Blogue de Lyne Robichaud

Aucun message portant le libellé Pandémie Québec. Afficher tous les messages
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30 avril 2009

Mention de mon profil Twitter dans Radio-Canada

L'ami @koudonk a réussi à publié sa liste des émetteurs de nouvelles de grippe A(H1N1) sur @Radio_Canada. J'y suis! http://tinyurl.com/ctvr3y Sur cette liste, au Canada, il y a moi, et l'Agence de la santé publique du Canada, qui émet sur Twitter depuis le 28 avril dernier. Ils ont publié 9 notes à date.

Il était temps que Santé publique Canada se décide enfin à être actif sur Twitter. Ils ont un autre compte d'utilisateur, qui est resté sans aucune note depuis des mois.

Le gouvernement du Québec ne s'est pas encore lancé sur Twitter. J'attends toujours que Pandémie Québec se pointe le bout du nez.
HAE - Santé
30 avril 2009 [ 18 h 01 ] Par Sophie-Hélène Lebeuf (sophie-helene.lebeuf@radio-canada.ca) | Radio-Canada

[Extrait]

Sur Twitter

Cette semaine, je vous ai mentionné quelques organismes qui diffusent des informations sur Twitter.

Éric Lauzon (Koudonk) a recensé des organismes et des particuliers qui transmettent les développements sur Twitter. Il eu la gentillesse de me transmettre sa liste par courriel:

En français:

Au Canada:
Twitter.com/ASPC_GC
Twitter.com/RC_Regions
Twitter.com/RCInternational
Twitter.com/radio_canada
Twitter.com/cybvoyage
Twitter.com/lagrippeporcine

Au Québec:
Twitter.com/ASPC_GC
Twitter.com/Lyne_Robichaud

En France:
Twitter.com/grippeporcine
Twitter.com/grippe_porcine
Twitter.com/lagrippeporcine
Twitter.com/francediplo

En Suisse:
Twitter.com/swissinfo
Twitter.com/genevenews
Twitter.com/lematinch
Twitter.com/tsr_ch
Twitter.com/20minutes_ch
Twitter.com/RomandieNews

En Belgique:
Twitter.com/belgium_fr
Twitter.com/RTBFinfo
Twitter.com/le_soir
Twitter.com/rtlinfo
Twitter.com/actu24

En anglais:

Twitter.com/whonews (Organisation mondiale de la santé)
Twitter.com/stopswineflu
Twitter.com/trackswine
Twitter.com/H1N1Info
Twitter.com/newscientist (revue scientifique du même nom)
Twitter.com/JamesJanega (journaliste au Chicago Tribune)
Twitter.com/sanjayguptacnn (médecin, qui est reporter pour CNN)
Twitter.com/mexicoreporter

Il y a aussi Twitter.com/healthmap et Twitter.com/CDCemergency (Centers for Disease Control and Prevention in the United States), dont je vous avais déjà parlé.

17 février 2009

Le focus-group concernant Pandémie Québec a-t-il eu lieu?

Je vous annonce en primeur que le focus-group qui était prévu en 2008 par Services Québec, pour évaluer le site Pandémie Québec, n'a pas eu lieu.

Ceci m’a été confirmé (dans une lettre datée du 16 février 2009) par le responsable de l'accès aux documents et de la protection des renseignements personnels de Services Québec (qui gère le site gouvernemental officiel Pandémie Québec).

J’ai demandé à recevoir, le 2 février 2009, le "Rapport d'évaluation par un groupe témoin du site Pandémie Québec". On m'a répondu: "Services Québec ne détient pas le document demandé, et ce, en raison du fait que l'exercice d'évaluation de ce site a été reporté et n'a pas été réalisé."

Ce projet était inscrit dans le plan d'action du comité de planification de pandémie. J'ai reçu une confirmation de ceci par le biais des services d'accès à l'information du ministère de la Sécurité publique.

REPORTÉ AUX CALENDES GRECQUES?

Le rejet de la sphère du Flublogia a eu lieu le 17 juin 2008. Cela fait exactement huit mois. Pas le temps de mettre sur pied un petit focus-group en 8 mois??? Une refonte du site Pandémie Québec était également prévue pour livraison en décembre 2008. Ce qui n'a pas eu lieu.

Ceci démontre une fois de plus que le gouvernement du Québec se fiche totalement de ce que pensent les citoyens des préparatifs pandémiques. Et que ce n'est surtout pas important pour cette administration de leur demander leur avis.

08 février 2009

Québec a des atouts en main, sauf qu’il joue mal son jeu


Le 2 février 2009, Pandémie Québec a publié le «Coffre à outils des gestionnaires».

Étant donné que j’ai l’impression qu’il s’agit d’un remâchage de vieilles stratégies qui datent de plusieurs années, je n’ai pas encore pris le temps de lire ces documents au complet.

J’en ai lu quelques-uns et certaines phrases – qui m'apparaissent comme de véritables tentatives de lavage de cerveau collectif – (notamment dans la fiche «Pandémie, source de stress?») m’ont tellement déplu que je n’ai même pas eu la tentation ni l’envie d’en lire davantage. Par exemple, le gouvernement voudrait que l'on «mentionne à ses proches que, contrairement à ce qui a été le cas pour les précédentes pandémies, les autorités ont pu, cette fois-ci, bien se préparer.» La notion d'être bien préparé ou pas, c'est plutôt relatif, en plus de ne pas être tellement politically à la mode ces jours-ci, puisque la plupart des États les mieux préparés disent qu'ils ne sont pas préparés... Cet argument, que le gouvernement espère que nous dirons à nos personnes les plus chères pour les rassurer, n'a rien pour me rassurer, moi. Je ne suis pas d'accord de diffuser le message «assis-toi sur tes lauriers, ne pense à rien, parce que le gouvernement pense à ta place». Je suis désolée, mais ce genre de discours-là, je trouve cela totalement inapproprié dans un contexte où il faudrait plutôt responsabiliser chacun des citoyens, tout mettre en oeuvre pour augmenter l'empowerment des individus. Cette phrase-là dit exactement le contraire. J'ai été tellement choquée que je n'ai pas poursuivi ma lecture.

