Blogue de Lyne Robichaud

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07 juillet 2011

Seulement 9% des députés de l’Assemblée nationale du Québec sur LinkedIn

Sur 125 députés de l’Assemblée nationale, je n’en ai trouvé que 11 avec un compte LinkedIn, soit 9%. Voir la liste publiée chez GovintheLab (avec liens pointant sur chacun des députés, et nombre de relations).

Si on transpose ce pourcentage aux quelque 55,000 employés gouvernementaux, on obtient environ 4,950 personnes, qui pourraient avoir vitrine sur LinkedIn. Je ne les chercherai pas toutes, rassurez-vous!

Le champion de l’Assemblée nationale sur LinKedIn est Dave Turcotte, avec 206 relations.

Somme toute, assez décevante utilisation de LinkedIn par les députés du gouvernement du Québec.

Aux abonnés absents (pour Twitter, c'est pareil), le premier ministre Jean Charest, et la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois. Je n'ai pas non plus trouvé non plus le député avec le plus grand nombre d'abonnés (plus de 10,000) sur Twitter, Amir Khadir.

LinkedIn est un réseau social professionnel en ligne créé en 2003 à Mountain View (Californie). En mars 2011, le site a revendiqué plus de 100 millions de membres issus de 170 secteurs d'activités dans plus de 200 pays. Il s’agit d’un service en ligne qui permet de construire et d’agréger son réseau professionnel. Il se définit comme un réseau de connaissances qui facilite le dialogue entre professionnels. Pour ses membres, c'est aussi un outil de gestion de réputation en ligne et de personal branding.

04 juillet 2011

@amirkhadir, 1er politicien québécois avec 10,000 abonnés sur Twitter


@sebastienrobert a gazouillé ceci le 4 juillet 2011: «@amirkhadir, premier politicien sur la scène québécoise à atteindre 10 000 abonnés Twitter. Bravo! http://bit.ly/a52hhI #polqc #assnat».

Ce n'est pas le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui a été le premier à atteindre ce palier de 10,000 abonnés. Car Jean Charest n'a même pas de compte Twitter. Consultez mon tableau comparatif des premiers ministres du monde, pour voir la position de Jean Charest.

Ce n'est pas non plus la chef de l'opposition officielle (Parti Québécois), Pauline Marois. Car elle non plus n'a pas de compte Twitter.

Ouais, ce n'est pas difficile à comprendre... cela en dit assez long sur la présence du gouvernement du Québec dans les médias sociaux... Il y a d'ailleurs un mandat d'analyse en cours, sur le potentiel du Web 2.0, confié par Jean Charest le 19 octobre 2010 à Henri-François Gautrin. Les dirigeants ne sont tellement pas branchés et aux antipodes de la philosophie du Web 2.0 que j'avoue que je me tire les cheveux pour identifier des solutions qui les feraient passer de leur mode de pensée actuelle vers la philosophie du Web 2.0 et celle du gouvernement ouvert.

Amir Khadir est un député du parti Québec Solidaire (un des partis de l'opposition). Le seul représentant élu de ce parti à l'Assemblée nationale du Québec.

Il a permis entre autres que la pétition demandant la démission du premier ministre Jean Charest, soit hébergée sur le site de l'Assemblée nationale du Québec. Cette pétition est rapidement devenue virale en novembre 2010. En moins d'une semaine, plus de 200,000 Québécois l'avaient signée. Le premier ministre a dit que ceci s’expliquait «par un mouvement d'humeur de l'opinion publique contre certaines décisions impopulaires du gouvernement». (La Presse Canadienne, Radio-Canada, Le Devoir, La Tribune, Rue Frontenac, Le Journal de Québec, Maisonneuve en direct)

Dans son billet «Le syndrôme Amir Khadir», Stéphane Laporte a indiqué: «Les politiciens sont comme tous les êtres humains; ils veulent être aimés. Et en ce moment, le politicien le plus aimé, et peut-être le seul vraiment aimé est Amir Khadir. Dans la démission des (Louise) Beaudoin, (Pierre) Curzi et (Lisette) Lapointe, il y a de ça. Le désir d’être aimé. De quitter le côté sombre, et d’être reconnu comme un pur. Et d’être aimé. Comme Amir.»

Il n'y a rien de reprochable à vouloir être aimé, à vouloir être qui nous sommes et agir en fonction de qui nous sommes, à tendre vers la plus haute vision de qui nous sommes, et à s'exprimer en fonction de celle-ci. C'est ce que nous devrions tous faire - chacun d'entre nous - jour après jour. Se rapprocher le plus possible de notre essence. Les médias sociaux sont formidables pour plusieurs raisons, mais celle-ci est à mon avis la plus importante pour le développement humain. Les médias sociaux ont pour effet de faire croître l'empowerment individuel des gens, par l'exploration de leurs mondes intérieurs et en exprimant continuellement leurs idées.

Amir Khadir donne l'exemple. Et j'espère que de nombreux autres députés de l'Assemblée nationale feront comme lui en suivant la voie de l'authenticité.

J'inclus les 10,000 abonnés d'Amir Khadir sur Twitter dans ma réponse à la question no.1 (de 11 questions) de Henri-François Gautrin,
Actuellement existe-t-il, selon votre connaissance, dans les organisations gouvernementales que vous connaissez, des activités qui ont adopté la philosophie, qui sous-tend le Web 2.0.? Si oui pouvez-vous nous les décrire?
La semaine dernière, j'ai créé un répertoire des comptes Twitter du gouvernement du Québec. D'après l'outil de mesure d'influence Klout.com, Amir Khadir arrive en première position, avec un score de 57, comparé aux autres députés de l'Assemblée nationale.

À lire également: «De la politique qui fait du bruit».

11 questions de Henri-François Gautrin sur le potentiel du Web 2.0

Le mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0, mandaté par le responsable des dossiers jeunesse au gouvernement du Québec, le premier ministre Jean Charest, et confié au leader parlementaire adjoint du gouvernement, Henri-François Gautrin, a débuté le 19 octobre 2010. Le rapport final est prévu vers la fin de l'année 2011. Ce qui constitue un laps de temps de 15 mois. Le site Internet, qui devait être lancé en avril 2011, n'est toujours pas en ligne, et nous sommes en juilet. Supposons que ce site deviendra accessible vers septembre 2011. Ce qui signifierait que la phase cachée du mandat durerait environ 11 mois, et la partie publique, 3 à 4 mois.

Quelle sorte de site Internet l'équipe de Henri-François Gautrin prépare-t-elle? Ce site demandera-t-il les mêmes questions que celles de la consultation interne? Les réponses et commentaires des participants seront-ils affichés sur ce site. (J'en doute fort.)

Pourtant, Jean Charest a écrit ceci à Henri-François Gautrin: «Le principe fondamental du Web 2.0 étant que l'initiative vient de ses utilisateurs, il est important que les internautes québécois soient associés de près à votre réflexion et qu'ils puissent s'approprier vos recommandations; à cette fin, je souhaite que vous organisiez une interaction avec eux, pour cerner tout le potentiel de ces nouveaux moyens de communication.»

Il n'y a pour le moment ni page Facebook, ni compte Twitter disponible, ni site Internet, ni aucune mention de ce mandat d'analyse sur le portail du gouvernement du Québec, pour associer «de près» les internautes québécois aux réflexions.

Je me prépare à répondre aux questions suivantes:

PREMIÈRE SÉRIE DE QUESTIONS:
Ce qui se fait actuellement au gouvernement

1. Actuellement existe-t-il, selon votre connaissance, dans les organisations gouvernementales que vous connaissez, des activités qui ont adopté la philosophie, qui sous-tend le Web 2.0.? Si oui pouvez-vous nous les décrire?

2. En vous référant à la nomenclature ci-dessus quant aux différentes facettes du Web 2.0 laquelle y est alors utilisée?

3. Êtes-vous en mesure d’évaluer les bénéfices obtenus tant pour les services à la clientèle que pour l’efficacité du fonctionnement de l’organisation?
DEUXIÈME SÉRIE DE QUESTIONS:
Utilisation du Web 2.0 par le gouvernement

4. Dans le cas du gouvernement du Québec ou dans le cas des réseaux de la santé ou de l’éducation, de quelle façon, selon vous, peut-on utiliser chacune des facettes du Web 2.0 pour améliorer les rapports du gouvernement avec les citoyens, les entreprises, voire ses propres employés?

