Blogue de Lyne Robichaud

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17 juin 2011

Bidouilleur de la transparence au Brésil

N'éclatez pas de rire en lisant le titre de ce billet!

J'ai effectué une recherche sur le site de l'Institut québécois de la langue française pour trouver ce terme, «bidouilleur», la traduction de 'hacker', qui signifie une «personne passionnée d'informatique qui, par jeu, curiosité, défi personnel ou par souci de notoriété, sonde, au hasard plutôt qu'à l'aide de manuels techniques, les possibilités matérielles et logicielles des systèmes informatiques afin de pouvoir éventuellement s'y immiscer.»

Voici un article de Fondapol, 16 juin 2011 | 10h02, à propos de bidouilleurs au Brésil.

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HACKER DE LA TRANSPARENCE AU BRÉSIL

En mai dernier, les départements informatiques des administrations publiques brésiliennes ont organisé à Brasilia, en partenariat avec Consegi, constructeur de logiciels open source, une conférence sur le thème de l'"e-government" et de l'"open data". Un événement inédit dans le pays, d'un intérêt majeur aux yeux d'un grand nombre d'activistes de l'internet et du logiciel libre, venus sur place pour l'occasion, parmi lesquels Rufus Pollock (Open Knowledge Foundation), Nigel Shadbolt, (data.gov.uk), and David Eaves, (Vancouver's Open Government Motion). Ils ont témoigné de leur expérience de l'open government (OGD) et communiqué leur vision de la culture de l'ouverture. Outre ces personnalités connues, la conférence a accueilli un groupe de "hackers", identifiés sous l'étiquette "hackers de la transparence", composé de développeurs, de journalistes, d'étudiants, de militants du logiciel libre, de professeurs, de chercheurs, d'officiels du gouvernement, et aussi d'excellents évangélistes…

Leur organisation a vu le jour à la suite de la première édition, en 2009, du Transparency Hackday où il y avait eu des débats sur les usages des données d'information publique, jugées trop rares au Brésil, et les moyens innovants de les rendre accessibles à tous.

Cette année, ils arrivent très déterminés. Ils veulent faire valoir leurs idées et surtout leur conception des services publics. Il s'agit donc, pour ces activistes, de sensibiliser le plus grand nombre de citoyens à la nécessité d'imposer au pays une nouvelle méthode de gouvernement, plus ouverte, plus transparente.

Les moyens de persuasion dont ces hackers usent sont multiples. Ils ont décidé de recourir, si le besoin s'en faisait sentir, au piratage des sites gouvernementaux, voire à leur destruction et leur remplacement par des sites clonés. Des actions prévues pour prouver le caractère impérieux de la demande de transparence, notamment pour suivre la gestion des dépenses publiques et favoriser la diffusion et l'accès de tous aux données locales dans des formats ouverts ainsi qu'à toute information concernant la préparation des lois au Brésil. Ils comptent bien faire comprendre au gouvernement qu'il ne s'agit pas d'une demande ponctuelle mais bien d'une demande d'intérêt général à prendre en considération dans la durée, ce qui selon eux, favorisera l'ouverture et la participation de tous, conditions fondamentales de la démocratie moderne.

C'est ainsi qu'en marge de cette conférence de mai, le groupe des hackers a pu organiser un atelier "Transparency Hackday" regroupant non seulement les membres de leur organisation mais aussi tout citoyen intéressé, pour réfléchir et passer de la théorie à la pratique.

Plusieurs idées ont donc été collectivement produites, ayant toutes pour objectif de rendre la politique plus transparente. On peut noter, par exemple, que l'un des projets porte sur l'identification des entreprises (la base de données actuelle des hackers en compte 700) qui soutiennent financièrement les candidats aux élections. Le but est de repérer les effets de collusion entre argent et pouvoir. Un autre projet est la construction d'une plateforme collaborative, publique, destinée à recueillir des rapports d'abus de pouvoir ou de témoignages de corruption. Il y a aussi, parmi toutes ces idées, celle qui vise l'information publique sur la vie du parlement, sur les dispositifs législatifs, projets de loi en cours, étapes du vote, et tous les détails des procédures que seuls les politiques connaissent et que le public ne saurait encore ignorer longtemps…

