Blogue de Lyne Robichaud

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02 juillet 2011

Proposition de carte d'identité numérique en France

Pendant que je suis en train de mesurer le retard considérable du Québec en lien avec le Web 2.0 et la vie numérique, cette nouvelle de France nous arrive.

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LA PROPOSITION DE CARTE D'IDENTITÉ NUMÉRIQUE ARRIVE À L'ASSEMBLÉE

Julien L. - publié le samedi 02 juillet 2011 à 09h35, Numerama

Le projet de carte d'identité numérique permettant de s'identifier en ligne arrive à l'Assemblée nationale. Une proposition de loi a été enregistrée mercredi et les premiers amendements ont été adoptés en commission. Le projet vise à stocker des informations classiques concernant le titulaire de la carte, ainsi que des éléments permettant de s'identifier sur Internet.

Le projet de carte nationale d'identité permettant de s'identifier en ligne avance. Un an après les sénateurs, c'est au tour des députés de se pencher sur la proposition de loi relative à la protection de l'identité, dont la finalité est de lutter contre l'usurpation d'identité sur Internet. Le texte a été enregistré à l'Assemblée nationale mercredi dernier, et sera examiné en première lecture dès la semaine prochaine.

La proposition de loi propose d'intégrer deux puces à cette carte d'identité numérique. La première contiendra des informations classiques: nom de famille, nom d'usage, prénom(s), sexe, date de naissance, lieu de naissance, domicile, taille, couleur des yeux, empreintes digitales, photographie. Toutes ces données devront être protégées grâce à un "composant électronique sécurisé".


La seconde puce offrira au titulaire de la carte nationale d'identité la possibilité "de s’identifier sur les réseaux de communications électroniques et de mettre en œuvre sa signature électronique". Ce dispositif n'est pas obligatoire et le propriétaire de la carte choisit "à chaque utilisation" quelles sont les données d'identification qui sont transmises par voie électronique.

Pour éviter de créer un décalage entre les titulaires optant pour une seconde puce et ceux préférant limiter la carte d'identité numérique aux seules informations classiques, la proposition de loi précise que "l'accès aux services d’administration électronique mis en place par l’État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ne peut être limité aux seuls titulaires d’une carte nationale d’identité" permettant l'identification en ligne.

En commission, les députés ont fait adopter un amendement visant à utiliser une seule et même base de données pour les cartes nationales électroniques, au lieu de deux bases distinctes. L'AFP relève également que les parlementaires ont ajouté une précision d'importance quant à la conservation des données personnelles contenues dans cette base. Ces dernières seront stockées pour une durée limitée.

14 juin 2011

L'agglomération de Bordeaux franchit le pas des données ouvertes

Sur des sites Internet ou des applications pour téléphones mobiles, la disponibilité des places de parking ou les horaires de passage des bus en temps réel seront bientôt accessibles. Photo SO

«En France, on a une culture du secret. C'est une petite révolution politico-administrative», remarque Vincent Feltesse.

Malgré la culture du secret, il y a bel et bien une révolution de données ouvertes en France.

Nous pataugeons aussi dans la culture du secret au Canada et au Québec. Le secret a le dessus pour le moment, et nous sommes immobilisé, comme figés dans le temps. Il y a bien quelques municipalités qui déploient des projets de données ouvertes, mais considérant la grandeur du pays - d'un océan à l'autre -, l'innovation progresse à petit pas...

L'agglomération de Bordeaux entre dans la danse.

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L'AGGLOMÉRATION DE BORDEAUX ENTRE DANS L'ÈRE DE L'OPEN DATA
[NET PLUS ULTRA] La collectivité ouvre ses données au public. Une manne pour l'usager et les projets numériques.
10 juin 2011 10h33 | Par Laurie Bosdecher, Sud-Ouest

Une masse considérable d'informations dans des domaines très variés, comme la voirie, l'assainissement, les transports, l'eau, l'aménagement urbain. On y trouve par exemple la localisation de tous les arceaux vélos, des bornes de tri, les plans de circuits pédestres, les zonages du plan local d'urbanisme, etc. Des informations qu'on pouvait trouver en allant taper à la porte des services administratifs de la CUB ou déjà visualiser en partie sur certains sites.

Utilisation gratuite
En donnant accès librement et gratuitement à toutes à ces données, la collectivité, aidée dans cette démarche par les associations Europe Aquitaine Communication et la Fondation Internet nouvelle génération, franchit un pas dans «son devoir de transparence démocratique», explique le président Vincent Feltesse. Transparence qui va jusqu'à un certain point. Exit les données personnelles collectées par la CUB et celles pouvant porter atteinte à la sécurité publique.

Les données de ce portail ne sont pas seulement visibles. Elles sont réutilisables par tout développeur de projet. «Grâce à cet outil, de nouveaux services numériques vont émerger. L'idée est de rendre plus facile la vie au quotidien dans l'agglomération», poursuit Vincent Feltesse.

Premier service déjà utilisé depuis plusieurs mois par ceux qui empruntent des VCub (vélos en libre-service). Ils peuvent connaître en temps réel le nombre de vélos en libre-service disponibles dans les stations grâce à des applications sur leur smartphone. Demain, on peut imaginer sur son téléphone des services pour localiser la borne de tri la plus proche de chez soi, les lieux où acheter au plus près un ticket de bus ou de tram.

Si la CUB est la première collectivité à donner accès à ses données publiques dans la région - le conseil régional et le conseil général de la Gironde devraient se lancer dans les prochains mois - d'autres agglomérations ont déjà franchi le pas.

À Rennes, par exemple, des applications existent pour savoir à la minute près à quelle heure va passer le prochain bus.

Bientôt des infos en temps réel
La CUB n'est pas encore là. Mais a ce même projet dans les cartons en équipant tout le matériel roulant de GPS embarqués. Avant, d'autres informations utiles viendront enrichir cette base de données. «Nous travaillons sur la disponibilité de places dans les parcs de stationnement en temps réel», indique la vice-présidente de la CUB en charge des usages numériques, Béatrice de François. On pourra également bientôt géolocaliser les chantiers en cours dans l'agglomération, obtenir la cartographie des espaces accessibles aux handicapés.

«En France, on a une culture du secret, remarque Vincent Feltesse. C'est une petite révolution politico-administrative.» Qui pose aussi des questions. Ces données publiques gratuites vont être exploitées par des privés qui peuvent ensuite monétiser des services aux usagers. Les utiliseront-ils également à bon escient? «L'objectif est aussi de doper le développement économique, dit le président de la CUB. De toute façon, nous, en tant que collectivité, n'aurions pas eu les moyens et le personnel suffisants pour le faire tous seuls.»

