Blogue de Lyne Robichaud

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01 octobre 2011

De quoi ou de qui avez-vous peur?


Cette semaine, mon ami Marc Garriga de Barcelone m’a transmis un article en Catalan, qui indique que l’opendata (ou le gouvernement ouvert), ce n’est pas à propos de la technologie, mais c’est de la politique. J’ai des amis formidables situés un peu partout sur la planète, qui m’encouragent dans mes démarches d’opengov advocacy. Sans leur soutien, j'aurais abandonné il y a longtemps. Parce que jour après jour depuis des mois, ce n’est pas facile de continuer de répéter la même affaire et d'écrire lettre après lettre, compte tenu de l'ampleur de la peur du changement chez les décideurs. Suite aux articles de presse de cette semaine à propos de la corruption, les observateurs de l’extérieur comprennent désormais mieux pourquoi le gouvernement du Québec est lent à adopter le gouvernement ouvert.

Quelqu’un de mon entourage s’est écrié dernièrement avec véhémence: «Penses-tu sincèrement que Lyne Robichaud va arriver à changer le gouvernement? Es-tu tombée sur la tête? Pourquoi fais-tu cela? Tu perds ton temps.» J’ai répondu que je fais ce que je fais parce que je me dois de le faire. Si personne ne réagit, si personne n’intervient et ne propose un autre modèle, le gouvernement va continuer à agir comme bon lui semble. Il va rester comme il est. Je fais ce que je fais parce que je me sens responsable.

Je me sens aussi toutefois comme un grain de sable, une goutte d’eau dans l’océan, face au gouvernement. Voir cette caricature de @davidlemelin99 à propos de la collusion et de la demande d’une commission d’enquête publique.

Ce matin, je suis tombée par hasard sur ce gazouillis de @jcbouniol, qui consiste en une énumération de mots. Ces mots, juxtaposés les uns à côté des autres, font réfléchir. «Quelques mots clés: argent, pouvoir, terreur, narcotique, mondialisation, collusion, corruption, blanchiment, paradis fiscal, violence.»

Jeudi 29 septembre à 12h02, l’équipe Gautrin a écrit sur sa page Facebook: «Il faut rester confiant pour la suite des choses.»

Ben voyons.

Bien entendu, en tant que citoyens, nous devrions avoir confiance en les élus et en le gouvernement. C’est ce qui devrait idéalement survenir. Cependant, pour que la confiance règne, celle-ci doit s’appuyer sur quelque chose.

Qu’est-ce que la confiance?

La confiance permet d’établir un autre rapport face à l’avenir, en donnant la possibilité de croire que l’espace des possibles est toujours ouvert: à la différence de la peur qui porte chacun à s’enfermer à l’intérieur d’un univers clos, où rien n’est plus possible, la confiance permet de sortir de la paralysie et de contourner les obstacles.

La confiance peut intervenir pour casser le cercle de la peur, en réintroduisant dans le monde la possibilité de l’espoir, en poussant chacun à parier de nouveau sur soi-même, sur les autres et, plus généralement, sur l’avenir.

Niklas Luhmann, dans La confiance, un mécanisme de réduction de la complexité sociale (Paris, Economica, 2006), indique: «Nous ne pouvons pas, la plupart du temps, contrôler directement la fiabilité des instances et des personnes à qui notre confiance est accordée bien que nous soyons simultanément contraints d’accorder cette confiance.»

Voici une autre définition de la confiance: «Croyance spontanée ou acquise en la valeur morale, affective, professionnelle... d'une autre personne, qui fait que l'on est incapable d'imaginer de sa part tromperie, trahison ou incompétence.»

La classe politique ne contribue guère à donner une image positive d’elle-même ces derniers temps. L’actualité est marquée d’événements révélant que des élus et gestionnaires gouvernementaux pourraient être peu recommandables aux plans éthique et moral. Cette situation contribue fortement à la dégradation du climat politique. Le fossé entre citoyens et élus se creuse. Ces derniers temps, la défiance des Québécois envers leurs élus et dirigeants politiques risque de s’être encore accrue. De nombreuses personnes estiment que les personnalités politiques ne se préoccupent pas de ce que pense la population. Plusieurs personnes pourraient estimer également que la démocratie au Québec ne fonctionne «pas très bien» ou «pas bien du tout». Voir l’article de Bernard Descôteaux intitulé «La démocratie québécoise gangrenée par la corruption».

Cette problématique de perte de confiance n’est pas unique au Québec. Ailleurs, les politiciens rencontrent des problèmes semblables. Sauf qu’au Québec, nous risquons de devoir faire face à un phénomène de perte de confiance plus grave, ce qui signifie que nous devrons déployer des efforts plus considérables pour renverser la vapeur.

«On va dans une politisation négative qui va de pair avec une défiance à l'égard des politiques. Les Français gardent confiance en eux-mêmes et dans le premier cercle les entourant, amis et voisins, selon ce baromètre. Le défi est de transformer cette confiance là en confiance politique», estime Pascal Perrineau. «Là ce n'est pas une mince affaire», observe le politologue.

Ce n’est pas une mince affaire non plus de mettre en place un gouvernement ouvert.

La suite des choses, après avoir déposé le rapport d’analyse (ça, c’est la partie la plus facile), ce serait de transposer ce qui est écrit dans la réalité, en procédant à une déclaration de gouvernement ouvert. La suite des choses, ce serait de progresser vers l’implantation d’un gouvernement ouvert, basé sur la transparence des données gouvernementales, participation et collaboration avec les citoyens.

Or, depuis le début des travaux d’analyse du potentiel du Web 2.0, le premier ministre Jean Charest n’est pas intervenu une seule fois. Depuis un an, si nous avions entendu parler de cette analyse qu’il a commandée, nous aurions sans doute été plus confiants.

Si nous avions pu observer, dans d’autres situations, que le premier ministre avait démontré de l’écoute, avait combattu ses peurs, et que cela s’était traduit par une action éclairée, nous aurions sans doute été plus confiants.

Hier (30 septembre), Vincent Marissal a décrit un climat de «Perte de confiance» chez les élus municipaux dans La Presse:
«Avant de partir pour un voyage de quelques jours en Europe, M. Charest en a toutefois pris plein la tronche, en particulier hier midi devant la Fédération québécoise des municipalités, réunie en congrès à Québec.

Devant plus de 2000 élus municipaux et un premier ministre isolé, M. Généreux a ajouté: «Il est de votre devoir, comme chef d'État, de mettre fin à cette dérive de nos valeurs, d'éradiquer cette gangrène qui menace nos institutions et qui finit par dévaloriser nos fonctions d'élus.»

Les élus municipaux, qui sont aux premières loges des magouilles dans le domaine de la construction et des chantiers routiers, réclament le grand ménage depuis des années, eux aussi.

La réaction tout juste polie des dirigeants municipaux envers le premier ministre et la grogne de leur président démontrent bien que le courant ne passe plus entre Québec et les municipalités. On sent nettement la perte de confiance.»
Des milliers de citoyens ont attendu cette semaine une certaine «illumination» de la part du premier ministre, suite à la présentation du rapport Duchesneau à des membres de l’Assemblée nationale. À mon avis, personne d’autre que Lise Payette a su décrire aussi bien qu'elle cette espérance.
«Mardi soir dernier, en allant dormir, après avoir écouté le plaidoyer de Jacques Duchesneau, je me suis dit que mercredi serait enfin le jour où vous verriez la lumière. Que vous ne pourriez pas être insensible à ses mises en garde et que le diagnostic qu'il portait sur ce que notre société était devenue allait vous pousser dans vos derniers retranchements. Que vous alliez vous comporter comme le grand premier ministre que vous voudriez être et que vous alliez assumer les responsabilités qui vont avec le titre.

Votre totale insensibilité à ce que vivent les Québécois, en attendant une commission d'enquête publique qu'ils réclament depuis un long moment, ne semble même pas vous déranger. Ce peuple qu'on vole et qu'on exploite et qui n'a pas les moyens de se défendre devrait pouvoir compter sur vous pour entreprendre le grand ménage qui s'impose et pour l'aider à retrouver la santé citoyenne une fois que le cancer de la corruption aura été détruit. Il vous appelle au secours et votre répondeur n'arrête pas de répéter qu'il n'y a pas d'abonné au numéro qu'il a composé. De quoi ou de qui avez-vous peur?»
Cela fait plusieurs années, que chaque soir, en allant dormir, je suis dis le gouvernement verra enfin la lumière, et se décidera à marcher vers une politique de gouvernement ouvert. (Pas juste sur le papier d’un rapport. Mais dans la réalité.)

