Blogue de Lyne Robichaud

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21 octobre 2009

Après un bref passage chez Web escape agents, en quête de nouveaux défis


J’ai le regret de vous informer que je ne suis plus en poste à titre d’analyste-pandémie chez Web escape agents, emploi que j’occupais depuis le 24 août 2009.

La décision de fermer le volet Québec de ce cabinet international de conseil en stratégie a été prise le 15 octobre dernier par Xavier Aucompte, le chef de projets. Des motifs économiques et stratégiques ont été invoqués. Je fais partie du nombre des employés québécois qui ont été remerciés de leurs services. Consultez ce billet du directeur de Montréal, Geoffroi Garon, annonçant son départ.

J’ai occupé ce poste pendant sept semaines. Il est dommage que les projets sur lesquels je travaillais n’aient pas eu le temps d’aboutir. Je considère néanmoins avoir eu une expérience bénéfique au sein de cette équipe, et avoir beaucoup appris sur les meilleures façons de planifier, et à mieux préparer pour se mesurer à toutes les éventualités.

En ce court laps de temps, j’ai eu l’occasion de rédiger un guide d’accompagnement (d’une centaine de pages) d’une démarche de planification de la continuité des opérations, destiné aux entreprises québécoises. Ce projet complété était sur le point d’être commercialisé. Consultez le sommaire du guide Préparez votre entreprise à la pandémie d'influenza, 6 octobre 2009.

J’ai également édité une newsletter/revue de presse quotidienne, qui faisait le tour de l’actualité mondiale concernant la pandémie de grippe A(H1N1) 2009, et qui couvrait les nouvelles portant sur la France, l’Europe, le Canada et le Québec, ainsi qu’ailleurs dans le monde; de même que les nouveautés scientifiques; la situation de la pandémie; les conséquences économiques; les préparatifs des entreprises; et les blogues spécialisés en influenza et pandémie. Ces informations concernant l’évolution de divers problèmes pandémiques devaient aider à développer une vision stratégique et améliorer les performances de planification pandémique du milieu économique québécois. Consultez des exemple de cette revue de presse: 5 octobre et 13 octobre 2009.

Cet objectif me tient toujours à cœur. C’est pourquoi je suis dès maintenant en quête de nouveaux défis. Je désire mettre à profit l’expérience issue de trois années passées à la tête d’un média social spécialisé en questions portant sur l’influenza et les préparatifs pandémiques (le site Zonegrippeaviaire.com), et me joindre à d’autres personnes qui ressentent l’urgence de travailler sur les défis majeurs auxquels nous sommes confrontés en tant qu’individus responsables.
Depuis que j’ai fondé Zonegrippeaviaire (lancé le 13 juin 2007), je promeus un changement social novateur qui mise sur la participation citoyenne et le Web 2.0 pour développer des préparatifs pandémiques sociaux. J’ai contribué au développement de la communauté de pratique Flublogienne (autant francophone qu’anglophone), en invitant des blogueurs, leaders d’opinion et citoyens, à utiliser diverses plates-formes sociales. J’ai cherché à créer un ensemble francophone (s’exprimant en langue de bonne qualité), efficace et varié, ainsi que des outils commerciaux qui permettront un changement nécessaire pour qu’aient lieu davantage de préparatifs pandémiques.

Il peut s’avérer très coûteux pour les entreprises de mener un combat contre la grippe pandémique. Il a été dit que l’approvisionnement pourrait être perturbé et que les employés essentiels pourraient être touchés, ce qui mettrait en péril des opérations commerciales, s’il n’y a pas de préparation adéquate. Mais cela peut être évité avec un plan réaliste de planification de la continuité des opérations, et des mesures de continuité complètes et adéquates.

Aujourd'hui, malgré tous les efforts déployés au cours des dernières années, je considère que nous demeurons insuffisamment préparés à toute pandémie ou épidémie majeure, qu'elles surgissent de nouvelles maladies infectieuses, d’attaques bio-terroristes ou d'un accident survenu en laboratoire. Nous n'avons pas les meilleurs systèmes de surveillance des maladies, et nous ne sommes pas en mesure de composer avec une «intensification» de la demande en soins dans nos hôpitaux et divers établissements de santé. Nous n'avons pas suffisamment de lits, d’appareils respiratoires artificiels ou de personnel chevronné dans le domaine des soins de santé.

La pandémie de grippe A(H1N1) 2009 ne sera pas la dernière à laquelle nous nous mesurerons, et pourrait même ne pas être la pire pandémie à laquelle nous serons confrontés dans les années à venir. Nous pourrions entrer dans une ère de pandémies, a indiqué le 2 mai 2009 Larry Brilliant dans le Wall Street Journal. Il a déclaré: «Si nous ne prenons pas au sérieux les facteurs qui pourraient faire de la prochaine décennie, l'Âge des pandémies, nous régresserons, et ajouterons des maladies mortelles (à la liste actuelle), au lieu d’en soustraire». Voilà ce qui me motive, jour après jour, à œuvrer pour que davantage de préparatifs pandémiques aient lieu de par le monde, et au Québec, dans la province canadienne où je vis.

Je suis à la recherche d’un poste dans une grande entreprise qui a besoin d’une vision au jour le jour – et à long terme - du déploiement du virus A(H1N1), sans oublier les dommages économiques et collatéraux que cause actuellement, et que causera la présente pandémie.

Je suis disponible à titre d’analyste, consultante, conseillère en veille d’informations en lien avec la pandémie de grippe actuelle et autres pandémies potentielles. J’ai aussi la capacité de gérer des médias sociaux et portail d’information vertical. Je suis douée pour l'analyse des situations, l'amélioration des structures organisationnelles et la gestion de dossiers complexes. Rapide, efficace, créative, intuitive, je préconise la qualité. Intègre, humaniste, je suis en faveur de plus de préparatifs en vue d'une pandémie d'influenza ou d'autres maladies émergentes.

On peut me rejoindre par courriel à zonegrippeaviaire@hotmail.com ou par Skype (lynero).

21 février 2009

Le point sur la situation, au lendemain de la visite d’Obama au Canada

Stephen Harper, Barack Obama

Vous devinerez sans doute que j’ai passé plusieurs heures cette semaine à observer les événements et à lire les commentaires entourant la visite du président américain Barack Obama au Canada (jeudi, le 19 février 2009). J’essaie d’assimiler un maximum d’information afin de tenter de me faire une idée de comment les changements aux dynamiques de la politique étrangère pourrait éventuellement influencer les politiques des préparatifs pandémiques.

Naturellement, il n’a pas été question une seule fois de pandémie. Ce n’est guère un sujet à la mode... Ce n’était donc pas à l’ordre du jour, et ce mot n’a pas non plus été prononcé par quelque analyste politique que ce soit. Nous avons beaucoup entendu parler de coopération économique, de coopération transfrontalière en matière de protection de l'environnement et de sécurité frontalière. Le dossier de l'Afghanistan faisait également partie des discussions.

Même si la question de pandémie n’a pas été abordée, de nombreux éléments sont à considérer, qui affecteront la gestion de pandémie.

Recherche et technologie
Vincent Marissal, de La Presse, dans son analyse des profondes différences entre les deux chefs (Stephen Harper et Barack Obama), a noté la disparité de vision concernant la recherche et la technologie, ce qui aura un impact sur les préparatifs pandémiques:
«Aux États-Unis, le président Obama a promis de débloquer d'importantes sommes pour la recherche et les nouvelles technologies, une priorité nationale, a-t-il dit dans son discours inaugural.

Ici, la communauté scientifique crie famine devant les miettes des programmes du gouvernement conservateur.
Les scientifiques canadiens affirment même que le manque de fonds risque de pousser nos meilleurs cerveaux aux... États-Unis. Voilà qui réjouira sans doute le président Obama.»
La recherche des points communs ont fait plutôt saillir les différences
Celles et ceux qui ont fait le cours de diplomatie 101 savent qu’il faut toujours s’efforcer de trouver (ou faire semblant de trouver) des points communs. Même si la personne en face de nous nous fait hérisser le poil des jambes.

Or, le gouvernement de Stephen Harper - fortement porté sur le dogmatisme - et la vision de Barack Obama, sont tellement différents que les efforts qui ont été déployés cette semaine pour leur trouver des points en commun ont plutôt eu pour effet de souligner leurs divergences.

Une personne qui s’est donné un mal de chien à tenter de nous convaincre que ces deux hommes étaient semblables, est John Parisella. Dans une entrevue de John Parisella effectuée par Simon Durivage, diffusée le 18 février 2009 à 11h20 sur les ondes de Radio-Canada (que j’ai eu bien du mal à écouter parce que je n’arrêtais pas de fixer la chevelure très passablement ébouriffée du conseiller en communications), M. Parisella a déclaré que les deux chefs de pays avaient beaucoup de points en commun. «Ils sont du même âge, ils ont deux enfants, et tous les deux religieux sur le plan personnel. M. Harper est considéré comme un homme très cérébral. La droite canadienne est quasiment située au centre américain. M. Obama, qui a commencé sa campagne à gauche, est devenu plus centriste par la suite.»

Lise Payette, dans Le Devoir, comme toujours, ne s’est pas gênée pour dire ce qu’elle pense. «Deux hommes aussi différents qu'on puisse les imaginer se sont rencontrés. Le président Obama ouvert et disponible, le premier ministre du Canada fermé comme une huître et méfiant sans bon sens. Comment ont-ils fait pour se parler?»

D’autres sont même allés jusqu’à analyser la démarche des deux chefs d’État. Richard Cléroux de l’Hebdo Rive Nord, a souligné les différences:
«Cette semaine la différence entre les deux hommes était particulièrement évidente. Même quand ils marchaient ensemble. Obama y allait de grandes enjambés, confiant, regardant en haut et en bas pendant que Harper se dandinait maladroitement, comme un canard en couche-culotte.

La popularité des deux hommes est bien différente. Un récent sondage révèle que 82% des Canadiens sont d’accord avec ce qu’Obama fait pour l’économie contre 26% pour Harper.

Harper est prévisible. Il ne fait rien en public sans que le scénario soit soigneusement préparé d’avance, et contrôler jusqu’au plus petit détail. Lors de sa visite cette semaine Obama s’est esquivé au Marché By à Ottawa, pendant quelques minutes, à la grande consternation de ses gardiens de sécurité. C’était pour acheter des biscuits feuille d’érable, un régale pour ses deux filles qu’il gâte avec des friandises partout ou il passe. Chez Grant Hooker, Obama a goûté à la spécialité de la maison, une «queue de castor.»