La CUB «espère aussi convaincre les communes de l'agglomération à s'engager dans la même voie», insiste Béatrice de François. L'initiative est pour l'instant expérimentale jusqu'à fin 2011.

25 avril 2011

An open letter enjoining Toulouse to launch an open data initiative

The open data movement is growing in France.

Several communities initiated steps to release open data. Last year, Rennes was one of the first cities to establish such a project, starting with a small set of data. Recently, the City of Rennes opened its budget data. New sets of data released on April 5, 2011 differ from the rest of the data because they contain the Town Hall budget. Take a look at the data catalog.

Cities of Paris and Nantes are progressing in their open data projects. I was told that the City of Nantes was planning this month to add a "social" component (that is to say, involve participation and cooperation of citizens, which corresponds to an open government model).

A group of citizens from the region of Toulouse, inspired by LiberTIC (Nantes association whose mission is to promote open data and accompany the territory of Nantes in the development and use of digital applications of public utility), sent an open letter to the President of Grand Toulouse, Pierre Cohen, "enjoining him to promote open data in the urban community of the Greater Toulouse."

The authors of the letter put forward two arguments: the technological innovation on one hand, and citizen participation on the other hand, "as an important factor of social and economic innovation. The availability of such information leads to greater participation in public decision making and enriches the relationship between citizens and their representatives", wrote these open data advocates.

This open letter has many signatories, most of whom reside in Toulouse.

See the open letter.


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Une lettre ouverte enjoignant Toulouse d'emboîter le pas des données ouvertes


Le mouvement des données ouvertes est en progression en France.

Les villes de Paris et Nantes cheminent dans leurs projets. On m'a informée que la ville de Nantes envisageait ce mois-ci d'ajouter un volet «social» (c'est-à-dire impliquer la participation et la collaboration des citoyens, ce qui correspondrait au modèle de gouvernement ouvert).

Plusieurs collectivités ont lancé des démarches de libération des données. Rennes fut une des premières villes à mettre sur pied une initiative l'an dernier, en débutant par un petit ensemble de données. Dernièrement, cette municipalité a ouvert ses données budgétaires. De nouveaux ensembles de données rendus publics le 5 avril 2011, se distinguent des autres données puisqu'ils contiennent le budget de la mairie. Jetez un coup d'œil au catalogue de données.

Un collectif de la région de Toulouse, inspiré par LiberTIC (association nantaise ayant pour mission de promouvoir l’ouverture des données publiques et d’accompagner le territoire de Nantes dans le développement et l’utilisation d’applications numériques d’utilité publique), a adressé une lettre ouverte au président du Grand Toulouse, Pierre Cohen, pour « l’enjoindre à promouvoir les données ouvertes dans la communauté urbaine du Grand Toulouse».

Les auteurs de la lettre ouverte invoquent deux argumentaires: l’innovation technologique d’une part et la participation citoyenne d'autre part, «comme un important facteur d’innovation sociale et économique. La disponibilité de telles informations incite à une plus forte participation à la décision publique et enrichit les liens entre les citoyens et leurs représentants», ont indiqué ces défenseurs des données gouvernementales ouvertes.

Nombreux sont les signataires de cette lettre ouverte, dont la majorité résident à Toulouse.

Consultez cette lettre ouverte.

03 mars 2011

La Belgique s'engage dans une démarche de données ouvertes. Que décidera le Québec?

Vincent Van Quickenborne, ministre (Belgique)

Après la France, c'est au tour de la Belgique d'annoncer une démarche de libération des données (en anglais 'Open Data'). Fedict, le Service public fédéral belge Technologie de l'Information et de la Communication, prévoit débuter une opération de publication en ligne de données en avril 2011.

Datanews rapporte: «Voilà ce qu’a annoncé Bart Hanssens de Fedict lors du twunch (contraction de lunch et Twitter) organisé par le ministre pour l’Entreprise et la Simplification, Vincent Van Quickenborne. Il espère que d’autres services publics mettront eux aussi à terme leurs banques de données à la disposition de cette initiative.»

Par décret daté du 21 février 2011, la République française a officialisé le projet Etalab, qui s'étendra à toutes les instances gouvernementales, alors que la Belgique démarre par un seul service public, en espérant que cela génèrera un effet domino.

D'autres instances gouvernementales belges y pensent, indique Datanews:
«Des témoignages recueillis au twunch, il est apparu qu’il n’y a pas que Fedict qui soit occupé à proposer des données via internet, mais aussi la Banque-Carrefour de la Sécurité Sociale (le moteur et le coordinateur de l'e-government dans le secteur social). Toutefois, ces données ne sont actuellement pas régulièrement actualisées. Elles ne sont en outre pas faciles à traiter, à explorer ou ne sont disponibles que contre paiement. Tel est notamment le cas de la Banque-Carrefour des Entreprises du SPF Economie, qui vend des licences à 100.000 euros pour des informations actualisées quotidiennement. Il existe en outre encore des problèmes en matière de protection du respect de la vie privée.»
Cela porte donc à DEUX le nombre de pays de la Francophonie qui ont démontré un intérêt et une volonté envers l'ouverture des données publiques.

La société évolue rapidement. Les défis qui en découlent nécessitent des solutions innovantes. Espérons que d'autres pays francophones suivront le pas.

On ne peut pas encore déclarer que le Canada (un pays bilingue, avec deux langues officielles: l'anglais et le français. Les francophones du Québec représentent 19,5% de la population canadienne et 81,2% de la population québécoise.) fasse partie de la liste des pays francophones engagés dans une démarche de libération des données. J'ai parlé dernièrement dans ce billet des efforts déployés par des fonctionnaires canadiens. Mais les fonctionnaires ne sont pas les dirigeants d'un pays. Nous attendons donc encore que ceux d'en haut - au gouvernement fédéral canadien - se décident à faire un pas en avant.

Le Canada comporte quelques municipalités (anglophones) dont les données sont ouvertes. La Ville de Montréal, située dans la province (majoritairement francophone) du Québec, se décidera-t-elle prochainement à faire une annonce officielle dans ce sens? Je tiens à souligner les efforts déployés par le collectif Montréal ouvert, qui effectue un excellent travail de sensibilisation.

Dernièrement, la nouvelle première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a fait une promesse d'implanter un gouvernement ouvert. Voir mon billet à ce sujet, et celui de Massimo Bergamini.

[En passant, saviez-vous que la Colombie-Britannique est membre de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie? Cela pèsera dans la balance au sein de l'espace francophone, si cette province canadienne parvient à implanter une gouvernance ouverte.]

