Blogue de Lyne Robichaud

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13 juin 2011

Coalition for the Future of Quebec, first to get serious about open government?

Yesterday (June 11, 2011), I sent a suggestion of an open government to Charles Sirois, co-founder of the Coalition for the Future of Quebec (Coalition pour l'avenir du Québec), on CAQ's Web site. (See my post.)

I quoted Yogi Berra, "When you see a fork on the road, pick it up."

I do not know exactly how much the CAQ picks up the forks. I have not yet had the opportunity to discuss in person with these people and see them in action on open government issues. How far this coalition is in a position to grasp open government issues, and transform them into concrete proposals? In the event that the CAQ becomes a political party and participates in upcoming provincial elections in Quebec, will open government be included in the program?

If the CAQ makes open government the Canadian-style, no thank you! Citizens are not stupid and know well enough that the open government declarations by Stockwell Day (see my post), Tony Clement (see my post) or the Governor General of Canada in a Throne speech (see my post), actually mean very little. Democracy Watch gave a score of 61% to Canada for implementation of legislation and programs. Gaps and loopholes, and enforcement weakness, undermine the system. This justified the low score of 61. (See my post.)

Today I received this response from the CAQ, via Twitter: "Thanks for your suggestion Ms. Robichaud. We take the proposal for an open government very seriously."

The Coalition for the future of Quebec is the first coalition (not yet a political party) in Quebec to openly shout a shy 'yes', on open government issues.

I've been talking for five months with the team of the Deputy House leader, Henri-François Gautrin. Five months repeating the same things. And five months hearing the same answers. A communication has been established (I recognize that I am privileged). There is information sharing. Interlocutors understand the issues. But does that mean that open data and open government issues are taken seriously?

Hope, I have it in abondance. There are still about 5-6 months before Henri-François Gautrin files the final report, on the potential of Web 2.0, asked by Premier Jean Charest.

While I remain optimistic that the analysis mandate lead to recommendations for implementing an open data / open government initiative, it brings us to 2012 for some action to take place in this area.

The open government guru, Beth Noveck, said last March, in a testimony to ETHI Canada, "Be Nimble – Where possible, invite innovations that can be implemented in 90 days or less. Forcing organizations to act more quickly discourages bureaucracy and encourages creative brainstorming and innovation. The need for speed encourages a willingness to reach out to others, including across the public sector." (See my post.)

The analysis mandate on the potential of Web 2.0 began in October 2010 and will end around December 2011 or possibly even later. A period of approximately 15 months, while Beth Noveck suggests delays of 90 days or less. Throughout the tenure of the current analysis, we could schedule up to 5 periods of 90 days. This would give ample time to design and implement a pilot open data / open government project.

What might happen to us is precisely that nothing might happens to us!

The analysis on the potential of Web 2.0 could be completed by end 2011, early 2012, without any recommendation in favor of an open government. The government could build on status quo, and solely focus on communications.

At election time, the PLQ (Liberals) may be replaced by another party.

To what extent can we expect that the next government of Quebec implements an open data / open government initiative?

These issues should now be at the heart of concerns in policy and political debates. MPs should question Henri-François Gautrin at the National Assembly on progress of his analytical work, when the parliamentary session opens in September, and should not let go of a hair until he publishes his report. And in the meantime, there should also be questions to the Prime Minister on his vision, about why open government is excluded from the analysis mandate on the potential of Web 2.0, and what he envisaged to the government in this area. Opposition should always claim an open data platform whenever there are issues with little transparent requiring that we see more clearly. There should be open government claims whenever a problem arises. Open government should be suggested, problems should be transformed into a challenge on an open government platform, and citizens should be invited to co-create and co-produce ideas, to find solutions best suited to situations.

This should constantly be on everyone's lips.

There should be political leaders committing themselves very seriously to open government, and these leaders should work diligently every day to transform the present institutions into an open government. It is a daunting task, which, as explained by John F. Moore, "is not about technology, technology is simply the enabler". I think it is not that complicated, and it is primarily a question of transformational leadership, which is sorely lacking in Quebec. I wish that we identified and trained open government leaders in Quebec.

07 juin 2011

Une année en 90 jours: «Soyez agiles», recommande Beth Noveck

Les gestionnaires de projets Internet savent que le temps est relatif. Ils savent que sur Internet, une année (de 365 jours) équivaut en fait à une période de 90 jours. Ce qui signifie que les gestionnaires planifient des activités (concours, événements en direct, participation à des événements réels) ou des renouvellements (de design, changement au contenu, ajouts de sections, animations dans les forums, etc.) en fonction de ce laps de temps. Ne pas agir, dans un site Internet, pendant 90 jours, peut se traduire par des pertes importantes d’achalandage et d’image.

Nous sommes à l’ère des médias sociaux. Nous sommes à l’ère du temps d'Internet. Alors il faut être conscient que le temps étant relatif – tout le monde sait cela, n’est-ce pas? – les actions gouvernementales devraient s’ajuster en fonction de cette perception de l’écoulement du temps, le temps subjectif, et non pas en fonction du temps objectif (indiqué par l’horloge invariable). La théorie de la relativité nous indique que la mesure du temps est différente d'un référentiel à un autre, mais qu’il existe une simultanéité objective locale.

Les interactions de la matière dans l’espace (définis comme phénomènes physiques) nécessitent un degré de liberté (une dimension): le temps. En physique, le temps subjectif peut, en première approche, être défini comme l'altération psychologique du temps objectif. La durée (c’est-à-dire, l'impression subjective du temps) dépend particulièrement des émotions ressenties par la personne qui l'évalue.

Nous sommes à l’ère des médias sociaux, qui produisent l’effet d’une simultanéité objective locale.

