Blogue de Lyne Robichaud

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08 avril 2009

Un miracle pascal s'est produit: Bernard Drainville s'exprime enfin

Un miracle pascal s'est produit les amis: le député québécois Bernard Drainville a réagi à une vidéo où l'on voit Barack Obama parlant de pandémie, une information transmise via Twitter. IL A OSÉ UTILISER LE MOT "PANDÉMIE".
@BDrainvillePQ à @Lyne_Robichaud "Merci! Je retiens ceci: pour faire face à une éventuelle pandémie, ça prend des infrastructures publiques fortes. Logique!"

Bernard Drainville, merci, merci. J'ai tant attendu, tant espéré, vous savez. [Je suis en deuil] mais je pleure de joie.

À propos de la fameuse vidéo, l'ami Greg Dworkin (@DemFromCT) m'a indiqué sur Twitter: "We had that snippet pulled just for us by our video editor, Jed." Merci Jed pour ce travail d'édition, merci Greg d'avoir inclus cette vidéo dans ton billet intitulé 'Public Health Interview: Dr. Georges Benjamin'.

M. Drainville, vous êtes le tout premier député de l'Assemblée nationale du Québec à répondre à un "feed-back" de citoyen 2.0 concernant des questions de préparatifs pandémiques.

M. Drainville, vous devenez ainsi le troisième haut gestionnaire gouvernemental au monde à ouvrir une fenêtre de dialogue à propos de questions de pandémie, via les médias sociaux (après Craig Vanderwagen, HHS, États-Unis, et Thierry Saussez, Service de l'Information du Gouvernement, République de France). (Voir mes billets ici et ici.)

18 mois. Cela fait 18 mois que j'espère qu'un député du Québec se penchera sur les questions de pandémie. J'ai débuté mes démarches auprès des députés de l'Assemblée nationale le 27 septembre 2007. L'un d'eux a enfin osé s'exprimer (d'une façon qui fasse sens): le critique de l'opposition officielle en matière de santé.

Ce matin, après 7 jours d'interruption d'accès aux contenus (exceptionnellement en raison de mon deuil), nous reprenons les activités de diffusion et de traduction de l'information dans www.Zonegrippeaviaire.com, avec une bonne nouvelle. Quelqu'un nous a entendu. Quelqu'un nous a répondu.

Et cette fois, c'est différent. La réponse est POSITIVE. Elle se démarque de ce qu'ont déclaré d'autres politiciens québécois et hauts fonctionnaires auparavant.

Je me rappelle encore les paroles de mon ex-député, Sébastien Proulx (janvier 2008): "Tout est conforme [dans les préparatifs pandémiques de l'administration Charest], il n'y a pas lieu d'intervenir."

Et que dire des propos de Yves Pépin (juin 2008): "Nous ne vous reconnaissons pas pour ne pas avoir à reconnaître le reste des médias sociaux."

Bernard Drainville a repris le discours du président des États-Unis, Barack Obama, dans son tweet/réponse du 7 avril.

Il reste à voir si Bernard Drainville et le Parti Québécois prendront désormais l'habitude d'intervenir régulièrement à propos des questions de préparatifs pandémiques, pousseront sur l'administration Charest pour que le Québec déploie davantage d'efforts en vue d'une pandémie, et que les Québécoises et Québécois soient mieux informés du réel risque pandémique.

J'espère aussi que les autorités québécoises cesseront de considérer les citoyens 2.0 comme des tarés, des "pas crédibles et pas matures", et que de nombreux politiciens québécois déploieront leur imagination pour trouver prochainement des avenues de collaboration avec la communauté virtuelle, qui n'a cessé de construire Zonegrippeaviaire.com un peu plus à chaque jour, et ce depuis le 13 juin 2007.

26 mars 2009

Il est impératif que l'État québécois développe une meilleure vision à long terme


Je reponds à un billet du député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, critique de l'opposition officielle, en matière de santé, intitulé "Un budget sans vision et courage".

