Blogue de Lyne Robichaud

Aucun message portant le libellé pandémie. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé pandémie. Afficher tous les messages

04 juin 2009

Pires scénarios de grippe porcine

ULTRA.F, Digital Vision, #8224583. Libre de droits

Gaby a eu une patience d'ange - un travail de longue haleine, qui a nécessité plusieurs jours - pour traduire ce long billet signé par Peter Sandman. Présenté sous forme de conversation, ce dialogue amène un à un les arguments en faveur de préparatifs pandémiques sociaux... naturellement avant qu'il ne soit trop tard pour les mettre en oeuvre.

Les gouvernements auront-ils le courage et la sagesse de fournir prochainement des directives plus réalistes aux populations? (Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté, soyez assuré(e)s que je m'ennuie beaucoup de Mike Leavitt.)

Pires scénarios de grippe porcine: Avertir les gens maintenant ou attendre que les choses commencent à mal tourner?
Traduction en français (par Gaby) de
"Swine flu worst case scenarios: warn people now or wait till things start getting nasty?"
30 mai 2009 | Par Peter Sandman

30 avril 2009

Dans quelques jours, nous passerons probablement en phase 6

L'Ami Calmant qui a beaucoup plus d'humour que moi, et qui me fait toujours rire aux éclats (j'admire sa capacité de jouer avec les mots et de répondre des boutades qui me mettent absolument bouche bée), m'a demandé cette nuit:
"Toi qui es aux avant-postes du combat, crois-tu qu'en me réfugiant dans une porcherie de la Basse Lanaudière, j'augmenterais mes chances d'échapper à la Fin du Monde?

Premier avantage: on y est caché comme dans une botte de foin.
Second avantage: l'augmentation immédiate des anticorps porcins."

Il n'y en a pas deux comme lui! Merci Christian pour tous les beaux clins d'oeil que tu m'as transmis au cours de l'année, et surtout pour tes encouragements. Quand j'étais découragée, tu as trouvé les bons mots qui m'ont poussée à continuer, malgré l'absence d'intérêt de la part des autorités québécoises pour le projet Zonegrippeaviaire et la nécessité de sensibiliser les citoyens à la réelle menace d'une pandémie.

Il était 2h51 du matin quand j'ai pris connaissance son message, et j'étais encore assise devant mon clavier, à contempler ce qui s'en vient.

Je retiens mes larmes, parce que je trouve que le manque de sensibilisation pour que les individus se préparent est flagrant, décevant, irresponsable de la part des autorités, et d'une tristesse inconsolable. Une personne du gouvernement du Québec m'a confié il y a deux jours: "Il a été décidé de ne pas diffuser trop d'informations afin de ne pas alerter la population et risquer que cette même population ne nous prenne plus au sérieux une fois le risque de pandémie déclaré."

Très mauvaise stratégie, qui nous coûtera cher.

L'absence de préparatifs individuels senmble faire partie d'une stratégie gouvernementale et mondiale.

Lorsque l'Organisation mondiale de la santé a modifié sa définition des niveaux d'alerte (phases pandémiques) en juin 2008, il était évident que c'était dans un but de limiter les préparatifs pandémiques, puisqu'il ne s'écoulerait que quelques jours entre le passage des niveaux 4 à 6. J'en ai parlé dans Zonegrippeaviaire, via mes traductions du Dr Henry Niman. Je me rappelle à l'époque qu'il avait analysé la question de long en large. Donc ce n'est pas comme si nous n'étions pas au courant du danger. Voir "La transmission interhumaine du H5N1 dicte un nouveau système d'alerte de pandémie" et "Le nouveau système d'alerte de pandémie de H5N1 contrôle la panique".

Nous sauterons dans la phase 6 très prochainement. Henry Niman l'a prédit il y a 10 mois, mais il nous l'a re-prédit hier. Voir "L'OMS confirme une transmission humaine soutenue du H1N1 porcin".

Ce qui fait que les citoyens ne seront pas prêts. Le gouvernement n'aura pas le temps de leur dire quoi faire.

Tendre à l'autosuffisance en tout me semble une stratégie gagnante dans les circonstances. Ainsi peu importe ce qui se passera, il sera possible de retomber sur ses pieds.

Autosuffisance en masques, médicaments, nourriture, eau, éclairage (bougies, lampes), chauffage (autre que l'électricité), communications (walkie-talkie).

Créer une solide communauté autour de soi, des gens sur qui on peut compter, m'apparaît également un élément crucial.

Je ne sais pas ce qui nous attend, mais attendons-nous à ce que ce soit majeur. Celles et ceux qui seront prendront leurs responsabilités (leur vie en main), et qui seront capables de transformer l'information en empowerment, pourraient devenir des leaders dans leur famille, leur communauté.

Personne n'a d'expérience en pandémie. Celles et ceux ayant vécu en 1918 sont tous pour la majorité décédés. Nos gouvernements n'en ont pas plus que nous. N'oublions pas cela.

Pour Claude Évin, président de la Fédération hospitalière de France, «les pandémies révèlent l’échelle des valeurs d’une société, par sa capacité à prendre en charge tous ses membres et à porter un projet collectif qui ne se résume pas à la somme désordonnée des actions individuelles».


À partir de maintenant, nous entrons dans la gueule de la pandémie. Nous serons seuls: le gouvernement ne pourra suffire aux énormes besoins.

Alors débrouillons-nous!

Consultez la section Démarches des individus. Complétez vos préparatifs pandémiques d'ici aux prochains jours.

Et bonne chance.

13 décembre 2008

A propos de Flutrends, et aussi de Larry Brilliant


Larry Brilliant, directeur de Google.org. Photo source

Nicolas Cossette, un de mes amis m'a demandé sur Facebook: Tu dois déjà être au courant de l'initiative de Google Flutrends. Je suis curieux de savoir ce que tu en penses.

En effet, je suis au courant que Google a développé ce projet.

Justement, un de mes amis sur Facebook est Larry Brilliant. Il est des plus "brilliants", c'est le cas de le dire! Il est directeur du bras philanthropique de Google, et caresse depuis longtemps un projet de surveillance Internet de la grippe aviaire et d'un virus pandémique. Dans cette conférence, Larry Brilliant expose en détail son rêve de stopper les pandémies (durée de 26 minutes) >> cela vaut la peine d'être écouté.

Étant donné qu'il n'y a pas encore de gouvernance mondiale, et que de très sérieux problèmes de surveillance du H5N1 et du partage des souches du H5N1 sont observés actuellement à l'international (l'Indonésie étant un des pays les plus récalcitrants à partager ses virus - avec interruption complète de collaboration depuis plus de 2 ans - et malheureusement l'endroit sur la planète où ont eu lieu le plus grand nombre de cas humains de grippe aviaire), le projet mis de l'avant par Google s'avère une des planches de salut de l'Humanité.

Ce projet débute avec une observation de la grippe saisonnière aux États-Unis. Mais je suis persuadée que nous le verrons étendu au H5N1 à travers le monde, et à d'autres maladies émergentes d'ici quelques années. Les États membres de l'ONU ont convenu en Égypte en octobre dernier qu'un des trois défis de l'avenir est d'étendre les préparatifs globaux de pandémie à l'ensemble des maladies émergentes.

Google caresse par ailleurs le souhait de développer son projet en toutes les langues. Gros défi.

Ce travail entrepris par Google est vraiment nécessaire. Normalement, ce serait le mandat de l'Organisation mondiale de la santé, mais l'agence onusienne ne parvient pas à surveiller correctement les maladies. Vu l'état des relations internationales, il y aura toujours des nations pour nier des foyers d'éclosion de maladie (cela est justement arrivé en 2003 avec l'émergence du SRAS et le déni de la Chine - et nous avons eu de nombreux cas mortels en Ontario).

Ce projet permet de retirer l'élément politique de la surveillance des épidémies. Par ailleurs, les résultats obtenus jusqu'à présent sont concluants, et devancent les travaux du CDC. Ils suivent les courbes d'activité du virus.

De plus en plus, Internet - que ce soit Google, ou les chercheurs de nouvelles (dits "newshounds") opérant sur des forums et médias sociaux, connus sous l'appellation de la "sphère du Flublogia" (dont fait partie Zonegrippeaviaire.com) - s'imposent comme des solutions viables au pire cauchemar de l'Humanité: les pandémies.

Car une pandémie est considérée comme la menace Numéro 1 à la nation (du moins par l'Union européenne - nos décideurs locaux sont trop étourdis pour penser à statuer sur ces choses-là.). Une pandémie sera comme si un tsunami frappait simultanément CHAQUE ville du monde. L'effet sera terriblement dévastateur.

On pourrait comparer la situation actuelle de la surveillance des virus à celle qu'a connue le milieu de la météo, avant l'avènement des satellites. De nos jours, il est possible de prédire l'arrivée des ouragans, et de donner ainsi le temps à la population de se préparer en conséquence. Les quelques heures avant la tempête, que la technologie nous fournissent, permettent l'évacuation de milliers de personnes. Cela contribue à réduire les pertes humaines.

