Blogue de Lyne Robichaud

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15 juin 2011

La Ville d'Ottawa avance dans la formalisation d’un programme de données ouvertes

Robert Giggey

Par Kathleen Lau, 14 juin 2011, pour ComputerWorldCanada
Traduction en français par Lyne Robichaud de ‘City of Ottawa moves to formalize open data program

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Bien que la Ville d'Ottawa ait déjà planté quelques graines d'une initiative de données ouvertes l'an dernier, la prochaine étape qui s’effectuera la semaine prochaine sera de formaliser un programme concret avec le processus, le financement et le personnel permanent. Robert Giggey, qui sera le fer de lance de l'initiative, partage les actions, plans et idées.

Bien que la Ville d'Ottawa ait déjà planté quelques graines d'une initiative de données ouvertes, l'an dernier, sous la forme d'un ensemble de données de catalogue et un concours d’applications, le mouvement de formalisation d’un véritable programme va débuter la semaine prochaine.

À la tête de cette initiative se trouve Robert Giggey, le gérant informatique de la Ville, qui affirme que l'objectif est de développer un procédé de données ouvertes et d’établir des fonds et un personnel permanent pour cet effort.

«Le plus grand avantage est l'accès à l'information sur les services de la ville et de la performance de la ville», a déclaré Giggey, à propos des avantages pour les citoyens.

Il y a, à l'heure actuelle, ce que Giggey appelle «des plans et des idées en vrac» qui seront explorées dans les mois à venir. Certaines de ces idées renforcent le catalogue de la ville, qui est composé de données «assez statiques», telles que des installations récréatives et des emplacements de parcs, avec un contenu plus dynamique, qui peut varier périodiquement, tels que les emplacements d’autobus de transport en commun.

Une autre idée est de libérer des interfaces de programmation pour les développeurs afin de construire une bibliothèque d’applications pour les appareils mobiles afin que les utilisateurs puissent afficher la disponibilité de livres et de les réserver. Par ailleurs, la transparence est un objectif de données ouvertes, comme l'affichage des frais de conseillers municipaux et l'information budgétaire.

Mais Giggey ne réinventera pas la roue. La ville d'Ottawa fait partie d'un cadre de données ouvertes (Open Data Framework), qui comprend d'autres les villes, telles Edmonton, Toronto et Vancouver, avec l'objectif de partage des meilleures pratiques de données ouvertes, y compris les formats et les normes.

Certaines villes effectuent la transition à partir d'un format standard de pages Web à un système automatisé, alors l'apprentissage les uns des autres sera la clé. «C'est tout simplement le partage de ces expériences. Il pourrait y avoir des négociations conjointes avec des groupes ou des entreprises offrant des plates-formes de catalogue pour chacune des quatre villes à utiliser ou à d'autres (à utiliser)», a déclaré Giggey.

En Mars de cette année, l’initiative de données ouvertes du gouvernement fédéral, GC Open Data Portal, un programme pilote de guichet unique pour les ensembles de données de tous les ministères, a été lancé. Mais ce programme a rencontré quelques critiques de la part des développeurs et des chercheurs sur les aspects de son contrat de licence de données. Le grief a été porté sur les clauses qui indiquaient que les données ne pouvaient pas pu être utilisées pour porter «atteinte» à la réputation du Canada ou pour identifier les individus ou les entreprises.

À la fin de l'été, la Ville d'Ottawa, aplanira certains problèmes de sa propre licence, bien que ces problématiques soient relativement petites par rapport à celles rencontrées par le gouvernement fédéral. Un argument de débat ici, a dit Giggey, est de savoir s’il faut modifier l'accord pour en faire une version spécifique à Ottawa, ou plutôt partager une licence standard.

14 juin 2011

L'agglomération de Bordeaux franchit le pas des données ouvertes

Sur des sites Internet ou des applications pour téléphones mobiles, la disponibilité des places de parking ou les horaires de passage des bus en temps réel seront bientôt accessibles. Photo SO

«En France, on a une culture du secret. C'est une petite révolution politico-administrative», remarque Vincent Feltesse.

Malgré la culture du secret, il y a bel et bien une révolution de données ouvertes en France.

Nous pataugeons aussi dans la culture du secret au Canada et au Québec. Le secret a le dessus pour le moment, et nous sommes immobilisé, comme figés dans le temps. Il y a bien quelques municipalités qui déploient des projets de données ouvertes, mais considérant la grandeur du pays - d'un océan à l'autre -, l'innovation progresse à petit pas...

L'agglomération de Bordeaux entre dans la danse.

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L'AGGLOMÉRATION DE BORDEAUX ENTRE DANS L'ÈRE DE L'OPEN DATA
[NET PLUS ULTRA] La collectivité ouvre ses données au public. Une manne pour l'usager et les projets numériques.
10 juin 2011 10h33 | Par Laurie Bosdecher, Sud-Ouest

Une masse considérable d'informations dans des domaines très variés, comme la voirie, l'assainissement, les transports, l'eau, l'aménagement urbain. On y trouve par exemple la localisation de tous les arceaux vélos, des bornes de tri, les plans de circuits pédestres, les zonages du plan local d'urbanisme, etc. Des informations qu'on pouvait trouver en allant taper à la porte des services administratifs de la CUB ou déjà visualiser en partie sur certains sites.

Utilisation gratuite
En donnant accès librement et gratuitement à toutes à ces données, la collectivité, aidée dans cette démarche par les associations Europe Aquitaine Communication et la Fondation Internet nouvelle génération, franchit un pas dans «son devoir de transparence démocratique», explique le président Vincent Feltesse. Transparence qui va jusqu'à un certain point. Exit les données personnelles collectées par la CUB et celles pouvant porter atteinte à la sécurité publique.

Les données de ce portail ne sont pas seulement visibles. Elles sont réutilisables par tout développeur de projet. «Grâce à cet outil, de nouveaux services numériques vont émerger. L'idée est de rendre plus facile la vie au quotidien dans l'agglomération», poursuit Vincent Feltesse.

Premier service déjà utilisé depuis plusieurs mois par ceux qui empruntent des VCub (vélos en libre-service). Ils peuvent connaître en temps réel le nombre de vélos en libre-service disponibles dans les stations grâce à des applications sur leur smartphone. Demain, on peut imaginer sur son téléphone des services pour localiser la borne de tri la plus proche de chez soi, les lieux où acheter au plus près un ticket de bus ou de tram.

Si la CUB est la première collectivité à donner accès à ses données publiques dans la région - le conseil régional et le conseil général de la Gironde devraient se lancer dans les prochains mois - d'autres agglomérations ont déjà franchi le pas.

À Rennes, par exemple, des applications existent pour savoir à la minute près à quelle heure va passer le prochain bus.

Bientôt des infos en temps réel
La CUB n'est pas encore là. Mais a ce même projet dans les cartons en équipant tout le matériel roulant de GPS embarqués. Avant, d'autres informations utiles viendront enrichir cette base de données. «Nous travaillons sur la disponibilité de places dans les parcs de stationnement en temps réel», indique la vice-présidente de la CUB en charge des usages numériques, Béatrice de François. On pourra également bientôt géolocaliser les chantiers en cours dans l'agglomération, obtenir la cartographie des espaces accessibles aux handicapés.

«En France, on a une culture du secret, remarque Vincent Feltesse. C'est une petite révolution politico-administrative.» Qui pose aussi des questions. Ces données publiques gratuites vont être exploitées par des privés qui peuvent ensuite monétiser des services aux usagers. Les utiliseront-ils également à bon escient? «L'objectif est aussi de doper le développement économique, dit le président de la CUB. De toute façon, nous, en tant que collectivité, n'aurions pas eu les moyens et le personnel suffisants pour le faire tous seuls.»

La CUB «espère aussi convaincre les communes de l'agglomération à s'engager dans la même voie», insiste Béatrice de François. L'initiative est pour l'instant expérimentale jusqu'à fin 2011.

09 juin 2011

Le gouvernement du Québec collectionne les ratés. D'autres dépassements de coûts

Il y a un mois, le gouvernement du Québec s’est fait apostropher comme étant «l’État techno-cancre» pour son échec de gestion du dossier d’informatisation de la santé.

Le journaliste Pierre Bergeron rapportait dans La Presse: «Le verdict du vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, est sans appel. L'informatisation du réseau québécois de la santé ou le projet Dossier santé du Québec (DSQ) est un échec sur toute la ligne.»

J’ai rédigé une proposition de projet pilote de données ouvertes / gouvernement ouvert, contenant 5 suggestions, dont une portant sur les données du dossier santé. J’ai transmis cette proposition au leader parlementaire adjoint du gouvernement et au Vérificateur général du Québec. Il semblerait que le leader parlementaire adjoint omette le gouvernement ouvert dans son rapport d’analyse du potentiel du Web 2.0, prévu pour livraison vers la fin de l’année 2011. Je n’ai pas reçu de réponse du Vérificateur général.