Les gouvernements soucieux d’améliorer leur relation avec les citoyens devraient réaliser qu’ils ne bougent pas assez vite, et faire des efforts pour agir plus rapidement. C’est ce que recommande Beth Noveck, la gourou américaine du gouvernement ouvert, ex-responsable adjointe pour la technologie de l'initiative Gouvernement ouvert (Deputy Chief Technology Officer) des États-Unis, et qui vient d’être engagée par le gouvernement britannique, dans un témoignage survenu le 2 mars 2011 devant le Comité permanent sur l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique (ETHI) de la Chambre des communes du Canada:
Soyez agiles - Si possible, favorisez les innovations qui peuvent être mises en œuvre dans un délai de 90 jours ou moins. Obligez les organisations à agir plus rapidement, découragez la bureaucratie et encouragez le remue-méninge créatif et l'innovation. Le besoin de rapidité encourage une volonté d'aller vers les autres, y compris dans le secteur public.

23 mai 2011

Le Royaume-Uni et la gourou américaine des données ouvertes, Beth Noveck

Le 16 mai 2011, le chancelier George Osborne du gouvernement du Royaume-Uni a annoncé leur intention de devenir le leader mondial des données ouvertes. «Nous allons libérer une partie des ensembles de données (de santé) les plus précieux», a-t-il indiqué. Son plan est d'exploiter la puissance de la technologie pour faire en sorte que le gouvernement travaille mieux, devienne plus efficace, et démontre une plus transparence auprès de ses citoyens.

Le chancelier a promis rien de moins qu'une «révolution» dans la façon dont le gouvernement du Royaume-Uni a prévu d'ouvrir les données publiques gardées secrètes pendant si longtemps.

George Osborne vient d'engager Beth Noveck (voir l'article à propos de cette nomination), ex-responsable adjointe pour la technologie de l'initiative Gouvernement ouvert (Deputy Chief Technology Officer) des États-Unis. Avec Beth Noveck à bord, il n'y a nul doute que le Royaume-Uni se positionnera prochainement en leader mondial des données ouvertes. (Voir aussi ma traduction en français du témoignage de Beth Noveck le 2 mars devant le Comité permanent sur l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique (ETHI) de la Chambre des communes du Canada.)

Plutôt que de réagir au changement, les penseurs stratégiques sont proactifs. Ils investissent dans le capital créatif sachant que, ce faisant, l’innovation ne peut que suivre. Ils ciblent des collaborateurs qui ont de l’expertise dans leur domaine puisque ces personnes sont souvent plus motivées et plus innovatrices. Les leaders deviennent des penseurs innovants lorsqu'ils s’entourent de personnes qui pensent de façon innovatrice.

En ayant à bord des agents internes d’innovation, cela permet de se pencher sur les outils et les gabarits qui favorisent l'émergence des idées, leur analyse et leur mise en valeur. Cela permet aussi de saisir les implications de nouvelles idées sur les systèmes existants et de comprendre les résistances face à leur implantation.

13 mai 2011

Au Canada, Beth Noveck témoigne à propos du pouvoir du gouvernement ouvert

Traduit de l’anglais par Lyne Robichaud, ‘Beth Noveck testifies in Canada on the power of Open government’
Publié le 3 mars 2011 par Beth Simone Noveck dans GovintheLab


Dr Beth Noveck est professeur de droit à l'École de droit de New York, et ex-responsable adjointe pour la technologie de l'initiative Gouvernement ouvert (Deputy Chief Technology Officer) des États-Unis. Son expérience, tant au niveau académique que pratique, s'avère unique. Je suis persuadé que vous appréciez ses réflexions autant que je le fais.

Ce billet consiste en son témoignage, le 2 mars 2011, devant le Comité permanent sur l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique (ETHI) de la Chambre des communes du Canada. ― (John Moore)

NOTES D’ALLOCUTION

Monsieur le Président Murphy, membres de la Commission:

Je vous remercie de l'honneur que vous me faites en m'invitant à comparaître devant vous aujourd'hui.

À titre d'information, j'ai servi pendant deux ans aux États-Unis en tant que responsable adjointe pour la technologie de l'initiative Gouvernement ouvert, et j'ai dirigé l'initiative de Gouvernement ouvert de la Maison-Blanche. Je suis également professeur de droit à l'École de droit de New York, où mes recherches portent sur l'impact des nouvelles technologies sur les institutions juridiques et politiques.

Vous m'avez demandé de me joindre à vous aujourd'hui pour réfléchir sur le sens et la valeur d'un gouvernement ouvert, et de partager quelques idées pratiques sur la création d'une culture de gouvernement ouvert. Les opinions exprimées dans ce témoignage sont entièrement les miennes, et ne sont pas destinées à représenter les positions officielles du gouvernement des États-Unis.

Je vous parlerai brièvement de l'initiative de gouvernement ouvert de la Maison-Blanche, et de ce que nous avons fait pour enclencher le processus de changement de la culture du gouvernement. Je partagerai ensuite avec vous dix principes pour la conception d'institutions de gouvernement ouvert, et je conclurai avec quelques réflexions concernant les données ouvertes. Mais d'abord, permettez-moi de commencer en vous expliquant pourquoi je crois que le gouvernement ouvert est important.

Un gouvernement ouvert va bien au-delà de la transparence. Ouvrir le fonctionnement des institutions afin de permettre une plus grande collaboration ― l'innovation ouverte ― offre la possibilité d'utiliser la technologie des réseaux afin de découvrir des solutions créatives aux défis, qu'une poignée de gens à Ottawa ou à Washington ne seraient pas nécessairement en mesure d'inventer. Le gouvernement en soi n'a pas toutes les réponses.

