Blogue de Lyne Robichaud

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08 février 2009

Québec a des atouts en main, sauf qu’il joue mal son jeu


Le 2 février 2009, Pandémie Québec a publié le «Coffre à outils des gestionnaires».

Étant donné que j’ai l’impression qu’il s’agit d’un remâchage de vieilles stratégies qui datent de plusieurs années, je n’ai pas encore pris le temps de lire ces documents au complet.

J’en ai lu quelques-uns et certaines phrases – qui m'apparaissent comme de véritables tentatives de lavage de cerveau collectif – (notamment dans la fiche «Pandémie, source de stress?») m’ont tellement déplu que je n’ai même pas eu la tentation ni l’envie d’en lire davantage. Par exemple, le gouvernement voudrait que l'on «mentionne à ses proches que, contrairement à ce qui a été le cas pour les précédentes pandémies, les autorités ont pu, cette fois-ci, bien se préparer.» La notion d'être bien préparé ou pas, c'est plutôt relatif, en plus de ne pas être tellement politically à la mode ces jours-ci, puisque la plupart des États les mieux préparés disent qu'ils ne sont pas préparés... Cet argument, que le gouvernement espère que nous dirons à nos personnes les plus chères pour les rassurer, n'a rien pour me rassurer, moi. Je ne suis pas d'accord de diffuser le message «assis-toi sur tes lauriers, ne pense à rien, parce que le gouvernement pense à ta place». Je suis désolée, mais ce genre de discours-là, je trouve cela totalement inapproprié dans un contexte où il faudrait plutôt responsabiliser chacun des citoyens, tout mettre en oeuvre pour augmenter l'empowerment des individus. Cette phrase-là dit exactement le contraire. J'ai été tellement choquée que je n'ai pas poursuivi ma lecture.

J’essaierai de regarder tout cela à tête reposée, une journée où je serai vraiment de très bonne humeur.

La publication du «Coffre à outils» n’a pas eu lieu en page d’accueil du site Pandémie Québec. Cela est paru uniquement dans la section réservée aux professionnels de la santé.

Une question que je me pose constamment, est pour quelle raison le gouvernement du Québec ne rend-il pas public son fameux «Guide autosoins», qui est destiné au grand public? La plupart des milieux ont eu droit à l’accès à l’information: le gouvernement a publié plusieurs guides spécifiques à divers secteurs de la société. Mais pas le guide pour les citoyens.

Ayant déjà eu connaissance du contenu du «Guide autosoins», qui a été publié à l’été 2008 par plusieurs groupes professionnels, comme par hasard quelques jours avant la démission de l’ex-ministre de la Santé Philippe Couillard, je sais que le Québec recommande dans ce document-là d’avoir 2 semaines de réserve en approvisionnement de nourriture, eau et autres biens de consommation.

Ceci correspond à la recommandation actuelle du gouvernement fédéral des États-Unis, et de la République française. Les recommandations varient d’un État américain à l’autre, ou d’un gouvernement local à l’autre, allant de 2 semaines jusqu’à 3 mois de réserve (le comté Nez Percé en Idaho, qui héberge le site GetPandemicReady, le site le plus avancé au monde en termes de conseils en préparatifs individuels).

Une amie m’a fait remarquer que dans le site Pandémie Québec, section «Ma Santé», dans l'onglet vert «Je prends soin de moi et je garde le moral», on trouve sous l'onglet orange «Je m'organise», les conseils suivants:
«Une bonne organisation permet de réduire les obligations de dernière minute, dévoreuses d'énergie et sources de stress:

- Je me tiens constamment informé de l'état de la situation et des consignes de santé publique en vigueur, par exemple en ce qui a trait aux écoles et aux garderies, et des meilleurs conseils en matière de santé physique. Pour ce faire, plusieurs sources fiables d'information sont à ma disposition.
- Je dispose d'une réserve suffisante de biens essentiels (eau et nourriture de base, matériel d'usage quotidien, médicaments…) comblant mes besoins en termes de confort et de santé POUR AU MOINS DEUX SEMAINES. Ainsi, je suis prêt à faire face à de possibles retards d'approvisionnement dans les commerces, et je ne m'épuise pas alors que j'ai peut-être d'autres priorités.
- Je limite mes déplacements en privilégiant les transactions et les achats par téléphone ou par Internet, lorsque ces transactions sont sécurisées.
- J'évite les lieux publics de grande affluence ou je réduis mon temps passé en ces lieux au strict minimum.»