Il y a eu ensuite la question des contrats d’Hydro-Québec, pointés par le Parti Québecois, où apparemment près de la moitié des contrats auraient eu un dépassement des coûts.

«Depuis l'an 2000, Hydro-Québec a accordé des contrats d'informatique qui ont coûté près de 1 milliard de dollars. Près de 40% d'entre eux ont dépassé les budgets prévus, ce qui, «en moyenne», a fait doubler la facture attendue», a rapporté Denis Lessard.

Hydro-Québec a dit que c’était des «avenants», pas des «dépassements». La ministre des Ressources naturelles a déclaré que cela «ne correspondait pas à la réalité. Personne ne sait en quoi consiste cette réalité, puisque personne n’a accès aux données. J’ai écrit à la ministre pour lui suggérer de libérer ces données dans un projet pilote de données ouvertes / gouvernement ouvert. Je n’ai pas reçu de réponse.

Cette semaine, 4 députés de l’Assemblée nationale ont démissionné du Parti Québécois (dans un premier temps, Louise Beaudoin (Rosemont), Pierre Curzi (Borduas) et Lisette Lapointe (Crémazie); et le lendemain, Jean-Martin Aussant (Nicolet-Yamaska). Le départ avec fracas des députés illustre parfaitement l'inconfort que suscite le projet de loi privé 204 sur l'amphithéâtre de Québec. «À quoi on joue?», a demandé lundi (6 juin 2011) le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux. «Il y a ce sentiment que l'Assemblée nationale est en train de perdre son sens critique et d'analyse nécessaire à l'adoption d'une loi.»

Un sondage CROP indique que six Québécois sur 10 sont en désaccord avec ce projet de loi, une proportion qui grimpe à 68 % à Montréal. Pour le vice-président de CROP, «les Québécois appuient surtout les députés démissionnaires et Amir Khadir de Québec solidaire. Je crois qu'ils ont l'impression qu'ils sont les seuls à défendre le bien commun», que «personne d'autre ne le défend».

Aujourd’hui (8 juin 2011), des documents obtenus en vertu de la loi d'accès à l'information par l’Action Démocratique du Québec indiquent que le ministère de la Justice prévoit un dépassement de coût de 24,1 M$ uniquement pour la phase 1 de l'informatisation de la justice. ll va coûter 37% plus cher que prévu pour la mise en place du projet.

Il y a présentement un mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0 au gouvernement du Québec, piloté par le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin. Un gouvernement ouvert, axé sur la transparence, participation et collaboration, permettrait d’y voir plus clair dans la gestion de ce gouvernement. En utilisant la technologie pour établir des liens entre les institutions gouvernementales et des réseaux de citoyens, le gouvernement du Québec pourrait ouvrir de nouvelles voies, pratiques et utiles pour le gouvernement et pour les citoyens, leur permettant ainsi de résoudre ensemble des problèmes. Avec un gouvernement ouvert, il devient possible de concevoir des politiques éclairées en utilisant les données en temps réel. Avec les données, il est possible de mesurer le rendement, déterminer ce qui fonctionne, et changer ce qui ne va pas. Malheureusement, le mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0 ne semble pas inclure pour le moment les possibilités qu’offrent les données ouvertes et le gouvernement ouvert.

Voici un article de TVA Nouvelles et Argent concernant le dépassement de coût de l’informatisation de la justice.

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D’AUTRES RATÉS À L’INFORMATIQUE POUR LE GOUVERNEMENT
Alain Laforest et Gérard Samet, TVA Nouvelles et Argent, 8 juin 2011 | 17h59

L'informatisation de la justice, annoncée il y a 12 ans, connaît d'important dépassement de coûts et de délais. Il va coûter 37% plus cher que prévu pour la mise en place de la phase 1, qui n'est pas encore en fonction.

Le nouveau système informatique, doit permettre aux juges, avocats, greffiers, procureurs, policiers et même aux services correctionnels, d'échanger de l'information pour améliorer l'administration de la justice.

Selon des documents obtenus en vertu de la loi d'accès à l'information par l’ADQ, le ministère de la Justice prévoit un dépassement de coût de 24,1 M$ uniquement pour la phase 1.

Douze ans après l'annonce, la phase 1 de ce projet de 197 M$, n'est complétée qu'à 30%. En 2001, le gouvernement s'était pourtant donné jusqu'en 2006 pour rendre ce système opérationnel. Cinq ans plus tard, après 31 M$, sa mise en place accumule des ratées.

«Pensez que ça a de l'allure quand il y a 31 Hells Angels au large, qu'on dépense autant d'argent pour un système informatique qui ne fonctionne pas», souligne la critique adéquiste en matière de justice, Sylvie Roy.

La présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne, admet que la situation n’est pas normale. L'adoption jeudi de la loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles «va éviter la répétition de ce genre de dépassement de coûts», dit-elle.

«Grâce à cette loi, ajoute la ministre, quelqu'un va coordonner et être imputable du respect des différentes étapes des projets informatiques».

Elle souligne qu’elle a exigé du ministère de la Justice que le projet d’informatisation soit amputé si sa mise en application doit entraîner un dépassement de coûts.

Le vérificateur avait des doutes
Dans son rapport de 2009, le Vérificateur général du Québec parlait d'un projet géré sans souci d'économies, reprochant au ministère de la Justice de ne pas mettre en application plusieurs saines pratiques de gestion.

Un an plus tard, le vérificateur adjoint a constaté que le ministère est incapable de s’engager à respecter les coûts et les échéanciers dans la mise en place de son nouveau système informatique.

De l'information cachée?
Dans un rapport de janvier 2011 déposé à l'Assemblée nationale, les responsables du projet confirment que la totalité du contrat a été accordée à une nouvelle firme pour compléter les travaux d’une autre compagnie dont le contrat a été annulé.
Des informations qu'on ne retrouve pas dans les documents remis à l'ADQ en mars. Sylvie Roy se scandalise: «On a enlevé un contrat de 41 M$ mentionné en deux endroits dans un document, c'est inadmissible de la part du ministre de la Justice. Je vais réclamer une enquête» dit-elle.

Un dépassement de coûts

TVA nouvelles a appris que la firme dont le contrat a été annulé est DMR.

Selon sa porte-parole, Caroline Seney, «le contrat a été rompu par le gouvernement pendant l’année 2008, six mois après que nous ayons remporté l’appel d’offres du ministère de la Justice».

Selon elle, lorsque DMR a remporté le contrat en 2008, rien n’avait été fait depuis l’annonce de 1997. DMR a réalisé l’architecture du système et a émis des recommandations après analyse détaillée.

Selon ses conclusions, il était impossible de respecter le budget alloué, sans dépassements, pour satisfaire aux demandes du Ministère. «Le gouvernement a alors annulé notre contrat et est reparti en appel d’offres». C’est la société LGS, une filiale d’IBM, qui a remporté le contrat.

31 mai 2011

Interview: Gouvernement du Québec, à propos du potentiel du Web 2.0

Le mois dernier, Government in the Lab a annoncé (dans l’infolettre no.3) que le gouvernement du Québec travaille sur un mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0. Le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin, le leader parlementaire adjoint du gouvernement du Québec, a eu l'amabilité de répondre à nos questions.

1- EN QUOI CONSISTE LE MANDAT D'ANALYSE DU POTENTIEL DU WEB 2.0?


Le Web 2.0 repose sur trois grands principes:

La décentralisation: Il n’y a pas de structure formelle tant au niveau du contenu qu’à celui de la technologie.

La participation: Le Web 2.0 n’existe que grâce aux internautes.

La simplicité d’utilisation et l’ouverture technologique

Le Premier Ministre (Jean Charest) m’a confié le mandat d’analyser les incidences pour la société québécoise, et en particulier pour le gouvernement, de l’utilisation de plus en plus répandue du Web 2.0 et des réseaux sociaux et de lui proposer des stratégies d’action afin que le Québec puisse en tirer tous les avantages possibles.


2- QUELS TRAVAUX ONT ÉTÉ EFFECTUÉS À CE JOUR PAR VOTRE ÉQUIPE, ET QU'ENVISAGEZ VOUS POUR LES PROCHAINS MOIS?

Je procède en quatre étapes pour la réalisation du projet:

* une consultation auprès des personnes associées à l’action gouvernementale.

* un échange sur Internet avec les internautes québécois (communauté publique).

* une consultation fermée sur Internet (communauté privée).

* un colloque.

Actuellement, nous sommes à mettre en place un site Internet qui devrait être fonctionnel début juin 2011.