Mais ce qui est plus dur à avaler c’est la mesquinerie de Harper autour de la visite. Harper avait peur de se faire voler la vedette par la Gouverneure-générale Michaëlle Jean ou par le Leader Libéral Michael Ignatieff, ami intime de plusieurs conseillers d’Obama. Incapable d’empêcher ses rencontres, Harper avait toutefois interdit les photos.

Lors de la conférence de presse Harper a fait semblant que ça fait longtemps qu’il est en faveur de combattre les gaz à effet de serre et les changements climatiques. Obama lui fit un large sourire, et l’a remercié poliment.»

À peu près le monde s’entend pour dire que le premier ministre Stephen Harper a passé le test. Néanmoins, ce ne sera que plus tard que nous saurons si le Canada et les États-Unis réussiront réellement à s’entendre. Nous verrons dans les semaines et les mois à venir - et c'est peut-être ce qui est le plus important - de quelle nature est la relation personnelle que le président et le premier ministre auront établie.

Le Québec n’a pas d’entrées auprès de l’administration Obama
Lise Payette fait remarquer que le gouvernement du Québec ne s’est pas positionné auprès de gens gravitant dans l’entourage de Barack Obama lors de la campagne présidentielle. Nous nous retrouvons donc complètement isolés, et à la merci des acteurs fédéraux pour représenter le Québec auprès du gouvernement des États-Unis.

Pour le dossier des préparatifs pandémiques, l’absence de diplomatie québécoise est flagrant. Le Québec gagnerait à être plus présent sur la scène internationale, en multipliant les relations avec des planificateurs d’autres nations. Les responsables du Québec sont perdus dans leur bulle, et je ne suis pas la seule à trouver que ce soit dangereux.

Voici ce que Lise Payette a écrit dans Le Devoir:
«Cette visite, hier, à Ottawa, devrait nous inciter à nous questionner sur certaines informations qui ont filtré. Notre premier ministre Jean Charest aurait téléphoné à Stephen Harper pour lui demander d'agir comme une sorte de lobbyiste pour le Québec auprès d'Obama (concernant notre production d'hydroélectricité, dont nous aimerions vendre certaines quantités aux USA).

Qui mieux que M. Harper pour défendre les intérêts économiques du Québec?, s'est-il dit. [Ici, la journaliste fait du sarcasme.] Je l'avoue, quand j'ai appris la nouvelle dans les journaux, ça m'a fait sourire.

Personnellement, je ferais plus confiance à son fameux Blackberry pour lui transmettre la bonne nouvelle qu'au chef du Parti conservateur du Canada, qui aurait été naturellement plus proche de l'autre candidat à la présidence américaine, John McCain, et qui doit craindre Obama comme la peste.

Le Québec n'a personne qui gravite autour du président Obama. Personne n'a prévu d'établir un contact avec son personnel ou son entourage pendant la campagne électorale? Pourtant, tout le monde savait au gouvernement du Québec qu'il se préparait un changement de la garde à Washington et malgré tout, personne n'a bougé?

Nos diplomates québécois ont continué de ronronner, les bras croisés, alors que nous avons quelques délégations à travers le monde qui devraient justement servir à nous positionner auprès d'un nouveau président américain avec lequel nous avons beaucoup plus d'affinités naturelles que le précédent. Je me décourage chaque fois que je constate que nous agissons comme des amateurs dans des domaines où nous devrions commencer à avoir une certaine compétence.

Comment ferons-nous pour faire savoir au président Obama que nous existons? Qu'une nation différente continue de se développer dans cette Amérique du Nord malgré les embûches et qu'une partie de sa population aspire à l'indépendance dans la paix et le respect d'autrui?

Y a-t-il un diplomate dans la salle? Un vrai.»

Absence de transparence et «control freak»
Un autre aspect important qui ressort de la visite de Barack Obama au Canada est la question de l'absence de transparence et de l’excès de contrôle exercé par le premier ministre Stephen Harper.

«Pendant que CNN donnait aux Américains l'ordre du jour complet de la visite officielle à Ottawa en incluant les noms de tous ceux qui seraient présents, le premier ministre du Canada a refusé l'information aux journalistes d'ici, selon son habitude, et a tenu à garder tous les détails secrets jusqu'à la dernière minute,» a indiqué Lise Payette.

«Depuis qu'il a pris le pouvoir en janvier 2006, Stephen Harper a pris un soin jaloux à concentrer tous les pouvoirs autour de lui. Cette centralisation du pouvoir, de l'image et du message lui a permis d'éviter les dérapages et de s'assurer d'une certaine cohérence de la vision au détriment d'une plus grande collégialité de son administration. Les ratés de la dernière élection ont démontré les limites d'une telle approche et les vertus de l'écoute active», a expliqué Pierre Bergeron, dans Le Droit, au début du mois de février 2009.

Il faut se demander (encore une fois) si la métamorphose du gouvernement conservateur est éphémère - le temps d’une brève visite présidentielle - ou si elle durera. Nous avons eu droit à la conversion de Stephen Harper, en termes économiques, parce qu’il était sous la menace d’un renversement de son équipe par une coalition. Cette conversion-là fut forcée, elle n’était pas sincère.

Maintenant, il est question d’un retournement de 180 degrés à la position des Conservateurs dans le dossier de l’environnement. Vincent Marissal pose, avec raison, la question suivante: «La conversion de Stephen Harper est-elle sincère ou ne fait-il que se coller sur Barack Obama, sachant qu'il risque de se retrouver isolé sur la scène internationale et même devant son propre électorat?»

S’il s’amorce en apparence un revirement spectaculaire dans le dossier des changements climatiques, pouvons-nous espérer des changements notables à la gestion des préparatifs pandémiques? Le Canada est considéré comme étant le pays développé le moins bien préparé à faire face à une pandémie, ne l'oublions pas.

Le retard épouvantable du Canada dans bien des dossiers
Barack Obama n'a pas parlé du bilan extrêmement pauvre du Canada en matière de lutte contre les changements climatiques. Au contraire, il a vanté la valeur d'une «approche commune dans cette lutte».

J’espère qu’un jour prochain, nous entendrons parler également d’une «approche commune dans la lutte» contre une pandémie.

Les paroles suivantes sont miraculeusement sorties cette semaine de la bouche du premier ministre canadien: «Les changements climatiques représentent le plus grand défi de la prochaine décennie».

Qui sait, peut-être entendrons-nous aussi: «Les préparatifs pandémiques représentent le plus grand défi des prochaines années». On peut toujours rêver.

16 février 2009

Le prix politique du plan de relance américain ne se limite pas qu’aux préparatifs pandémiques

La sphère du Flublogia a couvert ces derniers jours la coupure drastique de 870 millions de dollars dédiés aux préparatifs pandémiques dans le plan de relance américain. Les blogueurs DemFromCT (ici) et Revere (ici) ont présenté la situation.

Le prix politique de cette coupure, pour la santé publique en général et pour l’état de préparation à une pandémie, est bien entendu extrêmement élevé. Pas seulement aux États-Unis. Cela pourrait avoir des répercussions mondiales. Voir mon billet à ce sujet.

Alors que nous nous penchons tristement sur le sort qui a été réservé ces derniers jours aux préparatifs pandémiques, force est de constater que la première victoire législative du nouveau président américain vient avec un prix conséquent pour Barack Obama. Cela pourrait lui avoir coûté sa lune de miel avec le peuple américain.

Marie-Christine Bonzom, en collaboration spéciale au quotidien Le Devoir, rapporte:
«Malgré sa première victoire au Congrès, Barack Obama n'a pas démontré le leadership qu'on attendait de lui. Ce baptême du feu législatif a été tourmenté et pourrait nuire au président américain.

Un chroniqueur du Los Angeles Times, journal de tendance démocrate, parle ainsi de «la fin d'une courte lune de miel» avec Barack Obama.

Le président n'a en effet pas su gérer le Congrès, sa majorité démocrate et son opposition républicaine. «Sa principale erreur de jugement a été de céder l'élaboration du plan de relance au Congrès, au lieu de diriger le mouvement depuis la Maison-Blanche», estime Greg Wierzinski, qui prépare un livre sur l'évolution des marchés financiers. «Le résultat est un plan gonflé, incohérent, avec quelque chose pour tout le monde», déplore cet ancien expert de la commission bancaire de la Chambre.

Par ailleurs, Barack Obama, malgré son désir d'une politique bipartisane, n'a pas rassemblé un soutien significatif dans l'opposition républicaine. «Il a laissé la rédaction du plan à la démocrate de gauche Nancy Pelosi et a cédé à une attitude arrogante qui veut que l'opposition doive s'incliner parce que nous avons gagné. Or, cette mise à l'écart des républicains attise les querelles partisanes.» Du coup, le plan de Barack Obama n'a reçu l'appui que d'une poignée de sénateurs républicains, alors que le chef de la Maison-Blanche avait espéré convaincre au moins 20 républicains à l'assemblée où il siégeait encore il y a quelques mois.

Les problèmes entourant le plan de relance venant s'ajouter notamment aux retraits de quatre candidats à des postes ministériels en raison de scandales ou de désaccords, la perplexité le cède souvent à la déception. «Jusqu'à présent, je suis déçu parce qu'Obama a compromis ses principes et fait les choses à la mode de Washington au lieu de changer Washington», confie Greg Wierzynski qui a appuyé Barack Obama le 4 novembre. «Toutes les nouvelles équipes gouvernementales ont des problèmes, mais d'habitude, ça relève du hoquet, tandis qu'avec l'administration Obama, ça ressemble à une chute d'escalier», explique-t-il.

«Le manque d'autorité d'Obama sur le plan de relance a donné aux républicains affaiblis le levier dont ils avaient besoin pour lancer une campagne agressive», écrit la chroniqueuse Kathleen Parker dans le Washington Post.»

Demain (mardi) le président Barack Obama signera le plan de relance économique de 787 milliards de dollars à Denver, a rapporté CNN. Cette signature aura lieu au Musée de la nature et des sciences, de quoi retourner le fer dans la plaie à toutes les personnes du milieu scientifique qui doivent pleurer les 870 millions de dollars qui se sont envolés.

Queues de castor

Puis jeudi à 10h30, le président Barack Obama débarquera au Canada pour sa première visite, où il rencontrera en coup de vent le premier ministre conservateur Stephen Harper, le chef libéral, Michael Ignatieff, et répondra à quatre questions lors d'une conférence de presse. Canoë a fait valoir que «Obama n’aura pas le temps pour une queue de castor.»

15 février 2009

Les multiples dangers des dominos économiques menacent les préparatifs pandémiques


Vendredi 13 (pour les superstitueux), l’éditeur de CIDRAP News, Robert Ross, a signé un article à propos du plan de relance économique américain allégé de l’enveloppe budgétaire dédiée aux préparatifs pandémiques de près d'un milliard de dollars. Robert Ross a conclu: «Il semblerait que le Congrès américain ferme les yeux sur les préparatifs de santé publique aux niveaux d’état et local.»