C'est un peu une situation semblable avec les pandémies. Nous savons qu'elles sont inévitables. Nous ne pouvons rien faire pour les empêcher. Aucun médicament, aucun vaccin. Aucun humain n'a développé d'immunité au nouveau virus pandémique. Nous sommes donc très vulnérables. Nous n'avons même pas un système de surveillance mondial fiable. Il nous est impossible de prédire quand surviendra une pandémie, et je dirais même que dans la situation actuelle, nous serons prévenus APRÈS que la pandémie ne soit déclenchée. Les 10 à 14 jours qui se dérouleront entre la première flamme du virus pandémique et le moment qu'il se retrouvera devant notre porte, je ne suis pas certaine que nous pourrons en bénéficier, avec le système actuel. Par exemple, 300,000 personnes sont présentement surveillées en Inde. Une pandémie serait déjà commencée que nous n'aurions aucun moyen de le deviner.

Les 10 à 14 jours de répit avant le déploiement mondial d'un virus mortel sont cruciaux, car la majorité des gens ne sont pas préparés à affronter une pandémie. Dès les premiers jours d'une pandémie, il y aura des pénuries de nourriture et d'autres biens de consommation: notre système d'approvisionnement juste-à-temps sera lourdement perturbé. Les gens n'ont pas stocké des vivres en conséquences. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi nos autorités n'ordonnent pas aux citoyens de se préparer. Sans doute nos leaders actuels ne croient pas qu'une pandémie aura lieu. Ou alors, ils sont de très mauvais gestionnaires et se soucient peu du sort de leurs citoyens. Les experts prévoient qu'il y aura autant de victimes de famine, que de victimes emportées par le virus lui-même (et cela, même dans les pays développés tels que le Canada et les États-Unis).

La portée d'une pandémie a été qualifiée "d'inimaginable" par le Dr Robert Webster, un des éminents scientifiques ayant découvert ce virus.

Alors, dans ce cas, des initiatives telles que celle de Google me semblent comme une petite lumière au bout du tunnel...

P.S. Larry Brilliant est non seulement brilliant, mais aussi courageux. D'une force et d'une vision peu communes.

03 décembre 2008

Les césariennes et naissances prématurées en hausse au Canada

Photo: Agence Reuters

J'ai accouché de mon premier enfant à 40 ans.

Le Devoir rapporte qu'une étude explique la hausse des césariennes et des naissances prématurées au Canada ainsi:
«Cela pourrait s'expliquer par l'âge plus avancé des femmes qui accouchent et par le fait que c'est pour donner naissance à un premier enfant, une situation qui est plus susceptible de nécessiter une césarienne.»

Mon inquiétude est que lors d'une pandémie, les soins obstétriques soient considérablement compromis si jamais le système de santé ne parvenait pas à tenir le coup sous le fardeau de la crise. Comment feront alors les femmes pour accoucher?

Je serais certainement morte si je n'avais pas eu de césarienne, et mon enfant également.


Il n'y a présentement pas de mesures spéciales prévues - à ma connaissance - pour les femmes enceintes et leurs futurs enfants dans les plans québécois et canadiens.


Les femmes ne cesseront pas d'accoucher pendant une pandémie... Cela me fait penser à un article publié hier sur Facebook par mon ami Michel S.f. Vermeulen, un médecin belge, à propos du manque de soins appropriés aux patients de la pandémie de VIH/Sida en Afrique: «Une solution consiste pratiquement à «euthanasier» toute la population pauvre malade qui ne peut pas payer les soins de santé. Solution qui ne résout rien sauf si on devient cynique comme Lénine en disant que le problème c’est l’homme, parce que, dès qu’il meurt, les problèmes s’arrêtent aussi.» Je vous recommande la lecture de ce texte, qui fait dresser les cheveux sur la tête: Afrique: Pourquoi éviter l’économisme dans la problématique du VIH-SIDA en Afrique subsaharienne?

J'ai répondu hier à Michel: «La lutte contre le sida porte les stigmates du déni. Ce qui me fait faire un parallèle avec une pandémie d'influenza. Ce qui a présentement lieu pour la pandémie de VIH/sida pourrait-t-il se produire à plus grande échelle pour une pandémie d'influenza???»

Pendant une pandémie d'influenza, les femmes enceintes canadiennes et québécoises auront probablement les moyens de se faire soigner. Le problème sera ailleurs. Les femmes auront-elles accès à un système capable d'absorber les nombreuses tâches de soins associés à la naissance? Ce n'est pas en niant la possibilité que ces problèmes émergent lors d'une pandémie que nous allons trouver les solutions. Si les femmes enceintes et leurs foetus meurent en grand nombre pendant une pandémie en raison d'un probable effondrement du système de soins de santé, et si les adultes actifs et si les enfants dont le virus est si friant, meurent aussi en grand nombre, emportés par le virus pandémique, quel genre de société aurons-nous pour la reconstruction, pour l'après-pandémie? Quel avenir nous réserverons-nous?

Le nombre de césariennes et de bébés prématurés en hausse au Canada
Mercredi, 3 décembre 2008 | Par Lisa-Marie Gervais | Le Devoir


À quelques exceptions près, mamans et bébés se portent plutôt bien. Publié hier, le nouveau rapport sur la santé périnatale du Système canadien de surveillance périnatale de Santé Canada a révélé les tendances et les différences observées entre les provinces et territoires pour 29 indicateurs concernant la maternité et les nouveau-nés sur dix ans (1995-2005).

Conclusions? Moins de mortalités maternelle et infantile, mais plus de césariennes et de naissances prématurées au Canada.
Ainsi, selon les statistiques utilisées par l'Agence canadienne de santé publique -- basées notamment sur les données de l'état civil, celles des hôpitaux et de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de Statistique Canada --, le quart des naissances survenues à l'hôpital en 2004-05 ont nécessié une césarienne, contre 17% dix ans plus tôt. En revanche, à 22 %, le taux de césariennes chez les Québécoises est légèrement moins élevé.

Selon Catherine McCourt, médecin analyste à l'Agence, l'augmentation du nombre de césariennes au Canada pourrait s'expliquer par l'âge plus avancé des femmes qui accouchent et par le fait que c'est pour donner naissance à un premier enfant, une situation qui est plus susceptible de nécessiter une césarienne. «L'obésité est aussi un important facteur, même s'il n'est pas nécessairement reflété dans les données que nous avons», a-t-elle souligné.
Les changements apportés aux pratiques médicales pourraient également être à la source de cette augmentation, notamment l'utilisation accrue de la surveillance électronique du foetus et le recours à la césarienne pour les présentations par le siège. «Il y a aussi le fait que certaines femmes vont demander elles-mêmes la césarienne.

C'est une tendance, mais qu'il est impossible de quantifier dans cette enquête», a pour sa part précisé Juan Andrés León, également médecin à l'Agence canadienne de santé publique.

(Lire la suite)

20 novembre 2008

Des exercices de simulation de pandémie risquent de soulever de nombreuses problématiques


Jamie Grill, Tetra image, libre de droits, #82137051

Jusqu’à présent, la majorité des nations du monde se sont contentées de rédiger des plans de lutte à une pandémie, sans pousser trop en avant la réflexion. Le 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (voir Synopsis en français), piloté par David Nabarro, coordonnateur du système des Nations unies pour la grippe, a indiqué que seulement 35% des nations avaient amorcé des simulations pour mettre à l’épreuve leur planification.

David Nabaro a déclaré le 13 novembre dernier, lors d’une conférence prononcée au Centre for Strategic and International Studies, qu’il évaluait l’état de préparation mondial de pandémie à 40% de l’objectif global. Il a précisé qu’il est en mesure de défendre cette estimation, qui s’appuie sur les travaux réalisés dans le cadre 4e Rapport intérimaire mondial. Je vous invite à consulter mon billet à ce sujet.

Nous pouvons entrevoir que la prochaine étape de préparation en vue d’une pandémie sera donc de multiplier les tests et exercices de simulation, et de dégager des conclusions de ces activités. Le plus grand défi sera ensuite d’intégrer les apprentissages dans la planification, de réécrire et modifier les plans de lutte. C’est une chose d’identifier des problématiques, mais c’en est une autre de trouver des solutions…

Je remercie Anne d’avoir publié des notes dans Facebook à propos de deux études récentes en lien avec des exercices de simulations de pandémie. Ces études ont révélé des problématiques concernant les équipements de protection personnelle (PPE) et des guides de contrôle de l’infection.

Dans la pratique, il s’avère difficile d’intégrer ces éléments aux diverses tâches quotidiennes des professionnels de soins de santé. Les conclusions de ses deux études semblent défier certaines des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, et remettent même en question la manière dont les soins et services sont actuellement délivrés.

Ces études mettent le doigt sur quelque chose d’assez inquiétant. Comment s’articuleront les pistes de solutions? J’ai bien hâte de voir la suite, et j’espère que nous (humanité) réussirons à solutionner ces problématiques.

Personal protective equipment in an influenza pandemic: a UK simulation exercise
[Équipement de protection personnelle dans une pandémie d’influenza: un exercice de simulation au Royaume-Uni]

N.F. Phina, A.J. Rylandsb, J. Allanb, C. Edwardsb, J.E. Enstonec and J.S. Nguyen-Van-Tamd

Sommaire

[TRADUCTION] L’expérience demeure limitée quant aux impacts financiers et opérationnels que l’adoption d’un guide de contrôle de l’infection de l’influenza pandémie au Royaume-Uni aura sur l’utilisation d’équipement de protection personnelle (PPE), les patients et le personnel. Nous avons tenté de cerner ces questions lors d’un exercice réel survenu dans un hôpital du nord-est de l’Angleterre.