De quoi ou de qui avez-vous peur?

10 septembre 2011

"Happy Feet" and open government in Francophonie

Government leaders of France could learn from the allegory of the animated movie "Happy Feet" to guide their strategies of action towards an open government policy, and thereby, set an example for French-speaking countries.

Allegory of "Happy Feet"
Born in a colony of penguins who find their soul mate by singing, Mumble is considered to have a handicap, since he cannot sing a note properly. He is, however, really good at tap dancing. [He thinks differently, he has an iconoclast mind. Brains of iconoclasts work differently, giving them the ability have a different view.] Banished by his community because of his difference, he travelled to the Adélie Land.

Disaster struck the colony of penguins, which lacked food. The fish is scarce. [The community is experiencing economic difficulties and people are feeling the effects of a decline in prosperity.] Mumble looks for the "aliens" who steel their fish. During his journey, he will make findings on all aspects of his life and his destiny.

Mumble faces the waves and swims through a vast expanse of water. Weakened, stranded on a foreign bank, he is found by the authorities. [A foreign government supports him and financial needs.] His difference is quickly spotted and his unique talents are recognized. Foreign authorities are trying to decipher his message. Accompanying Mumble in his colony of origin, foreign authorities allow all community members to learn to tap dance like Mumble and speak with a unified "voice".

According to neuroscientist Dr Gregory Berns, in his book 'Iconoclasts'
"No organization can survive without iconoclasts -- innovators who single-handedly upturn conventional wisdom and manage to achieve what so many others deem impossible.

Though indispensable, true iconoclasts are few and far between. In Iconoclast, neuroscientist Gregory Berns explains why. He explores the constraints the human brain places on innovative thinking, including fear of failure, the urge to conform, and the tendency to interpret sensory information in familiar ways."

Lack of open government States leaders in Francophonie

No developed country of the Francophonie is still seriously involved in a process indicating that it is becoming an open government.

Quebec is not a country but it has a membership at the Organisation internationale de la Francophonie, as does New Brunswick.

On September 1st, the government of Quebec ruled against the Open Government and Francophonie Project. The deputy Jean-Paul Diamond said: "There are no solutions. There is nothing at the government of Quebec that would allow the launch of this project", closing the door (at least for short and medium term) to any hope of collaboration.

Although Canada is part of the twenty-two countries that have offered so far to join the Open Government Partnership http://www.huffingtonpost.com/alexander-howard/international-open-govern_b_950967.html (the Steering Committee will be co-led by the United States and Brazil during the first year of collaboration), the absence of mention in public of open government issues by the Premier of Quebec and other government policy makers shows an obvious lack interest by Quebec authorities, and limits participation of Francophones to the OGP (via Canada). Note that a few countries French-speaking members of the OIF are participating to the OGP.

Open government advocates from France informed me that France has declined to invitation to participate in the OGP.

This week, the Minister Éric Besson, responsible for Industry, Energy and the Digital Economy, was visiting Quebec, a trip dedicated to opportunities for industrial partnership regarding Quebec’s Plan nord, and was to culminate with “laying the groundwork for what could be a special partnership between Quebec and France”. Check the calendar for details of his visit: Also see article «La France s'intéresse à "l'Eldorado" du Nord québécois» http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201109/08/01-4432657-vote-libre-mauvais-pour-leconomie-dit-charest.php

It is regrettable that the Government of Quebec did not include in the discussions, even if it had only been for fifteen minutes, development opportunities and partnership related to open government perspectives.

Although the consultation on the potential of Web 2.0 has been commissioned by Premier Jean Charest, responsible for youth issues in October 2010, the Prime Minister has not yet gotten in a word in edgeways.

Minister Eric Besson’s visit in Quebec would have been an extraordinary opportunity for the Prime Minister to demonstrate support for the work of a team of nearly two dozen government managers, led by the Deputy House Leader, Henri-François Gautrin, which will devote 15 months of their time to provide guidance and propose recommendations. It would have been most interesting to find out about shared ideas on open data and open government by the Prime Minister and Minister responsible for the Digital Economy.

On September 1st, 2011, the Minister Éric Besson provided new details about the upcoming digital strategy of the government. The minister said that "the plan included 154 tangible actions, 80% of which have already been implemented."

A visit of Premier Jean Charest is expected next month in France. Michel Viatteau of APF reported yesterday that "the French Prime Minister Francois Fillon was to receive in early October the Premier of Quebec Jean Charest."

It's not too late to discuss perspectives for open government.

However, Premier Jean Charest "ruled out Thursday the possibility of holding democratic votes on bills, fearing that it would create too much instability," reported the Canadian Press on September 8th. http://www.985fm.ca/national/nouvelles/jean-charest-craint-l-instabilite-que-des-votes-li-95544.html See also "Democratic vote: bad for the economy" http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201109/08/01-4432657-vote-libre-mauvais-pour-leconomie-dit-charest.php
Eight citizens signed an article in Le Soleil, "Quebecers are tired of old politics":
"The cynicism and disinterest for public affairs is a direct consequence of the impression that a majority of votes are wasted in every election, and that good candidates turn into servile parrot once elected.
At the age of information and diffuse authority, we can not expect to dictate to docile masses. We will never attract strong and independent personalities in politics by promising them (political party) silence, and this will not convince the young (and old) citizens to vote as they will not see that every vote counts.
Parties who cling to old ways – old fashioned practices that discredit politics rather than showing them a noble and inspiring way - will look for what they are: the old parties.
And Quebecers are tired of old politics."
What could allow for more democracy should be welcomed with greater consideration given the issues of disengagement of citizens from politicians and government.

The reaction of the Prime Minister Jean Chares regarding the democratic votes makes us seriously question ourselves about what he thinks about open government, and what degree of fear of economic instability he has about bringing changes in this field.

Following this week’s declaration of the Premier about the democratic votes, @GautrinWeb2’s Twitter stream recorded a decrease in activity. Despite a team effort to refocus on the analysis work, through a second blog post about "The what, why and how of our report," the passion is gone. A loss of meaning, alienation of citizen’s hope, further undermines the analytical work of Gautrin’s team.

The Open Government and Francophonie Project submitted to the Minister Besson
On September 8, via Twitter , the Minister Eric Besson was kind enough to agree to receive details about the Open Government and Francophonie Project.

Many observers from around the world are hanging on Éric Besson’s lips and are waiting to see how he will react to the project and what he will have to offer. We all hope that he offers something… Since Quebec has not dared to venture into new horizons, the ball is Éric Besson’s court now.

Let’s hope that the allegory of “Happy Feet” and Mumble will help Minister Éric Besson and his colleagues, and drive them to be wise and indulgent towards the people who dance tap and think differently.

The Open Government and Francophonie Project, an international partnership project that would allow the deployment and development of open governance throughout the Francophonie, could be complementary to the Open Government Partnership. A Francophone developed country, member of the OIF, endorsing a serious commitment to an open government policy would set an example and would be able to convince other countries of the Francophonie to participate in a global effort towards greater transparency, participation and collaboration with citizens.

Les «Petits pieds du bonheur» et le gouvernement ouvert en Francophonie

Les leaders gouvernementaux de la France devraient s’inspirer de l’allégorie du long métrage d’animation «Les Petits pieds du bonheur» (Happy Feet) pour orienter leurs stratégies d’action vers une politique de gouvernement ouvert, et par le fait même, donner l’exemple des pays de la Francophonie.

Allégorie des «Petits pieds du bonheur»
Né dans une colonie de manchots qui trouvent l'âme sœur en chantant, Mumble est considéré comme ayant un handicap, étant donné qu’il ne peut sortir une note juste. Il fait en revanche des claquettes comme personne. [Il pense autrement des autres, il est un iconoclaste. Le cerveau des iconoclastes fonctionne de façon différente, ce qui leur confère une vision différente.] Banni par les siens à cause de sa différence, Mumble part en Terre d’Adélie.

Le malheur frappe la colonie de manchots, qui manque de vivres. Les poissons se font rares. [La communauté éprouve des difficultés économiques et les citoyens ressentent les effets d’une baisse de prospérité collective.] Mumble par à la recherche des «extra-terrestres» qui volent le poisson. Il fera des découvertes sur tous les aspects de sa vie et sur sa destinée.