Bon!!!!!!!! Voilà ce qu’on voulait entendre!!!!!!!!!!!!!

Mon amie a fait remarquer «qu'il faut chercher longtemps sur le site pour trouver cette information. Le gouvernement ne semble pas vouloir demander aux citoyens de faire leurs deux semaines de réserves tout de suite!»

C’est ça le problème: la stratégie du camouflage-par-en-arrière de l’information. Expliquez-moi à quoi ça sert de NE PAS marteler des informations cruciales qui pourraient servir à aider des gens, AVANT le déclenchement d’une pandémie. Expliquez-moi aussi à quoi ça sert de ne pas mettre ces informations bien en évidence, puisque lorsque surviendra le début d’une pandémie, cela a été largement démontré par de nombreux experts de renommée mondiale, qu’il pourrait très certainement y avoir une pénurie de denrées et interruption des chaînes d’approvisionnement dès les PREMIERS jours d’une pandémie. Comment voulez-vous que les citoyens stockent une réserve de 2 semaines de vivres en plein chaos et pénurie de denrées?

La panique, cette chère panique que nos autorités craignent tant, elle risquerait d'être très considérablement amplifiée si les denrées s’épuisent rapidement comme glace au soleil quelques jours après le début du déclenchement d’une pandémie.

À moins qu'on nous joue la même carte que ce qui se passe en ce moment avec la Caisse de dépôt et de placement du Québec? Les informations concernant des pertes considérables de 38 milliards de dollars ont été retenues pendant des mois. Radio-Canada a rapporté que "Québec ne commente pas". Mario Dumont (chef de l'Action démocratique du Québec) croit que les chiffres du déficit de la Caisse auraient dû être dévoilés avant les élections de novembre/décembre 2008. Questionné sur l'authenticité du montant du déficit publié dans la La Presse, il a répondu que «si les chiffres étaient erronés, le gouvernement aurait déjà émis un communiqué».

Les chiffres auraient dû être dévoilés aux citoyens AVANT les élections.

Je pense que c'est un peu la même chose avec la question de la réserve individuelle. Cette directive devrait être répétée aux citoyens AVANT le déclenchement d'une pandémie.

Le gouvernement du Québec a peut-être prévu l’équivalent des recommandations américaines et françaises en matière de réserve individuelle, sauf qu’à peu près personne n’est au courant. Alors je considère que ce genre de planification-là, cela ne vaut pas grand-chose.

Tant que le grand public ne recevra pas des directives claires et répétées des douzaines de fois, afin que le message rentre dans la tête des gens, je considère que la planification échoue.

On s’en fiche pas mal de ce qui est écrit dans les plans du gouvernement du Québec. Ce qui compte, ce n'est pas tant le plan comme tel, mais la résultante de la planification, c'est-à-dire par exemple ce qu’il y a d’accumulé dans les garde-manger des ménages québécois. C’est la capacité qu'aura ou non chacun des individus, à se comporter de telle sorte que les infections du virus pandémique ne se répandront pas comme de la poudre à canon dévastatrice à travers la société québécoise.

Ne perdons pas non plus de vue cette phrase du 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de pandémie: «Des études ont confirmé que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance sous la forme d’une modification efficace du comportement reste un défi.» (Synopsis, paragraphe 18). Rien ne prouve que les gens vont écouter le gouvernement quand le gouvernement voudra qu'il les écoute...

En ce moment, je considère qu’il y a peu de mitigation parmi la société québécoise, parce que les gens n’ont pas été informés suffisamment à propos des choses concrètes qu’ils devraient faire AVANT le déclenchement d’une pandémie.

Le gouvernement du Québec pourrait se positionner parmi les leaders en matière de planification de pandémie. Il a des atouts en main, sauf qu’il joue mal son jeu.

18 novembre 2008

La France recommande 2 semaines de réserve de nourriture en cas de pandémie

La République française recommande 2 semaines de réserve de nourriture en cas de pandémie, alors que le Canada et le Québec demeurent silencieux à cet effet

Paru le jeudi, 23 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, en France. Photo source

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, Thierry Saussez, délégué interministériel à la communication, directeur du Service d’Information du Gouvernement, et Didier Houssin, délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire, ont présenté, le 16 octobre dernier, la nouvelle version du site Internet gouvernemental www.Grippeaviaire.gouv.fr. Ce site comporte notamment la nouvelle rubrique "Guide pratique de la vie quotidienne en sitution de pandémie". Avec la mise en ligne de ces nouveaux contenus, la France recommande désormais d'avoir au moins deux semaines de réserve de nourriture en cas de pandémie.