5. Cette utilisation du Web 2.0 doit-elle entraîner des modifications dans la façon de fonctionner du gouvernement?

6. Dans chacun des cas, pouvez-vous décrire les bénéfices qui pourraient être escomptés de chacune de ces utilisations?
TROISIÈME SÉRIE DE QUESTIONS:
Les projets pilotes

7. Êtes-vous en mesure de suggérer certaines applications qui pourraient donner lieu à des projets pilotes orientés vers les citoyens dans les organisations que vous connaissez bien?
QUATRIÈME SÉRIE DE QUESTIONS:
La sécurité

8. Croyez-vous que la généralisation des applications liées au Web2.0 puisse remettre en question la protection des renseignements personnels, et comment faire pour que cela ne constitue pas une violation de la vie privée du citoyen?

9. Il est clair que les techniques du Web 2.0, particulièrement dans le volet interaction avec les citoyens, peuvent donner lieu à une invasion des sites par des groupes de pression hostiles. Quelle mesure d’identification suggérez-vous pour assurer que chaque participant est bien un citoyen et qu’il n’abuse pas d’une participation multiple?
CINQUIÈME QUESTION:
L’utilisation du Web 2.0 par les employés de l’État

10. Quelle devrait, selon vous être la politique d’accès aux réseaux sociaux sur les lieux de travail par les fonctionnaires?
SIXIÈME QUESTION:
La fracture sociale

11. Malgré la généralisation du Web 2.0, certains citoyens ne veulent pas utiliser Internet, d’autres ne peuvent pas ou ne savent pas comment faire pour y avoir accès. Ceux-ci ont droit à la même qualité de services. Comment alors s’assurer qu’ils puissent bénéficier des mêmes avantages?

Si vous avez des réponses ou commentaires, merci de me les faire parvenir par courriel à robichaud.lyne@hotmail.com ou Twitter @Lyne_Robichaud.

28 juin 2011

(Mon) Répertoire des comptes Twitter du gouvernement du Québec

Il y a 11 questions dans le document de consultation du mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0, piloté par le leader parlementaire adjoint du gouvernement du Québec, Henri-François Gautrin.

Je prépare mes réponses, et planifie de publier graduellement mon analyse.

Voici le premier morceau: une tentative de répertoire des comptes Twitter du gouvernement du Québec.

http://govinthelab.com/groups/gouvernement-ouvert-quebec/docs/repertoire-des-comptes-twitter-du-gouvernement-du-quebec

Ma liste est un ‘work in progress’, alors n’hésitez pas à commenter et me transmettre des suggestions d’ajouts, ou tout autre commentaire, qui alimentera la réflexion. Merci à l’avance de votre participation.

25 juin 2011

Démocratie directe au Québec, serait-ce possible?

Je porte à votre attention cet article de Roméo Bouchard, Tribune libre de Vigile, vendredi 24 juin 2011, "Abolir les partis politiques dans le processus électoral et parlementaire, c’est possible!"

"La place qu’ont pris aujourd’hui les citoyens dans la vie publique, l’éducation et la formation dont ils disposent, les moyens de communications rapides qu’ils utilisent, tout cela fait en sorte qu’ils sont en mesure et en droit de participer directement à l’élection et aux décisions de leurs représentants, sans l’intermédiaire de partis politiques contraignants et centralisés qui faussent la représentation. La démocratie directe, par définition, fait appel au citoyen individuel et non aux associations ou partis politiques auquel il appartient."

Je n'irais pas jusqu'à abolir les partis politiques, mais donner une grande place au citoyen, ça oui! La démocratie directe implique l'autogestion, alors que dans la philosophie de gouvernement ouvert, il s'agit d'une relation de co-gestion, co-production, co-création entre le gouvernement et les citoyens.

Lire l'article complet.

19 juin 2011

Vers un «printemps arabe» québécois?

La bulle québécoise est moins immuable que l'on pourrait penser. L'immobilisme cédera-t-il le pas au changement?

Il y a quelque temps, j'ai traduit un article de Deepak Chopra à propos du «printemps américain».

Voilà que l'on parle aussi de printemps québécois... Le temps serait approprié pour implanter un gouvernement ouvert (avant que tout n'explose).

Je porte cet article de Pierre Dubuc, L’Aut’Journal, jeudi 16 juin 2011, à votre attention: «Vers un «printemps arabe» québécois?»

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VERS UN «PRINTEMPS ARABE» QUÉBÉCOIS?


À chaque période de son histoire, le Québec a subi l’influence des grands mouvements sociaux et politiques de l’époque. La Rébellion des Patriotes s’inscrivait dans la mouvance des révolutions démocratiques du XIXe siècle et la Révolution tranquille était le rejeton québécois du vaste mouvement de décolonisation de l’après-guerre.

Vue dans cette perspective internationale, la crise qui secoue le Parti Québécois est peut-être annonciatrice d’un remue-ménage plus vaste. Chose certaine, par son caractère, elle dépasse la simple lutte de clans. La critique par les démissionnaires d’un modèle de représentation politique avec sa ligne de parti et sa structure hiérarchique fait écho, bien qu’encore timidement, à ce qu’on a appelé les révolutions arabes et aux mouvements de contestation qui secouent la Grèce, l’Espagne et d’autres pays européens.

(Lire la suite de l'article)

16 juin 2011

130% d’augmentation des coûts pour le Pont Mercier. Québec éponge 90% des coûts supplémentaires

Encore d’autres coûts supplémentaires au gouvernement du Québec, qui s’ajoutent à ceux de l’informatisation de la Santé, Ressources naturelles, Justice et Éducation que j’ai commenté dernièrement.

Il faut s’interroger sur la capacité du gouvernement Charest d’atteindre son objectif d’équilibre budgétaire. Le 23 février 2011, Jean Charest a annoncé le maintien de l’objectif de l’équilibre budgétaire pour 2013-2014 dans son discours inaugural prononcé à l’Assemblée nationale. «Le gouvernement va équilibrer son budget en 2013-2014. C'est un engagement ferme que nous prenons", a déclaré Jean Charest. (Visionnez le discours d'ouverture de la 2e session de la 39e législature.)

La semaine dernière, le Parti québécois a déposé à l'Assemblée nationale du Québec un document révélant que le coût des travaux sur la partie provinciale du pont est passé de 9,1 millions à 20,8 millions. Une augmentation de 130%.

La Presse a demandé lundi au ministère des Transports du Québec (MTQ) comment s'expliquait un écart aussi important dans les prévisions de coûts de ces deux chantiers, dans le cadre d'un même contrat commun conclu en 2008 avec Mohawk Bridge Consortium.

Les réponses étaient toujours attendues hier, indique le journaliste Bruno Bisson.

Consultez l’article de Bruno Bisson, La Presse 15 juin 2011, «Pont Mercier: Québec éponge 90% des coûts supplémentaires».

13 juin 2011

François Legault, «le plus populaire de tous» parmi les politiciens québécois

Selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir, François Legault, co-fondateur de la Coalition pour l'avenir du Québec, est «le plus populaire de tous». Un article signé par Marco Bélair-Cirino, 13 juin 2011, Le Devoir.

Cela tombe bien, puisqu'hier, la Coalition pour l'avenir du Québec m'a répondu qu'elle prend très au sérieux ma proposition de gouvernement ouvert. (Voir mon billet à ce sujet.)


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LE BAROMÈTRE DES PERSONNALITÉS LÉGER MARKETING-LE DEVOIR - LEGAULT, LE PLUS POPULAIRE DE TOUS

(Quelques extraits)

La session parlementaire qui s'est achevée vendredi dernier à Québec a consacré la chute de la popularité d'Amir Khadir, révèle le nouveau baromètre des personnalités politiques Léger Marketing-Le Devoir. Porté aux nues il y a tout juste six mois par les Québécois, le seul député de Québec solidaire à l'Assemblée nationale a chuté de la 1re à la 7e position du palmarès, alors que le chef de la Coalition pour l'avenir du Québec, François Legault, et le député indépendant Pierre Curzi figurent respectivement au 1er et 2e rang.

La nouvelle étoile... filante?


C'est le numéro un de la Coalition pour l'avenir du Québec, François Legault, qui figure en tête de ce tout nouveau baromètre des personnalités politiques. À l'instar de Pierre Curzi, près de la moitié de la population québécoise a une «bonne opinion» de lui.