Lors de cette simulation de 24 heures, tout le personnel d’une unité de soins généraux graves a porté des PPE et a adopté les procédures décrites dans le guide de contrôle de l’infection d’influenza pandémique du Royaume-Uni. Des équipes d’infirmière de contrôle de l’infection ont observé et noté le comportement du personnel et leurs pratiques pendant la simulation, incluant l’attitude du personnel à propos de l’utilisation des PPE.

Quoique les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé sur la probable utilisation de PPE de haut calibre (masques FFP3) se sont avérées excessives, davantage de gants et de masques chirurgicaux que prévus ont été utilisés. En dépit de formation pré-simulation, plusieurs employés manquaient de confiance dans l’utilisation des PPE et concernant la marche à suivre des mesures de contrôle de l’infection. Ils ont découvert que les PPE étaient inconfortables, et que même les tâches les plus élémentaires prenaient plus de temps à être effectuées.

De grandes quantités de rebus cliniques ont été générées: 12 sacs additionnels (soit 570 litres) de plus par jour.

Les estimations d’utilisation de PPE réalisées lors de cette simulation défient les évaluations que de grandes quantités de PPE de haut niveau sont requises, avec de considérables implications des budgets de soins de santé. Un programme d’éducation continue de contrôle de l’infection est nécessaire.

Les soins de santé, en situation de pandémie, ne consistent pas simplement à appliquer un guide de contrôle de l’infection de l’influenza pandémique à la pratique courante; les hôpitaux auraient besoin de considérer changer la manière dont les soins et les services sont délivrés.
La seconde étude pointée par Anne dans Facebook est celle-ci (mais je n’ai pas traduit le texte, que je vous invite à consulter en anglais):
Respirator-Fit Testing: Does It Ensure the Protection of Healthcare Workers Against Respirable Particles Carrying Pathogens?

Les conclusions de ces études démontrent qu'il est nécessaire de tester les plans d'urgence, qui pourraient ne pas tenir la route si les États ne trouvent pas le moyen de les ajuster et d'y intégrer les apprentissages résultant des exercices de simulation (ce que David Nabarro ne cesse de répéter, d'ailleurs).

Je me demande ce que la dernière phrase de l'étude britannique signifie exactement, et quelles en sont les implications: «Les hôpitaux auraient besoin de considérer changer la manière dont les soins et les services sont délivrés».

Quant au grand nombre de déchets produits, ce genre d'information est intéressant. Il pourrait y avoir des interruptions de services de gestion des déchets en temps de pandémie. En fait, cette étude est des plus intéressantes, et j'espère que d'autres planificateurs (en dehors de ceux du Royaume-Uni), en prendront connaissance. Y compris des gens du Canada et Québec!

Repenser totalement la manière dont les soins sont délivrés... Je n'arrive toujours pas à visualiser cela dans ma tête... Je retiens que la manière actuelle est trop compliquée. A priori, gérer un virus mortel ultra contagieux ne sera pas simple. Revoir de A à Z nos systèmes modernes de santé n'est pas une mince tâche!

Autre question: Si des simulations indiquent que le type de planification proposé par l'OMS comporte des failles, combien d'années cela prendra-t-il avant que cette réalité ne soit intégrée dans les directives globales?


Si les gens oublient ce qu'ils apprennent en formation au bout de 6 mois, cela n'est pas de bon augure. Je croyais les médecins et infirmières particulièrement bons avec leur mémoire (ces gens ne doivent-ils pas retenir des milliers de données?) Au Québec, les infirmières ont demandé au ministre de la Santé de mettre sur pied une formation particulière pour les infirmières en soins de maladies infectieuses: ce programme collégial a été refusé... (voir
L'Ordre revient à la charge - Les infirmières veulent développer une spécialité en infectiologie - Le Devoir, 4 novembre 2008).

En réfléchissant à cette histoire d'oubli des formations qui concernent une pandémie, j'ai pensé que mon cerveau (je parle pour le mien évidemment!) a une fâcheuse tendance à oublier ce qui n'est ni nécessaire ni important.

Peut-être que les personnes formées ne considèrent pas l'information relative à une pandémie suffisamment importante pour s'en rappeler? Je me demande si l'attitude des autorités gouvernementales joue sur ce tableau. Par exemple, quand on ne CROIT PAS qu'une chose puisse nous arriver, pourquoi faudrait-il se RAPPELER de protocoles nouveaux et compliqués? Si des professionnels de la santé ne pensent pas que ces formations leur seront utiles, alors je peux comprendre pourquoi leur mémoire leur joue des tours.

18 novembre 2008

Nabarro: Le contrôle du H5N1 endémique nécessite d’adopter une approche élargie du système alimentaire

Paru le lundi, 17 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


David Nabarro. Photo source

Lors d’une conférence prononcée le 13 novembre dernier par David Nabarro, coordonnateur du système des Nations Unies pour la grippe, au Centre for Strategic and International Studies, il a été question d’une foule d’éléments et stratégies de développement des préparatifs pandémiques, qui permettraient d'arriver à combler l'écart de 60% de l'objectif général de l'état de préparation mondial en vue d'une pandémie.

Ces deux dernières années, le nombre de pays ayant déclaré des foyers d’infection d’influenza aviaire s’est considérablement réduit. Cela pourrait être attribuable à de plus amples préparatifs en vue d’une pandémie, à un système de surveillance plus développé, ou encore à une quelconque transformation du virus qui pourrait être en train de couver. Car avec l’influenza, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre...

Toutefois, la présente situation, avec le H5N1 passablement bien contrôlé dans la majorité des pays, à l’exception des endroits où il a été déclaré endémique, permet de resserrer l’approche de contrôle du virus et de concentrer les efforts et interventions aux emplacements où le contrôle s’est avéré plus difficile jusqu'à ce jour.

Là où la maladie est endémique, appliquer la traditionnelle stratégie d’abattage et de compensation des fermiers dont les élevages sont touchés par le virus, n’est de toute évidence plus suffisante pour contrôler l’influenza aviaire. Par ailleurs, cette stratégie prive des millions de gens, qui vivent souvent avec des ressources extrêmement limitées, d’avoir accès à une source de protéines et d’être privés de revenus. Il s’avère que cette approche ne peut être soutenue dans les pays avec H5N1 endémique, étant donné que les gouvernements et les citoyens pourraient ne pas être en mesure de l’endosser pour des raisons évidentes et fondamentales de lutte pour la survie.

Il semble donc se développer un consensus pointant vers une approche progressive s'appuyant sur l’économie de la maladie. Il n’y a pas eu à ce jour d’incitatifs économiques majeurs pour les pays aux marchés d’exportation avicole peu développé, qui auraient pu les pousser à maintenir un environnement dépourvu de la grippe aviaire.

Cette nouvelle approche des préparatifs pandémiques ne consisterait donc désormais plus à simplement détruire les élevages infectés (ou potentiellement infectés) par la grippe aviaire, mais à protéger l’investissement (dans le secteur avicole).

Nous pouvons donc assister à un changement de mentalité: une différente logique semble se profiler à l’horizon.


Toutefois, David Nabarro a indiqué qu’une problématique majeure devait être d’abord solutionnée avant de pouvoir régler celle du H5N1 endémique: il s'agit du mauvais fonctionnement du système alimentaire. «Il y a des éléments de notre système alimentaire qui ne fonctionnent pas, en particulier pour les populations sous le choc de catastrophes naturelles ou autres».


Photo source

Il a rappelé que l’impact de l’augmentation des prix du riz, du blé et du maïs a été dévastateur pour les gens les plus démunis de la planète. Ces personnes ont soudainement dû faire face à une facture beaucoup plus lourde des denrées alimentaires, alors qu’elles dépensaient déjà 60% de leurs revenus pour se nourrir. Cela a créé une situation désespérée, conduisant dernièrement au constat qu'il y a désormais un milliard de personnes sous le seuil de pauvreté dans le monde.

«Afin d’arriver à mieux soutenir les fermiers de petites entreprises avicoles à combattre le virus de l’influenza aviaire, nous devons d’abord adopter une approche élargie de la nutrition, l’alimentation et l’agriculture dans le monde», a-t-il déclaré.

«Nous demeurons extrêmement préoccupés qu’une crise économique puisse avoir un impact dévastateur sur la crise alimentaire mondiale», a conclu David Nabarro.

«Conseiller» le premier ministre en vue d'une pandémie

Paru le mercredi, 12 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


John Parisella, président de la firme BCP. Photo source

Hier, nous étions le 11 novembre. Au Canada, nous célébrons le Jour du souvenir le 11 novembre, une journée de commémoration annuelle observée en Europe et dans les pays du Commonwealth pour commémorer les sacrifices de la Première Guerre mondiale ainsi que d'autres guerres.

Mais le saviez-vous? Le 11 novembre est également une autre grande date commémorative pour les préparatifs pandémiques québécois. Car le 11 novembre est le premier jour du contrat de services de «planification stratégique, d’élaboration de plans, et de développement de concepts portant sur la pandémie d’influenza», liant la firme BCP (présidée par John Parisella, conseiller du premier ministre Jean Charest), avec le Ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Cela fait trois ans que ce contrat est renouvelé, le 11 novembre de chaque année. Voici ce qu'a révélé le journaliste Denis Lessard de La Presse, en mai dernier:
"En trois ans, Québec aura versé presque 2 millions à l'agence BCP, à Montréal, pour produire un plan de communication, des documents d'information et une vigie médiatique en cas de pandémie.

