Blogue de Lyne Robichaud

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18 novembre 2008

Le gouvernement du Québec veut confier l'inspection alimentaire à l'industrie

D'ici quelques mois, le gouvernement du Québec veut confier l'inspection alimentaire à l'industrie, dans le domaine de la production de fromage

Paru le lundi, 15 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


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Oh boy! On en apprend des bonnes dans cet article de Martin Croteau de la Presse! Premièrement, le prix du fromage pourrait augmenter. Le prix du panier d'épicerie a augmenté considérablement ces derniers temps, et plusieurs Québécoises et Québécois n'arrivent plus à joindre les deux bouts. Ces gens-là pourraient devoir se priver de fromage pour de bon, si les prix augmentent trop.

Deuxièmement, on apprend que le ministère de l'Agriculture a annoncé qu'il paierait le dépistage (des infections) pendant quelques mois dans les 43 fromageries qui utilisent du lait cru. Une excellente nouvelle.

La moins bonne nouvelle, c'est que le Ministère veut pousser l'industrie à mettre en place son propre système d'inspection. Le journaliste de La Presse indique que cette mesure inquiète les petits fromagers. Et j'avoue que cette mesure m'inquiète au plus haut point!

Les autorités québécoises de la santé n'ont-elles rien appris de l'exemple canadien? Le gouvernement fédéral a confié la surveillance des aliments à l'industrie il y a quelques mois? Voyez dans quels mauvais draps nous nous trouvons aujourd'hui avec la crise de listériose! Comprenez-vous quelque chose à tout cela! Pas moi, en tout cas...Hausse du prix du fromage en vue?
Lundi 15 septembre 2008 | Par Martin Croteau | La Presse

Les fromages artisanaux pourraient bientôt coûter plus cher, conséquence de la récente éclosion de listériose. La décision du ministère de l'Agriculture d'augmenter le nombre de tests de dépistage de bactéries pathogènes dans les fromageries pourrait forcer les petits producteurs à augmenter leurs prix.

Jusqu'ici, les fromageries n'avaient pas l'obligation de tester leurs produits de façon régulière. Et le MAPAQ ne menait que des examens occasionnels. Or, mercredi dernier, le Ministère a annoncé qu'il paierait le dépistage pendant quelques mois dans les 43 fromageries qui utilisent du lait cru. Par la suite, l'industrie devra mettre en place son propre système d'inspection, une mesure qui inquiète les petits fromagers.

Propriétaire de la fromagerie La Moutonnière, à Sainte-Hélène-de-Chester, non loin de Victoriaville, et présidente de la Société québécoise des fromages, Lucille Giroux fait valoir que ceux qui utilisent du lait cru sont souvent des producteurs artisanaux. Les nouveaux tests, qui coûtent en moyenne une cinquantaine de dollars chacun, parfois plus, pourraient coûter une fortune à ces petites entreprises.

«Quand une analyse peut coûter jusqu'à 100$ et que tu as une production de 15kg, ça fait beaucoup d'argent», a-t-elle expliqué.

Sa compagnie ne produit pour l'heure qu'un fromage au lait cru. «On n'en avait pas fabriqué beaucoup cette année à cause d'un déménagement, explique Mme Giroux. Mais maintenant, on est en train de se demander si on va le refaire.»

La Chèvrerie Fruit d'une passion, à Saint-Ludger, en Estrie, se spécialise dans les fromages de chèvre au lait cru. Son copropriétaire, Alain Larochelle, craint d'être pénalisé par les nouvelles mesures.

«Par fromage vendu, les tests représentent pour nous une bonne partie du coût de production, a-t-il dit. Les tests vont nous coûter beaucoup plus cher en pourcentage qu'aux grosses entreprises.»

On ignore pour le moment à quelle fréquence les producteurs seront tenus de procéder à des tests de dépistage. Le MAPAQ a refusé d'expliquer ses nouvelles exigences. Chose certaine, des inspecteurs gouvernementaux ont déjà commencé à appeler les producteurs pour connaître leurs volumes de production de lait cru.