15 juin 2011

La Ville d'Ottawa avance dans la formalisation d’un programme de données ouvertes

Robert Giggey

Par Kathleen Lau, 14 juin 2011, pour ComputerWorldCanada
Traduction en français par Lyne Robichaud de ‘City of Ottawa moves to formalize open data program

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Bien que la Ville d'Ottawa ait déjà planté quelques graines d'une initiative de données ouvertes l'an dernier, la prochaine étape qui s’effectuera la semaine prochaine sera de formaliser un programme concret avec le processus, le financement et le personnel permanent. Robert Giggey, qui sera le fer de lance de l'initiative, partage les actions, plans et idées.

Bien que la Ville d'Ottawa ait déjà planté quelques graines d'une initiative de données ouvertes, l'an dernier, sous la forme d'un ensemble de données de catalogue et un concours d’applications, le mouvement de formalisation d’un véritable programme va débuter la semaine prochaine.

À la tête de cette initiative se trouve Robert Giggey, le gérant informatique de la Ville, qui affirme que l'objectif est de développer un procédé de données ouvertes et d’établir des fonds et un personnel permanent pour cet effort.

«Le plus grand avantage est l'accès à l'information sur les services de la ville et de la performance de la ville», a déclaré Giggey, à propos des avantages pour les citoyens.

Il y a, à l'heure actuelle, ce que Giggey appelle «des plans et des idées en vrac» qui seront explorées dans les mois à venir. Certaines de ces idées renforcent le catalogue de la ville, qui est composé de données «assez statiques», telles que des installations récréatives et des emplacements de parcs, avec un contenu plus dynamique, qui peut varier périodiquement, tels que les emplacements d’autobus de transport en commun.

Une autre idée est de libérer des interfaces de programmation pour les développeurs afin de construire une bibliothèque d’applications pour les appareils mobiles afin que les utilisateurs puissent afficher la disponibilité de livres et de les réserver. Par ailleurs, la transparence est un objectif de données ouvertes, comme l'affichage des frais de conseillers municipaux et l'information budgétaire.

Mais Giggey ne réinventera pas la roue. La ville d'Ottawa fait partie d'un cadre de données ouvertes (Open Data Framework), qui comprend d'autres les villes, telles Edmonton, Toronto et Vancouver, avec l'objectif de partage des meilleures pratiques de données ouvertes, y compris les formats et les normes.

Certaines villes effectuent la transition à partir d'un format standard de pages Web à un système automatisé, alors l'apprentissage les uns des autres sera la clé. «C'est tout simplement le partage de ces expériences. Il pourrait y avoir des négociations conjointes avec des groupes ou des entreprises offrant des plates-formes de catalogue pour chacune des quatre villes à utiliser ou à d'autres (à utiliser)», a déclaré Giggey.

En Mars de cette année, l’initiative de données ouvertes du gouvernement fédéral, GC Open Data Portal, un programme pilote de guichet unique pour les ensembles de données de tous les ministères, a été lancé. Mais ce programme a rencontré quelques critiques de la part des développeurs et des chercheurs sur les aspects de son contrat de licence de données. Le grief a été porté sur les clauses qui indiquaient que les données ne pouvaient pas pu être utilisées pour porter «atteinte» à la réputation du Canada ou pour identifier les individus ou les entreprises.

À la fin de l'été, la Ville d'Ottawa, aplanira certains problèmes de sa propre licence, bien que ces problématiques soient relativement petites par rapport à celles rencontrées par le gouvernement fédéral. Un argument de débat ici, a dit Giggey, est de savoir s’il faut modifier l'accord pour en faire une version spécifique à Ottawa, ou plutôt partager une licence standard.

14 juin 2011

L'agglomération de Bordeaux franchit le pas des données ouvertes

Sur des sites Internet ou des applications pour téléphones mobiles, la disponibilité des places de parking ou les horaires de passage des bus en temps réel seront bientôt accessibles. Photo SO

«En France, on a une culture du secret. C'est une petite révolution politico-administrative», remarque Vincent Feltesse.

Malgré la culture du secret, il y a bel et bien une révolution de données ouvertes en France.

