Blogue de Lyne Robichaud

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03 juin 2011

L'infaillibilité gouvernementale ne va pas de pair avec un gouvernement ouvert

Jean-Marc Fournier
Le concept d'infaillibilité pontificale me tapait sur les nerfs dès l'âge de 7-8 ans. (Je n'ai jamais compris en quoi ce concept était acceptable.) Il en est de même pour l'infaillibilité gouvernementale, qui ne va pas de pair avec la philosophie de gouvernement ouvert, puisque pour arriver à solutionner des problématiques grâce à la participation et la collaboration des citoyens, il faut d'abord et avant tout qu'un gouvernement soit capable de reconnaître qu'il existe des problématiques. Un gouvernement ne peut faire appel à l'aide des citoyens et transformer des problèmes en défis, s'il y a déni face à des situations ou des problèmes.

Hier, le journaliste politique au Journal de Québec Taïeb Moalla @Moalla, a signé un article intitulé «Hells Angels, 'Pas d'échec de la part du gouvernement'», dans lequel il cite les propos du ministre de la Justice et leader parlementaire du gouvernement du Québec, Jean-Marc Fournier,: «Non. Non. Non, il n’y a pas d’échec de la part du gouvernement.»

@Moalla a d'abord publié les propos du ministre dans un gazouillis, puis l'article est paru quelque temps plus tard. @Normand55 a ajouté ce commentaire au gazouillis: «Pas un échec mais une FAILLITE TOTALE».

Je le répète encore, le déni est une stratégie de défense qui mène à éviter, sinon à nier une réalité. La personne qui pratique le déni conserve le savoir de la réalité tout en lui substituant une perception imaginaire. Cette personne possède alors deux visions incompatibles mais dénuées de tout lien, ce qui permet au moi d'exister sur deux registres différents, avec d’un côté la réalité perçue, et de l’autre côté, la réalité reconnue, contraire à la perception.

Effectuons ensemble un petit exercice mental. Imaginez une situation où surviendrait un déni gouvernemental lors de discussions avec des citoyens sur des plates-formes de médias sociaux. Pensez-vous que les gens vont discuter longtemps, que les échanges seront plaisants, et que la relation qui s'établira, entre le gouvernement et les citoyens, sera positive et constructive? Si les intervenants gouvernementaux existent sur deux registres différents, les citoyens le détecteront intuitivement. Ils remarqueront que les intervenants ne sont pas sincères, authentiques et transparents.

J'ai reçu hier une invitation sur Facebook de Alain Destexhe, un homme politique belge libéral. «Rejoignez-moi sur ma page Facebook le 12 juin de 20h à 23h», propose-t-il.

Effectuons ensemble un second exercice mental. Imaginez que ce soit le ministre de la Justice du gouvernement du Québec, Jean-Marc Fournier, qui lance cette invitation pour le dimanche 5 juin. Êtes-vous en mesure d'anticiper quels seront les commentaires des participants/usagers de Facebook?

Les réponses que formulent présentement les députés, dans les débats à l'Assemblée nationale, différeront-elles de celles que ces députés publieront dans les médias sociaux?

Il y a présentement sur la table un mandat d'analyse du potentiel du Web2.0, piloté par le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin.

Étudier et analyser le potentiel du Web 2.0, scruter ce que peuvent accomplir les nouvelles technologies, proposer des avenues par le biais des médias sociaux, c'est passionnant, n'est-ce pas? Il faudrait aussi que les acteurs gouvernementaux s'écoutent parler, observent comment ils se comportent actuellement, afin d'être en mesure de proposer des solutions pour modifier leur approche, et l'adapter au contexte du Web2.0.

Le déni qui se traduirait dans les actes, dans un contexte Web 2.0, ne permettrait pas l'amélioration de la relation entre le gouvernement et les citoyens.

Le déni ne peut coexister dans un contexte de gouvernement ouvert. Dans le déni, tout échec est intolérable: il conduirait à un bouleversement de la façon de vivre. La peur de la déchéance résultant d’une défaite constitue le motif principal de l’évitement. Or, un gouvernement ouvert est en constante transformation, le changement via l'innovation et le recours aux nouvelles technologies est le moteur de cette façon de gérer une administration ou un gouvernement. Les problèmes (évitements, échecs, défaites) sont transmués en réussite.

Admettre ses limites, y faire face concrètement et renoncer par conséquent aux illusions de toute-puissance qui aident à maintenir l'équilibre, voilà le genre d'implications existentielles qui devraient être analysées dans le mandat sur le potentiel du Web 2.0.