Le colloque est prévu pour début septembre.

La remise du rapport final au Premier Ministre et au gouvernement se fera pour la fin de l’année 2011.


3- EN QUOI CONSISTE D'APRÈS VOUS, UNE BONNE RELATION ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LES CITOYENS?

Une bonne relation entre le gouvernement et les citoyens basée sur l’utilisation du Web 2.0 devrait améliorer:

* les communications avec les citoyens

* les interactions avec les citoyens

* les services aux citoyens

Les communications avec les citoyens: Il s’agit d’augmenter l’accessibilité des citoyens à l’information gouvernementale. L’utilisation des blogs ou de miniblogs, comme Twitter, voire des Mashups rentrent dans cette catégorie. Le but est de rapprocher l’information gouvernementale des outils de communications utilisés par les citoyens, plutôt que de les obliger à fureter sur de nombreuses pages Web.

Les interactions avec les citoyens: Il s’agit au premier chef d’obtenir les réactions des citoyens sur les politiques et les programmes mis de l’avant par le gouvernement. Cela permet aussi aux dirigeants de bénéficier de la sagesse populaire pour mettre de l’avant de nouveaux programmes ou de nouvelles idées.

Cela permet aussi aux fonctionnaires de faire valoir leurs suggestions pour améliorer l’efficacité de leurs ministères ou organismes dans la façon dont ils remplissent leur mission. Je pense ici particulièrement à l’usage des médias sociaux comme «Facebook».

Les services aux citoyens: Je pense ici aux applications qui utilisent les informations éparpillées dans les banques de données pour les agglutiner en fonction du besoin exprimé par le citoyen.


4- LA TRANSPARENCE, LA PARTICIPATION ET LA COLLABORATION AVEC LES CITOYENS, PAR LE BIAIS D'INITIATIVES DE DONNÉES OUVERTES ET DE GOUVERNEMENT OUVERT, SONT-ILS ENVISAGÉS DANS CE PRÉSENT MANDAT?

Outre la transparence, la participation et la collaboration avec les citoyens, l’utilisation des outils du Web 2.0 devrait permettre:

* d’améliorer la participation des citoyens, particulièrement en ce qui concerne l’élaboration des politiques

* d’améliorer la pertinence et la qualité des services aux citoyens.

* de permettre un accès et une utilisation plus efficaces de l’information gouvernementale

* d’améliorer le fonctionnement interne et les collaborations entre les différents ministères et organismes du gouvernement.

25 mai 2011

Lettre à la ministre Nathalie Normandeau à propos de la libération des données concernant les contrats de Hydro-Québec

Madame Nathalie Normandeau
Ministre des Ressources naturelles et de la Faune, ministre responsable du Plan Nord, et vice-première ministre
Gouvernement du Québec

Madame la Ministre et Vice-première ministre,

Sur la base d'un communiqué diffusé par la société d'État Hydro-Québec, vous avez indiqué hier au député de Jonquière et critique du Parti Québécois en matière d'énergie, Monsieur Sylvain Gaudreault, que les dépassements des coûts allégués concernant les contrats d'Hydro-Québec «ne correspondent pas à la réalité».

Il est difficile pour les élus de l'Assemblée nationale, les gestionnaires gouvernementaux et les citoyens québécois, de comprendre en quoi consiste exactement cette réalité, puisque les données concernant les contrats d'Hydro-Québec ne sont pas accessibles.

La libération de ces données (il s'agirait ici apparemment de 2011 contrats en informatique totalisant des engagements de 990 millions de dollars, d'après une référence de Denis Lessard, La Presse) sur une plate-forme data.qc.ca permettrait d'y voir plus clair.

Par ailleurs, la libération de ces données en format fonctionnel, cohérent et comparable faciliterait grandement la tâche de gestion des élus, gestionnaires gouvernementaux et autres, et permettrait d'analyser plus facilement ces données. Il serait possible de déterminer, par exemple, s'il est exact que 761 contrats de ces contrats (soit 38%) ont dépassé le budget prévu. Bref, avec une libération de ces données gouvernementales, il deviendrait possible à tous de voir ce qui fonctionne. Il se présenterait également au gouvernement du Québec des opportunités pour corriger ce qui fonctionne moins bien.

S'il existe une problématique de gestion en lien avec ces contrats, en transformant celle-ci en défi, dans une initiative de gouvernement ouvert, sur une plate-forme ouvert.qc.ca, il serait possible de solutionner cette problématique par un apport créatif en demandant à des employés gouvernementaux et des citoyens québécois de collaborer (co-analyser et co-créer): il émergerait probablement des pistes de solution inattendues.

Un gouvernement ouvert offre la possibilité d'utiliser la technologie du Web 2.0 afin de découvrir des solutions créatives aux défis, qu'une poignée de gens à Québec ne sont pas nécessairement en mesure d'inventer.

Le gouvernement du Québec devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques devraient être transparents. Un gouvernement ouvert offre aux citoyens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie, et comment ils pourraient y participer.

Le premier ministre du Québec, Monsieur Jean Charest, a confié, en octobre 2010 à Monsieur Henri-François Gautrin, un mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0 afin d'améliorer les relations entre le gouvernement et les citoyens. Ce mandat culminera à la fin de l'année 2011 par le dépôt d'un rapport.

Pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour y ajouter des recommandations portant sur les données ouvertes et le gouvernement ouvert?

La présente est pour vous démontrer qu'il existe de nombreuses données gouvernementales en lien avec vos fonctions (ministères, sociétés d'État, etc.), qui gagneraient, pour toutes les parties, à être libérées.

Étant donné qu'il s'effectue présentement un mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0, l'occasion devrait être saisie par les hauts décideurs du gouvernement du Québec, d'analyser toutes les possibilités - y compris celles offertes par les données ouvertes et le gouvernement ouvert - afin de maximiser la relation à développer entre le gouvernement du Québec et les citoyens.

La présente est pour vous demander de démontrer un leadership fort, un souci et un réel intérêt pour les questions relatives aux données ouvertes et gouvernement ouvert: en discutant de ces questions avec votre collègue M. Henri-François Gautrin; en voyant avec les membres de l'équipe de Jean Charest comment vous pourriez préparer le lancement d'une initiative de données ouvertes et de gouvernement ouvert. Il y a présentement sur la table de travail un mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0. Vous pourriez utiliser ce mandat comme tremplin afin de conduire à l'enclenchement du processus de transformation de la culture du gouvernement du Québec en gouvernement ouvert.

Le 20 mai dernier, Tony Clement, le nouveau président du Conseil du trésor et ministre de l’Initiative fédérale du développement économique dans le Nord de l’Ontario, a fait vœu de reprendre le flambeau du dossier des données ouvertes --- c'est-à-dire les portails data.gc.ca et ouvert.gc.ca (référence, Bill Curry, Globe&Mail).

Que fait actuellement le gouvernement du Québec pour rendre l'État plus transparent, participatif et collaboratif? Grâce à la volonté de hauts dirigeants tels que vous, le leadership transformationnel nécessaire peut émerger, et donner lieu à des actions concrètes conduisant à une initiative de données ouvertes et de gouvernement ouvert.

Lyne Robichaud
Gestionnaire de projet - Gouvernement ouvert et Francophonie
Government in the Lab et Link4Dev

La libération des données concernant les contrats d’Hydro-Québec permettrait d’y voir clair

Nathalie Normandeau
La pagaille a éclaté aujourd’hui entre députés de l’Assemblée nationale et le conseil d’administration d’Hydro-Québec, à propos d’une question de dépassement des dépenses des contrats de cette société d’État, qui ont été l’objet d’intenses échanges.

Le journaliste Denis Lessard de La Presse rapportait aujourd’hui que 40% des contrats informatiques d’Hydro-Québec dépassent les budgets prévus.
«Pour l'informatique, 2011 contrats totalisent des engagements de 990 millions de dollars. Mais 761 contrats, soit 38%, ont dépassé le budget prévu. D'une valeur initiale de 369 millions au total, ils ont nécessité 391 millions de financement supplémentaire pour être réalisés. Quand un projet dépasse ses budgets du double, à Hydro-Québec, il est simplement «dans la moyenne» puisque les excédents sont en moyenne de 106%», indique Denis Lessard.
Sur la base d'un communiqué diffusé par Hydro-Québec aujourd’hui, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a rétorqué au député de Jonquière et critique du Parti Québécois en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, que les dépassements des coûts allégués «ne correspondent pas à la réalité». Alors que le Parti Québécois réclame de donner au Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, le mandat d'aller vérifier les livres d'Hydro-Québec, la ministre a eu une réaction de déni --- comme cela se voit malheureusement souvent chez les dirigeants du gouvernement Charest.