Nous pataugeons aussi dans la culture du secret au Canada et au Québec. Le secret a le dessus pour le moment, et nous sommes immobilisé, comme figés dans le temps. Il y a bien quelques municipalités qui déploient des projets de données ouvertes, mais considérant la grandeur du pays - d'un océan à l'autre -, l'innovation progresse à petit pas...

L'agglomération de Bordeaux entre dans la danse.

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L'AGGLOMÉRATION DE BORDEAUX ENTRE DANS L'ÈRE DE L'OPEN DATA
[NET PLUS ULTRA] La collectivité ouvre ses données au public. Une manne pour l'usager et les projets numériques.
10 juin 2011 10h33 | Par Laurie Bosdecher, Sud-Ouest

Une masse considérable d'informations dans des domaines très variés, comme la voirie, l'assainissement, les transports, l'eau, l'aménagement urbain. On y trouve par exemple la localisation de tous les arceaux vélos, des bornes de tri, les plans de circuits pédestres, les zonages du plan local d'urbanisme, etc. Des informations qu'on pouvait trouver en allant taper à la porte des services administratifs de la CUB ou déjà visualiser en partie sur certains sites.

Utilisation gratuite
En donnant accès librement et gratuitement à toutes à ces données, la collectivité, aidée dans cette démarche par les associations Europe Aquitaine Communication et la Fondation Internet nouvelle génération, franchit un pas dans «son devoir de transparence démocratique», explique le président Vincent Feltesse. Transparence qui va jusqu'à un certain point. Exit les données personnelles collectées par la CUB et celles pouvant porter atteinte à la sécurité publique.

Les données de ce portail ne sont pas seulement visibles. Elles sont réutilisables par tout développeur de projet. «Grâce à cet outil, de nouveaux services numériques vont émerger. L'idée est de rendre plus facile la vie au quotidien dans l'agglomération», poursuit Vincent Feltesse.

Premier service déjà utilisé depuis plusieurs mois par ceux qui empruntent des VCub (vélos en libre-service). Ils peuvent connaître en temps réel le nombre de vélos en libre-service disponibles dans les stations grâce à des applications sur leur smartphone. Demain, on peut imaginer sur son téléphone des services pour localiser la borne de tri la plus proche de chez soi, les lieux où acheter au plus près un ticket de bus ou de tram.

Si la CUB est la première collectivité à donner accès à ses données publiques dans la région - le conseil régional et le conseil général de la Gironde devraient se lancer dans les prochains mois - d'autres agglomérations ont déjà franchi le pas.

À Rennes, par exemple, des applications existent pour savoir à la minute près à quelle heure va passer le prochain bus.

Bientôt des infos en temps réel
La CUB n'est pas encore là. Mais a ce même projet dans les cartons en équipant tout le matériel roulant de GPS embarqués. Avant, d'autres informations utiles viendront enrichir cette base de données. «Nous travaillons sur la disponibilité de places dans les parcs de stationnement en temps réel», indique la vice-présidente de la CUB en charge des usages numériques, Béatrice de François. On pourra également bientôt géolocaliser les chantiers en cours dans l'agglomération, obtenir la cartographie des espaces accessibles aux handicapés.

«En France, on a une culture du secret, remarque Vincent Feltesse. C'est une petite révolution politico-administrative.» Qui pose aussi des questions. Ces données publiques gratuites vont être exploitées par des privés qui peuvent ensuite monétiser des services aux usagers. Les utiliseront-ils également à bon escient? «L'objectif est aussi de doper le développement économique, dit le président de la CUB. De toute façon, nous, en tant que collectivité, n'aurions pas eu les moyens et le personnel suffisants pour le faire tous seuls.»

La CUB «espère aussi convaincre les communes de l'agglomération à s'engager dans la même voie», insiste Béatrice de François. L'initiative est pour l'instant expérimentale jusqu'à fin 2011.

25 mai 2011

La libération des données concernant les contrats d’Hydro-Québec permettrait d’y voir clair

Nathalie Normandeau
La pagaille a éclaté aujourd’hui entre députés de l’Assemblée nationale et le conseil d’administration d’Hydro-Québec, à propos d’une question de dépassement des dépenses des contrats de cette société d’État, qui ont été l’objet d’intenses échanges.

