Blogue de Lyne Robichaud

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01 octobre 2011

De quoi ou de qui avez-vous peur?


Cette semaine, mon ami Marc Garriga de Barcelone m’a transmis un article en Catalan, qui indique que l’opendata (ou le gouvernement ouvert), ce n’est pas à propos de la technologie, mais c’est de la politique. J’ai des amis formidables situés un peu partout sur la planète, qui m’encouragent dans mes démarches d’opengov advocacy. Sans leur soutien, j'aurais abandonné il y a longtemps. Parce que jour après jour depuis des mois, ce n’est pas facile de continuer de répéter la même affaire et d'écrire lettre après lettre, compte tenu de l'ampleur de la peur du changement chez les décideurs. Suite aux articles de presse de cette semaine à propos de la corruption, les observateurs de l’extérieur comprennent désormais mieux pourquoi le gouvernement du Québec est lent à adopter le gouvernement ouvert.

Quelqu’un de mon entourage s’est écrié dernièrement avec véhémence: «Penses-tu sincèrement que Lyne Robichaud va arriver à changer le gouvernement? Es-tu tombée sur la tête? Pourquoi fais-tu cela? Tu perds ton temps.» J’ai répondu que je fais ce que je fais parce que je me dois de le faire. Si personne ne réagit, si personne n’intervient et ne propose un autre modèle, le gouvernement va continuer à agir comme bon lui semble. Il va rester comme il est. Je fais ce que je fais parce que je me sens responsable.

Je me sens aussi toutefois comme un grain de sable, une goutte d’eau dans l’océan, face au gouvernement. Voir cette caricature de @davidlemelin99 à propos de la collusion et de la demande d’une commission d’enquête publique.

Ce matin, je suis tombée par hasard sur ce gazouillis de @jcbouniol, qui consiste en une énumération de mots. Ces mots, juxtaposés les uns à côté des autres, font réfléchir. «Quelques mots clés: argent, pouvoir, terreur, narcotique, mondialisation, collusion, corruption, blanchiment, paradis fiscal, violence.»

Jeudi 29 septembre à 12h02, l’équipe Gautrin a écrit sur sa page Facebook: «Il faut rester confiant pour la suite des choses.»

Ben voyons.

Bien entendu, en tant que citoyens, nous devrions avoir confiance en les élus et en le gouvernement. C’est ce qui devrait idéalement survenir. Cependant, pour que la confiance règne, celle-ci doit s’appuyer sur quelque chose.

Qu’est-ce que la confiance?

La confiance permet d’établir un autre rapport face à l’avenir, en donnant la possibilité de croire que l’espace des possibles est toujours ouvert: à la différence de la peur qui porte chacun à s’enfermer à l’intérieur d’un univers clos, où rien n’est plus possible, la confiance permet de sortir de la paralysie et de contourner les obstacles.

La confiance peut intervenir pour casser le cercle de la peur, en réintroduisant dans le monde la possibilité de l’espoir, en poussant chacun à parier de nouveau sur soi-même, sur les autres et, plus généralement, sur l’avenir.

Niklas Luhmann, dans La confiance, un mécanisme de réduction de la complexité sociale (Paris, Economica, 2006), indique: «Nous ne pouvons pas, la plupart du temps, contrôler directement la fiabilité des instances et des personnes à qui notre confiance est accordée bien que nous soyons simultanément contraints d’accorder cette confiance.»

Voici une autre définition de la confiance: «Croyance spontanée ou acquise en la valeur morale, affective, professionnelle... d'une autre personne, qui fait que l'on est incapable d'imaginer de sa part tromperie, trahison ou incompétence.»