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas la petite histoire, la somme de 870 millions de dollars a été retirée du plan de relance économique. Le blogeur DemFromCT a résumé la situation dans ce billet.

Samedi 14 février (c’était le jour de la Saint-Valentin), Craig Vanderwagen, l’assistant du ministre de la Santé américain chargé des préparatifs de mesures d’urgence, a rédigé une note dans Facebook à propos de l’enveloppe budgétaire des préparatifs pandémiques du plan de relance économique américain. Il a indiqué: «Nous espérons que le Congrès américain tiendra compte de ces crédits dans l’enveloppe budgétaire régulière du ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS), où ces sommes ont été soumises sous forme de modification [amendement] en août 2008, et qui sont actuellement à l’étude.»


Cette situation me fait penser à la campagne de communications à propos du secret de la Caramilk, ou encore au secret de l’énigmatique sourire de la Joconde de Léonard de Vinci. Tout le monde se demande ce que cela signifie. C’est un peu la même chose avec l’enveloppe budgétaire dédiée aux préparatifs pandémiques. On ne sait pas trop ce qu’il en est, et les préoccupations à propos de ces sommes d’argent sont élevées. On se demande entre autres si ces sommes ont été flushées pour de bon, ou si elles se matérialiseront via une autre enveloppe budgétaire quelconque.

Plusieurs s’inquiètent que l’effet ciseau se transforme en effet domino mondial. Alors que la crise financière mondiale se métamorphose en une récession mondiale, les décideurs sont confrontés avec de graves décisions. Tous les yeux sont désormais tournés vers les États-Unis. Je suis persuadée que ce qu’il se passera au cours des prochaines semaines (c’est-à-dire la manière dont ces questions seront gérées) aura un impact considérable sur le maintien (ou non) des budgets de préparation de pandémie de diverses nations à travers le monde.

«C’est cela», m'a répondu en français Craig Vanderwagen sur Facebook.

Il y a lieu de noter cette réponse, car bien qu’elle ne comporte que deux mots, ces deux mots-là veulent dire beaucoup.

Un article signé par Didier Heinderich (dans le Magazine de la communication de crise et sensible), intitulé «La crise entre risques et opportunités dans un monde en devenir» a retenu mon attention, et j’ai noté certains passages. Cet article commence par une citation d’Albert Camus, qui fouette comme une gifle:
« Nous sommes dans les nœuds de la violence et nous y étouffons. Que ce soit à l’intérieur des nations ou dans le monde, la méfiance, le ressentiment, la cupidité, la course à la puissance sont en train de fabriquer un univers sombre et désespéré où chaque homme se trouve obligé de vivre dans le présent, le mot seul d’«avenir» lui figurant toutes les angoisses, livré à des puissances abstraites, décharné et abruti par une vie précipitée, séparé des vérités naturelles, des loisirs sages et du simple bonheur.» [Albert Camus, La crise de l’homme, le 28 mars 1946]

Didier Heinderich décrit ensuite les dangers de la crise économique mondiale. Mais puisque tout est interdépendant, les bouleversements sociétaires qui nous affectent présentement auront un impact sur l’état de préparation du monde entier face à une pandémie. De sa plume distinguée, Didier Heinderich nous avertit à propos de plusieurs éléments concernant la crise actuelle:
Perte de confiance envers l’État et la politique
«La perte de confiance peut se révéler dangereuse à l’heure où l’intervention des États est indispensable dans la gestion de la crise, dans la régulation et le rétablissement de la confiance. La vitalité de la démocratie et des oppositions est également plus que nécessaire afin d’éviter les dérives des gouvernements acculés, dos au mur, face aux multiples attentes.

Perte de sens
À force de communication non suivi d’effet, à force de marier habilement les mots pour faire résonner chaque intervention comme autant de slogans, à force de raccourcis, à force d’indignations feintes, à force d’amalgames réalisés pour brouiller les repères et à force de storytelling alibis, les mots sont titrisés par autant de hedges funds de la communication qui misent exclusivement sur le court terme. Chaque idée véritablement nouvelle qui prend corps dans la société, à l’image du développement durable, est rapidement pervertie par la communication qui s’en empare pour la gadgétiser. Il en résulte une perte de sens et de repères jusqu’au discrédit de toute parole. Pire, toute communication responsable, pédagogique, utile à la gestion de crise se veut insipide pour l’individu hypermoderne abonné au zapping, à la communication-produit-de-loisirs dans une société que l’analyse et le doute ennuient, dans une société prête à sacrifier les intellectuels pour mieux dissimuler ses turpitudes.

Autoritarisme et repli sur soi
Le danger n’est pas uniquement économique et peut être également démocratique: les périodes de crise sont souvent propices à un autoritarisme exacerbé, réponse simpliste mais électoralement efficace. Le moindre fait divers, les manifestations contre des licenciements, l’hostilité à l’encontre de mesures draconiennes, les violences liées au désespoir peuvent devenir autant de prétextes à la promulgation de lois d’exception tout comme à la fermeture et au contrôle des frontières dans de nombreux pays. Le pire est que l’autoritarisme a généralement pour effet d’amplifier les crises tout en étant applaudi par une large part de populations en quête de boucs émissaires.»

En plus de l’effet domino pouvant jouer directement sur les budgets d’opération des nations, qui pourraient être tentées d'effectuer des coupures drastiques dans les préparatifs pandémiques, s’ajoutent donc aussi les préoccupations décrites par Didier Heinderich.

Je ne connais pas les circonstances qui ont poussé les Américains à inclure l’enveloppe budgétaire substantielle de quelque 900 millions de dollars dédiée aux préparatifs pandémiques dans le plan de relance économique. Mais la résultante, je la constate: elle est désastreuse. Je pense que les autorités américaines vont devoir concocter une monumentale stratégie politique et de relations publiques afin d'arriver à renverser le message négatif qui a été envoyé par le Congrès américain ces derniers jours au monde entier, à propos de l'idée et de la nécessité de se préparer à une pandémie d'influenza. Rappelez-vous la conclusion de Robert Ross.

Les prochaines semaines seront donc cruciales. Car la gaffe du plan de relance économique met en péril la totalité des préparatifs pandémiques effectués à ce jour. Si les budgets de pandémie se tarissent de par le monde, les défenses de l’Humanité vont tomber, au moment même où le virus H5N1 est en train de gagner la partie dans la bataille féroce que les humains lui ont livré depuis des années. Voir à ce sujet un troublant (et long) billet de Scott McPherson.

«Dire la vérité même si ça coûte, surtout si ça coûte,» disait le fondateur du Monde, Hubert Beuve-Mery. Les Américains seront-ils capables de réparer les choix maladroits liés au plan de relance économique? Réussirons-ils à éviter l'effet domino qui pourrait provoquer l’effondrement des préparatifs pandémiques à travers le monde?

La présente situation concernant le plan de relance économique est vraiment incroyable. Cela fait des années que les États-Unis se positionnent en leader mondial et poussent le monde entier à se préparer à une pandémie. Et voilà qu’une manœuvre politique risque tout faire s’effondrer, et de positionner l’Humanité dans une situation de très grande vulnérabilité face aux virus candidats au déclenchement d’une pandémie.

Vallier Lapierre

L’ami @VallierLapierre (qui a une plume admirable, lui aussi --- je vous invite à découvrir son blogue Tous complices) me répondait hier sur Twitter: «Dans le contexte actuel, ça ressemblerait aux dix plaies d'Égypte. Nous vivons une époque vraiment formidable.» Dans le sens de «très grand, important, redoutable, terrible», oui, je suis d'accord. Mais ce n'est pas, à mon avis, une époque magnifique, merveilleuse, phénoménale, prodigieuse, remarquable. À vous de choisir...

13 février 2009

Qu’ont en commun les leapfroggers, les iconoclastes, les goverati et Zonegrippeaviaire?

Mon ami Jay Deragon blogue aujourd’hui à propos du «leapfrogging» (qui consiste à brûler des étapes), la stratégie du saut d'obstacles en avant de la concurrence. Il prédit que le leapfrogging sera le point de basculement, qui permettra à l’ensemble de l’industrie d’accélérer au niveau mondial à travers les médias sociaux.
«Le leapfrogging exige que les dirigeants regardent au loin, bien au-delà des tendances et des possibilités actuelles, et qu’ils créent des stratégies imprévues et encore non envisagées dans les présentes dynamiques de marchés. Le leapfrogging exige de la foi en ce que l’on fait, et de la confiance dans les avancées technologiques, de même que la capacité d’envisager des possibilités encore non réalisées. Les véritables leaders sont ceux qui sont dotés d’un sens aïgu de l’avenir, et de la capacité de paver une route pour y faire cheminer l’ensemble de leur organisation, voire leur entière industrie, vers de nouvelles voies d'avenir qui seront développées par l’entremise des médias sociaux,» a indiqué Jay Deragon.

Ce qui me fait penser à des propos échangés ces derniers jours avec un lieutenant d’entreprise. Cette personne m’a demandé «Avez-vous une formation en communications?», et j’ai répondu «Non». Toutefois, cela ne m’a pas empêché de travailler pendant plus d’une décennie dans ce domaine (et même d’être rémunérée pour cela).

Je ne pense pas que le leapfrogging s’enseigne à l’université. On l’a ou on ne l’a pas. C’est une façon de penser, qui diffère des autres. Cela se développe sans doute avec la pratique, mais pour avoir creusé un peu la chose, et lu quelques ouvrages de neuroscientifiques (dont Iconoclast, de (mon ami) Gregory Berns), j’ai appris que le cerveau de certaines personnes est différent. Gregory Berns a indiqué que «le cerveau des iconoclastes est différent, et il diffère de trois façons distinctes. Chacune de ces trois fonctions se cartographie dans différents circuits du cerveau. Le cerveau de l’iconoclaste diffère dans la perception, la réaction à la peur, et l’intelligence sociale.»

À la question Pourquoi écrire un livre à propos des iconoclastes?, Gregory Berns a répondu:
«Parce que c’est le type de personne qui crée de nouvelles occasions dans chaque domaine, allant de la création artistique à la technologie aux affaires. L’iconoclaste incarne les traits de la créativité et de l'innovation, des choses qui ne sont pas facilement accomplies par des comités [de travail]. Il contourne l'autorité et les conventions. Il lève le nez aux règles. Mais dans un environnement adéquat, l’iconoclaste peut s’avérer un atout majeur pour toute organisation.»

