Blogue de Lyne Robichaud

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16 juillet 2011

Réduction de la taille de l'état et rôle de co-producteur

Je réponds à la question no.5 de Henri-François Gautrin, le leader parlementaire adjoint du gouvernement du Québec, par une série de billets.
QUESTION: L'utilisation du Web 2.0 doit-elle entraîner des modifications dans la façon de fonctionner du gouvernement?
Les billets de cette série:
1. Faire face à l'innovation sociale nécessite des approches spécifiques;
2. Leaders intrépides;
3. Faire preuve de souplesse et d'agilité dans un monde en mutation;
4. Réduction de la taille de l'État et rôle de co-producteur;
5. Susciter la participation et la collaboration.

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RÉDUCTION DE LA TAILLE DE L'ÉTAT ET RÔLE DE CO-PRODUCTEUR

Il se passe actuellement une révolution dans l'environnement mondial des communications, et les gouvernements se doivent de garder le rythme avec celle-ci. Un gouvernement est composé de personnes dévouées et capables d'innovation. Une approche contemporaine ferait le meilleur usage possible de leurs talents. Les tendances récentes et nouvelles voies de communication exigent un changement d'approche. Ces tendances comprennent notamment:
• La croissance rapide des technologies de téléphonie mobile
• L'utilisation de plusieurs appareils, et le multitâche, pratiqué par des jeunes du monde entier
• Chez les adolescents, écrire des textos est devenu la forme principale de communication, au détriment de parler au téléphone (ref. 'Texting teens: typing replaces talking', Charles White, 2 juillet 2011)

Dans le contexte actuel d'explosion des communications, un gouvernement ne peut s'attendre à ce que le public vienne à lui. Au contraire, un gouvernement se doit d'aller là où préfèrent être le public, et trouver de nouvelles façons de collaborer avec eux.

Il est logiquement économique et stratégique pour un gouvernement de profiter pleinement des sites Internet existants et plateformes de médias sociaux, où le public cible passe déjà du temps. L'objectif du gouvernement devrait être de passer à des tactiques proactives plutôt que de mettre passivement des contenus sur une étagère (de site Internet) et d'attendre que le public les trouvent.

Le gouvernement devrait considérer:
• L'utilisation accrue des technologies mobiles, y compris les programmes de service de messagerie SMS et applications Smartphone, tout en garantissant un offre continue de produits pour les médias traditionnels comme la presse et la radio.
• La consolidation des producteurs de contenu dans un groupe de développement de contenu pour créer du contenu sous forme écrite, et en formats numériques audio et vidéo.
• La création d'une unité de gestion des talents afin d'identifier et de recruter des experts comme des écrivains, des blogueurs, et des conférenciers.
• La création d'une unité de recherche sur le public, qui serait chargée de fournir des recherches et analyses sur les auditoires, canaux, et utilisation des produits du gouvernement.
Par ailleurs, collaborer avec les citoyens signifie partager les avantages, les coûts, les risques et les responsabilités, pour améliorer les services. La collaboration ouvre de nouvelles possibilités. Les efforts de développement visant à associer directement des utilisateurs (individus) et des groupes de citoyens, dans la planification et la prestation des services publics, sont décrits comme étant une «co-production». Il s'agit d'un terme générique désignant une panoplie de termes plus spécifiques, tels que co-conception, co-création, co-livraison, co-gestion, co-décision, co-évaluation, et co-examen, qui reflètent les différentes étapes de possible participation citoyenne.

Voici les raisons les plus communes pour justifier l'adoption d'approches d'innovation et de «co-production»:
1. économie - réduction des coûts;
2. efficacité - faire un meilleur usage des ressources;
3. productivité - améliorer la qualité des services et obtenir de meilleurs résultats;
4. démocratie - collaborer avec les citoyens, renforcer la confiance dans le gouvernement
5. innovation - contester les approches traditionnelles de services publics et trouver de nouvelles formes d'activités et de livraison des services.
Une «co-production» requiert:
• une remise en question des modèles existants de prestation de services de gestion publique;
• une refonte du rôle des agents du secteur public - non seulement dans la production, mais aussi de l'influence des clients pour co-produire;
• Un modèle plus large du gouvernement - n'étant plus seulement le producteur, l'acheteur, le régulateur et celui qui finance, mais aussi celui qui joue un rôle d'organisateur, de facilitateur et de catalyseur des efforts des groupes et des individus.
Alors que le gouvernement s'engagera dans des projets de gouvernement ouvert, le laps de temps pour réaliser les projets raccourcira. Beth Noveck a recommandé à ETHI Canada le 2 mars 2011: «Si possible, favorisez les innovations qui peuvent être mises en œuvre dans un délai de 90 jours ou moins. Obligez les organisations à agir plus rapidement, découragez la bureaucratie et encouragez le remue-méninge créatif et l'innovation. Le besoin de rapidité encourage une volonté d'aller vers les autres, y compris dans le secteur public.» (Voir mon billet, «Beth Noveck témoigne à propos du pouvoir du gouvernement ouvert».)

Dans des projets de gouvernement ouvert, les citoyens pourront pointer vers les usages redondants ou dédoublements de services. Il sera également possible d'évaluer l'efficacité des ressources humaines, de mieux répartir les tâches, et d'évaluer les budgets alloués aux divers projets.

L'implantation d'un gouvernement ouvert permettra de consolider et de réduire le personnel, tout en apportant des changements importants à la portée du travail accompli par l'ensemble du gouvernement.

Mon prochain billet portera sur comment susciter la participation et la collaboration.

18 novembre 2008

Monsieur Charest - Le Québec a besoin d'un plan numérique

Paru le mardi, 28 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Patricia Tessier

Le Regroupement YulBiz Montréal a rédigé la lettre ci-dessous au premier ministre Jean Charest, pour lui demander une politique claire concernant la nouvelle économie.

J'ai rejoint le groupe Monsieur Charest - Le Québec a besoin d'un plan numérique sur Facebook, et je vous invite à appuyer cette initiative.

La signature de la lettre aura lieu ce soir au Yulbiz à 18h00 au Café Méliès, à Montréal.
Monsieur le Premier Ministre,

Tout récemment, l'indice du commerce électronique au Québec et Recherche Internet Canada (RIC) publiaient respectivement un rapport sur l’état de l’utilisation d’Internet au Québec et au Canada. Suite à la publication de ces rapports, force est de constater que le Québec est nettement en retard par rapport au reste du Canada. Par exemple, avec 64% d’internautes à l’été 2007, le Québec était 19 points derrière l’Alberta qui revendiquait la première place avec un taux de pénétration de 83%. Le rapport nous démontre aussi que l’on retrouve un écart de 15% dans les niveaux d’adoption entre les Canadiens anglophones et francophones (82% contre 67%).

Par ailleurs, l'Indice du comerce électronique au Québec rapporte qu’il y a eu pour 3,5 milliards de dollars d’achats en ligne sur un an au Québec (septembre 2007 - août 2008). Toutefois, au moins le tiers de ces achats s’effectue à l’étranger.