J’essaierai de regarder tout cela à tête reposée, une journée où je serai vraiment de très bonne humeur.

La publication du «Coffre à outils» n’a pas eu lieu en page d’accueil du site Pandémie Québec. Cela est paru uniquement dans la section réservée aux professionnels de la santé.

Une question que je me pose constamment, est pour quelle raison le gouvernement du Québec ne rend-il pas public son fameux «Guide autosoins», qui est destiné au grand public? La plupart des milieux ont eu droit à l’accès à l’information: le gouvernement a publié plusieurs guides spécifiques à divers secteurs de la société. Mais pas le guide pour les citoyens.

Ayant déjà eu connaissance du contenu du «Guide autosoins», qui a été publié à l’été 2008 par plusieurs groupes professionnels, comme par hasard quelques jours avant la démission de l’ex-ministre de la Santé Philippe Couillard, je sais que le Québec recommande dans ce document-là d’avoir 2 semaines de réserve en approvisionnement de nourriture, eau et autres biens de consommation.

Ceci correspond à la recommandation actuelle du gouvernement fédéral des États-Unis, et de la République française. Les recommandations varient d’un État américain à l’autre, ou d’un gouvernement local à l’autre, allant de 2 semaines jusqu’à 3 mois de réserve (le comté Nez Percé en Idaho, qui héberge le site GetPandemicReady, le site le plus avancé au monde en termes de conseils en préparatifs individuels).

Une amie m’a fait remarquer que dans le site Pandémie Québec, section «Ma Santé», dans l'onglet vert «Je prends soin de moi et je garde le moral», on trouve sous l'onglet orange «Je m'organise», les conseils suivants:
«Une bonne organisation permet de réduire les obligations de dernière minute, dévoreuses d'énergie et sources de stress:

- Je me tiens constamment informé de l'état de la situation et des consignes de santé publique en vigueur, par exemple en ce qui a trait aux écoles et aux garderies, et des meilleurs conseils en matière de santé physique. Pour ce faire, plusieurs sources fiables d'information sont à ma disposition.
- Je dispose d'une réserve suffisante de biens essentiels (eau et nourriture de base, matériel d'usage quotidien, médicaments…) comblant mes besoins en termes de confort et de santé POUR AU MOINS DEUX SEMAINES. Ainsi, je suis prêt à faire face à de possibles retards d'approvisionnement dans les commerces, et je ne m'épuise pas alors que j'ai peut-être d'autres priorités.
- Je limite mes déplacements en privilégiant les transactions et les achats par téléphone ou par Internet, lorsque ces transactions sont sécurisées.
- J'évite les lieux publics de grande affluence ou je réduis mon temps passé en ces lieux au strict minimum.»

Bon!!!!!!!! Voilà ce qu’on voulait entendre!!!!!!!!!!!!!

Mon amie a fait remarquer «qu'il faut chercher longtemps sur le site pour trouver cette information. Le gouvernement ne semble pas vouloir demander aux citoyens de faire leurs deux semaines de réserves tout de suite!»

C’est ça le problème: la stratégie du camouflage-par-en-arrière de l’information. Expliquez-moi à quoi ça sert de NE PAS marteler des informations cruciales qui pourraient servir à aider des gens, AVANT le déclenchement d’une pandémie. Expliquez-moi aussi à quoi ça sert de ne pas mettre ces informations bien en évidence, puisque lorsque surviendra le début d’une pandémie, cela a été largement démontré par de nombreux experts de renommée mondiale, qu’il pourrait très certainement y avoir une pénurie de denrées et interruption des chaînes d’approvisionnement dès les PREMIERS jours d’une pandémie. Comment voulez-vous que les citoyens stockent une réserve de 2 semaines de vivres en plein chaos et pénurie de denrées?

La panique, cette chère panique que nos autorités craignent tant, elle risquerait d'être très considérablement amplifiée si les denrées s’épuisent rapidement comme glace au soleil quelques jours après le début du déclenchement d’une pandémie.

À moins qu'on nous joue la même carte que ce qui se passe en ce moment avec la Caisse de dépôt et de placement du Québec? Les informations concernant des pertes considérables de 38 milliards de dollars ont été retenues pendant des mois. Radio-Canada a rapporté que "Québec ne commente pas". Mario Dumont (chef de l'Action démocratique du Québec) croit que les chiffres du déficit de la Caisse auraient dû être dévoilés avant les élections de novembre/décembre 2008. Questionné sur l'authenticité du montant du déficit publié dans la La Presse, il a répondu que «si les chiffres étaient erronés, le gouvernement aurait déjà émis un communiqué».

Les chiffres auraient dû être dévoilés aux citoyens AVANT les élections.

Je pense que c'est un peu la même chose avec la question de la réserve individuelle. Cette directive devrait être répétée aux citoyens AVANT le déclenchement d'une pandémie.

Le gouvernement du Québec a peut-être prévu l’équivalent des recommandations américaines et françaises en matière de réserve individuelle, sauf qu’à peu près personne n’est au courant. Alors je considère que ce genre de planification-là, cela ne vaut pas grand-chose.

Tant que le grand public ne recevra pas des directives claires et répétées des douzaines de fois, afin que le message rentre dans la tête des gens, je considère que la planification échoue.

On s’en fiche pas mal de ce qui est écrit dans les plans du gouvernement du Québec. Ce qui compte, ce n'est pas tant le plan comme tel, mais la résultante de la planification, c'est-à-dire par exemple ce qu’il y a d’accumulé dans les garde-manger des ménages québécois. C’est la capacité qu'aura ou non chacun des individus, à se comporter de telle sorte que les infections du virus pandémique ne se répandront pas comme de la poudre à canon dévastatrice à travers la société québécoise.

Ne perdons pas non plus de vue cette phrase du 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de pandémie: «Des études ont confirmé que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance sous la forme d’une modification efficace du comportement reste un défi.» (Synopsis, paragraphe 18). Rien ne prouve que les gens vont écouter le gouvernement quand le gouvernement voudra qu'il les écoute...

En ce moment, je considère qu’il y a peu de mitigation parmi la société québécoise, parce que les gens n’ont pas été informés suffisamment à propos des choses concrètes qu’ils devraient faire AVANT le déclenchement d’une pandémie.