La peur de la défaite ou de l'échec peut prendre la forme d’un manque de confiance en soi. C'est pourquoi je le répète encore, pour cheminer vers une transformation vers le Web2.0 (et ultimement, espérons-le, vers un gouvernement ouvert), il est nécessaire d'inclure des plans de formation axés sur l'empowerment individuel, communautaire et organisationnel, et s'assurer que la valorisation soit au cœur des processus.

La personne qui sera nommée «tsar de gouvernement ouvert» ― si jamais un jour le gouvernement du Québec faisait le choix d'effectuer cette transformation ― devra aviser l'ensemble des intervenants du gouvernement, élus et employés gouvernementaux, qu'un changement d'attitude est nécessaire pour faire en sorte que réussisse n'importe quelle initiative en lien avec le Web 2.0 et/ou des plates-formes de données ouvertes et de gouvernement ouvert. Si le Québec n'évolue pas vers un gouvernement ouvert, même en ce qui concerne des initiatives de Web 2.0, ce changement d'attitude serait souhaitable.

25 mai 2011

La libération des données concernant les contrats d’Hydro-Québec permettrait d’y voir clair

Nathalie Normandeau
La pagaille a éclaté aujourd’hui entre députés de l’Assemblée nationale et le conseil d’administration d’Hydro-Québec, à propos d’une question de dépassement des dépenses des contrats de cette société d’État, qui ont été l’objet d’intenses échanges.

Le journaliste Denis Lessard de La Presse rapportait aujourd’hui que 40% des contrats informatiques d’Hydro-Québec dépassent les budgets prévus.
«Pour l'informatique, 2011 contrats totalisent des engagements de 990 millions de dollars. Mais 761 contrats, soit 38%, ont dépassé le budget prévu. D'une valeur initiale de 369 millions au total, ils ont nécessité 391 millions de financement supplémentaire pour être réalisés. Quand un projet dépasse ses budgets du double, à Hydro-Québec, il est simplement «dans la moyenne» puisque les excédents sont en moyenne de 106%», indique Denis Lessard.
Sur la base d'un communiqué diffusé par Hydro-Québec aujourd’hui, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a rétorqué au député de Jonquière et critique du Parti Québécois en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, que les dépassements des coûts allégués «ne correspondent pas à la réalité». Alors que le Parti Québécois réclame de donner au Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, le mandat d'aller vérifier les livres d'Hydro-Québec, la ministre a eu une réaction de déni --- comme cela se voit malheureusement souvent chez les dirigeants du gouvernement Charest.

«Il n'y a pas de dépassements de coûts, si on n'a pas les chiffres initiaux, c'est qu'il y a des ajouts qui sont faits en cours de route!», rapporte Denis Lessard.

Si les données concernant les contrats d’Hydro-Québec (et les autres contrats de l’ensemble des ministères et sociétés d’État) étaient libérées dans un catalogue de données ouvertes sur une plate-forme data.qc.ca, élus, gestionnaires, et la population, pourraient y voir clair. Tout le monde en effet pourrait voir en quoi consiste exactement la réalité. Mais puisque ces données ne sont pas publiques, le déni, phénomène de refus de prendre en compte une part de la réalité, peut avoir lieu. En psychiatrie, on parle des possibilités thérapeutiques de travailler avec le déni. Les possibilités, pour un gouvernement, de mettre fin au déni, sont d’accorder davantage de transparence.

«Il est temps que le Vérificateur général ait accès aux livres de la société d'État et examine les procédés», a déclaré Sylvain Gaudreault.

Le gouvernement du Québec devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques devraient être transparents. Un gouvernement ouvert offre aux citoyens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie, et comment ils pourraient y participer.

Le gouvernement du Québec en soi n'a pas toutes les réponses. Un gouvernement ouvert offre la possibilité d'utiliser la technologie (Web 2.0) afin de découvrir des solutions créatives aux défis, qu'une poignée de gens à Québec ne sont pas nécessairement en mesure d'inventer. Nombreux seraient les citoyens québécois disposés à participer si on leur en offrait l'occasion, pour le bien public, de mettre à profit leur talents, compétences, expertise et enthousiasme.

On peut lire dans le communiqué de l’Opposition officielle:
Le député de Jonquière n'en revient pas du communiqué de presse émis aujourd'hui par la société d'État qui souhaite faire passer des dépassements de coûts de 400 millions de dollars comme étant anodins. «Nous voulons une société d'État efficace et bien gérée, pas une société d'État qui veut laisser croire que 400 millions de dollars en dépassements de coûts, c'est normal. Quand le déboursé final dépasse de 40 % la valeur initiale du contrat, c'est qu'il y a un problème, a-t-il insisté. Par ailleurs, il est troublant de constater que la majorité des contrats accordés l'a été sans appel d'offres. Encore une fois, pour Thierry Vandal, c'est normal», a ajouté M. Gaudreault.