• 87 millions de dollars avaient abouti dans les coffres de détaillants ou departiculiers non canadiens en mars dernier (36 % des achats totaux),
• 146 millions de dollars en mai (58 %),
• 103 millions de dollars en juillet (33 %).

Une des raisons principales est qu’il y a peu d’offres québécoises. Uniquement 52% des PME disent avoir leur propre site internet. Et de celles-ci seulement :

• 30% y proposent du service après vente,
• 26% acceptent des commandes en ligne,
• 7% reçoivent des paiements en ligne.

Nous sommes d’avis que les investissements dans l’économie numérique accroissent la compétitivité de l’ensemble des autres secteurs de l’économie et que la préparation d’un plan de développement de l’économie numérique est un impératif pour le gouvernement québécois.

Nous avons identifié quatre priorités :

1) Permettre à tous les Québécois d’accéder aux réseaux et aux services numériques et éliminer les barrières liées à la sécurité des transactions en ligne.

2) Accroître l’adoption et diversifier les usages d’Internet dans les entreprises, en particulier les PME.

3) Garantir la formation aux usages des technologies de l’information dès le plus jeune âge.

4) Implanter une gouvernance numérique.


CITOYENS

Le gouvernement québécois doit garantir l’accès à tous les Québécois à Internet haut débit partout dans la province. L’Internet haut débit constitue aujourd’hui, comme l’eau, le téléphone ou l’électricité, une commodité essentielle.

Parallèlement, il est critique de renforcer la confiance numérique. Uniquement 47% des adultes québécois considèrent les transactions effectuées par carte de crédit sur Internet très ou assez sécuritaire alors que les problèmes réels de sécurité sont plus rares que dans le cas des transactions hors Internet.

Finalement, des mesures doivent être développées pour assurer la protection de la liberté d'expression des citoyens. Un individu confiant participera activement aux débats politiques et à l’activité économique et contribuera ainsi à la santé de notre société.


PME

Alors que le développement des PME est l’une des clés de notre avenir économique, celles-ci ne disposent souvent pas des ressources ou des connaissances nécessaires pour évaluer les bénéfices qu’elles pourraient retirer des investissements en TIC et non pas, non plus, l’expertise requise pour définir une stratégie cohérente avec leur stratégie d’affaires.

Le faible taux de participation des entreprises québécoises à l’économie numérique et l’exode des dollars d’achat des Québécois sont inquiétants pour l’avenir de notre économie. Il apparaît primordial que l’offre de services numériques doit être renforcée au Québec. Pour atteindre cet objectif, les entreprises doivent trouver un environnement favorable au développement des outils numériques notamment par une sensibilisation accrue des PME et une aide financière à l’investissement.


ÉDUCATION

L’introduction d’une formation, dès le plus jeune âge, répond à la nécessité de donner, à chaque enfant, des compétences qui sont devenues aujourd’hui indispensables pour réussir tant au niveau professionnel que social.

À cet égard, il est pertinent de garantir la disponibilité d'un accès à Internet haut débit et WiFi dans chaque école et université, d’améliorer les synergies des universités avec les entreprises en général et les entreprises de haute technologie en particulier et de créer des incubateurs d'entreprises.

Finalement, la numérisation accrue et la disponibilité en ligne des contenus académiques et leur libre accès sont des incontournables.


GOUVERNEMENT

L’efficacité des actions « numériques » du gouvernement passera par une mise en œuvre concertée et non par un écartèlement des efforts et des budgets entre différents ministères. Il nous appert critique que ce rôle soit regroupé sous un seul ministre avec une capacité d’agir de façon transversale.

L’administration publique doit moderniser l'accès au travail parlementaire en implantant des outils additionnels d’information, de transaction et d’échange. La transparence doit être à l’ordre du jour et le gouvernement doit ainsi démontrer qu’il a confiance au fait que les citoyens sont d’importants contributeurs à notre système démocratique.

Il est aussi impératif que le gouvernement québécois soit un porte-parole de la neutralité du net et s’assure qu’Internet demeure ouvert et accessible à tous.

Finalement, il est important que le gouvernement provincial supporte et guide les gouvernements municipaux en matière de politiques numériques. En effet, ces derniers sont des acteurs importants du développement de l’économie numérique locale.

En conclusion, sans actions claires du gouvernement, nous croyons que le Québec court le risque de maintenir son retard et d’être laissé pour compte dans l’économie de demain. Nous vous demandons de planifier, au plus tôt, un exercice de réflexions et un plan de mise en œuvre pour stimuler l’économie numérique au Québec afin que nous puissions, non seulement rattraper le retard, mais devenir une nation qui prendra sa place et se distinguera dans la nouvelle économie.

Veuillez agréer, Monsieur Charest, nos salutations les plus distinguées.

Regroupement YulBiz Montréal
Patricia Tessier - Consultante, Stratégie Marketing & Internet

Source: http://patriciatessier.blogspot.com

Listériose - Le ministre de l'Agriculture du Québec se sent pris entre l'arbre et l'écorce

Paru le vendredi, 19 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Laurent Lessard. Photo source

D'un côté, il voudrait bien soutenir son industrie, et aider les fromagers touchés par la crise de listériose.

Mais malheureusement, le ministre de l'Agriculture du Québec, Laurent Lessard, a été obligé d'agir avec fermeté pour protéger la santé des Québécois.

Pauvre gars... il doit vivre une situation de déchirement tellement difficile à traverser. Et il se positionne en plus dans une situation qui n'est pas populaire.

Cela doit être donc pas drôle pour lui...

Pourquoi le gouvernement du Québec n'a-t-il pas encore pris la décision de compenser les fromagers touchés par la listériose? On ne comprend pas trop où veut en venir le gouvernement du Québec, avec les informations contradictoires qui nous parvienne dans les médias. Une nouvelle de La Presse canadienne (reprise par Le Devoir) rapporte que le gouvernement a écarté la possibilité de dédommager les fromagers, alors que le ministre Lessard raconte exactement l'inverse, en déclarant que des mesures de soutien seraient présentement étudiées.


Photo source

Quand j'étais petite, quand je ne savais pas quoi faire lors d'une situation, j'avais pour habitude de cueillir une marguerite et d'enlever ses pétales un à un en disant: "Je le fais. Je ne le fais pas. Je le fais. Je ne le fais pas." Le dernier pétale restant décidait pour moi. Bien que l'automne approche, il reste encore pas mal de marguerites dans les champs. Peut-être que ce petit truc aiderait le ministre à se brancher...

Laurent Lessard va-t-il verser des compensations aux fromagers, OUI ou NON? That is the question! Et allez donc tenter de savoir ce qui se passe dans la tête de nos décideurs québécois, qui se demandent encore ce qui devrait avoir la priorité dans l'exercice de leur fonction: la vie des gens, ou bien faire rouler l'économie?