Le contrat, obtenu après une procédure d'appel d'offres à la fin de 2005, était renouvelable automatiquement, au gré du ministre Philippe Couillard, pour les deux années suivantes. La Presse l'a obtenu en vertu de la Loi sur l'accès à l'information gouvernementale.

Ce contrat prévoyait un plafond de 725 000$ par année, qui n'a pas été atteint en 2006 et 2007, soit 525 000$ et 575 000$ pour ces deux premières années. Le ministère a budgété 725,000$ pour la dernière tranche, payable jusqu'en 2008-2009. Les factures pouvaient grimper rapidement, jusqu'à 2 millions par année, si la pandémie devenait une réalité."
On ne sait pas trop si ladite entente sera reconduite cette année, puisqu'au départ, il devait s'agir d'un contrat d'une durée de trois années.

Donc, pour en avoir le coeur net, j'ai déposé, en ce 11e jour commémoratif du mois de novembre, une demande d'accès à l'information, pour savoir si la firme de M. Parisella pourra ou non bénéficier d'un autre 725,000$/an supplémentaire (ou davantage) pour l'année 2008-2009, et les années subséquentes.
"En vertu de l'article 9 de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, je souhaiterais savoir si le contrat entre la firme BCP (présidée par John Parisella, le conseiller du premier ministre Jean Charest) et le ministre de la Santé et des Services sociaux, qui se terminait le 10 novembre 2008, a été renouvelé. Pourrais-je en obtenir une copie? Il s’agit du contrat de services pour «concevoir et réaliser les activités portant sur la pandémie d’influenza en fonction des différentes phases».

Sinon, un projet de contrat de services de nature semblable a-t-il été défini dernièrement par appel d’offres? Quelle firme a été choisie pour fournir des conseils s’apparentant à ceux décrits dans le contrat BCP/MSSS?

Vous m’avez déjà fait parvenir copie du contrat pour les années 2005-2006, 2006-2007, ainsi que 2007-2008. Le contrat dont la durée s’étendait du 11 novembre 2007 au 10 novembre 2008 a été signé le 11e jour du mois de novembre 2007.

Dans le contrat BCP/MSSS, il est indiqué que la firme BCP devait être rémunérée «un maximum de 725,000$ pour la phase inter pandémique» pour de la «planification stratégique, l’élaboration de plans, et le développement de concepts». Quels ont exactement été les livrables d’activités portant sur la pandémie d’influenza de la firme BCP au cours de l’année 2007-2008? J’apprécierais être informée de tout document de planification en lien avec ces activités."
Par ailleurs, en consultant la revue de presse de la campagne électorale en cours, je suis tombée par hasard sur un article d'Infopresse, qui indique que la firme BCP a été mandatée pour réaliser la publicité de la campagne électorale du Parti libéral du Québec.
"BCP a créé la publicité du Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par le premier ministre sortant Jean Charest. La campagne repose sur la signature "L'économie d'abord, oui". BCP a assuré la stratégie publicitaire, la création audio et télé, et le placement médias, mais pas les publicités imprimées, ni ce qu'on appelle le "collatéral": dépliants, macarons, pancartes des candidats sur le terrain, etc. Le mandat de BCP ne comprenait pas non plus le web."
Le fait d'être à la tête de la campagne de publicité du Parti libéral du Québec n'a pas empêché le président de la firme BCP de signer une chronique dans le quotidien Le Devoir... qu'il a d'ailleurs signée en mettant un tout autre chapeau, celui de professeur associé à l'Université Concordia. Cette chronique a généré 23 commentaires de citoyens qui, pour la plupart, n'avaient pas l'air d'être trop contents de lire l'article de John Parisella, intitulé Le Québec stable. J'avoue que j'ai moi-même sursauté.

Toujours est-il que le métier de conseiller du premier ministre semble être assez lucratif, en plus de conférer une place de première loge dans les meilleurs quotidiens de la nation.

Voilà de quoi je souhaiterais entendre parler pendant la campagne électorale

Paru le vendredi, 7 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Stockbyte, libre de droits, FIO_039

A priori, je ne souhaite entendre parler de rien du tout lors de cette campagne, car la tenue de ces élections générales me rebute. Des élections en ce moment ne sont pas les bienvenues, et de toute évidence inutiles.

La présente campagne électorale ne me semble pas être fondée. Pourquoi des élections? L’avis des citoyens québécois, qui ne souhaitaient apparemment pas d’élections n’a pas été écouté. Qui en effet aurait voulu d’une élection, après avoir dû digérer une campagne électorale fédérale, ainsi qu’une longue et enivrante campagne présidentielle chez nos voisins du sud (alors que nous savons à l’avance que notre campagne québécoise n’aura sans doute qu’un goût insipide)? Des élections, nous en avons soupé! Qu’à cela ne tienne, le premier ministre Jean Charest n’en a fait qu’à sa tête. Il ne s’est pas non plus attardé sur un léger détail: la dépense de 83 millions de dollars, nécessaires pour caresser son rêve d’élection, et ce en pleine crise économique mondiale. Le sociologue Pascal Bruckner dirait sans doute de M. Jean Charest qu’«il fait chaque jour de la démocratie, comme Monsieur Jourdain de la prose». [La Mélancolique démocratie] Une dépense de 83 millions de dollars (correspondant à la tenue de ces élections) est scandaleuse.

L’hypothèse de M. Charest qu’il faille un gouvernement majoritaire pour affronter la présente crise économique ne tient pas tellement la route. Au niveau fédéral, n’avons-nous pas un gouvernement minoritaire? Michel C. Auger écrit dans les Carnets de Radio-Canada: «De toute évidence, ce n'était pas ce que croyait M. Charest quand il a passé le plus clair de l'automne à manoeuvrer de manière à peine voilée pour que Stephen Harper n'obtienne pas sa majorité.»

Le véritable but caché de ces élections semble donc être ailleurs. Peut-être du côté de la personnalité du premier ministre? Davantage de franchise concernant les véritables buts de ces élections aurait été non seulement bienvenu, mais de toute évidence essentiel.

LES RÉELLES PRÉOCCUPATIONS
Alors, ce que je souhaiterais entendre le plus lors de cette campagne serait le reflet des réelles préoccupations des Québécoises et des Québécois. Et je sais pertinemment que cela n’arrivera pas.

Pourquoi? Si je me fie à ma propre expérience, les préoccupations des citoyens ne sont pas écoutées ni entendues par le gouvernement du Québec. J’ai pu le constater, en tentant de faire valoir l’apport positif de la participation de la communauté virtuelle Zonegrippeaviaire.com, dans le dossier des préparatifs pandémiques. Je me suis heurtée à une palissade de déni et d’ignorance. J’ai vu les citoyens monologuer seuls, parce que l’administration Charest a refusé de descendre de sa tour d’ivoire, se mettre au niveau de la population, en entamant un dialogue avec les gens à propos de leurs réelles préoccupations concernant une pandémie. La reconnaissance du rôle des médias sociaux en général, et en particulier en ce qui a trait à la préparation à une pandémie, aurait été non seulement la bienvenue, mais de toute évidence essentielle.

La tendance et les marchés, qui sont présentement formés [par les médias sociaux], sont les effets de la répression d’une liberté humaine au fil du temps, qui a désormais trouvé les moyens de s’exprimer librement et sans contrainte. Paul Gillin, dans son livre “The New Influencers“, parle de 150 années de répression qui ont pris fin grâce à l’avènement des médias sociaux. Nous pouvons désormais être connectés à n’importe qui et n’importe où sur la planète par le simple clic d’une souris. Nous pouvons désormais nous exprimer librement sans l’influence des institutions. Notre capacité à nous exprimer et à nous connecter a maintenant créé les moyens de discuter et d’être entendus. Nous avons finalement trouvé la voie qui nous permet d’avoir des conversations ouvertes et authentiques, ce qui a été compromis depuis des décennies.

Il me semble que le gouvernement du Québec aurait dû être plus ouvert à ce mouvement, et qu’il aurait dû faire quelque chose pour démontrer qu’il était capable d'entrer dans l'ère du Web 2.0 et accepter le changement. Encore là, aurait-il fallu qu’il soit à l’écoute des citoyens, ce qui n’est apparemment pas tout à fait dans les cordes du chef. Il semblerait donc que les hauts fonctionnaires du gouvernement du Québec que j’ai rencontrés se sont alignés sur le modèle de leur chef: c’est-à-dire qu’ils se sont enfoncés dans le mutisme et ont coupé les cordons de la communication avec les citoyens. Une oreille plus attentive aux préoccupations exprimées des citoyens aurait été non seulement la bienvenue, mais de toute évidence essentielle.

Un dialogue véritable avec les citoyens aurait été non seulement le bienvenu, mais de toute évidence essentiel.


L’annonce précipitée, à la veille du déclenchement des élections, d’un investissement dans l’économie sociale, était d’un ridicule confondant. La déclaration suivante, «l'économie sociale au Québec, c'est quelque chose de vital», sonne faux. Le présent plan gouvernemental pour l'entrepreneuriat collectif ne souffle pas mot au sujet des médias sociaux et ne reconnaît pas la contribution «actuelle et potentielle» de la capacité sociale que constitue le développement du Web 2.0. La création d'un programme de développement des secteurs émergents aurait été non seulement la bienvenue, mais de toute évidence essentielle.

