Blogue de Lyne Robichaud

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16 juin 2011

Le "rouleau compresseur conservateur" abolit les subventions aux partis politiques

J’étais occupée par les mélodrames de la politique québécoise ces derniers jours. Je n’ai pas eu le temps de voir passer les mesquineries de la politique fédérale canadienne.

Le budget fédéral a été adopté. Lundi (13 juin 2011), il a reçu l'«approbation de principe» des Communes. Ce budget abolit les subventions aux partis politiques, histoire de faire taire les voix dissidentes. Harper frappe un grand coup dans ses adversaires...

Les partis d'opposition avaient fait part de leur intention de voter contre le budget 2011, déposé pour la première fois le 22 mars, mais n'avaient jamais pu le faire en raison du déclenchement des élections générales. Le gouvernement de Stephen Harper avait été défait après que le Parlement eut voté une motion de censure. Michael Ignatieff avait déclaré: "a government that breaks the rules and conceals facts from the Canadian people does not deserve to remain in office." Quelques jours (une semaine) avant cette motion de censure, Stockwell Day avait annoncé le lancement d'une plate-forme de données ouvertes et de gouvernement ouvert (les 17 et 18 mars 2011).

Puisqu'il a été élu majoritaire, Stephen Harper n'a pas eu de problème à faire adopter le budget cette fois-ci.

Marco Fortier, dans Rue Frontenac, indique: «Stephen Harper semble en voie d'accomplir son vieux rêve: détruire le Parti libéral, porter un coup dur aux «séparatistes», faire taire les voix dissidentes et incarner le natural governing party. Pour les quatre prochaines années, seul Jack Layton paraît en position de freiner le rouleau compresseur conservateur. On verra si la vague orange résistera à la grosse machine bleue.»

Selon le député Denis Coderre, la décision du gouvernement conservateur d’éliminer le financement public est purement idéologique. «Le Parti conservateur qui veut annihiler les partis politiques qui ne pensent pas comme lui», a-t-il dénoncé. «Le financement public des partis politiques est sain pour une démocratie».

Quel est l’antonyme de démocratie? AUTOCRATIE.

Le 3 mars dernier, j'avais intercepté cet article "Tories re-brand government in Stephen Harper’s name". Cela vaut la peine de le relire encore. "It's official: Stephen Harper rules." Yep.

24 mai 2011

Tony Clement reprend le flambeau des données ouvertes au Canada

Tony Clement
Le dossier des données ouvertes n'a pas fait long feu dans les mains de Stockwell Day. Entre l'annonce du lancement portail data.gc.ca, survenue le 17 mars 2011, et la chute du gouvernement conservateur provoquée par une accusation de cacher des informations essentielles, il s'est écoulé 9 jours.

Son successeur, Tony Clement, le nouveau président du Conseil du trésor et ministre de l’Initiative fédérale du développement économique dans le Nord de l’Ontario, a fait vœu de reprendre le flambeau.

«J'ai soutenu l'initiative de Stockwell dans ce domaine», a déclaré Tony Clement, se référant à Stockwell Day. «Il était très conforme à ce que je voulais faire en tant que ministre de l'Industrie concernant la stratégie de l'économie numérique, et je voudrais donc certainement chercher à poursuivre quelques-unes de ses initiatives dans ce domaine.»

Tony Clement affirme qu'il est engagé à libérer des données gouvernementales brutes, afin que les Canadiens puissent garder un œil sur les ministères fédéraux.

Il y a lieu de se demander comment M. Clement compte s'y prendre pour atteindre davantage de transparence, surtout depuis la décision du 13 mai 2011 de la Cour Suprême du Canada, qui permettra aux premiers ministres du Canada et leurs ministres de garder leurs secrets.

La Commissaire à l'information, Suzanne Legault, a indiqué à cet effet: «Je voudrais voir un engagement très fort pour renverser cette tendance à la baisse que nous voyons, parce que, à mon avis, nous sommes vraiment au plus bas. Nous ne pouvons pas descendre plus.»

Par ailleurs, le Canada est dégringolé de la 11ième à la 19ième position (sur 100 pays évalués) depuis 2007, d'après le nouveau rapport 2010 Global Integrity Report de Démocratie en surveillance. La culture du silence qui frappe le Canada depuis plusieurs années est montrée du doigt: il règne un secret excessif généralisé, a-t-il été souligné. Le rapport indique également que le gouvernement canadien traîne de la patte en matière d'accès à l'information. Les renseignements d'intérêts publics ne sont pas fournis dans les délais requis et dans une «forme intelligible».

Tony Clement a été élu à la Chambre des communes pour la première fois en 2006 et il a été réélu en 2008 et en 2011. Il a été ministre des Transports, ministre de l’Environnement, ministre des Affaires municipales et du Logement, et ministre de la Santé et des Soins de longue durée. Auparavant, il était avocat dans un cabinet d’avocats national. Il est titulaire d’un baccalauréat ès arts en science politique et d’un diplôme en droit de l’Université de Toronto.