Dans l'ère des réseaux, les institutions du vingt-et-unième siècle ne se trouve ni grandies ni diminuées: il existe des technologies hybrides plus intelligentes qui sont des leviers quelque peu anarchiques au sein des bureaucraties étroitement contrôlées. Ces technologies branchent l'organisation à un réseau de personnes afin de concevoir de nouvelles approches, qui n'émaneraient jamais de la bureaucratie elle-même. En utilisant la technologie pour établir des liens entre les institutions et les réseaux, nous pouvons ouvrir de nouvelles voies, pratiques et utiles pour le gouvernement et pour les citoyens, leur permettant ainsi de résoudre ensemble des problèmes. Tout le monde est un expert en quelque chose, et nombreuses seraient les personnes disposées à participer si on leur en donnait l'occasion, pour le bien public, de mettre à profit leur talents, compétences, expertise et enthousiasme.

Les agences gouvernementales comme les Instituts nationaux de la Santé (National Institutes of Health), et l'Administration des produits alimentaires et pharmaceutiques (Food and Drug Administration) jouent un rôle de courtiers honnêtes, afin de coordonner un partage de données sans précédent entre les gouvernements, les universités et les entreprises. Par conséquent, les chercheurs découvrent avec une étonnante rapidité des marqueurs biologiques qui démontrent la progression de la maladie d'Alzheimer dans le cerveau de l'Humain[2]. En collaborant à partager toutes leurs données et à les rendre accessible à n'importe qui possédant un ordinateur n'importe où dans le monde, ce projet permet aux chercheurs de s'appuyer sur le travail des autres et d'effectuer des progrès plus rapides. Les collaborateurs atteignent en un temps record, ce que aucune société ni aucun chercheur n'a pu ou ne pourrait accomplir seul.

Comme le président Obama l'a déclaré récemment, «nous ne pouvons pas être gagnants dans le futur avec un gouvernement du passé.» La motivation réelle pour changer le fonctionnement du gouvernement est de rendre le gouvernement plus démocratique. Offrir des possibilités de collaboration aux citoyens est essentielle pour favoriser une citoyenneté engagée et démocratique.[3] Surtout en cette époque où le journalisme chemine en transition économique, nous devons examiner de nouvelles stratégies qui s'appuient sur des technologies pour créer de la responsabilité démocratique en rendant un plus grand nombre de personnes partenaires de la co-création de la gouvernance.

L'initiative de gouvernement ouvert de la Maison-Blanche

Lors de sa première journée de gouverne, le président Obama a signé le Mémorandum sur la transparence et le gouvernement ouvert (Memorandum on Transparency and Open Government), appelant à «un niveau sans précédant de transparence du gouvernement» et à la création d'institutions publiques régies par les valeurs de transparence, participation du public et collaboration. [4] L'initiative de Gouvernement ouvert de la Maison-Blanche, une collaboration entre la Maison-Blanche et l'ensemble des principaux ministères et organismes, a été coordonnée par le Conseiller juridique de la Maison-Blanche (White House Counsel), le Bureau de la gestion et du budget (Office of Management and Budget), et le Bureau de la politique scientifique et technologique (Office of Science and Technology Policy).

Deux ans plus tard, tous les cabinets de ministères et principales agences des États-Unis ont un site Internet de remue-méninges permettant la consultation publique. Vous pouvez visiter le catalogue en ligne Apps.gov de l'Administration des services généraux (General Services Administration) pour sélectionner une foule d'information parmi les nombreux liens. La Maison-Blanche à elle seule gère huit comptes Twitter, y compris un compte portant spécifiquement sur le gouvernement ouvert (@opengov) comportant plus de 150,000 abonnés, et plusieurs (autres comptes) de Secrétaires de cabinets (Cabinet Secretaries). Chacune de ces organisations a également entièrement articulé un plan de gouvernement ouvert, portant sur des mesures concrètes et spécifiques qu'elles entendent prendre pour se rendre plus transparents, participatifs et collaboratifs.[5]

Les agences mettent en place des milliers de collections d'information gouvernementale en ligne sur le site Internet de chacune de ces agences[6] et rendent ces ensembles de données consultables par le biais du portail de données national – Data.gov. De plus, les agences et la Maison-Blanche tendent la main pour obtenir «tout le monde sur le pont» afin de résoudre des problèmes par l'entremise de Challenge.gov, le nouveau site Internet national qui propose des prix en récompenses pour le développement de solutions créatives aux problématiques.

Au cours de ses deux premières années, l'administration Obama a commencé à expérimenter avec la collaboration par une gouvernance au jour le jour. Ces initiatives de «gouvernement ouvert» ont démontré que, lorsque judicieusement conçues, la participation peut apporter des solutions productives et créatives à de graves problèmes.

Comme vous l'entendrez aujourd'hui, lorsque les Archives nationales ont souhaité améliorer le Registre fédéral (Federal Register), le journal notoirement impénétrable du gouvernement, les Archives ont lancé un défi, récompensé par des prix décernés à trois jeunes programmeurs, qui ont développé un prototype très lisible, assis dans un café de San Francisco.[7] Pour la première fois dans les 75 années d'histoire du Registre fédéral, un membre du public peut facilement y accéder pour lire l'information et y effectuer une recherche.

Lorsque le ministère de la Santé et des Services sociaux a souhaité aider les décideurs et les citoyens à prendre des décisions plus éclairées concernant leur santé, il a rendu disponible en ligne des centaines d'indicateurs de santé, et il a convié les entreprises et les particuliers à transformer ces données brutes de santé communautaire en des outils utiles.[8] Au cours des trois mois suivants, les gens en dehors du gouvernement ont élaboré deux douzaines de projets d'innovation visant à améliorer la santé communautaire. Depuis ce temps, ils en ont développé beaucoup plus.