«C'est la nouvelle star politique!» fait valoir Jean-Marc Léger. «Il incarne la nouveauté d'une part, mais surtout il a adopté une approche très positive en présentant des solutions concrètes, alors que les autres politiciens ont davantage eu des approches négatives», explique-t-il, faisant référence aux chefs du Parti libéral du Québec (PLQ) Jean Charest (11e position), du Parti québécois (PQ) Pauline Marois (6e position) et de l'Action démocratique du Québec (ADQ) Gérard Deltell (5e position).

Les «démissionnaires»


Pierre Curzi (2e position), Louise Beaudoin (4e position), Lisette Lapointe (8e position) et Jean-Martin Aussant (44e position), qui ont claqué la porte du Parti québécois au cours de la dernière semaine, ont tous vu leur popularité croître.

«Les gens veulent des gens qui disent tout haut ce qu'ils pensent tout bas. En politique, au Québec, ç'a toujours été comme ça, c'est quand tu démissionnes que tu deviens populaire. Mais, ça ne dure pas nécessairement longtemps.»

Marois 6e, Charest 11e

Échevelée par la «tempête» qui s'est abattue sur elle en fin de session parlementaire, Pauline Marois fait une chute de la 4e à la 6e position du palmarès. Quelque 65 % des électeurs péquistes expriment une «bonne opinion» à son égard, tandis que 26 % expriment une «mauvaise opinion». «On mesure dans un moment où c'est le plus difficile pour elle», souligne M. Léger.

Le député indépendant de Borduas, Pierre Curzi, est la seule personnalité à gagner de vitesse la chef de l'opposition officielle dans le «Top 10» des électeurs du PQ. Dans ce palmarès, Pauline Marois est toutefois talonnée par François Legault, Louise Beaudoin, Bernard Drainville et Maka Kotto.

Jean Charest — qui est la personnalité la plus populaire des électeurs libéraux — figure au 11e rang du classement général. Passant de la 20e à la 11e position, c'est un grand bond que le chef du gouvernement a effectué de décembre 2010 à juin 2011.

Le sondage Léger Marketing-Le Devoir a été effectué du 6 au 8 juin 2011, auprès de 1004 personnes âgées de 18 ans ou plus. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20. Le baromètre des personnalités politiques provinciales québécoises Léger Marketing-Le Devoir a été fait selon une méthodologie fiable et éprouvée.

11 juin 2011

Suggestion d'un gouvernement ouvert à Charles Sirois (CAQ)

Charles Sirois

J'ai transmis aujourd'hui une suggestion de gouvernement ouvert à Charles Sirois, co-fondateur (avec François Legault) de la Coalition pour l'avenir du Québec. Leur site ne permet pas plus de 1000 caractères dans les formulations de propositions ou de moyens d'actions.

Un sondage Léger Marketing-Le Devoir révèle aujourd'hui 11 juin 2011 que les Québécois veulent François Legault. En effet, la coalition de l'ex-ministre péquiste récolte 12 points de plus que le Parti Québécois (PQ) et 13 de plus que le Parti libéral du Québec (PLQ). Le Devoir indique que la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) récolte 33% des intentions de vote, le Parti québécois (PQ) 21%, le Parti libéral du Québec (PLQ) 20%, l'Action démocratique du Québec (ADQ) 11%, Québec solidaire (QS) 9% et le Parti vert du Québec (PVQ) 3%, après répartition des intentions de vote des indécis.

MA SUGGESTION
Publiée ici sur le site de la Coalition pour l'avenir du Québec

M. Sirois, vous indiquez: «Pour arriver à accroître la qualité, l’efficacité et la transparence de nos services publics, il nous faudra donc les décentraliser». Cela pourrait être notamment atteint par l'implantation d'un GOUVERNEMENT OUVERT au Québec, axé sur la transparence, participation et collaboration avec les citoyens. Un mandat d'analyse en cours du potentiel du Web 2.0 confié par Jean Charest à Henri-François Gautrin, écarte délibérément les possibilités de données ouvertes et gouvernement ouvert. Pourquoi? Yogi Berra recommande: «Quand vous voyez une fourchette sur la route, ramassez-la.» Le gouvernement actuel ne ramasse pas les fourchettes (qu'il voit pourtant clairement). Le Québec a autant de potentiel que n’importe quel autre pays, ayant pris le tournant d'un gouvernement ouvert. Il manque un leadership, une volonté d’améliorer la situation et de transformer le gouvernement. Lyne Robichaud, Trois-Rivières. (Je collabore avec GovintheLab.com)

09 juin 2011

Le gouvernement du Québec collectionne les ratés II. Le désastre des projets informatiques s'étend à l'Éducation

Houlà! Il est essoufflant de suivre le rythme de l'actualité concernant le gouvernement du Québec. D'une journée à l'autre, se succèdent mélodrames, démissions de députés, crise démocratique, et révélations concernant des dépassements de coûts.

Il y a un mois, c'était l'informatisation des dossiers de la santé qui était pointée du doigt par le Vérificateur général du Québec.

Ensuite, il y a été question de dépassement des coûts dans les contrats d'informatique de la société d'État Hydro-Québec (Ressources naturelles).

Puis de dépassement des coûts de l'informatisation des dossiers au ministère de la Justice.

Aujourd'hui, on apprend qu'il y a aurait aussi d'importants dépassements de coûts d'informatisation au ministère de l'Éducation.

Libérez toutes ces données sur des plates-formes de données ouvertes et gouvernement ouvert, qu'on y voit clair, et que les citoyens québécois puissent s'exprimer et aient l'occasion d'améliorer la gestion au gouvernement du Québec!


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Informatique au ministère de l'éducation. LA FACTURE GRIMPE DE 64% EN QUATRE ANS
Sébastien Ménard, 9 juin 2011, Canoë.ca

Les coûts d’un projet d’informatique lancé par le ministère de l’Éducation il y a quatre ans ont augmenté de 64 %, a appris le Journal.

Au lieu de coûter 8,8 M$ aux contribuables, comme c’était prévu en 2007, le projet de Préservation du patrimoine informationnel (PPI) pourrait finalement engendrer des dépenses de 14,4 M$, indiquent des données gouvernementales.

Ce projet, qui « vise à assurer la préservation d’une quantité importante de données accumulées [...] depuis une quarantaine d’années», a souffert d’une mauvaise estimation dès le départ, reconnaît à mots couverts la porte-parole du ministère de l’Éducation, Esther Chouinard.

«Malgré la grande expérience du Ministère dans le développement de systèmes d’information opérationnels d’envergure, la phase d’évaluation initiale du projet n’a pas permis d’estimer l’ensemble des efforts de développement requis», indique la porte-parole, dans un courriel transmis au Journal.

«Il faut rappeler qu’il a notamment fallu transformer plus de 5 000 programmes informatiques dans le nouvel environnement informationnel», plaide-t-elle.
Jusqu’à présent, le Ministère a englouti 13,4 M$ dans cette aventure.

Mme Chouinard soutient que les coûts finaux du projet, qui devait être terminé il y a quelques semaines, seront inférieurs d’environ 900 000 $ au budget révisé de 14,4M$ qui a été autorisé par Québec.

De l’insouciance, dit l’ADQ
Ces nouveaux dépassements de coûts dans un projet informatique font bondir l’ADQ, qui dénonce «l’insouciance du gouvernement face à l’argent des contribuables.» «C’est le désastre des projets informatiques qui se poursuit», s’indigne la députée de Lotbinière, Sylvie Roy, en citant les cas déjà identifiés aux ministères de la Justice et du Revenu.

«Si, dans le Ministère, ils n’ont pas les personnes compétentes pour évaluer les coûts préalables au lancement d’un projet et qu’ils s’en vont ensuite au Conseil du Trésor avec un projet bâclé, on a un problème, dit-elle. Il n’y a pas de compagnie qui ferait une telle erreur plusieurs fois de suite.»

Le gouvernement du Québec collectionne les ratés. D'autres dépassements de coûts

Il y a un mois, le gouvernement du Québec s’est fait apostropher comme étant «l’État techno-cancre» pour son échec de gestion du dossier d’informatisation de la santé.

Le journaliste Pierre Bergeron rapportait dans La Presse: «Le verdict du vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, est sans appel. L'informatisation du réseau québécois de la santé ou le projet Dossier santé du Québec (DSQ) est un échec sur toute la ligne.»