Pour connaître les positions opposées concernant les contrats d’Hydro-Québec, consultez le communiqué de la société d’État, ainsi que le communiqué de l’Opposition officielle.

22 mai 2011

Le discours de la crainte ne mène à rien, surtout pas au gouvernement ouvert

Comme ces réactionnaires qui souhaitaient aux jeunesses une bonne guerre pour les calmer, cela vous traverse-t-il parfois l’esprit de souhaiter qu’ait lieu une bonne révolution via les médias sociaux, pour fouetter les décideurs, et les sortir de leur torpeur, en espérant que nous touchions le fond pour enfin les éveiller?

Lorsque le discours de la crainte a raison du changement, la séduction du statu quo est une douce chanson qui apaise, telle une berceuse. «Je ne leur en parle pas (de données ouvertes, de gouvernement ouvert), pour ne pas les effrayer». Chez nous, l'aversion au risque et au changement a pris une telle ampleur que nous vivons l'entrelacement de l'épopée mondiale comme une menace permanente.

Pourquoi ne pas se prélasser en niant la réalité, en attendant le déluge? Quant aux solutions suggérées, elles semblent inférieures à la gravité du mal. En les taisant le plus longtemps possible, l’inertie est réconfortante. Pourtant, ceux qui dirigent savent très bien ce que proposent les courants de la mouvance du gouvernement ouvert.

Pour échapper à l'incertitude, s’accrocher au passé permet de se reposer, peinards, dans les douceurs de l’état actuel des choses.

«L'affolement, la paranoïa ont toujours été les outils favoris des dictatures avides de déposséder les citoyens de tout moyen d'action». (Pascal Bruckner, La séduction du désastre, 2011)

«La peur ne tue pas, elle empêche de vivre.» (Pascal Bruckner, Le divin enfant – 1992)

«L'Internet est le nouvel esprit planétaire. Ce n'est pas seulement la connectivité. C'est ce qui permet d’entretenir des relations», a déclaré Deepak Chopra. D’après cet auteur et penseur de renommée mondiale, les nouvelles technologies et les médias sociaux, tels que LinkedIn, ont le potentiel de guérir la planète de nombreuses façons, par le foisonnement des relations.

Réciproquement, il est possible de trouver des solutions à des problématiques gouvernementales dans une culture de gouvernement ouvert, en misant sur la créativité pour faire jaillir la magie de la sagesse des foules. Transparence, participation et collaboration sont le fondement du gouvernement ouvert.

Deepak Chopra a rappelé que selon Gallup, 20 pour cent de la population active américaine est activement désengagée et coûte à l'économie des États-Unis environ 380 milliards de dollars par année. Si vous travaillez dans un environnement où votre collègue ou votre supérieur vous ignore, vos chances d’être désengagé augmentent de 45 pour cent. Mais si un collègue souligne vos qualités, votre désengagement chute apparemment à moins de 1 pour cent. L'antonyme de désengagement est engagement et responsabilisation. La solution, indique Chopra, est de valoriser ses collègues. Et les connexions dans les médias sociaux permettent d’être valorisé et de mettre en valeur les autres.

Dans une culture de gouvernement ouvert, la relation entre le gouvernement et les citoyens est positive, puisqu’il s’agit d’une relation de co-création / co-production. La valorisation est le moteur qui pousse les participants à collaborer.

Si ma pensée peut parfois déplaire, ce n’est jamais parce que je le souhaite, mais parce que je veux convaincre. Les décideurs devraient avoir des convictions suffisamment fortes pour vouloir les défendre, envers et contre tout. Les solutions de gouvernement ouvert existent, elles ont été mises à l’épreuve et ont récolté des succès dans de nombreux pays. Il y a un énorme besoin de courage politique, de visions ambitieuses, afin de forcer l'implémentation des solutions qui existent et sont disponibles, par des politiques incitatives ambitieuses.

«Avec des convictions, de l'inventivité et de la persévérance, nous pouvons faire des choses formidables. Nos visions peuvent être réalisées, nos problèmes peuvent être résolus.» (K. R. Sridhar, ex-directeur du laboratoire des technologies spatiales à la NASA, co-fondateur et CEO de Bloom Energy)

25 septembre 2009

Peut-être que les entreprises ne se préparent pas parce qu’on n’a pas vraiment pris le temps de les préparer

Je réponds ici à un billet de Xavier Aucompte intitulé «Pandémie H1N1: Les obligations des dirigeants et DRH d'entreprises. Pourquoi autant d’entreprises ne se préparent pas?» dans le Blog des managers 2.0 (B-r-ent.com).

Je ne suis pas du tout étonnée que 80% des Français (et cela pourrait probablement s’appliquer à la majorité des autres nationalités) ne s’inquiètent pas au sujet de la grippe A/H1N1. Si 20% des gens se soucient actuellement de la menace pandémique, c’est environ 10% de plus qu’en 2007-2008 (L’intérêt pour la pandémie est peu élevé, révèle un sondage canadien).