Le journaliste Denis Lessard de La Presse rapportait aujourd’hui que 40% des contrats informatiques d’Hydro-Québec dépassent les budgets prévus.
«Pour l'informatique, 2011 contrats totalisent des engagements de 990 millions de dollars. Mais 761 contrats, soit 38%, ont dépassé le budget prévu. D'une valeur initiale de 369 millions au total, ils ont nécessité 391 millions de financement supplémentaire pour être réalisés. Quand un projet dépasse ses budgets du double, à Hydro-Québec, il est simplement «dans la moyenne» puisque les excédents sont en moyenne de 106%», indique Denis Lessard.
Sur la base d'un communiqué diffusé par Hydro-Québec aujourd’hui, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a rétorqué au député de Jonquière et critique du Parti Québécois en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, que les dépassements des coûts allégués «ne correspondent pas à la réalité». Alors que le Parti Québécois réclame de donner au Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, le mandat d'aller vérifier les livres d'Hydro-Québec, la ministre a eu une réaction de déni --- comme cela se voit malheureusement souvent chez les dirigeants du gouvernement Charest.

«Il n'y a pas de dépassements de coûts, si on n'a pas les chiffres initiaux, c'est qu'il y a des ajouts qui sont faits en cours de route!», rapporte Denis Lessard.

Si les données concernant les contrats d’Hydro-Québec (et les autres contrats de l’ensemble des ministères et sociétés d’État) étaient libérées dans un catalogue de données ouvertes sur une plate-forme data.qc.ca, élus, gestionnaires, et la population, pourraient y voir clair. Tout le monde en effet pourrait voir en quoi consiste exactement la réalité. Mais puisque ces données ne sont pas publiques, le déni, phénomène de refus de prendre en compte une part de la réalité, peut avoir lieu. En psychiatrie, on parle des possibilités thérapeutiques de travailler avec le déni. Les possibilités, pour un gouvernement, de mettre fin au déni, sont d’accorder davantage de transparence.

«Il est temps que le Vérificateur général ait accès aux livres de la société d'État et examine les procédés», a déclaré Sylvain Gaudreault.

Le gouvernement du Québec devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques devraient être transparents. Un gouvernement ouvert offre aux citoyens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie, et comment ils pourraient y participer.

Le gouvernement du Québec en soi n'a pas toutes les réponses. Un gouvernement ouvert offre la possibilité d'utiliser la technologie (Web 2.0) afin de découvrir des solutions créatives aux défis, qu'une poignée de gens à Québec ne sont pas nécessairement en mesure d'inventer. Nombreux seraient les citoyens québécois disposés à participer si on leur en offrait l'occasion, pour le bien public, de mettre à profit leur talents, compétences, expertise et enthousiasme.

On peut lire dans le communiqué de l’Opposition officielle:
Le député de Jonquière n'en revient pas du communiqué de presse émis aujourd'hui par la société d'État qui souhaite faire passer des dépassements de coûts de 400 millions de dollars comme étant anodins. «Nous voulons une société d'État efficace et bien gérée, pas une société d'État qui veut laisser croire que 400 millions de dollars en dépassements de coûts, c'est normal. Quand le déboursé final dépasse de 40 % la valeur initiale du contrat, c'est qu'il y a un problème, a-t-il insisté. Par ailleurs, il est troublant de constater que la majorité des contrats accordés l'a été sans appel d'offres. Encore une fois, pour Thierry Vandal, c'est normal», a ajouté M. Gaudreault.

Pour connaître les positions opposées concernant les contrats d’Hydro-Québec, consultez le communiqué de la société d’État, ainsi que le communiqué de l’Opposition officielle.

24 mai 2011

Tony Clement reprend le flambeau des données ouvertes au Canada

Tony Clement
Le dossier des données ouvertes n'a pas fait long feu dans les mains de Stockwell Day. Entre l'annonce du lancement portail data.gc.ca, survenue le 17 mars 2011, et la chute du gouvernement conservateur provoquée par une accusation de cacher des informations essentielles, il s'est écoulé 9 jours.