J’ai rédigé une proposition de projet pilote de données ouvertes / gouvernement ouvert, contenant 5 suggestions, dont une portant sur les données du dossier santé. J’ai transmis cette proposition au leader parlementaire adjoint du gouvernement et au Vérificateur général du Québec. Il semblerait que le leader parlementaire adjoint omette le gouvernement ouvert dans son rapport d’analyse du potentiel du Web 2.0, prévu pour livraison vers la fin de l’année 2011. Je n’ai pas reçu de réponse du Vérificateur général.

Il y a eu ensuite la question des contrats d’Hydro-Québec, pointés par le Parti Québecois, où apparemment près de la moitié des contrats auraient eu un dépassement des coûts.

«Depuis l'an 2000, Hydro-Québec a accordé des contrats d'informatique qui ont coûté près de 1 milliard de dollars. Près de 40% d'entre eux ont dépassé les budgets prévus, ce qui, «en moyenne», a fait doubler la facture attendue», a rapporté Denis Lessard.

Hydro-Québec a dit que c’était des «avenants», pas des «dépassements». La ministre des Ressources naturelles a déclaré que cela «ne correspondait pas à la réalité. Personne ne sait en quoi consiste cette réalité, puisque personne n’a accès aux données. J’ai écrit à la ministre pour lui suggérer de libérer ces données dans un projet pilote de données ouvertes / gouvernement ouvert. Je n’ai pas reçu de réponse.

Cette semaine, 4 députés de l’Assemblée nationale ont démissionné du Parti Québécois (dans un premier temps, Louise Beaudoin (Rosemont), Pierre Curzi (Borduas) et Lisette Lapointe (Crémazie); et le lendemain, Jean-Martin Aussant (Nicolet-Yamaska). Le départ avec fracas des députés illustre parfaitement l'inconfort que suscite le projet de loi privé 204 sur l'amphithéâtre de Québec. «À quoi on joue?», a demandé lundi (6 juin 2011) le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux. «Il y a ce sentiment que l'Assemblée nationale est en train de perdre son sens critique et d'analyse nécessaire à l'adoption d'une loi.»

Un sondage CROP indique que six Québécois sur 10 sont en désaccord avec ce projet de loi, une proportion qui grimpe à 68 % à Montréal. Pour le vice-président de CROP, «les Québécois appuient surtout les députés démissionnaires et Amir Khadir de Québec solidaire. Je crois qu'ils ont l'impression qu'ils sont les seuls à défendre le bien commun», que «personne d'autre ne le défend».

Aujourd’hui (8 juin 2011), des documents obtenus en vertu de la loi d'accès à l'information par l’Action Démocratique du Québec indiquent que le ministère de la Justice prévoit un dépassement de coût de 24,1 M$ uniquement pour la phase 1 de l'informatisation de la justice. ll va coûter 37% plus cher que prévu pour la mise en place du projet.

Il y a présentement un mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0 au gouvernement du Québec, piloté par le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin. Un gouvernement ouvert, axé sur la transparence, participation et collaboration, permettrait d’y voir plus clair dans la gestion de ce gouvernement. En utilisant la technologie pour établir des liens entre les institutions gouvernementales et des réseaux de citoyens, le gouvernement du Québec pourrait ouvrir de nouvelles voies, pratiques et utiles pour le gouvernement et pour les citoyens, leur permettant ainsi de résoudre ensemble des problèmes. Avec un gouvernement ouvert, il devient possible de concevoir des politiques éclairées en utilisant les données en temps réel. Avec les données, il est possible de mesurer le rendement, déterminer ce qui fonctionne, et changer ce qui ne va pas. Malheureusement, le mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0 ne semble pas inclure pour le moment les possibilités qu’offrent les données ouvertes et le gouvernement ouvert.

Voici un article de TVA Nouvelles et Argent concernant le dépassement de coût de l’informatisation de la justice.

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D’AUTRES RATÉS À L’INFORMATIQUE POUR LE GOUVERNEMENT
Alain Laforest et Gérard Samet, TVA Nouvelles et Argent, 8 juin 2011 | 17h59

L'informatisation de la justice, annoncée il y a 12 ans, connaît d'important dépassement de coûts et de délais. Il va coûter 37% plus cher que prévu pour la mise en place de la phase 1, qui n'est pas encore en fonction.

Le nouveau système informatique, doit permettre aux juges, avocats, greffiers, procureurs, policiers et même aux services correctionnels, d'échanger de l'information pour améliorer l'administration de la justice.

Selon des documents obtenus en vertu de la loi d'accès à l'information par l’ADQ, le ministère de la Justice prévoit un dépassement de coût de 24,1 M$ uniquement pour la phase 1.

Douze ans après l'annonce, la phase 1 de ce projet de 197 M$, n'est complétée qu'à 30%. En 2001, le gouvernement s'était pourtant donné jusqu'en 2006 pour rendre ce système opérationnel. Cinq ans plus tard, après 31 M$, sa mise en place accumule des ratées.

«Pensez que ça a de l'allure quand il y a 31 Hells Angels au large, qu'on dépense autant d'argent pour un système informatique qui ne fonctionne pas», souligne la critique adéquiste en matière de justice, Sylvie Roy.

La présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne, admet que la situation n’est pas normale. L'adoption jeudi de la loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles «va éviter la répétition de ce genre de dépassement de coûts», dit-elle.

«Grâce à cette loi, ajoute la ministre, quelqu'un va coordonner et être imputable du respect des différentes étapes des projets informatiques».

Elle souligne qu’elle a exigé du ministère de la Justice que le projet d’informatisation soit amputé si sa mise en application doit entraîner un dépassement de coûts.

Le vérificateur avait des doutes
Dans son rapport de 2009, le Vérificateur général du Québec parlait d'un projet géré sans souci d'économies, reprochant au ministère de la Justice de ne pas mettre en application plusieurs saines pratiques de gestion.

Un an plus tard, le vérificateur adjoint a constaté que le ministère est incapable de s’engager à respecter les coûts et les échéanciers dans la mise en place de son nouveau système informatique.

De l'information cachée?
Dans un rapport de janvier 2011 déposé à l'Assemblée nationale, les responsables du projet confirment que la totalité du contrat a été accordée à une nouvelle firme pour compléter les travaux d’une autre compagnie dont le contrat a été annulé.
Des informations qu'on ne retrouve pas dans les documents remis à l'ADQ en mars. Sylvie Roy se scandalise: «On a enlevé un contrat de 41 M$ mentionné en deux endroits dans un document, c'est inadmissible de la part du ministre de la Justice. Je vais réclamer une enquête» dit-elle.

Un dépassement de coûts

TVA nouvelles a appris que la firme dont le contrat a été annulé est DMR.

Selon sa porte-parole, Caroline Seney, «le contrat a été rompu par le gouvernement pendant l’année 2008, six mois après que nous ayons remporté l’appel d’offres du ministère de la Justice».

Selon elle, lorsque DMR a remporté le contrat en 2008, rien n’avait été fait depuis l’annonce de 1997. DMR a réalisé l’architecture du système et a émis des recommandations après analyse détaillée.

Selon ses conclusions, il était impossible de respecter le budget alloué, sans dépassements, pour satisfaire aux demandes du Ministère. «Le gouvernement a alors annulé notre contrat et est reparti en appel d’offres». C’est la société LGS, une filiale d’IBM, qui a remporté le contrat.

07 juin 2011

La démocratie en péril, selon les démissionnaires du Parti Québécois

Voici un article de Jean-Marc Salvet, publié dans Le Soleil le 7 juin 2011 à 05h00: «La démocratie en péril, selon les démissionnaires du PQ».

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LA DÉMOCRATIE EN PÉRIL, SELON LES DÉMISSIONNAIRES DU PQ

(Québec) Les trois nouveaux «députés souverainistes indépendants» ont lancé un cri d'alarme en claquant la porte du caucus du Parti québécois. Attention danger, ont-ils dit: la démocratie est en péril.

«On est rendus, je crois, à l'extrême [limite] de plusieurs institutions», a déclaré Pierre Curzi. Il affirme qu'il faut désormais tout remettre en question. Tout changer pour rebrancher les citoyens sur la politique.

«Le temps est venu d'essayer de modifier ces institutions-là pour leur redonner leur crédibilité, leur redonner un véritable sens», a-t-il poursuivi.