La classe politique ne contribue guère à donner une image positive d’elle-même ces derniers temps. L’actualité est marquée d’événements révélant que des élus et gestionnaires gouvernementaux pourraient être peu recommandables aux plans éthique et moral. Cette situation contribue fortement à la dégradation du climat politique. Le fossé entre citoyens et élus se creuse. Ces derniers temps, la défiance des Québécois envers leurs élus et dirigeants politiques risque de s’être encore accrue. De nombreuses personnes estiment que les personnalités politiques ne se préoccupent pas de ce que pense la population. Plusieurs personnes pourraient estimer également que la démocratie au Québec ne fonctionne «pas très bien» ou «pas bien du tout». Voir l’article de Bernard Descôteaux intitulé «La démocratie québécoise gangrenée par la corruption».

Cette problématique de perte de confiance n’est pas unique au Québec. Ailleurs, les politiciens rencontrent des problèmes semblables. Sauf qu’au Québec, nous risquons de devoir faire face à un phénomène de perte de confiance plus grave, ce qui signifie que nous devrons déployer des efforts plus considérables pour renverser la vapeur.

«On va dans une politisation négative qui va de pair avec une défiance à l'égard des politiques. Les Français gardent confiance en eux-mêmes et dans le premier cercle les entourant, amis et voisins, selon ce baromètre. Le défi est de transformer cette confiance là en confiance politique», estime Pascal Perrineau. «Là ce n'est pas une mince affaire», observe le politologue.

Ce n’est pas une mince affaire non plus de mettre en place un gouvernement ouvert.

La suite des choses, après avoir déposé le rapport d’analyse (ça, c’est la partie la plus facile), ce serait de transposer ce qui est écrit dans la réalité, en procédant à une déclaration de gouvernement ouvert. La suite des choses, ce serait de progresser vers l’implantation d’un gouvernement ouvert, basé sur la transparence des données gouvernementales, participation et collaboration avec les citoyens.

Or, depuis le début des travaux d’analyse du potentiel du Web 2.0, le premier ministre Jean Charest n’est pas intervenu une seule fois. Depuis un an, si nous avions entendu parler de cette analyse qu’il a commandée, nous aurions sans doute été plus confiants.

Si nous avions pu observer, dans d’autres situations, que le premier ministre avait démontré de l’écoute, avait combattu ses peurs, et que cela s’était traduit par une action éclairée, nous aurions sans doute été plus confiants.

Hier (30 septembre), Vincent Marissal a décrit un climat de «Perte de confiance» chez les élus municipaux dans La Presse:
«Avant de partir pour un voyage de quelques jours en Europe, M. Charest en a toutefois pris plein la tronche, en particulier hier midi devant la Fédération québécoise des municipalités, réunie en congrès à Québec.

Devant plus de 2000 élus municipaux et un premier ministre isolé, M. Généreux a ajouté: «Il est de votre devoir, comme chef d'État, de mettre fin à cette dérive de nos valeurs, d'éradiquer cette gangrène qui menace nos institutions et qui finit par dévaloriser nos fonctions d'élus.»

Les élus municipaux, qui sont aux premières loges des magouilles dans le domaine de la construction et des chantiers routiers, réclament le grand ménage depuis des années, eux aussi.

La réaction tout juste polie des dirigeants municipaux envers le premier ministre et la grogne de leur président démontrent bien que le courant ne passe plus entre Québec et les municipalités. On sent nettement la perte de confiance.»
Des milliers de citoyens ont attendu cette semaine une certaine «illumination» de la part du premier ministre, suite à la présentation du rapport Duchesneau à des membres de l’Assemblée nationale. À mon avis, personne d’autre que Lise Payette a su décrire aussi bien qu'elle cette espérance.
«Mardi soir dernier, en allant dormir, après avoir écouté le plaidoyer de Jacques Duchesneau, je me suis dit que mercredi serait enfin le jour où vous verriez la lumière. Que vous ne pourriez pas être insensible à ses mises en garde et que le diagnostic qu'il portait sur ce que notre société était devenue allait vous pousser dans vos derniers retranchements. Que vous alliez vous comporter comme le grand premier ministre que vous voudriez être et que vous alliez assumer les responsabilités qui vont avec le titre.