Monsieur Dranville, vous soulignez que “toutes les décisions difficiles sont remises à plus tard”. Je suis contente que vous ayiez mentionné cela.

Vous parlez aussi de pots cassé­s. Assurément, si la présente administration n’arrive pas à démontrer une meilleure capacité de vision à LONG TERME, la société québécoise se retrouvera avec de très graves problématiques sur les bras dans un avenir pas si lointain que cela.

Je rappelle de nouveau que le spectre de la pandémie pend toujours comme une épée de Damoclès au-dessus de l’humanité, et que le Québec n’y échappera pas, même si cela ne fait pas l’affaire des dirigeants de l’État. La pandémie d’influenza se produira à un moment ou un autre, et chaque jour qui passe nous rapproche de cette crise sanitaire mondiale. Une pandémie n’attendra pas que le Québec ait eu le temps d’y penser. Les virus ne consultent pas les journaux et ne lisent pas les communiqués de presse. Et ce n’est pas parce qu’elle ne s’est pas encore produite qu’une pandémie n’arrivera jamais.

L’ONU a averti: “Préparez-vous au grand choc écomomique.”

“La plupart de pays se sont concentrés sur la pandémie comme cause potentielle de catastrophe et ont effectué quelque planification. Mais la qualité de leurs plans est inégale et trop peu d’entre eux ont porté attention aux CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES”, a déclaré David Nabarro à BBC radio.

“Les conséquences économiques pourraient s’élever à 2 trillions de dollars américains - jusqu’à 5 pour cent du produit intérieur brut”, a-t-il dit, réitérant des évaluations antérieures de la Banque mondiale et de l’ONU. Je considère que cette évaluation est très conservatrice. Les conséquences d’une pandémie sur notre monde moderne et interconnecté sont quasiment inimaginables.

Avec une dette alourdie, un affaiblissement à moyen terme des infrastructures de santé et d’éducation, des plans de pandémie totalement désuets et planifiant pour le scénario le plus insignifiant, et une population délibérément maintenue dans l’ignorance des enjeux réels, je redoute le pire pour l’avenir du Québec. Il serait grand temps que l’État prenne ses responsabilités.

20 février 2009

À propos du ministre de la Santé Yves Bolduc, et du temps d’attente dans les urgences

Bernard Drainville

«La première responsabilité du ministre de la Santé, c’est d’être le capitaine de l’énorme navire amiral qu’est le système de santé québécois. Renoncer à se donner des cibles, c’est se satisfaire du strict minimum. Renoncer à se donner un objectif, c’est renoncer à se donner une destination. C’est naviguer sans gouvernail. C’est abdiquer ses responsabilités et, surtout, manquer à son devoir de leadership», a déclaré le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, dans son billet intitulé «Yves Bolduc et les urgences: Comment atteindre un objectif qu’on ne se fixe pas?».

Je félicite M. Drainville pour ce billet. Je vous invite par ailleurs à consulter régulièrement son blogue.

Davantage de leadership de la part du tsar de la Santé au Québec est espéré, et il est impératif que la problématique d’engorgement des urgences soit solutionnée. La saison de l’influenza bat son plein en ce moment, et notre système de soins de santé est débordé. Qu’en sera-t-il en temps de pandémie?

Une infrastructure de santé publique plus solide et bien gérée résisterait mieux au choc que causera une pandémie d’influenza.

Nous pouvons observer que les décideurs à la tête de l’actuel «navire amiral» qu’est le système de santé québécois manquent de rigueur et de méthode, dans leur manière de gérer les projets. La règle du strict minimum, qui est soulevée par Bernard Drainville, m’apparaît comme étant généralisée à l’ensemble des dossiers.

