Blogue de Lyne Robichaud

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18 novembre 2008

La France recommande 2 semaines de réserve de nourriture en cas de pandémie

La République française recommande 2 semaines de réserve de nourriture en cas de pandémie, alors que le Canada et le Québec demeurent silencieux à cet effet

Paru le jeudi, 23 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, en France. Photo source

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, Thierry Saussez, délégué interministériel à la communication, directeur du Service d’Information du Gouvernement, et Didier Houssin, délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire, ont présenté, le 16 octobre dernier, la nouvelle version du site Internet gouvernemental www.Grippeaviaire.gouv.fr. Ce site comporte notamment la nouvelle rubrique "Guide pratique de la vie quotidienne en sitution de pandémie". Avec la mise en ligne de ces nouveaux contenus, la France recommande désormais d'avoir au moins deux semaines de réserve de nourriture en cas de pandémie.

Au Canada et au Québec, on en est encore seulement aux 72 heures de réserve alimentaire et autres biens consommables.

Aux États-Unis, les recommandations varient entre 2 semaines à 3 mois de réserve personnelle. Le site Get Pandemic Ready, situé en Idaho, est certainement le site Internet de conseils en préparatifs individuels le plus avancé au monde.

Quand le Canada et le Québec se décideront-ils enfin à en faire autant?

Ce qui démontre, une fois de plus, que le Canada prend du recul dans sa planification de pandémie, et mérite probablement sa réputation de bon dernier, "le moins bien préparé" (selon Amir Attaran), parmi les pays développés pour faire face à la prochaine pandémie.

Zonegrippeaviaire a appris, par le biais de la Loi sur l'accès à l'information, que le gouvernement du Québec prévoit une mise à jour du site Pandémie Québec d'ici la fin de l'année 2008. Le document Guide d'autosoins, qui n'a pas encore été officiellement publié par la gouvernement, recommande aux citoyens de stocker pour 2 semaines de nourriture. Mais malgré le fait que ce document n'ait pas encore été publié officiellement, plusieurs associations de professionnels de la santé l'ont publié sur leur site Internet au moment où l'ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, donnait sa démission. Ce document est prévu pour distribution en 5 millions d'exemplaires auprès des ménages québécois, uniquement au moment où se déclenchera la pandémie.

Or, une école d'affaires de Toronto (Amin Mawani de la Schulich School of Business) évaluait dernièrement qu'en raison de notre système d'économie juste-à-temps, il n'y aurait seulement que 3 jours de réserve dans les magasins d'alimentation au Canada. Amir Mawani prévoit que le 4ième jour d'une pandémie, nous allons tomber en situation de pénurie.

Une étude publié en décembre 2007 par des chercheurs de l'Université de Sydney (A food "lifeboat": Food and nutrition considerations in the event of a pandemic or other catastrophe") a indiqué qu'en Australie, "si la chaîne d'approvisionnements s'arrête, ou s'il n'y a aucune livraison à partir des magasins centraux, les stocks des supermarchés seront épuisés en moins de 2 à 4 semaines. Si les stocks domestiques débutent à cette étape tardive, alors l'épuisement des stocks sera accéléré."

La semaine dernière, le 4ième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (voir le Synopsis en français), dont les travaux ont été menés par le Dr David Nabarro, coordonnateur du système des Nations unies pour la grippe, était dévoilé. Ce rapport modifie les directives internationales de préparation en vue d'une pandémie, et recommande désormais une approche multisectorielle, c'est-à-dire sociale, économique et politique, en plus du domaine de la santé.

Cette semaine, le bras philanthropique de Google (Google.org) a annoncé un financement de près de 14 millions de dollars à des partenaires situés en Afrique et en Asie, pour le programme "Prédire et prévenir". "L'argent du géant de l'Internet fournira du financement à six projets qui visent à détecter de nouvelles maladies et à comprendre les conditions qui aident à les propager - sauvant potentiellement des millions de vies dans le processus."

"Prévenir" est donc un élément clé de la préparation en vue d'une pandémie.