Mumble affronte les flots et traverse seul une vaste étendue d’eau. Affaibli, échoué sur une berge étrangère, il est recueilli par les autorités. [Un gouvernement étranger lui accorde son soutien et veille à assurer ses besoins financiers.] Sa différence est vite repérée et ses talents sont reconnus. Les autorités étrangères tentent de déchiffrer son message. En accompagnant Mumble dans sa colonie d’origine, les autorités étrangères permettent à tous les membres de la collectivité d’apprendre à danser la claquette comme Mumble et à s’exprimer d’une «voix» unifiée.

Selon le neuroscientifique Dr Gregory Berns, dans le livre 'Iconoclasts':
"No organization can survive without iconoclasts -- innovators who single-handedly upturn conventional wisdom and manage to achieve what so many others deem impossible.

Though indispensable, true iconoclasts are few and far between. In Iconoclast, neuroscientist Gregory Berns explains why. He explores the constraints the human brain places on innovative thinking, including fear of failure, the urge to conform, and the tendency to interpret sensory information in familiar ways."
Absence de gouvernement ouvert dans les États leaders de la Francophonie
Aucun pays développé de la Francophonie n’est encore sérieusement impliqué dans une démarche démontrant qu’il est en voie de devenir un gouvernement ouvert.

Le Québec n’est pas un pays, mais il a un statut de membre au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie, tout comme le Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement du Québec a statué négativement le 1er septembre 2011 sur le projet Gouvernement ouvert et Francophonie. Le député Jean-Paul Diamond a déclaré: «Il n’y a pas de solutions. Il n’y a rien au gouvernement du Québec qui puisse permettre le démarrage de ce projet», fermant ainsi définitivement la porte (du moins à court et moyen terme) à tout espoir de collaboration.

Bien que le Canada fasse partie de la vingtaine de pays qui se sont proposés à ce jour pour rejoindre le Open Government Partnership http://www.huffingtonpost.com/alexander-howard/international-open-govern_b_950967.html (dont le comité des parties prenantes sera co-piloté par les États-Unis et le Brésil pendant la première année d’activités), l’absence de mention en public de questions concernant le gouvernement ouvert par le premier ministre du Québec et les autres décideurs gouvernementaux dénote un manque flagrant d’intérêt par les autorités québécoises, et limite la participation francophone à l’OGP (par le biais du Canada). À noter que quelques pays ayant le français en partage membres de l’OIF, font partie de la vingtaine de pays à participer à l’OGP.

Des intervenants de la sphère du gouvernement ouvert en France m’ont informée que la République française aurait décliné l’invitation d’une participation à l’OGP.

Visite au Québec du ministre français chargé de l’économie numérique

Cette semaine, le ministre Éric Besson, ministre chargé de l'Industrie, de l'Énergie et de l'Économie numérique, était en «déplacement au Québec, consacré aux opportunités de partenariats industriels dans le cadre du Plan Nord québécois», et qui devait culminer par «jeter les bases de ce qui pourrait être un partenariat spécifique entre le Québec et la France». Consultez son agenda pour connaître les détails de sa visite: http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/11400.pdf. Voir aussi l’article «La France s'intéresse à "l'Eldorado" du Nord québécois» http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gw7UTBHzZsOTmojf9SYJCN6Ahyxw?docId=CNG.e90f5a7d78f4df301e94b4c7108d7117.61

Il est regrettable que le gouvernement du Québec n’ait pas profité de cette visite pour discuter, ne serait-ce que quinze minutes, des opportunités de développement et de partenariat en lien avec des perspectives de gouvernement ouvert.

Bien que la consultation sur le potentiel du Web 2.0 ait été commandée par le premier ministre Jean Charest, responsable des dossiers jeunesse, en octobre 2010, le premier ministre n’en a pas encore glissé un mot publiquement.

La visite au Québec du ministre Éric Besson aurait été une occasion extraordinaire pour le premier ministre de démontrer un soutien aux travaux d’une équipe de près d'une vingtaine de gestionnaires gouvernementaux, pilotée par le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin, qui se consacreront pendant 15 mois à dégager des orientations et à proposer des recommandations. Il aurait été des plus intéressants de découvrir quels sont les idées partagées par le premier ministre et le ministre chargé de l’Économie numérique au sujet des données ouvertes et du gouvernement ouvert.

Le 1er septembre 2011, le ministre Éric Besson a fourni de nouveaux détails au sujet de la prochaine stratégie numérique du gouvernement. http://www.clubic.com/internet/actualite-443724-france-numerique-2020-gouvernement-ouvre-consultations.html Le ministre a affirmé que «ce plan prévoyait 154 actions concrètes, dont 80% ont d'ores et déjà été mises en œuvre».

Un déplacement du premier ministre Jean Charest est prévu le mois prochain en France. Michel Viatteau de APF a rapporté hier que «le Premier ministre français François Fillon devait recevoir début octobre le Premier ministre québécois Jean Charest.»

Il n’est pas trop tard pour discuter de perspectives de gouvernement ouvert.

Cependant, le premier ministre Jean Charest «a exclu jeudi la possibilité de tenir des votes libres sur des projets de loi, craignant que cela ne crée trop d'instabilité», rapportait le 8 septembre la Presse canadienne. http://www.985fm.ca/national/nouvelles/jean-charest-craint-l-instabilite-que-des-votes-li-95544.html Voir aussi «Vote libre: mauvais pour l’économie» http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201109/08/01-4432657-vote-libre-mauvais-pour-leconomie-dit-charest.php

Huit personnes signaient dans Le Soleil l’article «Les Québécois en ont marre de la vieille politique». http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201109/08/01-4432724-les-quebecois-en-ont-marre-de-la-vieille-politique.php
«Le cynisme et le désintérêt pour la chose publique sont une conséquence directe de l'impression qu'une majorité de votes sont gaspillés à chaque élection, et que des candidats intéressants se transforment en perroquets serviles une fois élus.
À l'âge de l'information et de l'autorité diffuses, on ne peut plus espérer dicter sa volonté à des masses dociles. On n'attirera jamais de personnalités fortes et indépendantes en politique en leur promettant le musellement partisan, et on ne convaincra pas les jeunes (et les moins jeunes) de voter tant qu'on ne garantira pas que chaque vote compte.
Les partis qui s'accrocheront aux anciennes façons de faire -- des pratiques qui déconsidèrent la politique dans ce qu'elle a de noble et d'inspirant -- auront l'air de ce qu'ils sont: des vieux partis.
Et les Québécois en ont marre de la vieille politique.»
Ce qui peut accorder davantage de démocratie devrait être accueilli avec une meilleure considération, étant donné la problématique de désengagement des citoyens face aux politiques.

La réaction du premier ministre Jean Charest concernant le vote libre a de quoi nous interroger sérieusement sur ce qu’il pense du gouvernement ouvert, et quel est son degré de crainte d’instabilité économique face aux changements à effectuer dans ce domaine.

Suite à la déclaration sur le vote libre du premier ministre, le fil de discussions Twitter de @GautrinWeb2 enregistre une baisse d’activité. Malgré un effort de l’équipe pour remettre l’accent sur les travaux, par le biais d’un second billet de blogue portant sur «Le quoi, le pourquoi et le comment de notre rapport», https://www.facebook.com/notes/consultation-publique-gautrin-web-20/le-quoi-le-pourquoi-et-le-comment-de-notre-rapport/239072756138426 le cœur n’y est plus. Une perte de sens, par l’aliénation de l’espoir des citoyens, vient miner encore davantage les travaux d’analyse de l’équipe Gautrin.

Le projet Gouvernement ouvert et Francophonie présenté au ministre Besson
Le 8 septembre, via Twitter http://twitter.com/#!/Eric_Besson/status/111874829380091904, le ministre Éric Besson a eu l’amabilité d’accepter de recevoir les détails du projet Gouvernement ouvert et Francophonie.

De nombreux observateurs de partout dans le monde sont suspendus aux lèvres du ministre Éric Besson et attendent de voir de quelle manière il recevra le projet, et ce qu’il proposera. Nous espérons tous qu’il propose quelque chose. Puisque le Québec n’a pas osé s’aventurer vers de nouveaux horizons, la balle est dans le camp de la France.