LES RÉELS ENJEUX
Ne pas écouter les préoccupations des citoyens est une chose. Ne pas être au courant de ce qui se passe de par le monde, et de quelle manière le Québec se positionne par rapport aux progrès mondiaux, en est une autre. Pour de nombreux dossiers, il est possible d’observer que le Québec s’enlise dans l’inaction et laisse filer d’innombrables occasions d’innover, d’être à la fine pointe des nouveautés, de se développer et de se positionner en leader mondial.

Dans le dossier des préparatifs pandémiques, je réalise que ma liste de souhaits est tellement longue que je ne sais par quel bout commencer! Aborder les défis des préparatifs pandémiques lors de la campagne électorale aurait été non seulement bienvenu, mais de toute évidence essentiel.

En premier lieu, je crois que j’aurais souhaité davantage de leadership. J’aurais souhaité aussi davantage de démonstration de convictions. On sent très bien que le gouvernement du Québec ne semble pas croire qu’une pandémie se déclenchera un jour. Davantage de sensibilité et de leadership auraient été non seulement les bienvenus, mais de toute évidence essentiels.


J’aurais souhaité que le Québec reconnaisse que la menace d'une pandémie est demeurée inchangée depuis 2003, et qu'il prenne exemple sur l’Union européenne, en déclarant que la menace pandémique supplante toutes les autres menaces. La reconnaissance qu’une pandémie est la menace No. 1 à la nation aurait été non seulement la bienvenue, mais de toute évidence essentielle.

Bien entendu, étant donné que je travaille dans le domaine des communications, j’aurais souhaité davantage de communications avec la population sur les enjeux et la menace réelle d’une pandémie. J’aurais souhaité que les gestionnaires chargés des communications soient plus innovants, et que les outils de communication concernant une pandémie soient mieux gérés.

J’aurais souhaité que la coordination interministérielle de gestion de pandémie soit en premier lieu visible, transparente et présente auprès des citoyens.

J’aurais souhaité un réel effort et un intérêt marqué venant de la part du plus haut niveau du gouvernement envers les questions de préparatifs pandémiques. La nomination d’un tsar de pandémie et la création d’un bureau de pandémie auraient été non seulement les bienvenues, mais de toute évidence essentielles.


J’aurais souhaité que soit développée une réelle collaboration avec les citoyens dans la gestion de pandémie. J’aurais souhaité que le gouvernement estompe la frontière entre l’administration et la population, et que des projets soient développés, incorporant les citoyens dans le processus de planification et de préparation de pandémie. Faire confiance à la sagesse publique collective et à la capacité de la collectivité à résoudre des problèmes dans le dossier des préparatifs pandémiques, aurait été non seulement bienvenu, mais de toute évidence essentiel.

Favoriser non seulement la consultation, mais aussi l’engagement de la collectivité à titre de partenaire complémentaire auprès des grandes organisations publiques, tant pour la préparation de la crise que pour la gestion de la crise elle-même, auraient été non seulement les bienvenus, mais de toute évidence essentiels.

J’aurais souhaité qu’il y ait davantage de femmes impliquées dans des hauts niveaux de décision, en ce qui concerne les préparatifs pandémiques. Le blogueur Jay Deragon (A Relationship Economy) a expliqué: «Il est difficile pour les leaders, principalement les leaders de sexe masculin, à la fois d’admettre et de composer avec efficacité avec les choses ‘intangibles’, parce que les éléments fondamentaux des solutions appropriées sont essentiellement orientés socialement. Le top dix des défis et solutions ‘sociales’ exigent la coopération, la collaboration, le consensus et la gestion des «processus des gens». La plupart des entreprises souffrent aujourd’hui de division sociale, interne et externe, entre les gens, les besoins et les progrès.» Un des plus grands défis des préparatifs pandémiques concernera l'un des nouveaux volets des préparatifs multisectoriels, la planification sociale: «Des études ont confirmé que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance sous la forme d’une modification efficace du comportement reste un défi.» (Synopsis, paragraphe 18). Davantage de femmes impliquées dans les hautes sphères des préparatifs pandémiques auraient été non seulement bienvenu, mais de toute évidence essentiel.

Réaliser que le Québec est un «suiveux», et non pas un leader mondial, me fait réellement mal au cœur. J’aurais souhaité que les autorités fassent preuve d’innovation, en allant au-devant des nouvelles sur le développement des virus à potentiel pandémique et des maladies émergentes, et qu'il entre en compétition avec les meilleures nations qui se hissent au palmarès des plus avancées en termes de préparatifs pandémiques. Davantage d’audace et de créativité auraient été non seulement les bienvenues, mais de toute évidence essentielles.

Constater que nos plans de pandémie sont désuets et qu’il n’existe ni volonté ni mécanisme pour les mettre à jour, me désole également. Constater que notre planification de pandémie manque gravement de mise en pratique et que le Québec n'effectue pas suffisamment de simulations de pandémie est alarmant. Réaliser que nos vies, en tant que citoyens, sont en danger face à la menace pandémique, en raison du manque actuel de préparatifs pandémiques dans notre société, me révolte. Accepter de baisser les bras, en sachant que les projets et la communauté virtuelle, qui seraient en mesure de faire une différence pour que progressent les préparatifs pandémiques, sont ignorés: cela j’en suis incapable. Davantage de discernement et de vision auraient été non seulement les bienvenus, mais de toute évidence essentiels.

Mettre à profit des capacités de l’infrastructure civique, implanter l’instauration d’un dialogue structuré entre les autorités publiques et la communauté, permettre l’implication de la communauté dans la résolution des problèmes liés à la préparation et à la gestion de la crise, susciter la participation de la communauté en ce qui concerne des actions posées pour prévenir, gérer et régler la crise que constituera une pandémie, auraient été non seulement les bienvenus, mais de toute évidence essentiels.

Les Français innovent avec l'expo "Epimemik"

Les Français innovent avec l'expo "Epimemik" et sensibilisent le public aux défis d'une pandémie

Paru le vendredi, 7 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com




Cinamon nous informe aujourd'hui dans Zonegrippeaviaire de la tenue d'une exposition vraiment emballante, en affichant ce lien pointant sur la Cité des sciences de Paris à propos de "Epidemik, l'exposition contagieuse".

Tout d'abord, je tiens à mentionner que l'architecture époustoufflante du site de la Cité des sciences et de l'industrie me fait penser à l'Exposition universelle de 1967, qui a eu lieu à Montréal. On y trouve notamment un dôme géodésique.


Géode et Cité des Sciences, Paris, France

Quoi de mieux qu'une exposition pour sensibiliser le public aux défis d'une pandémie? Les Français ont réalisé un tour de force en intégrant les problématiques de santé publiques liées aux épidémies ou pandémies dans une exposition destinée au grand public.

Voici comment le Musée décrit l'exposition:
"Épidémik met en scène les épidémies passées et à venir. Celles qui ont marqué l'histoire de l'humanité et celles qui menacent. Elle donne à comprendre les enjeux sanitaires, sociaux, économiques et politiques soulevés par les crises épidémiques et le rôle que chacun, citoyen ou décideur, peut jouer pour prévenir et lutter contre ces maladies. Épidémik revisite en images l'histoire qui unit les épidémies et les hommes (1re partie de l'exposition), puis elle plonge ses visiteurs dans un jeu de simulation de crises épidémiques contemporaines (2e partie de l'exposition)."
Le lien affiché par Cinamon pointe vers ce communiqué:
Grippe à Singapour, 2015
Cité des sciences.fr

Singapour, 2015. Un nombre élevé de cas mortels de grippe a été relevé en Asie. Ils sont dus à un virus de type H5N1 humanisé. L’épidémie s’étend et menace Singapour!

Sur le plateau de jeu, vous êtes citoyen ou décideur. Dans les deux cas, il faut lutter contre l’épidémie.

Citoyen, vous devez survivre à l’épidémie. Parviendrez-vous à obtenir un diagnostic de votre état de santé avant que tous les médecins de la ville ne soient débordés? Laisserez-vous votre place aux personnes fragiles dans l’accès aux premiers vaccins, ou bien exigerez-vous un tirage au sort?

Décideur, vous devez définir une stratégie pour gérer la crise. Choisirez-vous de distribuer des médicaments préventifs, alors que le virus peut développer des résistances et rendre ces traitements inefficaces? Allez-vous réquisitionner tout le personnel médical pour assurer les soins, et l’exposer du coup aux risques d’infection?
Les rôles que nous propose cette exposition sont bien campés: en tant que citoyen, il faut arriver à survivre. En tant que décideur, il faut ramer et manoeuvrer dans une crise majeure, et faire des choix difficiles. Il s'avère que mesurer les enjeux d'une pandémie est tout un art, et seuls une poignée d'États du monde ont réussi à développer une planification sophistiquée, en favorisant des approches novatrices. Pas plus tard que cette semaine (lundi 3 novembre), le coordonnateur des Nations Unies pour la grippe, le Dr David Nabarro, soulignait que les plans sur papier ne sont pas suffisants: "En prévoyant pour une préoccupation extraordinaire comme l'influenza pandémique, ce n'est pas assez d'avoir écrit un plan et de l'avoir fait endosser par tout le monde. Vous devez également le vérifier, le tester et vous assurer qu'il fonctionne, et ensuite le réviser sur la base de l'assimilation."