19 mars 2011

Le gouvernement du Canada lance un portail de données ouvertes, et 24 heures plus tard, un gouvernement ouvert

Stockwell Day

Le 17 mars 2011, le gouvernement du Canada a annoncé le lancement d’un portail de données ouvertes: http://www.data.gc.ca. Voir le communiqué officiel.

Puis le 18 mars 2011, le gouvernement du Canada a annoncé «le renforcement du gouvernement ouvert». http://www.ouvert.gc.ca Voir le communiqué officiel.

24 heures entre les deux annonces. Aucune mention dans la presse francophone de la première et de la seconde annonce. Aucune mention dans la presse anglophone de la seconde annonce. Les journalistes pourraient avoir perçu la seconde déclaration comme un addendum.

«L'honorable Stockwell Day, président du Conseil du Trésor et ministre de la porte d'entrée de l'Asie-Pacifique, a émis aujourd'hui la déclaration suivante portant sur l'engagement continu du gouvernement du Canada à l'égard du gouvernement ouvert», peut-on lire dans le second communiqué.

L’engagement continu de quoi? De ce qui a été annoncé il y a 24 heures?

Je devrais sauter de joie, parce que j’attends cette nouvelle depuis des années. La façon dont ces annonces ont été gérées démontre un manque de sérieux, un embrouillement interne, et un flagrant manque de vision.

Par ailleurs, je me suis étouffée en lisant cette phrase: «Depuis longtemps, le gouvernement du Canada est un pionnier dans le domaine de l'accès de ses citoyens à l'information. Le renforcement du gouvernement ouvert illustre bien notre engagement public de continuer dans cette voie.»

Espérons que les provinces canadiennes ne s'aligneront pas sur cette manière désorganisée et confuse d'annoncer leur transformation en gouvernement ouvert.

06 mars 2011

Le passage de Beth Noveck au Canada devant l'ETHI: une lueur d’espoir

Je suis enchantée d’apprendre que Beth Noveck, ex-responsable adjointe pour la technologie de l'initiative Gouvernement ouvert (Deputy Chief Technology Officer) des États-Unis, a été invitée à s’exprimer le 2 mars 2011 devant le Comité permanent sur l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique (ETHI) du Gouvernement du Canada. Voir le billet à ce sujet, publié dans Government in the Lab, qui reproduit en intégralité son allocution.

J’espère que ce passage devant l'ETHI signifie qu’il existe une réelle volonté de la part des dirigeants du pays (le pouvoir exécutif) de mettre en œuvre un Gouvernement ouvert, et que ces dirigeants ne tarderont pas à se mettre à l’ouvrage, et qu’ils passeront à l’action.

Je souhaite depuis longtemps que voit le jour un Gouvernement ouvert au Canada et au Québec. Je suis persuadée que cette allocution ne passera pas inaperçue auprès des responsables des provinces canadiennes.

Les propos du Dr Noveck sont clairs. Elle a indiqué ce qu’il faut faire pour mettre sur pied un Gouvernement ouvert. Elle a aussi mis en garde sur ce qu’il ne faut pas faire. J’ai noté qu’elle utilisait l’expression «co-création» - un terme que j’apprécie particulièrement -, et qu’elle parlait «d’empowerment» des fonctionnaires et des citoyens.

J’ai presque versé des larmes en lisant les propos du président Obama, prononcés en septembre 2010 (parce que je déploie des efforts pour sensibiliser la Francophonie dans ce sens).
(Ma traduction) «En septembre dernier, le président Obama a donné un élan au mouvement international de Gouvernement ouvert quand il a invité chaque nation à «rendre le gouvernement plus ouvert et plus responsable.» Le président a exhorté d'autres pays à revenir au sein de l'Organisation des Nations Unies, et à «parvenir à des engagements spécifiques visant à promouvoir la transparence; à lutter contre la corruption; à dynamiser l'engagement civique; et à exploiter les nouvelles technologies afin que nous renforcions les fondements de la liberté dans nos propres pays, tout en vivant la hauteur des idéaux qui peuvent éclairer le monde.»
J’espère que ce qui a été dit devant ce Comité par la Dr Noveck sera pris très au sérieux, étudié, décortiqué, analysé, approfondi, approprié, et que cela aboutira prochainement à un discours du chef de la nation annonçant la transformation du gouvernement. J’ai très hâte d’entendre l’expression «Gouvernement ouvert» sortir de la bouche de TOUS les plus hauts dirigeants du pays.

Cette invitation devant le Comité permanent sur l’accès à l’information, est-ce une initiative venant du pouvoir exécutif? Cela m’étonnerait beaucoup. Ce Comité arrivera-t-il à influencer les plus hauts décideurs du pays? (Cela m’étonnerait beaucoup.) Je ne suis pas de nature pessimiste, mais je n’y crois guère. Le 3 mars, soit le lendemain de l’allocution de Beth Noveck, la Presse canadienne publiait un article intitulé «Le gouvernement est rebaptisé Gouvernement Harper». Il est difficile de concevoir qu’un pouvoir exécutif qui pense à émettre une telle directive puisse réellement s’intéresser au Gouvernement ouvert. Je reprends le terme utilisé par Beth Noveck: c’est en quelque sorte «contradictoire».