«Chiche»
Le président du Conseil de l'industrie laitière, Pierre Nadeau, estime que les producteurs ont intérêt à augmenter la fréquence de leurs examens de dépistage. Il croit la mesure nécessaire pour rétablir la confiance des consommateurs, sérieusement éprouvée ces dernières semaines avec l'éclosion de listériose. Il affirme toutefois que Québec aurait dû se montrer plus généreux à l'endroit des producteurs artisanaux éprouvés par la crise.

«J'ai trouvé le MAPAQ chiche dans cette annonce, a-t-il tranché. Lorsqu'il y a une crisette en agriculture, il est prêt à débourser des millions. Mais s'il y a un problème avec les petits fromagers, il n'a pas d'argent à mettre sur la table.»

Le Conseil consultera ses membres dans les prochaines semaines afin d'établir un plan pour financer les nouveaux tests de dépistage. Le groupe envisage de créer un fonds commun qui permettra à tous les producteurs de se conformer aux exigences de Québec.

Source: www.cyberpresse.ca

Éric Régnier dans l'eau chaude

Il reçoit une mise en demeure de la fromagerie Perron

Paru le dimanche, 14 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

Ca joue dur du côté des fromagers! Le Quotidien rapporte une histoire de mise en demeure (un litige survenu entre Sylvie Beaudoin, directrice générale de la
Fromagerie Perron, et Éric Régnier, propriétaire du commerce IGA de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, et également président régional par intérim de l’Association des détaillants en alimentation).


Éric Régnier
Photo Le Quotidien, Steeve Tremblay. Source

On ne comprend pas trop s'il s'agit d'une petite guéguerre entre commerçants locaux, qui auraient fort bien pu être des rivaux et des concurrents commerciaux dans la vraie vie, avant que ne survienne la crise de listériose. Je ne connais pas assez ce coin du Québec et l'industrie du fromage pour être en mesure de comprendre quelles sont les liens et relations professionnelles des commerces de cette région.

Pourquoi une fromagerie enverrait-elle une mise en demeure au président régional de l'organisme censé représenter les intérêts des commerçants de fromage? Un autre article du Quotidien rapporte pourtant que Éric Régnier estime que la crise de la listériose prend une ampleur démesurée. L'unité et l'harmonie n'ont pas l'air d'être au rendez-vous, dans ce coin-là de la province.


La Fromagerie Perron. Photo source

Avant que les choses n'aillent trop loin, et que des histoires pareilles se multiplient et ne viennent miner la crédibilité des autorités gouvernementales, qui interviennent dans le but de préserver la vie de gens et de contrôler un foyer d'éclosion difficile à identifier, je continue de penser qu'il serait urgent que le gouvernement du Québec mette sur pied un programme de compensations. Des programmes de cette nature ont été prévus par le gouvernement du Canada en cas de flambée de grippe aviaire. Une telle mesure permettrait de dédommager les commerçants des pertes encourrues au cours de la crise de listériose.

Un programme de compensation financière premettrait aux fromagers et commerçants de mieux encaisser les mesures de contrôle sanitaire. Les messages véhiculés par les médias comporteraient moins de reportages portant sur le lobby de fromagers irrités, et les citoyens pourraient se concentrer sur les messages officiels provenant des autorités gouvernementales.

Puisque les autorités sanitaires continuent d'affirmer qu'elles s'attendent à d'autres cas - donc que le danger de santé publique est peut-être encore présent - et que le bilan des cas continue d'augmenter, je pense qu'il serait important de garder le focus sur le gouvernement dans la presse en général, et limiter l'attention portée à des commerçants enragés. Une forme de compensation financière destinée aux fromagers touchés par la crise limiterait les dégâts à plusieurs niveaux.


LA FROMAGERIE PERRON DANS LA TOURMENTE - Pointée du doigt par le MAPAQ
Samedi 13 septembre 2008 | Par Marc St-Hilaire | Le Quotidien

SAINT-PRIME - La fromagerie Perron a été injustement mêlée à la crise de la Listériose, jeudi dernier, alors que les inspecteurs du MAPAQ sont débarqués en trombe à l’épicerie IGA Régnier de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

Véritable institution de l’industrie fromagère au Québec, la fromagerie Perron de Saint-Prime a clairement été pointée du doigt par les représentants ministériels lorsqu’ils ont fait irruption au commerce jeannois. Sur ordre de leur supérieur, ils devaient procéder à l’analyse complète du comptoir fromager du IGA Régnier parce qu’on y avait coupé une meule du produit suspect.