«Il n'y a pas de dépassements de coûts, si on n'a pas les chiffres initiaux, c'est qu'il y a des ajouts qui sont faits en cours de route!», rapporte Denis Lessard.

Si les données concernant les contrats d’Hydro-Québec (et les autres contrats de l’ensemble des ministères et sociétés d’État) étaient libérées dans un catalogue de données ouvertes sur une plate-forme data.qc.ca, élus, gestionnaires, et la population, pourraient y voir clair. Tout le monde en effet pourrait voir en quoi consiste exactement la réalité. Mais puisque ces données ne sont pas publiques, le déni, phénomène de refus de prendre en compte une part de la réalité, peut avoir lieu. En psychiatrie, on parle des possibilités thérapeutiques de travailler avec le déni. Les possibilités, pour un gouvernement, de mettre fin au déni, sont d’accorder davantage de transparence.

«Il est temps que le Vérificateur général ait accès aux livres de la société d'État et examine les procédés», a déclaré Sylvain Gaudreault.

Le gouvernement du Québec devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques devraient être transparents. Un gouvernement ouvert offre aux citoyens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie, et comment ils pourraient y participer.

Le gouvernement du Québec en soi n'a pas toutes les réponses. Un gouvernement ouvert offre la possibilité d'utiliser la technologie (Web 2.0) afin de découvrir des solutions créatives aux défis, qu'une poignée de gens à Québec ne sont pas nécessairement en mesure d'inventer. Nombreux seraient les citoyens québécois disposés à participer si on leur en offrait l'occasion, pour le bien public, de mettre à profit leur talents, compétences, expertise et enthousiasme.

On peut lire dans le communiqué de l’Opposition officielle:
Le député de Jonquière n'en revient pas du communiqué de presse émis aujourd'hui par la société d'État qui souhaite faire passer des dépassements de coûts de 400 millions de dollars comme étant anodins. «Nous voulons une société d'État efficace et bien gérée, pas une société d'État qui veut laisser croire que 400 millions de dollars en dépassements de coûts, c'est normal. Quand le déboursé final dépasse de 40 % la valeur initiale du contrat, c'est qu'il y a un problème, a-t-il insisté. Par ailleurs, il est troublant de constater que la majorité des contrats accordés l'a été sans appel d'offres. Encore une fois, pour Thierry Vandal, c'est normal», a ajouté M. Gaudreault.

Pour connaître les positions opposées concernant les contrats d’Hydro-Québec, consultez le communiqué de la société d’État, ainsi que le communiqué de l’Opposition officielle.

24 mai 2011

Tony Clement reprend le flambeau des données ouvertes au Canada

Tony Clement
Le dossier des données ouvertes n'a pas fait long feu dans les mains de Stockwell Day. Entre l'annonce du lancement portail data.gc.ca, survenue le 17 mars 2011, et la chute du gouvernement conservateur provoquée par une accusation de cacher des informations essentielles, il s'est écoulé 9 jours.

Son successeur, Tony Clement, le nouveau président du Conseil du trésor et ministre de l’Initiative fédérale du développement économique dans le Nord de l’Ontario, a fait vœu de reprendre le flambeau.

«J'ai soutenu l'initiative de Stockwell dans ce domaine», a déclaré Tony Clement, se référant à Stockwell Day. «Il était très conforme à ce que je voulais faire en tant que ministre de l'Industrie concernant la stratégie de l'économie numérique, et je voudrais donc certainement chercher à poursuivre quelques-unes de ses initiatives dans ce domaine

Tony Clement affirme qu'il est engagé à libérer des données gouvernementales brutes, afin que les Canadiens puissent garder un œil sur les ministères fédéraux.

Il y a lieu de se demander comment M. Clement compte s'y prendre pour atteindre davantage de transparence, surtout depuis la décision du 13 mai 2011 de la Cour Suprême du Canada, qui permettra aux premiers ministres du Canada et leurs ministres de garder leurs secrets.

La Commissaire à l'information, Suzanne Legault, a indiqué à cet effet: «Je voudrais voir un engagement très fort pour renverser cette tendance à la baisse que nous voyons, parce que, à mon avis, nous sommes vraiment au plus bas. Nous ne pouvons pas descendre plus.»

Par ailleurs, le Canada est dégringolé de la 11ième à la 19ième position (sur 100 pays évalués) depuis 2007, d'après le nouveau rapport 2010 Global Integrity Report de Démocratie en surveillance. La culture du silence qui frappe le Canada depuis plusieurs années est montrée du doigt: il règne un secret excessif généralisé, a-t-il été souligné. Le rapport indique également que le gouvernement canadien traîne de la patte en matière d'accès à l'information. Les renseignements d'intérêts publics ne sont pas fournis dans les délais requis et dans une «forme intelligible».

Tony Clement a été élu à la Chambre des communes pour la première fois en 2006 et il a été réélu en 2008 et en 2011. Il a été ministre des Transports, ministre de l’Environnement, ministre des Affaires municipales et du Logement, et ministre de la Santé et des Soins de longue durée. Auparavant, il était avocat dans un cabinet d’avocats national. Il est titulaire d’un baccalauréat ès arts en science politique et d’un diplôme en droit de l’Université de Toronto.

23 mai 2011

Le Royaume-Uni et la gourou américaine des données ouvertes, Beth Noveck

Le 16 mai 2011, le chancelier George Osborne du gouvernement du Royaume-Uni a annoncé leur intention de devenir le leader mondial des données ouvertes. «Nous allons libérer une partie des ensembles de données (de santé) les plus précieux», a-t-il indiqué. Son plan est d'exploiter la puissance de la technologie pour faire en sorte que le gouvernement travaille mieux, devienne plus efficace, et démontre une plus transparence auprès de ses citoyens.

Le chancelier a promis rien de moins qu'une «révolution» dans la façon dont le gouvernement du Royaume-Uni a prévu d'ouvrir les données publiques gardées secrètes pendant si longtemps.

George Osborne vient d'engager Beth Noveck (voir l'article à propos de cette nomination), ex-responsable adjointe pour la technologie de l'initiative Gouvernement ouvert (Deputy Chief Technology Officer) des États-Unis. Avec Beth Noveck à bord, il n'y a nul doute que le Royaume-Uni se positionnera prochainement en leader mondial des données ouvertes. (Voir aussi ma traduction en français du témoignage de Beth Noveck le 2 mars devant le Comité permanent sur l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique (ETHI) de la Chambre des communes du Canada.)

Plutôt que de réagir au changement, les penseurs stratégiques sont proactifs. Ils investissent dans le capital créatif sachant que, ce faisant, l’innovation ne peut que suivre. Ils ciblent des collaborateurs qui ont de l’expertise dans leur domaine puisque ces personnes sont souvent plus motivées et plus innovatrices. Les leaders deviennent des penseurs innovants lorsqu'ils s’entourent de personnes qui pensent de façon innovatrice.

En ayant à bord des agents internes d’innovation, cela permet de se pencher sur les outils et les gabarits qui favorisent l'émergence des idées, leur analyse et leur mise en valeur. Cela permet aussi de saisir les implications de nouvelles idées sur les systèmes existants et de comprendre les résistances face à leur implantation.

09 mai 2011

L'état techno-cancre, le déni et la «déconnexion totale»

Dans sa chronique intitulée «Québec, l'état techno-cancre», Pierre Bergeron du quotidien Le Droit, indique que «le verdict du vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, est sans appel. L'informatisation du réseau québécois de la santé ou le projet Dossier santé du Québec (DSQ) est un échec sur toute la ligne

Le second tome du rapport du vérificateur général a été déposé il y a quelques jours. Les propos du ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, ne cessent de me tracasser.

Le ministre a du toupet! Ses commentaires ne collent pas avec les déclarations du vérificateur général, qui s'appuie sur des données: preuves justificatives, statistiques, etc. Il s'agit ici des données du gouvernement du Québec. On a l'impression que le ministre Bolduc est tellement déconnecté qu'il parle d'un autre gouvernement.

Déni et désinvolture
En psychanalyse, le déni est le refus d'admettre une réalité qui est perçue comme traumatisante. Il y a deux façons de déjouer la règle, par une exactitude qui frise l'insolence, ou par une désinvolture proche de la muflerie.

L'acte de déni refuse de prendre en charge certaines perceptions: un fragment, éventuellement important, de la réalité, se voit totalement ignoré; la personne qui dénie se comporte comme si cette réalité n'existait simplement pas, alors qu'elle la perçoit.

En philosophie, la désinvolture est le déni de la vérité et celui de la responsabilité singulière, puisque c’est à être sans recours qu’on est vraiment responsable. L’extrême, qui est le lieu de la vérité, est par là même le lieu de la responsabilité – ou inversement. La désinvolture, qui consiste à faire comme si la vérité ne comptait pas, est par conséquent toujours désinvolture envers la responsabilité.