Un brillant exemple d’iconoclaste québécois est Georges Brossard. Né en 1940 au Québec, il est reconnu (selon Wikipédia) comme étant un célèbre entomologiste et fondateur de l’Insectarium de Montréal. Comment savoir que Georges Brossard est un iconoclaste? Parce qu’il a d’abord entrepris une carrière de notaire jusqu’à l’âge de 38 ans. Et que sa passion pour l’entomologie s’est forgée lors de ses voyages. Il a étudié «par observation», indique Wikipédia, les insectes qu’il rencontra. En 1989, après avoir amassé plus de 250,000 spécimens, il a proposé au maire de la Ville de Montréal de l’époque, Jean Doré, de créer un insectarium à Montréal. Pierre Bourque était à ce moment directeur du Jardin botanique de Montréal. Doré et Bourque ont rapidement accepté son offre. George Brossard est fondateur de quatre autres insectariums à travers le monde, dont un à Shanghai et un autre en Afrique du Sud.

En 2004, son histoire a été immortalisée dans le film Le papillon bleu, basé sur un événement lui étant arrivé en 1987. Le rôle de Georges Brossard est joué dans ce film par William Hurt, alors que celui de la mère du jeune garçon atteint d’un cancer en phase terminale qu’il avait emmené avec lui dans la forêt tropicale pour réaliser son rêve de trouver un (papillon) morpho bleu, est joué par Pascale Buissière.

Image tirée du film Le papillon bleu. Photo source

Même s’il n’a jamais mis les pieds dans une université pour y étudier l’entomologie, Georges Brossard a néanmoins reçu les récompenses suivantes:
• En 1999, Membre de l’Ordre du Canada
• Médaille du jubilé de la Reine Elizabeth II
• Prix Léon-Provencher de la société d’entomologie de Québec
• Médaille Louis-Riel
• Doctorat Honoris Causa en sciences à l’Université du Québec à Trois-Rivières
• Doctorat Honoris Causa en sciences à l’Université McGill.
• En 2006, - Ordre national du Québec

Il y a une quinzaine d’années, un événement s’est produit dans ma vie, et cela a fait bifurquer ma carrière vers les communications. J’ai fait des études en architecture et en histoire de l’art à l’Université McGill. Je peignais beaucoup à cette époque (je faisais des œuvres de 14 pieds de hauteur), et il fallait pour cela que j’habite dans un lieu particulier, un atelier d’artiste avec des plafonds plus hauts que les résidences. J’étais installée dans un petit espace de 500 pieds carrés, situé au coin de la rue Wellington et McGill, à Montréal, dans ce qui est devenu plus tard la Cité du multimédia.

C’était en 1992. J’ai reçu un compte de surtaxe de la Ville de Montréal, qui considérait mon logis comme étant un commerce, et me taxait au même titre que les entreprises qui généraient des revenus de leurs activités commerciales.

Ce fut l’élément déclencheur qui me propulsa dans deux années de relations gouvernementales intenses. Je n’avais jamais vraiment touché aux textes de loi auparavant, mais j’ai découvert à cette époque que j’étais naturellement douée pour lire ces documents et y déceler les zones grises. Une disposition innée, en quelque sorte.

Claude Ryan. Photo source

Claude Ryan était ministre du gouvernement du Québec chargé de la fiscalité municipale à l’époque. Il est décédé en décembre 2004. C’était un homme construit tout en rigueur et il était reconnu pour son intégrité intellectuelle et morale. Ce fut une lutte longue et difficile, mais au bout de deux années, le gouvernement du Québec a consenti à deux amendements à la Loi sur la fiscalité municipale qui ont reconnu la nature des ateliers d’artistes. Ces modifications ont permis à toutes les municipalités du Québec d’exempter les artistes de la surtaxe et de taxes municipales.

Le gouvernement du Québec a remboursé deux années rétroactives de taxes municipales payées par l’ensemble de la communauté des artistes en arts visuels. Cela correspondait à 600,000$. Tous les artistes louant des espaces commerciaux ont été remboursés.

Plusieurs municipalités du Québec ont créé des règlements qui ont exempté les artistes du domaine des arts visuels.

Par la suite, plusieurs autres domaines ont été ajoutés à ces règlements. Ce qui fait qu’encore aujourd’hui, des artistes des métiers d’art, de la danse, de la littérature, et de la musique, en plus des arts visuels, qui louent des espaces commerciaux, ne sont pas taxés par les municipalités du Québec.

Je suis fière d’avoir contribué à l’amélioration des conditions de vie et de reconnaissance des artistes au Québec. J'ai été nommée en 1993 directrice des communications du Regroupement des centres d'artistes autogérés du Québec (RCAAQ). La même année, j'ai été élue présidente du conseil d'administration de l'Association des artistes du domaine réputé des arts visuels du Québec (AADRAV). Les plans de relations gouvernementales que j'ai conçus, et qui ont été adoptés par ces deux organisations, ont conduit à l'atteinte des objectifs.

J’ai cessé mes activités artistiques en 1995. J’ai pris la décision de développer mes dons de communicatrice. J’ai pensé que cela aurait plus d’impact sur ma collectivité, si je réussissais à exploiter ces talents.

De 1995 à 2005, j'ai occupé des fonctions de consultante en communications au sein de diverses organisations et entreprises. J'ai travaillé chez Montréal International et aussi avec Marcel Junius à l'Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM).

J'ai travaillé aussi aux communications du Bureau de développement de l'École des Hautes études commerciales de Montréal, où j'ai appris l'art de parler à des milliers de diplômés en même temps (32,000 dans le cas des HEC à l'époque) - ce que l'on appelle les communications de masse -, et comment mettre en place des campagnes de financement de plusieurs millions de dollars. La directrice du développement de l'époque était Marie-Thérèse Chaput-Williams. J'ai participé à l'organisation de la première mission commerciale des HEC en Europe, "Euro-connexion '98".

J'ai ensuite été travailler aux communications de la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal, toujours en lien avec le développement, pour le Centre d'excellence pour la santé des femmes (CESAF). En 1999, j'ai été responsable des communications et des relations avec les communautés chez Micro-Accès Inc., une entreprise privée qui édite le portail de la famille et de l'enfance PetitMonde.com. C'est en suivant les conseils de la présidente de cette entreprise, Martine Michaud (qui elle aussi est passée par les arts avant d'en arriver aux technologies), que j'ai appris à gérer des portails verticaux d'information. On me voit ici photographiée avec l'équipe de PetitMonde. Ensuite, j'ai été gestionnaire des cinq sites Internet du Conseil des métiers d'art du Québec, qui organise notamment le salon des Salon des métiers d'art du Québec. J'ai créé deux portails d'information verticaux pour des organisations sans but lucratif du secteur culturel, avant de m'impliquer en tant qu'administrateur du forum américain FluTrackers, où j'ai construit l'arborescence de la section "Francophones des FluTrackers", avant de créer le site Zonegrippeaviaire à compter de mars 2007. J'exerce actuellement les fonctions de gestionnaire de médias sociaux, qui est un métier reconnu et de plus en plus en demande aux États-Unis.

Aujourd’hui, j’applique la même formule aux préparatifs pandémiques que celle que j’ai testée entre 1992 et 1995 sur les ateliers d’artistes. Cette fois-ci, les enjeux sont plus imposants, et ils s’appliquent non seulement aux Québécoises et aux Québécois, mais à tous les citoyens de la Francophonie, car le projet Zonegrippeaviaire.com que je pilote depuis juin 2007 rayonne auprès des nations qui parlent la langue française.

Pierre Bourque, ex-maire de Montréal. Photo source

En 1994, j’ai eu la chance de rencontrer Pierre Bourque, qui est devenu maire de la Ville de Montréal. Il s’agit du même Pierre Bourque qui a donné une chance à l’autodidacte Georges Brossard, afin que son rêve d’insectarium devienne une réalité.

J’ai commencé à créer le projet Zonegrippeaviaire en mars 2007. Le 13 juin 2007, le site a été mis en ligne, et il roule depuis ce temps. La petite communauté active qui y travaille a accumulé plus de 30,000 messages d’information. À l’automne 2007, j’ai terminé de rédiger le plan d’affaires du projet. J’ai imaginé une structure de goverati (un amalgame de secteurs sans but lucratif, corporatif et gouvernemental). J’ai réussi à ouvrir une porte en février 2008 et c’est à ce moment que le plan d’affaires de Zonegrippeaviaire a été remis aux autorités gouvernementales québécoises. Le 17 juin 2008, le gouvernement du Québec, après avoir complété le document «Les médias sociaux et la communication du risque», a rejeté toute collaboration avec la sphère du Flublogia et le site Zonegrippeaviaire, sous prétexte que les médias sociaux ne sont pas crédibles et qu’ils manquent de maturité, et pour ne pas avoir à reconnaître le reste des médias sociaux.

À l’automne 2008, aussitôt que le Quatrième rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire a été publié par l’ONU et la Banque mondiale, recommandant que des préparatifs multisectoriels (incluant sociaux) soient désormais développés, j’ai de nouveau pris contact avec les autorités gouvernementales. On m’a presque répondu que je ne savais pas lire (parce qu’on a déclaré ne pas avoir vu aucune nouvelle recommandation dans le rapport de l’ONU). La position de rejet des médias sociaux a été répétée, en rajoutant que les médias sociaux ne sont pas crédibles «parce que nous ne sommes pas des médecins.»

Presque deux années se sont écoulées depuis mars 2007, le moment où j’ai commencé à construire le projet Zonegrippeaviaire. Je continue d’avoir la foi en ce projet. Je suis convaincue qu’il s’agit de la formule gagnante qui permettra de mettre des préparatifs pandémiques sociaux sur les rails. Je suis convaincue que les décideurs ont pris les mauvaises décisions concernant ce projet, et j’espère que dans un avenir rapproché, dans l’intérêt de la population québécoise, et aussi pour le rayonnement bénéfique auprès de la Francophonie, ils changeront leur fusil d’épaule.

J’ai noté que dans son article portant sur la montée des goverati, Mark Drapeau a souligné que l’ex-CIO du Département de la Défense, Dr Linton Wells II, lui rappelle souvent que les batailles au sein du gouvernement sont souvent gagnées par les personnes les plus persistantes et obstinées.

Les goverati sont certainement des plus obstinés.

Et je pense que je fais partie de ces gens-là, moi aussi.

12 février 2009

PanFlu.gov fait face à de grands défis

Si vous visitez le site http://pandemicflu.gov/, vous ne pourrez pas manquer la grande fenêtre ouverte qui a été ajoutée en haut de la page d’accueil, qui se veut un appel aux commentaires et au «feed-back» à propos de ce site Internet.

Le gestionnaire de ce site, @AndrewPWilson, a également diffusé des appels répétés sur Twitter, en priant les gens de commenter le site. Il a même publié le nombre de commentaires reçus au cours d’une journée, afin d’encourager les gens à poursuivre cette séance de remue-méninges collective.