Xavier Aucompte pose dans ce billet une question vraiment existentielle, concernant l’indifférence et l’apathie des populations aux grandes problématiques mondiales, dont les pandémies font partie. Cela fait des années que je me pose la même question, et je n’ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante. Je crois que ce n’est pas nécessairement lié directement à la pandémie, mais qu’entre en jeu un certain nombre de facteurs associés à notre mode de vie moderne. On pourrait parler du déni pendant longtemps, et couvrir des pages entières, sans arriver à des solutions répondant au déni actuel. Il s’agit d’un sujet fascinant que de tenter de cerner les mécanismes de réaction des gens face au danger.

De tous les «experts» mondiaux, la personne qui, à mon avis, se penche sérieusement sur cette problématique, est le communicateur de risques Peter M. Sandman. Après avoir observé les comportements, il a classé les réactions des gens dans un certain nombre de catégories. (Il s’agit des Inattentifs; Navigateurs; Railleurs; Dupes; Attentifs; Fanatiques; Dénieurs - Vendre l’état de préparation à une pandémie, à la famille et aux amis). J’ai noté qu’il y avait certaines catégories pour lesquelles c’était foutu, en quelque sorte, qu’il n’y a absolument rien à faire pour tenter de les convaincre de la menace pandémique. Il est dommage que ce genre d’information ne soit pas largement partagé et diffusé, car ces données pourraient grandement aider les gestionnaires d’entreprises à mieux communiquer avec leurs employés.

Peut-être que les messages initiaux concernant la pandémie ont été trop rassurants? L’attention des gens ne dure que quelques jours – la plupart sont incapables d’exercer une vision à long terme. Le moment crucial d’attention mondial est survenu vers le 25 avril dernier, entre deux changements de phases (de la phase 4 à la phase 5). Sur Twitter, par exemple, «swine flu» s’est classé numéro 1 parmi les sujets les plus populaires pendant quelques journées consécutives. Mais on a dit à ce moment-là aux gens que le virus de la grippe porcine était semblable à la grippe saisonnière. On a leur a dit aussi qu’il mourait chaque année X personnes de la grippe saisonnière. Puisque le ciel ne leur est pas tombé sur la tête dans les quelques jours qui suivirent le déclenchement de la pandémie, les gens sont passés à autre chose.

Un autre élément à considérer est le fait que la pandémie est arrivée avant que les préparatifs pandémiques mondiaux aient eu le temps d’être complétés. En novembre 2008, David Nabarro, le chef d’orchestre mondial des préparatifs, coordonnateur de la grippe humaine et aviaire à l’ONU, a estimé que l’état de préparation mondial avait atteint seulement 40% (David Nabarro évalue l’état de préparation mondial de pandémie à 40% de l’objectif global). Il a dit également qu’il fallait qu’ait lieu davantage de préparatifs pandémiques «sociaux, économiques et politiques» (Le nouveau rapport de l’ONU recommande une planification multisectorielle). La pandémie est arrivée entre-temps, en avril 2009, et les plans de Nabarro ont été bousculés par la réalité. S’il n’y avait pas eu le déclenchement de la pandémie dans l'intervalle, de nombreux plans d’action auraient peut-être pu être déployés auprès des entreprises du monde entier…

Par ailleurs tout le travail en amont qui était (probablement) planifié auprès des entreprises n’a pas vraiment eu le temps d’être orchestré (comme cela a été pratiqué par l’ONU auprès des gouvernements des nations du monde, par exemple).

La population mondiale n’a jamais été intégrée non plus dans les préparatifs pandémiques.

Il était question à cette époque (automne 2008) à l’ONU, de développer la communication. L’ONU a indiqué dans un rapport sur les préparatifs pandémiques mondiaux que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance constitue un réel défi. «Des approches de la communication à long terme en vue des modifications comportementales sont nécessaires, en particulier des approches adaptées aux contextes sociaux, économiques et culturels de la population. La communication en vue des modifications comportementales est un composant complémentaire essentiel de chaque aspect des activités dans le domaine de la grippe aviaire et humaine. Les populations doivent disposer des connaissances et des moyens nécessaires à la mise en pratique des recommandations. L’instauration d’une relation de confiance entre les populations et les autorités, en particulier en ce qui concerne les mesures de contrôle qu’elles prônent, jouera un rôle crucial pour permettre aux gens de se protéger contre la grippe aviaire pathogène et de limiter les conséquences potentielles de la maladie et d’autres maladies infectieuses émergentes. Des études ont confirmé que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance sous la forme d’une modification efficace du comportement reste un défi.» (Responses to Avian Influenza and State of Pandemic Readiness: Fourth Global Progress Report]. Synopsis en français, paragraphe 18)