Je partage l'opinion du député de Marie-Victorin à propos de la navigation sans gouvernail. Cela fait des mois que je réclame un plus grand leadership, de la vision, du courage, et de la volonté de la part du chef de la Santé du Québec. Plusieurs observateurs entrevoient que si les dossiers continuent d’évoluer à pas de tortue et que si les responsables demeurent figés dans la torpeur (pour reprendre l'expression du billet de Bernard Drainville daté du 13 février dernier), les Québécoises et les Québécois se retrouveront dans un terrible pétrin, lorsque se déclenchera la pandémie d’influenza. Et elle arrivera. Les pandémies arrivent. Elles sont inévitables. Et la pandémie frappera le Québec, que cela fasse l’affaire ou non des hauts responsables de l’administration, et qu’ils aient eu ou non le temps de s’organiser avant qu’elle ne frappe. Attendez un peu de voir l’état des urgences à ce moment-là…

C’est pourquoi il est URGENT de consolider, par tous les moyens possibles, l’infrastructure de soins de santé du Québec. Réduire le temps d’attente dans les urgences assurerait une certaine mitigation du système.

18 novembre 2008

Bilan du mandat de l'ex-ministre Philippe Couillard

Bilan du mandat de l'ex-ministre Philippe Couillard: un dossier majeur s'est dès le départ trompé de cible. Un dérapage substantiel pourrait aussi avoir eu lieu avec les préparatifs pandémiques

Paru le samedi, 13 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Photo: Pedro Ruiz, source

Martine Letarte dresse aujourd'hui dans Le Devoir un bilan du mandat de cinq ans de l'ex-ministre Philippe Couillard, à la tête la Santé du Québec. Ce que je retiens de cet article, c'est que malgré l'important travail réalisé de réforme de grands réseaux intégrés de services, certains affirment que le ministre s'est trompé de cible.

Il est possible que dès le départ, l'analyse de ce dossier n'ait pas été enlignée dans la bonne direction. Un travail gigantesque a été effectué par la suite, mais toujours pas dans le bon sens...

Je ne suis pas une spécialiste de la réforme des réseaux intégrés de services de santé au Québec. Je note toutefois que pour ce dossier majeur, il est survenu un dérapage magistral. Nous pouvons observer qu'il persiste encore trop d'attente aux urgences (j'en sais quelque chose pour l'avoir vérifié moi-même il y a une dizaine de jours).

La réforme des réseaux intégrés de services est passée à côté de la plaque, comme l'a indiqué le Dr Réjean Hébert, doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke: "Pour améliorer la situation aux urgences, on doit s'occuper de tout ce qui vient avant et de tout ce qui vient après, donc les soins de première ligne et la réadaptation. Ainsi, il n'y a pas eu de révolution dans les urgences."

J'entrevois de mon côté un dérapage majeur dans le dossier de la planification de pandémie (un dossier initié pendant le mandat de Philippe Couillard), parce que le gouvernement du Québec ne se préoccupe pas de "tout ce qui vient avant et après". Cela se passe exactement comme pour la réforme des réseaux intégrés de services de santé. Je prévois par conséquent que la planification de pandémie du gouvernement du Québec s'en va dans le mauvais sens, notamment parce que la mitigation des communautés est totalement négligée et que le citoyen n'est pas inclus dans le processus des préparatifs pandémiques.

Les planificateurs québécois de pandémie se concentrent sur des mesures d'intervention pharmaceutique (ils se bornent par exemple à acheter des médicaments: antiviraux, vaccins, infections secondaires), alors que les interventions non pharmaceutiques sont gravement négligées.

Les interventions non pharmaceutiques sont plus compliquées à mettre en oeuvre et nécessitent davantage de travail de planification et d'intervention. Les interventions non pharmaceutiques exigent aussi beaucoup d'esprit créatif, de leadership, de même qu'une volonté de collaboration et de communication avec la population. Pour impliquer les citoyens dans un tel processus complexe, il faut d'abord arriver à reconnaître que les citoyens jouent un rôle important et vital dans une situation de crise majeure de santé publique, comme l'est une pandémie d'influenza. Il faudrait que les planificateurs de pandémie et les décideurs arrivent à faire confiance aux citoyens, et qu'ils cessent de penser que les citoyens sont stupides et qu'ils ne comprennent rien à rien...