Espèrons que l’allégorie de Mumble du long métrage «Les Petits pieds du bonheur» fera réfléchir le ministre Éric Besson et ses collègues, et que cela les poussera à faire preuve de sagesse et d’indulgence envers les personnes qui dansent de la claquette et pensent autrement des autres.

Le projet Gouvernement ouvert et Francophonie, un projet de partenariat international qui permettrait le déploiement et développement de la gouvernance ouverte à travers la Francophonie, pourrait être complémentaire à l’Open Government Partnership. Un pays francophone développé membre de l’OIF s’engageant sérieusement vers une politique de gouvernement ouvert donnerait l’exemple et serait en mesure de convaincre d’autres pays de la Francophonie de participer à un effort mondial vers une plus grande transparence, participation et collaboration avec les citoyens.

04 juillet 2011

11 questions de Henri-François Gautrin sur le potentiel du Web 2.0

Le mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0, mandaté par le responsable des dossiers jeunesse au gouvernement du Québec, le premier ministre Jean Charest, et confié au leader parlementaire adjoint du gouvernement, Henri-François Gautrin, a débuté le 19 octobre 2010. Le rapport final est prévu vers la fin de l'année 2011. Ce qui constitue un laps de temps de 15 mois. Le site Internet, qui devait être lancé en avril 2011, n'est toujours pas en ligne, et nous sommes en juilet. Supposons que ce site deviendra accessible vers septembre 2011. Ce qui signifierait que la phase cachée du mandat durerait environ 11 mois, et la partie publique, 3 à 4 mois.

Quelle sorte de site Internet l'équipe de Henri-François Gautrin prépare-t-elle? Ce site demandera-t-il les mêmes questions que celles de la consultation interne? Les réponses et commentaires des participants seront-ils affichés sur ce site. (J'en doute fort.)

Pourtant, Jean Charest a écrit ceci à Henri-François Gautrin: «Le principe fondamental du Web 2.0 étant que l'initiative vient de ses utilisateurs, il est important que les internautes québécois soient associés de près à votre réflexion et qu'ils puissent s'approprier vos recommandations; à cette fin, je souhaite que vous organisiez une interaction avec eux, pour cerner tout le potentiel de ces nouveaux moyens de communication.»

Il n'y a pour le moment ni page Facebook, ni compte Twitter disponible, ni site Internet, ni aucune mention de ce mandat d'analyse sur le portail du gouvernement du Québec, pour associer «de près» les internautes québécois aux réflexions.

Je me prépare à répondre aux questions suivantes:

PREMIÈRE SÉRIE DE QUESTIONS:
Ce qui se fait actuellement au gouvernement

1. Actuellement existe-t-il, selon votre connaissance, dans les organisations gouvernementales que vous connaissez, des activités qui ont adopté la philosophie, qui sous-tend le Web 2.0.? Si oui pouvez-vous nous les décrire?

2. En vous référant à la nomenclature ci-dessus quant aux différentes facettes du Web 2.0 laquelle y est alors utilisée?

3. Êtes-vous en mesure d’évaluer les bénéfices obtenus tant pour les services à la clientèle que pour l’efficacité du fonctionnement de l’organisation?
DEUXIÈME SÉRIE DE QUESTIONS:
Utilisation du Web 2.0 par le gouvernement

4. Dans le cas du gouvernement du Québec ou dans le cas des réseaux de la santé ou de l’éducation, de quelle façon, selon vous, peut-on utiliser chacune des facettes du Web 2.0 pour améliorer les rapports du gouvernement avec les citoyens, les entreprises, voire ses propres employés?

5. Cette utilisation du Web 2.0 doit-elle entraîner des modifications dans la façon de fonctionner du gouvernement?

6. Dans chacun des cas, pouvez-vous décrire les bénéfices qui pourraient être escomptés de chacune de ces utilisations?
TROISIÈME SÉRIE DE QUESTIONS:
Les projets pilotes

7. Êtes-vous en mesure de suggérer certaines applications qui pourraient donner lieu à des projets pilotes orientés vers les citoyens dans les organisations que vous connaissez bien?
QUATRIÈME SÉRIE DE QUESTIONS:
La sécurité

8. Croyez-vous que la généralisation des applications liées au Web2.0 puisse remettre en question la protection des renseignements personnels, et comment faire pour que cela ne constitue pas une violation de la vie privée du citoyen?

9. Il est clair que les techniques du Web 2.0, particulièrement dans le volet interaction avec les citoyens, peuvent donner lieu à une invasion des sites par des groupes de pression hostiles. Quelle mesure d’identification suggérez-vous pour assurer que chaque participant est bien un citoyen et qu’il n’abuse pas d’une participation multiple?
CINQUIÈME QUESTION:
L’utilisation du Web 2.0 par les employés de l’État

10. Quelle devrait, selon vous être la politique d’accès aux réseaux sociaux sur les lieux de travail par les fonctionnaires?
SIXIÈME QUESTION:
La fracture sociale

11. Malgré la généralisation du Web 2.0, certains citoyens ne veulent pas utiliser Internet, d’autres ne peuvent pas ou ne savent pas comment faire pour y avoir accès. Ceux-ci ont droit à la même qualité de services. Comment alors s’assurer qu’ils puissent bénéficier des mêmes avantages?

Si vous avez des réponses ou commentaires, merci de me les faire parvenir par courriel à robichaud.lyne@hotmail.com ou Twitter @Lyne_Robichaud.

03 juillet 2011

Jean Charest, le plus branché des premiers ministres provinciaux canadiens sur Facebook?

(Jean Charest)
Depuis février 2009, je regarde mes amis américains et d’autres nationalités s’impliquer dans toutes sortes de projets extraordinaires de développement de gouvernement ouvert. Ils déploient leur créativité, mettent leurs compétences et expérience au profit de la collectivité et utilisent les nouvelles technologies pour consolider un peu plus chaque jour la démocratie. C’est comme si tous montaient dans les rames de métro qui passent devant mes yeux, et que je me trouvais de l’autre côté de la voie. De mon côté de la voie, il n’y a aucun métro qui se pointe, même si j’attends immobile depuis tout ce temps. Il ne s’est en fait strictement rien passé au gouvernement provincial du Québec.

Il y a certes un mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0 en cours. Cette étude se poursuivra pendant au moins 15 (longs) mois, et les probabilités que soient incorporées les questions concernant les données ouvertes et le gouvernement ouvert demeurent assez minces. La méthodologie retenue, soit une consultation interne, un site Internet (pas encore lancé) et une conférence (dont personne n’a encore ni vu ni entendu parler de quelque détail que ce soit concernant le programme), ne collent pas du tout avec la nature, l’essence même de ce qui est étudié, c’est-à-dire les médias sociaux. Il n’y a pas une seule personne à qui j’aie mentionné ce mandat qui ne se soit immédiatement esclaffée sur la procédure. Nous pouvons féliciter Jean Charest d'avoir pensé à mandater une équipe pour effectuer cette analyse. Mais pour ce qui est des étapes de production, plusieurs sont d'avis qu'il ne s'agit pas de sa décision la plus éclairée.

D'autre part, les porteurs du dossier ne sont pas branchés sur les médias sociaux et n’expérimentent pas avec ceux-ci. Peut-être le sont-ils dans l’ombre et le font-ils en parallèle, sans que personne ne le sache? Peu importe, la résultante est qu'ils ne sont pas branchés. Ce qui signifie que pour communiquer avec eux, il faut plonger dans le temps et retourner à ce qui m’apparaît comme l’époque des Arpents verts: faites de votre mieux pour monter tout en haut du poteau (sans vous casser la gueule) afin de transmettre vos informations avec des outils désuets. Ne vous laissez pas arrêter si vous êtes confronté à un dialogue de sourds, dont l’issue semble être déjà malheureusement fixée d’avance. Faites comme si de rien n'était, et maintenez le cap avec persévérance.

Répondre. Malgré tout, j’ai entrepris de répondre aux 11 questions du document de consultation, même si aucune question ne porte sur les données ouvertes et le gouvernement ouvert. Parce que même si tout n'est pas parfait (rien ne l'est jamais, n'est-ce pas), j'ai été invitée à le faire, et j'interprète cela comme une tentative d'ouverture. Je réponds dans la TRANSPARENCE. Je réponds dans un esprit de PARTICIPATION, et je réponds aussi dans l’espoir qu’au bout de cet exercice, il se développera une COLLABORATION, avec des communautés, et ultimement, avec l'ensemble des citoyens. Au moins, j’aurai essayé.