Votre totale insensibilité à ce que vivent les Québécois, en attendant une commission d'enquête publique qu'ils réclament depuis un long moment, ne semble même pas vous déranger. Ce peuple qu'on vole et qu'on exploite et qui n'a pas les moyens de se défendre devrait pouvoir compter sur vous pour entreprendre le grand ménage qui s'impose et pour l'aider à retrouver la santé citoyenne une fois que le cancer de la corruption aura été détruit. Il vous appelle au secours et votre répondeur n'arrête pas de répéter qu'il n'y a pas d'abonné au numéro qu'il a composé. De quoi ou de qui avez-vous peur?»
Cela fait plusieurs années, que chaque soir, en allant dormir, je suis dis le gouvernement verra enfin la lumière, et se décidera à marcher vers une politique de gouvernement ouvert. (Pas juste sur le papier d’un rapport. Mais dans la réalité.)

De quoi ou de qui avez-vous peur?

21 février 2009

Le point sur la situation, au lendemain de la visite d’Obama au Canada

Stephen Harper, Barack Obama

Vous devinerez sans doute que j’ai passé plusieurs heures cette semaine à observer les événements et à lire les commentaires entourant la visite du président américain Barack Obama au Canada (jeudi, le 19 février 2009). J’essaie d’assimiler un maximum d’information afin de tenter de me faire une idée de comment les changements aux dynamiques de la politique étrangère pourrait éventuellement influencer les politiques des préparatifs pandémiques.

Naturellement, il n’a pas été question une seule fois de pandémie. Ce n’est guère un sujet à la mode... Ce n’était donc pas à l’ordre du jour, et ce mot n’a pas non plus été prononcé par quelque analyste politique que ce soit. Nous avons beaucoup entendu parler de coopération économique, de coopération transfrontalière en matière de protection de l'environnement et de sécurité frontalière. Le dossier de l'Afghanistan faisait également partie des discussions.

Même si la question de pandémie n’a pas été abordée, de nombreux éléments sont à considérer, qui affecteront la gestion de pandémie.

Recherche et technologie
Vincent Marissal, de La Presse, dans son analyse des profondes différences entre les deux chefs (Stephen Harper et Barack Obama), a noté la disparité de vision concernant la recherche et la technologie, ce qui aura un impact sur les préparatifs pandémiques:
«Aux États-Unis, le président Obama a promis de débloquer d'importantes sommes pour la recherche et les nouvelles technologies, une priorité nationale, a-t-il dit dans son discours inaugural.

Ici, la communauté scientifique crie famine devant les miettes des programmes du gouvernement conservateur.
Les scientifiques canadiens affirment même que le manque de fonds risque de pousser nos meilleurs cerveaux aux... États-Unis. Voilà qui réjouira sans doute le président Obama.»
La recherche des points communs ont fait plutôt saillir les différences
Celles et ceux qui ont fait le cours de diplomatie 101 savent qu’il faut toujours s’efforcer de trouver (ou faire semblant de trouver) des points communs. Même si la personne en face de nous nous fait hérisser le poil des jambes.

Or, le gouvernement de Stephen Harper - fortement porté sur le dogmatisme - et la vision de Barack Obama, sont tellement différents que les efforts qui ont été déployés cette semaine pour leur trouver des points en commun ont plutôt eu pour effet de souligner leurs divergences.

Une personne qui s’est donné un mal de chien à tenter de nous convaincre que ces deux hommes étaient semblables, est John Parisella. Dans une entrevue de John Parisella effectuée par Simon Durivage, diffusée le 18 février 2009 à 11h20 sur les ondes de Radio-Canada (que j’ai eu bien du mal à écouter parce que je n’arrêtais pas de fixer la chevelure très passablement ébouriffée du conseiller en communications), M. Parisella a déclaré que les deux chefs de pays avaient beaucoup de points en commun. «Ils sont du même âge, ils ont deux enfants, et tous les deux religieux sur le plan personnel. M. Harper est considéré comme un homme très cérébral. La droite canadienne est quasiment située au centre américain. M. Obama, qui a commencé sa campagne à gauche, est devenu plus centriste par la suite.»