Voici l'article faisant le bilan des réalisations de l'ex-ministre Philippe Couillard, publié aujourd'hui dans Le Devoir.
Philippe Couillard au ministère de la Santé - Un bilan controversé
Samedi 13 et dimanche 14 septembre 2008 | Par Martine Letarte | Le Devoir

«Cinq ans, c'est long et c'est du jamais vu!»

Cinq ans à la tête du ministère de la Santé et des Services sociaux. Un record de longévité qu'a établi Philippe Couillard, neurochirurgien de formation. Mais, sur le terrain, quel bilan de ses réalisations dressent ses anciens collègues des facultés de médecine? Le Devoir a posé la question à François Béland, professeur au département d'administration de la santé de la faculté de médecine de l'Université de Montréal, et à Réjean Hébert, doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke.

D'entrée de jeu, les deux experts interviewés ont voulu saluer la longévité de l'ex-ministre de la Santé. «Cinq ans, c'est long et c'est du jamais vu! Le ministre de la Santé est à la tête d'une entreprise de 20 ou 25 milliards et Philippe Couillard aura au moins réussi à y apporter un peu de stabilité», indique M. Béland.

«Philippe Couillard a fait preuve d'un sens politique exceptionnel en réussissant à imposer et à maintenir la santé parmi les priorités du gouvernement. Il a aussi réussi à bien informer la population», croit pour sa part le Dr Hébert.

La réforme Couillard

Toutefois, lorsqu'ils regardent les réalisations de Philippe Couillard, les deux spécialistes sont plus critiques. D'abord, tous deux considèrent la réforme Couillard comme une réalisation majeure de son mandat. En résumé, cette réforme a créé de grands réseaux intégrés de services, les CSSS, en fusionnant les CLSC avec les CHSLD et, dans plusieurs cas, avec l'hôpital de la région.

«Comme les budgets ont aussi été fusionnés, cela devait permettre une plus grande souplesse. L'idée n'était pas mauvaise, mais le problème, c'est que les CSSS ne jouissent pas actuellement d'une liberté d'action. Par exemple, un CSSS ne peut décider actuellement de fermer des lits dans son CHSLD pour investir davantage dans les soins à domicile. Pourtant, dans la logique de la réforme Couillard, les CSSS devraient avoir cette liberté de bouger leurs sous selon leurs besoins», affirme François Béland.

De plus, le spécialiste croit que le réseau continue de souffrir énormément de cette réforme. «Le réseau est très essoufflé actuellement.»

Le Dr Hébert est du même avis. «Les fusions ont créé beaucoup de remous. Le système de santé est maintenant embourbé dans une réforme de structure, au lieu de concentrer ses énergies dans la qualité des soins offerts. Il y a beaucoup de démotivation auprès du personnel et de perte du sentiment d'appartenance à leur établissement. Peut-être que, à long terme, on verra les effets bénéfiques de la réforme Couillard, mais ce n'est pas le cas présentement», affirme-t-il.

Peu médecins de famille, trop d'attente aux urgences

Les deux spécialistes s'entendent aussi pour dire que la réforme Couillard n'a pas suffisamment mis l'accent sur le développement des Groupes de médecine familiale (GMF).

«La réforme prévoyait une meilleure intégration des médecins de famille aux CSSS, mais le ministre n'est pas allé assez loin dans cette direction. De plus, il est évident qu'il n'y a pas assez de GMF, entre autres parce que le processus bureaucratique pour en créer est beaucoup trop lourd. Aussi, les GMF n'ont pas suffisamment de ressources à leur disposition: ils manquent surtout d'infirmières praticiennes», croit François Béland.

Aux yeux du Dr Hébert, Philippe Couillard s'est tout simplement trompé de cible.