Le gouvernement du Québec pourrait se positionner parmi les leaders en matière de planification de pandémie. Il a des atouts en main, sauf qu’il joue mal son jeu.

18 novembre 2008

Le Québec se réfugie dans les ratons laveurs et ne souffle mot sur les Nations unies



Le site gouvernemental officiel Pandémie Québec du gouvernement du Québec, qui fournit des nouvelles d’actualités sur l'influenza aviaire au compte-goutte (il y a eu 7 nouvelles affichées sur la page d’accueil entre mars et novembre 2008, soit 7 nouvelles en 10 mois), a publié une nouvelle portant sur les ratons laveurs le 10 novembre dernier.

Les ratons laveurs pourraient jouer un rôle dans la transformation du virus aviaire
10 novembre 2008 | Pandémie Québec

D'après une étude parue dans le numéro de décembre de la publication «Emerging Infectious Diseases», les ratons laveurs peuvent contracter et répandre tant la souche humaine que la souche aviaire de la grippe.
Notez la rapidité de réaction de l’équipe de Pandémie Québec à mettre en ligne cette nouvelle, qui est sortie dans les fils de presse anglophones le 4 novembre. Seulement 6 jours plus tard, la nouvelle était reprise par l'équipe de Pandémie Québec. Comme quoi les fonctionnaires qui gèrent ce site sont capables de relayer dans un délai de temps relativement acceptable des nouvelles d’actualité portant sur l'influenza aviaire.

Notez également qu’il n’y a pas eu de nouvelle publiée dans Pandémie Québec à propos de la publication à la mi-octobre 2008 du 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (Synopsis en français), un travail réalisé conjointement par les Nations unies et la Banque mondiale, et piloté par David Nabarro, coordonnateur du système des Nations unies pour la grippe.

Il n’y a pas eu non plus de nouvelle publiée dans Pandémie Québec à propos de l’avènement de la 6e Conférence ministérielle internationale sur l'influenza aviaire et l'influenza pandémique, qui s’est déroulée les 25 et 26 octobre dernier à Sharm El-Sheikh, en Égypte.

Le site de Pandémie Québec ne souffle donc pas mot à propos des nouvelles directives des Nations unies et de la Banque mondiale, qui recommandent une préparation multisectorielle sociale, économique et politique, en plus du secteur traditionnel des préparatifs dans le milieu de la santé.

Les ratons laveurs ne se posent pas de question à propos du H5N1, et sont par conséquents peu enclins à demander que davantage de préparatifs pandémiques aient lieu au Québec.

Mieux vaut s’en tenir à ne parler que des ratons laveurs, si vous souhaitez qu’une population entière ne soit pas informée de ce qui s’impose mondialement comme étant la nouvelle norme en gestion de l'influenza aviaire et tendances de préparatifs pandémiques.

Quand la chance nous sourit: un risque pandémique mi-figue mi-raisin

Paru le dimanche, 2 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Avez-vous remarqué qu’un nouveau mot a dernièrement fait son entrée officielle dans le discours des agences internationales concernant le risque de pandémie? La «chance». Un article mentionnant ce mot, signé par Pierre Melquiot dans Actualités News Environnement, a attiré mon attention: «Grippe aviaire, la chance a permis d’éviter une virulente épidémie en 2008?».

Venant de la part d’une institution aussi respectable que la Banque mondiale, il est étonnant de constater que la «chance» se retrouve désormais sur les lèvres de porte-parole associés à la coordination des mesures pour lutter contre la grippe aviaire. Car jusqu’à présent, l’heureux hasard n’était absolument pas de circonstance pour décrire la situation mondiale du risque pandémique. Le discours officiel cherchait surtout à souligner à quel point le virus était sous contrôle, tel qu’on peut encore le lire sur la page d’accueil du site gouvernemental Pandémie Québec (10 septembre 2008): «L'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère présentement que le risque d'éclosion d'une pandémie d'influenza, provoquée par la transmission d'humain à humain du virus H5N1 de la grippe aviaire, demeure important mais qu'il est bien contenu

Le nouveau discours officiel est tout autre, puisque les autorités internationales indiquent maintenant deux possibilités, dont la nouvelle alternative est loin d’être associée à la notion de contrôle: «L’apparente accalmie dans la propagation du virus de la grippe aviaire pourrait être due autant à la chance qu’à l’effort international pour détecter, prévenir et combattre la maladie», ont exprimé les experts de la grippe aviaire, qui se sont réunis en Égypte le week-end dernier à l’occasion de la Sixième Conférence ministérielle internationale sur l'influenza aviaire et l'influenza pandémique.

Cette déclaration me semble être, en langage diplomatique, un compromis acceptable mi-figue mi-raisin (entre l’agréable et le désagréable), qui laisse au lecteur le choix de deviner la réponse à la brûlante question: Pour quelle raison la pandémie ne s’est-elle pas encore déclenchée?

Les personnes qui suivent de près les nouvelles portant sur la grippe aviaire trouveront une mince consolation dans ce nouveau vocabulaire, car elles savent que de nombreux cas d’infection ne sont pas détectés, ou ne sont pas déclarés. L’apparente accalmie, aux yeux de certains, pourrait s’expliquer par un black-out d’information, de nombreux cas passant sous le radar de la détection, le déni de cas, ou encore le fait que d’autres cas pourraient être mal diagnostiqués et imputés à d’autres maladies.

Cela me plaît que le mot «chance» se retrouve en premier lieu dans l’énumération des deux éléments mentionnés par les autorités internationales - dans l'article de Pierre Melquiot du moins - avant même l’effort mondial déployé pour détecter, prévenir et combattre la maladie. Les autorités parlent à mots couverts, mais je suis rassurée que «chance» ait été introduit dans le discours officiel. Cela ouvre la porte à une dimension intangible et impossible à définir, mais dont l’intuition de ceux et celles qui perçoivent les zones grises, entrevoient néanmoins toute la menace de la situation.

«Nous sommes arrivés à un tournant dans la lutte internationale contre les maladies infectieuses», affirme Piers E. Merrick, qui constate que «nous avons certes lutté efficacement contre les grippes aviaire et humaine, mais face à un grand nombre de ces maladies, il faudra adopter un plan d’actions à long terme, plus sophistiqué et plus complet.»