En cours de route, vous pouvez deviner d’emblée que je m’efforcerai de trouver un petit bout de question sur lequel arrimer ce qui concerne le gouvernement ouvert. J’ai déjà acheminé de très nombreuses informations au bureau du leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin, responsable du mandat d’analyse. Répéter. Répondre et répéter. Espérer.

Pour le moment, je ne réponds pas encore tout à fait. Je prépare les données pour l’analyse, j’épluche ce qui se fait, je compare, j’observe. Je ratisse le plus large possible. Je visionne des centaines de pages Facebook et de comptes Twitter, réseaux LinkedIn, albums de photo Flickr et portfolio de vidéos YouTube. Je passe tout au peigne fin, en n’épargnant pas les détails.

J’ai compilé il y a quelques jours une liste des comptes Twitter édités par le gouvernement du Québec. (J’en ferai l’analyse ultérieurement.) Cette liste a déjà attiré l'attention de pas mal de personnes. Ce n'est pas encore parfait, le tout est fragmenté, mais il s'agit d'une tentative de comprendre ce qui se fait actuellement. Je remercie les nombreux utilisateurs de Twitter (plus de 60) qui ont collaboré à l'élaboration et la diffusion de cette liste, notamment:
@marioasselin @eGouvQC @RIRE_CTREQ @ianikmarci @nabilbeit @partiquebecois @LotoQuebec @SAAQ @CurateurPublic @FQRSC @MRI_Quebec @Patmanmulder @tgou @PierreMorinQC @fish_eat_fish @Infoquebec911 @UnJoyeuxLuron @ProClau @marilor @mathieu_stonge @NormandGallant @Susan_Hess @Johnfmoore @GovintheLab @DLapointe1 @RRQmontreal @DonaldCharest @memeticbrand @MarcSnyder @boutotcom @stephaniewojcik @lorrber @Ont_Ombudsman @Mauricie @felixb1 @northlandfox @iancapstick @berriuqam @scilib @tourismelevis @tag_egov @Educaloi @contracom @Alec_Castonguay @PascalBerube @ATRIM @quebec_news @QDS_MTL @Paradigmes21 @MDesPrairies @mergershark @opportunityknck @gaspesiejetaime @QuebecEuropeBe @profduweb @apriledmonds @nigirard @Monmontreal @TourismeLaval
Aujourd’hui, j’ai comparé la performance du premier ministre du gouvernement du Québec, Jean Charest, avec celle d’autres premiers ministres ou présidents de l’espace international et de l’espace canadien.

Le nombre d’abonnés de Barack Obama est faramineux, lorsqu’on juxtapose ceux-ci avec ceux d’autres chefs d’États du G20. Plus de vingt-et un millions d’abonnés sur Facebook, comparativement à environ 450,000 pour celui qui arrive en seconde position (de ma liste), Nicolas Sarkozy. Si seulement Barack Obama pouvait souffler un peu de poussière d’étoiles sur le front du premier ministre du Québec, ai-je pensé aujourd’hui. Assez pour le mettre en mouvement. Assez pour lui donner envie de démontrer à son tour un leadership.

Je suis contente d’avoir passé un peu de temps sur le tableau des premiers ministres, puisque les informations recueillies aujourd'hui semblent démontrer que Jean Charest a amassé sur Facebook davantage de «j’aime» que les autres premiers ministres du Canada (à l’exception du premier ministre du Canada, Stephen Harper). Voilà qui devrait encourager les décideurs québécois à développer la présence du chef de la nation québécoise sur Facebook et autres plates-formes sociales. Le plus branché des premiers ministres canadiens sur Facebook – croyez-le ou non, chiffres à l’appui - serait-il Jean Charest? Le premier ministre du Québec a reçu 4 714 «j’aime» (voir sa page Facebook), alors que Dalton McGuinty, le premier ministre de l’Ontario, en a eu 3 911 (page amis et page politicien), et Christy Clark, la première ministre de la Colombie-Britannique, 3 639 (voir sa page).

J’aimerais pouvoir écrire aussi que la province la plus avancée en matière de gouvernement ouvert, c’est le Québec. Le gouvernement du Québec tient ici une belle opportunité, qu'il devrait saisir. Peut-être que mon souhait se concrétisera un de ces jours.

En attendant, j’ai du pain sur la planche. Je vous ferai part de mes découvertes et réflexions au cours des prochaines semaines.

16 juin 2011

130% d’augmentation des coûts pour le Pont Mercier. Québec éponge 90% des coûts supplémentaires

Encore d’autres coûts supplémentaires au gouvernement du Québec, qui s’ajoutent à ceux de l’informatisation de la Santé, Ressources naturelles, Justice et Éducation que j’ai commenté dernièrement.

Il faut s’interroger sur la capacité du gouvernement Charest d’atteindre son objectif d’équilibre budgétaire. Le 23 février 2011, Jean Charest a annoncé le maintien de l’objectif de l’équilibre budgétaire pour 2013-2014 dans son discours inaugural prononcé à l’Assemblée nationale. «Le gouvernement va équilibrer son budget en 2013-2014. C'est un engagement ferme que nous prenons", a déclaré Jean Charest. (Visionnez le discours d'ouverture de la 2e session de la 39e législature.)

La semaine dernière, le Parti québécois a déposé à l'Assemblée nationale du Québec un document révélant que le coût des travaux sur la partie provinciale du pont est passé de 9,1 millions à 20,8 millions. Une augmentation de 130%.

La Presse a demandé lundi au ministère des Transports du Québec (MTQ) comment s'expliquait un écart aussi important dans les prévisions de coûts de ces deux chantiers, dans le cadre d'un même contrat commun conclu en 2008 avec Mohawk Bridge Consortium.

Les réponses étaient toujours attendues hier, indique le journaliste Bruno Bisson.

Consultez l’article de Bruno Bisson, La Presse 15 juin 2011, «Pont Mercier: Québec éponge 90% des coûts supplémentaires».

13 juin 2011

François Legault, «le plus populaire de tous» parmi les politiciens québécois

Selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir, François Legault, co-fondateur de la Coalition pour l'avenir du Québec, est «le plus populaire de tous». Un article signé par Marco Bélair-Cirino, 13 juin 2011, Le Devoir.

Cela tombe bien, puisqu'hier, la Coalition pour l'avenir du Québec m'a répondu qu'elle prend très au sérieux ma proposition de gouvernement ouvert. (Voir mon billet à ce sujet.)


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LE BAROMÈTRE DES PERSONNALITÉS LÉGER MARKETING-LE DEVOIR - LEGAULT, LE PLUS POPULAIRE DE TOUS

(Quelques extraits)

La session parlementaire qui s'est achevée vendredi dernier à Québec a consacré la chute de la popularité d'Amir Khadir, révèle le nouveau baromètre des personnalités politiques Léger Marketing-Le Devoir. Porté aux nues il y a tout juste six mois par les Québécois, le seul député de Québec solidaire à l'Assemblée nationale a chuté de la 1re à la 7e position du palmarès, alors que le chef de la Coalition pour l'avenir du Québec, François Legault, et le député indépendant Pierre Curzi figurent respectivement au 1er et 2e rang.

La nouvelle étoile... filante?


C'est le numéro un de la Coalition pour l'avenir du Québec, François Legault, qui figure en tête de ce tout nouveau baromètre des personnalités politiques. À l'instar de Pierre Curzi, près de la moitié de la population québécoise a une «bonne opinion» de lui.

«C'est la nouvelle star politique!» fait valoir Jean-Marc Léger. «Il incarne la nouveauté d'une part, mais surtout il a adopté une approche très positive en présentant des solutions concrètes, alors que les autres politiciens ont davantage eu des approches négatives», explique-t-il, faisant référence aux chefs du Parti libéral du Québec (PLQ) Jean Charest (11e position), du Parti québécois (PQ) Pauline Marois (6e position) et de l'Action démocratique du Québec (ADQ) Gérard Deltell (5e position).

Les «démissionnaires»


Pierre Curzi (2e position), Louise Beaudoin (4e position), Lisette Lapointe (8e position) et Jean-Martin Aussant (44e position), qui ont claqué la porte du Parti québécois au cours de la dernière semaine, ont tous vu leur popularité croître.