Son successeur, Tony Clement, le nouveau président du Conseil du trésor et ministre de l’Initiative fédérale du développement économique dans le Nord de l’Ontario, a fait vœu de reprendre le flambeau.

«J'ai soutenu l'initiative de Stockwell dans ce domaine», a déclaré Tony Clement, se référant à Stockwell Day. «Il était très conforme à ce que je voulais faire en tant que ministre de l'Industrie concernant la stratégie de l'économie numérique, et je voudrais donc certainement chercher à poursuivre quelques-unes de ses initiatives dans ce domaine

Tony Clement affirme qu'il est engagé à libérer des données gouvernementales brutes, afin que les Canadiens puissent garder un œil sur les ministères fédéraux.

Il y a lieu de se demander comment M. Clement compte s'y prendre pour atteindre davantage de transparence, surtout depuis la décision du 13 mai 2011 de la Cour Suprême du Canada, qui permettra aux premiers ministres du Canada et leurs ministres de garder leurs secrets.

La Commissaire à l'information, Suzanne Legault, a indiqué à cet effet: «Je voudrais voir un engagement très fort pour renverser cette tendance à la baisse que nous voyons, parce que, à mon avis, nous sommes vraiment au plus bas. Nous ne pouvons pas descendre plus.»

Par ailleurs, le Canada est dégringolé de la 11ième à la 19ième position (sur 100 pays évalués) depuis 2007, d'après le nouveau rapport 2010 Global Integrity Report de Démocratie en surveillance. La culture du silence qui frappe le Canada depuis plusieurs années est montrée du doigt: il règne un secret excessif généralisé, a-t-il été souligné. Le rapport indique également que le gouvernement canadien traîne de la patte en matière d'accès à l'information. Les renseignements d'intérêts publics ne sont pas fournis dans les délais requis et dans une «forme intelligible».

Tony Clement a été élu à la Chambre des communes pour la première fois en 2006 et il a été réélu en 2008 et en 2011. Il a été ministre des Transports, ministre de l’Environnement, ministre des Affaires municipales et du Logement, et ministre de la Santé et des Soins de longue durée. Auparavant, il était avocat dans un cabinet d’avocats national. Il est titulaire d’un baccalauréat ès arts en science politique et d’un diplôme en droit de l’Université de Toronto.

08 mai 2011

Québec, le «cancre de l’informatique au Canada»

François Bonnardel

Je tente de maintenir mon esprit aligné sur l’espoir que le gouvernement du Québec entreprenne prochainement un projet d’analyse de gouvernement ouvert et mettre sur pied une initiative de libération des données ouvertes et de gouvernement ouvert. La semaine dernière, les nouvelles en provenance de Québec à propos de l’informatisation des dossiers de santé, et la gouvernance concernant les ressources informationnelles en général, n’étaient pas très encourageantes.

Le vérificateur général Renaud Lachance fait preuve de rigueur, transparence et intégrité. Il y a eu plusieurs interventions de Renaud Lachance depuis le mois de février 2011. Il a été question notamment de dépassement des coûts prévus, et de croissance des dépenses des organismes non budgétaires et des fonds spéciaux.

L’ensemble des données financières du gouvernement du Québec devrait être publié, afin que la population soit en mesure de vérifier les ratés, et que soient proposées des idées et solutions pour améliorer la gouvernance. Les données ouvertes devraient être considérées comme une priorité parmi les divers groupes de pression, les nombreux secteurs du gouvernement et lors de la planification du maintien de l’équilibre budgétaire.

Il me semble que tous les gestionnaires gouvernementaux devraient se poser la question suivante: comment la technologie peut-elle améliorer la façon dont le Québec est gouverné?

Mais d’ici à ce que des solutions soient adoptées, le Québec apparaît désormais malheureusement comme «le cancre de l’informatique au Canada». C’est ce qu’a déclaré le député adéquiste François Bonnardel, suite à la publication du deuxième tome du rapport du vérificateur général Renaud Lachance à l'Assemblée nationale pour l'année 2010-2011.

Dans le chapitre 3 de son rapport, Renaud Lachance livre ses conclusions concernant le Dossier de santé du Québec.