Nous verrons de quelle manière s’articulera une planification des États «plus sophistiquée et plus complète» au fil des prochains mois. D’ici la fin de l’année, l’OMS a annoncé qu’elle déposerait de nouvelles directives axées sur quatre thèmes de développement (d'après Revision of the Pandemic Influenza Preparedness Guidance - An Update on the Drafting Process): 1) emphase sur une préparation soutenue, 2) considérations légales et éthiques, 3) rôle crucial des communications, et 4) approche «société dans son ensemble».

Il est probable que l’année 2009 sera un bon cru pour les mordus de préparatifs pandémiques!

La politique de l’autruche est-elle la bonne stratégie?

Paru le jeudi, 11 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Le 30 mai dernier, j’ai appris que le gouvernement du Québec projetait pour cet automne d’avoir recours à un «focus group» pour déterminer de quelle manière sont perçus les outils de préparatifs pandémiques et le site Internet Pandémie Québec.

Cette information m’a été présentée lors d’une rencontre avec deux hauts fonctionnaires du gouvernement du Québec. Pendant la rencontre, je me suis demandée ce que je faisais là, étant donné que ces deux planificateurs de mesures d’urgence avaient devant eux un leader d’opinion à la tête d’une communauté virtuelle. Au lieu de me faire part d’un projet de consultation avec la communauté virtuelle, ils m’ont informée de leur intention de recourir à un outil traditionnel.

Dès la seconde où j’ai appris qu’aurait lieu ce projet de «focus group», je me suis dit qu’il y avait sur la table d’autres options beaucoup plus avantageuses pour les autorités gouvernementales et la population. Les raisons pour lesquelles elles avaient été écartées n’ont pas été précisées.

Trois mois plus tard, je n’ai toujours pas changé d’avis au sujet du projet de «focus group». Deux articles publiés aujourd’hui ont attiré mon attention, et viennent soutenir mon idée qu’en plus du «focus group», le gouvernement aurait dû expérimenter avec les médias sociaux. Les deux articles avertissent qu’il est fortement déconseillé d’ignorer les médias sociaux dans les stratégies de communications.

Direction Informatique a interviewé Michelle Blanc à propos des médias sociaux. La conseillère en marketing Internet a expliqué que «les entreprises trouveraient de la valeur à participer aux réseaux sociaux, mais les organisations démontrent des réticences envers la communication

«Les entreprises ont peur de se faire critiquer, mais si elles n'y sont pas elles seront critiquées de toute façon. Une critique dans le dos fait plus de mal parce qu'on peut difficilement y répondre, alors qu'une critique en face peut être répondue avec des argumentaires. En plus, cela permet d'apprendre des lacunes sur les produits ou les services. Au lieu de payer pour un «focus group», on peut en avoir un en temps réel et savoir les vraies affaires. Beaucoup de gens croient que la politique de l'autruche est une bonne politique...»


L’autre article est en fait un billet signé par Paul Gillin, écrivain et consultant spécialisé dans les technologies de l'information, à Framingham, Massachusetts, aux États-Unis. Il est l'auteur du livre The New Influencers: A Marketer’s Guide to the New Social Media. Dans son billet How not to cope with bloggers, il analyse l'attitude d'une entreprise qui ignore totalement - tout comme le fait présentement le gouvernement du Québec avec le site Zonegrippeaviaire - l'existence d'un blogue influent et d'un leader d’opinion de communauté virtuelle.

Paul Gillin décrit le phénomène social du Gannett Blog, édité par Jim Hopkins, lui-même ancien éditeur du quotidien Gannett et journaliste. Ce blogue génère 91,000 visites par mois, ce qui est considéré par Paul Gillin comme étant un achalandage considérable. La plupart des visiteurs proviennent des 46,000 employés de l’entreprise, qui s’inquiètent et spéculent à propos de mises à pied annoncées récemment par Gannett, qui prévoit remercier jusqu’à 1,000 employés, soit environ 3% de sa masse salariale. Les employés de Gannett trouvent qu’ils n’obtiennent pas la vraie histoire de la part de leur employeur et ils se tournent par conséquent vers le blogue, qui agit comme espace de rassemblement virtuel.

Paul Gillin indique que la stratégie de Gannett est pire que celle du «aucun commentaire». Non seulement l’entreprise n’a-t-elle pas fourni son point de vue à la pléthore de commentaires, mais c’est à peine si elle répond aux demandes de renseignement de Jim Hopkins.

C’est à peu près ce qui se passe avec le gouvernement du Québec et la sphère du Flublogia… mais en pire. Le gouvernement du Québec n’a pas fourni de réponses aux innombrables questions et commentaires émis par Zonegrippeaviaire, et il est fermé comme une huître et ignore totalement nos demandes de renseignement et de reconnaissance de notre rôle dans les préparatifs en vue d'une pandémie. Nos innombrables lettres n’ont reçu aucune réponse au cours des trois derniers mois. Il ne reste plus que l’option des demandes d’accès à l’information qui permettent de tirer quelques vers du nez.

Paul Gillin rapporte que l’incapacité de Gannett à répondre aux allégations et aux critiques a pris des proportions gigantesques et est presque devenu une aussi grande problématique que les difficultés engendrées par l’annonce de mises à pied d’employés de l’entreprise. «Dans le nouveau monde de l'édition actionnée par le citoyen, les établissements ont moins d'endroits pour se cacher que jamais. Le silence est une invitation à la spéculation, et les individus ont maintenant les moyens d'énoncer leurs avis d'une manière très publique», indique Paul Gillin. Il ajoute: «Une meilleure ligne de conduite pour Gannett serait de répondre aux commentaires signalés par Jim Hopkins et ses lecteurs. Même si cette réponse est un «aucun commentaire», il s’agirait au moins une reconnaissance que leurs préoccupations ont été notées

Yves Pépin, en plus d'avoir décidé le 17 juin dernier que la sphère du Flublogia ne serait pas reconnue, a décliné une invitation de Zonegrippeaviaire de participer aux discussions de la communauté virtuelle. Comme l’indique Paul Gillin, n’importe quel commentaire aurait été mieux apprécié que le silence. En plus, ce genre de participation gouvernementale a déjà eu lieu dans le forum américain FluWiki.