Pour Louise Beaudoin, la façon de faire de la politique, désormais, tue... la politique.

La députée de Rosemont s'interroge sur «la partisanerie qui rend souvent aveugle, qui nous force à toujours être dans la certitude, jamais dans le doute».

Elle se questionne «sur le ton guerrier que l'on se croit obligés d'employer; sur la manière de se comporter avec des adversaires que l'on a tendance à considérer comme des ennemis; sur l'unanimisme imposé et sur la rigidité implacable de la ligne de parti».

Ce qui était valable naguère ne l'est plus du tout, laisse-t-elle entendre. Ce qui fonctionnait ne fonctionne plus.

Tous ces «maux», ceux qu'elle énumère, font «mourir» la politique, ici et ailleurs, a-t-elle dit.

Tout changer

Ce cynisme, dont on parle depuis plus de 10 ans, Pierre Curzi l'estime en partie alimenté par un «bipartisme sclérosant». Les formations politiques «placent trop souvent leurs intérêts partisans et opportuns avant les intérêts de citoyens et de citoyennes».

Il faut tout changer, ont clamé les démissionnaires, lundi, à la suite de bien d'autres. À la suite de François Legault, par exemple, et de tant d'autres partout ailleurs en Occident (et pour bien d'autres raisons également dans le reste du monde).

Beaucoup, depuis une génération, se demandent si nos sociétés ne sont pas arrivées au bout d'une certaine logique; si le parlementarisme, les institutions parlementaires et les partis politiques ne devraient pas se réinventer. Mais personne ne sait encore quelles autres formules mettre en place.

«Il faut tout changer. Tout changer, pas pour tout détruire, mais pour tout sauver», a écrit l'essayiste Jean-Claude Guillebaud dans La force de conviction, paru en 2005.

Comme d'autres, les démissionnaires de lundi cherchent. Et se demandent comment.

Mon billet sur le gouvernement du Québec Top5 en mai 2011 chez GovintheLab


Je suis ravie de vous informer que mon billet 'Le gouvernement du Québec réfléchit-il à un gouvernement ouvert?' paru chez GovintheLab.com est numéro 5 au palmarès Top5 pour le mois de mai 2011.

Pas mal du tout, pour une francophone.

Un gouvernement ouvert au Québec transmuerait la crise actuelle de démocratie

Louise Beaudoin
Trois députés du Parti Québécois (au gouvernement du Québec) ont démissionné avec fracas: Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe. Ils demeurent députés, et siègeront comme indépendants.

Je fais des pieds et des mains depuis quelque temps pour tenter de faire comprendre au leader parlementaire adjoint du gouvernement, Henri-François Gautrin, qui est mandaté pour analyser le potentiel du Web 2.0 par le premier ministre du Québec, Jean Charest, qu’avant toute chose, avant de se pencher sur les détails technologiques (diverses plates-formes de médias sociaux, etc.), il y a un sérieux travail d'introspection à effectuer au gouvernement du Québec. Un changement majeur d’attitude serait nécessaire parmi les élus et gestionnaires gouvernementaux. J’ai blogué dernièrement à propos de «déconnexion totale» et de déni (ici et ici), d’infaillibilité gouvernementale, et de problèmes de transparence. J'ai expliqué en quoi est importante la sagesse populaire (j'appelle cela la conscience collective).

J’ai écrit il y a deux semaines au conseiller politique de monsieur Gautrin pour rappeler à leur équipe que leur tâche d’analyse est «vachement» importante, étant donné que le taux d’insatisfaction de la population a atteint 70% dans les récents sondages.

Cette déclaration (ci-dessous) de la députée Louise Beaudoin confirme à quel point la situation est critique. Une initiative de gouvernement ouvert permettrait d’atténuer la crise et de restaurer un semblant d’harmonie entre le gouvernement du Québec et les citoyens. Vu l'ampleur de la situation, mieux vaudrait compenser par une mesure de fort calibre (puissance maximale, quoi), comme une transformation en gouvernement ouvert.

«Je fais de la politique depuis 40 ans et je n’ai jamais vu une population aussi négative envers la classe politique. Ce qui se dit sur les blogues, dans les médias sociaux, le reflet des sondages… La langue de bois, faire de la politique comme si on était à la guerre, ça ne passe plus. Il faut dénoncer cette vieille façon de faire. Il y a une crise de la démocratie. Les citoyens se sentent étrangers par rapport à leur député. Et vous savez quoi? Oui, on le vit au PQ, mais cette image négative de la politique, c’est surtout la faute de Jean Charest et des Libéraux. Ils sont responsables de la dégradation de la vision des gens envers la classe politique.», a déclaré Louise Beaudoin.

S’il y a «dégradation de la vision des gens envers la classe politique», de quelle façon compte-t-on s’y prendre au gouvernement du Québec pour que cette dégradation soit transmuée en amélioration et épanouissement de la relation entre le gouvernement et les gens? Je le répète, une initiative de gouvernement ouvert répondrait directement à cette problématique. Je le répète, c’est maintenant que le gouvernement du Québec doit se pencher sur ces questions cruciales, car il y a sur la table un mandat d’analyse. (Je ne suis pas tellement fan de baseball, mais cette citation me plaît énormément.) Le gouvernement devrait suivre ce conseil de Yogi Berra: «Quand vous voyez une fourchette sur la route, ramassez-la.»

Jusqu’à présent, l’équipe de M. Gautrin ne ramasse pas de fourchette de données ouvertes ni de gouvernement ouvert. Ils voient ces fourchettes, ils les voient très clairement, ils sont tentés de les prendre. Mais ils ne les ramassent pas encore. Ce serait vraiment dommage que leurs efforts d’analyse déployés – de longs mois de travaux − ne donnent pas des résultats optimaux.

Le gouvernement du Québec a autant de potentiel que n’importe quel autre pays ayant pris le tournant du gouvernement ouvert. On est capables! Il faudrait seulement qu’il y ait un leadership, une volonté d’améliorer la situation. Il n’est pas trop tard pour donner une nouvelle direction aux travaux d’analyse du potentiel du Web 2.0. Ramassez les fourchettes! Tiens, ce qui me fait penser que je n’ai pas encore essayé les poupées vaudou avec des aiguilles, vous savez, représentant l'esprit d'une personne, employées pour jeter des sorts. Peut-être que ça marcherait pour les faire changer de direction? Qu’en pensez-vous? Fourchettes… aiguilles… whoa... Ramassez les fourchettes!

03 juin 2011

L'infaillibilité gouvernementale ne va pas de pair avec un gouvernement ouvert

Jean-Marc Fournier
Le concept d'infaillibilité pontificale me tapait sur les nerfs dès l'âge de 7-8 ans. (Je n'ai jamais compris en quoi ce concept était acceptable.) Il en est de même pour l'infaillibilité gouvernementale, qui ne va pas de pair avec la philosophie de gouvernement ouvert, puisque pour arriver à solutionner des problématiques grâce à la participation et la collaboration des citoyens, il faut d'abord et avant tout qu'un gouvernement soit capable de reconnaître qu'il existe des problématiques. Un gouvernement ne peut faire appel à l'aide des citoyens et transformer des problèmes en défis, s'il y a déni face à des situations ou des problèmes.

Hier, le journaliste politique au Journal de Québec Taïeb Moalla @Moalla, a signé un article intitulé «Hells Angels, 'Pas d'échec de la part du gouvernement'», dans lequel il cite les propos du ministre de la Justice et leader parlementaire du gouvernement du Québec, Jean-Marc Fournier,: «Non. Non. Non, il n’y a pas d’échec de la part du gouvernement.»

@Moalla a d'abord publié les propos du ministre dans un gazouillis, puis l'article est paru quelque temps plus tard. @Normand55 a ajouté ce commentaire au gazouillis: «Pas un échec mais une FAILLITE TOTALE».

Je le répète encore, le déni est une stratégie de défense qui mène à éviter, sinon à nier une réalité. La personne qui pratique le déni conserve le savoir de la réalité tout en lui substituant une perception imaginaire. Cette personne possède alors deux visions incompatibles mais dénuées de tout lien, ce qui permet au moi d'exister sur deux registres différents, avec d’un côté la réalité perçue, et de l’autre côté, la réalité reconnue, contraire à la perception.