Humm, c'est donc difficile à choisir entre les deux, n'est-ce pas?


Listériose - Québec pourrait aider l'industrie du fromage
Vendredi, 19 septembre 2008 | La Presse canadienne, Le Devoir

Victoriaville -- Québec pourrait apporter de l'aide à l'industrie du fromage en colère, toujours aux prises avec les conséquences de la crise de la listériose.

Même s'il a écarté la possibilité de dédommager les fromagers qui ont dû détruire une partie de leur stock, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard, soutient que des mesures de soutien sont à l'étude.

«On veut voir comment chaque entreprise a subi des inconvénients et voir ce que ça leur prend à court terme pour repartir, soit des liquidités ou des plans de promotion», a affirmé le ministre, à son entrée à la réunion des députés du Parti libéral du Québec, jeudi à Victoriaville.

Confronté à des critiques persistantes depuis l'opération de destruction de fromages potentiellement contaminés menée par le MAPAQ, M. Lessard a admis que la situation avait découragé certains acteurs de l'industrie.

«Est-ce que ça été une mesure populaire? Non. C'est l'exercice le plus difficile comme ministre de l'Alimentation que je peux vivre parce que, en même temps que je fais la promotion des produits, j'ai le fardeau de protéger la population.»

Le ministre a répété que le MAPAQ n'avait pas eu le choix d'agir de façon musclée pour s'assurer de retirer des tablettes tout fromage qui aurait pu faire l'objet d'une contamination croisée.

«Vous m'auriez tous taxé de ne pas l'avoir fait si quelqu'un avait été malade. Vous vous seriez jetés sur la personne malade pour lui dire que le ministère n'avait pas pris ses responsabilités», s'est défendu M. Lessard.

Il a indiqué qu'il avait l'intention d'inviter la population à reprendre ses habitudes de consommation de fromages du Québec.

«On espère que cet épisode-là est derrière nous et on regarde les solutions envisageables avec les producteurs, les détaillants et les petits comptoirs de spécialité», a-t-il lancé, après avoir signifié qu'aucun nouveau cas de listériose liée aux fromages n'avait été relevé depuis le 12 septembre.

Au total jusqu'ici, 28 Québécois ont été affectés par la maladie après avoir consommé des fromage et une personne en est décédée.

(Suite)

Source: www.ledevoir.com

Le gouvernement du Québec veut confier l'inspection alimentaire à l'industrie

D'ici quelques mois, le gouvernement du Québec veut confier l'inspection alimentaire à l'industrie, dans le domaine de la production de fromage

Paru le lundi, 15 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Photo source

Oh boy! On en apprend des bonnes dans cet article de Martin Croteau de la Presse! Premièrement, le prix du fromage pourrait augmenter. Le prix du panier d'épicerie a augmenté considérablement ces derniers temps, et plusieurs Québécoises et Québécois n'arrivent plus à joindre les deux bouts. Ces gens-là pourraient devoir se priver de fromage pour de bon, si les prix augmentent trop.

Deuxièmement, on apprend que le ministère de l'Agriculture a annoncé qu'il paierait le dépistage (des infections) pendant quelques mois dans les 43 fromageries qui utilisent du lait cru. Une excellente nouvelle.

La moins bonne nouvelle, c'est que le Ministère veut pousser l'industrie à mettre en place son propre système d'inspection. Le journaliste de La Presse indique que cette mesure inquiète les petits fromagers. Et j'avoue que cette mesure m'inquiète au plus haut point!

Les autorités québécoises de la santé n'ont-elles rien appris de l'exemple canadien? Le gouvernement fédéral a confié la surveillance des aliments à l'industrie il y a quelques mois? Voyez dans quels mauvais draps nous nous trouvons aujourd'hui avec la crise de listériose! Comprenez-vous quelque chose à tout cela! Pas moi, en tout cas...Hausse du prix du fromage en vue?
Lundi 15 septembre 2008 | Par Martin Croteau | La Presse

Les fromages artisanaux pourraient bientôt coûter plus cher, conséquence de la récente éclosion de listériose. La décision du ministère de l'Agriculture d'augmenter le nombre de tests de dépistage de bactéries pathogènes dans les fromageries pourrait forcer les petits producteurs à augmenter leurs prix.

Jusqu'ici, les fromageries n'avaient pas l'obligation de tester leurs produits de façon régulière. Et le MAPAQ ne menait que des examens occasionnels. Or, mercredi dernier, le Ministère a annoncé qu'il paierait le dépistage pendant quelques mois dans les 43 fromageries qui utilisent du lait cru. Par la suite, l'industrie devra mettre en place son propre système d'inspection, une mesure qui inquiète les petits fromagers.

Propriétaire de la fromagerie La Moutonnière, à Sainte-Hélène-de-Chester, non loin de Victoriaville, et présidente de la Société québécoise des fromages, Lucille Giroux fait valoir que ceux qui utilisent du lait cru sont souvent des producteurs artisanaux. Les nouveaux tests, qui coûtent en moyenne une cinquantaine de dollars chacun, parfois plus, pourraient coûter une fortune à ces petites entreprises.

«Quand une analyse peut coûter jusqu'à 100$ et que tu as une production de 15kg, ça fait beaucoup d'argent», a-t-elle expliqué.

Sa compagnie ne produit pour l'heure qu'un fromage au lait cru. «On n'en avait pas fabriqué beaucoup cette année à cause d'un déménagement, explique Mme Giroux. Mais maintenant, on est en train de se demander si on va le refaire.»

La Chèvrerie Fruit d'une passion, à Saint-Ludger, en Estrie, se spécialise dans les fromages de chèvre au lait cru. Son copropriétaire, Alain Larochelle, craint d'être pénalisé par les nouvelles mesures.

«Par fromage vendu, les tests représentent pour nous une bonne partie du coût de production, a-t-il dit. Les tests vont nous coûter beaucoup plus cher en pourcentage qu'aux grosses entreprises.»

On ignore pour le moment à quelle fréquence les producteurs seront tenus de procéder à des tests de dépistage. Le MAPAQ a refusé d'expliquer ses nouvelles exigences. Chose certaine, des inspecteurs gouvernementaux ont déjà commencé à appeler les producteurs pour connaître leurs volumes de production de lait cru.

«Chiche»
Le président du Conseil de l'industrie laitière, Pierre Nadeau, estime que les producteurs ont intérêt à augmenter la fréquence de leurs examens de dépistage. Il croit la mesure nécessaire pour rétablir la confiance des consommateurs, sérieusement éprouvée ces dernières semaines avec l'éclosion de listériose. Il affirme toutefois que Québec aurait dû se montrer plus généreux à l'endroit des producteurs artisanaux éprouvés par la crise.

«J'ai trouvé le MAPAQ chiche dans cette annonce, a-t-il tranché. Lorsqu'il y a une crisette en agriculture, il est prêt à débourser des millions. Mais s'il y a un problème avec les petits fromagers, il n'a pas d'argent à mettre sur la table.»