Le Gouvernement du Québec se décidera-t-il à prendre le virage du Gouvernement ouvert?

Les enjeux économiques pourraient faire en sorte que l'administration Charest s'intéresse à la gouvernance ouverte. Le gouvernement du Québec a adopté un Plan de réductions des dépenses et semble déterminé à atteindre ses objectifs financiers.

Toutefois, un élément me préoccupe considérablement: la question de la transparence. Dans une philosophie de Gouvernement ouvert, la transparence est un des éléments clés.

Yves Boisvert, professeur, ENAP

Le mois dernier, Yves Boisvert, professeur à l’École nationale d'administration publique et auteur de plusieurs livres sur la gestion publique, a déclaré que le Québec fait piètre figure en matière de transparence gouvernementale. «L’Ontario et le gouvernement fédéral ont adopté des lois dans les dernières années visant à rendre plus transparente l’administration de l’État. Le gouvernement du Québec traîne encore de la patte et maintient une culture de l’opacité aux plus hauts échelons», a indiqué Jean-François Cloutier.

Yves Boisvert a souligné que le mauvais exemple en matière de transparence viendrait d'en haut de l'échelle, et des élus en premier lieu. «Le gouvernement Charest n’a aucun intérêt politique à devenir plus transparent», rappelant que M. Charest a refusé de déclencher une commission d’enquête sur la construction.

M. Charest semble vouloir repartir à neuf, tel que démontré dans le discours d'ouverture de la seconde partie de la 39e législature, prononcé le 23 février dernier. Un homme neuf? Je n'y crois pas. On ne change pas les gens, ils sont ce qu'ils sont. Il faut les prendre aussi comme ils sont. Le proverbe «Chassez le naturel et il revient au galop» nous rappelle qu'on ne peut lutter contre les penchants naturels, ou tout du moins les supprimer totalement.

Jean Charest, Premier ministre (Québec)

Alain Dubuc dans La Presse a parlé du «second début» de Jean Charest. Il a observé quelque chose d'intéressant à propos de cet homme. Cet élément a attiré mon attention, et me fait espérer qu'il soit possible qu'une gouvernance ouverte voit le jour prochainement au Québec. Alain Dubuc a indiqué: «J'ai écrit à plusieurs reprises qu'on a l'impression qu'il y a deux Jean Charest. Le premier, assez absent, maladroit, qui a du mal à imprimer une cohérence à son équipe. Et le second, énergique et fonceur, qui se manifeste surtout dans l'adversité. L'amorce de cette nouvelle session donnera peut-être l'occasion à cet autre Jean Charest de se manifester

C'est cet «autre Jean Charest»-là qu'il faudrait éveiller aux principes de la gouvernance ouverte. Au cours des prochains mois, les élus d'en haut, les leaders de l'administration Charest, devront manifester suffisamment de volonté pour transcender le passé, et accueillir de bonne foi la transparence, la participation et la collaboration avec les citoyens, s'ils veulent transformer leur administration en Gouvernement ouvert.

01 mars 2011

Le député-maire de Nantes réalise que les médias sociaux sont un «formidable moyen de développement économique»

Le 14 février dernier, Simon Robic a interviewé Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes (en France), à propos de la vie numérique de Nantes et des médias sociaux. Je vous invite à visionner l'interview au complet, car les propos recueillis sont des plus intéressants.

La France a une longueur d’avance sur l’ensemble des pays francophones en ce qui concerne la libération des données (en anglais, on appelle cela ‘Open Data’). Toutefois, aucune collectivité francophone n’a encore annoncé l’adoption d’une gouvernance ouverte (‘Open Government’).

- Au printemps 2010, la ville de Rennes a mis à la disposition des citoyens des données brutes.

- Le conseil de Paris a décidé de libérer ses données le 14 décembre 2010.

- La ville de Nantes a annoncé au début de février 2011, lors de l’inauguration de la Cantine numérique nantaise, qu’elle se lançait dans la libération des données publiques.

- Par décret daté du 21 février 2011, la France a annoncé le lancement de la mission Etalab, qui consistera en la «création d’un portail unique interministériel destiné à rassembler et à mettre à disposition librement l’ensemble des informations publiques de l’État, de ses établissements publics administratifs et, si elles le souhaitent, des collectivités territoriales et des personnes de droit public ou de droit privé chargées d’une mission de service public».

Les 9 mois de campagne de sensibilisation menés par LiberTIC ont positivement influencé l’ouverture de Nantes.

Cependant, Jean-Marc Ayrault a indiqué dans l’interview, que la «révolution de jasmin» tunisienne s'est avérée un élément déclencheur, qui lui a fait réaliser l’importance des médias sociaux dans la société. Le mois de contestation et de manifestations insurrectionnelles qui a suivi l'immolation d'un jeune diplômé chômeur, et qui a mené à la chute du régime de Ben Ali, après 23 ans de règne, a sans doute ébranlé de nombreux politiciens, qui ont dû avoir une prise de conscience.

«C’est clair que les réseaux sociaux ont joué un rôle fondamental», a indiqué Jean-Marc Ayrault. «Cela montre bien que Internet, cela fait partie de nos vies d’aujourd’hui. C’est à la fois un moyen d’échanger, mais c’est aussi un formidable moyen de développement économique, et cela on l’oublie un peu trop souvent

Le député-maire a expliqué que la ville de Nantes n’a pas encore mis suffisamment d’espaces d’échanges à la disposition des citoyens. Il souhaiterait qu’il y ait davantage de citoyens impliqués dans des débats. «Si on s’organise bien avec le projet Ma Ville Demain, les forces vives qui aujourd’hui existent, mais qui ne sont pas suffisamment reconnues, dans lesquelles on trouvera notamment les jeunes générations - ces générations feront peut-être de la politique dans l’avenir -, c’est important que ces forces vives aient dès aujourd’hui la parole

Jean-Marc Ayrault comprend que l’implantation d’une relation participative avec la population est un processus complexe, qui exige du temps. Il se donne une marge de manœuvre de deux années.

«Il faut que chacun soit conscient qu’on veut jouer le jeu du débat. J’espère qu’il y aura de la vie et de la confrontation. Cela peut présenter des risques. C’est fait pour cela, pour qu’on invente quelque chose ensemble. Il faut accepter que lorsqu’on donne la parole, on la donne vraiment

Jean-Marc Ayrault a souligné que les citoyens ont fait la demande de libération des données. «Les données, c’est un bien collectif. C’est un bien public. J’ai compris que cela pouvait permettre de développer de nouveaux services. Il y a un enjeu économique. Mais il y a aussi un enjeu social. Je sais qu'il s'agit d'une annonce très positive

Le député-maire procédera prochainement à la nomination d’un responsable, qui sera mandaté dans un premier temps pour mobiliser l’ensemble des acteurs.