Lorsque le Bureau des brevets et des marques des États-Unis (United States Patent and Trademark Office), assiégé par plus d'un million de demandes en retard, a voulu trouver un moyen pour obtenir au plus vite une meilleure information afin d'informer plus rapidement l'examinateur de brevets, ce bureau a lancé un programme pilote avec l'école de droit où j'enseigne (New York Law School), appelé 'Peer-to-Patent' (breveté par des pairs) pour connecter l'institution à un réseau de scientifiques et techniciens bénévoles, qui ont contribué par leur savoir-faire, et ont ainsi évalué et classé les soumissions de leurs pairs pour la pertinence et l'exactitude.[9]

«La transparence, la participation, la collaboration» n'est, en aucun cas, un mantra exclusivement américain. Dix pays ont lancé des portails nationaux de données afin de rendre l'information publique transparente et accessible dans des formats bruts. Le Parlement britannique examine actuellement une modification de sa Loi pour la liberté de l'information (Freedom of Information Act) afin de prévoir que, à la demande, le gouvernement puisse «fournir les renseignements au demandeur sous forme électronique, afin qu'il soit capable de les réutiliser.»[10] La Pologne et le Brésil travaillent également présentement sur une législation de libre d'accès. 10 Downing Street [note de la traductrice: la résidence du bureau du Premier ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord], comme la Maison-Blanche, a invité les citoyens et les fonctionnaires à échanger des idées sur la façon de réduire les dépenses. Ils ont tous deux publié les données concernant les contrats gouvernementaux.[11] L'Australie a lancé un groupe de travail national de gouvernement 2.0 afin d'explorer les possibilités de participation des citoyens. L'Organisation des Nations Unies et la Banque mondiale sautent eux aussi à pieds joints dans le train des données ouvertes et de la collaboration. L'Inde et les États-Unis ont signé un partenariat de gouvernement ouvert. Les gouvernements locaux d’Amsterdam à Vladivostok mettent en œuvre des outils afin de rapprocher les citoyens dans les processus de gouvernance, afin d'aider dans tout, de la police aux travaux publics, de manières qui soient gérables et pertinentes.

En septembre dernier, le président Obama a donné un élan au mouvement international de gouvernement ouvert quand il a invité chaque nation à «rendre le gouvernement plus ouvert et plus responsable.» Le président a exhorté d'autres pays à revenir au sein de l'Organisation des Nations Unies, et à «parvenir à des engagements spécifiques visant à promouvoir la transparence; à lutter contre la corruption; à dynamiser l'engagement civique; et à exploiter les nouvelles technologies afin que nous renforcions les fondements de la liberté dans nos propres pays, tout en vivant à la hauteur des idéaux qui peuvent éclairer le monde».[12]

Des principes à la pratique: Comment construire un gouvernement ouvert

Le début du processus de création d'une culture d'ouverture et de collaboration dans le secteur public exige une combinaison: 1) de politiques; 2) de plates-formes, et 3) de projets. Aux États-Unis, nous avons utilisé les politiques, y compris un mandat très précis que toutes les données publiques devraient être ouvertes en formats bruts, afin de fournir les garanties et incitatifs nécessaires à la fonction publique. Par ailleurs, fixer des idéaux nobles d'ouverture et de collaboration dans les termes les plus forts, a inspiré les gens à abattre le dur labeur nécessaire pour transformer les institutions.

Deuxièmement, nous avons utilisé de nouvelles plates-formes telles que data.gov pour permettre aux fonctionnaires de traduire les principes en pratique. C'est une chose de reconnaître le mérite de la transparence pour la forme, et une autre d'avoir un endroit pour déposer les données afin de les rendre faciles à trouver et à consulter. Challenge.gov permet aux organismes d'afficher de l'information et aux Américains de trouver des façons de s'impliquer. La disponibilité des plates-formes technologiques pour l'innovation institutionnelle encourage les innovateurs en devenir à utiliser les outils à leur disposition.

Troisièmement, nous avons encouragé le lancement d'une multiplicité de projets par le biais du pouvoir exécutif, en vue d'insuffler les valeurs du gouvernement ouvert à toute la bureaucratie et favoriser l'empowerment des fonctionnaires en tant qu'innovateurs. Ensuite, nous avons applaudi les projets en ligne, notamment lors de réunions, dans le but d'identifier et de récompenser les personnes novatrices dévouées aux pratiques d'ouverture. Nous avons également lancé notre Initiative sur le gouvernement ouvert. Nous l'avons fait en utilisant des outils gratuits de médias sociaux pour consulter les employés du gouvernement et le public, et c'est ainsi que nous avons stimulé le changement. Ceci a engendré des dizaines, voire des centaines, de tels engagements.

Il est également intéressant de souligner que le passage du principe à la pratique exige une attention portée à l'évolution de la culture dans le gouvernement, à la société civile, et parmi les médias. Nous ne pouvons pas «faire la démocratie» différemment si nous ne confrontons qu’un seul aspect. Le ministère de la Santé et des Services sociaux contribue à co-organiser un événement sur le journalisme des soins de santé à l'ère de données ouvertes, en sensibilisant les personnes qui couvrent ce sujet et écrivent sur la santé, à devenir des partenaires dans la transformation en cours.

Une note sur l'importance des données de grande valeur

La Directive de gouvernement ouvert, [13] la politique à l'échelle du gouvernement orientant les organismes fédéraux pour créer des plans de gouvernement ouvert, les consignes des agences concernant l'inventaire de leurs données de «grande valeur», où la valeur élevée est définie comme suit: «[I] l'information qui peut être utilisée pour augmenter la responsabilisation de l'agence et sa réactivité; améliorer la connaissance du public à propos de l'agence et ses activités; développer la mission fondamentale de l'agence; créer des opportunités économiques; ou répondre à des besoins et à la demande, identifiés par une consultation publique".[14]

Tout d'abord, se rendre au-delà des données concernant les dépenses ou les horaires des Secrétaires du Cabinet (Cabinet Secretaries) - les formes traditionnelles d’administration - consiste à mettre l'accent sur les données que les gens veulent (et celles qui sont demandées par l'intermédiaire de la Loi sur l'accès à l'information (Freedom of Information Act) ou via les sites Internet du gouvernement ouvert) et veiller à ce que la transparence du gouvernement réponde aux besoins du public.