Le Conseil consultera ses membres dans les prochaines semaines afin d'établir un plan pour financer les nouveaux tests de dépistage. Le groupe envisage de créer un fonds commun qui permettra à tous les producteurs de se conformer aux exigences de Québec.

Source: www.cyberpresse.ca

Éric Régnier dans l'eau chaude

Il reçoit une mise en demeure de la fromagerie Perron

Paru le dimanche, 14 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

Ca joue dur du côté des fromagers! Le Quotidien rapporte une histoire de mise en demeure (un litige survenu entre Sylvie Beaudoin, directrice générale de la
Fromagerie Perron, et Éric Régnier, propriétaire du commerce IGA de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, et également président régional par intérim de l’Association des détaillants en alimentation).


Éric Régnier
Photo Le Quotidien, Steeve Tremblay. Source

On ne comprend pas trop s'il s'agit d'une petite guéguerre entre commerçants locaux, qui auraient fort bien pu être des rivaux et des concurrents commerciaux dans la vraie vie, avant que ne survienne la crise de listériose. Je ne connais pas assez ce coin du Québec et l'industrie du fromage pour être en mesure de comprendre quelles sont les liens et relations professionnelles des commerces de cette région.

Pourquoi une fromagerie enverrait-elle une mise en demeure au président régional de l'organisme censé représenter les intérêts des commerçants de fromage? Un autre article du Quotidien rapporte pourtant que Éric Régnier estime que la crise de la listériose prend une ampleur démesurée. L'unité et l'harmonie n'ont pas l'air d'être au rendez-vous, dans ce coin-là de la province.


La Fromagerie Perron. Photo source

Avant que les choses n'aillent trop loin, et que des histoires pareilles se multiplient et ne viennent miner la crédibilité des autorités gouvernementales, qui interviennent dans le but de préserver la vie de gens et de contrôler un foyer d'éclosion difficile à identifier, je continue de penser qu'il serait urgent que le gouvernement du Québec mette sur pied un programme de compensations. Des programmes de cette nature ont été prévus par le gouvernement du Canada en cas de flambée de grippe aviaire. Une telle mesure permettrait de dédommager les commerçants des pertes encourrues au cours de la crise de listériose.

Un programme de compensation financière premettrait aux fromagers et commerçants de mieux encaisser les mesures de contrôle sanitaire. Les messages véhiculés par les médias comporteraient moins de reportages portant sur le lobby de fromagers irrités, et les citoyens pourraient se concentrer sur les messages officiels provenant des autorités gouvernementales.

Puisque les autorités sanitaires continuent d'affirmer qu'elles s'attendent à d'autres cas - donc que le danger de santé publique est peut-être encore présent - et que le bilan des cas continue d'augmenter, je pense qu'il serait important de garder le focus sur le gouvernement dans la presse en général, et limiter l'attention portée à des commerçants enragés. Une forme de compensation financière destinée aux fromagers touchés par la crise limiterait les dégâts à plusieurs niveaux.


LA FROMAGERIE PERRON DANS LA TOURMENTE - Pointée du doigt par le MAPAQ
Samedi 13 septembre 2008 | Par Marc St-Hilaire | Le Quotidien

SAINT-PRIME - La fromagerie Perron a été injustement mêlée à la crise de la Listériose, jeudi dernier, alors que les inspecteurs du MAPAQ sont débarqués en trombe à l’épicerie IGA Régnier de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

Véritable institution de l’industrie fromagère au Québec, la fromagerie Perron de Saint-Prime a clairement été pointée du doigt par les représentants ministériels lorsqu’ils ont fait irruption au commerce jeannois. Sur ordre de leur supérieur, ils devaient procéder à l’analyse complète du comptoir fromager du IGA Régnier parce qu’on y avait coupé une meule du produit suspect.

Les tests se sont finalement avérés négatifs.

Cette affaire confirme l’état de panique qui sévit présentement au ministère du député Laurent Lessard, jusqu’ici muet quant à la situation. Une véritable psychose alimentée quotidiennement par des événements du genre.

Et vraisemblablement, les cicatrices se multiplieront au sein du réseau de l’alimentation, celles-ci étant engendrées par les interventions improvisées des fonctionnaires, prédisent plusieurs observateurs.

Par exemple, la directrice générale de la fromagerie Perron, Sylvie Beaudoin, confirme avoir expédié hier matin une mise en demeure au propriétaire du commerce de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, Éric Régnier. Elle lui reproche d’avoir signalé que la fromagerie Perron était l’objet de l’intervention de jeudi dernier.

[La version complète du texte est disponible dans Le Quotidien.]

Source: www.cyberpresse.ca

Un marchand avec une conscience: il procède à un «retrait préventif»

Paru le samedi, 13 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

C'est rare qu'on entend cela: la Fromagerie du marché Atwater a procédé à un «retrait préventif» de ses fromages.

En ce qui concerne la grippe aviaire, la plupart des abattages préventifs que nous avons pu observer ont eu lieu dans des pays où les résultats des tests étaient lents à survenir aux oreilles des propriétaires, qui prenaient les grands moyens pour tenter de contrôler les infections au H5N1.

Le cas de la Fromagerie du marché Atwater est davantage un cas de conscience et de professionnalisme de la part du propriétaire du commerce. Il a indiqué qu'il ne voulait pas prendre de chance de contaminer sa clientèle. Le propriétaire a jugé qu'il vallait mieux endosser quelques pertes financières, plutôt que de risquer de perdre sa chemise, si jamais son entreprise devait être associée à un cas public de contamination. Une stratégie gagnante, à mon avis...


Gilles Jourdenais, propriétaire de La Fromagerie du Marché Atwater à Montréal.
M. Jourdenais propose 650 sortes de fromage dans sa boutique. Photo Flickr source


La Fromagerie du Marche Atwater. Photo Flickr source


Marché Atwater - Les grands moyens
13 septembre 2008 | Par Stéphane Tremblay | Canoë Infos

Un autre fromager prend les grands moyens pour éviter de mettre sa clientèle en danger. La Fromagerie du marché Atwater a procédé à un «retrait préventif» de ses fromages, hier.

«J'ai décidé de retirer mes fromages puisque le MAPAQ a utilisé de mes instruments pour faire des expertises et que le risque de contamination est bien réel. Je ne veux prendre de chance pour mes clients», a raconté le propriétaire de la fromagerie, Gilles Jourdenais.

Les comptoirs dégarnis devraient faire place à de nouvelles meules de fromage dès lundi, jour où cette fromagerie doit recevoir les résultats des analyses du MAPAQ.

Au Québec, plus de 300 commerces ont vidé récemment leurs tablettes des produits potentiellement contaminés par la Listeria.

Hier, le ministère de la Santé répertoriait 24 cas de listériose liés à la bactérie retrouvée dans des fromages québécois, dont un décès.