Le président Obama n’a pas attendu que s’écoulent des semaines avant de démontrer sa volonté de mettre sur pied un Gouvernement ouvert. Il l’a fait dès sa première journée d’entrée en fonction. Cela démontre l’ampleur de sa détermination. Ce fut un de ses premiers gestes.

Je me rappelle de cette journée comme si c’était hier. Malgré mon allégresse – je me suis réellement réjouie pour les citoyens des États-Unis – j’ai entrevu la fissure dans le temps, j’ai vu sombrer la nation canadienne dans une sorte de vide.

Deux années se sont écoulées depuis, et nous sommes toujours suspendus dans ce vide: toujours pas de Gouvernement ouvert au Canada. Pas même un petit peu, pas même un fragment, pas même une bribe. Quelques municipalités ont pris la peine de libérer leurs données. Mais rien du côté des administrations provinciales, et encore moins au gouvernement fédéral. Absolument rien du côté du Canada francophone.

Je suis lasse d’entendre parler de mon pays comme étant des «pockets of Dark Ages» (ref. une invitée à Gov20Radio).

Beth Noveck apporte un vent d’espoir. Nous cœurs s’étaient éteints depuis longtemps. Une lueur d’espérance brille à l’horizon. Soufflez dessus quelqu’un pour qu'elle ne s'éteigne pas, je vous en prie.

04 mars 2011

«L'État, c'est moi!» pense Stephen Harper?

Vous devez absolument lire cet article de La Presse canadienne à propos d’une nouvelle directive de communications fédérales. C’est plutôt ahurissant. Désormais, il faudra remplacer les mots «Gouvernement du Canada» par «Gouvernement Harper», une nouvelle directive du… euh… «Gouvernement Harper».

Franchement! Ils n’ont vraiment rien d’autre à penser et à faire que d’émettre des directives de ce genre?

Avec cette mentalité de roitelet, on est très loin d’un Gouvernement ouvert…

18 février 2009

La visite d’Obama au Canada insufflera-t-elle une bise de transparence? Ben voyons donc!

Stephen Harper, Barack Obama. Photo source

Le président des États-Unis, Barack Obama visitera demain (19 février 2009) le Canada en quatrième vitesse. Il ne passera que quelques heures en sol canadien.

Christina Spencer du Sun Media rapporte que la venue d’Obama inspire une soif de transparence chez les Canadiens:
«La promesse de Barack Obama de rendre des comptes et de diriger un gouvernement transparent fait vibrer une corde sensible chez les Canadiens, puisque les trois quarts d'entre eux désirent que le gouvernement fédéral soit sujet à une plus grande surveillance publique.

Cette soif pour un gouvernement moins opaque est répandue à l'échelle du pays, révèle un sondage Léger Marketing pour le compte de Sun Media.

«Règle générale, les gens ne veulent pas d'un gouvernement qui cultive le secret ou qui se cache derrière des portes closes» dit Dave Scholz, qui est vice-président chez Léger.

«Compte tenu de tout ce qui s'est passé au sein du gouvernement canadien depuis le mois d'octobre, de toutes ces discussions à huis clos, des développements entourant la formation d'une coalition, nous sommes maintenant vraiment incertains de ce qui se passe au sein de notre gouvernement.»

Les Canadiens qui entendent Obama promettre plus de transparence au sujet des activités gouvernementales aux États-Unis s'interrogent sur les pratiques du leur gouvernement, analyse M. Scholz. «Les trois quarts d'entre nous disons: 'Oui, nous avons besoin de cela nous aussi'.

Tout de suite après son entrée en fonction en janvier, Obama a ordonné aux agences gouvernementales de pécher par excès de responsabilité et d'ouverture.

La US Freedom of Information Act, qui régit la divulgation de l'information détenue par le gouvernement, «doit être administrée avec une présomption: face au doute, c'est l'ouverture d'esprit qui prévaut», a indiqué Obama dans une directive officielle.

Beaucoup de partisans d'un gouvernement ouvert estiment que c'est la philosophie opposée qui a prévalu au Canada.

Selon le sondage Léger, 76% des Canadiens pensent que le gouvernement fédéral devrait permettre un examen public de ses activités. Seulement 12% pensent que le gouvernement est déjà assez transparent et seulement 3% pensent que le gouvernement devrait dépenser l'argent comme bon lui semble, sans transparence.

Cette soif pour davantage de transparence est grande dans toutes les régions du pays, dit M. Scholz.

«Nous avons finalement trouvé quelque chose sur laquelle toute la population canadienne peut tomber d'accord: lorsqu'il s'agit du gouvernement, nous voulons plus de transparence.»