Ce site Internet diffuse une quantité impressionnante de documents en lien avec les préparatifs pandémiques américains. On y trouve aussi la série d’émissions PlanFirst diffusées par Internet, qui est unique aux États-Unis.

Il sera intéressant d’observer de quelle manière ce site se transformera, maintenant que grands changements ont été apportés avec l’entrée en poste du président Barack Obama. Les valeurs de transparence, collaboration et participation sont mises de l’avant par l’administration Obama. De quelle manière s'y prendront les gestionnaires du site pour les mettre bien en évidence dans PanFlu.gov?

Un autre élément à surveiller sera la façon dont seront interprétées les recommandations de préparatifs multisectoriels indiquées dans le Quatrième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de pandémie, publié en octobre 2008 par David Nabarro des Nations Unies en collaboration avec la Banque mondiale.

Ce document a fourni les grandes lignes directrices qui permettront aux États du monde entier de peaufiner leurs préparatifs en vue d’une pandémie. En plus du secteur de la santé, les experts des agences onusiennes recommandent désormais une approche multisectorielle comportant les dimensions sociale, économique et politique.

Donc nous avons trois valeurs clé importantes:
> transparence
> participation
> collaboration

Ainsi que trois autres éléments de gestion à développer:
> social
> économique
> politique,
> en plus du secteur déjà assez bien couvert de la santé.

Ce qui pourrait signifier entre autres que l’implication de la société civile et du secteur privé – qui était demeurée relativement limitée à ce jour – pourrait enfin prendre davantage de place dans les processus de planification.

Les États-Unis, avec leur important virage de gouvernement 2.0, seront certainement appelés à jouer un rôle clé auprès de la communauté internationale.

Le site PanFlu.gov faisait déjà beaucoup appel aux leaders communautaires et était ouvert aux échanges avec le grand public. Je suis persuadée que ces éléments seront encore plus présents dans le projet de refonte du site. Y aura-t-il un blogue, comme cela existe dans le site http://www.whitehouse.gov/? Le blogue sera-t-il aussi omniprésent que dans le site WhiteHouse.gov, qui affiche en plein centre de la page d’accueil?

En plus de l'aspect organisationnel des données et de l'esthétique graphique du site, il y a aussi des éléments en lien avec le service à la clientèle, qu'il vaut la peine de mentionner. Le service poli et courtois offert jusqu'à présent par PanFlu.gov a témoigné du respect aux citoyens qui ont collaboré. Je suis persuadée que les relations publiques seront un des éléments clé du nouveau site PanFlu.gov.

Les gestionnaires de PanFluGov ont un grand défi entre les mains. Ils doivent effectuer une importante chirurgie esthétique au site officiel du gouvernement américain portant sur les préparatifs pandémiques, dans un contexte d’actualités locales qui ont projeté au cours des derniers jours un très inquiétant flou existentiel autour des sommes dédiées à ce domaine dans le plan de relance économique. Voir mon billet à ce sujet.

Le 14 janvier 2009, soit huit jours avant l’entrée de Barack Obama à la Maison blanche, le Comité sur la Sécurité intérieur a publié un rapport intitulé “Getting Beyond Getting Ready for Pandemic Influenza” (Aller au-delà d'être prêt pour une pandémie d'influenza). Ce rapport avait certainement pour but de fournir les arguments pour justifier des investissements majeurs dans le domaine des préparatifs pandémiques.

Une enveloppe de 870 millions de dollars avait été budgétée dans le plan américain de relance économique. Mais d’intenses négociations entre membres du Sénat américain ont conduit ces derniers jours au retrait des 870 millions. Certains ont dit qu’ils avaient «coupé le gras» pour décrire les coupures apportées au plan de relance. Malheureusement, il a fallu que ces jeux politiques aient un lien avec le financement des préparatifs pandémiques. Je suis persuadée que les mordus de questions de pandémie ont dû éprouver une grande déception en observant la bataille qui fut livrée dernièrement dans les couloirs de la Maison blanche. Bien entendu, nous aurions souhaité que les 870 millions de dollars soient demeurés dans le plan de relance économique.

Le coup de ciseau drastique du Sénat américain dans l’enveloppe budgétaire des préparatifs pandémiques envoie un signal négatif au monde entier. Ce que plusieurs pourraient être portés à croire, c'est que les préparatifs pandémiques sont accessoires. Et d'autres nations pourraient s'aligner sur la mentalité (représentée par la sénatrice Collins).

Voilà toutes les raisons pour lesquelles je pense que les travaux de refonte du site PanFlu.gov seront cruciaux et garants du succès de l'avenir des préparatifs pandémiques multisectoriels à l'échelle mondiale. Les gestionnaires de ce site devront non seulement démontrer qu’ils sont encore en vie, mais que leur secteur est dynamique plus que jamais, malgré ce qui s'est passé, et qu'ils effectuent un travail exemplaire, malgré le couperet du Sénat qui leur est tombé dessus.

Les 870 millions de dollars seront probablement récupérés et reconfigurés dans un autre projet de loi, éventuellement. Espérons-le. Nous pourrions nous attendre à ce que d’autres rapports, du genre de celui publié par la Sécurité intérieure, voient le jour au cours des prochaines semaines, afin de fournir les armes nécessaires, en termes d'arguments, pour justifier l'enveloppe des quelque 900 millions de dollars.

Il ne fait aucun doute que les travaux de refonte du site PanFlu.gov seront déterminants.

10 février 2009

L’effet ciseau observé aux États-Unis se transformera-t-il en effet domino?

Barack Obama hausse le ton

870 millions de dollars, cela s’approche du milliard de dollars. C’est beaucoup d’argent.

C’est la somme qui était prévue dans le plan de relance économique des États-Unis, concocté par l’équipe de Barack Obama, pour des projets en lien avec les préparatifs pandémiques.

La sénatrice Susan Collins a déclaré que des idées comme 870 millions de dollars pour combattre la grippe aviaire devraient être éliminées [dumped]. À ceci, le blogeur Crawford Kilian a rétorqué dans un billet «Essayez donc de retourner l'économie en pleine pandémie, Sénatrice Collins!»

DemFromCT nous a appris dans son billet daté du 8 février (intitulé L’influenza et vous – Partie V) que «les 870 millions ont été retirés du plan de relance économique, POUR LE MOMENT (900 millions de dollars demeurent toutefois dans le projet de loi.»

Il semble exister un certain flou existentialiste à propos de ces 870 millions de dollars. Ils ont été coupés cette semaine du plan de relance économique, mais peut-on être assuré qu’ils seront relocalisés ailleurs ultérieurement?

Nous sommes en pleine crise économique mondiale, et ce que les États-Unis font avec leur budget de préparatifs pandémiques donnera le ton au reste du monde. Si ces millions de dollars s’évanouissent, cela pourrait donner lieu à des coupures dans les budgets de nombreuses nations.

L’importance (ou l’absence d’importance) accordée au financement des préparatifs pandémiques par les États-Unis influencera également le porte-feuille d’agences internationales. J’imagine que des gestionnaires tels que David Nabarro, le coordonnateur senior de l’influenza humain et aviaire aux Nations Unis, qui a notamment pour mandat de faire rentrer des millions de dollars en dons dans les coffres de l’agence, pourrait éprouver des difficultés majeures à renflouer les caisses des Nations Unies, si jamais les préparatifs pandémiques étaient sous-financés aux États-Unis. Ce qui pourrait être catastrophique à moyen terme, car cet argent sert à soutenir les pays démunis dans leur lutte contre le virus mortel H5N1. S’il n’y a pas suffisamment d’argent donné en aide internationale pour lutter contre une pandémie, alors les risques de pandémie risqueraient-ils d’augmenter?

Le journaliste Nicolas Bérubé explique dans La Presse que «Le programme original de 800 milliards n'était pas assez gros pour changer la donne et relancer l'économie, écrit Krugman. Or, les centristes ont fait de leur mieux pour s'assurer que le programme devienne plus faible et moins efficace.» «Pourquoi c'est arrivé? C'est la faute du président Obama, qui cherche à présenter un programme post-partisan qui fait plaisir à tout le monde. C'était sa meilleure chance d'obtenir une action réellement efficace et il l'a ratée», conclut le chroniqueur Paul Krugman du New York Times.

L’Agence France-Presse indique aujourd’hui que le président américain Barack Obama a prédit lundi une «catastrophe», advenant un échec d’adoption du plan de relance économique.

D'autres disent que le président américain semble avoir mis hier tout son poids dans la balance pour influencer un Sénat très divisé sur le plan de relance.

Il est dommage que les sommes prévues pour des préparatifs pandémiques aient dû être abandonnées dans le processus de relance économique aux États-Unis.

Cela ne me semble pas tellement de bon augure pour la santé des budgets mondiaux alloués à la menace pandémique. Si apparemment tout le poids du nouveau président américain n’a pas été suffisant pour convaincre de l’utilité et de la nécessité d’investir dans une préparation de pandémie, QUI, me direz-vous, QUEL POIDS ou influence politique réussira à maintenir les budgets dans ce domaine? Les enjeux sont très élevés, mais même le Sénat américain n'a pas l'air de le réaliser.

08 février 2009

Québec a des atouts en main, sauf qu’il joue mal son jeu


Le 2 février 2009, Pandémie Québec a publié le «Coffre à outils des gestionnaires».

Étant donné que j’ai l’impression qu’il s’agit d’un remâchage de vieilles stratégies qui datent de plusieurs années, je n’ai pas encore pris le temps de lire ces documents au complet.

J’en ai lu quelques-uns et certaines phrases – qui m'apparaissent comme de véritables tentatives de lavage de cerveau collectif – (notamment dans la fiche «Pandémie, source de stress?») m’ont tellement déplu que je n’ai même pas eu la tentation ni l’envie d’en lire davantage. Par exemple, le gouvernement voudrait que l'on «mentionne à ses proches que, contrairement à ce qui a été le cas pour les précédentes pandémies, les autorités ont pu, cette fois-ci, bien se préparer.» La notion d'être bien préparé ou pas, c'est plutôt relatif, en plus de ne pas être tellement politically à la mode ces jours-ci, puisque la plupart des États les mieux préparés disent qu'ils ne sont pas préparés... Cet argument, que le gouvernement espère que nous dirons à nos personnes les plus chères pour les rassurer, n'a rien pour me rassurer, moi. Je ne suis pas d'accord de diffuser le message «assis-toi sur tes lauriers, ne pense à rien, parce que le gouvernement pense à ta place». Je suis désolée, mais ce genre de discours-là, je trouve cela totalement inapproprié dans un contexte où il faudrait plutôt responsabiliser chacun des citoyens, tout mettre en oeuvre pour augmenter l'empowerment des individus. Cette phrase-là dit exactement le contraire. J'ai été tellement choquée que je n'ai pas poursuivi ma lecture.