Les tests se sont finalement avérés négatifs.

Cette affaire confirme l’état de panique qui sévit présentement au ministère du député Laurent Lessard, jusqu’ici muet quant à la situation. Une véritable psychose alimentée quotidiennement par des événements du genre.

Et vraisemblablement, les cicatrices se multiplieront au sein du réseau de l’alimentation, celles-ci étant engendrées par les interventions improvisées des fonctionnaires, prédisent plusieurs observateurs.

Par exemple, la directrice générale de la fromagerie Perron, Sylvie Beaudoin, confirme avoir expédié hier matin une mise en demeure au propriétaire du commerce de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, Éric Régnier. Elle lui reproche d’avoir signalé que la fromagerie Perron était l’objet de l’intervention de jeudi dernier.

[La version complète du texte est disponible dans Le Quotidien.]

Source: www.cyberpresse.ca

Un marchand avec une conscience: il procède à un «retrait préventif»

Paru le samedi, 13 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

C'est rare qu'on entend cela: la Fromagerie du marché Atwater a procédé à un «retrait préventif» de ses fromages.

En ce qui concerne la grippe aviaire, la plupart des abattages préventifs que nous avons pu observer ont eu lieu dans des pays où les résultats des tests étaient lents à survenir aux oreilles des propriétaires, qui prenaient les grands moyens pour tenter de contrôler les infections au H5N1.

Le cas de la Fromagerie du marché Atwater est davantage un cas de conscience et de professionnalisme de la part du propriétaire du commerce. Il a indiqué qu'il ne voulait pas prendre de chance de contaminer sa clientèle. Le propriétaire a jugé qu'il vallait mieux endosser quelques pertes financières, plutôt que de risquer de perdre sa chemise, si jamais son entreprise devait être associée à un cas public de contamination. Une stratégie gagnante, à mon avis...


Gilles Jourdenais, propriétaire de La Fromagerie du Marché Atwater à Montréal.
M. Jourdenais propose 650 sortes de fromage dans sa boutique. Photo Flickr source


La Fromagerie du Marche Atwater. Photo Flickr source


Marché Atwater - Les grands moyens
13 septembre 2008 | Par Stéphane Tremblay | Canoë Infos

Un autre fromager prend les grands moyens pour éviter de mettre sa clientèle en danger. La Fromagerie du marché Atwater a procédé à un «retrait préventif» de ses fromages, hier.

«J'ai décidé de retirer mes fromages puisque le MAPAQ a utilisé de mes instruments pour faire des expertises et que le risque de contamination est bien réel. Je ne veux prendre de chance pour mes clients», a raconté le propriétaire de la fromagerie, Gilles Jourdenais.

Les comptoirs dégarnis devraient faire place à de nouvelles meules de fromage dès lundi, jour où cette fromagerie doit recevoir les résultats des analyses du MAPAQ.

Au Québec, plus de 300 commerces ont vidé récemment leurs tablettes des produits potentiellement contaminés par la Listeria.

Hier, le ministère de la Santé répertoriait 24 cas de listériose liés à la bactérie retrouvée dans des fromages québécois, dont un décès.

Source: www2.canoe.com

Listériose: Le gouvernement a agi avec fermeté, les fromagers chialent tant qu'ils le peuvent

Listériose: Le gouvernement a agi avec fermeté, les fromagers chialent tant qu'ils le peuvent, et la voix des citoyens est inaudible dans tout ce tintamarre

Paru le jeudi, 11 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


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Je trouve que cela fait pitié à entendre, dans une «situation d'éclosion dynamique» d'une maladie, lorsqu'un gouvernement est obligé de justifier l'application de mesures sanitaires d'urgence dans le but de protéger la vie des citoyens. Il me semble que cela va de soi, et que c'est le rôle absolument normal d'un gouvernement de mettre en place des mesures d'urgence et des règles d'inspection des aliments.