Le sondage Léger a été réalisé auprès de 1501 personnes a été menée entre les 11 et 15 février. La marge d'erreur est de 3,1%, 19 fois sur 20.».


Je suis étonnée d’apprendre que les trois quarts de la population canadienne souhaite qu’il y a davantage de transparence dans les activités gouvernementale.

Bien entendu, j’espère que la visite de Barack Obama changera quelque chose au pays, mais je n’y crois pas tellement. Lorsqu’il y a eu des coupures budgétaires dans le secteur culturel, il y a eu énormément de protestations. Mais cela n’a absolument rien changé.

La conclusion de l’article de Guy Taillefer intitulé «Recherche – Les affaires avant tout» publié aujourd’hui dans Le Devoir, me fait penser que le changement tant espéré concernant plus de transparence pourrait ne jamais survenir, tant que la présente administration Harper demeurera en poste. «Pire encore est le fait qu'ils sont totalement imperméables au tollé que leurs décisions provoquent.»

Totalement imperméables.

Les groupes écologistes sont complètement dans l'erreur, à mon avis, en s’imaginant que la visite du président Barack Obama aura pour effet d’ouvrir les yeux du premier ministre canadien Stephen Harper. Je crois que ce qui suit est un tantinet naïf:
«Si le Canada ne change pas de cap, il fera mauvaise figure par rapport aux États-Unis en ce qui concerne les changements climatiques et d'autres enjeux environnementaux, dénoncent des groupes écologistes.

«Nous avons bon espoir qu'à l'occasion de la rencontre, le premier ministre prendra conscience du gouffre qui se forme entre le sérieux de l'action qu'entreprennent les États-Unis pour s'occuper des changements climatiques, sous le président Obama, et ce que nous avons vu au Canada», a affirmé Matthew Bramley, de l'Institut Pembina.»

Préparons-nous, car le manque de transparence, que nous considérons comme inacceptable actuellement au Canada, pourrait même empirer, au lieu de s’améliorer.

«On espère que l'électorat canadien -- et le système parlementaire dans lequel il lui faut choisir son gouvernement -- ne leur donnera jamais de majorité,» a indiqué Guy Taillefer.

Considérez-moi comme une pessimiste si vous le souhaitez, je n’ai guère plus d’espoir que l’ordre des choses soit ébranlé. Je pense que l’époque où l’optimisme était à la mode est bel et bien révolue. @Peter Santilli indiquait ces mots hier sur Twitter: «So much crappy news out there. Thank goodness I'm a doom & gloomer, otherwise I'd be extremely bored right now if I were an "optimist".» [Trop de nouvelles merdiques de nos jours. Dieu merci, je suis par nature un éternel négatif, autrement, je m'ennuierais à mourir si j'étais un optimiste!]

De nos jours, être optimisme - face à la politique canadienne - serait tomber dans l'optimisme irréel. [«Optimisme irréel» est une expression employée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments dans le document intitulé «La communication des risques et le gouvernement». Ce document décrit ce phénomène chez la population.]

Des gens pourraient se fatiguer de continuellement se battre contre le vent. À quoi tout cela rime-t-il, pourrions-nous demander avec raison, lorsque nous savons à l'avance qu'il n'y a pas d'écoute ni de volonté de transparence chez les décideurs canadiens?

05 février 2009

Qui posera les questions?

Revere (du Weblog Effect Measure) a écrit un billet intitulé «L’influenza et les affaires journalistiques» (en anglais, Flu and the news business).

Une question qui m’a sauté aux yeux, dans ce billet, est: «Cela pourrait signifier, dans ce cas, se borner à reproduire les mots des autorités gouvernementales à propos de problématiques de l'industrie avicole et du domaine de la santé publique. Cela pourrait également signifier ne plus poser de questions, parce qu'il y a beaucoup trop peu de journalistes avec la connaissance appropriée de sujets spécialisés et trop peu de temps pour traquer celles et ceux qui pourraient fournir des questions de fonds.»

L’été dernier, Le Devoir a rapporté que «le premier ministre Stephen Harper menace la démocratie en voulant contrôler toute information en provenance des différents ministères de son gouvernement», a indiqué un expert.

«Le gouvernement ne veut pas de mauvaises surprises dans les médias, mais il ne veut pas non plus de bonnes surprises. Il veut simplement tout contrôler,» a dit Michel Drapeau

Ensuite, au mois d’août 2008, nous avons entendu parler que l’administration Harper était accusée de vouloir cacher les conséquences des changements climatiques. (voir cet article et celui-ci):
«Pourquoi tant de discrétion pour un enjeu d'une telle taille? Hier, en choeur, mouvements environnementalistes et partis d'opposition se sont interrogés sur la grande timidité avec laquelle le gouvernement de Stephen Harper a rendu public cette semaine un volumineux rapport sur les conséquences sanitaires des changements climatiques au pays.»