«Les gens veulent des gens qui disent tout haut ce qu'ils pensent tout bas. En politique, au Québec, ç'a toujours été comme ça, c'est quand tu démissionnes que tu deviens populaire. Mais, ça ne dure pas nécessairement longtemps.»

Marois 6e, Charest 11e

Échevelée par la «tempête» qui s'est abattue sur elle en fin de session parlementaire, Pauline Marois fait une chute de la 4e à la 6e position du palmarès. Quelque 65 % des électeurs péquistes expriment une «bonne opinion» à son égard, tandis que 26 % expriment une «mauvaise opinion». «On mesure dans un moment où c'est le plus difficile pour elle», souligne M. Léger.

Le député indépendant de Borduas, Pierre Curzi, est la seule personnalité à gagner de vitesse la chef de l'opposition officielle dans le «Top 10» des électeurs du PQ. Dans ce palmarès, Pauline Marois est toutefois talonnée par François Legault, Louise Beaudoin, Bernard Drainville et Maka Kotto.

Jean Charest — qui est la personnalité la plus populaire des électeurs libéraux — figure au 11e rang du classement général. Passant de la 20e à la 11e position, c'est un grand bond que le chef du gouvernement a effectué de décembre 2010 à juin 2011.

Le sondage Léger Marketing-Le Devoir a été effectué du 6 au 8 juin 2011, auprès de 1004 personnes âgées de 18 ans ou plus. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20. Le baromètre des personnalités politiques provinciales québécoises Léger Marketing-Le Devoir a été fait selon une méthodologie fiable et éprouvée.

07 juin 2011

An open government in Quebec could transform the current democracy crisis

Louise Beaudoin
Three members of Parti Quebecois (government of Quebec) resigned this Monday: Louise Beaudoin, Pierre Curzi and Lisette Lapointe. They keep their parliamentary seat as independents.

I have been doing a lot of flapping arms sideways for some time to try to bring the Government Deputy House Leader, Henri-François Gautrin, appointed to analyze the potential of Web 2.0 by Quebec Premier Jean Charest, to understand that before turning on to technological details (various social media platforms, etc..), there is a serious introspection work to be undertaken by the government. A major change in attitude would be required among elected officials and government managers. I recently blogged about "total disconnection" and denial (here and here), government infallibility, and transparency issues. I explained how important the wisdom of crowds really is (I call it collective consciousness).

Two weeks ago, I wrote to Mr. Gautrin's political adviser to remind them that their analysis task is "holy cow" (vachement) important, given that the rate of dissatisfaction of the population has reached 70% in recent surveys.

This statement (below) from parliament member Louise Beaudoin confirms how critical the situation has become. An open government initiative would probably contribute to ease this crisis and restore a semblance of harmony between the government of Quebec and citizens. Given the magnitude of the situation, it would be wise to compensate by a strong action (maximum output), like a transformation into an open government.
"I've been doing politics for 40 years and I've never seen people so negative towards the political class. What is said on blogs, social media, surveys ... reflect a language of wood, making policy as if we were at war. This kind of behavior is no longer tolerated. We must condemn this old way of doing things. There is a democracy crisis. Citizens feel alienated from their MP. And you know what? Yes, we feel it too at Parti Québécois, but this negative image of politics is primarily Jean Charest' fault, and the Liberals. They are responsible for the impairment of people's vision towards the political class.", said Louise Beaudoin.
If there is "impairment of people's vision towards the political class", how is the government of Quebec intending to transmute this impairment into an improved and harmonious relationship between the government and citizens? Again, I repeat it, an open government initiative would directly address this issue. Again, I repeat it, the government of Quebec must address these critical issues now, because there is an analysis mandate on the tale. (I'm not really a baseball fan, but I really like this quote.) The government should follow Yogi Berra's advice: "When you see a fork on the road, pick it up."

So far, Gautrin's team does not pick up open data or open government forks. They see the forks, they see them very clearly, they are tempted to pick them up. But they are not picking them up yet. What a pity if their analysis efforts - months of work - did not produce optimal results.

The government of Quebec has as much potential as any other country that has taken an open government turn. Yes, we can! Leadership and a strong willingness to improve the situation are however missing. It is not too late to give a new direction - new soul of leadership - to the investigative work regarding the potential of Web 2.0. Pick up the forks! Hey, this reminds me that I have not tried yet voodoo dolls with needles, you know, representing the spirit of a person, used to cast spells. Maybe it would work on them to make them change direction? What do you think? Forks ... needles ... whoa ... Pick up the forks!

01 juin 2011

Interview: Government of Quebec, about the potential of Web 2.0

Last month Government in the Lab announced (in Newsletter no.3) that the Government of Quebec is undertaking an analysis mandate of the potential of Web 2.0. The Deputy House leader, Henri-François Gautrin, kindly answered our questions.

1 - WHAT IS THE ANALYSIS MANDATE ABOUT THE POTENTIAL OF WEB 2.0?

Web 2.0 is based on three principles:

Decentralization: There is no formal structure in terms of both content and technology.

Participation: Web 2.0 exists because of the Internet.

Simplicity of use and technological breakthrough.

The Premier (Jean Charest) gave me the mandate to analyze the implications for Quebec society, especially for the Government, of using the increasingly popular Web 2.0 and social networks, and to propose strategic actions so that Quebec can draw on every possible advantage.

2 - WHAT WORK HAS BEEN ACCOMPLISHED TO DATE BY YOUR TEAM, AND WHAT IS PLANNED FOR UPCOMING MONTHS?

I proceed in four steps for the project:

* Consultation with people associated with government action.

* Discussions with Quebec citizens via the Internet (public community).

* A closed consultation on the Internet (private community).

* A conference.

We are currently setting up a website, which should be operational in early June 2011.

The conference is scheduled for early September.

The final report is to be submitted to the Prime Minister and the Government by the end of 2011.

3 - WHAT IS, ACCORDING TO YOU, A GOOD RELATIONSHIP BETWEEN THE GOVERNMENT AND CITIZENS?

A good relationship between government and citizens based on the use of Web 2.0 should improve:

* communications with citizens

* interactions with citizens

* services to citizens

Communications with citizens: increase citizen accessibility to government information. The use of blogs or microblogging, like Twitter, even Mashups, fall into this category. The goal is to bring government information closer to communication tools used by citizens, rather than requiring them to visit many Web pages.

Interactions with citizens: This is primarily to get feedback from citizens on policies and programs put forward by the government. It also allows managers to benefit from the wisdom of crowds to put forward new programs or new ideas.

It also allows officials to make their suggestions to improve the efficiency of their departments or agencies in how they fulfill their mission. I am thinking here, in particular, of using social media like Facebook.

4 - TRANSPARENCY, PARTICIPATION AND COLLABORATION WITH CITIZENS, THROUGH OPEN DATA AND OPEN GOVERNMENT, ARE THEY BEING CONSIDERED IN THIS CURRENT MANDATE?


Besides transparency, participation and collaboration with citizens, the use of Web 2.0 tools should:

* improve citizen participation, particularly in regards of policy making

* improve relevance and quality of services to citizens.

* enable access and more efficient use of government information

* improve internal operations and collaboration between different departments and agencies.

20 mai 2011

Henri-François Gautrin comprend ce qu'est un gouvernement ouvert

Le 17 mai dernier, j'ai eu l'honneur de rencontrer le leader parlementaire adjoint du gouvernement du Québec, Henri-François Gautrin. Nous avons discuté entre autres de gouvernement ouvert. Il a démontré qu'il est très renseigné sur la question, et qu'il comprend parfaitement en quoi consiste la philosophie du gouvernement ouvert, et surtout, ce que cela implique pour un gouvernement.

Ce n'est ni une compréhension partielle, ni une compréhension de base, mais une compréhension étendue du contexte. Il sait de quoi il parle. S'il pouvait agir avant autant d'éclat, mettre en oeuvre sa vision, nous assisterions à une implantation de grande qualité.

Le 2 mai dernier, avec sa permission, j'ai annoncé à la sphère du gouvernement ouvert qu'il travaille sur un mandat d'analyse que lui a confié le premier ministre du Québec.

Lors de notre rencontre, il m'a remis la lettre signée par Jean Charest, qui décrit son mandat en cours. Je la reproduis ci-dessous. Dans une douzaine de jours, je publierai les réponses de Henri-François Gautrin aux questions que je lui ai transmises, à propos de son mandat d'analyse.