Au Québec, la Loi sur la sécurité civile (L.R.Q., c. S-2.3) stipule à l'article 5 que "Toute personne doit faire preuve de prévoyance et de prudence à l'égard des risques de sinistre majeur ou mineur qui sont présents dans son environnement et qui lui sont connus", alors que l'article 2 de cette loi inclut dans sa définition de "sinistre majeur" une "pandémie".

De nombreuses autres nations développées à travers le monde font preuve de prévoyance et de prudence dans leur planification de pandémie. Il serait grand temps que le Canada et le Québec modifient leurs recommandations et adressent des messages clairs aux citoyens concernant les réserves individuelles de nourriture et autres biens consommables. La nation devrait par ailleurs s'adapter aux nouvelles directives de gestion de pandémie.

Cet article de Paris-Normandie annonce les nouveaux contenus du site gouvernemental de la République française.

Grippe aviaire: se préparer au pire
Jeudi, 23 octobre 2008 | Paris-normandie.fr

"S’il n’est pas justifié de constituer des stocks de provision importants, faire ses courses pour deux semaines au lieu d’une par exemple sera plus raisonnable. Vous pourrez aussi vous organiser avec des amis ou des voisins pour qu’une seule personne fasse les courses pour plusieurs foyers à la fois. Pensez aussi à rédiger au préalable une liste des achats essentiels (dont un stock de mouchoirs en papier jetables et de savon) pour ne rien oublier et ne pas avoir à retourner sur les lieux d’achat. "

Pas rassurant ? Non, pas rassurant du tout. Mais ce n'est pas l'objet du site gouvernemental sur lequel on trouve ce texte : il est consacré à la grippe aviaire. Utile, voire indispensable, si vous souhaitez savoir comment organiser votre vie quotidienne au cas où la maladie se transmettrait massivement à l'homme, et, pire encore, d'homme à homme.

Le site est construit pour différencier les trois niveaux de risques de l'influenza aviaire à la grippe aviaire, jusqu'à la pandémie grippale. Le "Guide pratique de la vie quotidienne en situtaion de pandémie", disponible en version anglaise, comporte notamment un espace animé destiné à l'information des parents et des enfants.

Toutes les informations pour se préparer sont sur www.grippeaviaire.gouv.fr

Source: www.paris-normandie.fr
Le manque de directives claires venant de la part des autorités canadiennes et québécoises, force les comités locaux de planification de pandémie, à demeurer vagues quant à la durée des réserves individuelles. Cet été, j'ai mis la main sur une superbe affiche au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, préparée par un comité local. Cette affiche est un exemple flagrant que des initiatives locales pourraient effectuer une sensibilisation efficace auprès de la population, mais en raison du manque de leadership fédéral et provincial, le succès du message est compromis...

Les citoyens de la Mauricie qui vont lire cette affiche se diront sans doute "J'ai des sacs de poubelle à la maison, j'ai des conserves, etc." Par contre, est-ce que tout le monde a pour au moins deux semaines d'approvisionnement de ces denrées? Pour trois mois?

Parce que les autorités canadiennes et provinciales NE DISENT PAS pour combien de temps il faut avoir une réserve, les initiatives locales ont les mains liées et sont réduites à produire des publicités ambivalentes. C'est bien dommage.

Vaudrait-il mieux être une tranche canadienne de jambon cuit qu'une personne canadienne en pleine crise de listériose?

Paru le lundi, 1er septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Photo source

Je désire porter à votre attention une liste / compilation des cas humains de listériose au Canada (liste MISE À JOUR 1er sept. 12h45), un travail de moine effectué hier par Mado.

Une fois la liste sous les yeux, on arrive à comprendre un peu mieux la situation, mais elle comporte tellement de cases vides que le résultat est pire que les listes de cas suspectés de grippe aviaire que nous avons vues par exemple pour l'Égypte, l'Inde et l'Indonésie.

Il n'y a pas de quoi être fier, c'est sûr! [Je ne parle pas de la compilation de Mado, mais bien du travail bâclé de nos autorités publiques.] Disperser les données à ce point nous empêche d'avoir un portrait global de la situation, à tel point qu'on peut finir par penser que la crise de listériose n'est pas si importance qu'elle en a l'air. Applaudissons,c'est réussi!