«Les technologies numériques sont un formidable moyen de développement et d’attractivité durable du territoire. En France, nous avons un champ de développement que l’on n’utilise pas assez. On ne s’est pas rendu compte que c’était important», a déclaré Jean-Marc Ayrault.

Je lui accorde un A+. Si seulement les maires canadiens pouvaient comprendre et entrevoir ce que représentent les médias sociaux pour une administration publique aussi bien que lui, nous pourrions très prochainement voir pousser des Gouvernements ouverts d'un océan à l'autre.

26 février 2011

La solution pour le Québec: adopter une gouvernance ouverte

Par décret le 21 février dernier, la France a lancé Etalab, un portail de données brutes ouvertes. Hier, j’ai décrit le projet dans ce billet.

@LiberTIC m’a indiqué ce matin sur Twitter, «héberger leurs données, ce n’est pas exactement de l’accompagnement». Cet organisme sans but lucratif, qui fait la promotion et développe le gouvernement ouvert et les données ouvertes à Nantes en France, veut dire que Etalab est une solution partielle, un premier pas en avant, mais cela ne signifie pas que la France devient un Gouvernement ouvert, parce qu’il n’est pas encore question de participation ni de collaboration. Un souci de transparence vient d’être démontré par la volonté de «mettre librement à la disposition des données brutes dans un format exploitable», rapporte 01Net. Il manque les deux autres composantes pour que l’on puisse parler d’une véritable gouvernance ouverte en France.

Le Gouvernement du Québec ne s’est pas encore lancé dans une aventure de Gouvernement ouvert.

- Le Premier ministre Jean Charest ne cesse de répéter que le Québec se trouve au bon endroit au bon moment. Il l’a dit lors du premier colloque d’une série de quatre du Parti Libéral du Québec, devant 600 délégués réunis à Trois-Rivières. Il l’a dit aussi dans le discours d'ouverture de la seconde session de la 39e législature. «Jamais le Québec n'aura été dans une telle position pour se démarquer

- Dans le discours d'ouverture, Jean Charest a soutenu qu'il a accompli la mission économique pour laquelle il a été élu en 2008 et qu'il compte axer la deuxième moitié de son mandat sur la «relance». Le Premier ministre a réitéré l’engagement de son administration à maintenir le cap de l’équilibre budgétaire. Or le Vérificateur général a déposé dernièrement un rapport indiquant qu’il pourrait y avoir eu dépassement des dépenses prévues.

- L’impopularité du gouvernement Charest bat des records dans les sondages. L’équipe déploie une opération visant à regagner la confiance de la population.

- Le Premier ministre a aussi demandé aux députés de l’Assemblée nationale de faire preuve de civisme, lors des travaux de l'Assemblée. Lucien Bouchard a déclaré cette semaine à cet effet: «Comprenez-moi, je suis en empathie avec les politiciens, ils travaillent tout le temps, ils ont des nuits sans sommeil, ils se font attaquer pour chaque décision et ce qu'ils font n'est absolument pas valorisé. Il faut revaloriser le projet politique

La solution qui répondrait à chacun des éléments énumérés ci-dessus, serait de transformer l’appareil gouvernemental actuel en Gouvernement ouvert:

- Aucune nation ni aucun pays francophone n’a encore adopté la philosophie de Gouvernement ouvert. Les villes de Nantes, Rennes et Paris ont ouvert leurs données. La République française a lancé Etalab. Mais le Québec peut se positionner en leader mondial francophone: en donnant l’exemple en devenant la première nation francophone à implanter un Gouvernement ouvert, et en incitant d’autres pays de la Francophonie à suivre ses pas.

- L’optimisation des dépenses et le maintien de l’équilibre budgétaire peut s’effectuer par l’innovation et la «co-production» avec les citoyens et les communautés. Les effets positifs d’une gouvernance ouverte sont notamment l’efficacité et la réduction des dépenses.

- En axant la gouvernance sur la transparence, la participation et la collaboration, le gouvernement du Québec se mettrait à l’écoute des besoins des citoyens. Il consoliderait sa relation avec ceux-ci, et deviendrait un catalyseur de créativité. Le foisonnement des idées, combiné à la sagesse des foules, pourrait assurer une gestion saine.

- Pour arriver à implanter avec succès un nouveau type de gouvernance – cela ne se fait pas en claquant des doigts, il faut se départir d’anciennes habitudes pour adopter le changement - les dirigeants de l’administration actuelle devront laisser derrière eux leur ancienne manière de gouverner. Ils devront apprendre à penser autrement. Ils devront apprendre à se comporter autrement pour valoriser l’autre, mais également valoriser une nouvelle forme de gouvernance.

La France lance Data.gouv.fr, portail de données publiques de l’État français

Au début du mois de février 2011, la Ville de Paris a annoncé un projet de données ouvertes. Consultez le site opendata.paris.fr. Une poignée de collectivités pionnières n'avaient pas attendu l'État pour partager leurs données publiques en ligne comme Brest et Rennes.

Par décret daté du 21 février 2011, la France se lance dans l’aventure d’ouverture de ses données.

L’ex-conseiller du Premier ministre François Fillon, Séverin Naudet, 35 ans (qui avait été nommé le 1er avril 2010 conseiller technique (multimédia) au cabinet du Premier ministre) va diriger la mission Etalab, chargée de la «création d’un portail unique interministériel destiné à rassembler et à mettre à disposition librement l’ensemble des informations publiques de l’État, de ses établissements publics administratifs et, si elles le souhaitent, des collectivités territoriales et des personnes de droit public ou de droit privé chargées d’une mission de service public». Sévérin Naudet a été nommé pour un mandat de trois ans.

Séverin Naudet n'a pas encore formé son équipe, et aucun budget n'est pour l'instant débloqué, l’évaluation financière n’étant pas encore terminée, rapporte Acteurs publics.

Etalab «contribue à répondre aux recommandations du rapport remis par Franck Riester, député de Seine et Marne, en février 2010, sur le thème de l'amélioration de la relation numérique à l'usager», a indiqué TheWebConsulting.

La réutilisation des données publiques représente un potentiel théoriquement infini d'activité économique, de revenus et d'innovation. «Le portail doit permettre d’encourager l’innovation grâce à la mise à disposition de données dans un format exploitable, permettant de créer des services applicatifs», a souligné Séverin Naudet.

Avec Etalab, la France rejoindra d’ici la fin de 2011, le groupe des pays ayant créé leur portail unique d’informations publiques. Le Canada ne fait malheureusement pas encore partie de cette liste.