«C'est un stratagème totalement absurde et irresponsable», a commenté hier Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD). «Cette technique ancienne, largement utilisée dans les dernières années, vise bien sûr à cacher le plus possible la réalité de la crise environnementale aux Canadiens et son effet sur leurs familles.» Pour Jack Layton, toute cette mise en scène ressemble passablement à celle d'«un médecin qui refuserait de transmettre les résultats d'une analyse à son patient», a-t-il dit.

Ce que je me demande est: Si nous avons pu observer une tendance à cacher la réalité à propos des conséquences des changements climatiques aux Canadiennes et Canadiens, pourrait-il y avoir également une tendance à cacher la réalité concernant des foyers d’infection de grippe aviaire?

En juin 2008, le gouvernement du Québec a refusé une collaboration avec la sphère du Flublogia. Un document, obtenu via la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, conclut que les médias sociaux ne valent pas la peine de dépenser temps ni argent, parce qu’ils manquent de crédibilité et de maturité (voir Les médias sociaux et la communication du risque | Direction de la coordination de l’information et des mesures d’urgence
Gouvernement du Québec).

Si nous devons obtenir de moins en moins de reportages de niveau professionnel à propos de l’influenza et des préparatifs pandémiques au Canada, et si les autorités fédérales et provinciales ont démontré par le passé une tendance au contrôle de l’information à propos de la santé publique, et si la sphère du Flublogia se fait refuser une collaboration et est rejetée, alors avons-nous des raisons d’être inquiets?

QUI POSERA LES QUESTIONS???

03 février 2009

L'Agence des services frontaliers du Canada n'a pas de plan en cas d’urgence

Un poste frontière canadien (archives). Photo: PC/Richard Lam


Des nouvelles pareilles, cela ne donne pas tellement envie de taper des mains d’éblouissement. En fait, nous pouvons nous poser de très sérieuses questions sur les prétendus préparatifs pandémiques du Canada, lorsque nous apprenons que les postes frontaliers n’ont rien prévu en cas de situation d’urgence majeure, et notamment en cas de pandémie d’influenza.

Je savais que le Canada était le pays le moins bien préparé à affronter une pandémie parmi les nations développées, mais je ne pensais pas que c’était à ce point-là!

Voici ce que rapporte Radio-Canada à ce sujet.
Pas de plan d’urgence
30 janvier 2009 | Société Radio-Canada

L'Agence des services frontaliers du Canada n'a pas de plan stratégique en cas d'urgence majeure, selon un rapport interne, même si tous les organismes fédéraux sont tenus d'en avoir un. Cette situation inquiète certains spécialistes.

Chaque organisme fédéral doit avoir un plan d'urgence pour protéger ses employés et ses biens, et pour maintenir l'offre de services essentiels en cas de catastrophe naturelle, comme les inondations et les pandémies, ou en cas de désastre d'origine humaine, comme les attentats terroristes ou les déversements de produits dangereux.

Or, l'Agence des services frontaliers du Canada n'a pas de plan stratégique en cas d'urgence, selon un rapport interne daté d'octobre 2008. Jean-Bernard Guindon, ancien directeur de la sécurité civile à la Ville de Montréal, n'en revient pas. «C'est quelque chose d'absolument invraisemblable», soutient-il.

Selon lui, cette agence doit absolument prévoir comment elle maintiendrait ses activités de surveillance des frontières, des ports et des aéroports en situation de crise. « Que les personnes qui entrent au Canada, qui sont porteuses de maladies infectieuses, ou les terroristes qui sont porteurs de matériels dangereux puissent être détectés aux frontières. Si ça ne se fait pas avec la plus grande compétence possible, quand on aura une urgence reliée à tout ça, on en paiera le prix très élevé», estime-t-il.

Le professeur Stéphane Leman-Langlois, spécialiste du terrorisme à l'Université de Montréal, qualifie lui aussi de surprenante l'absence d'un plan d'urgence. Il signale qu'en cas de maladies contagieuses, par exemple, plusieurs employés refuseront de travailler. «Qu'est-ce qu'on va faire ? C'est quoi le plan B ? C'est ça les préparatifs d'urgence. Un plan B, c'est quand tout commence à lâcher un peu partout», explique-t-il.

L'Agence des services frontaliers n'a pas fait de commentaire officiel sur cette question. Toutefois, selon le rapport interne, elle s'engage à combler les lacunes en partie d'ici mars prochain et le reste en 2010.

03 décembre 2008

Les césariennes et naissances prématurées en hausse au Canada

Photo: Agence Reuters

J'ai accouché de mon premier enfant à 40 ans.

Le Devoir rapporte qu'une étude explique la hausse des césariennes et des naissances prématurées au Canada ainsi:
«Cela pourrait s'expliquer par l'âge plus avancé des femmes qui accouchent et par le fait que c'est pour donner naissance à un premier enfant, une situation qui est plus susceptible de nécessiter une césarienne.»

Mon inquiétude est que lors d'une pandémie, les soins obstétriques soient considérablement compromis si jamais le système de santé ne parvenait pas à tenir le coup sous le fardeau de la crise. Comment feront alors les femmes pour accoucher?