J’essaierai de regarder tout cela à tête reposée, une journée où je serai vraiment de très bonne humeur.

La publication du «Coffre à outils» n’a pas eu lieu en page d’accueil du site Pandémie Québec. Cela est paru uniquement dans la section réservée aux professionnels de la santé.

Une question que je me pose constamment, est pour quelle raison le gouvernement du Québec ne rend-il pas public son fameux «Guide autosoins», qui est destiné au grand public? La plupart des milieux ont eu droit à l’accès à l’information: le gouvernement a publié plusieurs guides spécifiques à divers secteurs de la société. Mais pas le guide pour les citoyens.

Ayant déjà eu connaissance du contenu du «Guide autosoins», qui a été publié à l’été 2008 par plusieurs groupes professionnels, comme par hasard quelques jours avant la démission de l’ex-ministre de la Santé Philippe Couillard, je sais que le Québec recommande dans ce document-là d’avoir 2 semaines de réserve en approvisionnement de nourriture, eau et autres biens de consommation.

Ceci correspond à la recommandation actuelle du gouvernement fédéral des États-Unis, et de la République française. Les recommandations varient d’un État américain à l’autre, ou d’un gouvernement local à l’autre, allant de 2 semaines jusqu’à 3 mois de réserve (le comté Nez Percé en Idaho, qui héberge le site GetPandemicReady, le site le plus avancé au monde en termes de conseils en préparatifs individuels).

Une amie m’a fait remarquer que dans le site Pandémie Québec, section «Ma Santé», dans l'onglet vert «Je prends soin de moi et je garde le moral», on trouve sous l'onglet orange «Je m'organise», les conseils suivants:
«Une bonne organisation permet de réduire les obligations de dernière minute, dévoreuses d'énergie et sources de stress:

- Je me tiens constamment informé de l'état de la situation et des consignes de santé publique en vigueur, par exemple en ce qui a trait aux écoles et aux garderies, et des meilleurs conseils en matière de santé physique. Pour ce faire, plusieurs sources fiables d'information sont à ma disposition.
- Je dispose d'une réserve suffisante de biens essentiels (eau et nourriture de base, matériel d'usage quotidien, médicaments…) comblant mes besoins en termes de confort et de santé POUR AU MOINS DEUX SEMAINES. Ainsi, je suis prêt à faire face à de possibles retards d'approvisionnement dans les commerces, et je ne m'épuise pas alors que j'ai peut-être d'autres priorités.
- Je limite mes déplacements en privilégiant les transactions et les achats par téléphone ou par Internet, lorsque ces transactions sont sécurisées.
- J'évite les lieux publics de grande affluence ou je réduis mon temps passé en ces lieux au strict minimum.»

Bon!!!!!!!! Voilà ce qu’on voulait entendre!!!!!!!!!!!!!

Mon amie a fait remarquer «qu'il faut chercher longtemps sur le site pour trouver cette information. Le gouvernement ne semble pas vouloir demander aux citoyens de faire leurs deux semaines de réserves tout de suite!»

C’est ça le problème: la stratégie du camouflage-par-en-arrière de l’information. Expliquez-moi à quoi ça sert de NE PAS marteler des informations cruciales qui pourraient servir à aider des gens, AVANT le déclenchement d’une pandémie. Expliquez-moi aussi à quoi ça sert de ne pas mettre ces informations bien en évidence, puisque lorsque surviendra le début d’une pandémie, cela a été largement démontré par de nombreux experts de renommée mondiale, qu’il pourrait très certainement y avoir une pénurie de denrées et interruption des chaînes d’approvisionnement dès les PREMIERS jours d’une pandémie. Comment voulez-vous que les citoyens stockent une réserve de 2 semaines de vivres en plein chaos et pénurie de denrées?

La panique, cette chère panique que nos autorités craignent tant, elle risquerait d'être très considérablement amplifiée si les denrées s’épuisent rapidement comme glace au soleil quelques jours après le début du déclenchement d’une pandémie.

À moins qu'on nous joue la même carte que ce qui se passe en ce moment avec la Caisse de dépôt et de placement du Québec? Les informations concernant des pertes considérables de 38 milliards de dollars ont été retenues pendant des mois. Radio-Canada a rapporté que "Québec ne commente pas". Mario Dumont (chef de l'Action démocratique du Québec) croit que les chiffres du déficit de la Caisse auraient dû être dévoilés avant les élections de novembre/décembre 2008. Questionné sur l'authenticité du montant du déficit publié dans la La Presse, il a répondu que «si les chiffres étaient erronés, le gouvernement aurait déjà émis un communiqué».

Les chiffres auraient dû être dévoilés aux citoyens AVANT les élections.

Je pense que c'est un peu la même chose avec la question de la réserve individuelle. Cette directive devrait être répétée aux citoyens AVANT le déclenchement d'une pandémie.

Le gouvernement du Québec a peut-être prévu l’équivalent des recommandations américaines et françaises en matière de réserve individuelle, sauf qu’à peu près personne n’est au courant. Alors je considère que ce genre de planification-là, cela ne vaut pas grand-chose.

Tant que le grand public ne recevra pas des directives claires et répétées des douzaines de fois, afin que le message rentre dans la tête des gens, je considère que la planification échoue.

On s’en fiche pas mal de ce qui est écrit dans les plans du gouvernement du Québec. Ce qui compte, ce n'est pas tant le plan comme tel, mais la résultante de la planification, c'est-à-dire par exemple ce qu’il y a d’accumulé dans les garde-manger des ménages québécois. C’est la capacité qu'aura ou non chacun des individus, à se comporter de telle sorte que les infections du virus pandémique ne se répandront pas comme de la poudre à canon dévastatrice à travers la société québécoise.

Ne perdons pas non plus de vue cette phrase du 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de pandémie: «Des études ont confirmé que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance sous la forme d’une modification efficace du comportement reste un défi.» (Synopsis, paragraphe 18). Rien ne prouve que les gens vont écouter le gouvernement quand le gouvernement voudra qu'il les écoute...

En ce moment, je considère qu’il y a peu de mitigation parmi la société québécoise, parce que les gens n’ont pas été informés suffisamment à propos des choses concrètes qu’ils devraient faire AVANT le déclenchement d’une pandémie.

Le gouvernement du Québec pourrait se positionner parmi les leaders en matière de planification de pandémie. Il a des atouts en main, sauf qu’il joue mal son jeu.

07 février 2009

Chronologie d’implantation d'éléments en vue d’un déploiement de préparatifs pandémiques


Les choses vont tellement vite aux États-Unis que c’est littéralement de jour en jour que le développement s’effectue dans le domaine des préparatifs pandémiques, notamment en lien avec Internet. Voici quelques éléments que j’ai notés, que j’ai présentés en une chronologie d'événements des quatre dernières semaines:

SEMAINE 2 DE 2009
> Entrée de @BirdFluGov sur Twitter le 12 janvier.
> Le Comité sur la Sécurité intérieur a publié un rapport intitulé “Getting Beyond Getting Ready for Pandemic Influenza” (Aller au-delà d'être prêt pour une pandémie d'influenza) le 14 janvier. Voir mon billet à ce sujet.
> Article de Jean-Yves Nau dans Le Monde à propos des recherches du sociologue Michel Setbon, le 14 janvier. Michel Setbon pense que les autorités devraient répondre à cette question: «Comment faire pour que chaque citoyen fasse ce qui sera nécessaire pour briser le plus rapidement possible la chaîne de contagion interhumaine d'un nouveau virus grippal hautement pathogène?» Voir mon billet à ce sujet.

SEMAINE 3 DE 2009
> Cérémonie d'inauguration de Barack Obama le 20 janvier.
> Création groupe "Public Health Early Warning and Preparedness" sur Facebook par Jim Wilson, co-fondateur de l’entreprise de gestion de risque Veratect Corporation, le 21 janvier. Voir mon billet à ce sujet.
> @BirdFluGov commence à suivre des gens.
> Thierry Saussez (en France) échange avec une leader d'opinion sur Facebook le 24 janvier. M. Saussez a été nommé, le 16 avril 2008, au Conseil des ministres, aux postes de Délégué Interministériel à la Communication et Directeur du Service d'information du gouvernement. Il est chargé de veiller à la coordination des actions d’information et de communication du Gouvernement.

SEMAINE 4 DE 2009
> Plusieurs agences américaines sur Twitter (dont @femainfocus (FEMA), @USDA_CSREES (ministère de l'Agriculture), @diseasecontrol (CDC), Ready.gov, @RedCross (American Red Cross), @FDArecalls). Voir le billet de Michael Coston à ce sujet.
> Plusieurs salariés d’agences américaines sur Twitter eux aussi, dont @AndrewPWilson, le gestionnaire de l'équipe Web au ministère de la Santé (HHS).
> Un lien annonçant présence Twitter en page d'accueil de PanFluGov le 28 janvier.
> Craig Vanderwagen, un haut planificateur du gouvernement fédéral américain (Secrétaire assistant pour la préparation et la réponse, ministère de la Santé), commence à échanger ouvertement avec plusieurs blogeurs sur Facebook.

SEMAINE 5 DE 2009
> HHS annonce qu'il mise sur le pouvoir des médias sociaux le 3 février.
> Annonce du nouveau Social Media Center le 3 février.
> Marc van Ranst (Belgique), un expert et conseiller en virologie mondialement reconnu, commissaire interministériel du gouvernement fédéral belge de préparation pandémique, a rejoint le groupe créé par Jim Wilson sur Facebook.
> Diffusion Web du HHS de la rencontre du Comité national aviseur sur les vaccins (NVAC) le 4 février
> Les blogeurs DemFromCT et Revere sont validés par Michael Osterholm, directeur du CIDRAP, le 5 février.


Qu'arrivera-t-il en semaine 6 de 2009 et les semaines suivantes?

Encore plus de consolidation aux États-Unis en vue d'un déploiement de préparatifs pandémiques (dont sociaux).

Après les changements observés depuis le 20 janvier aux États-Unis, les espoirs sont désormais tournés vers les nations de l'Union européenne dans l’espoir qu’un autre pays se lancera dans un virage 2.0. Il faut bien que cela vienne de l’Europe, car ce ne sera évidemment pas le Canada (et la province du Québec) qui seront les seconds au monde à développer une relation 2.0 avec leurs citoyens, étant donné que le Québec a rejeté le 17 juin 2008 la sphère du Flublogia sous prétexte que les «médias sociaux ne sont pas crédibles ni suffisamment matures». Aucun élément permet d’entrevoir que cette position ait changé.