Deuxièmement, en commençant par les données de grande valeur et en fournissant initialement des directives précises à propos des données de sécurité nationale ou des informations personnelles identifiables, les fonctionnaires peuvent publier des données sur la sécurité des ponts ou le dépôt de brevets, et ainsi créer rapidement un changement étendu de culture.

Troisièmement, les données de grande valeur mettent l'accent sur la mise à disposition d'information qui améliore la vie quotidienne des gens. Par exemple, healthcare.gov, utilise des données publiques sur les options de l'assurance-maladie afin de donner aux citoyens des choix plus éclairés. Il existe une richesse de données gouvernementales qui peut se traduire en connaissances utiles pour favoriser l’empowerment des individus et des décideurs.

Quatrièmement, la publication de données de grande valeur permet au gouvernement et au public de commencer à développer une collaboration au lieu d'une relation de nature contradictoire. Le Département de l'agriculture a publié des données nutritionnelles sous forme brute, permettant au Bureau de la Première Dame de parrainer un prix visant à créer les meilleurs jeux pour apprendre aux enfants les meilleures habitudes alimentaires saines. Une collaboration fructueuse encourage les fonctionnaires à publier davantage de données et à obtenir l'aide des gens dans l’utilisation, produisant ainsi plus de possibilités pour une participation productive. Les données de grande valeur s’avèrent le moyen de transformer les citoyens en les co-créateurs du gouvernement.

Au lieu de mettre l'accent sur la transparence en soi, il est important que le gouvernement, de concert avec le public, identifie les problèmes qui doivent être résolus; publie des données qui permettent au public de trouver des solutions éclairées et créatives, et instaure des plates-formes et des politiques qui favorisent la collaboration du peuple à leur propre gouvernance.

Comment passer d’ici à là: Principes de gouvernement ouvert

Sur la base de mon expérience dans la conception et la mise en œuvre des pratiques du gouvernement ouvert par le biais du pouvoir exécutif aux États-Unis, je vous propose dix courtes recommandations pour être revues par le Comité.
1. Osez être Ouvert - Le gouvernement devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques doivent être transparents. L'ouverture donne aux gens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie et comment y participer.

2. Le gouvernement ouvert signifie un accès ouvert - Le travail créé par et à la demande du contribuable, que ce soit par des subventions ou des contrats, doit être accessible gratuitement. Après que le public ait payé une fois, le contribuable ne devrait pas avoir à payer de nouveau.

3. Assurez-vous que le gouvernement ouvert soit productif et non pas contradictoire - Compte tenu du fait que répondre aux demandes d’information aujourd’hui exige du temps, le gouvernement devrait investir ses ressources humaines et financières de façon à fournir les données que les gens veulent vraiment et qu’ils pourront utiliser. Les responsables devraient exprimer ce qu'ils espèrent que les gens feront avec les données fournies (par exemple, la conception d'un nouveau Registre fédéral) et également demeurer ouverts aux contributions inattendues qui améliorent le fonctionnement de l'organisation et aident le public.

4. Soyez collaboratif - Il ne suffit pas d'être transparent; les fonctionnaires doivent passer à l'étape suivante en sollicitant activement la participation de ceux et celles qui ont l'expertise pour aider. La législation et la réglementation devrait être ouverte au public le plus tôt possible dans le processus pour donner aux gens l'occasion − et il ne s’agit pas simplement de commenter − de présenter des propositions alternatives constructives. La législation devrait également obliger les organismes à impliquer la participation du public lors de la mise en œuvre.

5. Aimez les données – Concevez des politiques éclairées en utilisant les données en temps réel. Avec les données, nous pouvons mesurer le rendement, déterminer ce qui fonctionne, et changer ce qui ne va pas. La publication des données générées dans le cadre de nouvelles politiques ainsi que les données "crowdsourcing" d'externalisation ouverte recueillies par ceux situés à l'extérieur du gouvernement facilitent l'innovation dans l'élaboration des politiques. [note de la traductrice: La traduction littérale de crowdsourcing est «approvisionnement par la foule, ou par un grand nombre [de personnes]», mais l'expression ne reflète pas vraiment le sens anglo-saxon du terme; «Impartition à grande échelle» ou encore «externalisation distribuée à grande échelle» sont d'autres traductions plus précises.] En prime, les données ouvertes ont également le potentiel de créer des débouchés économiques.

L’Agence national océanique et atmosphérique des États-Unis (National Oceanic and Atmospheric Agency) a un budget annuel d’environ 5 milliards de dollars. Grâce à la libre diffusion des données, la NOAA est le catalyseur d'au moins 100 fois cette valeur dans le marché du secteur privé des services météorologiques et climatiques, lorsque sont inclus le marché et les valorisations du non-marché.[15] Le milliard de dollars approximatif que la NOAA dépense sur le Service national météorologique (National Weather Service) permet de gérer weather.com, qui a depuis été vendu pour 3,5 milliards de dollars. Cachée dans les écrins des données publiques est une information qui peut se traduire en le prochain GPS ou l’industrie de la génomique.

6. Soyez agiles - Si possible, favorisez les innovations qui peuvent être mises en œuvre dans un délai de 90 jours ou moins. Obligez les organisations à agir plus rapidement, découragez la bureaucratie et encouragez le remue-méninge créatif et l'innovation. Le besoin de rapidité encourage une volonté d'aller vers les autres, y compris dans le secteur public.