D’après Paul Gillin, le Gannett Blog est le parfait exemple de ce qu’il ne faut pas faire dans la gestion des nouveaux leaders d’opinion. La manière dont sont repoussés et ignorés la sphère du Flublogia et le site Zonegrippeaviaire par le gouvernement du Québec est également, à mon avis, un exemple à ne pas suivre.

Maple Leaf Foods et listériose, vu par un expert en marketing Internet

pMaple Leaf Foods et listériose, vu par un expert en marketing Internet, et ce que perd le gouvernement du Québec en refusant d’intégrer les médias sociaux dans ses stratégies de communication du risque

Paru le samedi, 30 août 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Grâce au Plan d'action sommaire 2008-2009 provenant du Sous-comité de planification gouvernementale en cas de pandémie d'influenza, obtenu par Zonegrippeaviaire le 27 août dernier par accès à l’information, j’ai appris qu’un projet d’actualisation du site Pandémie Québec est prévu pour livraison en décembre 2008. Vous pouvez sans doute imaginer que j’attends avec impatience ce changement de look. J’espère qu’ils vont mettre le paquet côté chirurgie plastique et mise à jour des contenus, car le site en a grandement besoin…

Même si un projet d’actualisation de Pandémie Québec est en cours, j’appréhende le fait que les changements pourraient ne pas être si importants que cela.

Mon plus grand regret est de savoir À L’AVANCE que Pandémie Québec va très probablement demeurer un site Internet de type traditionnel, et qu’il ne comportera certainement pas d’applications web 2.0, puisque qu’une analyse récente réalisée par l’équipe de M. Yves Pépin, de la Direction de la coordination de l’information et des mesures d’urgences de Services Québec (Les médias sociaux et la communication du risque), concluait qu’il ne valait pas la peine «d’investir ni temps et argent» dans ces patentes-là.

Pourtant, ce n’est pas l’avis d’experts en marketing web…

En lisant un billet de Michelle Blanc, spécialiste en marketing Internet - qui d’ailleurs s’est classée cette semaine dans le top 100 mondial francophone et dans les trois premiers blogues au Québec (toutes mes félicitations!) – intitulé «Maple Leaf Foods et la listeria, et ce que j’aurais fait de plus», je ne peux m’empêcher de soupirer, et soupirer encore, rien qu’à penser à toutes les opportunités manquées par le gouvernement du Québec, étant donné qu’il a décidé de fermer la porte aux blogues et aux médias sociaux. Car si les blogues peuvent s’avérer des plus utiles pour des entreprises dans la tourmente, telle que Maple Leaf Foods, ils devraient l’être aussi pour le gouvernement du Québec, non?

Les autorités québécoises auraient pu se pratiquer et se faire la main avec un blogue de gestion de crise et miser en quelque sorte sur la situation provoquée par la listériose pour apprendre à gérer ce genre d'outil. Car quand viendra la pandémie d’influenza, une crise qui sera de beaucoup supérieure à celle que nous traversons actuellement au Québec avec la listériose… et maintenant aussi la salmonelle, des applications web 2.0 pourraient réellement faire une grande différence dans une crise communicationnelle de cette ampleur.

Par ailleurs, nous existons: la communauté virtuelle de Zonegrippeaviaire. En plus des applications web 2.0 à intégrer dans les sites Internet officiels du gouvernement, il serait urgent que le gouvernement du Québec admette l'existence de médias sociaux des plus actifs, comme par exemple Zonegrippeaviaire.com, et accorde son soutien à ses activités d'information, traduction des contenus, sensibilisation, échanges et discussions, analyses, empowerment des individus et mitigation des communautés en vue de la prochaine pandémie d'influenza. Nous faisons partie des communications de pandémie - et autres maladies infectieuses -, et nous pourrions devenir d'excellents partenaires-citoyens pour le gouverment du Québec. En court-circuitant toute possibilité d'échange entre nos deux mondes, le gouvernement du Québec s'enfonce un peu plus dans une sorte d'ère jurassique
. Les propos de Lise Payette, publiés hier dans Le Devoir, m'ont paru l'évidence même: les idées sont «si vieilles qu'on a toujours l'impression qu'on est en marche arrière quand ses représentants s'agitent autour d'un projet.» C'est vrai pour les Conservateurs de Stephen Harper, et cela s'applique malheureusement aussi aux membres de l'administration Charest.

Voici le billet de Michelle Blanc au sujet de la listériose et Maple Leaf Foods. Merci pour ces conseils!


Maple Leaf Foods et la listeria, et ce que j'aurais fait de plus
Mercredi, 27 août 2008 | Par Michelle Blanc
Si Maple Leaf Foods était l’un de mes clients, étant donné la crise de listeria qui affecte leurs produits, je leur aurais suggéré de monter un blogue de gestion de crise. Comprenez bien que selon les préceptes traditionnels de relations publiques, ils ont jusqu’à maintenant très bien réagi. Selon Abby Martin, le président a même déjà outrepassé la prudence communicationnelle en admettant «être désolé».
How They’ve Handled This

Maple Leaf Foods immediately shut down the plant in question and recalled approximately 20 types of meat involved. As investigators from the Public Health Agency of Canada uncovered more information, the company took precautionary measures and widened its recall to include 200 additional products.

The company also made sure the public has the information it needs by posting a sizeable PDF on its website detailing which products are involved and to be avoided.

The site also updates press releases as received and implores those viewing it to “Check back often to see what we are doing to win back your confidence.”

Additionally, a somber and penitent statement featuring the company’s President and CEO Michael McCain has apparently been running frequently on major Canadian networks during commercial breaks for popular programs as well as on YouTube.

And a full page letter from Michael McCain quickly appeared in the major Canadian newspapers.

From a public relations standpoint, this is a textbook case of excellent crisis management. The company acted quickly and effectively.

They took control of the situation and offered what appears to be genuine contrition.