Effectuons ensemble un petit exercice mental. Imaginez une situation où surviendrait un déni gouvernemental lors de discussions avec des citoyens sur des plates-formes de médias sociaux. Pensez-vous que les gens vont discuter longtemps, que les échanges seront plaisants, et que la relation qui s'établira, entre le gouvernement et les citoyens, sera positive et constructive? Si les intervenants gouvernementaux existent sur deux registres différents, les citoyens le détecteront intuitivement. Ils remarqueront que les intervenants ne sont pas sincères, authentiques et transparents.

J'ai reçu hier une invitation sur Facebook de Alain Destexhe, un homme politique belge libéral. «Rejoignez-moi sur ma page Facebook le 12 juin de 20h à 23h», propose-t-il.

Effectuons ensemble un second exercice mental. Imaginez que ce soit le ministre de la Justice du gouvernement du Québec, Jean-Marc Fournier, qui lance cette invitation pour le dimanche 5 juin. Êtes-vous en mesure d'anticiper quels seront les commentaires des participants/usagers de Facebook?

Les réponses que formulent présentement les députés, dans les débats à l'Assemblée nationale, différeront-elles de celles que ces députés publieront dans les médias sociaux?

Il y a présentement sur la table un mandat d'analyse du potentiel du Web2.0, piloté par le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin.

Étudier et analyser le potentiel du Web 2.0, scruter ce que peuvent accomplir les nouvelles technologies, proposer des avenues par le biais des médias sociaux, c'est passionnant, n'est-ce pas? Il faudrait aussi que les acteurs gouvernementaux s'écoutent parler, observent comment ils se comportent actuellement, afin d'être en mesure de proposer des solutions pour modifier leur approche, et l'adapter au contexte du Web2.0.

Le déni qui se traduirait dans les actes, dans un contexte Web 2.0, ne permettrait pas l'amélioration de la relation entre le gouvernement et les citoyens.

Le déni ne peut coexister dans un contexte de gouvernement ouvert. Dans le déni, tout échec est intolérable: il conduirait à un bouleversement de la façon de vivre. La peur de la déchéance résultant d’une défaite constitue le motif principal de l’évitement. Or, un gouvernement ouvert est en constante transformation, le changement via l'innovation et le recours aux nouvelles technologies est le moteur de cette façon de gérer une administration ou un gouvernement. Les problèmes (évitements, échecs, défaites) sont transmués en réussite.

Admettre ses limites, y faire face concrètement et renoncer par conséquent aux illusions de toute-puissance qui aident à maintenir l'équilibre, voilà le genre d'implications existentielles qui devraient être analysées dans le mandat sur le potentiel du Web 2.0.

La peur de la défaite ou de l'échec peut prendre la forme d’un manque de confiance en soi. C'est pourquoi je le répète encore, pour cheminer vers une transformation vers le Web2.0 (et ultimement, espérons-le, vers un gouvernement ouvert), il est nécessaire d'inclure des plans de formation axés sur l'empowerment individuel, communautaire et organisationnel, et s'assurer que la valorisation soit au cœur des processus.

La personne qui sera nommée «tsar de gouvernement ouvert» ― si jamais un jour le gouvernement du Québec faisait le choix d'effectuer cette transformation ― devra aviser l'ensemble des intervenants du gouvernement, élus et employés gouvernementaux, qu'un changement d'attitude est nécessaire pour faire en sorte que réussisse n'importe quelle initiative en lien avec le Web 2.0 et/ou des plates-formes de données ouvertes et de gouvernement ouvert. Si le Québec n'évolue pas vers un gouvernement ouvert, même en ce qui concerne des initiatives de Web 2.0, ce changement d'attitude serait souhaitable.

01 juin 2011

Gouvernement du Québec: la porte s’entrouvre vers la «sagesse populaire»?

Depuis quelques mois, l’équipe de Government in the Lab est en communication avec le bureau de Henri-François Gautrin, le leader parlementaire adjoint du gouvernement du Québec, et ses proches conseillers, qui s’affairent depuis le mois d’octobre 2010 à un mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0.

Le 2 mai, ils ont autorisé que soit annoncé leur mandat (via l’info-lettre no.3 de Government in the Lab).

Le 31 mai, ils ont répondu à quelques questions d’interview et fourni des détails à propos de leurs réflexions, et ce qu’ils préparent au cours des mois à venir.

Notez qu’il s’agit d’une publication d’information à propos de l’avancement des dossiers, en amont du processus. La République française a annoncé la création d’Etalab, avant même que les budgets soient définis, et que tous les éléments soient mis en place. Le gouvernement du Canada a lancé le projet pilote de données ouvertes / gouvernement ouvert, les 17 et 18 mars 2011 (en incluant peu de nouveaux ensembles de données) et le nouveau président du Conseil du trésor, Tony Clement, a indiqué dernièrement qu'il soutient l'initiative de Stockwell Day, et qu'il souhaite chercher à poursuivre quelques-unes de ses initiatives dans ce domaine. Espérons que cette expérience de diffusion d’information en amont sera positive pour le gouvernement du Québec, et que cela deviendra une habitude, dans l’ensemble des ministères et agences, afin de permettre aux citoyens d’avoir le temps d’interagir dans les processus de création de nouveaux programmes et définition/amélioration des politiques.

Les réponses fournies hier sont brèves, mais elles offrent quelques pistes d’information, et annoncent les étapes à franchir d’ici au dépôt du rapport final, prévu vers la fin de l’année 2011. Il reste quelques mois d’ici là pour socialiser avec le gouvernement du Québec et leur transmettre des idées et suggestions.

J’observe une progression dans leurs réflexions. J'assiste parfois à de compliquées figures de patinage dans les échanges, qui espérons-le, mèneront à des recommandations concrètes concernant les données ouvertes et le gouvernement ouvert. L'équipe de M. Gautrin a fait preuve d'ouverture jusqu'à présent.

Les mots «transparence, collaboration et participation» – mantra du mouvement du gouvernement ouvert -, ne faisaient pas vraiment partie intégrante du vocabulaire de l’équipe de M. Gautrin, il y a quelques mois. Par exemple, j’ai cherché en vain le mot «transparence» (le pilier des données ouvertes et du gouvernement ouvert), dans leurs documents, en février dernier. De quelle façon le gouvernement du Québec compte s’y prendre pour devenir davantage transparent n’est pas encore articulé. Il serait souhaitable que cet important élément soit défini prochainement. S'il existe un souci pour davantage de transparence, ceci pourrait être démontré par le lancement d'une initiative de données ouvertes et de gouvernement ouvert.

La notion de communication était déjà bien établie en février dernier. La dimension d'interaction avec les citoyens nécessite, à mon avis, davantage de travail d'analyse. L'équipe de M. Gautrin parle de «sagesse populaire», ou sagesse des foules (wisdom of crowds), ce qui est très bon signe.
Les interactions avec les citoyens: Il s’agit au premier chef d’obtenir les réactions des citoyens sur les politiques et les programmes mis de l’avant par le gouvernement. Cela permet aussi aux dirigeants de bénéficier de la sagesse populaire pour mettre de l’avant de nouveaux programmes ou de nouvelles idées.
La porte s’entrouve peu à peu, et laisse davantage d’espace pour des relations de type co-production, co-analyse, co-création entre le gouvernement et les citoyens. Étant donné que la notion d'interaction est présente dans l'analyse, cela permet d'entrevoir que du travail pourrait être effectué pour définir de quelles façons puisse avoir lieu cette interaction. Pour le moment, les documents d'analyse font référence à des médias sociaux tels que Facebook. Il serait souhaitable que l'équipe de M. Gautrin recommande d'avoir recours à des plates-formes de données ouvertes et de gouvernement ouvert pour développer une relations (positive et créatrice) de co-production avec les citoyens.

Ce n'est pas clair non plus comment le gouvernement du Québec effectuera la transition entre la relation actuelle vers une relation axée sur la participation et l'interaction avec les citoyens. Pour que la magie de la sagesse populaire s'opère, il faut qu'il y ait de l'agrément dans les équipes collaboratives, afin que l'ensemble des parties se sente à l'aise et que cela s'effectue dans le respect de l'autre. Il faut aussi de la souplesse, pour permettre aux idées et contributions inattendues d'être écoutées, et intégrées dans les processus. Pour que ceci soit possible, l'ensemble des intervenants du gouvernement doit être capable de contempler la réalité, sans bifurquer vers le déni. L'interaction avec les citoyens conduit à davantage de responsabilité civile. L'interaction étant une relation bi-directionnelle (de préférence d'égal à égal, si on souhaite que fleurisse la créativité), les élus et les gestionnaires gouvernementaux doivent eux aussi démontrer de la responsabilité. Voir ma série sur le leadership: observer et écouter (leçon no. 1); établir des liens affectif (leçon no.2); être conscient (leçon no.3); l'action éclairée (leçon no.4).