Je serais certainement morte si je n'avais pas eu de césarienne, et mon enfant également.


Il n'y a présentement pas de mesures spéciales prévues - à ma connaissance - pour les femmes enceintes et leurs futurs enfants dans les plans québécois et canadiens.


Les femmes ne cesseront pas d'accoucher pendant une pandémie... Cela me fait penser à un article publié hier sur Facebook par mon ami Michel S.f. Vermeulen, un médecin belge, à propos du manque de soins appropriés aux patients de la pandémie de VIH/Sida en Afrique: «Une solution consiste pratiquement à «euthanasier» toute la population pauvre malade qui ne peut pas payer les soins de santé. Solution qui ne résout rien sauf si on devient cynique comme Lénine en disant que le problème c’est l’homme, parce que, dès qu’il meurt, les problèmes s’arrêtent aussi.» Je vous recommande la lecture de ce texte, qui fait dresser les cheveux sur la tête: Afrique: Pourquoi éviter l’économisme dans la problématique du VIH-SIDA en Afrique subsaharienne?

J'ai répondu hier à Michel: «La lutte contre le sida porte les stigmates du déni. Ce qui me fait faire un parallèle avec une pandémie d'influenza. Ce qui a présentement lieu pour la pandémie de VIH/sida pourrait-t-il se produire à plus grande échelle pour une pandémie d'influenza???»

Pendant une pandémie d'influenza, les femmes enceintes canadiennes et québécoises auront probablement les moyens de se faire soigner. Le problème sera ailleurs. Les femmes auront-elles accès à un système capable d'absorber les nombreuses tâches de soins associés à la naissance? Ce n'est pas en niant la possibilité que ces problèmes émergent lors d'une pandémie que nous allons trouver les solutions. Si les femmes enceintes et leurs foetus meurent en grand nombre pendant une pandémie en raison d'un probable effondrement du système de soins de santé, et si les adultes actifs et si les enfants dont le virus est si friant, meurent aussi en grand nombre, emportés par le virus pandémique, quel genre de société aurons-nous pour la reconstruction, pour l'après-pandémie? Quel avenir nous réserverons-nous?

Le nombre de césariennes et de bébés prématurés en hausse au Canada
Mercredi, 3 décembre 2008 | Par Lisa-Marie Gervais | Le Devoir


À quelques exceptions près, mamans et bébés se portent plutôt bien. Publié hier, le nouveau rapport sur la santé périnatale du Système canadien de surveillance périnatale de Santé Canada a révélé les tendances et les différences observées entre les provinces et territoires pour 29 indicateurs concernant la maternité et les nouveau-nés sur dix ans (1995-2005).

Conclusions? Moins de mortalités maternelle et infantile, mais plus de césariennes et de naissances prématurées au Canada.
Ainsi, selon les statistiques utilisées par l'Agence canadienne de santé publique -- basées notamment sur les données de l'état civil, celles des hôpitaux et de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de Statistique Canada --, le quart des naissances survenues à l'hôpital en 2004-05 ont nécessié une césarienne, contre 17% dix ans plus tôt. En revanche, à 22 %, le taux de césariennes chez les Québécoises est légèrement moins élevé.

Selon Catherine McCourt, médecin analyste à l'Agence, l'augmentation du nombre de césariennes au Canada pourrait s'expliquer par l'âge plus avancé des femmes qui accouchent et par le fait que c'est pour donner naissance à un premier enfant, une situation qui est plus susceptible de nécessiter une césarienne. «L'obésité est aussi un important facteur, même s'il n'est pas nécessairement reflété dans les données que nous avons», a-t-elle souligné.
Les changements apportés aux pratiques médicales pourraient également être à la source de cette augmentation, notamment l'utilisation accrue de la surveillance électronique du foetus et le recours à la césarienne pour les présentations par le siège. «Il y a aussi le fait que certaines femmes vont demander elles-mêmes la césarienne.

C'est une tendance, mais qu'il est impossible de quantifier dans cette enquête», a pour sa part précisé Juan Andrés León, également médecin à l'Agence canadienne de santé publique.

(Lire la suite)

02 décembre 2008

Une nouvelle façon de faire de la politique

Photo: Agence Reuters.
Source Le Devoir, La coalition fonce vers le pouvoir

Les chefs Jack Layton, du NPD, Stéphane Dion, du Parti libéral, et Gilles Duceppe, du Bloc québécois, ont scellé hier à Ottawa un pacte visant à créer un gouvernement de coalition.

Retournement majeur à Ottawa, dans ce qui est désigné comme une «crise politique» par les médias. Une coalition constituée de plusieurs partis, qui gouverneront ensemble, n'a encore jamais été vue au Canada.

Bernard Descôteaux dans Le Devoir indique: «Les trois partis qui s'associent mettent de côté des divergences pour s'entendre sur des priorités qui font consensus.»

Lors de la campagne électorale fédérale, qui s'est déroulée il y a à peine deux mois, je me disais que Stephen Harper avait le beau jeu, puisqu'il profitait à merveille du vieux dicton
«Divisez pour mieux régner».