On peut s'attendre aussi à ce que les commerçant qui perdent un important chiffre d'affaires en raison d'une crise de santé publique se mettent à rouspetter. Mais aller jusqu'à qualifier "d'effets pervers des actions spectaculaires et parfois cavalières du MAPAQ", je trouve que c'est peser un peu fort sur la pédale des accusations. Si les commerçants sont convaincus qu'ils sont victimes "d'effets pervers", qu'ils se documentent un peu et qu'ils regardent ce que l'industrie de la volaille a dû encaisser en Asie et en Europe, en raison de la grippe aviaire. Ils réaliseront que leur présente situation est presque du bonbon à comparé à ce que des producteurs avicoles et commerçants ont traversé au Bangladesh, en Inde, en Indonésie, en Corée du Sud, etc. Que feront les commerçants d'ici, comment réagiront-ils, s'ils devaient encaisser une crise de flambée de grippe aviaire?

C'est pourquoi je suis rassurée d'apprendre que le ministère de l'Agriculture a déclaré fermement, en réponse aux critiques des fromagers: «Nous avons la certitude que les opérations que nous avons menées nous ont permis de prévenir d'autres maladies et même de sauver des vies».

Les fromagers touchés, et maintenant l'association des fromagers (la Société des fromages du Québec), font beaucoup de bruit ces derniers jours pour mettre de la pression sur le gouvernement du Québec. Je suppose qu'ils cherchent à limiter les actions et les dégâts financiers qui sont causés par la crise de listériose à leur industrie du fromage. Ils ont même obtenu l'appui du député du Parti Québécois critique de l'agriculture, Maxime Arseneau. Voir mon billet à ce sujet: Listériose: Quelqu’un a-t-il parlé d’une «crise de confiance»?

Dans les articles de presse, le point de vue des fabriquants et des commerçants est très présent, mais où donc est celui des représentants des citoyens? N'y a-t-il pas aucune organisation pour prendre la parole et être citée par un journaliste dans les reportages sur la crise de listériose?

Quelques scientifiques ont pris la parole dernièrement. Jacques Goulet, microbiologiste et professeur au département des sciences des aliments et de nutrition de l’Université Laval, a déclaré qu'il croit que les Québécois "devront apprendre à vivre avec Listeria et bien d’autres bactéries causant des toxi-infections alimentaires." Parce que d'après ce microbiologiste, le mégarappel et la grande désinfection imposés par MAPAQ "ont peu de chance de mettre un terme aux éclosions de listériose"

Mais qu'en pensent les regroupements d'aînés? Les associations de sages femmes? Les organisations oeuvrant auprès des cancéreux et autres personnes au système immunitaire affaibli?

Je pense qu'il faudrait inclure le point de vue du contre-pouvoir des citoyens dans des reportages sur la listériose, pour répondre aux chialage grandissant des commerçants. On le sait: gagner de l'argent est important aux yeux des fromagers. Mais faut-il que cela se fasse au péril de la vie des consommateurs de leurs produits?

Voici la nouvelle rapportée par la Presse canadienne, via Le Devoir:
Listériose - Le MAPAQ justifie son opération
Jeudi, 11 septembre 2008 | La Presse canadienne, Le Devoir

Québec -- Critiqué de toutes parts, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation soutient que son opération de destruction de fromages potentiellement contaminés à la Listeria était justifiée et a permis de sauver des vies.

Le MAPAQ a fait le point sur la crise hier, après avoir essuyé de sévères critiques de fromagers et de détaillants qui ont questionné les mesures draconiennes appliquées la fin de semaine dernière.

Selon le porte-parole Guy Auclair, le ministère n'a pas eu le choix d'imposer la mise au rancart de nombreux fromages dans 300 points de vente en raison des risques de contamination croisée, après la découverte de deux sources de Listeria à la Fromagerie Médard et aux Fromagiers de la table ronde.

«Nous avons la certitude que les opérations que nous avons menées nous ont permis de prévenir d'autres maladies et même de sauver des vies», a affirmé M. Auclair en conférence de presse à Québec, flanqué de représentants de l'industrie et des détaillants.