Les travaux d'analyse en cours pourraient porter plus loin, en évaluant les mécanismes qui permettent de créer - par le biais de la sagesse populaire - l'idée d'un gouvernement (c'est-à-dire à tous les niveaux du gouvernement, dans toutes sphères, les projets, programmes et politiques). Qu'est-ce que la sagesse populaire? (J'appelle cela la conscience collective, ou intelligence collective.) Comment cela fonctionne-t-il? Comment peut-on gérer cela de façon consciente et efficace? M. Gautrin étant un physicien (avant d'effectuer ses mandats d'élu), il devrait être en mesure de comprendre ces questions.

Le vieux paradigme scientifique qui définissait la matière comme étant la réalité essentielle a été remplacé par un nouveau modèle de physique quantique. Les leaders gouvernementaux qui souhaitent gérer efficacement la «sagesse populaire» ou conscience collective devraient arriver à juxtaposer les fondements de la physique quantique à leur vision: cela les aiderait à comprendre pourquoi l'interaction avec les citoyens est importante, et comment faire pour la favoriser. «Nous ne sommes pas dans le monde physique. Le monde physique est en nous. Nous créons le monde physique et son expérience dans notre imagination. C'est ainsi que nous concevons, construisons, et que finalement, nos idées deviennent réalité», explique Deepak Chopra dans 'What is the connection between quantum mechanics and healing'. C'est ainsi que les citoyens, à l'aide de plates-formes et d'outils Web 2.0 appropriés, peuvent être guidés pour solutionner des problématiques. C'est ce que réussit notamment à accomplir le site OpenIdeo.

Il serait souhaitable que l'analyse du gouvernement du Québec comporte des recommandations prioritaires qui porteront sur le leadership transformationnel. Le potentiel du Web 2.0, ce n'est pas uniquement qu'une question de technologies. Les questions non-techniques, s'avèrent (à mon avis), beaucoup plus importantes. Il devrait y avoir aussi des réflexions sur les comportements appropriés, ce qui favorise l'interaction, et permet l'épanouissement des relations. Pour qu'ait lieu une interaction, l'attitude des élus, des gestionnaires et des fonctionnaires nécessite d'être modifiée. Des plans de formation d'utilisation du Web 2.0 devraient être prévus. Mais il devrait y avoir aussi une formation axée sur l'empowerment, pour expliquer aux élus et employés gouvernementaux en quoi consiste la sagesse populaire, quelle est sa nature, et de quelle façon le gouvernement peut favoriser l'empowerment (individuel, communautaire et organisationnel) afin d'en tirer les avantages et développer sa relation avec les citoyens. Voir ma série: composantes favorisant l'empowerment individuel, communautaire, organisationnel, et ce qui favorise la valorisation.

Afin que la sagesse populaire soit réellement mise à contribution, il faut davantage que des pages Facebook et des comptes Twitter. Espérons que l'équipe de M. Gautrin arrivera à articuler cela et à convaincre le reste du gouvernement de les suivre dans un projet de transformation. Une transformation en gouvernement ouvert offrirait la plus haute forme de relation possible entre le gouvernement du Québec et les citoyens.

Les mois filent rapidement. L'équipe de M. Gautrin saura-t-elle faire preuve de suffisamment d’agilité et de souplesse pour prendre en compte dans son analyse la totalité du champ des possibles, en ce qui concerne le «potentiel du Web 2.0»?

31 mai 2011

Interview: Gouvernement du Québec, à propos du potentiel du Web 2.0

Le mois dernier, Government in the Lab a annoncé (dans l’infolettre no.3) que le gouvernement du Québec travaille sur un mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0. Le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin, le leader parlementaire adjoint du gouvernement du Québec, a eu l'amabilité de répondre à nos questions.

1- EN QUOI CONSISTE LE MANDAT D'ANALYSE DU POTENTIEL DU WEB 2.0?


Le Web 2.0 repose sur trois grands principes:

La décentralisation: Il n’y a pas de structure formelle tant au niveau du contenu qu’à celui de la technologie.

La participation: Le Web 2.0 n’existe que grâce aux internautes.

La simplicité d’utilisation et l’ouverture technologique

Le Premier Ministre (Jean Charest) m’a confié le mandat d’analyser les incidences pour la société québécoise, et en particulier pour le gouvernement, de l’utilisation de plus en plus répandue du Web 2.0 et des réseaux sociaux et de lui proposer des stratégies d’action afin que le Québec puisse en tirer tous les avantages possibles.


2- QUELS TRAVAUX ONT ÉTÉ EFFECTUÉS À CE JOUR PAR VOTRE ÉQUIPE, ET QU'ENVISAGEZ VOUS POUR LES PROCHAINS MOIS?

Je procède en quatre étapes pour la réalisation du projet:

* une consultation auprès des personnes associées à l’action gouvernementale.

* un échange sur Internet avec les internautes québécois (communauté publique).

* une consultation fermée sur Internet (communauté privée).

* un colloque.

Actuellement, nous sommes à mettre en place un site Internet qui devrait être fonctionnel début juin 2011.

Le colloque est prévu pour début septembre.

La remise du rapport final au Premier Ministre et au gouvernement se fera pour la fin de l’année 2011.


3- EN QUOI CONSISTE D'APRÈS VOUS, UNE BONNE RELATION ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LES CITOYENS?

Une bonne relation entre le gouvernement et les citoyens basée sur l’utilisation du Web 2.0 devrait améliorer:

* les communications avec les citoyens

* les interactions avec les citoyens

* les services aux citoyens

Les communications avec les citoyens: Il s’agit d’augmenter l’accessibilité des citoyens à l’information gouvernementale. L’utilisation des blogs ou de miniblogs, comme Twitter, voire des Mashups rentrent dans cette catégorie. Le but est de rapprocher l’information gouvernementale des outils de communications utilisés par les citoyens, plutôt que de les obliger à fureter sur de nombreuses pages Web.

Les interactions avec les citoyens: Il s’agit au premier chef d’obtenir les réactions des citoyens sur les politiques et les programmes mis de l’avant par le gouvernement. Cela permet aussi aux dirigeants de bénéficier de la sagesse populaire pour mettre de l’avant de nouveaux programmes ou de nouvelles idées.

Cela permet aussi aux fonctionnaires de faire valoir leurs suggestions pour améliorer l’efficacité de leurs ministères ou organismes dans la façon dont ils remplissent leur mission. Je pense ici particulièrement à l’usage des médias sociaux comme «Facebook».

Les services aux citoyens: Je pense ici aux applications qui utilisent les informations éparpillées dans les banques de données pour les agglutiner en fonction du besoin exprimé par le citoyen.


4- LA TRANSPARENCE, LA PARTICIPATION ET LA COLLABORATION AVEC LES CITOYENS, PAR LE BIAIS D'INITIATIVES DE DONNÉES OUVERTES ET DE GOUVERNEMENT OUVERT, SONT-ILS ENVISAGÉS DANS CE PRÉSENT MANDAT?

Outre la transparence, la participation et la collaboration avec les citoyens, l’utilisation des outils du Web 2.0 devrait permettre:

* d’améliorer la participation des citoyens, particulièrement en ce qui concerne l’élaboration des politiques

* d’améliorer la pertinence et la qualité des services aux citoyens.

* de permettre un accès et une utilisation plus efficaces de l’information gouvernementale

* d’améliorer le fonctionnement interne et les collaborations entre les différents ministères et organismes du gouvernement.

25 mai 2011

Lettre à la ministre Nathalie Normandeau à propos de la libération des données concernant les contrats de Hydro-Québec

Madame Nathalie Normandeau
Ministre des Ressources naturelles et de la Faune, ministre responsable du Plan Nord, et vice-première ministre
Gouvernement du Québec

Madame la Ministre et Vice-première ministre,

Sur la base d'un communiqué diffusé par la société d'État Hydro-Québec, vous avez indiqué hier au député de Jonquière et critique du Parti Québécois en matière d'énergie, Monsieur Sylvain Gaudreault, que les dépassements des coûts allégués concernant les contrats d'Hydro-Québec «ne correspondent pas à la réalité».