Au Canada et au Québec, on en est encore seulement aux 72 heures de réserve alimentaire et autres biens consommables.

Aux États-Unis, les recommandations varient entre 2 semaines à 3 mois de réserve personnelle. Le site Get Pandemic Ready, situé en Idaho, est certainement le site Internet de conseils en préparatifs individuels le plus avancé au monde.

Quand le Canada et le Québec se décideront-ils enfin à en faire autant?

Ce qui démontre, une fois de plus, que le Canada prend du recul dans sa planification de pandémie, et mérite probablement sa réputation de bon dernier, "le moins bien préparé" (selon Amir Attaran), parmi les pays développés pour faire face à la prochaine pandémie.

Zonegrippeaviaire a appris, par le biais de la Loi sur l'accès à l'information, que le gouvernement du Québec prévoit une mise à jour du site Pandémie Québec d'ici la fin de l'année 2008. Le document Guide d'autosoins, qui n'a pas encore été officiellement publié par la gouvernement, recommande aux citoyens de stocker pour 2 semaines de nourriture. Mais malgré le fait que ce document n'ait pas encore été publié officiellement, plusieurs associations de professionnels de la santé l'ont publié sur leur site Internet au moment où l'ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, donnait sa démission. Ce document est prévu pour distribution en 5 millions d'exemplaires auprès des ménages québécois, uniquement au moment où se déclenchera la pandémie.

Or, une école d'affaires de Toronto (Amin Mawani de la Schulich School of Business) évaluait dernièrement qu'en raison de notre système d'économie juste-à-temps, il n'y aurait seulement que 3 jours de réserve dans les magasins d'alimentation au Canada. Amir Mawani prévoit que le 4ième jour d'une pandémie, nous allons tomber en situation de pénurie.

Une étude publié en décembre 2007 par des chercheurs de l'Université de Sydney (A food "lifeboat": Food and nutrition considerations in the event of a pandemic or other catastrophe") a indiqué qu'en Australie, "si la chaîne d'approvisionnements s'arrête, ou s'il n'y a aucune livraison à partir des magasins centraux, les stocks des supermarchés seront épuisés en moins de 2 à 4 semaines. Si les stocks domestiques débutent à cette étape tardive, alors l'épuisement des stocks sera accéléré."

La semaine dernière, le 4ième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (voir le Synopsis en français), dont les travaux ont été menés par le Dr David Nabarro, coordonnateur du système des Nations unies pour la grippe, était dévoilé. Ce rapport modifie les directives internationales de préparation en vue d'une pandémie, et recommande désormais une approche multisectorielle, c'est-à-dire sociale, économique et politique, en plus du domaine de la santé.

Cette semaine, le bras philanthropique de Google (Google.org) a annoncé un financement de près de 14 millions de dollars à des partenaires situés en Afrique et en Asie, pour le programme "Prédire et prévenir". "L'argent du géant de l'Internet fournira du financement à six projets qui visent à détecter de nouvelles maladies et à comprendre les conditions qui aident à les propager - sauvant potentiellement des millions de vies dans le processus."

"Prévenir" est donc un élément clé de la préparation en vue d'une pandémie.

Au Québec, la Loi sur la sécurité civile (L.R.Q., c. S-2.3) stipule à l'article 5 que "Toute personne doit faire preuve de prévoyance et de prudence à l'égard des risques de sinistre majeur ou mineur qui sont présents dans son environnement et qui lui sont connus", alors que l'article 2 de cette loi inclut dans sa définition de "sinistre majeur" une "pandémie".

De nombreuses autres nations développées à travers le monde font preuve de prévoyance et de prudence dans leur planification de pandémie. Il serait grand temps que le Canada et le Québec modifient leurs recommandations et adressent des messages clairs aux citoyens concernant les réserves individuelles de nourriture et autres biens consommables. La nation devrait par ailleurs s'adapter aux nouvelles directives de gestion de pandémie.

Cet article de Paris-Normandie annonce les nouveaux contenus du site gouvernemental de la République française.