Lise Payette, dans Le Devoir, comme toujours, ne s’est pas gênée pour dire ce qu’elle pense. «Deux hommes aussi différents qu'on puisse les imaginer se sont rencontrés. Le président Obama ouvert et disponible, le premier ministre du Canada fermé comme une huître et méfiant sans bon sens. Comment ont-ils fait pour se parler?»

D’autres sont même allés jusqu’à analyser la démarche des deux chefs d’État. Richard Cléroux de l’Hebdo Rive Nord, a souligné les différences:
«Cette semaine la différence entre les deux hommes était particulièrement évidente. Même quand ils marchaient ensemble. Obama y allait de grandes enjambés, confiant, regardant en haut et en bas pendant que Harper se dandinait maladroitement, comme un canard en couche-culotte.

La popularité des deux hommes est bien différente. Un récent sondage révèle que 82% des Canadiens sont d’accord avec ce qu’Obama fait pour l’économie contre 26% pour Harper.

Harper est prévisible. Il ne fait rien en public sans que le scénario soit soigneusement préparé d’avance, et contrôler jusqu’au plus petit détail. Lors de sa visite cette semaine Obama s’est esquivé au Marché By à Ottawa, pendant quelques minutes, à la grande consternation de ses gardiens de sécurité. C’était pour acheter des biscuits feuille d’érable, un régale pour ses deux filles qu’il gâte avec des friandises partout ou il passe. Chez Grant Hooker, Obama a goûté à la spécialité de la maison, une «queue de castor.»

Mais ce qui est plus dur à avaler c’est la mesquinerie de Harper autour de la visite. Harper avait peur de se faire voler la vedette par la Gouverneure-générale Michaëlle Jean ou par le Leader Libéral Michael Ignatieff, ami intime de plusieurs conseillers d’Obama. Incapable d’empêcher ses rencontres, Harper avait toutefois interdit les photos.

Lors de la conférence de presse Harper a fait semblant que ça fait longtemps qu’il est en faveur de combattre les gaz à effet de serre et les changements climatiques. Obama lui fit un large sourire, et l’a remercié poliment.»

À peu près le monde s’entend pour dire que le premier ministre Stephen Harper a passé le test. Néanmoins, ce ne sera que plus tard que nous saurons si le Canada et les États-Unis réussiront réellement à s’entendre. Nous verrons dans les semaines et les mois à venir - et c'est peut-être ce qui est le plus important - de quelle nature est la relation personnelle que le président et le premier ministre auront établie.

Le Québec n’a pas d’entrées auprès de l’administration Obama
Lise Payette fait remarquer que le gouvernement du Québec ne s’est pas positionné auprès de gens gravitant dans l’entourage de Barack Obama lors de la campagne présidentielle. Nous nous retrouvons donc complètement isolés, et à la merci des acteurs fédéraux pour représenter le Québec auprès du gouvernement des États-Unis.

Pour le dossier des préparatifs pandémiques, l’absence de diplomatie québécoise est flagrant. Le Québec gagnerait à être plus présent sur la scène internationale, en multipliant les relations avec des planificateurs d’autres nations. Les responsables du Québec sont perdus dans leur bulle, et je ne suis pas la seule à trouver que ce soit dangereux.

Voici ce que Lise Payette a écrit dans Le Devoir:
«Cette visite, hier, à Ottawa, devrait nous inciter à nous questionner sur certaines informations qui ont filtré. Notre premier ministre Jean Charest aurait téléphoné à Stephen Harper pour lui demander d'agir comme une sorte de lobbyiste pour le Québec auprès d'Obama (concernant notre production d'hydroélectricité, dont nous aimerions vendre certaines quantités aux USA).