05 novembre 2010

Gov2.0 Goes to Paris? Youth Summit G8/G20


A window of hope opened this week, when @YouthDiplomacy mentioned an interest in a gov2.0 experimental project, at the upcoming Youth Summits G8/G20.

It would be good news.

Because those who participate in the Youth Summits are youths, students: our future, so to speak. Having the opportunity to inform these people about government 2.0 is like laying the groundwork for the future.


The Youth Summit G8/G20 is a leading youth international conference, which brings together young leaders, representing the Group of Eight (G8) and the Group of Twenty (G20), to facilitate discussion regarding international affairs, promote intercultural understanding and build friendships worldwide. In addition, the Youth Summits G8/G20 offers young people the freedom to express their thoughts and propose creative solutions.

And this is what governement 2.0 precisely is, a creative solution, a model of good governance.

I sincerely hope that YouthDiplomacy France, having been appointed as the Organizing Committee of the Youth Summit G8/G20, which will be held in Paris from May 29 to June 3 2011, will respond to this tweet.

A dual purpose:
1) Inform young audiences about gov2.0, and discuss global issues of gov2.0 implementation;
2) Maximize networking opportunities, in order to develop government 2.0 and conquer 'new markets'.

It would be possible to create a working committee, or a kind of platform consisting of informal links, which would allow for sharing of ideas and holding brainstorming sessions with "experts" in this field: young, enthusiastic, determined, brilliant and articulated people, which contribute everyday to government 2.0 advancement.

We can help YouthDiplomacy analyze and plan what would be the best ways of presenting this important new public management trend to young people from around the world.

I am convinced that this form of governance, based on collaboration and participation, and providing empowerment to citizens, should inspire young delegations of upcoming Summits. And maybe it will create enthusiasm for government 2.0. Will a gov2.0 track be integrated in other international organisations as well?

18 novembre 2008

Les Français innovent avec l'expo "Epimemik"

Les Français innovent avec l'expo "Epimemik" et sensibilisent le public aux défis d'une pandémie

Paru le vendredi, 7 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com




Cinamon nous informe aujourd'hui dans Zonegrippeaviaire de la tenue d'une exposition vraiment emballante, en affichant ce lien pointant sur la Cité des sciences de Paris à propos de "Epidemik, l'exposition contagieuse".

Tout d'abord, je tiens à mentionner que l'architecture époustoufflante du site de la Cité des sciences et de l'industrie me fait penser à l'Exposition universelle de 1967, qui a eu lieu à Montréal. On y trouve notamment un dôme géodésique.


Géode et Cité des Sciences, Paris, France

Quoi de mieux qu'une exposition pour sensibiliser le public aux défis d'une pandémie? Les Français ont réalisé un tour de force en intégrant les problématiques de santé publiques liées aux épidémies ou pandémies dans une exposition destinée au grand public.

Voici comment le Musée décrit l'exposition:
"Épidémik met en scène les épidémies passées et à venir. Celles qui ont marqué l'histoire de l'humanité et celles qui menacent. Elle donne à comprendre les enjeux sanitaires, sociaux, économiques et politiques soulevés par les crises épidémiques et le rôle que chacun, citoyen ou décideur, peut jouer pour prévenir et lutter contre ces maladies. Épidémik revisite en images l'histoire qui unit les épidémies et les hommes (1re partie de l'exposition), puis elle plonge ses visiteurs dans un jeu de simulation de crises épidémiques contemporaines (2e partie de l'exposition)."
Le lien affiché par Cinamon pointe vers ce communiqué:
Grippe à Singapour, 2015
Cité des sciences.fr

Singapour, 2015. Un nombre élevé de cas mortels de grippe a été relevé en Asie. Ils sont dus à un virus de type H5N1 humanisé. L’épidémie s’étend et menace Singapour!

Sur le plateau de jeu, vous êtes citoyen ou décideur. Dans les deux cas, il faut lutter contre l’épidémie.

Citoyen, vous devez survivre à l’épidémie. Parviendrez-vous à obtenir un diagnostic de votre état de santé avant que tous les médecins de la ville ne soient débordés? Laisserez-vous votre place aux personnes fragiles dans l’accès aux premiers vaccins, ou bien exigerez-vous un tirage au sort?

Décideur, vous devez définir une stratégie pour gérer la crise. Choisirez-vous de distribuer des médicaments préventifs, alors que le virus peut développer des résistances et rendre ces traitements inefficaces? Allez-vous réquisitionner tout le personnel médical pour assurer les soins, et l’exposer du coup aux risques d’infection?
Les rôles que nous propose cette exposition sont bien campés: en tant que citoyen, il faut arriver à survivre. En tant que décideur, il faut ramer et manoeuvrer dans une crise majeure, et faire des choix difficiles. Il s'avère que mesurer les enjeux d'une pandémie est tout un art, et seuls une poignée d'États du monde ont réussi à développer une planification sophistiquée, en favorisant des approches novatrices. Pas plus tard que cette semaine (lundi 3 novembre), le coordonnateur des Nations Unies pour la grippe, le Dr David Nabarro, soulignait que les plans sur papier ne sont pas suffisants: "En prévoyant pour une préoccupation extraordinaire comme l'influenza pandémique, ce n'est pas assez d'avoir écrit un plan et de l'avoir fait endosser par tout le monde. Vous devez également le vérifier, le tester et vous assurer qu'il fonctionne, et ensuite le réviser sur la base de l'assimilation."

David Nabarro a également indiqué que sur les 148 pays qui ont fourni des données dans le cadre du 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (Responses to Avian Influenza and State of Pandemic Readiness: Fourth Global Progress Report), à propos de leurs plans et leurs stratégies en vue d'une pandémie, 53% des nations avaient testé leurs plans au cours de la dernière année, et que seulement un quart d'entre elles avaient effectué des simulations à tous les niveaux de leur gouvernement. Moins de 40% ont démontré avoir incorporé les leçons apprises lors des simulations de pandémie.

À mon avis, chaque État du monde devrait déployer une équipe composée de décideurs, planificateurs de mesures d'urgence, et même de quelques citoyens, à la Cité des sciences de Paris en France, pour visiter cette exposition et s'amuser quelques heures dans l'un ou l'autre des rôles (citoyen et décideur). Car autant les choses ne sont pas simples pour les décideurs, imaginez ce que ce sera pour le citoyen, qui sera confronté à l'impératif suivant: Survit ou crève. Les membres de l'équipe pourraient s'assurer de tenir les deux rôles dans cet exercice d'exposition-simulation. Une fois cela complété, les équipes pourraient ensuite se réunir pour discuter de leur visite et analyser d'après les expériences et réflexions recueillies, s'il n'y aurait pas lieu d'apporter des mises à jour à leurs plans de lutte actuels.