Je retiens
mon souffle (comme tant d'autres) en attendant que défilent les événements. Ce que la gouverneure générale Michaëlle Jean répondra sera déterminant.

Un vent de renouveau pourrait peut-être finalement éventuellement souffler sur le Canada (et pas uniquement chez nos voisins du sud).

Cela pourrait-il avoir une quelconque incidence sur les urnes du 8 décembre prochain?

Alors que j'avais complètement cessé d'espérer que les problématiques et dossiers qui me préoccupent soient gérés, il se pointe une lueur au bout du tunnel. La tendance à la «société du silence» me faisait craindre le pire.

Margaret Atwood. Photo source.

Ces six dernières semaines, les paroles de Margaret Atwood me hantaient: «Si vous donnez aux «neocons» de Harper un gouvernement majoritaire, vous perdrez beaucoup de choses qui vous tiennent à coeur, vous ne gagnerez rien qui en vaille la peine et vous ne pourrez jamais, jamais vous le pardonner.»

18 novembre 2008

Le premier ministre Harper précise sur quels facteurs se penchera l'enquête indépendante à propos de la listériose

Paru le samedi, 6 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Stephen Harper. Photo source

Un comité d'enquête créé par le gouvernement fédéral sera mandaté pour formuler des recommandations sur des leçons à tirer de la crise de listériose et suggérer des mesures à prendre afin de prévenir une autre situation semblable.

Toutefois, Bob Kingston, président de l'Alliance du service public de l'Union agricole du Canada, a déclaré que cette commission était davantage un subterfuge pour assurer la ré-élection du premier ministre Stephen Harper qu'un réel souci de protection de la santé des Canadiens. "Nous savons déjà que le problème est un manque d'inspecteurs... dans un système qui se fie trop à l'industrie alimentaire pour s'auto-surveiller", a-t-il indiqué dans un communiqué de presse.

Un article de la Presse canadienne mentionne que la décision prise en mars dernier par le gouvernement Harper de déléguer l'inspection des aliments à l'industrie alimentaire a été grandement critiquée. Et avec raison! Voyez où cela a conduit le pays.

Je suppose que nous allons pouvoir consulter les travaux de cette commission d'enquête, un peu comme ce fut le cas pour la Commission sur le SRAS, présidée par le juge Archie Campbell. Cette commission relevait du gouvernement de l'Ontario, alors que la commission sur la listériose est commandée par le gouvernement fédéral. Le rapport Campbell déposé au printemps 2004 a identifié 21 principes pouvant servir à réformer la santé publique. Il est difficile d'évaluer où en sont rendues les autorités ontariennes dans leurs améliorations au système de santé suite au SRAS. Un bout de chemin a été parcouru, mais je suis certaine qu'il reste encore beaucoup à faire avant le déclenchement d'une prochaine pandémie.

Espérons que la commission qui portera sur la listériose conduira à des modifications et à des améliorations du présent système de procédés de transformation, de surveillance des marchés par des organismes fédéraux, de même que d'inspection des aliments. Tout ce qui touche de près ou de loin à la sûreté alimentaire au Canada a grand besoin d'être revu de A à Z.

Par ailleurs, les travaux réalisés dans le cadre de la crise de listériose permettront au Canada d'améliorer ses préparatifs pandémiques, car un meilleur système de surveillance des foyers d'éclosion et d'inspection des aliments sera un atout de taille, si jamais des flambées de grippe aviaire devaient survenir chez les oiseaux sauvages ou la volaille domestique, de même que chez la population humaine.


Stephen Harper annonce une enquête sur l'éclosion de listériose
Samedi, 6 septembre 2008 | La Presse canadienne

OTTAWA — À la veille du déclenchement d'élections fédérales, le premier ministre Stephen Harper a annoncé les facteurs sur lesquelles se penchera l'enquête indépendante qui sera menée sur l'éclosion de listériose au pays.

Le bureau du premier ministre a indiqué que l'enquête examinera notamment l'efficacité d'intervention des organismes fédéraux dans le rappel des produits contaminés par la bactérie Listéria, qui a entraîné la mort de 13 personnes au Canada.

L'enquête se penchera aussi sur les circonstances qui ont contribué à l'éclosion de listériose, liées à certains procédés de transformation de la part de la société des Aliments Maple Leaf.

Le comité d'enquête aura comme mandat de formuler des recommandations sur des leçons tirées de l'incident et des mesures à prendre afin de mieux prévenir une éclosion similaire à l'avenir.

Depuis l'éclosion de listériose au pays, le gouvernement de Stephen Harper a été la cible de nombreuses critiques. On lui reproche notamment d'avoir pris la décision, en mars dernier, de déléguer à l'industrie alimentaire la responsabilité d'inspecter les aliments qu'elle produit.

Les libéraux fédéraux ont également reproché à M. Harper d'annoncer cette enquête au moment où des élections fédérales seront déclenchées.