(McCain even apologizes in the commercial for the failure of their “culture of food safety”- and actually stating that you’re sorry is something at which most companies would balk. And at which most lawyers would pounce - and they may yet.)
Mais lorsque les gens cherchent listeria dans Google, Maple Leaf n’y est pas. Si on cherche Mapel Leaf, ce sont les actualités qui nous sont présentées en premier, sans qu’il soit possible de voir les nouvelles venant de Maple Leaf. Qui plus est, les mots clés Listeria et Maple Leaf ont été achetés « Merchant Law Group LLP » qui sollicite des signatures pour faire un recours collectif contre la compagnie. Maple Leaf elle-même n’est pas présente. Étant à l’ère du web, les méthodes de gestion de crises traditionnelles, auraient avantage à être mise à jour et à positionner convenablement le message de l’entreprise dans Google et dans les autres outils de recherches Web.

Qui plus est, Maple Leaf Food se devra de regagner la confiance des consommateurs et elle pourrait ouvrir un blogue, expliquer ce qu’est la Listeria, pourquoi ils ont été victime de cette bactérie, ce qu’ils mettent en œuvre pour éradiquer ce genre de problème et ouvrir un dialogue avec les consommateurs. C’est ce qu’a fait avec succès Dell (pour une crise communicationnelle beaucoup moins grave, j’en conviens), lorsque plusieurs épisodes de batteries qui explosent se sont retrouvés sur le Web. De plus, ils devraient évidemment faire du monitorage du brand sur le Web. S’ils l’avaient fait, déjà ils auraient commencé à concurrencer la publicité de la firme d’avocat qui tente de monter un recours collectif contre eux…

Le plan d’action du comité de planification de pandémie du Québec comporte dix projets pour 2008-2009

Paru le mercredi, 27 août 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

Une demande d'accès à l'information de Zonegrippeaviaire a été reçue le 17 juillet 2008 par le responsable de l'accès aux documents du ministère de la Sécurité publique. Cette démarche visait à obtenir un document s'intitulant "Rapport du comité interministériel de préparatifs en cas d'une pandémie d'influenza - Perspectives d'action pour 2008".

J'ai reçu le 27 août 2008 le "Plan d'action sommaire 2008-2009 provenant du Sous-comité de planification gouvernementale en cas de pandémie d'influenza".




Le Rapport interministériel concernant le plan gouvernemental «Pandémie grippale». Perspectives pour 2008 de la République française compte 90 pages.

Celui du gouvernement du Québec tient sur une page...


Dix projets sont identifiés.

Il y en a neuf en fait, mais pour faire un chiffre rond, j’ai compté la note en bas du document, concernant un focus-group portant sur le site Pandémie Québec qui doit avoir lieu à l’automne 2008, comme un projet à part entière. Cela aurait pu être un projet d'envergure, s'il avait inclus les médias sociaux... Yves Pépin m’avait informée de ce projet, mais je croyais qu’il allait se débrouiller pour trouver une manière de composer avec l’existence de la sphère du Flublogia entre temps. Ce qui n’est pas arrivé, comme vous le savez. Le 17 juin dernier il a tout simplement décidé de ne plus jamais avoir à nous parler, en décrétant que le Flublogia et le site Zonegrippeaviaire ne seraient pas reconnus pour ne pas avoir à reconnaître les autres médias sociaux. Le document «Les médias sociaux et la communication du risque» a fermé la porte jusqu’aux calendes grecques, le temps que les applications web 2.0 se développent à l’échelle de la planète. Si nous sommes chanceux, peut-être que le gouvernement du Québec daignera se pencher sur notre cas lorsque le monde entier passera en mode web 3.0? Donc le gouvernement va faire son petit projet de focus-group, et ignorer complètement l’existence du Flublogia et de la communauté virtuelle de Zonegrippeaviaire. Les 310 commentaires qui ont été produits jusqu'à présent par les utilisateurs de Zonegrippeaviaire à propos du site Pandémie Québec, des divers outils de sensibilisation développés par le gouvernement et des plans de lutte, ne seront pas pris en considération, parce qu’un fonctionnaire a décidé qu’il était moins compliqué de rejeter le Flublogia et de s’en tenir au plan d’action prévu, que d’essayer de composer avec les préoccupations de la population.

Un des projets du plan d’action sommaire est décrit comme une «actualisation du site Internet» (Pandémie Québec). La mise en ligne est prévue pour décembre 2008. Ce ne sera pas un luxe de revoir le contenu de ce site. Encore là, nous ne serons pas conviés à collaborer à ce projet-là.

Un autre projet consiste à «actualiser le plan gouvernemental et la mise à jour des outils». Il s’agit d’une révision des domaines de la santé, de l’agroalimentaire et des communications. Le document indique l’objectif suivant: «Faire évoluer le plan gouvernemental pour couvrir les cas de maladies infectieuses». Hein? Peut-être que je ne comprends pas bien, mais une pandémie d’influenza, n’est-ce pas en soi une situation de couverture de cas de maladies infectieuses? Peut-être qu’il s’agit d’autres maladies infectieuses secondaires ou parallèles aux vagues de la pandémie? Michael Osterholm, directeur du CIDRAP, a déclaré le 31 janvier dernier: "L'impact d'une pandémie de grippe, a-t-il dit, pourrait inclure des pannes massives d'énergie autour du monde, une montée subite d'autres maladies infectieuses mortelles, d'innombrables morts associées aux manques d'approvisionnement médical et de traitements, et davantage." Je doute que les planificateurs de pandémie du Québec soient des fans de Michael Osterholm et qu'ils aient pris connaissance de cette déclaration. Je voudrais tant me tromper. Si des travaux d'actualisation du plan gouvernemental sont prévus pour inclure la montée subite d'autres maladies infectieuses mortelles, comment se fait-il qu'il n'y ait pas de travaux pour tenter de trouver des solutions aux pannes massies d'énergie et au manque d'approvisionnement en général? Avec les trois phrases de description mentionnées dans le plan d'action concernant le projet d'actualisation du plan gouvernemental, il est difficile de se faire une idée de la direction que prendra les travaux. Il me semble que le projet formulé dans le plan d'action 2008-2009 est un tantinet simpliste, et qu'il manque grandement d'envergure.

Il n’y a pas l’air d’avoir de projet prévu pour pousser la réflexion sur l’impact d’une pandémie sur la société et l’économie, et pour tenter d’envisager comment réagira notre système d’approvisionnement juste-à-temps dans un contexte où il pourrait survenir de graves pénuries d’énergie et de main-d’œuvre.