Que j'aimerais visiter cette exposition! Amis parisiens, laissez-nous savoir ce que vous en pensez si vous y allez.

Faute de ne pouvoir se déplacer à Paris, en guise de mince consolation, nous pouvons toujours jouer au Quizz épidémique de l'exposition "Epidemik".

La France recommande 2 semaines de réserve de nourriture en cas de pandémie

La République française recommande 2 semaines de réserve de nourriture en cas de pandémie, alors que le Canada et le Québec demeurent silencieux à cet effet

Paru le jeudi, 23 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, en France. Photo source

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, Thierry Saussez, délégué interministériel à la communication, directeur du Service d’Information du Gouvernement, et Didier Houssin, délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire, ont présenté, le 16 octobre dernier, la nouvelle version du site Internet gouvernemental www.Grippeaviaire.gouv.fr. Ce site comporte notamment la nouvelle rubrique "Guide pratique de la vie quotidienne en sitution de pandémie". Avec la mise en ligne de ces nouveaux contenus, la France recommande désormais d'avoir au moins deux semaines de réserve de nourriture en cas de pandémie.

Au Canada et au Québec, on en est encore seulement aux 72 heures de réserve alimentaire et autres biens consommables.

Aux États-Unis, les recommandations varient entre 2 semaines à 3 mois de réserve personnelle. Le site Get Pandemic Ready, situé en Idaho, est certainement le site Internet de conseils en préparatifs individuels le plus avancé au monde.

Quand le Canada et le Québec se décideront-ils enfin à en faire autant?

Ce qui démontre, une fois de plus, que le Canada prend du recul dans sa planification de pandémie, et mérite probablement sa réputation de bon dernier, "le moins bien préparé" (selon Amir Attaran), parmi les pays développés pour faire face à la prochaine pandémie.

Zonegrippeaviaire a appris, par le biais de la Loi sur l'accès à l'information, que le gouvernement du Québec prévoit une mise à jour du site Pandémie Québec d'ici la fin de l'année 2008. Le document Guide d'autosoins, qui n'a pas encore été officiellement publié par la gouvernement, recommande aux citoyens de stocker pour 2 semaines de nourriture. Mais malgré le fait que ce document n'ait pas encore été publié officiellement, plusieurs associations de professionnels de la santé l'ont publié sur leur site Internet au moment où l'ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, donnait sa démission. Ce document est prévu pour distribution en 5 millions d'exemplaires auprès des ménages québécois, uniquement au moment où se déclenchera la pandémie.

Or, une école d'affaires de Toronto (Amin Mawani de la Schulich School of Business) évaluait dernièrement qu'en raison de notre système d'économie juste-à-temps, il n'y aurait seulement que 3 jours de réserve dans les magasins d'alimentation au Canada. Amir Mawani prévoit que le 4ième jour d'une pandémie, nous allons tomber en situation de pénurie.

Une étude publié en décembre 2007 par des chercheurs de l'Université de Sydney (A food "lifeboat": Food and nutrition considerations in the event of a pandemic or other catastrophe") a indiqué qu'en Australie, "si la chaîne d'approvisionnements s'arrête, ou s'il n'y a aucune livraison à partir des magasins centraux, les stocks des supermarchés seront épuisés en moins de 2 à 4 semaines. Si les stocks domestiques débutent à cette étape tardive, alors l'épuisement des stocks sera accéléré."

La semaine dernière, le 4ième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (voir le Synopsis en français), dont les travaux ont été menés par le Dr David Nabarro, coordonnateur du système des Nations unies pour la grippe, était dévoilé. Ce rapport modifie les directives internationales de préparation en vue d'une pandémie, et recommande désormais une approche multisectorielle, c'est-à-dire sociale, économique et politique, en plus du domaine de la santé.

Cette semaine, le bras philanthropique de Google (Google.org) a annoncé un financement de près de 14 millions de dollars à des partenaires situés en Afrique et en Asie, pour le programme "Prédire et prévenir". "L'argent du géant de l'Internet fournira du financement à six projets qui visent à détecter de nouvelles maladies et à comprendre les conditions qui aident à les propager - sauvant potentiellement des millions de vies dans le processus."

"Prévenir" est donc un élément clé de la préparation en vue d'une pandémie.

Au Québec, la Loi sur la sécurité civile (L.R.Q., c. S-2.3) stipule à l'article 5 que "Toute personne doit faire preuve de prévoyance et de prudence à l'égard des risques de sinistre majeur ou mineur qui sont présents dans son environnement et qui lui sont connus", alors que l'article 2 de cette loi inclut dans sa définition de "sinistre majeur" une "pandémie".

De nombreuses autres nations développées à travers le monde font preuve de prévoyance et de prudence dans leur planification de pandémie. Il serait grand temps que le Canada et le Québec modifient leurs recommandations et adressent des messages clairs aux citoyens concernant les réserves individuelles de nourriture et autres biens consommables. La nation devrait par ailleurs s'adapter aux nouvelles directives de gestion de pandémie.

Cet article de Paris-Normandie annonce les nouveaux contenus du site gouvernemental de la République française.

Grippe aviaire: se préparer au pire
Jeudi, 23 octobre 2008 | Paris-normandie.fr

"S’il n’est pas justifié de constituer des stocks de provision importants, faire ses courses pour deux semaines au lieu d’une par exemple sera plus raisonnable. Vous pourrez aussi vous organiser avec des amis ou des voisins pour qu’une seule personne fasse les courses pour plusieurs foyers à la fois. Pensez aussi à rédiger au préalable une liste des achats essentiels (dont un stock de mouchoirs en papier jetables et de savon) pour ne rien oublier et ne pas avoir à retourner sur les lieux d’achat. "

Pas rassurant ? Non, pas rassurant du tout. Mais ce n'est pas l'objet du site gouvernemental sur lequel on trouve ce texte : il est consacré à la grippe aviaire. Utile, voire indispensable, si vous souhaitez savoir comment organiser votre vie quotidienne au cas où la maladie se transmettrait massivement à l'homme, et, pire encore, d'homme à homme.

Le site est construit pour différencier les trois niveaux de risques de l'influenza aviaire à la grippe aviaire, jusqu'à la pandémie grippale. Le "Guide pratique de la vie quotidienne en situtaion de pandémie", disponible en version anglaise, comporte notamment un espace animé destiné à l'information des parents et des enfants.