Renaud Lachance

«J'ai constaté que les paramètres initiaux du projet fixés en 2006 concernant les coûts, la portée et l'échéancier ne seront pas respectés. Compte tenu de ces résultats, je considère que le projet d’informatisation du dossier de santé, sous sa forme définie à l'origine, n'existe plus et en ce sens, est un échec», a affirmé le vérificateur général lors d’une conférence de presse ayant eu lieu le 5 mai.

«Il m'apparaît très clair que le ministère de la Santé et des Services sociaux n'exerce pas le leadership nécessaire pour que s'implante une culture de la performance dans le réseau. De plus, il y a peu de mesures qui incitent les établissements à s'améliorer», a indiqué Renaud Lachance.

«J'ai également noté que la gouvernance concernant les ressources informationnelles exercée par les organismes centraux, le Secrétariat du Conseil du trésor et le ministère des Services gouvernementaux, comporte de grandes lacunes, telles qu'une absence de vision d'ensemble, d'orientations, de cadres et de normes, et une confusion quant aux rôles et aux responsabilités

Voici quelques éléments de la présentation en diaporama du second tome du rapport du vérificateur général:
• Retard dans les échéanciers variant de 1,25 an à 4,5 ans minimum. Au 31 décembre 2010, le pourcentage de reconnaissance par ISC des travaux réalisés est le suivant:
–Québec: 38 % (parmi les moins élevés avec le Nunavut et le Yukon)
–Autres provinces: 74 %
En fonction de ce critère, le Québec est manifestement en retard dans son projet d’informatisation.
• Depuis l’automne 2009, le projet pilote a peu progressé.
• Le nouveau décret, publié en juin 2010, a éliminé une date cible qui avait été prévue pour la fin des travaux.
• Son échéancier est maintenant celui qui sera fixé par le ministre.
• Depuis un an, le dirigeant responsable du DSQ a changé trois foiset un quatrième est entré en fonction en avril 2011.
• Depuis un an, le dirigeant responsable du DSQ a changé trois foiset un quatrième est entré en fonction en avril 2011.
• Projet initial du DSQ est un ÉCHEC: Aucun de ses paramètres initiaux n’est respecté.
• Portée: Changement de stratégie d’informatisation d’une plateforme unique vers plusieurs plateformes reportant à plus tard l’interopérabilité provinciale
• Interopérabilité: d’abord régionale
• Diminution du nombre potentiel d’utilisateurs
• Échéancier prévu non respecté et nouvel échéancier inconnu (pas avant 2016)
• Coûts: Risque que ISC ne verse pas les sommes prévues; Comptabilisation des coûts totaux non crédible

Pour plus d’information sur le dossier d’informatisation de la santé, consultez cet article du Devoir de Robert Dutrisac, «Dossiers médicaux: un échec sur toute la ligne».

25 avril 2011

Données ouvertes, nouvelle façon de faire les affaires (Banque mondiale)

Au cours de la dernière année, la Banque mondiale est devenue un chef de file de la transparence, selon le classement de la publication basée au Royaume-Uni ‘Publish What You Fund (Publiez ce que vous financez) – La campagne mondiale de transparence pour l'aide au développement’.

L'utilisation des données triplé: la Banque mondiale a publié des données supplémentaires, des outils communs de visualisation de données avec les pays, mis au point une cartographie pour l'application des résultats, développé quatre applications pour l'iPhone, ainsi qu’un nouvel outil pour le suivi des flux d'aide.

«Les données ouvertes consistent vraiment en un changement – il s’agit d’un programme de transformation - pour nous tous», a déclaré Shaida Badiee, directrice du Groupe des données de développement de la Banque mondiale. «C'est une nouvelle façon de faire des affaires, et pour réussir il faut vraiment travailler ensemble. Nous avons vu que l'impact des données ouvertes est extrêmement élevé et important pour résoudre les problèmes de développement

Le Groupe des données de développement maintient les principales bases de données économiques et sociales de la Banque mondiale et publie chaque année le World Development Indicators, le World Atlas de la Banque, et le Global Development Finance.

Shaida Badiee travaille en étroite collaboration avec les organismes partenaires clés sur le relèvement du profil des meilleures statistiques pour la gestion des résultats de développement, l'harmonisation des travaux statistiques, et de soutien pour le renforcement des capacités aux pays en développement.