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Gouvernement du Québec
Le premier ministre

Québec, le 19 octobre 2010

Monsieur Henri-François Gautrin
Député de Verdun
Leader parlementaire adjoint du gouvernement
Hôtel du Parlement
Québec (Québec) Canada

Cher collègue,

Les réseaux sociaux et le Web 2.0 ont pris une importance grandissante, particulièrement auprès des jeunes générations et sont en voie de révolutionner les rapports sociaux. L'Internet n'est plus seulement une source d'information crée par une autorité et consultée par les internautes, mais un moyen pour ceux-ci de générer de nouvelles informations que peuvent s'approprier les autres internautes. Il est donc important que le Québec réfléchisse aux modifications que cela va entraîner dans les rapports entre les acteurs sociaux, économiques et politiques du Québec, et principalement entre les citoyens et le gouvernement.

Nous devons être en mesure de nous adapter à cette nouvelle donne, et c'est pourquoi je désire vous confier un mandat d'analyse des incidences pour la société québécoise, et en particulier pour le gouvernement, de l'utilisation de plus en plus répandue de ces réseaux sociaux et du Web 2.0. J'aimerais que vous proposiez des stratégies d'action au gouvernement afin que le Québec puisse en tirer tous les avantages possibles.

Par ailleurs, le principe fondamental du Web 2.0 étant que l'initiative vient de ses utilisateurs, il est important que les internautes québécois soient associés de près à votre réflexion et qu'ils puissent s'approprier vos recommandations; à cette fin, je souhaite que vous organisiez une interaction avec eux, pour cerner tout le potentiel de ces nouveaux moyens de communication. Je souhaite aussi que vous soyez en mesure de débuter ces consultations le plut tôt possible afin que votre rapport final soit livré à la fin 2011.

Pour exécuter ce mandat, vous pourrez compter sur l'appui du gouvernement, par l'entremise du cabinet de la présidente du Conseil du trésor auquel votre conseiller politique est déjà rattaché, et qui vous accompagnera pour déterminer les ressources qui pourraient être mises à votre disposition.

La tâche qui vous est confiée est d'importance. Je suis convaincu de l'impact qu'elle aura sur notre futur et nos façons de procéder.

En vous remerciant d'accepter ce mandat, je vous prie d'agréer, cher collègue, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Le premier ministre,
Jean Charest

02 mai 2011

Le gouvernement du Québec réfléchit-il à un gouvernement ouvert?

Jean Charest

Le gouvernement du Québec analyse le «potentiel d’utilisation du Web 2.0 pour améliorer les rapports entre le gouvernement et les citoyens»

Le Québec, la province francophone du Canada, travaille depuis quelques mois sur un projet d’analyse. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a confié un mandat d'analyse du «potentiel d’utlilisation du Web 2.0 pour améliorer les rapports entre le gouvernement et les citoyens» au leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin, qui évaluera les possibilités d'ici à la fin de l'année. (Des détails au cours des prochains mois.)


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IS THE GOVERNMENT OF QUEBEC COGITATING ABOUT OPEN GOVERNMENT?

The government of Quebec analyzes the "potential use of Web 2.0 to improve relations between government and citizens"

Quebec, the Francophone province of Canada, has been working for several months on an analysis of how best to use Web 2.0 technologies to improve relations between government and citizens. The Quebec Premier Jean Charest delivered this mandate and Deputy House Leader, Henri-François Gautrin, will evaluate opportunites by the end of the year. (More information in upcoming months.)

03 mars 2011

La Belgique s'engage dans une démarche de données ouvertes. Que décidera le Québec?

Vincent Van Quickenborne, ministre (Belgique)

Après la France, c'est au tour de la Belgique d'annoncer une démarche de libération des données (en anglais 'Open Data'). Fedict, le Service public fédéral belge Technologie de l'Information et de la Communication, prévoit débuter une opération de publication en ligne de données en avril 2011.

Datanews rapporte: «Voilà ce qu’a annoncé Bart Hanssens de Fedict lors du twunch (contraction de lunch et Twitter) organisé par le ministre pour l’Entreprise et la Simplification, Vincent Van Quickenborne. Il espère que d’autres services publics mettront eux aussi à terme leurs banques de données à la disposition de cette initiative.»

Par décret daté du 21 février 2011, la République française a officialisé le projet Etalab, qui s'étendra à toutes les instances gouvernementales, alors que la Belgique démarre par un seul service public, en espérant que cela génèrera un effet domino.

D'autres instances gouvernementales belges y pensent, indique Datanews:
«Des témoignages recueillis au twunch, il est apparu qu’il n’y a pas que Fedict qui soit occupé à proposer des données via internet, mais aussi la Banque-Carrefour de la Sécurité Sociale (le moteur et le coordinateur de l'e-government dans le secteur social). Toutefois, ces données ne sont actuellement pas régulièrement actualisées. Elles ne sont en outre pas faciles à traiter, à explorer ou ne sont disponibles que contre paiement. Tel est notamment le cas de la Banque-Carrefour des Entreprises du SPF Economie, qui vend des licences à 100.000 euros pour des informations actualisées quotidiennement. Il existe en outre encore des problèmes en matière de protection du respect de la vie privée.»
Cela porte donc à DEUX le nombre de pays de la Francophonie qui ont démontré un intérêt et une volonté envers l'ouverture des données publiques.

La société évolue rapidement. Les défis qui en découlent nécessitent des solutions innovantes. Espérons que d'autres pays francophones suivront le pas.

On ne peut pas encore déclarer que le Canada (un pays bilingue, avec deux langues officielles: l'anglais et le français. Les francophones du Québec représentent 19,5% de la population canadienne et 81,2% de la population québécoise.) fasse partie de la liste des pays francophones engagés dans une démarche de libération des données. J'ai parlé dernièrement dans ce billet des efforts déployés par des fonctionnaires canadiens. Mais les fonctionnaires ne sont pas les dirigeants d'un pays. Nous attendons donc encore que ceux d'en haut - au gouvernement fédéral canadien - se décident à faire un pas en avant.

Le Canada comporte quelques municipalités (anglophones) dont les données sont ouvertes. La Ville de Montréal, située dans la province (majoritairement francophone) du Québec, se décidera-t-elle prochainement à faire une annonce officielle dans ce sens? Je tiens à souligner les efforts déployés par le collectif Montréal ouvert, qui effectue un excellent travail de sensibilisation.

Dernièrement, la nouvelle première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a fait une promesse d'implanter un gouvernement ouvert. Voir mon billet à ce sujet, et celui de Massimo Bergamini.

[En passant, saviez-vous que la Colombie-Britannique est membre de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie? Cela pèsera dans la balance au sein de l'espace francophone, si cette province canadienne parvient à implanter une gouvernance ouverte.]

Le Gouvernement du Québec se décidera-t-il à prendre le virage du Gouvernement ouvert?

Les enjeux économiques pourraient faire en sorte que l'administration Charest s'intéresse à la gouvernance ouverte. Le gouvernement du Québec a adopté un Plan de réductions des dépenses et semble déterminé à atteindre ses objectifs financiers.

Toutefois, un élément me préoccupe considérablement: la question de la transparence. Dans une philosophie de Gouvernement ouvert, la transparence est un des éléments clés.

Yves Boisvert, professeur, ENAP

Le mois dernier, Yves Boisvert, professeur à l’École nationale d'administration publique et auteur de plusieurs livres sur la gestion publique, a déclaré que le Québec fait piètre figure en matière de transparence gouvernementale. «L’Ontario et le gouvernement fédéral ont adopté des lois dans les dernières années visant à rendre plus transparente l’administration de l’État. Le gouvernement du Québec traîne encore de la patte et maintient une culture de l’opacité aux plus hauts échelons», a indiqué Jean-François Cloutier.

Yves Boisvert a souligné que le mauvais exemple en matière de transparence viendrait d'en haut de l'échelle, et des élus en premier lieu. «Le gouvernement Charest n’a aucun intérêt politique à devenir plus transparent», rappelant que M. Charest a refusé de déclencher une commission d’enquête sur la construction.