Qui mieux que M. Harper pour défendre les intérêts économiques du Québec?, s'est-il dit. [Ici, la journaliste fait du sarcasme.] Je l'avoue, quand j'ai appris la nouvelle dans les journaux, ça m'a fait sourire.

Personnellement, je ferais plus confiance à son fameux Blackberry pour lui transmettre la bonne nouvelle qu'au chef du Parti conservateur du Canada, qui aurait été naturellement plus proche de l'autre candidat à la présidence américaine, John McCain, et qui doit craindre Obama comme la peste.

Le Québec n'a personne qui gravite autour du président Obama. Personne n'a prévu d'établir un contact avec son personnel ou son entourage pendant la campagne électorale? Pourtant, tout le monde savait au gouvernement du Québec qu'il se préparait un changement de la garde à Washington et malgré tout, personne n'a bougé?

Nos diplomates québécois ont continué de ronronner, les bras croisés, alors que nous avons quelques délégations à travers le monde qui devraient justement servir à nous positionner auprès d'un nouveau président américain avec lequel nous avons beaucoup plus d'affinités naturelles que le précédent. Je me décourage chaque fois que je constate que nous agissons comme des amateurs dans des domaines où nous devrions commencer à avoir une certaine compétence.

Comment ferons-nous pour faire savoir au président Obama que nous existons? Qu'une nation différente continue de se développer dans cette Amérique du Nord malgré les embûches et qu'une partie de sa population aspire à l'indépendance dans la paix et le respect d'autrui?

Y a-t-il un diplomate dans la salle? Un vrai.»

Absence de transparence et «control freak»
Un autre aspect important qui ressort de la visite de Barack Obama au Canada est la question de l'absence de transparence et de l’excès de contrôle exercé par le premier ministre Stephen Harper.

«Pendant que CNN donnait aux Américains l'ordre du jour complet de la visite officielle à Ottawa en incluant les noms de tous ceux qui seraient présents, le premier ministre du Canada a refusé l'information aux journalistes d'ici, selon son habitude, et a tenu à garder tous les détails secrets jusqu'à la dernière minute,» a indiqué Lise Payette.

«Depuis qu'il a pris le pouvoir en janvier 2006, Stephen Harper a pris un soin jaloux à concentrer tous les pouvoirs autour de lui. Cette centralisation du pouvoir, de l'image et du message lui a permis d'éviter les dérapages et de s'assurer d'une certaine cohérence de la vision au détriment d'une plus grande collégialité de son administration. Les ratés de la dernière élection ont démontré les limites d'une telle approche et les vertus de l'écoute active», a expliqué Pierre Bergeron, dans Le Droit, au début du mois de février 2009.

Il faut se demander (encore une fois) si la métamorphose du gouvernement conservateur est éphémère - le temps d’une brève visite présidentielle - ou si elle durera. Nous avons eu droit à la conversion de Stephen Harper, en termes économiques, parce qu’il était sous la menace d’un renversement de son équipe par une coalition. Cette conversion-là fut forcée, elle n’était pas sincère.

Maintenant, il est question d’un retournement de 180 degrés à la position des Conservateurs dans le dossier de l’environnement. Vincent Marissal pose, avec raison, la question suivante: «La conversion de Stephen Harper est-elle sincère ou ne fait-il que se coller sur Barack Obama, sachant qu'il risque de se retrouver isolé sur la scène internationale et même devant son propre électorat?»

S’il s’amorce en apparence un revirement spectaculaire dans le dossier des changements climatiques, pouvons-nous espérer des changements notables à la gestion des préparatifs pandémiques? Le Canada est considéré comme étant le pays développé le moins bien préparé à faire face à une pandémie, ne l'oublions pas.

Le retard épouvantable du Canada dans bien des dossiers
Barack Obama n'a pas parlé du bilan extrêmement pauvre du Canada en matière de lutte contre les changements climatiques. Au contraire, il a vanté la valeur d'une «approche commune dans cette lutte».