La Suède lance le site de données ouvertes OpenAid.se pour lutter contre la corruption

La Suède a lancé le 4 avril 2011 un site Internet permettant aux contribuables de suivre le financement public de projets d'aide au développement dans le but de lutter contre la corruption.

Gunilla Carlsson, ministre suédoise de la Coopération internationale, a indiqué que ce site vise également à promouvoir la «transparence» et «idées nouvelles» dans les programmes d'aide au développement.

Le site OpenAid.se vise à offrir des réponses à des questions telles que: quelle est l'aide au développement étranger utilisée? Qui met en œuvre des projets d'aide au développement?

La ministre a indiqué que ce projet a rencontré des difficultés, notamment la collecte de données à partir de nombreuses agences gouvernementales ainsi que la numérisation de milliers de pages de documents.

Seule une femme politicienne aurait pu faire une pareille comparaison, les hommes ne s'expriment pas ainsi: «Vous avez de la transparence ou vous n’en avez pas», a déclaré la ministre Gunilla Carlsson, lors d’une assemblée de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international portant sur les données ouvertes ayant eu lieu ce printemps. «C'est comme être à moitié enceinte. Vous ne pouvez pas être à moitié enceinte. Ceci (la transparence) est quelque chose que devons mettre en place

Données ouvertes en Italie: a) OpenSpending; b) disparus d'Argentine

L'économiste et blogueur Alberto Cottica a annoncé avec beaucoup d'émoi dans les pages de Government in the Lab, le 23 avril dernier, le lancement de OpenSpending Italy - la première contribution italienne à la plate-forme OpenSpending. Ce lancement a eu lieu le 21 avril 2011.

Alberto Cottica a indiqué qu'un pas en avant a été franchi en matière d'accessibilité aux données.

Il conclut dans son billet intitulé "Against all odds: open data in Italy make a breakthrough" (Contre toute attente: les données ouvertes en Italie font une percée), par ces paroles d'espoir: «Ensemble, fonctionnaires, geeks et simples curieux - des gens engagés -, nous démontrons que nous pouvons réaliser un changement pour le meilleur ici et maintenant, avec les ressources et les compétences disponibles, sans avoir à attendre un changement global ou une singularité culturelle. Puisse cette attitude se propager ailleurs dans la sphère publique. Dieu sait que nous en avons besoin.»

Je vous invite à lire son billet au complet.

Par ailleurs, bien qu'il ne s'agisse pas de libération de données en lien avec une plate-forme particulière, l'Italie a effectué une autre annonce ce mois-ci, concernant l'accès à des archives. Il s'agit quand même d'une sorte d'ouverture de données gouvernementales, dont le but est le partage et l'entraide, qui soulageront le deuil de dizaine de milliers de familles et de citoyens.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a annoncé le 2 avril 2011 que l'Italie ouvrira les archives de ses consultats en Argentine pour aider à la recherche des quelque 30,000 personnes disparues sous la dernière dictature (1976-1983).

«Au cours de la visite de la présidente (Cristina) Kirchner en Italie en juin, nous signerons un accord pour l'ouverture des archives des consulats en Argentine afin de collaborer à la recherche des disparus», a déclaré Frattini. «Toutes les données seront disponibles», a-t-il indiqué.

L'article du Figaro ne précise pas sous quel format.

An open letter enjoining Toulouse to launch an open data initiative

The open data movement is growing in France.

Several communities initiated steps to release open data. Last year, Rennes was one of the first cities to establish such a project, starting with a small set of data. Recently, the City of Rennes opened its budget data. New sets of data released on April 5, 2011 differ from the rest of the data because they contain the Town Hall budget. Take a look at the data catalog.

Cities of Paris and Nantes are progressing in their open data projects. I was told that the City of Nantes was planning this month to add a "social" component (that is to say, involve participation and cooperation of citizens, which corresponds to an open government model).

A group of citizens from the region of Toulouse, inspired by LiberTIC (Nantes association whose mission is to promote open data and accompany the territory of Nantes in the development and use of digital applications of public utility), sent an open letter to the President of Grand Toulouse, Pierre Cohen, "enjoining him to promote open data in the urban community of the Greater Toulouse."