Concernant les communications en entreprise, un sondage plutôt consternant vient tout juste d’être publié aux États-Unis. La plupart des travailleurs n'ont pas eu de directives de leurs employeurs à propos de la saison de grippe à venir, selon une enquête nationale dévoilée le 21 septembre 2009 par Mansfield Communications Inc. 69% des répondants déclarent n’avoir reçu aucune communication concernant les politiques en milieu de travail se rapportant au H1N1, pas même des informations relatives au lavage des mains ou aux congés de maladie. «Le fossé entre les connaissances diffusées et la pratique est alarmante. Près de la moitié des répondants ont déclaré qu'ils continueraient à s'engager dans des activités publiques avec pleine connaissance de leur infection. De toute évidence, il y a beaucoup à faire pour sensibiliser les travailleurs de l’Amérique, et aider les gens à agir de façon appropriée afin de contenir la propagation du H1N1.» (No communication to workers from employers about policies in the workplace pertaining to H1N1: study)

Tout cela nous démontre qu’il reste une tâche titanesque à abattre côté communications et sensibilisation. L’information conduit à l’empowerment.

Je vous invite à vous abonner à la newsletter d’information que j’édite (il s’agit d’une revue de presse quotidienne sur la pandémie, avec analyse des situations les plus percutantes). On peut s’abonner directement sur le site de RéseauPandémie.com. Par ailleurs, ne manquez pas de consulter le forum Zonegrippeaviaire.com. C’est une véritable mine d’or d’information sur la pandémie et la marche des virus d’influenza à travers le monde.

28 janvier 2009

Québec n’a pas énoncé les vraies raisons de son déni du Flublogia, d’après Pierre Bouchard

Il est toujours plus facile d'arriver à se distinguer en dénigrant les autres. C'est ce que fait le gouvernement du Québec en regardant de haut la sphère du Flublogia, les médias sociaux, et par le fait même, les citoyens.

Pierre Bouchard
, de l'agence Indico, consultant, conférencier en gestion de la réputation, communication d’entreprise et relations publiques, a rédigé dernièrement deux nouveaux billets à propos du document «Les médias sociaux et la communication du risque». Ceux-ci font suite à deux autres billets rédigés auparavant (voir ici et ici).

Dans «Le blogue organisationnel: bon sauf pour le gouvernement?», Pierre Bouchard indique «Ce qui demeure difficile à comprendre de l’étude du gouvernement, c’est la conclusion qui, malgré l’analyse largement positive faite des médias sociaux, rejette les médias sociaux. Je suis persuadé que les vrais raisons ne sont pas énoncées dans ce document. Ça ne tient tout simplement pas la route

Lorsque j’ai reçu le document «Les médias sociaux et la communication du risque» par la poste, en réponse à une demande à l’information, j’ai trouvé moi aussi qu’il y avait quelque chose qui clochait avec la conclusion.

Michelle Blanc a eu lecture semblable. De même que Mario Asselin dans Mario Tout de go, et Denis Paul van Chestein dans Analystik, ainsi que Michelle Sullivan (qui a pointé ce document à Pierre Bouchard)

Puis dans le billet intitulé «Le blogue citoyen manque de crédibilité», Pierre Bouchard indique: «Ce qui semble déranger, c’est que les blogueurs, tout en relayant l’information, émettent des commentaires et des critiques sur la gestion gouvernementale de la pandémie. D’où la position gouvernementale à l’effet qu’il n’y ait qu’une seule source d’information (gouvernementale)

Un coordonnateur de l’information des mesures d’urgences au gouvernement du Québec s’est exclamé, lorsqu’il a pris connaissance de l’existence de Zonegrippeaviaire.com: “Avez-vous demandé la PERMISSION au gouvernement avant de créer cette patente-là?”

Parce que c’est ainsi que nos autorités québécoises pensent: les citoyens devraient d’abord déposer une demande d’autorisation auprès du gouvernement pour savoir s’ils ont, oui ou non, le droit de penser par eux-mêmes à propos des préparatifs pandémiques.

Ces démarches ont eu lieu en janvier 2008.

Depuis, une année entière s’est écoulée. Cela aurait amplement laissé le temps aux autorités québécoises de trouver une manière de collaborer avec des membres de la sphère du Flublogia.

Aux États-Unis, le moindre bloggeur sur l’influenza a été intégré dans les nombreux comités de travail en lien avec les préparatifs pandémiques du gouvernement fédéral à Washington.

Cinq agences fédérales en lien avec ce domaine diffusent désormais de l’information et échangent avec des citoyens américains (et autres citoyens du monde) sur Twitter (@BirdFluGov, @femainfocus, @GetReady, @ReadydotGov, @RedCross).