Au Canada, 38 cas de listériose ont été répertoriés et 20 autres sont toujours en attente de confirmation.

(Suite)

Vaudrait-il mieux être une tranche canadienne de jambon cuit qu'une personne canadienne en pleine crise de listériose?

Paru le lundi, 1er septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


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Je désire porter à votre attention une liste / compilation des cas humains de listériose au Canada (liste MISE À JOUR 1er sept. 12h45), un travail de moine effectué hier par Mado.

Une fois la liste sous les yeux, on arrive à comprendre un peu mieux la situation, mais elle comporte tellement de cases vides que le résultat est pire que les listes de cas suspectés de grippe aviaire que nous avons vues par exemple pour l'Égypte, l'Inde et l'Indonésie.

Il n'y a pas de quoi être fier, c'est sûr! [Je ne parle pas de la compilation de Mado, mais bien du travail bâclé de nos autorités publiques.] Disperser les données à ce point nous empêche d'avoir un portrait global de la situation, à tel point qu'on peut finir par penser que la crise de listériose n'est pas si importance qu'elle en a l'air. Applaudissons,c'est réussi!

Je me demande si les autorités arriveront à donner "l'heure juste", comme le dit le nouveau ministre de la Santé Yves Bolduc. Les autorités manquent tellement de transparence dans leur gestion (publique) des cas d'épidémie, la pente est si longue à remonter avant qu'ils n'atteignent un niveau où nous pourrions les suivre avec plus de facilité, que je m'inquiète sérieusement sur ce que sera la situation pendant la pandémie d'influenza. Je suis persuadée qu'ils sont très forts dans les analyses en laboratoire, et le traitement des patients. C'est la partie des relations publiques qui laisse à désirer. Font-ils exprès pour ne rien dévoiler, ou presque? Nous n'avons qu'à observer l'extrême précision avec laquelle les autorités nous sortent des listes de produits contaminés, pour réaliser qu'il existe une trop grande disparité entre la qualité des informations concernant les produits, et la qualité des informations concernant les victimes contaminées.

Pour la tranche de jambon contaminée, les autorités nous indiquent la sorte de produit, la marque du produit, le poids de l'emballage, la date de péremption et le code de produit. Pour une mortalité causée par la listériose, de salmonelle ou de E.coli, on nous dit qu'il est survenu un cas quelque part dans l'une des provinces canadiennes. Et c'est à peu près tout. Au moins pour la tranche de jambon contaminée, l'entreprise finit par nettoyer et désinfecter la machinerie qui coupe la viande. Mais nous, consommateurs, garderons la même hantise face aux denrées qu'il faut acheter pour se nourrir et au moment de consommer autant les fruits que les légumes, la viande, les fromages, etc.

Devrait-on concocter une déclaration à la manière d'Amir Attaran, du genre:
"Il vaudrait mieux être une tranc
he canadienne de jambon cuit qu'une personne canadienne en pleine crise de listériose", pour faire comprendre aux gens qu'il existe un trop grand écart entre la gestion des éléments liés aux produits contaminés, et celle des être humains contaminés au Canada?

À quoi correspond au juste l'information qu'on nous donne à propos d'une moyenne d'âge de 79,4 ans pour les cas de la listériose cette année, et d'autres données ridiculement imprécises? La moyenne d'âge est peut-être effectivement de 79,4 pour les cas survenus entre janvier et août 2008, mais qu'en est-il de la véritable moyenne d'âge des cas survenus au cours de l'épidémie actuelle uniquement? La compilation de Mado démontre que des jeunes gens en bonne santé, de 25 ans, ont été très malades en raison de la listériose. Ils ont récupéré, c'est un fait. Ils n'ont pas été testés, c'en est un autre. Combien y en a-t-il dans le même cas?

Rappelez-vous bien des données qu'on nous sert: moyenne d'âge de 79,4 ans, ou encore une personne "d'environ 30 ans souffrant de problèmes de santé", parce que vous allez en voir à la pelletée des données de la sorte pendant une pandémie. Le manque de données précises concernant les victimes cacherait-il quelque chose? Qui sont les véritables victimes de la listériose? Étaient-elles toutes âgées de plus de 75 ans, et seraient-elles toutes mortes de toute façon, s'il n'y avait pas eu la listériose entre temps pour les achever? J'ai l'impression que nous ne saurons jamais qui sont ces personnes qui ont succombé dernièrement aux suites de la listériose... J'ai l'impression aussi que les autorités se rabattent sur le groupe à risque des aînés pour minimiser le fait que des cas de contamination pourraient survenir chez des adultes. Peut-être que je me trompe, mais je ne me sens pas à l'aise avec les coins tournés beaucoup trop ronds sur les détails qui concernent les victimes, pour avoir une confiance aveugle en les autorités.

Quand les autorités canadiennes et québécoises nous donneront-elles enfin des informations sur les cas humains d'infection qui soient claires, nettes, précises et bien détaillées... autant que pour les tranches de jambon infectées???
 
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