Source: www2.canoe.com

Listériose: Une mesure de compensation pourrait-elle être proposée aux fromagers?

Leur grand tapage pourrait nuire à la santé publique et provoquer encore plus d'insouciance de la part des consommateurs

Paru le jeudi, 11 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

J'ai lu quelque part (mais je ne me rappelle malheureusement plus où), que le gouvernement fédéral avait préparé des programmes d'indemnisation et de compensation des fermiers avicoles en cas de flambée de grippe aviaire chez la volaille au Canada. De tels programmes ont été mis sur pied par plusieurs nations à travers le monde, dans le but de soutenir les industries avicoles gravement touchées par le virus galoppant H5N1.


Est-ce qu'il existe un programme de ce genre au pays pour d'autres types de foyers d'éclosion, comme pour la listériose par exemple? Le gouvernement du Québec ne pourrait-il pas en créer un d'urgence?

Un article de Canoë rapporte une entrevue (un clip vidéo) avec un courtier d'assurance (Louis Cyr), qui explique que les petits producteurs de fromage pourraient ne pas être indemnisés pour les pertes encourues à la suite de l'opération de «ramassage» et de destruction des aliments, étant donné qu'ils n'ont pas les moyens de souscrire à la police d'assurance qui les aurait couverts pour ce genre de dommage.

Mais le gouvernement du Québec pourrait-il développer un programme d'indemnisation quelconque? Cela fermerait pourrait peut-être arriver à consoler et fermer le bec aux fromagers. Ils arrêteraient peut-être de se lamenter, et d'accuser le gouvernement d'exagérer dans ses actions de protection de la santé publique. Ce trouve que ce genre de chialage fait du tort à la population: des gens qui n'y croient déjà pas d'avance à la menace de la listériose, pourraient être tentés de penser que le gouvernement exagère, et que la listériose, c'est de la foutaise. Des gens pourraient acheter et consommer des produits qui sont contaminés, influencés par le lamentage des commerçants qui n'ont d'autre intérêt que la santé de leur porte-feuille avant toute chose.

J'espère que les autorités gouvernementales québécoises vont trouver une manière de collaborer avec le lobby des fromagers et leur proposer quelque chose (comme une mesure de compensation) qui leur conviendrait.
Assurance - Crise de listériose: les commerçants seront-ils indemnisés?
10 septembre 2008 | Canoë.com

En vidéo, écoutez les précisions du courtier d'assurance Louis Cyr. (suivez ce lien)



Les détaillants de fromages du Québec doivent encaisser d'importantes pertes à la suite du rappel de plusieurs produits. La fin de semaine dernière, ils ont dû jeter tous les fromages qui auraient pu être contaminés par la bactérie Listéria.

Le courtier d'assurance Louis Cyr explique qu'il existe une police d'assurance qui couvre ce genre d'événements, mais que la majorité des petits commerçants n'ont pas les moyens de se la procurer.

Il affirme que la plupart des commerçants seront couverts pour les dommages subis par les personnes qui ont consommé des produits contaminés. Ils ne seront cependant pas indemnisés pour les pertes encourues à la suite de l'opération de «ramassage» et de destruction des aliments, à moins d'avoir souscrit à «l'assurance pour rappel des produits».

M. Cyr indique que ces commerçants pourraient également devoir se résigner à essuyer les pertes liées à la baisse des ventes futures.

Source: http://argent.canoe.com

Listériose: Le gouvernement a agi avec fermeté, les fromagers chialent tant qu'ils le peuvent

Listériose: Le gouvernement a agi avec fermeté, les fromagers chialent tant qu'ils le peuvent, et la voix des citoyens est inaudible dans tout ce tintamarre

Paru le jeudi, 11 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Photo source

Je trouve que cela fait pitié à entendre, dans une «situation d'éclosion dynamique» d'une maladie, lorsqu'un gouvernement est obligé de justifier l'application de mesures sanitaires d'urgence dans le but de protéger la vie des citoyens. Il me semble que cela va de soi, et que c'est le rôle absolument normal d'un gouvernement de mettre en place des mesures d'urgence et des règles d'inspection des aliments.

On peut s'attendre aussi à ce que les commerçant qui perdent un important chiffre d'affaires en raison d'une crise de santé publique se mettent à rouspetter. Mais aller jusqu'à qualifier "d'effets pervers des actions spectaculaires et parfois cavalières du MAPAQ", je trouve que c'est peser un peu fort sur la pédale des accusations. Si les commerçants sont convaincus qu'ils sont victimes "d'effets pervers", qu'ils se documentent un peu et qu'ils regardent ce que l'industrie de la volaille a dû encaisser en Asie et en Europe, en raison de la grippe aviaire. Ils réaliseront que leur présente situation est presque du bonbon à comparé à ce que des producteurs avicoles et commerçants ont traversé au Bangladesh, en Inde, en Indonésie, en Corée du Sud, etc. Que feront les commerçants d'ici, comment réagiront-ils, s'ils devaient encaisser une crise de flambée de grippe aviaire?

C'est pourquoi je suis rassurée d'apprendre que le ministère de l'Agriculture a déclaré fermement, en réponse aux critiques des fromagers: «Nous avons la certitude que les opérations que nous avons menées nous ont permis de prévenir d'autres maladies et même de sauver des vies».

Les fromagers touchés, et maintenant l'association des fromagers (la Société des fromages du Québec), font beaucoup de bruit ces derniers jours pour mettre de la pression sur le gouvernement du Québec. Je suppose qu'ils cherchent à limiter les actions et les dégâts financiers qui sont causés par la crise de listériose à leur industrie du fromage. Ils ont même obtenu l'appui du député du Parti Québécois critique de l'agriculture, Maxime Arseneau. Voir mon billet à ce sujet: Listériose: Quelqu’un a-t-il parlé d’une «crise de confiance»?

Dans les articles de presse, le point de vue des fabriquants et des commerçants est très présent, mais où donc est celui des représentants des citoyens? N'y a-t-il pas aucune organisation pour prendre la parole et être citée par un journaliste dans les reportages sur la crise de listériose?

Quelques scientifiques ont pris la parole dernièrement. Jacques Goulet, microbiologiste et professeur au département des sciences des aliments et de nutrition de l’Université Laval, a déclaré qu'il croit que les Québécois "devront apprendre à vivre avec Listeria et bien d’autres bactéries causant des toxi-infections alimentaires." Parce que d'après ce microbiologiste, le mégarappel et la grande désinfection imposés par MAPAQ "ont peu de chance de mettre un terme aux éclosions de listériose"

Mais qu'en pensent les regroupements d'aînés? Les associations de sages femmes? Les organisations oeuvrant auprès des cancéreux et autres personnes au système immunitaire affaibli?

Je pense qu'il faudrait inclure le point de vue du contre-pouvoir des citoyens dans des reportages sur la listériose, pour répondre aux chialage grandissant des commerçants. On le sait: gagner de l'argent est important aux yeux des fromagers. Mais faut-il que cela se fasse au péril de la vie des consommateurs de leurs produits?