En cette époque difficile de crise financière mondiale, au cours des deux ou trois prochaines années, comme l’a fait remarquer Scott McPherson, les nations pourraient ne plus se permettre d'injecter des sommes considérables dans l'acquisition d'antiviraux et d'autres équipements, en ce qui concerne les préparatifs pandémiques. Maintenir l'état de préparation en vue d'une pandémie pourrait s'avérer laborieux.

Toutefois, des préparatifs sociaux seraient beaucoup moins coûteux à mettre sur pied. Les communications pourraient donc jouer un rôle considérable au cours des prochaines années dans ce domaine.

Pour toutes ces raisons, plusieurs espèrent qu'un virage social sera observé d'ici peu quelque part (autre qu’aux États-Unis) sur la planète. Sans doute en Europe?

03 février 2009

L'Agence des services frontaliers du Canada n'a pas de plan en cas d’urgence

Un poste frontière canadien (archives). Photo: PC/Richard Lam


Des nouvelles pareilles, cela ne donne pas tellement envie de taper des mains d’éblouissement. En fait, nous pouvons nous poser de très sérieuses questions sur les prétendus préparatifs pandémiques du Canada, lorsque nous apprenons que les postes frontaliers n’ont rien prévu en cas de situation d’urgence majeure, et notamment en cas de pandémie d’influenza.

Je savais que le Canada était le pays le moins bien préparé à affronter une pandémie parmi les nations développées, mais je ne pensais pas que c’était à ce point-là!

Voici ce que rapporte Radio-Canada à ce sujet.
Pas de plan d’urgence
30 janvier 2009 | Société Radio-Canada

L'Agence des services frontaliers du Canada n'a pas de plan stratégique en cas d'urgence majeure, selon un rapport interne, même si tous les organismes fédéraux sont tenus d'en avoir un. Cette situation inquiète certains spécialistes.

Chaque organisme fédéral doit avoir un plan d'urgence pour protéger ses employés et ses biens, et pour maintenir l'offre de services essentiels en cas de catastrophe naturelle, comme les inondations et les pandémies, ou en cas de désastre d'origine humaine, comme les attentats terroristes ou les déversements de produits dangereux.

Or, l'Agence des services frontaliers du Canada n'a pas de plan stratégique en cas d'urgence, selon un rapport interne daté d'octobre 2008. Jean-Bernard Guindon, ancien directeur de la sécurité civile à la Ville de Montréal, n'en revient pas. «C'est quelque chose d'absolument invraisemblable», soutient-il.

Selon lui, cette agence doit absolument prévoir comment elle maintiendrait ses activités de surveillance des frontières, des ports et des aéroports en situation de crise. « Que les personnes qui entrent au Canada, qui sont porteuses de maladies infectieuses, ou les terroristes qui sont porteurs de matériels dangereux puissent être détectés aux frontières. Si ça ne se fait pas avec la plus grande compétence possible, quand on aura une urgence reliée à tout ça, on en paiera le prix très élevé», estime-t-il.

Le professeur Stéphane Leman-Langlois, spécialiste du terrorisme à l'Université de Montréal, qualifie lui aussi de surprenante l'absence d'un plan d'urgence. Il signale qu'en cas de maladies contagieuses, par exemple, plusieurs employés refuseront de travailler. «Qu'est-ce qu'on va faire ? C'est quoi le plan B ? C'est ça les préparatifs d'urgence. Un plan B, c'est quand tout commence à lâcher un peu partout», explique-t-il.

L'Agence des services frontaliers n'a pas fait de commentaire officiel sur cette question. Toutefois, selon le rapport interne, elle s'engage à combler les lacunes en partie d'ici mars prochain et le reste en 2010.

01 février 2009

Il faudrait cesser d’accorder les préparatifs pandémiques avec Pierre et le loup

Michel Setbon, sociologue. Photo source

Le virtuose journaliste Jean-Yves Nau rapporte dans Le Monde, que Michel Setbon vient «d'achever une recherche sociologique sur l'impact sur la population des différentes annonces et initiatives prises par les autorités sanitaires pour préparer les Français à une prochaine pandémie grippale.»

Michel Setbon, directeur de recherche au CNRS, est sociologue de la santé publique et des risques sanitaires. Il est l’auteur du livre «Risques, sécurité sanitaire et processus de décision» publié chez Broché en 2004.

Selon Michel Setbon, «le public croit de moins en moins à une pandémie»:
«Paradoxalement, les connaissances sont assez précises, concrètes et adaptées pour ce qui est de la partie animale. Les choses se compliquent et deviennent plus confuses quand on commence à parler de la possibilité de pandémie grippale hautement pathogène.

Il existe clairement un phénomène d'érosion de la crédibilité accordée aux messages d'alerte à la pandémie grippale. Cette tendance ne concerne pas que la France. Elle est universelle.

Car plus l'incertitude se prolongera quant à la survenue de cet événement régulièrement annoncé, et moins la population sera préparée à réagir de manière adaptée et selon le tempo le plus efficace. Pour le dire autrement, nous sommes en train de revivre, dans notre modernité soucieuse d'anticipation, les situations illustrées dans Pierre et le loup.»

Voilà une belle manière de décrire le phénomène mondial de la «flu fatigue».

Michel Setbon pense que les autorités devraient répondre à cette question: «Comment faire pour que chaque citoyen fasse ce qui sera nécessaire pour briser le plus rapidement possible la chaîne de contagion interhumaine d'un nouveau virus grippal hautement pathogène?». Ceci soutient les efforts déployés par les membres de la sphère du Flublogia, qui réfléchissent depuis de nombreuses années à comment les choses pourraient se passer en temps de pandémie, et tentent d'augmenter l'empowerment des individus. Plus que jamais, des efforts devraient être déployés pour développer des préparatifs pandémiques sociaux. Il est grand temps que des actions soient déployées à l'échelle mondiale, pour contrer le phénomène de la «flu fatigue».

Il me semble que c'est assez élémentaire: les citoyens seront sur le front de la pandémie. Je ne comprends pas comment il se fait que cela n'ait pas encore été admis par les planificateurs de pandémie. Lorsque ceux-ci cesseront de percevoir les populations comme des «objets passifs», alors il y aura des chances que des mesures plus réalistes, visant à donner des moyens concrets aux gens de traverser une telle crise, soient mis en oeuvre. Tant que nous (citoyens) serons perçus comme des moutons dociles, se contentant d'agir comme des automates, je ne vois pas comment cela pourrait conduire à la mitigation de sociétés.

Ces qualités devraient être encouragées. Ce sont à mon avis les qualités d'un survivant de pandémie:
Autonomie | Bienveillance | Bon sens | Capacité à convaincre | Capacité à gérer le stress | Capacité à travailler en équipe | Capacité d’adaptation | Capacité d’analyse | Capacité d’organisation | Capacité de vision à long terme | Combativité | Confiance en soi | Connaissances en soins d’urgence | Connaissances en jardinage | Courage | Créativité | Curiosité | Débrouillardise | Diplomatie | Don de soi | Dynamisme | Efficacité | Endurance | Énergie | Esprit d’analyse | Esprit de décision | Générosité | Habileté manuelle | Hospitalité | Individualisme | Intuition | Logique | Maîtrise de soi | Ouverture d’esprit | Prévenance | Prudence | Rapidité | Résistance | Responsabilité | Rigueur | Ruse | Sens de l’initiative | Sens des priorités | Volonté de fer

28 janvier 2009

Québec n’a pas énoncé les vraies raisons de son déni du Flublogia, d’après Pierre Bouchard

Il est toujours plus facile d'arriver à se distinguer en dénigrant les autres. C'est ce que fait le gouvernement du Québec en regardant de haut la sphère du Flublogia, les médias sociaux, et par le fait même, les citoyens.

Pierre Bouchard
, de l'agence Indico, consultant, conférencier en gestion de la réputation, communication d’entreprise et relations publiques, a rédigé dernièrement deux nouveaux billets à propos du document «Les médias sociaux et la communication du risque». Ceux-ci font suite à deux autres billets rédigés auparavant (voir ici et ici).

Dans «Le blogue organisationnel: bon sauf pour le gouvernement?», Pierre Bouchard indique «Ce qui demeure difficile à comprendre de l’étude du gouvernement, c’est la conclusion qui, malgré l’analyse largement positive faite des médias sociaux, rejette les médias sociaux. Je suis persuadé que les vrais raisons ne sont pas énoncées dans ce document. Ça ne tient tout simplement pas la route.»

Lorsque j’ai reçu le document «Les médias sociaux et la communication du risque» par la poste, en réponse à une demande à l’information, j’ai trouvé moi aussi qu’il y avait quelque chose qui clochait avec la conclusion.

Michelle Blanc a eu lecture semblable. De même que Mario Asselin dans Mario Tout de go, et Denis Paul van Chestein dans Analystik, ainsi que Michelle Sullivan (qui a pointé ce document à Pierre Bouchard)

Puis dans le billet intitulé «Le blogue citoyen manque de crédibilité», Pierre Bouchard indique: «Ce qui semble déranger, c’est que les blogueurs, tout en relayant l’information, émettent des commentaires et des critiques sur la gestion gouvernementale de la pandémie. D’où la position gouvernementale à l’effet qu’il n’y ait qu’une seule source d’information (gouvernementale).»

Un coordonnateur de l’information des mesures d’urgences au gouvernement du Québec s’est exclamé, lorsqu’il a pris connaissance de l’existence de Zonegrippeaviaire.com: “Avez-vous demandé la PERMISSION au gouvernement avant de créer cette patente-là?”

Parce que c’est ainsi que nos autorités québécoises pensent: les citoyens devraient d’abord déposer une demande d’autorisation auprès du gouvernement pour savoir s’ils ont, oui ou non, le droit de penser par eux-mêmes à propos des préparatifs pandémiques.

Ces démarches ont eu lieu en janvier 2008.

Depuis, une année entière s’est écoulée. Cela aurait amplement laissé le temps aux autorités québécoises de trouver une manière de collaborer avec des membres de la sphère du Flublogia.

Aux États-Unis, le moindre bloggeur sur l’influenza a été intégré dans les nombreux comités de travail en lien avec les préparatifs pandémiques du gouvernement fédéral à Washington.

Cinq agences fédérales en lien avec ce domaine diffusent désormais de l’information et échangent avec des citoyens américains (et autres citoyens du monde) sur Twitter (@BirdFluGov, @femainfocus, @GetReady, @ReadydotGov, @RedCross).