Une infrastructure de collaboration, ainsi que des outils de dialogue 2.0, ont été mis en place ces derniers mois, afin que puissent être mis en oeuvre des préparatifs sociaux aux États-Unis. Comme cela est notamment recommandé par l’ONU et la Banque mondiale (dans un rapport publié en octobre dernier). Ceci s’inscrit dans les valeurs de transparence, de participation et de collaboration annoncées dans un mémo présidentiel signé par Barack Obama.

Que fait notre administration gouvernementale québécoise pendant ce temps dans ce domaine?

ABSOLUMENT RIEN.

Donc, depuis mai 2008, les autorités n’ont donc pas eu à lever le petit doigt. Elles sont tout simplement confortablement assises sur leur déni.

La stratégie employée par le gouvernement du Québec a pour but d'enlever la confiance. Il est évident que les autorités ne veulent pas de collaboration et de participation citoyenne dans le domaine des préparatifs pandémiques. En rabaissant la sphère du Flublogia au plus bas niveau, cela ne leur enlève pas de crédibilité, s'ils ne s'intéressent pas à des gens qui ne seraient "pas crédibles". Ils souhaitent décréter, et s'attendent à ce que les individus les écoutent et leur obéïssent. Ceci s'apparente à des comportements très rigides (pour rester poli).

S'il avait existé un intérêt pour la participation citoyenne dans les préparatifs pandémiques, le gouvernement du Québec aurait posé ses conditions, proposé des critères, transmis des invitations.

Le document «Les médias sociaux et la communication du risque» avait pour but véritable - cela est des plus évidents - de verrouiller la porte à toute collaboration avec la sphère du Flublogia. Pour combien de temps? Nul ne le sait. Les véritables raisons? Elles ne doivent pas être belles à entendre.

18 novembre 2008

Combien de temps encore le gouvernement du Québec rejettera-t-il le nouveau système d’influence?

Paru le mardi, 14 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Art Glazer, Stock Illustration RF. # 71277885, libre de droits

Je lis chaque jour l’excellent blogue de Jay Deragon, The Relationship Economy. Toutefois, il m’est arrivé une sorte réaction physique / répulsion ces derniers temps, qui a quelque peu modifié ma perception de ce genre de littérature quotidienne. Chaque fois que j’aperçois maintenant le mot «innovation» associé au domaine des médias sociaux, on dirait qu’il me pousse des boutons imaginaires de frustration. Je me dis en soupirant, «c’est bien joli tout cela», mais ce discours appliqué aux médias sociaux ne s’applique malheureusement pas au contexte du gouvernement du Québec, qui ne s’est pas positionné pas comme leader lorsqu’est venu le temps d’accueillir les médias sociaux, et qui n’a pas non plus suivi le courant du changement du développement mondial du Web 2.0. Donc, il reste la troisième option pas tellement reluisante: le Gouvernement du Québec n’est pas du tout dans le coup. Et cela a de fâcheuses répercussions sur ceux et celles qui tentent d’avancer, en dépit du déni et des barrières imposées par ceux qui nous gouvernent.

Aujourd’hui, Jay Deragon ramène naturellement son message habituel dans un autre billet à propos des médias sociaux, et de la nécessité de les intégrer si vous êtes à la tête d’une entreprise. Dans ‘Is ‘It’ a system of influence?’, il insiste sur le fait que les médias sociaux sont des systèmes d’influence. Une phrase en particulier m’a sauté aux yeux: «Appelez «cela» une mode, une «chose qui plait aux enfants» ou n’importe quoi d’autre, mais ignorer sont influence est comme déclarer que «notre entreprise n’a besoin d’aucun client».

Par les gestes qu’il a posé le 17 juin dernier, le gouvernement du Québec sous-entend que son administration n’a besoin d’aucun citoyen.

Vous vous rappelez certainement que j’ai déjà mentionné que le gouvernement du Québec a refusé de reconnaître la sphère du Flublogia et le site Zonegrippeaviaire, parce qu’il ne veut pas avoir à reconnaître les autres médias sociaux. Si vous êtes un lecteur de ce site, cela fait environ quatre mois que j’en parle… Que voulez-vous, la décision était tellement choquante et à contre-courant des tendances actuelles de la société, que je ne digère pas ce déni, venant de la part de «petits esprits, qui pensent petit, à l’unisson» (je reprends ici une phrase percutante de Revere, d’Effect Measure, et vous recommande d’ailleurs chaleureusement de lire son billet fort instructif à propos des mesures d’exportation de vaccins de grippe aviaire des États-Unis, intitulé «Cervelles d’oiseaux de grippe aviaire et cervelles de l’administration Bush»).