7. Faites plus, dépensez moins - Concevez des solutions qui font plus avec moins. Au lieu de couper un service pour économiser de l'argent, demandez s'il y a une autre façon, comme décerner un prix ou proposer un défi qui poussera à résoudre les problèmes des gens en répondant à la fois à leurs besoins et en réduisant les coûts. En cette ère de progrès scientifiques et technologiques, nous avons de nouveaux moyens étonnants de résoudre les problèmes si nous pouvons simplement les reconnaître et les mettre en œuvre. L'innovation peut finalement favoriser une situation de coût-efficacité d'où tout le monde sort gagnant et générer une plus grande participation.

8. Investissez dans les plates-formes - Aussi longtemps que l’accès à l’information, le classement et les processus de gestion des dossiers s’effectueront en mode analogique au lieu d’en formats numériques, la mise en œuvre d’un gouvernement ouvert s’avèrera très difficile. Par ailleurs, sans outils pour impliquer le public dans des remue-méninges, l’élaboration et l’examen des politiques, de même que les autres activités gouvernementales, la collaboration vous échappera. Concentrez-vous sur l’avancement des pratiques en créant des données brutes et en générant une réelle participation.

9. Investissez dans les gens – Changer la culture du gouvernement ne se fera pas uniquement par des déclarations de politiques. Il est important de veiller à ce que la politique permette aux gens de chercher des alternatives démocratiques et de poursuivre l'innovation ouverte. Envisagez de nommer des directeurs de l’innovation (Chief Innovation Officers), directeurs de la démocratie (Chief Democracy Officers) et directeurs de la technologie (Chief Technology Officers).

10. Concevez pour la démocratie – Demandez toujours si la législation permet la participation active et constructive qui utilise les capacités et l’enthousiasme des personnes pour le bien collectif. Il ne suffit pas de simplement «jeter» un problème sur Facebook ou Twitter. Un processus doit être conçu pour compléter l'outil, qui assure une participation significative et gérable pour les fonctionnaires et le public.

Merci beaucoup.

BIBLIOGRAPHIE
[1] Beth Simone Noveck est professeur de droit à la New York Law School. Dr Noveck a servi à la Maison-Blanche en tant que première responsable adjointe pour la technologie (2009-2011) et leader de l’initiative de gouvernement ouvert de la Maison-Blanche (www.whitehouse.gov/open). La Fondation John D. et Catherine T. MacArthur a récemment accordé une subvention au professeur Noveck pour développer un programme de recherche interdisciplinaire pluriannuel afin d'évaluer l'impact des réseaux numériques sur les institutions. En 2010, le professeur Noveck a été nommée «L'une des centaines de personnes les plus créatives dans l'entreprise» par le magazine Fast Company et «L'une des Top 5 changeurs du jeu» par Politico. Elle est l'auteur de Wiki Government: How Technology Can Make Government Better, Democracy Stronger, and Citizens More Powerful (Brookings Institution Press, 2009), qui paraîtra cette année en arabe et en chinois.

[2] Gina Kolata, Sharing of Data Leads to Progress on Alzheimer’s, New York Times, 12 août 2010, A1.

[3] Pour une discussion approfondie de la théorie et la pratique de la «démocratie de collaboration», voir Beth Simone Noveck, Wiki Government: How Technology Can Make Government Better, Democracy Stronger, and Citizens More Powerful (Brookings Institution Press, 2009), chp. 2.

[4] Memorandum for the Heads of Executive Departments and Agencies, Transparency and Open Government, 21 janvier 2009.

[5] Around the Government, White House Open Government Initiative, http://www.whitehouse.gov/open/around.

[6] Voir, par exemple, ministère du Travail, application de base de données (http://ogesdw.dol.gov/); Banque d’indicateurs de la santé health.data.gov (http://www.data.gov/health), le ministère des Transports, inventaire de données (http://www.dot.gov/open/data/index.html); Commission fédérale des communications, inventaire des données (http://reboot.fcc.gov/data/review); Agence de protection de l’environnement, moteur de recherche de données (http:// www.epa.gov/data/).

[7] David, Ferriero, Federal Register 2.0, White House Open Government Initiative Blog, 26 juillet 2010.

[8] Community Health Data Initiative, Department of Health and Human Services.

[9] Site Internet Peer-to-Patent, http://www.peertopatent.org.

[10] http://publicreadingstage.cabinetoffice.gov.uk/92-release-and-publication-of-datasets-held-by-public-authorities.

[11] http://www.usaspending.gov and http://www.contractsfinder.businesslink.gov.uk/

[12] Remarks by the President to the General Assembly, New York, NY, 23 septembre 2010.

[13] Open Government Directive, OMB-M-10-06 (8 décembre 2009).

[14] Ibid, p. 7.

[15] Pour ne citer qu'un exemple d'un marché qui utilise des données de la NOAA, la valeur totale des transactions de dérivés climatiques a été estimée à: 2,0 milliards de dollars / an en 1998-2000, 4,0 milliards de dollars en 2001-2002, 4,0 milliards de dollars en 2002-2003, 4,5 milliards de dollars 2003-2004, 9,7 milliards de dollars 2004-2005, 45,0 milliards de dollars en 2005-2006, 32,0 milliards de dollars en 2006-2007, et 15,0 milliards de dollars en 2007-2008 (Weather Risk Management Association, 2009). Aussi, pour chaque 1$ que les entreprises énergétiques dépensent dans l'acquisition de données de la station climatique de la NOAA, ils bénéficient d'un avantage potentiel d’économiser 495$ en coûts d'infrastructure qui seraient nécessaire pour maintenir leur propre espace de stockage de base de données climatiques, l'archivage, et de reportage. En extrapolant les économies pour l’ensemble du marché américain de l'énergie, cela donne un avantage potentiel de 65 millions de dollars. Source: Investigating the Economic Value of Selected National Environmental Satellite, Data, and Information Service (NESDIS) Products, Centrec Consulting Group, Report, LLC, Janvier 2003. Pour plus d'informations, voir http://economics.noaa.gov.