David Nabarro a également indiqué que sur les 148 pays qui ont fourni des données dans le cadre du 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (Responses to Avian Influenza and State of Pandemic Readiness: Fourth Global Progress Report), à propos de leurs plans et leurs stratégies en vue d'une pandémie, 53% des nations avaient testé leurs plans au cours de la dernière année, et que seulement un quart d'entre elles avaient effectué des simulations à tous les niveaux de leur gouvernement. Moins de 40% ont démontré avoir incorporé les leçons apprises lors des simulations de pandémie.

À mon avis, chaque État du monde devrait déployer une équipe composée de décideurs, planificateurs de mesures d'urgence, et même de quelques citoyens, à la Cité des sciences de Paris en France, pour visiter cette exposition et s'amuser quelques heures dans l'un ou l'autre des rôles (citoyen et décideur). Car autant les choses ne sont pas simples pour les décideurs, imaginez ce que ce sera pour le citoyen, qui sera confronté à l'impératif suivant: Survit ou crève. Les membres de l'équipe pourraient s'assurer de tenir les deux rôles dans cet exercice d'exposition-simulation. Une fois cela complété, les équipes pourraient ensuite se réunir pour discuter de leur visite et analyser d'après les expériences et réflexions recueillies, s'il n'y aurait pas lieu d'apporter des mises à jour à leurs plans de lutte actuels.

Que j'aimerais visiter cette exposition! Amis parisiens, laissez-nous savoir ce que vous en pensez si vous y allez.

Faute de ne pouvoir se déplacer à Paris, en guise de mince consolation, nous pouvons toujours jouer au Quizz épidémique de l'exposition "Epidemik".

Réjean Hébert serait-il en mesure de jauger les défis d'une préparation multisectorielle de pandémie?

Paru le vendredi, 7 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Le Dr Réjean Hébert. Photo source

Les électeurs québécois ont été appelés aux urnes par le premier ministre Jean Charest, qui a invoqué le 5 novembre dernier le besoin de stabilité politique et économique pour justifier ces élections.

Jean Charest tentera de convaincre les Québécois qu'il s'agit du véritable motif d'un déclenchement hâtif d'élections, alors qu'en réalité, ce serait plutôt parce que les sondages lui ont été favorables jusqu'à maintenant... Toutefois, un sondage réalisé du 16 au 26 octobre 2008 a révélé que l'avance libérale avait légèrement fondu. Le sondage Crop d'octobre 2008 indique que les intentions de vote étaient les suivantes, peu de temps avant le déclenchement des élections.

La statue de Maurice Duplessis devant l'Hôtel du Parlement, à Québec.

S'il obtient un troisième mandat, Jean Charest réussira un exploit encore jamais accompli depuis Maurice Duplessis: obtenir un troisième mandat d'affilée. Ce nom de Duplessis me donne la chair de poule, car il évoque également l'expression "Grande Noirceur".

Mais je disgresse... Donc les Québécoises et Québécois sont plongés dans une AUTRE élection générale. De nouvelles têtes de politiciens se profilent à l'horizon. Parmi le lot de candidats, Réjean Hébert fait le saut en politique, et pourrait s'avérer intéressant à suivre, pour nous "flubies" passionnés par les questions de pandémie et de préparatifs pandémiques.

Réjean Hébert a une formation en épidémiologie et a géré à titre de doyen le département de médecine familiale de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke.

Dans une vidéo d'investiture de la circonscription de Saint-François pour le Parti Québécois, il indique que pour un dossier relatif aux conditions de vie des aînés, mis sur pied par la ministre Marguerite Blais, il a trouvé que le plan d'action fut modeste et "sans aucune mesure correspondant à l'ampleur des défis et aux attentes suscitées par la consultation."

Un article de Radio-Canada indique également: "Le Dr Hébert, qui déplore l'attitude du gouvernement Charest à l'égard de la privatisation des soins de santé, a notamment cosigné la Déclaration de Montréal, en août dernier, avec plusieurs collègues. Les signataires se disaient grandement inquiets par l'ouverture au secteur privé réalisée par le gouvernement libéral actuel."

Le dossier de pandémie est encore plus gigantesque que celui de la condition de vie des aînés. Une pandémie pourrait infecter au moins 35 pour cent de la population mondiale (et donc aussi du Québec). Une pandémie pourrait coûter 3000 milliards de dollars, d'après la Banque mondiale.

La formation en épidémiologie, les capacités de gestion, et l'apparente sensibilité du Dr Réjean Hébert aux conditions de vie et de santé des gens, sont-ils des éléments qui pourraient faire en sorte que ce monsieur arrive à jauger les gigantesques défis associés à la gestion de pandémie? Parmi les décideurs et planificateurs de mesures d'urgence du Québec, peu de personnes ont réussi à ce jour à comprendre quels sont les véritables enjeux d'une pandémie.

J'ai beaucoup parlé de la nécessité d'un tsar de pandémie au Québec (et pour chacune des nations par ailleurs), pour coordonner toutes les actions devant être mises en oeuvre pour préparer les Québécoises et les Québécois à une pandémie. Avec la publication du 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de pandémie (voir le Synopsis en français), qui recommande désormais une planification multisectorielle (sociale, économique et politique), en plus du secteur traditionnel de la santé, je pense plus que jamais qu'un tsar de pandémie pourrait arriver à implanter une préparation suffisante pour nous faire traverser une pandémie sans trop de souffrance, dommages collatéraux, économiques et politiques.

Retenons notre souffle jusqu'au 8 décembre prochain, pour voir la suite des événements, et espérons qu'une vision éclairée puisse prochainement émerger des politiciens(nes), afin de lancer dans les meilleurs délais une nouvelle ronde de préparatifs, cette fois-ci multisectoriels (social, économique et politique) en vue d'une pandémie d'influenza.

Le Québec a besoin d’un plan numérique, ainsi qu'un plan multisectoriel de planification de pandémie

Le Québec a besoin d’un plan numérique, ainsi qu'un plan multisectoriel de planification de pandémie et de reconnaissance du rôle des médias sociaux

Paru le dimanche, 2 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Ultra F., Digital Vision, libre de droits, #82245837

Il y a six jours, la bloggueuse montréalaise Patricia Tessier passait à l’action et signait une lettre ouverte adressée au premier ministre du Québec – intitulée Monsieur Charest – Le Québec a besoin d’un plan numérique - visant une gouvernance numérique, afin de «non seulement rattraper le retard, mais devenir une nation qui prendra sa place et se distinguera dans la nouvelle économie».

Une excellente initiative, qui a récolté en peu de jours de nombreux appuis, avec près de 200 personnes ayant rejoint le groupe associé à cette lettre sur Facebook, une quarantaine de bloggeurs ayant mis la main à la pâte de la diffusion de la lettre, et plusieurs mentions dans les médias.


Jean Charest. Photo Jacques Nadeau, Le Devoir. Source

Dans moins de 72 heures, il est probable que le premier ministre Jean Charest annoncera la tenue d’une élection générale provinciale au Québec. Je suis persuadée que Patricia Tessier et ses acolytes, dont plusieurs excellent en communications, arriveront à faire cheminer leur démarche au cours de la campagne électorale provinciale.

Patrice-Guy Martin, dans un article publié dans Direction informatique, qui se penche notamment sur la démarche de Patricia Tessier, indique qu’il faut prêcher par l’exemple: «Nous avons tous un environnement sur lequel nous avons un pouvoir d’influence ou d’action. C’est dans ce périmètre que nous sommes véritablement des agents de changement. Sachons utiliser ce pouvoir. Il est plus grand que nous le croyons. Il serait sage que nos gouvernements poussent dans ce sens. Il serait encore plus sage de commencer à agir sans nécessairement les attendre.»

Le pouvoir d’action, c’est justement ce sur quoi Zonegrippeaviaire.com s'appuie. Nous prenons notre rôle d’information et d’empowerment des citoyens en vue d’une pandémie très au sérieux. Étant donné que les préparatifs pandémiques sont l’affaire de tout le monde, et en particulier des gouvernements, nous sommes allés cogner à la porte du gouvernement du Québec au printemps dernier, et nous lui avons demandé de nous considérer comme un partenaire de développement de la planification de pandémie, et comme faisant partie de la solution d’approche à une pandémie. La réaction du gouvernement a été le déni des médias sociaux. Zonegrippeaviaire.com n'est pas à sa première lettre adressée au premier ministre Jean Charest (et je dois souligner que les réponses brillent par leur absence). Nous souhaitons, nous aussi – comme Patricia Tessier et ceux et celles qui l’appuient - non seulement que le gouvernement du Québec rattrape le retard, mais qu’il devienne une nation qui prendra sa place et se distinguera dans le domaine des préparatifs en vue d’une pandémie. Cela permettrait de limiter les dégâts à notre économie, et de diminuer le nombre de victimes qui seront emportées par un virus pandémique et les dommages collatéraux causés par une pandémie d'influenza.