Comme l’indique aujourd’hui Jay Deragon, à moins que vous ne viviez isolé sur une île déserte et soyez totalement déconnecté des nouvelles, vous avez certainement dû entendre parler à quel point les médias sociaux influencent désormais les politiques, la publicité, les achats, la distribution et plein d’autres marchés et processus d’affaires.

Mais au gouvernement du Québec, ils l’ont l’affaire! Il n’est pas question d’influence: les décideurs n’ont qu’à totalement ignorer l’existence des médias sociaux, et des citoyens par le fait même. Et le tour est joué! Bouchons-nous les oreilles et fermons-nous les yeux, en espérant que le citoyens vont enfin se tanner et qu’ils nous ficheront la paix: voilà ce qu’ils se disent.

Les mois passent, et puisque le gouvernement du Québec rejette le rôle des communautés virtuelles dans les préparatifs pandémiques, de très nombreuses opportunités d’information et de sensibilisation de la population à la menace d’une pandémie sont perdues, jour après jour.


David Nabarro. Photo source

Hier, un article publié par IRIN a rapporté les propos de David Nabarro, coordonnateur sénior du système d'influenza des Nations Unies (UNSIC): «Je suis impressionné par le progrès réalisé [dans les préparatifs en vue d'une pandémie], mais je dis qu’il reste encore beaucoup à faire, en particulier dans les préparatifs multi-sectoriels. Il n’y a également pas suffisamment de préparation en ce qui concerne les conséquences plus larges sociales, économiques et politiques».

Les communautés virtuelles peuvent jouer un rôle considérable dans les préparatifs de pandémie, justement dans le secteur des conséquences plus larges sociales dont fait mention David Nabarro.

Selon le document «Les médias sociaux et la communication du risque» (celui-là même sur lequel s’est apparemment basé le gouvernement du Québec pour rejeter le Flublogia):
Une étude supportée par le National Center for the Study of Terrorism and Responses to Terrorism (START) des États-Unis a démontré qu’en situation de crise telle une pandémie, l’engagement de la communauté peut augmenter les capacités des dirigeants à gouverner durant la crise, améliorer l’utilisation et la distribution des ressources disponibles durant la crise et réduire les pertes et l’impact engendrés par la crise(32). Cette étude recommande donc aux gouvernements de favoriser non seulement la consultation, mais aussi l’engagement de la collectivité à titre de partenaire complémentaire aux grandes organisations publiques, tant pour la préparation de la crise que pour la gestion de la crise elle-même.

Selon l’article Community Engagement: leadership tool for catastrophic health event, l’infrastructure civique, - composée de la sagesse publique collective et de la capacité de la collectivité à résoudre des problèmes, des associations volontaires qui se forment spontanément à partir d’intérêts communs ou pour la protection du bien-être collectif, ainsi que des associations de services sociaux qui veillent au bien-être de divers groupes sociaux – est essentielle à la bonne gestion d’un événement de santé publique. La mise à profit des capacités de l’infrastructure civique implique l’instauration d’un dialogue structuré entre les autorités publiques et la communauté, l’implication de la communauté dans la résolution des problèmes liés à la préparation et à la gestion de la crise, et la participation de la communauté pour ce qui est des actions posées pour prévenir, gérer et régler la crise.
Pourquoi dans ce cas avoir rejeté la sphère du Flublogia? Je pense que la réponse est évidente: «Nous ne voulons pas reconnaître les médias sociaux», ce qui signifie clairement, «Notre administration n’a besoin d’aucun citoyen».

La politique de l’autruche est-elle la bonne stratégie?

Paru le jeudi, 11 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Le 30 mai dernier, j’ai appris que le gouvernement du Québec projetait pour cet automne d’avoir recours à un «focus group» pour déterminer de quelle manière sont perçus les outils de préparatifs pandémiques et le site Internet Pandémie Québec.

Cette information m’a été présentée lors d’une rencontre avec deux hauts fonctionnaires du gouvernement du Québec. Pendant la rencontre, je me suis demandée ce que je faisais là, étant donné que ces deux planificateurs de mesures d’urgence avaient devant eux un leader d’opinion à la tête d’une communauté virtuelle. Au lieu de me faire part d’un projet de consultation avec la communauté virtuelle, ils m’ont informée de leur intention de recourir à un outil traditionnel.

Dès la seconde où j’ai appris qu’aurait lieu ce projet de «focus group», je me suis dit qu’il y avait sur la table d’autres options beaucoup plus avantageuses pour les autorités gouvernementales et la population. Les raisons pour lesquelles elles avaient été écartées n’ont pas été précisées.