07 mars 2011

La Finlande libère ses données. Un incitatif supplémentaire pour pousser le Québec à envisager un Gouvernement ouvert

Par l’entremise de Mikko Jarvenpaa, j’ai appris que la Finlande se lance dans la libération de ses données. L’information disponible à ce sujet est en finnois (également appelé finlandais).

Voici ma tentative de traduction du communiqué daté du 3 mars 2011, affiché sur le site du Gouvernement de la Finlande.

Les données de l’information gouvernementale rendues disponibles
Le gouvernement finlandais s’est engagé à rendre disponibles les données gouvernementales en format numérique. Dans un souci de transparence accrue, les documents d’information gouvernementale devraient être libres d’accès pour tous et permettre la réutilisation. Ces données seront généralement gratuites.

Cette directive s’applique principalement aux données publiques qui étaient non-accessible jusqu’à maintenant, et pour lesquelles cette procédure ne cause pas un préjudice juridique.

L’ouverture de l’information doit toujours veiller à ce que soient respectés la vie privée, les secrets commerciaux, la propriété intellectuelle, la sécurité nationale, ou d’autres principes de cette nature, qui ne doivent pas être compromis.

La directive stipule que l’information du secteur public et son utilisation de la législation nécessitent d’être clarifiée. L’utilisation de l’accès à l’information dans les structures techniques devrait être harmonisée. Par ailleurs, ceci devrait promouvoir le développement de services et de nouvelles applications, qui utilisent des ensembles de données publiques.

L’accès aux données pouvait être problématique et ainsi s'avérer un obstacle à la communication à des fins commerciales et non commerciales diverses. Les données gouvernementales seront utilisées aussi largement que possible, sans autre consultation ou approbation de la part du gouvernement.

La veille de cette annonce, Beth Noveck est comparue devant le Comité permanent sur l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique (ETHI) de la Chambre des communes du Canada.

Elle a indiqué que 10 pays avaient entrepris une démarche de Gouvernement ouvert. À ce jour, ces démarches ont eu lieu en anglais. J'aurais apprécié que Beth Noveck mentionne les efforts récents de libération des données déployés par quelques pays francophones, car on sait que le Canada est un pays bilingue, avec deux langues officielles, l'anglais et le français. La présence francophone varie énormément d’un bout à l’autre du Canada. Après le Québec, l’Ontario est la province qui compte la plus large population de langue maternelle française suivie du Nouveau-Brunswick. Les francophones sont environ plus de 9 millions au Canada.

Du côté de la Francophonie, la République française a annoncé, par décret le 21 février 2011, qu'elle libérerait ses données. Une instance gouvernementale de la Belgique débutera les travaux d'ouverture de données au mois d'avril 2011. Ces pays n'ont pas encore complètement adopté la philosophie de Gouvernement ouvert, mais il y a des chances qu'ils ajoutent les volets de participation et de collaboration.

Voici un extrait des notes d'allocution (publiées dans GovintheLab) de Beth Noveck:
(Ma traduction) «La transparence, la participation, la collaboration» n'est, en aucun cas, un mantra exclusivement américain. Dix pays ont lancé des portails nationaux de données afin de rendre l'information publique transparente et accessible dans des formats bruts. Le Parlement britannique examine actuellement une modification de sa Loi pour la liberté de l'information (Freedom of Information Act) afin de prévoir que, à la demande, le gouvernement puisse «fournir les renseignements au demandeur sous forme électronique, afin qu'il soit capable de les réutiliser.» La Pologne et le Brésil travaillent également présentement sur une législation libre d'accès. 10 Downing Street (note de la traductrice: la résidence du bureau du Premier ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord), comme la Maison-Blanche, a invité les citoyens et les fonctionnaires à échanger des idées sur la façon de réduire les dépenses. Ils ont tous deux publié les données concernant les contrats gouvernementaux. L'Australie a lancé un groupe de travail national de gouvernement 2.0 afin d'explorer les possibilités de participation des citoyens. L'Organisation des Nations Unies et la Banque mondiale sautent eux aussi dans le train des données ouvertes et de la collaboration. L'Inde et les États-Unis ont signé un partenariat de Gouvernement ouvert. Les gouvernements locaux de Amsterdam à Vladivostok mettent en œuvre des outils afin de rapprocher les citoyens dans les processus de gouvernance, afin d'aider dans tout, de la police aux travaux publics, de manières qui soient gérables et pertinentes.

En septembre dernier, le président Obama a donné un élan au mouvement international de Gouvernement ouvert quand il a invité chaque nation à «rendre le gouvernement plus ouvert et plus responsable.» Le président a exhorté d'autres pays de revenir au sein de l'Organisation des Nations Unies en septembre, et à «parvenir à des engagements spécifiques visant à promouvoir la transparence; à lutter contre la corruption; à dynamiser l'engagement civique; et à exploiter les nouvelles technologies afin que nous renforcions les fondements de la liberté dans nos propres pays, tout en vivant à la hauteur des idéaux qui peuvent éclairer le monde».
Si jamais le Gouvernement du Québec fait le choix de devenir un Gouvernement ouvert, le modèle de la Finlande pourrait être intéressant pour lui.

La transparence, collaboration et participation ne sont pas actuellement - à mon avis - des valeurs qui font bondir d'allégresse les décideurs québécois. Ils sont davantage préoccupés par ce qui concerne l'économie et l'état des finances publiques. Un des avantages du Gouvernement ouvert est que cela permet de mieux contrôler les dépenses gouvernementales.