Toutes les informations pour se préparer sont sur www.grippeaviaire.gouv.fr

Source: www.paris-normandie.fr
Le manque de directives claires venant de la part des autorités canadiennes et québécoises, force les comités locaux de planification de pandémie, à demeurer vagues quant à la durée des réserves individuelles. Cet été, j'ai mis la main sur une superbe affiche au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, préparée par un comité local. Cette affiche est un exemple flagrant que des initiatives locales pourraient effectuer une sensibilisation efficace auprès de la population, mais en raison du manque de leadership fédéral et provincial, le succès du message est compromis...

Les citoyens de la Mauricie qui vont lire cette affiche se diront sans doute "J'ai des sacs de poubelle à la maison, j'ai des conserves, etc." Par contre, est-ce que tout le monde a pour au moins deux semaines d'approvisionnement de ces denrées? Pour trois mois?

Parce que les autorités canadiennes et provinciales NE DISENT PAS pour combien de temps il faut avoir une réserve, les initiatives locales ont les mains liées et sont réduites à produire des publicités ambivalentes. C'est bien dommage.

L'e-démocratie, c'est pour qui?

L'e-démocratie, c'est désormais pour les Français, les Américains, et même les Canadiens... mais surtout pas pour les Québécois

Paru le jeudi, 18 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Jean-Pierre Jouyet. Photo Flickr, source

Je remercie mon copain Christian Aubry d'avoir publié un lien dans le réseau Facebook.com, pointant vers une nouvelle annonçant que Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d'État aux affaires européennes, projette une sorte de "Leadership Blog" et a convié au Quai d'Orsay quelques blogueurs pour leur faire découvrir un forum d'échanges.


Mike Leavitt, ministre, HHS.

Pandemic Flu Leadership Blog est une initiative du ministère de la Santé [Health and Human Services] des États-Unis. Ce projet virtuel s'est déroulé en 2007, et a réuni une poignée de blogueurs, dont nos amis Michael Coston (mieux connu sous le pseudonyme Fla_Medic), qui édite Avian Flu Diary, et le Dr Greg Dworkin (éditeur fondateur du forum FluWiki. Il blogue également de remarquables billets sous le pseudonyme DemFromCT dans Daily Kos. Consultez nos traductions de ce blogueur). Découvrez également quels ont été les autres contributeurs de ce projet virtuel d'envergure (le Leadership Blog) qui a permis par la suite entre autres de positionner solidement la sphère du Flublogia aux États-Unis.

Plusieurs blogueurs ont dernièrement été invités au CDC, à Atlanta, et au HHS, à Washington, pour participer à des simulations de pandémie.

Quant à moi, je n'entretiens plus aucun espoir de recevoir quelque invitation que ce soit pour aller sur la colline parlementaire, à Québec.

Toutefois, j'ai appris aujourd'hui l'existence d'un projet vraiment emballant. Et oh la la, j'ai peine à le croire... cela a lieu ici même, AU CANADA. Il existe un Center for Global eHealth Innovation, rattaché à l'Université de Toronto.

La description des gens qui travaillent à ce Centre me fait presque verser des larmes! Je ne pensais pas voir naître un projet de cette nature de si tôt au Canada, et je suis vraiment très heureuse d'apprendre que ces gens existent. "We are a group of people who share the Centre's vision to improve health for all through information and communication technologies (ICTs)."

C'est donc avec un grand soupir de soulagement que j'entrevois qu'il sera éventuellement possible, dans un avenir relativement rapproché, de voir naître des projets de e-démocratie, dont certains pourraient même être liés à des préoccupations de préparatifs pandémiques.

Ce n'est pas malheureusement pas demain la veille que nous allons voir le gouvernement du Québec annoncer un projet de e-démocratie pour réfléchir à quelque sujet que ce soit... Car avec le document "Les médias sociaux et la communication du risque", nous pouvons comprendre que les décideurs québécois sont très loin d'accueillir à bras ouvert les innovations technologiques dans leurs pratiques de communication de risque.

Ici, au Québec, l'e-démocratie, c'est donc tout simplement une histoire impossible à imaginer pour le moment, étant donné la volonté de contrôle de l'information, que souhaiteraient pouvoir exercer indéfiniment les autorités gouvernementales.
Rencontre avec Jean-Pierre Jouyet: l'e-démocratie, une chance pour l'Europe
Par Natasha QS | Mémoire Vive.Tv

Le cabinet du Secrétaire d’État aux affaires européennes a convié huit blogueurs au Quai d’Orsay pour échanger avec Jean-Pierre Jouyet. Il est plutôt jovial et moins «techno» qu’on a pu le dire. But de la rencontre: nous faire découvrir le forum qui aura lieu à Nantes en octobre prochain : “12 projets pour 2020. L’Europe de demain” (europeens.touteleurope.fr). Ce forum a pour ambition de consulter plus de 500 jeunes venus de toute l’Europe et de faire remonter leurs propositions. Jean-Pierre Jouyet nous brosse un rapide panorama de ce qu’il attend de ce forum nantais. Les internautes sont invités à y participer activement (voir la vidéo, à la fin du billet).
Jules de Diner’s Room évoque dans une question le concept d’opinion publique européenne. Le ministre ne pense pas qu’elle existe. L’Europe, c’est un regroupement de 27 pays avec des visions bien différentes sur certaines questions, à l’instar des conceptions juridiques anglo-saxonne, germanique ou française, très dissemblables.

À l’entendre, une évidence se fait jour: trouver des consensus avec autant de pays différents doit être complexe. C’est sans doute un long apprentissage pour apprendre à travailler et diriger ensemble. Dommage que les politiques ne bloguent pas les coulisses de cette aventure. L’Europe a très certainement besoin d’un haut représentant pour les affaires étrangères. On se fait une petite idée de la complexité de la charge.

Le plan d’action du comité de planification de pandémie du Québec comporte dix projets pour 2008-2009

Paru le mercredi, 27 août 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

Une demande d'accès à l'information de Zonegrippeaviaire a été reçue le 17 juillet 2008 par le responsable de l'accès aux documents du ministère de la Sécurité publique. Cette démarche visait à obtenir un document s'intitulant "Rapport du comité interministériel de préparatifs en cas d'une pandémie d'influenza - Perspectives d'action pour 2008".

J'ai reçu le 27 août 2008 le "Plan d'action sommaire 2008-2009 provenant du Sous-comité de planification gouvernementale en cas de pandémie d'influenza".




Le Rapport interministériel concernant le plan gouvernemental «Pandémie grippale». Perspectives pour 2008 de la République française compte 90 pages.

Celui du gouvernement du Québec tient sur une page...


Dix projets sont identifiés.