Pas de travaux ne sont prévus non plus pour réfléchir aux réserves stratégiques, compter et vérifier si la réserve actuelle comporte suffisamment de produits, et ce qu’il faudrait y ajouter. Pas de réflexion sur la nécessité d’impliquer les communautés et les individus dans la constitution de réserves stratégiques.

Rien non plus n’est prévu pour comparer les travaux de préparation du Québec d’une région administrative à une autre, par rapport aux autres provinces canadiennes, et par rapport aux autres nations développées du monde entier.

Rien non plus n’est prévu pour mitiger la population. Aucun projet n’est prévu pour favoriser les préparatifs pandémiques individuels.

Il n’y a pas de réflexion prévue portant sur la mise à jour des interventions pharmaceutiques.

Il n’y a pas de réflexion prévue portant sur le développement des interventions non pharmaceutiques.

Il doit y avoir une liste impressionnante de choses qui devraient être mises en oeuvre dans les préparatifs pandémiques du Québec, que je n'ai pas mentionnées dans ce billet.

Le dernier projet du plan d'action 2008-2009 consiste en un «bilan de l’utilisation et des retombées des outils de sensibilisation développés et des activités réalisées dans la dernière année». Yves Pépin avait parlé d’un bilan gouvernemental. Je suis trop découragée pour tenter d’imaginer de quoi aura l’air ce bilan de l’utilisation et des retombées…

Si les planificateurs et les décideurs du gouvernement du Québec souhaitent que nous les prenions au sérieux, qu’ils commencent par travailler de manière plus adaptée aux préoccupations mondiales, avancées scientifiques et tendances mondiales de préparatifs pandémiques. Un programme d’échange culturel entre la République française, les Nations Unies et les États-Unis ferait sans doute le plus grand bien à nos planificateurs de pandémie. Ils gagneraient à se tourner vers l’extérieur et à observer comment travaillent d’autres administrations et d’autres États. Côtoyer des leaders les aideraient grandement à mieux orienter leur planification de pandémie.


Si l’enveloppe budgétaire ne permet pas aux planificateurs de se rendre à Paris, ou à Washington, notre communauté virtuelle aurait été enchantée de fournir de l’information et de pouvoir échanger avec les membres du comité de planification de pandémie. Cela n’aurait pas coûté très cher de tendre l’oreille aux préoccupations des citoyens québécois et d'admettre que plusieurs d'entre nous sommes capables de contribuer de manière positive au processus de planification pandémique. Comme la publicité de Mastercard l’indique , ce genre de dialogue véritable, «ça n’a pas de prix». Il est regrettable que nos planificateurs soient trop bouchés pour s’en rendre compte.

Combien de respirateurs avons-nous au Québec pour affronter une pandémie?

Le Japon multiplie par 10 son budget de pandémie et planifie 3,600 respirateurs de plus. Combien de respirateurs avons-nous au Québec pour affronter une pandémie?

Paru le mercredi, 27 août 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Un respirateur. Photo source

Le Japon est parti sur une lancée de préparatifs de pandémie. Nous avons appris dernièrement que les Japonais vont débuter cet automne un projet d’immunisation des premiers répondants avec un vaccin pré-pandémique, qui sera par la suite administré à toute la population, soit environ 20 millions de personnes.

De notre côté, le Canada a fait savoir qu’il n’achèterait pas de vaccins pré-pandémiques. C’est ce qu’a révélé la journaliste Helen Braswell le 18 mai dernier: «Les autorités canadiennes se sont abstenues [d’acheter le vaccin Prepandrix de GlaxoSmithKline], en disant qu’elles préféraient s’en tenir au présent contrat du Canada qui accorde au pays un accès privilégié à quelque vaccin que ce soit produit à l’usine de GlaxoSmithKline une fois que sera déclenchée une pandémie.»

Le Japon a ensuite annoncé qu’il planifiait doubler sa réserve de Tamiflu. «Le Japon devrait augmenter la réserve de médicaments pour la grippe, afin de couvrir environ 60 millions de personnes, ou la moitié de sa population, pour lutter contre une pandémie possible qui pourrait tuer des millions de personnes, a recommandé un panel du gouvernement.»

Par ailleurs, le Japon a fait don de 500,000 doses de Tamiflu à ses voisins de l’Asie: «Le Japon a accepté de fournir 500,000 doses additionnelles de Tamiflu aux pays de l'Asie du Sud-Est, soulevant des préoccupations additionnelles en ce qui concerne la situation en Indonésie. L'expédition précédente de 500,000 doses de Tamiflu a été stockée à Singapour, qui est adjacent à Sumatra du nord.»

Le Canada a quant à lui publié dernièrement le rapport du Conseil du RPSP et les recommandations sur l’utilisation d’antiviraux à des fins prophylactiques pendant une pandémie d'influenza, Le Conseil du RPSP a nommé un Groupe de travail sur l’utilisation d'antiviraux à des fins prophylactiques (GTAP) afin d’examiner le bien-fondé de l’utilisation d’antiviraux à des fins préventives durant une pandémie d’influenza. La conclusion du GTAP, concernant l’utilisation étendue d’antiviraux à des fins prophylactiques pendant une pandémie, est que «cela n’est pas justifiable pour le moment». Ces arguments sont tous acceptables, surtout en contexte d’une propagation de 100% de la résistance au Tamiflu dans la grippe saisonnière (H1N1) observée dernièrement en Afrique du Sud et en Australie, sauf que pendant que la possibilité des antiviraux est écartée, quoi d’autre est suggéré? Il faudrait chercher à savoir de quelle manière les premiers répondants seront protégés au Canada lors d’une pandémie…

Le Japon a ensuite annoncé qu’il s’associait à deux autres pays, la Chine et la Corée du Sud, pour orchestrer cet automne une simulation de pandémie.

Avez-vous déjà entendu parler d’une simulation de pandémie ou d’un projet de simulation de pandémie au Canada ou au Québec? Nous avons eu droit à de nombreuses répétitions de cliniques d’administration massive de vaccins, mais pas de répétition générale, de simulation où tous les acteurs seraient appelés à se pratiquer à faire face à une pandémie.