Le pain sec et le régime minceur ont la cote dans les pays scandinaves. Les objectifs prioritaires récents de la politique économique finlandaise sont de réussir la mise en application de politiques d'austérité budgétaire. Des pays, comme la Suède ou la Finlande, ont réussi par le passé à réduire leur déficit budgétaire.

Le rapport 'The State of Public Finances Cross-Country', publié par le IMF (International Monetary Fund), indique les pays qui ont réussi à améliorer leurs finances publiques. Les pays scandinaves occupent quatre des places du Top 5.

Si en plus de continuer à se serrer la ceinture, si la Finlande finit par adopter un modèle de Gouvernement ouvert, cela pourrait pousser les décideurs québécois à ce lancer aussi dans une démarche de Gouvernement ouvert.

L'an dernier, lors du dépôt du budget québécois, les médias avaient demandé «Prêts pour le remède de cheval?». Le prochain budget du Gouvernement du Québec sera déposé le 17 mars prochain. Êtes-vous prêts pour le remède de Gouvernement ouvert?

06 mars 2011

Le passage de Beth Noveck au Canada devant l'ETHI: une lueur d’espoir

Je suis enchantée d’apprendre que Beth Noveck, ex-responsable adjointe pour la technologie de l'initiative Gouvernement ouvert (Deputy Chief Technology Officer) des États-Unis, a été invitée à s’exprimer le 2 mars 2011 devant le Comité permanent sur l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique (ETHI) du Gouvernement du Canada. Voir le billet à ce sujet, publié dans Government in the Lab, qui reproduit en intégralité son allocution.

J’espère que ce passage devant l'ETHI signifie qu’il existe une réelle volonté de la part des dirigeants du pays (le pouvoir exécutif) de mettre en œuvre un Gouvernement ouvert, et que ces dirigeants ne tarderont pas à se mettre à l’ouvrage, et qu’ils passeront à l’action.

Je souhaite depuis longtemps que voit le jour un Gouvernement ouvert au Canada et au Québec. Je suis persuadée que cette allocution ne passera pas inaperçue auprès des responsables des provinces canadiennes.

Les propos du Dr Noveck sont clairs. Elle a indiqué ce qu’il faut faire pour mettre sur pied un Gouvernement ouvert. Elle a aussi mis en garde sur ce qu’il ne faut pas faire. J’ai noté qu’elle utilisait l’expression «co-création» - un terme que j’apprécie particulièrement -, et qu’elle parlait «d’empowerment» des fonctionnaires et des citoyens.

J’ai presque versé des larmes en lisant les propos du président Obama, prononcés en septembre 2010 (parce que je déploie des efforts pour sensibiliser la Francophonie dans ce sens).
(Ma traduction) «En septembre dernier, le président Obama a donné un élan au mouvement international de Gouvernement ouvert quand il a invité chaque nation à «rendre le gouvernement plus ouvert et plus responsable.» Le président a exhorté d'autres pays à revenir au sein de l'Organisation des Nations Unies, et à «parvenir à des engagements spécifiques visant à promouvoir la transparence; à lutter contre la corruption; à dynamiser l'engagement civique; et à exploiter les nouvelles technologies afin que nous renforcions les fondements de la liberté dans nos propres pays, tout en vivant la hauteur des idéaux qui peuvent éclairer le monde.»
J’espère que ce qui a été dit devant ce Comité par la Dr Noveck sera pris très au sérieux, étudié, décortiqué, analysé, approfondi, approprié, et que cela aboutira prochainement à un discours du chef de la nation annonçant la transformation du gouvernement. J’ai très hâte d’entendre l’expression «Gouvernement ouvert» sortir de la bouche de TOUS les plus hauts dirigeants du pays.

Cette invitation devant le Comité permanent sur l’accès à l’information, est-ce une initiative venant du pouvoir exécutif? Cela m’étonnerait beaucoup. Ce Comité arrivera-t-il à influencer les plus hauts décideurs du pays? (Cela m’étonnerait beaucoup.) Je ne suis pas de nature pessimiste, mais je n’y crois guère. Le 3 mars, soit le lendemain de l’allocution de Beth Noveck, la Presse canadienne publiait un article intitulé «Le gouvernement est rebaptisé Gouvernement Harper». Il est difficile de concevoir qu’un pouvoir exécutif qui pense à émettre une telle directive puisse réellement s’intéresser au Gouvernement ouvert. Je reprends le terme utilisé par Beth Noveck: c’est en quelque sorte «contradictoire».

Le président Obama n’a pas attendu que s’écoulent des semaines avant de démontrer sa volonté de mettre sur pied un Gouvernement ouvert. Il l’a fait dès sa première journée d’entrée en fonction. Cela démontre l’ampleur de sa détermination. Ce fut un de ses premiers gestes.

Je me rappelle de cette journée comme si c’était hier. Malgré mon allégresse – je me suis réellement réjouie pour les citoyens des États-Unis – j’ai entrevu la fissure dans le temps, j’ai vu sombrer la nation canadienne dans une sorte de vide.

Deux années se sont écoulées depuis, et nous sommes toujours suspendus dans ce vide: toujours pas de Gouvernement ouvert au Canada. Pas même un petit peu, pas même un fragment, pas même une bribe. Quelques municipalités ont pris la peine de libérer leurs données. Mais rien du côté des administrations provinciales, et encore moins au gouvernement fédéral. Absolument rien du côté du Canada francophone.

Je suis lasse d’entendre parler de mon pays comme étant des «pockets of Dark Ages» (ref. une invitée à Gov20Radio).

Beth Noveck apporte un vent d’espoir. Nous cœurs s’étaient éteints depuis longtemps. Une lueur d’espérance brille à l’horizon. Soufflez dessus quelqu’un pour qu'elle ne s'éteigne pas, je vous en prie.
 
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