Il y en a neuf en fait, mais pour faire un chiffre rond, j’ai compté la note en bas du document, concernant un focus-group portant sur le site Pandémie Québec qui doit avoir lieu à l’automne 2008, comme un projet à part entière. Cela aurait pu être un projet d'envergure, s'il avait inclus les médias sociaux... Yves Pépin m’avait informée de ce projet, mais je croyais qu’il allait se débrouiller pour trouver une manière de composer avec l’existence de la sphère du Flublogia entre temps. Ce qui n’est pas arrivé, comme vous le savez. Le 17 juin dernier il a tout simplement décidé de ne plus jamais avoir à nous parler, en décrétant que le Flublogia et le site Zonegrippeaviaire ne seraient pas reconnus pour ne pas avoir à reconnaître les autres médias sociaux. Le document «Les médias sociaux et la communication du risque» a fermé la porte jusqu’aux calendes grecques, le temps que les applications web 2.0 se développent à l’échelle de la planète. Si nous sommes chanceux, peut-être que le gouvernement du Québec daignera se pencher sur notre cas lorsque le monde entier passera en mode web 3.0? Donc le gouvernement va faire son petit projet de focus-group, et ignorer complètement l’existence du Flublogia et de la communauté virtuelle de Zonegrippeaviaire. Les 310 commentaires qui ont été produits jusqu'à présent par les utilisateurs de Zonegrippeaviaire à propos du site Pandémie Québec, des divers outils de sensibilisation développés par le gouvernement et des plans de lutte, ne seront pas pris en considération, parce qu’un fonctionnaire a décidé qu’il était moins compliqué de rejeter le Flublogia et de s’en tenir au plan d’action prévu, que d’essayer de composer avec les préoccupations de la population.

Un des projets du plan d’action sommaire est décrit comme une «actualisation du site Internet» (Pandémie Québec). La mise en ligne est prévue pour décembre 2008. Ce ne sera pas un luxe de revoir le contenu de ce site. Encore là, nous ne serons pas conviés à collaborer à ce projet-là.

Un autre projet consiste à «actualiser le plan gouvernemental et la mise à jour des outils». Il s’agit d’une révision des domaines de la santé, de l’agroalimentaire et des communications. Le document indique l’objectif suivant: «Faire évoluer le plan gouvernemental pour couvrir les cas de maladies infectieuses». Hein? Peut-être que je ne comprends pas bien, mais une pandémie d’influenza, n’est-ce pas en soi une situation de couverture de cas de maladies infectieuses? Peut-être qu’il s’agit d’autres maladies infectieuses secondaires ou parallèles aux vagues de la pandémie? Michael Osterholm, directeur du CIDRAP, a déclaré le 31 janvier dernier: "L'impact d'une pandémie de grippe, a-t-il dit, pourrait inclure des pannes massives d'énergie autour du monde, une montée subite d'autres maladies infectieuses mortelles, d'innombrables morts associées aux manques d'approvisionnement médical et de traitements, et davantage." Je doute que les planificateurs de pandémie du Québec soient des fans de Michael Osterholm et qu'ils aient pris connaissance de cette déclaration. Je voudrais tant me tromper. Si des travaux d'actualisation du plan gouvernemental sont prévus pour inclure la montée subite d'autres maladies infectieuses mortelles, comment se fait-il qu'il n'y ait pas de travaux pour tenter de trouver des solutions aux pannes massies d'énergie et au manque d'approvisionnement en général? Avec les trois phrases de description mentionnées dans le plan d'action concernant le projet d'actualisation du plan gouvernemental, il est difficile de se faire une idée de la direction que prendra les travaux. Il me semble que le projet formulé dans le plan d'action 2008-2009 est un tantinet simpliste, et qu'il manque grandement d'envergure.

Il n’y a pas l’air d’avoir de projet prévu pour pousser la réflexion sur l’impact d’une pandémie sur la société et l’économie, et pour tenter d’envisager comment réagira notre système d’approvisionnement juste-à-temps dans un contexte où il pourrait survenir de graves pénuries d’énergie et de main-d’œuvre.

Pas de travaux ne sont prévus non plus pour réfléchir aux réserves stratégiques, compter et vérifier si la réserve actuelle comporte suffisamment de produits, et ce qu’il faudrait y ajouter. Pas de réflexion sur la nécessité d’impliquer les communautés et les individus dans la constitution de réserves stratégiques.

Rien non plus n’est prévu pour comparer les travaux de préparation du Québec d’une région administrative à une autre, par rapport aux autres provinces canadiennes, et par rapport aux autres nations développées du monde entier.

Rien non plus n’est prévu pour mitiger la population. Aucun projet n’est prévu pour favoriser les préparatifs pandémiques individuels.

Il n’y a pas de réflexion prévue portant sur la mise à jour des interventions pharmaceutiques.

Il n’y a pas de réflexion prévue portant sur le développement des interventions non pharmaceutiques.

Il doit y avoir une liste impressionnante de choses qui devraient être mises en oeuvre dans les préparatifs pandémiques du Québec, que je n'ai pas mentionnées dans ce billet.

Le dernier projet du plan d'action 2008-2009 consiste en un «bilan de l’utilisation et des retombées des outils de sensibilisation développés et des activités réalisées dans la dernière année». Yves Pépin avait parlé d’un bilan gouvernemental. Je suis trop découragée pour tenter d’imaginer de quoi aura l’air ce bilan de l’utilisation et des retombées…

Si les planificateurs et les décideurs du gouvernement du Québec souhaitent que nous les prenions au sérieux, qu’ils commencent par travailler de manière plus adaptée aux préoccupations mondiales, avancées scientifiques et tendances mondiales de préparatifs pandémiques. Un programme d’échange culturel entre la République française, les Nations Unies et les États-Unis ferait sans doute le plus grand bien à nos planificateurs de pandémie. Ils gagneraient à se tourner vers l’extérieur et à observer comment travaillent d’autres administrations et d’autres États. Côtoyer des leaders les aideraient grandement à mieux orienter leur planification de pandémie.


Si l’enveloppe budgétaire ne permet pas aux planificateurs de se rendre à Paris, ou à Washington, notre communauté virtuelle aurait été enchantée de fournir de l’information et de pouvoir échanger avec les membres du comité de planification de pandémie. Cela n’aurait pas coûté très cher de tendre l’oreille aux préoccupations des citoyens québécois et d'admettre que plusieurs d'entre nous sommes capables de contribuer de manière positive au processus de planification pandémique. Comme la publicité de Mastercard l’indique , ce genre de dialogue véritable, «ça n’a pas de prix». Il est regrettable que nos planificateurs soient trop bouchés pour s’en rendre compte.
 
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