The authors of the letter put forward two arguments: the technological innovation on one hand, and citizen participation on the other hand, "as an important factor of social and economic innovation. The availability of such information leads to greater participation in public decision making and enriches the relationship between citizens and their representatives", wrote these open data advocates.

This open letter has many signatories, most of whom reside in Toulouse.

See the open letter.


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Une lettre ouverte enjoignant Toulouse d'emboîter le pas des données ouvertes


Le mouvement des données ouvertes est en progression en France.

Les villes de Paris et Nantes cheminent dans leurs projets. On m'a informée que la ville de Nantes envisageait ce mois-ci d'ajouter un volet «social» (c'est-à-dire impliquer la participation et la collaboration des citoyens, ce qui correspondrait au modèle de gouvernement ouvert).

Plusieurs collectivités ont lancé des démarches de libération des données. Rennes fut une des premières villes à mettre sur pied une initiative l'an dernier, en débutant par un petit ensemble de données. Dernièrement, cette municipalité a ouvert ses données budgétaires. De nouveaux ensembles de données rendus publics le 5 avril 2011, se distinguent des autres données puisqu'ils contiennent le budget de la mairie. Jetez un coup d'œil au catalogue de données.

Un collectif de la région de Toulouse, inspiré par LiberTIC (association nantaise ayant pour mission de promouvoir l’ouverture des données publiques et d’accompagner le territoire de Nantes dans le développement et l’utilisation d’applications numériques d’utilité publique), a adressé une lettre ouverte au président du Grand Toulouse, Pierre Cohen, pour « l’enjoindre à promouvoir les données ouvertes dans la communauté urbaine du Grand Toulouse».

Les auteurs de la lettre ouverte invoquent deux argumentaires: l’innovation technologique d’une part et la participation citoyenne d'autre part, «comme un important facteur d’innovation sociale et économique. La disponibilité de telles informations incite à une plus forte participation à la décision publique et enrichit les liens entre les citoyens et leurs représentants», ont indiqué ces défenseurs des données gouvernementales ouvertes.

Nombreux sont les signataires de cette lettre ouverte, dont la majorité résident à Toulouse.

Consultez cette lettre ouverte.

26 février 2011

La France lance Data.gouv.fr, portail de données publiques de l’État français

Au début du mois de février 2011, la Ville de Paris a annoncé un projet de données ouvertes. Consultez le site opendata.paris.fr. Une poignée de collectivités pionnières n'avaient pas attendu l'État pour partager leurs données publiques en ligne comme Brest et Rennes.

Par décret daté du 21 février 2011, la France se lance dans l’aventure d’ouverture de ses données.

L’ex-conseiller du Premier ministre François Fillon, Séverin Naudet, 35 ans (qui avait été nommé le 1er avril 2010 conseiller technique (multimédia) au cabinet du Premier ministre) va diriger la mission Etalab, chargée de la «création d’un portail unique interministériel destiné à rassembler et à mettre à disposition librement l’ensemble des informations publiques de l’État, de ses établissements publics administratifs et, si elles le souhaitent, des collectivités territoriales et des personnes de droit public ou de droit privé chargées d’une mission de service public». Sévérin Naudet a été nommé pour un mandat de trois ans.

Séverin Naudet n'a pas encore formé son équipe, et aucun budget n'est pour l'instant débloqué, l’évaluation financière n’étant pas encore terminée, rapporte Acteurs publics.

Etalab «contribue à répondre aux recommandations du rapport remis par Franck Riester, député de Seine et Marne, en février 2010, sur le thème de l'amélioration de la relation numérique à l'usager», a indiqué TheWebConsulting.

La réutilisation des données publiques représente un potentiel théoriquement infini d'activité économique, de revenus et d'innovation. «Le portail doit permettre d’encourager l’innovation grâce à la mise à disposition de données dans un format exploitable, permettant de créer des services applicatifs», a souligné Séverin Naudet.

Avec Etalab, la France rejoindra d’ici la fin de 2011, le groupe des pays ayant créé leur portail unique d’informations publiques. Le Canada ne fait malheureusement pas encore partie de cette liste.
 
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