Déconnexion totale
Pierre Bergeron utilise l'expression «déconnexion totale» pour décrire la situation (et il applique cela à l'ensemble du gouvernement): «Au Québec, ce qui est le plus troublant, c'est de constater la déconnexion totale entre la vision du gouvernement et celle du vérificateur général. Le 22 mars dernier, le ministre Bolduc déclarait: «Le développement de la plupart des composantes du Dossier de santé du Québec est maintenant parvenu à maturité

Les travaux du vérificateur général du Québec m'apparaissent - compte tenu de l'absence de gouvernement ouvert au Québec - comme étant ce qu'il y a de plus près de ce que devrait être une initiative de gouvernement ouvert. Grâce à ses rapports et à ses commentaires, le vérificateur général exerce un regard beaucoup plus serré depuis quelque temps sur les projets du gouvernement et les dépassements de coûts qui surviennent. Il fournit une certaine vision d'ensemble et quelques informations (bien que les données ne soient pas toutes disponibles). Il met en évidence ce qui a été prévu par le gouvernement, et il compare cela avec ce qui se produit dans la réalité.

Humilité et responsabilisation
La semaine dernière, le député adéquiste François Bonnardel a demandé au gouvernement de faire preuve d’humilité et de reconnaître qu’il s’est trompé sur toute la ligne dans ce dossier.

Si les données gouvernementales étaient libérées et publiées sur un portail de données ouvertes, il y aurait moins de déni, de désinvolture et de «déconnexion totale», puisque tous auraient accès aux mêmes informations. Il deviendrait alors plus difficile de nier la réalité des données, puisque la réalité serait visible aux yeux de tous. Ministres, gestionnaires gouvernementaux et citoyens pourraient collaborer ensemble, dans l'humilité, et la reconnaissance de la réalité, et ainsi générer de la responsabilisation.

Dans ses travaux d'analyse du potentiel du Web 2.0 pour améliorer les relations entre le gouvernement et les citoyens, le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin, devrait recommander un changement d'attitude chez les ministres et les hauts dirigeants du gouvernement. Le déni, la désinvolture, la «déconnexion totale» (au sens figuré, et dans l'espace virtuel également), sont des comportement difficilement conjuguables avec des notions telles que l'amélioration des relations et la libération des données.

Québec: Le «Bureau de la satisfaction», «Ça ne sert à rien»

Aujourd'hui, un article signé par Hugo de Grandpré dans La Presse, «Assurance emploi: explosion de plaintes depuis 5 ans», rapporte à propos des délais de traitement des dossiers à l'assurance-emploi du gouvernement du Québec, et cite les propos de Pierre Céré: le «Bureau de la satisfaction», «Ça ne sert à rien».

Il y a présentement un mandat dans les mains du leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin, confié par le premier ministre du Québec, Jean Charest, pour analyser le «potentiel du Web 2.0 pour améliorer les relations entre le gouvernement et les citoyens». Lorsque les commentaires (incluant les plaintes, ou la «satisfaction») de citoyens ne sont pas écoutés, entendus, analysés, et pris en compte,
1) à quoi bon mettre en place ces systèmes, s'ils sont futiles.
2) à quoi bon leurrer les citoyens avec ces systèmes.

Cela risque de générer de la grogne contre le gouvernement et causer une perte d'image, une perte de confiance de la population.

La participation citoyenne devrait TOUJOURS être encouragée et soutenue par le gouvernement du Québec, dans un continuum de participation et de renforcement de l’autonomie et des capacités des citoyens:
1. Partage de l’information
2. Consultation
3. Planification conjointe
4. Prise de mesures conjointes
5. Mesure axée sur les citoyens

Chaque niveau de participation mentionné ci-dessus nécessite des capacités accrues pour assurer une participation citoyenne efficace, tout en augmentant ces capacités. Comme il faut plus de capacités de participation pour les niveaux supérieurs de participation, on compte souvent moins de participants concernés que dans le cas des niveaux inférieurs de participation.

À force de repousser les citoyens, de les décourager, il pourrait s'avérer pénible pour le gouvernement du Québec de mettre en place des initiatives de collaboration avec les citoyens, et d'obtenir des résultats satisfaisants dans les niveaux supérieurs de participation. Toute relation de co-production ou co-création se cultive. En janvier 2011, j'ai écrit ce billet intitulé «La participation citoyenne ne tombe pas du ciel».

Les organismes centraux devraient avoir la responsabilité d’avoir une vision d’ensemble claire de la gestion des relations avec les citoyens:

• orienter les décisions concernant la planification, la mise en œuvre et la surveillance du rendement de chaque possibilité de participation citoyenne;
• s’assurer que la planification, la mise en œuvre et la surveillance du rendement au sont intégrées aux processus de planification stratégique et de planification annuelle des activités, aux processus de gestion des enjeux et des risques, aux processus de communication ainsi qu’aux processus de prise de décision;
• traiter de la nécessité d’effectuer une macro-évaluation de la participation citoyenne et d’assurer la reddition de comptes;
• ouvrir la porte à des changements menant à des améliorations avec le temps.

Les plaintes du «Bureau de la satisfaction» devraient être publiées en ligne. Cela devrait faire partie d'un catalogue de données ouvertes du gouvernement du Québec. Il devrait y avoir une trace visible de ces plaintes et il devrait y avoir également des commentaires en ligne. De cette façon, il serait possible de voir quel est le pourcentage de plaintes par mois, et si ce pourcentage augmente ou diminue au cours d'une période. Il faudrait qu'une partie des données soient protégées (les renseignements personnels), mais une partie des données devrait être publique, comme par exemple les commentaires des citoyens qui accepteront qu'ils soient partagés.

Entre ce qui est déclaré par les gestionnaires gouvernementaux («les porte-parole du gouvernement sont formels: 80% des demandes obtiennent une réponse dans un délai de 28 jours, jurent-ils»), et la réalité de l'expérience des citoyens en lien avec les services gouvernementaux, où se situe la juste mesure? Puisque les données ne sont pas ouvertes, même en ayant recours à la Loi sur l'accès à l'information, il est difficile d'obtenir une vision d'ensemble, un portrait précis de la situation. Par conséquent, les gestionnaires gouvernementaux ont le champ libre. Et cela continue de miner l'image du gouvernement, et de détériorer les relations entre le gouvernement et les citoyens.

08 mai 2011

Le vérificateur général du Québec pointe un manque de vision d'ensemble. Un gouvernement ouvert corrigerait la situation


Il y a un manque flagrant de leadership et de leadership transformationnel au gouvernement du Québec.

Il y a aussi un manque de vision d'ensemble.

Les nombreuses carences en gouvernance pointées par le vérificateur général ne sont pas de bonne augure pour l'implantation prochaine d'un gouvernement ouvert. Toutefois, aucune situation n'est totalement éperdue. Une libération des données gouvernementales améliorerait grandement la gouvernance du gouvernement du Québec, puisque ces données constitueraient des preuves justificatives qui permettraient à tous (gestionnaires gouvernementaux, membres de l'opposition, organisations, citoyens) de pointer les problématiques. Le gouvernement pourrait aussi demander de l'aide, en posant des questions, pour résoudre plus rapidement des problèmes précis.

Vision d'ensemble et leadership vont de pair, a souligné la semaine dernière le vérificateur général Renaud Lachance.

Le leadership transformationnel a un grand souci de stimuler l’engagement des subordonnés envers les objectifs et le développement organisationnel.

Le leadership a aussi un souci d’efficacité. Le leadership a trait à la vision, indique la direction à prendre, alors que le management se charge de mettre cette vision en formes concrètes. Le leadership se préoccupe d’influencer les membres de l’organisation vers l’atteinte des objectifs, pendant que le management se soucie des les organiser.

Le Chapitre 8 du deuxième tome du Rapport du Vérificateur général du Québec à l’Assemblée nationale pour l’année 2010-2011 porte sur les conclusions de la vérification de Renaud Lachance concernant les projets d’affaires liés aux ressources informationnelles et l’encadrement gouvernemental à cet égard. (voir le communiqué de presse à propos du Chapitre 8; et le Chapitre 8 du Rapport).

Dans ce chapitre, Renaud Lachance démontre qu'il n'existe pas de vision d'ensemble en matière de ressources informationnelles.