Voici la nouvelle rapportée par la Presse canadienne, via Le Devoir:
Listériose - Le MAPAQ justifie son opération
Jeudi, 11 septembre 2008 | La Presse canadienne, Le Devoir

Québec -- Critiqué de toutes parts, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation soutient que son opération de destruction de fromages potentiellement contaminés à la Listeria était justifiée et a permis de sauver des vies.

Le MAPAQ a fait le point sur la crise hier, après avoir essuyé de sévères critiques de fromagers et de détaillants qui ont questionné les mesures draconiennes appliquées la fin de semaine dernière.

Selon le porte-parole Guy Auclair, le ministère n'a pas eu le choix d'imposer la mise au rancart de nombreux fromages dans 300 points de vente en raison des risques de contamination croisée, après la découverte de deux sources de Listeria à la Fromagerie Médard et aux Fromagiers de la table ronde.

«Nous avons la certitude que les opérations que nous avons menées nous ont permis de prévenir d'autres maladies et même de sauver des vies», a affirmé M. Auclair en conférence de presse à Québec, flanqué de représentants de l'industrie et des détaillants.

Au cours de l'intervention, 33 commerces ont été inspectés et des traces de contamination ont été décelées chez 16 d'entre eux. Le ministère attend toutefois les résultats d'analyse qui pourraient relier cette contamination aux sources identifiées dans les deux usines.

Jusqu'ici, 22 cas de listériose associés à des fromages ont été répertoriés au Québec, dont un mortel, et quatre cas actuellement à l'étude pourraient s'ajouter à la liste.

[...]

Afin de prévenir que d'autres usines infectées provoquent des rappels de fromage dans le futur, le ministère annonce qu'il mettra sur pied, à ses frais, un programme exceptionnel de dépistage dans les prochaines semaines.

[...]

Présent à la conférence de presse, le président de la Société des fromages du Québec, Gilles Lafontaine, a témoigné à la fois du ras-le-bol de ses membres et de leur volonté de contribuer à la résolution de la crise.

«On a hâte que tout ça s'arrête, mais on doit absolument collaborer avec les autorités en place si on veut en arriver à bout et ça, ça presse, le plus tôt possible», a-t-il résumé.

Puis, autant le président du Conseil de l'industrie laitière, Pierre Nadeau, que le porte-parole de l'Association des détaillants du Québec, Pierre-Alexandre Blouin, ont cherché à rassurer le public. «Avec le geste draconien qu'a posé le MAPAQ, les fromages restants, tous ceux qui sont encore disponibles en magasins, sont des fromages qui ont été blanchis», a indiqué M. Nadeau, selon qui plusieurs de ses membres sont durement affectés par la crise, notamment les neuf usines dont les meules demeurent sous embargo, en attente de résultats d'analyses.

Ni les détaillants ni les producteurs de fromage n'ont dressé un bilan des pertes essuyées à la suite de l'opération du ministère, qui se garde bien d'ouvrir la porte à un quelconque dédommagement financier. «Nous ne sommes pas rendus là», s'est contenté de dire le porte-parole Guy Auclair.

Pour sa part, le directeur de la Protection de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, n'a pas écarté la possibilité que de nouveaux cas de listériose soient découverts dans les prochains jours, précisant que le Québec vit une «situation d'éclosion dynamique». Toutefois, il a dit souhaiter que la découverte des deux sources de contamination dans les usines de fromage permette de freiner la progression de l'éclosion.

Solidarité rurale du Québec réclame elle aussi des mesures. «Demeurer dans l'indifférence aujourd'hui, c'est se payer les premières loges pour assister à l'extinction d'un fleuron de l'économie rurale du Québec. La crise frappe de plein fouet nos artisans et les pousse sérieusement au bord du gouffre. Ils n'ont plus aucune marge de manoeuvre. Il est absolument urgent et essentiel que le gouvernement agisse pour soutenir nos artisans afin qu'ils survivent à cette tempête», a plaidé la présidente de l'organisme, Claire Bolduc, par voie de communiqué.

La coalition ne remet pas en cause la menace pour la santé publique que représente la listériose. Elle est toutefois grandement préoccupée par les effets pervers des actions spectaculaires et parfois cavalières entreprises par le MAPAQ, et «s'indigne devant l'absence de mesures de sauvegarde pour éviter l'écroulement de ce créneau».

Source: www.ledevoir.com

Listériose: Quelqu’un a-t-il parlé d’une «crise de confiance»?

Paru le mercredi, 10 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviare.com


Mark Andersen, Rubberball Productions, #73329558. Libre de droits

Un microbiologiste québécois, Jacques Goulet (également professeur à l’Université Laval) est d'avis que nous sommes loin d'en avoir terminé avec la listériose au Québec, même après le grand ménage apparemment effectué dernièrement chez les fromagers par le gouvernement du Québec, qui y serait allé un peu trop fort, de l'avis des commerçants de fromage qui ont subi des pertes. «Il est donc loin d’être acquis que les endroits visités par les inspecteurs du MAPAQ cette fin de semaine sont désormais sans faille. Pas plus que les milliers d’autres laissés pour compte d’ailleurs», a averti Jacques Goulet.


Jacques Goulet. Photo source

On peut comprendre pourquoi ceux qui gagnent leur vie dans la production de fromage puissent être indignés par des mesures un peu drastiques mises rapidement en place par les autorités gouvernementales pour contrôler une éclosion de bactérie pouvant s’avérer mortelle pour les humains.

Ce que je ne comprends pas trop, cependant, c'est l'étrange déclaration d'un membre du Parti Québécois, qui a accusé le gouvernement du Québec de «créer une crise de confiance».



Maxime Arseneau. Photo source

J’avoue que je suis pratiquement tombée en bas de ma chaise lorsque j'ai lu l’article du Matin, rapportant une déclaration de Maxime Arseneau, porte-parole péquiste en matière d'agriculture, de pêcherie et d'alimentation. Le quotidien indique qu’il a qualifié de «geste intempestif» l'opération du MAPAQ.

Je trouve très déplacé que ce monsieur appuie les revendications des producteurs et marchands de fromage, au détriment des intérêts de la population québécoise, qui court ENCORE de probables risques d'être infectée.

J'ai l'impression que les propos de Maxime Arseneau sont en contradiction avec ceux de Bernard Drainville, chargé de critiquer la santé au même parti. Les deux députés se sont-ils consultés avant que soit faite cette déclaration?


Bernard Dranville. Photo source

Bernard Dranville a déclaré le 29 août dernier: «Le Ministère va un peu à tâtons, et le ministre n'a pas l'air sûr de lui. Il est hésitant, déplore Bernard Drainville, du PQ. Il doit être présent, rassurant et être certain que l'information qu'il donne est la bonne.» Le 3 septembre, Bernard Drainville a demandé au ministre Yves Bolduc de revoir tout le processus en cas de rappel de produits contaminés.