Au cours de l'intervention, 33 commerces ont été inspectés et des traces de contamination ont été décelées chez 16 d'entre eux. Le ministère attend toutefois les résultats d'analyse qui pourraient relier cette contamination aux sources identifiées dans les deux usines.

Jusqu'ici, 22 cas de listériose associés à des fromages ont été répertoriés au Québec, dont un mortel, et quatre cas actuellement à l'étude pourraient s'ajouter à la liste.

[...]

Afin de prévenir que d'autres usines infectées provoquent des rappels de fromage dans le futur, le ministère annonce qu'il mettra sur pied, à ses frais, un programme exceptionnel de dépistage dans les prochaines semaines.

[...]

Présent à la conférence de presse, le président de la Société des fromages du Québec, Gilles Lafontaine, a témoigné à la fois du ras-le-bol de ses membres et de leur volonté de contribuer à la résolution de la crise.

«On a hâte que tout ça s'arrête, mais on doit absolument collaborer avec les autorités en place si on veut en arriver à bout et ça, ça presse, le plus tôt possible», a-t-il résumé.

Puis, autant le président du Conseil de l'industrie laitière, Pierre Nadeau, que le porte-parole de l'Association des détaillants du Québec, Pierre-Alexandre Blouin, ont cherché à rassurer le public. «Avec le geste draconien qu'a posé le MAPAQ, les fromages restants, tous ceux qui sont encore disponibles en magasins, sont des fromages qui ont été blanchis», a indiqué M. Nadeau, selon qui plusieurs de ses membres sont durement affectés par la crise, notamment les neuf usines dont les meules demeurent sous embargo, en attente de résultats d'analyses.

Ni les détaillants ni les producteurs de fromage n'ont dressé un bilan des pertes essuyées à la suite de l'opération du ministère, qui se garde bien d'ouvrir la porte à un quelconque dédommagement financier. «Nous ne sommes pas rendus là», s'est contenté de dire le porte-parole Guy Auclair.

Pour sa part, le directeur de la Protection de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, n'a pas écarté la possibilité que de nouveaux cas de listériose soient découverts dans les prochains jours, précisant que le Québec vit une «situation d'éclosion dynamique». Toutefois, il a dit souhaiter que la découverte des deux sources de contamination dans les usines de fromage permette de freiner la progression de l'éclosion.

Solidarité rurale du Québec réclame elle aussi des mesures. «Demeurer dans l'indifférence aujourd'hui, c'est se payer les premières loges pour assister à l'extinction d'un fleuron de l'économie rurale du Québec. La crise frappe de plein fouet nos artisans et les pousse sérieusement au bord du gouffre. Ils n'ont plus aucune marge de manoeuvre. Il est absolument urgent et essentiel que le gouvernement agisse pour soutenir nos artisans afin qu'ils survivent à cette tempête», a plaidé la présidente de l'organisme, Claire Bolduc, par voie de communiqué.

La coalition ne remet pas en cause la menace pour la santé publique que représente la listériose. Elle est toutefois grandement préoccupée par les effets pervers des actions spectaculaires et parfois cavalières entreprises par le MAPAQ, et «s'indigne devant l'absence de mesures de sauvegarde pour éviter l'écroulement de ce créneau».

Source: www.ledevoir.com

Vaudrait-il mieux être une tranche canadienne de jambon cuit qu'une personne canadienne en pleine crise de listériose?

Paru le lundi, 1er septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


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Je désire porter à votre attention une liste / compilation des cas humains de listériose au Canada (liste MISE À JOUR 1er sept. 12h45), un travail de moine effectué hier par Mado.

Une fois la liste sous les yeux, on arrive à comprendre un peu mieux la situation, mais elle comporte tellement de cases vides que le résultat est pire que les listes de cas suspectés de grippe aviaire que nous avons vues par exemple pour l'Égypte, l'Inde et l'Indonésie.