Ce manque de vision pourrait grandement nuire au gouvernement du Québec. On sait qu'il s'effectue en ce moment par le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin, une analyse sur «le potentiel du Web 2.0 pour améliorer les relations entre le gouvernement et les citoyens».
Renaud Lachance
«Le leadership se définit comme la capacité à rassembler une équipe ou une collectivité autour d’une vision commune.» (Renaud Lachance, Rapport tome II, page 8-14)
«Les organismes centraux ont la responsabilité d’avoir une vision d’ensemble claire de la gestion des ressources informationnelles dans toute l’administration gouvernementale, de la diffuser et de la mettre en application, et ce, en collaboration avec toutes les entités gouvernementales. Une vision d’ensemble claire implique d’abord une connaissance adéquate des besoins, des ressources financières et humaines actuellement engagées dans le domaine des RI, puis la mise en place d’un cadre opérationnel lié aux RI qui s’arrime à des orientations gouvernementales précises et complètes pouvant porter notamment sur les éléments suivants:
• la stratégie en matière de choix technologiques et d’investissements;
• le soutien en matière de gestion de projets dans le domaine des RI;
• la stratégie quant à l’utilisation des ressources internes et externes.

À notre avis, une telle vision d’ensemble n’existe pas actuellement.

En conséquence, chaque entité définit ses propres priorités en matière de RI, dispose d’une grande marge de manœuvre dans ses choix technologiques et dans ses choix se rapportant à l’utilisation de ressources internes et externes et ne peut compter sur un soutien adéquat d’une instance centrale.

J'ai également noté que la gouvernance concernant les ressources informationnelles exercée par les organismes centraux, le Secrétariat du Conseil du trésor et le ministère des Services gouvernementaux, comporte de grandes lacunes, telles qu'une absence de vision d'ensemble, d'orientations, de cadres et de normes, et une confusion quant aux rôles et aux responsabilités. De plus, il n'existe pas de stratégies à l'égard de la main-d'oeuvre, tant externe, des consultants, qu'interne en ressources informationnelles. J'ai remarqué que 52 % des dépenses en main d'oeuvre étaient attribuées à des ressources externes faute d'expertise interne... faute d'expertise à l'interne. Ce pourcentage est plus élevé au Québec que dans d'autres administrations publiques selon une étude réalisée par une firme spécialisée dans ce domaine.

On dénombre peu de gestes concrets pour corriger des lacunes déjà relevées.

Quatre initiatives gouvernementales ont été entreprises pendant mes travaux, dont un projet de loi et une politique cadre sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles. Ces initiatives pourraient corriger certaines des lacunes que j'ai soulevées lors de la vérification.

Nous avons réalisé une collecte de données de projets de un million de dollars et plus, lesquels ont une valeur totale de 3,2 milliards de dollars. L’analyse que nous en avons faite démontre qu’environ deux projets sur trois ne respectent pas au moins l’un des paramètres initiaux, soit les coûts, l’échéancier et la portée. De même, pour plus de 50 pour cent des projets, il n’y a pas de dossier d’affaires. C’est pourtant la première activité à accomplir afin de structurer l’information et d’aider les décideurs à choisir la meilleure solution.

Les organismes centraux ont un portrait partiel et peu utilisable des activités relatives aux RI dans l’administration gouvernementale, étant donné que leurs outils de collecte présentent des déficiences.»


Les déficiences, la confusion, l'absence de vision d'ensemble, de cadres et de normes, le manque de leadership: ceci pourrait grandement être amélioré par un projet de libération des données gouvernementales. Le fait même de mettre en ligne les données permettrait de rectifier une grande partie de la confusion, car les données devraient être nécessairement complétées avant d'être mises en ligne.

La libération des données gouvernementales éliminerait le portrait partiel et peu utilisable des projets d'affaires liés aux RI, et améliorerait le soutien des organismes centraux apporté aux entités gouvernementales.

Québec, le «cancre de l’informatique au Canada»

François Bonnardel

Je tente de maintenir mon esprit aligné sur l’espoir que le gouvernement du Québec entreprenne prochainement un projet d’analyse de gouvernement ouvert et mettre sur pied une initiative de libération des données ouvertes et de gouvernement ouvert. La semaine dernière, les nouvelles en provenance de Québec à propos de l’informatisation des dossiers de santé, et la gouvernance concernant les ressources informationnelles en général, n’étaient pas très encourageantes.

Le vérificateur général Renaud Lachance fait preuve de rigueur, transparence et intégrité. Il y a eu plusieurs interventions de Renaud Lachance depuis le mois de février 2011. Il a été question notamment de dépassement des coûts prévus, et de croissance des dépenses des organismes non budgétaires et des fonds spéciaux.

L’ensemble des données financières du gouvernement du Québec devrait être publié, afin que la population soit en mesure de vérifier les ratés, et que soient proposées des idées et solutions pour améliorer la gouvernance. Les données ouvertes devraient être considérées comme une priorité parmi les divers groupes de pression, les nombreux secteurs du gouvernement et lors de la planification du maintien de l’équilibre budgétaire.

Il me semble que tous les gestionnaires gouvernementaux devraient se poser la question suivante: comment la technologie peut-elle améliorer la façon dont le Québec est gouverné?

Mais d’ici à ce que des solutions soient adoptées, le Québec apparaît désormais malheureusement comme «le cancre de l’informatique au Canada». C’est ce qu’a déclaré le député adéquiste François Bonnardel, suite à la publication du deuxième tome du rapport du vérificateur général Renaud Lachance à l'Assemblée nationale pour l'année 2010-2011.

Dans le chapitre 3 de son rapport, Renaud Lachance livre ses conclusions concernant le Dossier de santé du Québec.

Renaud Lachance

«J'ai constaté que les paramètres initiaux du projet fixés en 2006 concernant les coûts, la portée et l'échéancier ne seront pas respectés. Compte tenu de ces résultats, je considère que le projet d’informatisation du dossier de santé, sous sa forme définie à l'origine, n'existe plus et en ce sens, est un échec», a affirmé le vérificateur général lors d’une conférence de presse ayant eu lieu le 5 mai.

«Il m'apparaît très clair que le ministère de la Santé et des Services sociaux n'exerce pas le leadership nécessaire pour que s'implante une culture de la performance dans le réseau. De plus, il y a peu de mesures qui incitent les établissements à s'améliorer», a indiqué Renaud Lachance.

«J'ai également noté que la gouvernance concernant les ressources informationnelles exercée par les organismes centraux, le Secrétariat du Conseil du trésor et le ministère des Services gouvernementaux, comporte de grandes lacunes, telles qu'une absence de vision d'ensemble, d'orientations, de cadres et de normes, et une confusion quant aux rôles et aux responsabilités

Voici quelques éléments de la présentation en diaporama du second tome du rapport du vérificateur général:
• Retard dans les échéanciers variant de 1,25 an à 4,5 ans minimum. Au 31 décembre 2010, le pourcentage de reconnaissance par ISC des travaux réalisés est le suivant:
–Québec: 38 % (parmi les moins élevés avec le Nunavut et le Yukon)
–Autres provinces: 74 %
En fonction de ce critère, le Québec est manifestement en retard dans son projet d’informatisation.
• Depuis l’automne 2009, le projet pilote a peu progressé.
• Le nouveau décret, publié en juin 2010, a éliminé une date cible qui avait été prévue pour la fin des travaux.
• Son échéancier est maintenant celui qui sera fixé par le ministre.
• Depuis un an, le dirigeant responsable du DSQ a changé trois foiset un quatrième est entré en fonction en avril 2011.
• Depuis un an, le dirigeant responsable du DSQ a changé trois foiset un quatrième est entré en fonction en avril 2011.
• Projet initial du DSQ est un ÉCHEC: Aucun de ses paramètres initiaux n’est respecté.
• Portée: Changement de stratégie d’informatisation d’une plateforme unique vers plusieurs plateformes reportant à plus tard l’interopérabilité provinciale
• Interopérabilité: d’abord régionale
• Diminution du nombre potentiel d’utilisateurs
• Échéancier prévu non respecté et nouvel échéancier inconnu (pas avant 2016)
• Coûts: Risque que ISC ne verse pas les sommes prévues; Comptabilisation des coûts totaux non crédible

Pour plus d’information sur le dossier d’informatisation de la santé, consultez cet article du Devoir de Robert Dutrisac, «Dossiers médicaux: un échec sur toute la ligne».

25 avril 2011

Données ouvertes, nouvelle façon de faire les affaires (Banque mondiale)

Au cours de la dernière année, la Banque mondiale est devenue un chef de file de la transparence, selon le classement de la publication basée au Royaume-Uni ‘Publish What You Fund (Publiez ce que vous financez) – La campagne mondiale de transparence pour l'aide au développement’.

L'utilisation des données triplé: la Banque mondiale a publié des données supplémentaires, des outils communs de visualisation de données avec les pays, mis au point une cartographie pour l'application des résultats, développé quatre applications pour l'iPhone, ainsi qu’un nouvel outil pour le suivi des flux d'aide.