Ne perdons pas de vue non plus que nous n’aurons aucun vaccin pré-pandémique au Canada. Et qu’il n’est pas certain non plus que nous voyions la couleur d’un vaccin pandémique avant de très longs mois après le déclenchement d’une pandémie, voire même une année. Les autorités sont persuadées que les vaccins seront disponibles «trois mois après» l’apparition de la souche pandémique, mais elles ont oublié un élément majeur dans leur planification: l’impact d’une pandémie sur les systèmes d’approvisionnement et notre économie juste-à-temps. Cela pourrait influencer sur le temps de livraison d’un vaccin.

Ensuite, le Japon a annoncé qu’il allait multiplier par 10 son budget de planification de pandémie, passant à 60 milliards de yens (soit 534 millions de dollars américains).

À combien s’élève le budget de planification pandémique au Canada, et au Québec? Des augmentations d’enveloppes budgétaires sont-elles prévues?

Aujourd’hui, le 27 août, Michael Coston rapporte que le Japon annonce qu’il prévoit l’achat de 3,600 respirateurs supplémentaires en 2009, soit une dépense de 2 milliards de yens, ou environ 5,000$ par respirateur.

Je ne suis pas en mesure de vous donner des précisions sur la situation canadienne, mais j’ai vu passé des données récentes en ce qui a trait aux projets du gouvernement du Québec. Mais malheureusement, ce n’est pas dans les habitudes du gouvernement de nous informer à ce sujet. La source provient d’une association de professionnels, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, un document daté du 2 au 6 juin 2008 intitulé «Pandémie d’influenza: avancement des travaux».

On peut lire en page 11 de ce document:
«Le ministère effectue actuellement un appel d’offre pour l’achat de respirateurs dans le but d’en arriver à un ratio d’un respirateur pour chaque lit de soins intensifs au Québec.»
La quantité de respirateurs qui sont prévus être achetés, bien qu’elle ne soit pas précisée (comme d’habitude…) est plus facile à calculer que les termes associés à la providence divine, auxquels nous (la population) avons habituellement droit. Il est probable que le gouvernement du Québec ne s’adresse pas dans les mêmes termes aux professionnels de la santé qu’il ne le fait pour la population québécoise. Il suffira de savoir cette fois-ci combien de lits de soins intensifs existent actuellement au Québec, et nous pourrons estimer plus ou moins combien de respirateurs sont prévus être achetés.

Admettons que le nombre de respirateurs souhaités est beaucoup plus simple à déterminer que ce qui correspond à une «manne» de vaccins ou encore à des «ententes pour s'assurer d'en avoir toujours en quantité suffisante». Un article du Devoir du 12 juillet dernier citait le vocabulaire de providence divine de la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux: «Des compagnies pharmaceutiques ont déjà conclu des ententes avec le gouvernement fédéral pour produire une manne de vaccins lorsque la souche pandémique sera connue.»

Un article du Soleil du 11 août dernier citait Pierre Laflamme, coordonnateur du comité du MSSS sur la pandémie, concernant un investissement de 50 millions de dollars supplémentaires en achat d’antibiotiques pour le traitement des infections secondaires en cas de pandémie de grippe aviaire: «On a signé des ententes pour s'assurer d'en avoir toujours en quantité suffisante».

Pour l’investissement de 50 millions de dollars dépensés pour acheter des antibiotiques en prévision de la pandémie de grippe au Québec, si cette nouvelle n’est pas affichée sur le site de Pandémie Québec, cela peut laisser croire à la population que la nouvelle n’est pas entérinée par le gouvernement du Québec. Pour comprendre cette situation, j’ai contacté M. Pierre Laflamme, par téléphone, et dès qu’il a su qui j’étais [administratrice d’un média social], il a raccroché après m’avoir dit qu’il me mettrait en communication avec le Service de presse du MSSS, et depuis, personne ne m’a contactée. Pierre Laflamme a toutefois pris le temps de m’informer que le MSSS n’avait publié aucun communiqué de presse pour annoncer l’investissement, puisque cette nouvelle avait été diffusée sous forme d’entrevue avec le journaliste du Soleil. À mon point de vue, même si le MSSS n’a pas publié de nouvelle officielle à cet effet, cela devrait être mentionné sur leur site, parce que les gens ne le sauront pas, si ce n’est pas mentionné ni par le ministère de la Santé, ni par Pandémie Québec.

Autre question: est-ce que la firme BCP a planifié un «plan de communication» ou établi un plan de match de relations publiques concernant l’annonce du 50 milions d’investissement? À quoi sert la firme BCP et quel travail effectue-t-elle pour le 725,000$ en «planification stratégique» qui lui est versé chaque année?

Retournons aux respirateurs… À propos de l’annonce japonaise d’acquisition de respirateurs, le blogueur américain Michael Coston a indiqué:
«Bien entendu, ce n'est pas tout de posséder les respirateurs. Les patients assistés par respirateur exigent des professionnels hautement qualifiés pour surveiller et ajuster leurs systèmes de soutien à la vie.

De quelle manière les Japonais planifient de combler ces besoins n'est pas mentionné dans cet article.»

À ce propos, le document de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec a identifié une problématique majeure. Alors que l’estimation des besoins en nombre d’inhalothérapeutes en temps de pandémie au Québec s’élève à 228 (d’après le document de la FIQ), pour le moment, seulement 10 volontaires se sont proposés pour le maintien des activités pendant la pandémie. La FIQ a indiqué une note dans son document: «218 infirmières ont été rajoutées aux dix inhalothérapeutes pour combler le manque d’effectif chez ces derniers». Mon analyse de la deuxième partie du document suivra prochainement, et je reparlerai alors des inhalothérapeutes. En attendant, vous pouvez lire la première partie de mon analyse du document de la FIQ, ici.

Il serait utile que les autorités canadiennes et québécoises prennent le temps de rédiger un communiqué de presse pour faire le point sur la situation concernant l’avancement des préparatifs pandémiques et fournissent des précisions sur les projets en cours, de même que ceux prévus à moyen terme. Ces informations devraient être affichées dans le site Pandémie Québec, et accessibles en tout temps.
 
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