J’espère qu’un jour prochain, nous entendrons parler également d’une «approche commune dans la lutte» contre une pandémie.

Les paroles suivantes sont miraculeusement sorties cette semaine de la bouche du premier ministre canadien: «Les changements climatiques représentent le plus grand défi de la prochaine décennie».

Qui sait, peut-être entendrons-nous aussi: «Les préparatifs pandémiques représentent le plus grand défi des prochaines années». On peut toujours rêver.

18 novembre 2008

Maple Leaf Foods et listériose, vu par un expert en marketing Internet

pMaple Leaf Foods et listériose, vu par un expert en marketing Internet, et ce que perd le gouvernement du Québec en refusant d’intégrer les médias sociaux dans ses stratégies de communication du risque

Paru le samedi, 30 août 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Grâce au Plan d'action sommaire 2008-2009 provenant du Sous-comité de planification gouvernementale en cas de pandémie d'influenza, obtenu par Zonegrippeaviaire le 27 août dernier par accès à l’information, j’ai appris qu’un projet d’actualisation du site Pandémie Québec est prévu pour livraison en décembre 2008. Vous pouvez sans doute imaginer que j’attends avec impatience ce changement de look. J’espère qu’ils vont mettre le paquet côté chirurgie plastique et mise à jour des contenus, car le site en a grandement besoin…

Même si un projet d’actualisation de Pandémie Québec est en cours, j’appréhende le fait que les changements pourraient ne pas être si importants que cela.

Mon plus grand regret est de savoir À L’AVANCE que Pandémie Québec va très probablement demeurer un site Internet de type traditionnel, et qu’il ne comportera certainement pas d’applications web 2.0, puisque qu’une analyse récente réalisée par l’équipe de M. Yves Pépin, de la Direction de la coordination de l’information et des mesures d’urgences de Services Québec (Les médias sociaux et la communication du risque), concluait qu’il ne valait pas la peine «d’investir ni temps et argent» dans ces patentes-là.

Pourtant, ce n’est pas l’avis d’experts en marketing web…

En lisant un billet de Michelle Blanc, spécialiste en marketing Internet - qui d’ailleurs s’est classée cette semaine dans le top 100 mondial francophone et dans les trois premiers blogues au Québec (toutes mes félicitations!) – intitulé «Maple Leaf Foods et la listeria, et ce que j’aurais fait de plus», je ne peux m’empêcher de soupirer, et soupirer encore, rien qu’à penser à toutes les opportunités manquées par le gouvernement du Québec, étant donné qu’il a décidé de fermer la porte aux blogues et aux médias sociaux. Car si les blogues peuvent s’avérer des plus utiles pour des entreprises dans la tourmente, telle que Maple Leaf Foods, ils devraient l’être aussi pour le gouvernement du Québec, non?

Les autorités québécoises auraient pu se pratiquer et se faire la main avec un blogue de gestion de crise et miser en quelque sorte sur la situation provoquée par la listériose pour apprendre à gérer ce genre d'outil. Car quand viendra la pandémie d’influenza, une crise qui sera de beaucoup supérieure à celle que nous traversons actuellement au Québec avec la listériose… et maintenant aussi la salmonelle, des applications web 2.0 pourraient réellement faire une grande différence dans une crise communicationnelle de cette ampleur.