«Les données ouvertes consistent vraiment en un changement – il s’agit d’un programme de transformation - pour nous tous», a déclaré Shaida Badiee, directrice du Groupe des données de développement de la Banque mondiale. «C'est une nouvelle façon de faire des affaires, et pour réussir il faut vraiment travailler ensemble. Nous avons vu que l'impact des données ouvertes est extrêmement élevé et important pour résoudre les problèmes de développement

Le Groupe des données de développement maintient les principales bases de données économiques et sociales de la Banque mondiale et publie chaque année le World Development Indicators, le World Atlas de la Banque, et le Global Development Finance.

Shaida Badiee travaille en étroite collaboration avec les organismes partenaires clés sur le relèvement du profil des meilleures statistiques pour la gestion des résultats de développement, l'harmonisation des travaux statistiques, et de soutien pour le renforcement des capacités aux pays en développement.

La Suède lance le site de données ouvertes OpenAid.se pour lutter contre la corruption

La Suède a lancé le 4 avril 2011 un site Internet permettant aux contribuables de suivre le financement public de projets d'aide au développement dans le but de lutter contre la corruption.

Gunilla Carlsson, ministre suédoise de la Coopération internationale, a indiqué que ce site vise également à promouvoir la «transparence» et «idées nouvelles» dans les programmes d'aide au développement.

Le site OpenAid.se vise à offrir des réponses à des questions telles que: quelle est l'aide au développement étranger utilisée? Qui met en œuvre des projets d'aide au développement?

La ministre a indiqué que ce projet a rencontré des difficultés, notamment la collecte de données à partir de nombreuses agences gouvernementales ainsi que la numérisation de milliers de pages de documents.

Seule une femme politicienne aurait pu faire une pareille comparaison, les hommes ne s'expriment pas ainsi: «Vous avez de la transparence ou vous n’en avez pas», a déclaré la ministre Gunilla Carlsson, lors d’une assemblée de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international portant sur les données ouvertes ayant eu lieu ce printemps. «C'est comme être à moitié enceinte. Vous ne pouvez pas être à moitié enceinte. Ceci (la transparence) est quelque chose que devons mettre en place

Données ouvertes en Italie: a) OpenSpending; b) disparus d'Argentine

L'économiste et blogueur Alberto Cottica a annoncé avec beaucoup d'émoi dans les pages de Government in the Lab, le 23 avril dernier, le lancement de OpenSpending Italy - la première contribution italienne à la plate-forme OpenSpending. Ce lancement a eu lieu le 21 avril 2011.

Alberto Cottica a indiqué qu'un pas en avant a été franchi en matière d'accessibilité aux données.

Il conclut dans son billet intitulé "Against all odds: open data in Italy make a breakthrough" (Contre toute attente: les données ouvertes en Italie font une percée), par ces paroles d'espoir: «Ensemble, fonctionnaires, geeks et simples curieux - des gens engagés -, nous démontrons que nous pouvons réaliser un changement pour le meilleur ici et maintenant, avec les ressources et les compétences disponibles, sans avoir à attendre un changement global ou une singularité culturelle. Puisse cette attitude se propager ailleurs dans la sphère publique. Dieu sait que nous en avons besoin.»

Je vous invite à lire son billet au complet.

Par ailleurs, bien qu'il ne s'agisse pas de libération de données en lien avec une plate-forme particulière, l'Italie a effectué une autre annonce ce mois-ci, concernant l'accès à des archives. Il s'agit quand même d'une sorte d'ouverture de données gouvernementales, dont le but est le partage et l'entraide, qui soulageront le deuil de dizaine de milliers de familles et de citoyens.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a annoncé le 2 avril 2011 que l'Italie ouvrira les archives de ses consultats en Argentine pour aider à la recherche des quelque 30,000 personnes disparues sous la dernière dictature (1976-1983).

«Au cours de la visite de la présidente (Cristina) Kirchner en Italie en juin, nous signerons un accord pour l'ouverture des archives des consulats en Argentine afin de collaborer à la recherche des disparus», a déclaré Frattini. «Toutes les données seront disponibles», a-t-il indiqué.

L'article du Figaro ne précise pas sous quel format.

An open letter enjoining Toulouse to launch an open data initiative

The open data movement is growing in France.

Several communities initiated steps to release open data. Last year, Rennes was one of the first cities to establish such a project, starting with a small set of data. Recently, the City of Rennes opened its budget data. New sets of data released on April 5, 2011 differ from the rest of the data because they contain the Town Hall budget. Take a look at the data catalog.

Cities of Paris and Nantes are progressing in their open data projects. I was told that the City of Nantes was planning this month to add a "social" component (that is to say, involve participation and cooperation of citizens, which corresponds to an open government model).

A group of citizens from the region of Toulouse, inspired by LiberTIC (Nantes association whose mission is to promote open data and accompany the territory of Nantes in the development and use of digital applications of public utility), sent an open letter to the President of Grand Toulouse, Pierre Cohen, "enjoining him to promote open data in the urban community of the Greater Toulouse."

The authors of the letter put forward two arguments: the technological innovation on one hand, and citizen participation on the other hand, "as an important factor of social and economic innovation. The availability of such information leads to greater participation in public decision making and enriches the relationship between citizens and their representatives", wrote these open data advocates.

This open letter has many signatories, most of whom reside in Toulouse.

See the open letter.


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Une lettre ouverte enjoignant Toulouse d'emboîter le pas des données ouvertes


Le mouvement des données ouvertes est en progression en France.

Les villes de Paris et Nantes cheminent dans leurs projets. On m'a informée que la ville de Nantes envisageait ce mois-ci d'ajouter un volet «social» (c'est-à-dire impliquer la participation et la collaboration des citoyens, ce qui correspondrait au modèle de gouvernement ouvert).

Plusieurs collectivités ont lancé des démarches de libération des données. Rennes fut une des premières villes à mettre sur pied une initiative l'an dernier, en débutant par un petit ensemble de données. Dernièrement, cette municipalité a ouvert ses données budgétaires. De nouveaux ensembles de données rendus publics le 5 avril 2011, se distinguent des autres données puisqu'ils contiennent le budget de la mairie. Jetez un coup d'œil au catalogue de données.

Un collectif de la région de Toulouse, inspiré par LiberTIC (association nantaise ayant pour mission de promouvoir l’ouverture des données publiques et d’accompagner le territoire de Nantes dans le développement et l’utilisation d’applications numériques d’utilité publique), a adressé une lettre ouverte au président du Grand Toulouse, Pierre Cohen, pour « l’enjoindre à promouvoir les données ouvertes dans la communauté urbaine du Grand Toulouse».

Les auteurs de la lettre ouverte invoquent deux argumentaires: l’innovation technologique d’une part et la participation citoyenne d'autre part, «comme un important facteur d’innovation sociale et économique. La disponibilité de telles informations incite à une plus forte participation à la décision publique et enrichit les liens entre les citoyens et leurs représentants», ont indiqué ces défenseurs des données gouvernementales ouvertes.

Nombreux sont les signataires de cette lettre ouverte, dont la majorité résident à Toulouse.

Consultez cette lettre ouverte.

03 mars 2011

La Belgique s'engage dans une démarche de données ouvertes. Que décidera le Québec?

Vincent Van Quickenborne, ministre (Belgique)

Après la France, c'est au tour de la Belgique d'annoncer une démarche de libération des données (en anglais 'Open Data'). Fedict, le Service public fédéral belge Technologie de l'Information et de la Communication, prévoit débuter une opération de publication en ligne de données en avril 2011.

Datanews rapporte: «Voilà ce qu’a annoncé Bart Hanssens de Fedict lors du twunch (contraction de lunch et Twitter) organisé par le ministre pour l’Entreprise et la Simplification, Vincent Van Quickenborne. Il espère que d’autres services publics mettront eux aussi à terme leurs banques de données à la disposition de cette initiative.»

Par décret daté du 21 février 2011, la République française a officialisé le projet Etalab, qui s'étendra à toutes les instances gouvernementales, alors que la Belgique démarre par un seul service public, en espérant que cela génèrera un effet domino.

D'autres instances gouvernementales belges y pensent, indique Datanews:
«Des témoignages recueillis au twunch, il est apparu qu’il n’y a pas que Fedict qui soit occupé à proposer des données via internet, mais aussi la Banque-Carrefour de la Sécurité Sociale (le moteur et le coordinateur de l'e-government dans le secteur social). Toutefois, ces données ne sont actuellement pas régulièrement actualisées. Elles ne sont en outre pas faciles à traiter, à explorer ou ne sont disponibles que contre paiement. Tel est notamment le cas de la Banque-Carrefour des Entreprises du SPF Economie, qui vend des licences à 100.000 euros pour des informations actualisées quotidiennement. Il existe en outre encore des problèmes en matière de protection du respect de la vie privée.»
Cela porte donc à DEUX le nombre de pays de la Francophonie qui ont démontré un intérêt et une volonté envers l'ouverture des données publiques.