Il n'y a pas de quoi être fier, c'est sûr! [Je ne parle pas de la compilation de Mado, mais bien du travail bâclé de nos autorités publiques.] Disperser les données à ce point nous empêche d'avoir un portrait global de la situation, à tel point qu'on peut finir par penser que la crise de listériose n'est pas si importance qu'elle en a l'air. Applaudissons,c'est réussi!

Je me demande si les autorités arriveront à donner "l'heure juste", comme le dit le nouveau ministre de la Santé Yves Bolduc. Les autorités manquent tellement de transparence dans leur gestion (publique) des cas d'épidémie, la pente est si longue à remonter avant qu'ils n'atteignent un niveau où nous pourrions les suivre avec plus de facilité, que je m'inquiète sérieusement sur ce que sera la situation pendant la pandémie d'influenza. Je suis persuadée qu'ils sont très forts dans les analyses en laboratoire, et le traitement des patients. C'est la partie des relations publiques qui laisse à désirer. Font-ils exprès pour ne rien dévoiler, ou presque? Nous n'avons qu'à observer l'extrême précision avec laquelle les autorités nous sortent des listes de produits contaminés, pour réaliser qu'il existe une trop grande disparité entre la qualité des informations concernant les produits, et la qualité des informations concernant les victimes contaminées.

Pour la tranche de jambon contaminée, les autorités nous indiquent la sorte de produit, la marque du produit, le poids de l'emballage, la date de péremption et le code de produit. Pour une mortalité causée par la listériose, de salmonelle ou de E.coli, on nous dit qu'il est survenu un cas quelque part dans l'une des provinces canadiennes. Et c'est à peu près tout. Au moins pour la tranche de jambon contaminée, l'entreprise finit par nettoyer et désinfecter la machinerie qui coupe la viande. Mais nous, consommateurs, garderons la même hantise face aux denrées qu'il faut acheter pour se nourrir et au moment de consommer autant les fruits que les légumes, la viande, les fromages, etc.

Devrait-on concocter une déclaration à la manière d'Amir Attaran, du genre:
"Il vaudrait mieux être une tranc
he canadienne de jambon cuit qu'une personne canadienne en pleine crise de listériose", pour faire comprendre aux gens qu'il existe un trop grand écart entre la gestion des éléments liés aux produits contaminés, et celle des être humains contaminés au Canada?

À quoi correspond au juste l'information qu'on nous donne à propos d'une moyenne d'âge de 79,4 ans pour les cas de la listériose cette année, et d'autres données ridiculement imprécises? La moyenne d'âge est peut-être effectivement de 79,4 pour les cas survenus entre janvier et août 2008, mais qu'en est-il de la véritable moyenne d'âge des cas survenus au cours de l'épidémie actuelle uniquement? La compilation de Mado démontre que des jeunes gens en bonne santé, de 25 ans, ont été très malades en raison de la listériose. Ils ont récupéré, c'est un fait. Ils n'ont pas été testés, c'en est un autre. Combien y en a-t-il dans le même cas?

Rappelez-vous bien des données qu'on nous sert: moyenne d'âge de 79,4 ans, ou encore une personne "d'environ 30 ans souffrant de problèmes de santé", parce que vous allez en voir à la pelletée des données de la sorte pendant une pandémie. Le manque de données précises concernant les victimes cacherait-il quelque chose? Qui sont les véritables victimes de la listériose? Étaient-elles toutes âgées de plus de 75 ans, et seraient-elles toutes mortes de toute façon, s'il n'y avait pas eu la listériose entre temps pour les achever? J'ai l'impression que nous ne saurons jamais qui sont ces personnes qui ont succombé dernièrement aux suites de la listériose... J'ai l'impression aussi que les autorités se rabattent sur le groupe à risque des aînés pour minimiser le fait que des cas de contamination pourraient survenir chez des adultes. Peut-être que je me trompe, mais je ne me sens pas à l'aise avec les coins tournés beaucoup trop ronds sur les détails qui concernent les victimes, pour avoir une confiance aveugle en les autorités.

Quand les autorités canadiennes et québécoises nous donneront-elles enfin des informations sur les cas humains d'infection qui soient claires, nettes, précises et bien détaillées... autant que pour les tranches de jambon infectées???
 
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