Grippe aviaire: se préparer au pire
Jeudi, 23 octobre 2008 | Paris-normandie.fr

"S’il n’est pas justifié de constituer des stocks de provision importants, faire ses courses pour deux semaines au lieu d’une par exemple sera plus raisonnable. Vous pourrez aussi vous organiser avec des amis ou des voisins pour qu’une seule personne fasse les courses pour plusieurs foyers à la fois. Pensez aussi à rédiger au préalable une liste des achats essentiels (dont un stock de mouchoirs en papier jetables et de savon) pour ne rien oublier et ne pas avoir à retourner sur les lieux d’achat. "

Pas rassurant ? Non, pas rassurant du tout. Mais ce n'est pas l'objet du site gouvernemental sur lequel on trouve ce texte : il est consacré à la grippe aviaire. Utile, voire indispensable, si vous souhaitez savoir comment organiser votre vie quotidienne au cas où la maladie se transmettrait massivement à l'homme, et, pire encore, d'homme à homme.

Le site est construit pour différencier les trois niveaux de risques de l'influenza aviaire à la grippe aviaire, jusqu'à la pandémie grippale. Le "Guide pratique de la vie quotidienne en situtaion de pandémie", disponible en version anglaise, comporte notamment un espace animé destiné à l'information des parents et des enfants.

Toutes les informations pour se préparer sont sur www.grippeaviaire.gouv.fr

Source: www.paris-normandie.fr
Le manque de directives claires venant de la part des autorités canadiennes et québécoises, force les comités locaux de planification de pandémie, à demeurer vagues quant à la durée des réserves individuelles. Cet été, j'ai mis la main sur une superbe affiche au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, préparée par un comité local. Cette affiche est un exemple flagrant que des initiatives locales pourraient effectuer une sensibilisation efficace auprès de la population, mais en raison du manque de leadership fédéral et provincial, le succès du message est compromis...

Les citoyens de la Mauricie qui vont lire cette affiche se diront sans doute "J'ai des sacs de poubelle à la maison, j'ai des conserves, etc." Par contre, est-ce que tout le monde a pour au moins deux semaines d'approvisionnement de ces denrées? Pour trois mois?

Parce que les autorités canadiennes et provinciales NE DISENT PAS pour combien de temps il faut avoir une réserve, les initiatives locales ont les mains liées et sont réduites à produire des publicités ambivalentes. C'est bien dommage.

En Mauricie [Québec], on nous recommande de ne pas nous «faire prendre les culottes baissées»

En Mauricie [Québec], on nous recommande de ne pas nous «faire prendre les culottes baissées» mais on ne nous précise pas pour combien de temps il faut stocker une réserve de vivres et de matériel!

Paru le vendredi, 5 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

Je devrais visiter les toilettes des salles d’urgence d’hôpitaux plus souvent... À part des germes potentiels, virus et autres microbes, et beaucoup de papier de toilette jonchant le plancher, on y trouve parfois des choses intéressantes... Je suis ainsi tombée par hasard sur une très belle affichette qui recommande de stocker des vivres et des biens essentiels en cas de situation d’urgence. Mon enfant a bouchonnée l’affichette en petite boule, le temps d’une minute de distraction, alors je m’excuse pour la mauvaise qualité de reproduction de cet outil de communication.



Observez que sur cette affichette, la pandémie de grippe arrive en Numéro 1 (tiens donc!) de l’énumération de ce qu’est une situation d’urgence: pandémie de grippe, inondation, verglas, panne d’électricité prolongée). Certaines sections des autorités gouvernementales québécoises auraient-elles donc compris que la pandémie de grippe est la menace No. 1 de la nation? C’est ce qu’ont pourtant affirmé publiquement le gouvernement britannique, de même que l’Union européenne.

Il s’agit d’une bien jolie affichette, mais le problème principal avec cette publicité, c’est qu’elle ne dit absolument pas pour combien de temps il faut stocker des vivres et des biens essentiels. Ce que je trouve extrêmement curieux. On ne retrouve pas les 72 heures habituellement recommandées par les autorités gouvernementales canadiennes. On ne retrouve pas non plus les 2 semaines recommandées dans le futur Guide d’autosoins en cas de pandémie d’influenza, pas encore publié par le gouvernement du Québec, et prévu pour distribution en 5 millions d’exemplaires au moment du déclenchement d’une pandémie.

Aux États-Unis, on peut lire des recommandations officielles publiques variant entre 2 semaines à 3 mois. Le site Internet géré par Nez Perce County, en Idaho, Get Pandemic Ready, recommande 3 mois de stockage de nourriture et autres biens essentiels.