Une infrastructure de collaboration, ainsi que des outils de dialogue 2.0, ont été mis en place ces derniers mois, afin que puissent être mis en oeuvre des préparatifs sociaux aux États-Unis. Comme cela est notamment recommandé par l’ONU et la Banque mondiale (dans un rapport publié en octobre dernier). Ceci s’inscrit dans les valeurs de transparence, de participation et de collaboration annoncées dans un mémo présidentiel signé par Barack Obama.

Que fait notre administration gouvernementale québécoise pendant ce temps dans ce domaine?

ABSOLUMENT RIEN.

Donc, depuis mai 2008, les autorités n’ont donc pas eu à lever le petit doigt. Elles sont tout simplement confortablement assises sur leur déni.

La stratégie employée par le gouvernement du Québec a pour but d'enlever la confiance. Il est évident que les autorités ne veulent pas de collaboration et de participation citoyenne dans le domaine des préparatifs pandémiques. En rabaissant la sphère du Flublogia au plus bas niveau, cela ne leur enlève pas de crédibilité, s'ils ne s'intéressent pas à des gens qui ne seraient "pas crédibles". Ils souhaitent décréter, et s'attendent à ce que les individus les écoutent et leur obéïssent. Ceci s'apparente à des comportements très rigides (pour rester poli).

S'il avait existé un intérêt pour la participation citoyenne dans les préparatifs pandémiques, le gouvernement du Québec aurait posé ses conditions, proposé des critères, transmis des invitations.

Le document «Les médias sociaux et la communication du risque» avait pour but véritable - cela est des plus évidents - de verrouiller la porte à toute collaboration avec la sphère du Flublogia. Pour combien de temps? Nul ne le sait. Les véritables raisons? Elles ne doivent pas être belles à entendre.

22 janvier 2009

D’autres enjambées flublogiennes dans les médias sociaux

De jour en jour, le développement de la sphère du Flublogia se poursuit dans les médias sociaux. Voyons ce que 24 heures de Facebook et Twitter ont produit.

Du côté de Facebook
Un nouveau groupe a été créé dans Facebook le 21 janvier 2009 par Jim Wilson, qui se définit comme CTO/CSO et co-fondateur de l’entreprise de gestion de risque Veratect Corporation: Public Health Early Warning and Preparedness. Ce groupe compte au 22 janvier à 18h30 un total de 38 membres, ce qui est un succès retentissant, croyez-moi, vu le sujet. En raison du phénomène connu sous le nom de «flu fatigue», rallier des gens autour d’une discussion de grippe aviaire en fait fuir plus d’un! Le groupe se décrit ainsi:
«Ce groupe discute des défis et des questions concernant une alerte précoce d’influenza pandémique et de préparatifs en vue d’une pandémie, de même que d’autres sujets de discussion impliquant des changements opérationnels en santé publique.»

Je suis bien contente que le terme «alerte précoce» se soit retrouvé dans la définition du groupe.

Pour le moment, le groupe est à l’étape du recrutement, et nous verrons en temps opportun de quelle manière s’articuleront les échanges. Le créateur du groupe a déjà nommé plusieurs modérateurs (des capitaines, en français), dont la moitié sont des leaders d'opinion des plus actifs dans le monde du Flublogia.

Ce qui est intéressant avec ce groupe, c'est qu’il est chapeauté par un leader d’opinion issu d’une entreprise privée, avec de l’expérience en «méthodologie de biosurveillance et ayant dirigé une équipe d’analystes chargée de surveiller des menaces biologiques de toutes sortes affectant les animaux et les humains à travers le monde». Cette vision de la biosécurité, combinée avec l’approche sociale des membres de la sphère du Flublogia, produira certainement des résultats intéressants. C’est à suivre!

Du côté de Twitter
Nous accueillons deux nouveaux membres francophones actifs du Flublogia: @Nathacat et @drmsfvermeulen.

@BirdFluGov a annoncé qu’il commençait à suivre des utilisateurs. ‘In case you noticed, we have begun following. More to come on this today or tomorrow.’ Il s’agit de 9 ‘following’ pour le moment, dont plus de la moitié sont liés à la sphère du Flublogia.

Un autre élément intéressant publié aujourd’hui par @BirdFluGov concerne sa vision d’interaction sur Twitter: ‘Posted a page sketching out how we envision interacting on Twitter (for now)' http://tinyurl.com/cy5ke4. Il s’agit d’une version préliminaire qui évoluera certainement au fil des semaines. Nous sommes tous des débutants dans cette grande aventure des médias sociaux, et c’est donc un peu tous de la même manière - à tâtons - que la sphère du Flublogia, et son grand frère @BirdFluGov, évoluent. @BirdFluGov parle d’une «expérience en cours».

Je crois que ce qui se passe en ce moment est très important. Cela me fait penser aux premiers humains qui ont marché sur la lune. Il s'agit de la toute première fois que des gens ordinaires, des citoyens, ont l'occasion de discuter d'égal à égal avec une administration gouvernementale, et de participer activement à l'élaboration de stratégies de communications qui pourraient avoir un impact majeur sur la mitigation des sociétés face à une pandémie.

C'est ce dont les personnes qui se sont dépassées pour que des préparatifs pandémiques aient lieu à l'échelle mondiale, et que des gens connus sous le nom de flubies, rêvent depuis des années. Ce n'est plus du domaine du rêve: nous sommes à l'aube d'une collaboration sans précédent entre la société civile et des autorités gouvernementales. Les enjeux sont tellement élevés qu'ils me donnent le vertige lorsque j'y pense.

Ce réflexe de coucher les accords et les pistes de développement sur papier au fur et à mesure que les événements surviennent me semble la bonne manière d'avancer. Il est important de positionner des balises d'une étape à l'autre, afin que tous sachent dans quelle direction évoluent les réflexions (si nous souhaitons marcher d'une même voix, de plus en plus nombreux, telle une onde se déplace à la surface de l'eau). Puisque les choses bougent très rapidement dans le monde virtuel, je me réjouis que @BirdFluGov ait pris la peine de rédiger quelques lignes au sujet de sa présence sur Twitter.

Par ailleurs, ce ne sont pas uniquement les mordus des préparatifs pandémiques qui observent les agissements de @BirdFluGov. Il y a par exemple les éditeurs de magasines en technologie de l'information, et les stratèges en développement et marketing Web, qui suivent de près ce qui se passe. Car ce qui sera entrepris aux États-Unis pourrait servir de modèle à de nombreuses autres nations du monde. Et comme l'a fait remarquer David Nabarro (le coordonnateur senior de l'influenza humain et aviaire à l'ONU), les efforts déployés pour développer les préparatifs mondiaux sont "si admirables qu'ils pourraient être cités en exemple". Ils pourraient s'appliquer à d'autres problématiques importantes. Alors ce dialogue qui s'amorce entre les citoyens virtuels (je ne dis pas Américains, car je n'en suis pas une - il faut bien que je me case quelque part!) et @BirdFluGov pourrait avoir une portée au-delà de ce que nous pouvons entrevoir au moment présent.

Voici une traduction de
‘PandemicFlu.gov is now on Twitter’ (PandemicFlu.gov est maintenant présent sur Twitter).

Qu’est-ce Twitter?
Twitter est un service de messagerie sociale gratuit, qui permet aux utilisateurs de communiquer en temps réel. Chaque message est composé de 140 caractères de long ou moins, et est appelé un «tweet». Les tweets peuvent être transmis et reçus, à partir d’ordinateurs et d'appareils mobiles. Twitter permet de contrôler combien de messages vous recevez en vous permettant de choisir les utilisateurs que vous souhaitez «suivre». D’autres personnes peuvent vous suivre afin de recevoir vos mises à jour. 'Twitter in Plain English' est une excellent vidéo, brève (2:25 minutes), qui fournit davantage d’information élémentaire à propos de Twitter.

Comment PandemicFlu.gov planifie-t-il d’utiliser Twitter?

Notre présence sur Twitter est une expérience en cours. Nous planifions de fournir des mises à jour lorsque l’information est publiée sur le site Internet de PandemicFlu.gov, et lorsque des reportages «crédibles» à propos de la grippe aviaire sont disponibles dans les médias. [Les guillemets placés sur le mot crédible sont de ma part, vous comprendrez pourquoi un peu plus loin dans mon texte.] Il existe plusieurs autres utilisations potentielles de cet outil, et nous encourageons toutes les personnes qui ont des idées à faire une suggestion en nous transmettant un tweet.

Suivrons-nous en retour?

Nous reconnaissons le fait que les nouveaux outils tels que Twitter tirent beaucoup de leur valeur dans les deux sens, lorsqu’ils permettent à des conversations d’avoir lieu. Toutefois, participer à des nouveaux forums ajoute de nouvelles responsabilités supplémentaires sans toutefois bénéficier de ressources supplémentaires. Afin de nous aider à gérer notre charge de travail pendant que nous expérimentons avec ces nouveaux outils, notre présente approche est de ne suivre uniquement que les utilisateurs qui nous ont transmis des réponses utiles et pertinentes, directement dans notre profil Twitter.

Qu’en est-il des hashtags?
Les hashtags (#) facilitent l’organisation des tweets sur Twitter en des groupes définis par l’utilisateur autour d’un sujet général, faisant en sorte que les conversations sont plus faciles à suivre. Des individus de la communauté PanFlu (des préparatifs pandémiques) ont suggéré que nous utilisions les hashtags #prep et #panflu dans nos profils Twitter. Pour le moment, notre intention est d’utiliser #planfirst en relation avec notre série de diffusion Web PlanFirst. Pour constater de quelle façon ces éléments fonctionnent, effectuez une recherche sur #planfirst dans Twitter.

Je m’étonne que @BirdFluGov se soit lancé dans cette aventure twitteresque sans avoir accumulé au préalable des montagnes d’études et d’analyses!

D’après ce document, la présence du gouvernement américain est en effet une tentative, une expérience nouvelle. Chose certaine, ce n’est probablement pas de cette manière que les autorités québécoises procéderaient...

Mais je n’ai rien contre cette approche, les deux mains à la pâte. C’est très différent de ce que nous connaissons (en sol canadien et québécois et probablement ailleurs également), rafraîchissant, … humain même. À l'opposé du style de document «Les médias sociaux et la communication du risque», publié par Services Québec au printemps 2008, qui concluait que les médias sociaux ne sont ni crédibles ni suffisamment matures pour mériter que le gouvernement du Québec y consacre temps ou argent.

Nous n’avons pas l’impression que les autorités gérant @BirdFluGov sont assises en haut de leur tour d’ivoire.

Je suis convaincue qu’avec cette attitude, @BirdFluGov réussira à stimuler une participation citoyenne et à mettre sur les rails les préparatifs sociaux en vue d'une pandémie. Le défi demeure toutefois titanesque! 24 heures à la fois...
 
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