«Comme le grand problème était l'engorgement des urgences dans les hôpitaux, il a voulu régler le problème en s'attaquant aux hôpitaux. Or, pour améliorer la situation aux urgences, on doit s'occuper de tout ce qui vient avant et de tout ce qui vient après, donc les soins de première ligne et la réadaptation. Ainsi, il n'y a pas eu de révolution dans les urgences, comme le dénonçait l'opposition ce printemps.»

En mai dernier, Bernard Drainville, le porte-parole du Parti québécois en matière de santé, a annoncé que, selon les données du Centre de coordination nationale des urgences, les temps d'attente étaient toujours aussi longs qu'il y a cinq ans dans les urgences des hôpitaux du Québec.

(Suite)

Source: www.ledevoir.com

Listériose: Quelqu’un a-t-il parlé d’une «crise de confiance»?

Paru le mercredi, 10 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviare.com


Mark Andersen, Rubberball Productions, #73329558. Libre de droits

Un microbiologiste québécois, Jacques Goulet (également professeur à l’Université Laval) est d'avis que nous sommes loin d'en avoir terminé avec la listériose au Québec, même après le grand ménage apparemment effectué dernièrement chez les fromagers par le gouvernement du Québec, qui y serait allé un peu trop fort, de l'avis des commerçants de fromage qui ont subi des pertes. «Il est donc loin d’être acquis que les endroits visités par les inspecteurs du MAPAQ cette fin de semaine sont désormais sans faille. Pas plus que les milliers d’autres laissés pour compte d’ailleurs», a averti Jacques Goulet.


Jacques Goulet. Photo source

On peut comprendre pourquoi ceux qui gagnent leur vie dans la production de fromage puissent être indignés par des mesures un peu drastiques mises rapidement en place par les autorités gouvernementales pour contrôler une éclosion de bactérie pouvant s’avérer mortelle pour les humains.

Ce que je ne comprends pas trop, cependant, c'est l'étrange déclaration d'un membre du Parti Québécois, qui a accusé le gouvernement du Québec de «créer une crise de confiance».



Maxime Arseneau. Photo source

J’avoue que je suis pratiquement tombée en bas de ma chaise lorsque j'ai lu l’article du Matin, rapportant une déclaration de Maxime Arseneau, porte-parole péquiste en matière d'agriculture, de pêcherie et d'alimentation. Le quotidien indique qu’il a qualifié de «geste intempestif» l'opération du MAPAQ.

Je trouve très déplacé que ce monsieur appuie les revendications des producteurs et marchands de fromage, au détriment des intérêts de la population québécoise, qui court ENCORE de probables risques d'être infectée.

J'ai l'impression que les propos de Maxime Arseneau sont en contradiction avec ceux de Bernard Drainville, chargé de critiquer la santé au même parti. Les deux députés se sont-ils consultés avant que soit faite cette déclaration?


Bernard Dranville. Photo source

Bernard Dranville a déclaré le 29 août dernier: «Le Ministère va un peu à tâtons, et le ministre n'a pas l'air sûr de lui. Il est hésitant, déplore Bernard Drainville, du PQ. Il doit être présent, rassurant et être certain que l'information qu'il donne est la bonne.» Le 3 septembre, Bernard Drainville a demandé au ministre Yves Bolduc de revoir tout le processus en cas de rappel de produits contaminés.

Cela ne me plait guère de voir un parti d'opposition prendre la défense des fromagers (surtout après avoir dit que le gouvernement n’était pas assez rassurant pour la population, ni sûr de lui), alors que nous n'avons encore aucune idée de l'ampleur que pourrait prendre la crise de listériose au Québec, étant donné qu'il a été répété à maintes reprises que des symptômes occasionnés par une infection de listériose peuvent survenir jusqu'à 70 jours après consommation d'un aliment contaminé.

Je suis très déçue de lire cette déclaration du député Arseneau, et inquiète pour le sort des gens. Je trouve qu'il est encore beaucoup trop tôt, dans la présente crise, pour se porter au secours des commerçants, alors que l'épée de Damoclès pend encore dangereusement au-dessus de la tête de la population québécoise.