Je considère qu’il est tragique que les autorités provinciales québécoises et fédérales canadiennes n’aient pas encore trouvé une formule de collaboration et n’arrivent pas à reconnaître le rôle du Web participatif (ou médias sociaux) comme levier de mitigation de la société. Pourtant, ce rôle est souligné dans le document «Les médias sociaux et la communication du risque», signé en mai dernier par la Direction de la coordination de l’information et des mesures d’urgence de Services Québec.

Le déclenchement des élections provinciales entraînera sans doute la paralysie du gouvernement jusqu’au printemps 2009 (le temps que la campagne électorale se déroule, puis qu’un nouveau cabinet ministériel soit formé, puis que ces personnes prennent la pleine possession de leurs dossiers). Pendant que les autres nations du monde continueront de développer leurs planification de pandémie, nous pouvons anticiper que le Québec prendra encore plus de retard dans ce domaine.


David Nabarro. Photo Getty Images source

Les élections provinciales tombent plutôt mal, à un moment clé où les agences onusiennes en sont arrivées à un important tournant de leur vision de la gestion de pandémie. Le Quatrième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (voir le synopsis en français) publié à la mi-octobre, avec David Nabarro, coordonnateur du système des Nations Unies pour la grippe, à la barre des travaux de ce rapport, propose de nouvelles directives internationales qui pousseront les décideurs et les planificateurs de pandémie des États du monde à retourner à leurs plans de pandémie et à les faire évoluer. Ce qui s’annonce, à l’échelle mondiale, est donc un changement majeur dans la gestion de pandémie: Au cours de l’année 2009, [les pays] veilleront à mettre au point des protocoles, des cadres d’action et des indicateurs en vue d’une préparation multisectorielle [sociale, économique et politique] à une pandémie, et l’on proposera des mécanismes en vue de son financement approprié.»


Mike Leavitt. Photo source

Naturellement, je souhaiterais que ces questions deviennent des enjeux électoraux, mais je suis réaliste et je sais que cela n’arrivera probablement que dans mes rêves les plus fous, en raison de l'apathie des médias et de la société en général envers ces questions. Le sujet d'une pandémie ne cadre pas très bien dans une campagne électorale car cela n'a pas le potentiel de générer des masses de votes. Comme l'a mentionné le ministre américain de la Santé, Mike Leavitt, la semaine dernière lors d'un séminaire diffusé sur Internet: «Il n'est pas facile de parler d'une pandémie». Toutefois, son administration s'est positionnée en leader et soutient l'importance des préparatifs individuels. «Nous devons continuer à utiliser chaque occasion pour parler de l'état de préparation individuel. Oui, le gouvernement doit jouer un rôle, que ce soit au fédéral ou local… mais les gens ont une responsabilité et c'est en joignant leurs actions que cela déterminera finalement si nous sommes préparés ou pas.» Il est à souhaiter que le gouvernement du Québec adopte lui aussi un discours d'encouragement des préparatifs individuels, et en vienne à reconnaître et soutenir la communauté virtuelle Zonegrippeaviaire.

Suivons de près le momentum créé par les démarches visant une gouvernance numérique. Qui sait, peut-être surviendra-t-il des occasions de faire valoir la nécessité d’une préparation multisectorielle en vue d’une pandémie et le rôle des médias sociaux au cours de la campagne électorale provinciale qui s’annonce.

Think big! Des «relations unies» susciteront de nouveaux horizons de préparatifs multisectoriels

Paru le samedi, 25 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire



«Nous ne faisons pas les choses de cette manière ici».

C’est ce que je me suis fait dire par les planificateurs de pandémie du gouvernement du Québec: «Nous ne faisons pas les choses de cette manière ici». Ils ont même ajouté: «Même si une idée est excellente, cela ne veut pas dire que nous la retiendrons. Cela peut nous prendre des années avant qu’un projet soit intégré.»

Les souvenirs pénibles du mois de mai dernier me remontent dans la gorge, en lisant le billet ‘Does experience help?’, signé par Jay Deragon, de A Relationship Economy. Ce à quoi il répond: «L'expérience n'aide pas, si nous faisons les mauvaises choses.»

«Nous ne faisons pas les choses de cette manière ici». Deragon indique qu’il est convaincu que vous avez entendu cette phrase de nombreuses fois dans votre carrière professionnelle, et que vous vous êtes éloigné en pensant, «Bon sang! Qu’ils sont bornés, mais ne fait surtout pas de vagues».


Pourquoi faudrait-il baisser les bras? Chaque semaine, de nouvelles évidences viennent confirmer que la gestion de pandémie a besoin d’un souffle de renouveau et de changement. Nous sommes arrivés à une période névralgique où les actions du passé sont résumées. Le portrait brossé aide à définir ce qu’il reste encore à mettre en œuvre. Le passé n’est plus garant du futur.

Je veux encore croire qu’il est possible de changer l’ordre des choses. Avec la conférence internationale organisée par les agences onusiennes qui se tient à Sharm el-Sheikh en Égypte ce week-end, j’espère que les États du monde entier vont entendre le message véhiculé, notamment, dans le 4ième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire, et qu’ils adopteront une approche multisectorielle, sociale, économique et politique, en plus du secteur traditionnel de la santé, à leurs préparatifs pandémiques.

J’espère même que les planificateurs du gouvernement du Québec finiront pas se dérider et qu’ils suivront les directives venant des experts de l’ONU et de la Banque mondiale, qui ont dirigé les travaux du 4ième Rapport.

Jay Deragon indique dans son billet: «Pour changer l’objectif, ou le résultat final, nous devons changer le système. Et modifier le système nécessite le leadership d’une poignée de gens, l’organisation de plusieurs, suivie par la coopération et les relations unies, dont la voix collective influence plusieurs marchés avec une nouvelle pensée qui fait en sorte que nous en bénéficions tous. C’est à nous de communiquer avec efficacité, avec la force du nombre, et de faire connaître nos désirs pour un futur amélioré, là où chacun qui peut changer sa pensée gagne. Il suffit de créer un lien vers des relations unies et par conséquent, vers de nouvelles expériences.»

Ce que raconte Jay Deragon pourrait constituer une solution d’amélioration des préparatifs pandémiques. Personne n’a encore planifié une situation d’urgence de santé publique en y incorporant des volets sociaux, économiques et politiques. Il va bien falloir innover pour arriver à planifier une pandémie du XXIe siècle! Et ce n’est certainement pas en se répétant «Nous ne faisons pas les choses de cette manière ici», que nous arriverons à trouver des solutions collectives novatrices et efficaces.

Plus que jamais, je crois en la force des médias sociaux. Plus que jamais, je pense que le réseautage social, ou les «relations unies», dont parle Jay Deragon, peuvent faire une différence considérable dans le processus de préparation en vue d’une pandémie.

Maintenant plus que jamais, nous devrions nous lier avec le maximum de personnes qui travaillent sur la planification et la gestion de pandémie. Alors, mes amis, osez! À vos profils Facebook (ou autre plate-forme sociale de votre choix)! L’heure est venue d’unir nos forces afin de créer un environnement propice à l’implantation des nouvelles directives de gestion de pandémie, axées sur une approche multisectorielle, sociale, économique, et politique.

Personne n'est prêt pour une pandémie de grippe, y compris le gouvernement du Québec

Paru le jeudi, 23 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Joseph Sohm-Visions of America, Stockbyte. Libre de droits, sb10069737bk-001

J'adore le titre de l'article ci-dessous, et juste pour cela, cela vaudrait quasiment la peine de l'encadrer: "Personne n'est prêt contre une pandémie de grippe". Cela me fait vraiment plaisir de le voir écrit noir sur blanc. Car cela a été mon mantra depuis des mois, et j'aurais dû tenir un album de scrapbooking dans lequel j'aurais pu coller la photographie de la tête déconcertée de la plupart de mes interlocuteurs, lorsque je leur ai parlé de notre présent manque de préparatifs pandémiques. Les réactions adverses de la majorité d'entre eux étaient absolument estomaquantes, et la myriade de grimaces dont j'ai été témoin aurait fait un superbe album de souvenirs. J'aurais vraiment dû avoir cette idée d'album de scrapbooking plus tôt! Zut et rezut...

Ce titre d'article, qui est publié de surcroît dans un média québécois - Canoë.com - contraste avec la retentissante déclaration d'une porte-parole du MSSS en avril dernier, qui a déclaré avec fierté "Nous sommes prêts" pour une pandémie, et "On sait comment soigner une pandémie d’influenza car c’est une grippe. Ça se soigne avec des antiviraux". Une message d'une simplicité candide et quasiment enfantine.


Dr David Nabarro. Photo source

En tout cas, j'espère que le Dr David Nabarro, le coordonnateur du système des Nations Unies pour la grippe, a les nerfs solides, et qu'il va continuer à parler haut et fort à propos des nouvelles directives de gestion de préparation d'une pandémie, et que d'autres personnalités du milieu se joindront à lui. Parce que le défi de faire bouger les administrations de tous les États du monde et de les faire avancer dans une même direction est gigantesque. Jusqu'à présent, il est vrai que beaucoup de travail a été effectué, mais il en reste encore autant, sinon davantage, à être entrepris.