Cela ne me plait guère de voir un parti d'opposition prendre la défense des fromagers (surtout après avoir dit que le gouvernement n’était pas assez rassurant pour la population, ni sûr de lui), alors que nous n'avons encore aucune idée de l'ampleur que pourrait prendre la crise de listériose au Québec, étant donné qu'il a été répété à maintes reprises que des symptômes occasionnés par une infection de listériose peuvent survenir jusqu'à 70 jours après consommation d'un aliment contaminé.

Je suis très déçue de lire cette déclaration du député Arseneau, et inquiète pour le sort des gens. Je trouve qu'il est encore beaucoup trop tôt, dans la présente crise, pour se porter au secours des commerçants, alors que l'épée de Damoclès pend encore dangereusement au-dessus de la tête de la population québécoise.

C'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de projeter cette situation dans une hypothétique crise de grippe aviaire. De toute façon, ceux qui me connaissent suffisamment savent que c’est ce que je fais toujours…


Imaginons par exemple qu'un important foyer d'infection de grippe aviaire se déclare dans une ferme d'élevage du Québec. 30,000 poulets tombent raides mort en l'espace de quelques heures. Les autorités québécoises se mettent alors à abattre les 100,000 poulets qui restent de cet élevage et désinfectent les installations. Les autorités abattent aussi tout ce qui a des ailes et court sur 2 pattes dans un rayon de plusieurs kilomètres de la ferme touchée par le virus de la grippe aviaire.

Ensuite, le foyer d'infection de H5N1 se répand malheureusement à une autre ferme. Autre abattage massif. Puis à une autre ferme. Autre abattage massif. Et ainsi de suite… Les autorités gouvernementales sont obligées d'abattre des millions de poulets en l’espace de quelques semaines, comme cela s’est fait dans plusieurs pays d’Asie, notamment en Corée du Sud dernièrement, qui a dû combattre beaucoup plus férocement qu’à l’habitude un virus démontrant de nouveaux comportements et se propageant à la vitesse de l’éclair.

Ensuite, que pensez-vous que feront les éleveurs de poulets québécois? Ils seront insultés! Ils vont protester, parce qu’ils prendront des centaines de milliers de dollars, voire des millions de dollars en un très court espace de temps. Les éleveurs de volailles devront probablement congédier des employés. Les consommateurs québécois seront frileux à propos de la volaille et ils auront très peur de contracter la grippe aviaire. Les gens vont cesser d’acheter du poulet, et ils se rabattront sur les poissons et les viandes de bétail.

Un scénario de ce genre, nous en avons vu se dérouler des centaines sous nos yeux au cours des dernières années, dans le cas de la grippe aviaire.


Nous plaira-t-il d’entendre les porte-paroles de l’opposition plaider en faveur des commerçant touchés par le virus de la grippe aviaire, alors que nous risquerons d’être contaminés par ce dangereux virus mortel? Trouverons-nous, dans des circonstances de flambée de grippe aviaire, qu’il est de mise de critiquer un gouvernement qui applique des normes de surveillance des épidémies et de l’accuser de «créer une crise de confiance»?

Si ces comportements ne sont pas souhaitables dans une situation de grippe aviaire (et j’espère que nous ne les verrons jamais se réaliser ici, au Québec), je suis atterrée de constater que de telles déclarations ont eu lieu dans un contexte d’éclosion de listériose.

Une critique plus appropriée aurait été de réclamer des compensations financières pour les pertes provoquées par l'éclosion de listériose. Les pays touchés par la grippe aviaire ont mis sur pied des programmes de compensation pour aider l'industrie alimentaire à se remettre des conséquences des flambées du virus.

Je suis très préoccupée par ce qui pourrait arriver, si jamais nous devions combattre, ici au Québec, d’importants foyers d’infection de grippe aviaire chez la volaille et chez les humains.

D’un côté, nous avons un gouvernement qui agit lorsque survient une situation d’urgence de santé publique, mais qui gagnerait à être davantage transparent dans ses communications avec la population et beaucoup plus concis dans sa présentation des faits réels. D’un autre côté, nous avons une opposition qui manque de cohérence dans ses interventions. Alors que certains porte-paroles font des efforts pour défendre les intérêts de la population, d’autres démolissent ce qui aurait pu être dit, en se portant à la défense des marchands éplorés. Dans ce cas, j’ai bien peur qu’il ne reste plus personne pour défendre l'intégrité et la fiabilité du système de santé publique au Québec.

Quelqu’un a-t-il parlé d’une «crise de confiance»? Quand à savoir qui la provoque au juste, et en qui nous devrions avoir confiance, je vous laisse méditer là-dessus…

Le premier ministre Harper précise sur quels facteurs se penchera l'enquête indépendante à propos de la listériose

Paru le samedi, 6 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Stephen Harper. Photo source

Un comité d'enquête créé par le gouvernement fédéral sera mandaté pour formuler des recommandations sur des leçons à tirer de la crise de listériose et suggérer des mesures à prendre afin de prévenir une autre situation semblable.

Toutefois, Bob Kingston, président de l'Alliance du service public de l'Union agricole du Canada, a déclaré que cette commission était davantage un subterfuge pour assurer la ré-élection du premier ministre Stephen Harper qu'un réel souci de protection de la santé des Canadiens. "Nous savons déjà que le problème est un manque d'inspecteurs... dans un système qui se fie trop à l'industrie alimentaire pour s'auto-surveiller", a-t-il indiqué dans un communiqué de presse.

Un article de la Presse canadienne mentionne que la décision prise en mars dernier par le gouvernement Harper de déléguer l'inspection des aliments à l'industrie alimentaire a été grandement critiquée. Et avec raison! Voyez où cela a conduit le pays.

Je suppose que nous allons pouvoir consulter les travaux de cette commission d'enquête, un peu comme ce fut le cas pour la Commission sur le SRAS, présidée par le juge Archie Campbell. Cette commission relevait du gouvernement de l'Ontario, alors que la commission sur la listériose est commandée par le gouvernement fédéral. Le rapport Campbell déposé au printemps 2004 a identifié 21 principes pouvant servir à réformer la santé publique. Il est difficile d'évaluer où en sont rendues les autorités ontariennes dans leurs améliorations au système de santé suite au SRAS. Un bout de chemin a été parcouru, mais je suis certaine qu'il reste encore beaucoup à faire avant le déclenchement d'une prochaine pandémie.

Espérons que la commission qui portera sur la listériose conduira à des modifications et à des améliorations du présent système de procédés de transformation, de surveillance des marchés par des organismes fédéraux, de même que d'inspection des aliments. Tout ce qui touche de près ou de loin à la sûreté alimentaire au Canada a grand besoin d'être revu de A à Z.