M. Charest semble vouloir repartir à neuf, tel que démontré dans le discours d'ouverture de la seconde partie de la 39e législature, prononcé le 23 février dernier. Un homme neuf? Je n'y crois pas. On ne change pas les gens, ils sont ce qu'ils sont. Il faut les prendre aussi comme ils sont. Le proverbe «Chassez le naturel et il revient au galop» nous rappelle qu'on ne peut lutter contre les penchants naturels, ou tout du moins les supprimer totalement.

Jean Charest, Premier ministre (Québec)

Alain Dubuc dans La Presse a parlé du «second début» de Jean Charest. Il a observé quelque chose d'intéressant à propos de cet homme. Cet élément a attiré mon attention, et me fait espérer qu'il soit possible qu'une gouvernance ouverte voit le jour prochainement au Québec. Alain Dubuc a indiqué: «J'ai écrit à plusieurs reprises qu'on a l'impression qu'il y a deux Jean Charest. Le premier, assez absent, maladroit, qui a du mal à imprimer une cohérence à son équipe. Et le second, énergique et fonceur, qui se manifeste surtout dans l'adversité. L'amorce de cette nouvelle session donnera peut-être l'occasion à cet autre Jean Charest de se manifester.»

C'est cet «autre Jean Charest»-là qu'il faudrait éveiller aux principes de la gouvernance ouverte. Au cours des prochains mois, les élus d'en haut, les leaders de l'administration Charest, devront manifester suffisamment de volonté pour transcender le passé, et accueillir de bonne foi la transparence, la participation et la collaboration avec les citoyens, s'ils veulent transformer leur administration en Gouvernement ouvert.

26 février 2011

La solution pour le Québec: adopter une gouvernance ouverte

Par décret le 21 février dernier, la France a lancé Etalab, un portail de données brutes ouvertes. Hier, j’ai décrit le projet dans ce billet.

@LiberTIC m’a indiqué ce matin sur Twitter, «héberger leurs données, ce n’est pas exactement de l’accompagnement». Cet organisme sans but lucratif, qui fait la promotion et développe le gouvernement ouvert et les données ouvertes à Nantes en France, veut dire que Etalab est une solution partielle, un premier pas en avant, mais cela ne signifie pas que la France devient un Gouvernement ouvert, parce qu’il n’est pas encore question de participation ni de collaboration. Un souci de transparence vient d’être démontré par la volonté de «mettre librement à la disposition des données brutes dans un format exploitable», rapporte 01Net. Il manque les deux autres composantes pour que l’on puisse parler d’une véritable gouvernance ouverte en France.

Le Gouvernement du Québec ne s’est pas encore lancé dans une aventure de Gouvernement ouvert.

- Le Premier ministre Jean Charest ne cesse de répéter que le Québec se trouve au bon endroit au bon moment. Il l’a dit lors du premier colloque d’une série de quatre du Parti Libéral du Québec, devant 600 délégués réunis à Trois-Rivières. Il l’a dit aussi dans le discours d'ouverture de la seconde session de la 39e législature. «Jamais le Québec n'aura été dans une telle position pour se démarquer.»

- Dans le discours d'ouverture, Jean Charest a soutenu qu'il a accompli la mission économique pour laquelle il a été élu en 2008 et qu'il compte axer la deuxième moitié de son mandat sur la «relance». Le Premier ministre a réitéré l’engagement de son administration à maintenir le cap de l’équilibre budgétaire. Or le Vérificateur général a déposé dernièrement un rapport indiquant qu’il pourrait y avoir eu dépassement des dépenses prévues.

- L’impopularité du gouvernement Charest bat des records dans les sondages. L’équipe déploie une opération visant à regagner la confiance de la population.

- Le Premier ministre a aussi demandé aux députés de l’Assemblée nationale de faire preuve de civisme, lors des travaux de l'Assemblée. Lucien Bouchard a déclaré cette semaine à cet effet: «Comprenez-moi, je suis en empathie avec les politiciens, ils travaillent tout le temps, ils ont des nuits sans sommeil, ils se font attaquer pour chaque décision et ce qu'ils font n'est absolument pas valorisé. Il faut revaloriser le projet politique.»

La solution qui répondrait à chacun des éléments énumérés ci-dessus, serait de transformer l’appareil gouvernemental actuel en Gouvernement ouvert:

- Aucune nation ni aucun pays francophone n’a encore adopté la philosophie de Gouvernement ouvert. Les villes de Nantes, Rennes et Paris ont ouvert leurs données. La République française a lancé Etalab. Mais le Québec peut se positionner en leader mondial francophone: en donnant l’exemple en devenant la première nation francophone à implanter un Gouvernement ouvert, et en incitant d’autres pays de la Francophonie à suivre ses pas.

- L’optimisation des dépenses et le maintien de l’équilibre budgétaire peut s’effectuer par l’innovation et la «co-production» avec les citoyens et les communautés. Les effets positifs d’une gouvernance ouverte sont notamment l’efficacité et la réduction des dépenses.

- En axant la gouvernance sur la transparence, la participation et la collaboration, le gouvernement du Québec se mettrait à l’écoute des besoins des citoyens. Il consoliderait sa relation avec ceux-ci, et deviendrait un catalyseur de créativité. Le foisonnement des idées, combiné à la sagesse des foules, pourrait assurer une gestion saine.

- Pour arriver à implanter avec succès un nouveau type de gouvernance – cela ne se fait pas en claquant des doigts, il faut se départir d’anciennes habitudes pour adopter le changement - les dirigeants de l’administration actuelle devront laisser derrière eux leur ancienne manière de gouverner. Ils devront apprendre à penser autrement. Ils devront apprendre à se comporter autrement pour valoriser l’autre, mais également valoriser une nouvelle forme de gouvernance.

24 février 2011

Libre-accès aux données gouvernementales canadiennes... par des fonctionnaires... et non par les décideurs

Patrick Woodbury, LeDroit
Nous l'avons vu ces derniers temps, lorsqu'une masse d'individus en a assez d'une situation, ces gens s'unissent par des liens de médias sociaux, passent à l'action, et changent le cours des choses. En quelques semaines, les Tunisiens ont chassé un dictateur. Et d'autres peuples ont suivi le pas.

Au Canada, on aura beau chialer, néanmoins, nous sommes privilégiés. Nous vivons dans une société industrialisée, un des pays du G20. Les probabilités sont peu élevées que nous assistions à des manifestations au Canada comme celles qui ont lieu en Afrique du nord et ailleurs dans le monde.

Le premier ministre Jean Charest de la province du Québec, a d'ailleurs déclaré avec fierté le 23 février 2011 lors du discours d'inauguration de la seconde session de la 39e législature: «Dans nos débats, nous jetons souvent sur nous-mêmes un regard sévère. Pourtant, dans l'addition des plus et des moins, il est incontestable que le Québec est parmi ce que l'humanité a de mieux à offrir.»

Toutefois, même au Canada, on assiste à d'étranges manifestations d'empowerment d'individus.

Mais dans notre cas, ce ne sont pas les citoyens qui se mettent à l'œuvre.

Ce sont des fonctionnaires!

Ils en ont eu assez d'attendre les décideurs, qui branlent dans le manche, et tardent à mettre les politiques de Gouvernement ouvert en place.

Stephanie Levitz de La Presse Canadienne a rapporté le 29 janvier dernier que des fonctionnaires veulent donner l'accès aux banques de données gouvernementales:
«Des fonctionnaires élaborent une politique pour faciliter l'accès des citoyens aux banques de données gouvernementales, même si les politiciens traînent des pieds dans ce dossier.

Contrairement aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, il n'existe pas de politique fédérale officielle au Canada en ce qui a trait à l'accès des citoyens aux données gouvernementales, financées avec les fonds publics.

Des fonctionnaires ont jugé qu'il était temps d'apporter des changements à cette situation.»
Vraiment remarquable!

Ces fonctionnaires ont mis au point une stratégie pour donner libre-accès aux données gouvernementales.

Je retiens cet exemple exceptionnel d'empowerment organisationnel, une forme autodidacte en quelque sorte, qui s'est produite en dépit de la piètre performance des dirigeants.

Décideurs gouvernementaux fédéraux: allo, y a-t-il quelqu'un qui observe ce qui se passe? Vous devriez lire ma première leçon de leadership: savoir observer et écouter attentivement. Quand vous déciderez-vous à agir en leaders? Quand adopterez-vous le changement et implanterez-vous une gouvernance ouverte au Canada?
 
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