Il est difficile pour les élus de l'Assemblée nationale, les gestionnaires gouvernementaux et les citoyens québécois, de comprendre en quoi consiste exactement cette réalité, puisque les données concernant les contrats d'Hydro-Québec ne sont pas accessibles.

La libération de ces données (il s'agirait ici apparemment de 2011 contrats en informatique totalisant des engagements de 990 millions de dollars, d'après une référence de Denis Lessard, La Presse) sur une plate-forme data.qc.ca permettrait d'y voir plus clair.

Par ailleurs, la libération de ces données en format fonctionnel, cohérent et comparable faciliterait grandement la tâche de gestion des élus, gestionnaires gouvernementaux et autres, et permettrait d'analyser plus facilement ces données. Il serait possible de déterminer, par exemple, s'il est exact que 761 contrats de ces contrats (soit 38%) ont dépassé le budget prévu. Bref, avec une libération de ces données gouvernementales, il deviendrait possible à tous de voir ce qui fonctionne. Il se présenterait également au gouvernement du Québec des opportunités pour corriger ce qui fonctionne moins bien.

S'il existe une problématique de gestion en lien avec ces contrats, en transformant celle-ci en défi, dans une initiative de gouvernement ouvert, sur une plate-forme ouvert.qc.ca, il serait possible de solutionner cette problématique par un apport créatif en demandant à des employés gouvernementaux et des citoyens québécois de collaborer (co-analyser et co-créer): il émergerait probablement des pistes de solution inattendues.

Un gouvernement ouvert offre la possibilité d'utiliser la technologie du Web 2.0 afin de découvrir des solutions créatives aux défis, qu'une poignée de gens à Québec ne sont pas nécessairement en mesure d'inventer.

Le gouvernement du Québec devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques devraient être transparents. Un gouvernement ouvert offre aux citoyens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie, et comment ils pourraient y participer.

Le premier ministre du Québec, Monsieur Jean Charest, a confié, en octobre 2010 à Monsieur Henri-François Gautrin, un mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0 afin d'améliorer les relations entre le gouvernement et les citoyens. Ce mandat culminera à la fin de l'année 2011 par le dépôt d'un rapport.

Pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour y ajouter des recommandations portant sur les données ouvertes et le gouvernement ouvert?

La présente est pour vous démontrer qu'il existe de nombreuses données gouvernementales en lien avec vos fonctions (ministères, sociétés d'État, etc.), qui gagneraient, pour toutes les parties, à être libérées.

Étant donné qu'il s'effectue présentement un mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0, l'occasion devrait être saisie par les hauts décideurs du gouvernement du Québec, d'analyser toutes les possibilités - y compris celles offertes par les données ouvertes et le gouvernement ouvert - afin de maximiser la relation à développer entre le gouvernement du Québec et les citoyens.

La présente est pour vous demander de démontrer un leadership fort, un souci et un réel intérêt pour les questions relatives aux données ouvertes et gouvernement ouvert: en discutant de ces questions avec votre collègue M. Henri-François Gautrin; en voyant avec les membres de l'équipe de Jean Charest comment vous pourriez préparer le lancement d'une initiative de données ouvertes et de gouvernement ouvert. Il y a présentement sur la table de travail un mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0. Vous pourriez utiliser ce mandat comme tremplin afin de conduire à l'enclenchement du processus de transformation de la culture du gouvernement du Québec en gouvernement ouvert.

Le 20 mai dernier, Tony Clement, le nouveau président du Conseil du trésor et ministre de l’Initiative fédérale du développement économique dans le Nord de l’Ontario, a fait vœu de reprendre le flambeau du dossier des données ouvertes --- c'est-à-dire les portails data.gc.ca et ouvert.gc.ca (référence, Bill Curry, Globe&Mail).

Que fait actuellement le gouvernement du Québec pour rendre l'État plus transparent, participatif et collaboratif? Grâce à la volonté de hauts dirigeants tels que vous, le leadership transformationnel nécessaire peut émerger, et donner lieu à des actions concrètes conduisant à une initiative de données ouvertes et de gouvernement ouvert.

Lyne Robichaud
Gestionnaire de projet - Gouvernement ouvert et Francophonie
Government in the Lab et Link4Dev

La libération des données concernant les contrats d’Hydro-Québec permettrait d’y voir clair

Nathalie Normandeau
La pagaille a éclaté aujourd’hui entre députés de l’Assemblée nationale et le conseil d’administration d’Hydro-Québec, à propos d’une question de dépassement des dépenses des contrats de cette société d’État, qui ont été l’objet d’intenses échanges.

Le journaliste Denis Lessard de La Presse rapportait aujourd’hui que 40% des contrats informatiques d’Hydro-Québec dépassent les budgets prévus.
«Pour l'informatique, 2011 contrats totalisent des engagements de 990 millions de dollars. Mais 761 contrats, soit 38%, ont dépassé le budget prévu. D'une valeur initiale de 369 millions au total, ils ont nécessité 391 millions de financement supplémentaire pour être réalisés. Quand un projet dépasse ses budgets du double, à Hydro-Québec, il est simplement «dans la moyenne» puisque les excédents sont en moyenne de 106%», indique Denis Lessard.
Sur la base d'un communiqué diffusé par Hydro-Québec aujourd’hui, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a rétorqué au député de Jonquière et critique du Parti Québécois en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, que les dépassements des coûts allégués «ne correspondent pas à la réalité». Alors que le Parti Québécois réclame de donner au Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, le mandat d'aller vérifier les livres d'Hydro-Québec, la ministre a eu une réaction de déni --- comme cela se voit malheureusement souvent chez les dirigeants du gouvernement Charest.

«Il n'y a pas de dépassements de coûts, si on n'a pas les chiffres initiaux, c'est qu'il y a des ajouts qui sont faits en cours de route!», rapporte Denis Lessard.

Si les données concernant les contrats d’Hydro-Québec (et les autres contrats de l’ensemble des ministères et sociétés d’État) étaient libérées dans un catalogue de données ouvertes sur une plate-forme data.qc.ca, élus, gestionnaires, et la population, pourraient y voir clair. Tout le monde en effet pourrait voir en quoi consiste exactement la réalité. Mais puisque ces données ne sont pas publiques, le déni, phénomène de refus de prendre en compte une part de la réalité, peut avoir lieu. En psychiatrie, on parle des possibilités thérapeutiques de travailler avec le déni. Les possibilités, pour un gouvernement, de mettre fin au déni, sont d’accorder davantage de transparence.

«Il est temps que le Vérificateur général ait accès aux livres de la société d'État et examine les procédés», a déclaré Sylvain Gaudreault.

Le gouvernement du Québec devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques devraient être transparents. Un gouvernement ouvert offre aux citoyens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie, et comment ils pourraient y participer.

Le gouvernement du Québec en soi n'a pas toutes les réponses. Un gouvernement ouvert offre la possibilité d'utiliser la technologie (Web 2.0) afin de découvrir des solutions créatives aux défis, qu'une poignée de gens à Québec ne sont pas nécessairement en mesure d'inventer. Nombreux seraient les citoyens québécois disposés à participer si on leur en offrait l'occasion, pour le bien public, de mettre à profit leur talents, compétences, expertise et enthousiasme.

On peut lire dans le communiqué de l’Opposition officielle:
Le député de Jonquière n'en revient pas du communiqué de presse émis aujourd'hui par la société d'État qui souhaite faire passer des dépassements de coûts de 400 millions de dollars comme étant anodins. «Nous voulons une société d'État efficace et bien gérée, pas une société d'État qui veut laisser croire que 400 millions de dollars en dépassements de coûts, c'est normal. Quand le déboursé final dépasse de 40 % la valeur initiale du contrat, c'est qu'il y a un problème, a-t-il insisté. Par ailleurs, il est troublant de constater que la majorité des contrats accordés l'a été sans appel d'offres. Encore une fois, pour Thierry Vandal, c'est normal», a ajouté M. Gaudreault.

Pour connaître les positions opposées concernant les contrats d’Hydro-Québec, consultez le communiqué de la société d’État, ainsi que le communiqué de l’Opposition officielle.
 
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