Trois mois plus tard, je n’ai toujours pas changé d’avis au sujet du projet de «focus group». Deux articles publiés aujourd’hui ont attiré mon attention, et viennent soutenir mon idée qu’en plus du «focus group», le gouvernement aurait dû expérimenter avec les médias sociaux. Les deux articles avertissent qu’il est fortement déconseillé d’ignorer les médias sociaux dans les stratégies de communications.

Direction Informatique a interviewé Michelle Blanc à propos des médias sociaux. La conseillère en marketing Internet a expliqué que «les entreprises trouveraient de la valeur à participer aux réseaux sociaux, mais les organisations démontrent des réticences envers la communication

«Les entreprises ont peur de se faire critiquer, mais si elles n'y sont pas elles seront critiquées de toute façon. Une critique dans le dos fait plus de mal parce qu'on peut difficilement y répondre, alors qu'une critique en face peut être répondue avec des argumentaires. En plus, cela permet d'apprendre des lacunes sur les produits ou les services. Au lieu de payer pour un «focus group», on peut en avoir un en temps réel et savoir les vraies affaires. Beaucoup de gens croient que la politique de l'autruche est une bonne politique...»


L’autre article est en fait un billet signé par Paul Gillin, écrivain et consultant spécialisé dans les technologies de l'information, à Framingham, Massachusetts, aux États-Unis. Il est l'auteur du livre The New Influencers: A Marketer’s Guide to the New Social Media. Dans son billet How not to cope with bloggers, il analyse l'attitude d'une entreprise qui ignore totalement - tout comme le fait présentement le gouvernement du Québec avec le site Zonegrippeaviaire - l'existence d'un blogue influent et d'un leader d’opinion de communauté virtuelle.

Paul Gillin décrit le phénomène social du Gannett Blog, édité par Jim Hopkins, lui-même ancien éditeur du quotidien Gannett et journaliste. Ce blogue génère 91,000 visites par mois, ce qui est considéré par Paul Gillin comme étant un achalandage considérable. La plupart des visiteurs proviennent des 46,000 employés de l’entreprise, qui s’inquiètent et spéculent à propos de mises à pied annoncées récemment par Gannett, qui prévoit remercier jusqu’à 1,000 employés, soit environ 3% de sa masse salariale. Les employés de Gannett trouvent qu’ils n’obtiennent pas la vraie histoire de la part de leur employeur et ils se tournent par conséquent vers le blogue, qui agit comme espace de rassemblement virtuel.

Paul Gillin indique que la stratégie de Gannett est pire que celle du «aucun commentaire». Non seulement l’entreprise n’a-t-elle pas fourni son point de vue à la pléthore de commentaires, mais c’est à peine si elle répond aux demandes de renseignement de Jim Hopkins.

C’est à peu près ce qui se passe avec le gouvernement du Québec et la sphère du Flublogia… mais en pire. Le gouvernement du Québec n’a pas fourni de réponses aux innombrables questions et commentaires émis par Zonegrippeaviaire, et il est fermé comme une huître et ignore totalement nos demandes de renseignement et de reconnaissance de notre rôle dans les préparatifs en vue d'une pandémie. Nos innombrables lettres n’ont reçu aucune réponse au cours des trois derniers mois. Il ne reste plus que l’option des demandes d’accès à l’information qui permettent de tirer quelques vers du nez.

Paul Gillin rapporte que l’incapacité de Gannett à répondre aux allégations et aux critiques a pris des proportions gigantesques et est presque devenu une aussi grande problématique que les difficultés engendrées par l’annonce de mises à pied d’employés de l’entreprise. «Dans le nouveau monde de l'édition actionnée par le citoyen, les établissements ont moins d'endroits pour se cacher que jamais. Le silence est une invitation à la spéculation, et les individus ont maintenant les moyens d'énoncer leurs avis d'une manière très publique», indique Paul Gillin. Il ajoute: «Une meilleure ligne de conduite pour Gannett serait de répondre aux commentaires signalés par Jim Hopkins et ses lecteurs. Même si cette réponse est un «aucun commentaire», il s’agirait au moins une reconnaissance que leurs préoccupations ont été notées

Yves Pépin, en plus d'avoir décidé le 17 juin dernier que la sphère du Flublogia ne serait pas reconnue, a décliné une invitation de Zonegrippeaviaire de participer aux discussions de la communauté virtuelle. Comme l’indique Paul Gillin, n’importe quel commentaire aurait été mieux apprécié que le silence. En plus, ce genre de participation gouvernementale a déjà eu lieu dans le forum américain FluWiki.

D’après Paul Gillin, le Gannett Blog est le parfait exemple de ce qu’il ne faut pas faire dans la gestion des nouveaux leaders d’opinion. La manière dont sont repoussés et ignorés la sphère du Flublogia et le site Zonegrippeaviaire par le gouvernement du Québec est également, à mon avis, un exemple à ne pas suivre.
 
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