Par ailleurs, nous existons: la communauté virtuelle de Zonegrippeaviaire. En plus des applications web 2.0 à intégrer dans les sites Internet officiels du gouvernement, il serait urgent que le gouvernement du Québec admette l'existence de médias sociaux des plus actifs, comme par exemple Zonegrippeaviaire.com, et accorde son soutien à ses activités d'information, traduction des contenus, sensibilisation, échanges et discussions, analyses, empowerment des individus et mitigation des communautés en vue de la prochaine pandémie d'influenza. Nous faisons partie des communications de pandémie - et autres maladies infectieuses -, et nous pourrions devenir d'excellents partenaires-citoyens pour le gouverment du Québec. En court-circuitant toute possibilité d'échange entre nos deux mondes, le gouvernement du Québec s'enfonce un peu plus dans une sorte d'ère jurassique
. Les propos de Lise Payette, publiés hier dans Le Devoir, m'ont paru l'évidence même: les idées sont «si vieilles qu'on a toujours l'impression qu'on est en marche arrière quand ses représentants s'agitent autour d'un projet.» C'est vrai pour les Conservateurs de Stephen Harper, et cela s'applique malheureusement aussi aux membres de l'administration Charest.

Voici le billet de Michelle Blanc au sujet de la listériose et Maple Leaf Foods. Merci pour ces conseils!


Maple Leaf Foods et la listeria, et ce que j'aurais fait de plus
Mercredi, 27 août 2008 | Par Michelle Blanc
Si Maple Leaf Foods était l’un de mes clients, étant donné la crise de listeria qui affecte leurs produits, je leur aurais suggéré de monter un blogue de gestion de crise. Comprenez bien que selon les préceptes traditionnels de relations publiques, ils ont jusqu’à maintenant très bien réagi. Selon Abby Martin, le président a même déjà outrepassé la prudence communicationnelle en admettant «être désolé».
How They’ve Handled This

Maple Leaf Foods immediately shut down the plant in question and recalled approximately 20 types of meat involved. As investigators from the Public Health Agency of Canada uncovered more information, the company took precautionary measures and widened its recall to include 200 additional products.

The company also made sure the public has the information it needs by posting a sizeable PDF on its website detailing which products are involved and to be avoided.

The site also updates press releases as received and implores those viewing it to “Check back often to see what we are doing to win back your confidence.”

Additionally, a somber and penitent statement featuring the company’s President and CEO Michael McCain has apparently been running frequently on major Canadian networks during commercial breaks for popular programs as well as on YouTube.

And a full page letter from Michael McCain quickly appeared in the major Canadian newspapers.

From a public relations standpoint, this is a textbook case of excellent crisis management. The company acted quickly and effectively.

They took control of the situation and offered what appears to be genuine contrition.

(McCain even apologizes in the commercial for the failure of their “culture of food safety”- and actually stating that you’re sorry is something at which most companies would balk. And at which most lawyers would pounce - and they may yet.)
Mais lorsque les gens cherchent listeria dans Google, Maple Leaf n’y est pas. Si on cherche Mapel Leaf, ce sont les actualités qui nous sont présentées en premier, sans qu’il soit possible de voir les nouvelles venant de Maple Leaf. Qui plus est, les mots clés Listeria et Maple Leaf ont été achetés « Merchant Law Group LLP » qui sollicite des signatures pour faire un recours collectif contre la compagnie. Maple Leaf elle-même n’est pas présente. Étant à l’ère du web, les méthodes de gestion de crises traditionnelles, auraient avantage à être mise à jour et à positionner convenablement le message de l’entreprise dans Google et dans les autres outils de recherches Web.

Qui plus est, Maple Leaf Food se devra de regagner la confiance des consommateurs et elle pourrait ouvrir un blogue, expliquer ce qu’est la Listeria, pourquoi ils ont été victime de cette bactérie, ce qu’ils mettent en œuvre pour éradiquer ce genre de problème et ouvrir un dialogue avec les consommateurs. C’est ce qu’a fait avec succès Dell (pour une crise communicationnelle beaucoup moins grave, j’en conviens), lorsque plusieurs épisodes de batteries qui explosent se sont retrouvés sur le Web. De plus, ils devraient évidemment faire du monitorage du brand sur le Web. S’ils l’avaient fait, déjà ils auraient commencé à concurrencer la publicité de la firme d’avocat qui tente de monter un recours collectif contre eux…
 
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