifs actuellement deviendront des centaines, puis des milliers d’individus, à moyen terme. Certaines personnes souhaiteraient recevoir des directives des autorités gouvernementales sur la manière de se comporter, et sur la façon de procéder pour diffuser de l’information à propos des préparatifs pandémiques. À ce que je sache, aucune directive n’est venue lorsque les communautés virtuelles ont construit les forums de discussion portant sur les questions de virus d’influenza et de pandémie. Je ne m’attends donc pas à ce que les autorités fournissent des conseils pour développer d'autres plate-formes de médias sociaux.

Je crois que c’est à nous, citoyens, de nous débrouiller pour faire évoluer les comportements, et nous créer des outils collectifs pour mieux gérer les situations difficiles. Les autorités gouvernementales (mondiales, ou locales) pourraient toutefois soutenir cette démarche, car il s'agit d'un service collectif qui permettrait à de grands pans de la société de faire évoluer les préparatifs sociaux. Par exemple, nous pourrions rédiger des capsules ou des messages-types pour pourraient aider des individus à répondre à des attaques verbales ou à autres situations compromettantes.

L’idéal, bien entendu, serait un dialogue véritable avec les autorités et les planificateurs de pandémie. Toutefois, vu la disparité des comportements entre divers nations, il ne sera pas possible pour les citoyens de tous les pays de pouvoir discuter ouvertement de ces problématiques de développement liées aux préparatifs sociaux. Espérons que certaines nations se positionneront en leaders, et veilleront à développer des outils pour aider les citoyens dans leurs tâches de diffusion de l’information. Voilà un autre exemple concret de collaboration de participation citoyenne avec le secteur public.

Tant mieux si prochainement des actions sont posées pour définir un ensemble de règles pour guider la sensibilisation et l’empowerment des citoyens en vue d'une pandémie. Les agences onusiennes, ou les nations qui sont parvenues à un niveau plus avancé dans leurs relations avec les citoyens, pourraient peut-être créer une sorte d'entité mandatée pour définir un soutien aux communautés virtuelles et réelles? Faisons confiance aux coureurs, et voyons ce qui émergera de la présente explosion de la sphère du Flublogia dans les médias sociaux.

19 janvier 2009

De la mélancolique démocratie, à la douteuse démocratie

Un billet rédigé aujourd’hui par l’amie Michelle Blanc, intitulé «Obama ouvre la voie du gouvernement 2.0», m’a fait songer à ce bouquin de Pascal Bruckner que j’ai lu une bonne douzaine de fois. Mais en cette veille du 22 janvier 2009, ce n’est plus de «Mélancolique démocratie» que je m’inquiète, mais de «démocratie» tout court. Pas pour nos voisins du sud, bien entendu! Mais pour nous, citoyens du Québec et du Canada.

Pour votre information, depuis le 12 janvier 2009, @BirdFluGov diffuse sur Twitter de l’information à propos de l’influenza aviaire et des préparatifs pandémiques. Les citoyens discutent directement avec le Health and Human Services sur cette plate-forme. Pour vous donner une petite idée de la cadence et de la vitesse à laquelle les choses évolueront, les trois premiers jours de sa participation sur Twitter, @BirdFluGov a émis 10 nouvelles (en plus de nombreux échanges avec des utilisateurs), alors que Pandémie Québec a diffusé 7 nouvelles au cours des 11 derniers mois sur son site Internet. J’attends toujours par ailleurs que se manifestent des réponses aux centaines de lettres que j’ai transmises aux décideurs du gouvernement du Québec depuis le mois de juillet 2008.

Je considère que le fait qu’un gouvernement se mette à diffuser ce type d’information dans les médias sociaux - sur une pandémie, ce qui n’est pas des plus roses, avouons-le -, est extrêmement révélateur de sa capacité de gestion. Plutôt que de faire l’autruche, et de penser que les gens seront effrayés par ces informations, cette nation prend le taureau par les cornes, et s’attaque à de DIFFICILES PROBLÉMATIQUES, en maximisant sur la participation citoyenne pour arriver à mettre de l’avant des mesures titanesques: les préparatifs pandémiques.

En voyant ce qui se passe aux États-Unis, moi aussi, je m’interroge de plus en plus à propos de notre obscure démocratie. Surtout que les autorités québécoises m’ont encore envoyé valser le 6 janvier dernier, et qu’il ne s’est apparemment manifesté en ce début d’année aucune ouverture pouvant faire entrevoir un revirement de situation de la perception des médias sociaux par le gouvernement du Québec.
Cette fois-ci, on m’a encore répété que les communautés évoluant via les médias sociaux «ne sont pas crédibles», mais on eu la délicatesse d’ajouter «parce qu’ils ne sont pas des docteurs». Cela commence à être agaçant à la longue de se faire sans cesse dénigrer…

Demain, je prévois donc une bonne quantité de papiers mouchoirs devant mon téléviseur. Mais pas pour les mêmes raisons que l’amie (américaine) Maryn McKenna, qui a indiqué dans Facebook «qu’elle se dépêchait à faire son travail, parce qu’elle était pas mal certaine qu’elle pleurerait pendant la plupart de la journée mardi» [getting her work done now 'cause she's pretty sure she's going to be crying most of Tuesday].

Pendant que nous regarderons nos voisins du sud s’épanouir, les Québécoises et Québécois qui souhaiteraient que les choses évoluent ont-ils une chance? Le “rêve américain” existe-t-il désormais uniquement pour celles et ceux qui habitent de l’autre côté de la frontière? Peut-être devrions-nous songer à déménager le Canada sur un autre continent, car nous pourrions être portés à penser que l’on ne ‘fit’ plus tellement par ici. Certains pourraient se sentir comme dans un étau, et trouver que cela commence à être des plus inconfortables.
 
TwitterCounter for @Lyne_Robichaud