La société évolue rapidement. Les défis qui en découlent nécessitent des solutions innovantes. Espérons que d'autres pays francophones suivront le pas.

On ne peut pas encore déclarer que le Canada (un pays bilingue, avec deux langues officielles: l'anglais et le français. Les francophones du Québec représentent 19,5% de la population canadienne et 81,2% de la population québécoise.) fasse partie de la liste des pays francophones engagés dans une démarche de libération des données. J'ai parlé dernièrement dans ce billet des efforts déployés par des fonctionnaires canadiens. Mais les fonctionnaires ne sont pas les dirigeants d'un pays. Nous attendons donc encore que ceux d'en haut - au gouvernement fédéral canadien - se décident à faire un pas en avant.

Le Canada comporte quelques municipalités (anglophones) dont les données sont ouvertes. La Ville de Montréal, située dans la province (majoritairement francophone) du Québec, se décidera-t-elle prochainement à faire une annonce officielle dans ce sens? Je tiens à souligner les efforts déployés par le collectif Montréal ouvert, qui effectue un excellent travail de sensibilisation.

Dernièrement, la nouvelle première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a fait une promesse d'implanter un gouvernement ouvert. Voir mon billet à ce sujet, et celui de Massimo Bergamini.

[En passant, saviez-vous que la Colombie-Britannique est membre de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie? Cela pèsera dans la balance au sein de l'espace francophone, si cette province canadienne parvient à implanter une gouvernance ouverte.]

Le Gouvernement du Québec se décidera-t-il à prendre le virage du Gouvernement ouvert?

Les enjeux économiques pourraient faire en sorte que l'administration Charest s'intéresse à la gouvernance ouverte. Le gouvernement du Québec a adopté un Plan de réductions des dépenses et semble déterminé à atteindre ses objectifs financiers.

Toutefois, un élément me préoccupe considérablement: la question de la transparence. Dans une philosophie de Gouvernement ouvert, la transparence est un des éléments clés.

Yves Boisvert, professeur, ENAP

Le mois dernier, Yves Boisvert, professeur à l’École nationale d'administration publique et auteur de plusieurs livres sur la gestion publique, a déclaré que le Québec fait piètre figure en matière de transparence gouvernementale. «L’Ontario et le gouvernement fédéral ont adopté des lois dans les dernières années visant à rendre plus transparente l’administration de l’État. Le gouvernement du Québec traîne encore de la patte et maintient une culture de l’opacité aux plus hauts échelons», a indiqué Jean-François Cloutier.

Yves Boisvert a souligné que le mauvais exemple en matière de transparence viendrait d'en haut de l'échelle, et des élus en premier lieu. «Le gouvernement Charest n’a aucun intérêt politique à devenir plus transparent», rappelant que M. Charest a refusé de déclencher une commission d’enquête sur la construction.

M. Charest semble vouloir repartir à neuf, tel que démontré dans le discours d'ouverture de la seconde partie de la 39e législature, prononcé le 23 février dernier. Un homme neuf? Je n'y crois pas. On ne change pas les gens, ils sont ce qu'ils sont. Il faut les prendre aussi comme ils sont. Le proverbe «Chassez le naturel et il revient au galop» nous rappelle qu'on ne peut lutter contre les penchants naturels, ou tout du moins les supprimer totalement.

Jean Charest, Premier ministre (Québec)

Alain Dubuc dans La Presse a parlé du «second début» de Jean Charest. Il a observé quelque chose d'intéressant à propos de cet homme. Cet élément a attiré mon attention, et me fait espérer qu'il soit possible qu'une gouvernance ouverte voit le jour prochainement au Québec. Alain Dubuc a indiqué: «J'ai écrit à plusieurs reprises qu'on a l'impression qu'il y a deux Jean Charest. Le premier, assez absent, maladroit, qui a du mal à imprimer une cohérence à son équipe. Et le second, énergique et fonceur, qui se manifeste surtout dans l'adversité. L'amorce de cette nouvelle session donnera peut-être l'occasion à cet autre Jean Charest de se manifester

C'est cet «autre Jean Charest»-là qu'il faudrait éveiller aux principes de la gouvernance ouverte. Au cours des prochains mois, les élus d'en haut, les leaders de l'administration Charest, devront manifester suffisamment de volonté pour transcender le passé, et accueillir de bonne foi la transparence, la participation et la collaboration avec les citoyens, s'ils veulent transformer leur administration en Gouvernement ouvert.

26 février 2011

La solution pour le Québec: adopter une gouvernance ouverte

Par décret le 21 février dernier, la France a lancé Etalab, un portail de données brutes ouvertes. Hier, j’ai décrit le projet dans ce billet.

@LiberTIC m’a indiqué ce matin sur Twitter, «héberger leurs données, ce n’est pas exactement de l’accompagnement». Cet organisme sans but lucratif, qui fait la promotion et développe le gouvernement ouvert et les données ouvertes à Nantes en France, veut dire que Etalab est une solution partielle, un premier pas en avant, mais cela ne signifie pas que la France devient un Gouvernement ouvert, parce qu’il n’est pas encore question de participation ni de collaboration. Un souci de transparence vient d’être démontré par la volonté de «mettre librement à la disposition des données brutes dans un format exploitable», rapporte 01Net. Il manque les deux autres composantes pour que l’on puisse parler d’une véritable gouvernance ouverte en France.

Le Gouvernement du Québec ne s’est pas encore lancé dans une aventure de Gouvernement ouvert.

- Le Premier ministre Jean Charest ne cesse de répéter que le Québec se trouve au bon endroit au bon moment. Il l’a dit lors du premier colloque d’une série de quatre du Parti Libéral du Québec, devant 600 délégués réunis à Trois-Rivières. Il l’a dit aussi dans le discours d'ouverture de la seconde session de la 39e législature. «Jamais le Québec n'aura été dans une telle position pour se démarquer

- Dans le discours d'ouverture, Jean Charest a soutenu qu'il a accompli la mission économique pour laquelle il a été élu en 2008 et qu'il compte axer la deuxième moitié de son mandat sur la «relance». Le Premier ministre a réitéré l’engagement de son administration à maintenir le cap de l’équilibre budgétaire. Or le Vérificateur général a déposé dernièrement un rapport indiquant qu’il pourrait y avoir eu dépassement des dépenses prévues.

- L’impopularité du gouvernement Charest bat des records dans les sondages. L’équipe déploie une opération visant à regagner la confiance de la population.

- Le Premier ministre a aussi demandé aux députés de l’Assemblée nationale de faire preuve de civisme, lors des travaux de l'Assemblée. Lucien Bouchard a déclaré cette semaine à cet effet: «Comprenez-moi, je suis en empathie avec les politiciens, ils travaillent tout le temps, ils ont des nuits sans sommeil, ils se font attaquer pour chaque décision et ce qu'ils font n'est absolument pas valorisé. Il faut revaloriser le projet politique

La solution qui répondrait à chacun des éléments énumérés ci-dessus, serait de transformer l’appareil gouvernemental actuel en Gouvernement ouvert:

- Aucune nation ni aucun pays francophone n’a encore adopté la philosophie de Gouvernement ouvert. Les villes de Nantes, Rennes et Paris ont ouvert leurs données. La République française a lancé Etalab. Mais le Québec peut se positionner en leader mondial francophone: en donnant l’exemple en devenant la première nation francophone à implanter un Gouvernement ouvert, et en incitant d’autres pays de la Francophonie à suivre ses pas.

- L’optimisation des dépenses et le maintien de l’équilibre budgétaire peut s’effectuer par l’innovation et la «co-production» avec les citoyens et les communautés. Les effets positifs d’une gouvernance ouverte sont notamment l’efficacité et la réduction des dépenses.

- En axant la gouvernance sur la transparence, la participation et la collaboration, le gouvernement du Québec se mettrait à l’écoute des besoins des citoyens. Il consoliderait sa relation avec ceux-ci, et deviendrait un catalyseur de créativité. Le foisonnement des idées, combiné à la sagesse des foules, pourrait assurer une gestion saine.

- Pour arriver à implanter avec succès un nouveau type de gouvernance – cela ne se fait pas en claquant des doigts, il faut se départir d’anciennes habitudes pour adopter le changement - les dirigeants de l’administration actuelle devront laisser derrière eux leur ancienne manière de gouverner. Ils devront apprendre à penser autrement. Ils devront apprendre à se comporter autrement pour valoriser l’autre, mais également valoriser une nouvelle forme de gouvernance.
 
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