Dr. Bill Raub ----- Dr Michael Osterholm -- Maggie Fox -- Michael Leavitt

J'ai bien hâte d'entendre ce qu'auront à dire la semaine prochaine Bill Raub, le conseiller scientifique du ministre américain Michael Leavitt, le Dr Michael Osterholm, directeur du CIDRAP, et aussi Maggie Fox, éditrice de la section santé de Reuters, qui ont été invités pour participer à l'excellente série de séminaires portant sur les préparatifs pandémiques, réalisée par le HHS (le ministère de la santé fédéral des États-Unis). L'événement aura lieu le 29 octobre prochain à 13 heures et sera diffusé sur Internet. Il est prévu que le ministre Leavitt lui-même se joigne à la discussion avec les autres conférenciers. Cela risque d'être un moment historique pour les "flubies"! À ne pas manquer! Ce qu'il y a de très "social" à propos de cette série de séminaires, c'est que tout le monde peut et est invité à transmettre ses questions aux conférenciers. Les séminaires ne sont pas visionnés à huit clos, et sont rendus disponibles sur Internet. Tout le monde peut donc les regarder.

J'espère que les autorités québécoises, qui sont emmitoufflées bien confortablement dans leur petite bulle protectrice, finiront un de ces jours par entendre le nouveau message des agences internationales à propos de la gestion de pandémie et modifieront leur planification. Combien d'années cela leur prendra-t-il? Je ne parierai pas avec vous, de peur de perdre ma chemise.

Afin que la population québécoise ait véritablement l'impression que la gestion de pandémie est un dossier multisectoriel, il faudrait que ce dossier cesse d'être lancé dans les mains du minitère de la Santé et des Services sociaux. Par exemple, Zonegrippeaviaire a écrit plusieurs fois au premier ministre Jean Charest, et chaque fois, les lettres ont été dirigées vers le ministre de la Santé. (Notez que nous n'avons reçu aucune réponse, par ailleurs!) Cela fait des mois que je réclame un tsar de pandémie, et je pense que cette suggestion serait la solution idéale pour entreprendre une relance des préparatifs du Québec dans la nouvelle direction recommandée dans le 4ième Rapport intérimaire sur la gestion de la grippe aviaire.

Personne n'est prêt contre une pandémie de grippe
22 octobre 2008 | Par Canoë.com

Un nouveau rapport de l’ONU est tombé mardi comme un pavé dans la marre. Bien que la plupart de pays aient conçu des plans d’action pour faire face à une éventuelle pandémie de grippe, ceux-ci n’ont pas été testés suffisamment, ce qui laisse craindre, avance l’ONU, qu’ils soient inefficaces.

Dans un rapport publié mardi, l’ONU indique qu’à l’heure actuelle, «53% des pays ont annoncé avoir testé leurs plans et seulement 38% disent avoir tenu compte des leçons apprises au moment du test».

À trois jours de la sixième Conférence ministérielle internationale sur la grippe aviaire qui se tiendra du 24 au 26 octobre 2008 à Charm el-Cheikh en Égypte, le Dr David Nabarro, qui a fait pour l’ONU le point sur l’état de la menace d’une pandémie, a insisté sur le fait qu’«une bonne préparation est d’autant plus indispensable que le coût économique d’une épidémie pourrait être pharaonique», a-t-il averti.

Le Dr David Nabarro estime cependant que le monde gère mieux le virus qu’en 2005. En soulignant que les pays devraient accepter de partager leurs informations ouvertement et rapidement, il a toutefois laissé entrevoir qu’à ce chapitre, les interactions entre les pays sont un peu tendues.

«Certains sont réticents à partager leurs informations, d’autres ont tendance, en cas de contamination, à blâmer leurs voisins. Il est impératif que, dans ce cadre, la confiance s’établisse entre les pays», a-t-il souligné.

Source: http://sante.canoe.com

Le nouveau rapport de l'ONU recommande une planification multisectorielle

Le Quatrième rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire recommande une planification multisectorielle

Paru le dimanche, 19 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



David Nabarro. Photo Getty Images, source

Il y a un an de cela, en novembre 2007, le Dr David Nabarro, coordonnateur du système des Nations Unies pour la grippe, avertissait déjà qu’il existait une «préoccupation majeure sur la capacité réelle des pays à activer leurs plans en cas de pandémie, sur leur capacité à impliquer d’autres secteurs que les services de santé car une pandémie aurait des implications économiques et sociales.» (Conférence de presse du coordonnateur principal du système des Nations Unies pour la grippe, David Nabarro, 29 novembre 2007)

Cette semaine, nous pouvons constater que ce discours a évolué et a été renforcé dans le Quatrième rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire [Responses to Avian Influenza and State of Pandemic Readiness: Fourth Global Progress Report]. David Nabarro, l’un des plus grands experts en santé publique, a dirigé l’équipe de l’ONU et de la Banque mondiale qui a produit ce document de 105 pages, dont le synopsis a été publié dans les six langues des Nations Unies (français, arabe, chinois, anglais, russe, espagnol).

Ce document fournit les grandes lignes directrices qui vont permettre aux États du monde entier de peaufiner leurs préparatifs en vue d’une pandémie. En plus du secteur de la santé, les experts recommandent désormais une approche multisectorielle comportant les dimensions sociale, économique et politique.

Ce qui signifie que l’implication de la société civile et du secteur privé – qui était demeurée relativement limitée à ce jour – pourrait enfin prendre sa place dans les processus de planification.

Le rapport insiste pour que toutes les parties unissent leurs efforts: «Il est essentiel que les efforts de préparation nationale à une pandémie soient entrepris conjointement par toutes les parties prenantes – représentants d’organismes du secteur public, entités privées, société civile et Croix-Rouge, organisations du secteur des médias et groupes confessionnels.» (Synopsis, paragraphe 26).

Notez ici l’emploi de l’expression «organisations du secteur des médias», qui est large. On pourrait donc y inclure les médias sociaux. La sphère du Flublogia (les blogues et les forums de discussion portant sur l’influenza et les préparatifs pandémiques) font partie du Web 2.0 et sont considérés comme étant des médias sociaux.

Le rapport souligne aussi l’importance des approches de communications. Le 30 avril dernier, l’OMS a annoncé que les conseils pour aider des pays dans la préparation à la prochaine pandémie seraient révisés et il était prévu que ces directives soient éditées vers la fin de 2008. Nous sommes à la mi-octobre, alors je ne sais pas trop si le Quatrième rapport intérimaire mondial correspond à la révision annoncée au printemps. Lors de l’annonce du mois d’avril, il avait été question d’une révision du rôle des communications au cours d'une pandémie d'influenza. Voici ce qu’indique le Quatrième rapport intérimaire mondial à propos des communications:
«Des approches de la communication à long terme en vue des modifications comportementales sont nécessaires, en particulier des approches adaptées aux contextes sociaux, économiques et culturels de la population. La communication en vue des modifications comportementales est un composant complémentaire essentiel de chaque aspect des activités dans le domaine de la grippe aviaire et humaine. Les populations doivent disposer des connaissances et des moyens nécessaires à la mise en pratique des recommandations. L’instauration d’une relation de confiance entre les populations et les autorités, en particulier en ce qui concerne les mesures de contrôle qu’elles prônent, jouera un rôle crucial pour permettre aux gens de se protéger contre la grippe aviaire pathogène et de limiter les conséquences potentielles de la maladie et d’autres maladies infectieuses émergentes. Des études ont confirmé que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance sous la forme d’une modification efficace du comportement reste un défi.» (Synopsis, paragraphe 18).
En lisant entre les lignes, on peut voir que ces directives incitent les États à explorer des nouvelles manières de communiquer avec la population, afin de créer un dialogue véritable qui favoriserait la confiance. La dernière phrase est assez révélatrice du prodigieux défi que pose la communication liée à une pandémie. Même si les États émettent de l’information et publient des directives, il n’est pas garanti que la population écoutera et se conformera aux directives officielles.

Voilà pourquoi il importe tant que les États s’efforcent de réduire le fossé existant entre l’administration gouvernementale et la société civile. Autant les citoyens doivent apprendre à faire confiance aux planificateurs de pandémie et aux décideurs, autant ceux qui gouvernent vont devoir apprendre à confier des responsabilités de planification, d’information et de sensibilisation à des leaders d’opinion, leaders communautaires et simples citoyens. L’ère du contrôle Top-Down pourrait faire place au Bottom-Up qui est en train d’émerger, de toute façon, avec le développement du Web 2.0.


Zonegrippeaviaire a approché le gouvernement du Québec au mois de mars 2008. En juin, le gouvernement a décidé de rejeter la sphère du Flublogia et le site Zonegrippeaviaire, pour ne pas avoir à reconnaître les médias sociaux (voir le document Les médias sociaux et la communication du risque, obtenu par le biais de la Loi sur l'accès à l'information). Espérons que les décideurs québécois réviseront leur position et intégreront les nouvelles directives proposées dans le Quatrième rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire.

Le Québec pourrait remonter la pente avec les actions suivantes: réviser ses positions, admettre l’importance de l’implication de la société civile dans une planification multisectorielle (Synopsis, paragraphe 22), inviter les organisations du secteur des médias à sa table de planification de pandémie (Synopsis, paragraphe 26), proposer des mécanismes de financement approprié, (Synopsis, recommandation 3) et innover en recherchant un cadre d’actions qui ferait en sorte que la prise de conscience et de la connaissance se traduise par une modification efficace du comportement de la population (Synopsis, paragraphe 18).
 
TwitterCounter for @Lyne_Robichaud