C'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de projeter cette situation dans une hypothétique crise de grippe aviaire. De toute façon, ceux qui me connaissent suffisamment savent que c’est ce que je fais toujours…


Imaginons par exemple qu'un important foyer d'infection de grippe aviaire se déclare dans une ferme d'élevage du Québec. 30,000 poulets tombent raides mort en l'espace de quelques heures. Les autorités québécoises se mettent alors à abattre les 100,000 poulets qui restent de cet élevage et désinfectent les installations. Les autorités abattent aussi tout ce qui a des ailes et court sur 2 pattes dans un rayon de plusieurs kilomètres de la ferme touchée par le virus de la grippe aviaire.

Ensuite, le foyer d'infection de H5N1 se répand malheureusement à une autre ferme. Autre abattage massif. Puis à une autre ferme. Autre abattage massif. Et ainsi de suite… Les autorités gouvernementales sont obligées d'abattre des millions de poulets en l’espace de quelques semaines, comme cela s’est fait dans plusieurs pays d’Asie, notamment en Corée du Sud dernièrement, qui a dû combattre beaucoup plus férocement qu’à l’habitude un virus démontrant de nouveaux comportements et se propageant à la vitesse de l’éclair.

Ensuite, que pensez-vous que feront les éleveurs de poulets québécois? Ils seront insultés! Ils vont protester, parce qu’ils prendront des centaines de milliers de dollars, voire des millions de dollars en un très court espace de temps. Les éleveurs de volailles devront probablement congédier des employés. Les consommateurs québécois seront frileux à propos de la volaille et ils auront très peur de contracter la grippe aviaire. Les gens vont cesser d’acheter du poulet, et ils se rabattront sur les poissons et les viandes de bétail.

Un scénario de ce genre, nous en avons vu se dérouler des centaines sous nos yeux au cours des dernières années, dans le cas de la grippe aviaire.


Nous plaira-t-il d’entendre les porte-paroles de l’opposition plaider en faveur des commerçant touchés par le virus de la grippe aviaire, alors que nous risquerons d’être contaminés par ce dangereux virus mortel? Trouverons-nous, dans des circonstances de flambée de grippe aviaire, qu’il est de mise de critiquer un gouvernement qui applique des normes de surveillance des épidémies et de l’accuser de «créer une crise de confiance»?

Si ces comportements ne sont pas souhaitables dans une situation de grippe aviaire (et j’espère que nous ne les verrons jamais se réaliser ici, au Québec), je suis atterrée de constater que de telles déclarations ont eu lieu dans un contexte d’éclosion de listériose.

Une critique plus appropriée aurait été de réclamer des compensations financières pour les pertes provoquées par l'éclosion de listériose. Les pays touchés par la grippe aviaire ont mis sur pied des programmes de compensation pour aider l'industrie alimentaire à se remettre des conséquences des flambées du virus.

Je suis très préoccupée par ce qui pourrait arriver, si jamais nous devions combattre, ici au Québec, d’importants foyers d’infection de grippe aviaire chez la volaille et chez les humains.

D’un côté, nous avons un gouvernement qui agit lorsque survient une situation d’urgence de santé publique, mais qui gagnerait à être davantage transparent dans ses communications avec la population et beaucoup plus concis dans sa présentation des faits réels. D’un autre côté, nous avons une opposition qui manque de cohérence dans ses interventions. Alors que certains porte-paroles font des efforts pour défendre les intérêts de la population, d’autres démolissent ce qui aurait pu être dit, en se portant à la défense des marchands éplorés. Dans ce cas, j’ai bien peur qu’il ne reste plus personne pour défendre l'intégrité et la fiabilité du système de santé publique au Québec.

Quelqu’un a-t-il parlé d’une «crise de confiance»? Quand à savoir qui la provoque au juste, et en qui nous devrions avoir confiance, je vous laisse méditer là-dessus…
 
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