Par ailleurs, des chercheurs de l’Université de Sydney ont expliqué pour quelles raisons il est préférable de stocker des denrées et autres produits avant le déclenchement d’une pandémie, et ils ont prédit que l’Australie allait manquer de tout en moins de 2 semaines après le déclenchement d’une pandémie, étant donné que le marché agro-alimentaire est contrôlé par des entreprises ayant le monopole de la fabrication et de la distribution. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose, en lien avec notre situation canadienne? Comme Maple Leaf Foods et la présente crise de listériose, par exemple?

L’expert en influenza, le directeur du CIDRAP de l’Université du Minnesota, Dr Michael Osterholm, a prédit pour sa part que nous manquerions de tout DÈS LES PREMIERS JOURS d’une pandémie:
«Je crois que la prochaine pandémie de grippe, même de nature la plus modérée, serait l'un des événements les plus catastrophiques de santé publique de notre histoire. J'arrive à cette conclusion en raison de: l'envergure de la population mondiale actuelle (approximativement 6,5 milliards, comparée à 1,2 milliards en 1918), la probabilité d'un manque de réserve de vaccins efficaces au début de la pandémie, et l'existence de l'économie «juste-à-temps» [just-in-time], qui signifie que nous épuiserons la plupart des produits et services essentiels, comme les médicaments et les vaccins, d'autres fournitures médicales, et même la nourriture, dès les premiers jours de la pandémie».
Je ne sais pas à quelle date cette affichette jouant sur la métaphore des «culottes baissées» a été produite. Il n’y a pas de petit texte écrit en minuscule indiquant la date, ou encore comme pour les règlements d’annonces de voitures, de descriptions qu’il faut lire avec une loupe donnant des détails de l’offre. À l’exception de la mention du design graphique effectué par Julie Plamondon, et de 7 logos affichés en bas de la publicité, je n’ai trouvé aucun autre indice à propos de la date de création de l’affiche ou encore du nombre de jours de stockage de vivres et autres biens. Les 7 logos démontrent qu’il s’agit d’une publicité LOCALE destinée au public-cible de la région administrative de la Mauricie et du Centre-du-Québec:
- Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec
- Centre de services en déficience intellectuelle de la Mauricie et du Centre-du-Québec
- Domrémy Mauricie / Centre du Québec, centre de réadaptation en dépendance
- Centre hospitalier régional de Trois-Rivières
- Centre de santé et de services sociaux de l’Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec
Je trouve qu'avoir pensé et pris le temps de produire cette affichette est une excellente initiative, et que l’image choisie pour illustrer le texte permet de comprendre le message en un quart de seconde. J’espère que nous verrons de nombreux autres outils de ce genre, plein de fraîcheur, de couleurs vives et attrayants à consulter. Il s’agit d'un bon travail de graphisme et de publicité. Le seul GROS problème, à mon avis, c’est que cette affichette n’indique pas le nombre de jours de réserve stratégique individuelle. Et malheureusement, pour cette raison, malgré tous les autres aspects positifs que j'ai identifiés, je dois vous indiquer que je pense que c’est un flop.

Et j’ai l’impression que c’est délibéré. Cela cache-t-il une situation inconfortable entre deux chaises qu’occupe l’agence régionale de la Mauricie / Centre-du-Québec? Le 72 heures de réserve n’est pas suffisant pour répondre aux situations d’urgence mentionnées dans l’affichette. Donc les planificateurs ne l’ont pas mentionné. Les 2 semaines de réserve (qui correspondent au Guide d’autosoins), étant donné que le gouvernement du Québec n’a pas été encore suffisamment stratégique pour le recommander aux citoyens Québécois, les agences régionales qui souhaiteraient agir quand même auprès de leur population afin de mieux préparer les gens aux situations d’urgence se retrouvent dans de beaux draps, avec les mains liées.

On assiste alors à la création d’outils de communication vagues et beaucoup moins efficaces que ce qu’ils pourraient l’être, s’ils osaient recommander des vrais chiffres. C’est notamment le cas pour cette affichette, qui n’ose pas déclarer à combien de jours la réserve individuelle devrait correspondre. À mon avis, c’est encore un autre exemple de «gaspillage de temps et d’argent» pour produire des outils incomplets qui ne veulent pas dire grand-chose pour le commun des mortels. Ce genre d'outils n’aura probablement aucun impact de protection efficace et de réelle mitigation des communautés visées, étant donné qu’il échoue à fournir les informations les plus importantes, les données vitales qui pourraient faire toute la différence en situation d’urgence, entre un certain état de confort relatif et la panique, et peut-être même entre la vie et la mort.
 
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