Je me demande si les autorités arriveront à donner "l'heure juste", comme le dit le nouveau ministre de la Santé Yves Bolduc. Les autorités manquent tellement de transparence dans leur gestion (publique) des cas d'épidémie, la pente est si longue à remonter avant qu'ils n'atteignent un niveau où nous pourrions les suivre avec plus de facilité, que je m'inquiète sérieusement sur ce que sera la situation pendant la pandémie d'influenza. Je suis persuadée qu'ils sont très forts dans les analyses en laboratoire, et le traitement des patients. C'est la partie des relations publiques qui laisse à désirer. Font-ils exprès pour ne rien dévoiler, ou presque? Nous n'avons qu'à observer l'extrême précision avec laquelle les autorités nous sortent des listes de produits contaminés, pour réaliser qu'il existe une trop grande disparité entre la qualité des informations concernant les produits, et la qualité des informations concernant les victimes contaminées.

Pour la tranche de jambon contaminée, les autorités nous indiquent la sorte de produit, la marque du produit, le poids de l'emballage, la date de péremption et le code de produit. Pour une mortalité causée par la listériose, de salmonelle ou de E.coli, on nous dit qu'il est survenu un cas quelque part dans l'une des provinces canadiennes. Et c'est à peu près tout. Au moins pour la tranche de jambon contaminée, l'entreprise finit par nettoyer et désinfecter la machinerie qui coupe la viande. Mais nous, consommateurs, garderons la même hantise face aux denrées qu'il faut acheter pour se nourrir et au moment de consommer autant les fruits que les légumes, la viande, les fromages, etc.

Devrait-on concocter une déclaration à la manière d'Amir Attaran, du genre:
"Il vaudrait mieux être une tranc
he canadienne de jambon cuit qu'une personne canadienne en pleine crise de listériose", pour faire comprendre aux gens qu'il existe un trop grand écart entre la gestion des éléments liés aux produits contaminés, et celle des être humains contaminés au Canada?

À quoi correspond au juste l'information qu'on nous donne à propos d'une moyenne d'âge de 79,4 ans pour les cas de la listériose cette année, et d'autres données ridiculement imprécises? La moyenne d'âge est peut-être effectivement de 79,4 pour les cas survenus entre janvier et août 2008, mais qu'en est-il de la véritable moyenne d'âge des cas survenus au cours de l'épidémie actuelle uniquement? La compilation de Mado démontre que des jeunes gens en bonne santé, de 25 ans, ont été très malades en raison de la listériose. Ils ont récupéré, c'est un fait. Ils n'ont pas été testés, c'en est un autre. Combien y en a-t-il dans le même cas?

Rappelez-vous bien des données qu'on nous sert: moyenne d'âge de 79,4 ans, ou encore une personne "d'environ 30 ans souffrant de problèmes de santé", parce que vous allez en voir à la pelletée des données de la sorte pendant une pandémie. Le manque de données précises concernant les victimes cacherait-il quelque chose? Qui sont les véritables victimes de la listériose? Étaient-elles toutes âgées de plus de 75 ans, et seraient-elles toutes mortes de toute façon, s'il n'y avait pas eu la listériose entre temps pour les achever? J'ai l'impression que nous ne saurons jamais qui sont ces personnes qui ont succombé dernièrement aux suites de la listériose... J'ai l'impression aussi que les autorités se rabattent sur le groupe à risque des aînés pour minimiser le fait que des cas de contamination pourraient survenir chez des adultes. Peut-être que je me trompe, mais je ne me sens pas à l'aise avec les coins tournés beaucoup trop ronds sur les détails qui concernent les victimes, pour avoir une confiance aveugle en les autorités.

Quand les autorités canadiennes et québécoises nous donneront-elles enfin des informations sur les cas humains d'infection qui soient claires, nettes, précises et bien détaillées... autant que pour les tranches de jambon infectées???
 
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