Par ailleurs, les travaux réalisés dans le cadre de la crise de listériose permettront au Canada d'améliorer ses préparatifs pandémiques, car un meilleur système de surveillance des foyers d'éclosion et d'inspection des aliments sera un atout de taille, si jamais des flambées de grippe aviaire devaient survenir chez les oiseaux sauvages ou la volaille domestique, de même que chez la population humaine.


Stephen Harper annonce une enquête sur l'éclosion de listériose
Samedi, 6 septembre 2008 | La Presse canadienne

OTTAWA — À la veille du déclenchement d'élections fédérales, le premier ministre Stephen Harper a annoncé les facteurs sur lesquelles se penchera l'enquête indépendante qui sera menée sur l'éclosion de listériose au pays.

Le bureau du premier ministre a indiqué que l'enquête examinera notamment l'efficacité d'intervention des organismes fédéraux dans le rappel des produits contaminés par la bactérie Listéria, qui a entraîné la mort de 13 personnes au Canada.

L'enquête se penchera aussi sur les circonstances qui ont contribué à l'éclosion de listériose, liées à certains procédés de transformation de la part de la société des Aliments Maple Leaf.

Le comité d'enquête aura comme mandat de formuler des recommandations sur des leçons tirées de l'incident et des mesures à prendre afin de mieux prévenir une éclosion similaire à l'avenir.

Depuis l'éclosion de listériose au pays, le gouvernement de Stephen Harper a été la cible de nombreuses critiques. On lui reproche notamment d'avoir pris la décision, en mars dernier, de déléguer à l'industrie alimentaire la responsabilité d'inspecter les aliments qu'elle produit.

Les libéraux fédéraux ont également reproché à M. Harper d'annoncer cette enquête au moment où des élections fédérales seront déclenchées.

Au Canada, 38 cas de listériose ont été répertoriés et 20 autres sont toujours en attente de confirmation.

(Suite)

Crise de listériose | «Calveat emptor»: débrouillez-vous pour savoir quoi acheter et quoi consommer

Crise de listériose | «Calveat emptor»: débrouillez-vous pour savoir quoi acheter et quoi consommer. Demandez-vous aussi à quel point vos vies comptent aux yeux du gouvernement et des industriels

Paru le mardi, 2 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Tom Hanks, dans le film Seul au monde. Photo source

On voit souvent, dans les billets de blogueurs sur l’influenza, l’expression «Calveat lector», en lien avec des données de cas suspects de grippe aviaire survenant un peu partout en Asie.

Je viens de lire un article du Devoir, plutôt bouleversant, «Mourir de la listériose: les dessous d’une crise fabriquée au Canada», qui mentionne l’expression «Calveat emptor». Il paraîtrait que c'est au citoyen de se débrouiller pour acheter et consommer les bons produits. Nous sommes livrés à nous-mêmes, tel un Tom Hanks dans le film Seul au monde. Voici la conclusion de l'article du Devoir:
«Des esprits cyniques concluront qu'il n'est point besoin d'enquête ni de réforme. Le marché fonctionne très bien: les commerces qui négligent la qualité des aliments sont vite évincés du marché par des consommateurs furieux ou craintifs. Le public renouerait ainsi avec l'antique maxime Caveat emptor! À l'acheteur d'être prudent.

Toutefois, ce serait là sacrifier les gens, de plus en plus nombreux, qui n'ont pas les moyens de faire montre de circonspection, ou même de choisir leurs aliments. Les malades dans les hôpitaux, les résidents des hospices, les enfants des écoles, nombre de gens vulnérables ou dépendants comptent parmi la clientèle de l'alimentation commerciale.

Qui va les protéger du laxisme d'une entreprise ou de la complaisance d'un gouvernement? Achetez local, clament certains. En matière de bactérie dangereuse, le «produit local» n'est pas plus sécuritaire que le produit industriel. En cas de contamination, ses ravages seront forcément limités. Mais cela ne saurait tenir lieu de politique de santé publique.

D'où viendra l'avis honnête dont le citoyen a besoin si le gouvernement, l'université et toute une presse n'en ont que pour les industriels de l'alimentation?»


Jean-Claude Leclerc

Je vous invite à lire au complet et attentivement l'article de Jean-Claude Leclerc du Devoir. L'auteur a dû effectuer de nombreuses recherches sur les dessous de la crise de listériose pour en arriver à produire un article de ce calibre.


Jean-Claude Leclerc révèle qu’il existe une sorte de système à deux vitesses de production des aliments au Canada: la production d’aliments de qualité mieux contrôlée, destinée à l’exportation pour le marché américain, et une production d’aliments de qualité beaucoup moins contrôlée, qui sont vendus aux Canadiens. Le journaliste souligne également le fait que le gouvernement, les universitaires et les médias ferment les yeux sur cette réalité, puisqu’ils appuient les grands industriels du secteur de l’agro-alimentaire.

OK, laissez-moi reprendre mon souffle quelques instants, parce que ces révélations sont plutôt dérangeantes!

Ai-je bien compris? Il semblerait qu’IL N'EXISTE PAS présentement d’instances DANS TOUT CE GRAND PAYS qui souhaiteraient améliorer la sûreté des aliments destinés au marché canadien.

Au fond, c’est un peu la même situation pour la grippe aviaire et les préparatifs pandémiques. Les autorités semblent se ficher éperdument de savoir ou pas si nos préparatifs canadiens en vue d’une pandémie sont suffisants ou insuffisants. La menace de pandémie est No. 1 dans l’échelle des risques pour la nation (du moins, c'est l'avis du Royaume-Uni). Mais avez-vous connaissance présentement que des décideurs et des planificateurs se tracassent à ce sujet? Pas du tout! Pas plus que pour la sûreté alimentaire au Canada.

En fin de compte, ce sera encore les citoyens qui devront tout encaisser. Ceux et celles qui auront la chance de tomber sur de l’information d’ici le déclenchement de la pandémie, et qui auront pu se préparer le mieux possible, vont peut-être échapper à un destin tragique.

Mais pour les autres, c’est «Calveat emptor».

D'après ce qui se passe actuellement - ou plutôt ce qui ne se passe pas - il serait sage de faire de la «Bouée de sauvetage en cas de pandémie» notre lecture de chevet assidue, et tirer tous les plans possibles pour nous préparer individuellement du mieux que nous le pourrons, en vue du déclenchement de la prochaine pandémie d’influenza. Ne lésinons surtout pas sur la prudence et la prévoyance, car si nous nous comparons à d’autres pays qui se préparent à cet éventualité, alors que ce n’est pas notre cas, j'envisage que la pandémie ne sera pas du gâteau pour nous, citoyens canadiens. À observer la gestion de la présente crise de listériose au Canada, il n’est pas difficile de faire le parallèle avec la crise que provoquera la déclaration d’une pandémie. Et avec ce que nous découvrons grâce à ce qui émerge face aux décisions gouvernementales, dans un contexte encore plus grave nous risquons de nous sentir aussi seuls que Tom Hanks. Et j’ai malheureusement l’impression que ce n’est pas demain que nous verrons les choses s’améliorer…
 
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