Blogue de Lyne Robichaud

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04 octobre 2010

Qu'est-ce que gov2.0, en 5 minutes?

Une photo de @flaming_dragon, magnifique métaphore du gouvernement 2.0 http://www.flickr.com/photos/denisecaron/5028366820/

«Gouvernement 2.0» est une expression désignant l’intégration de la nouvelle génération de médias numériques à la structure et au fonctionnement de l’Administration.

Transparence, accès aux données, engagement, participation et collaboration.

Une ouverture colossale.

La sagesse des foules.

L'ouverture correspond à l'accès et à la participation, et par conséquent, à un monde plus connecté et collaboratif.

La clé du succès? Le message doit susciter l'émotion contagieuse.

Il ne s'agit pas uniquement d'une disponibilité des données, mais plutôt de le capacité à aller au coeur de l'expérience humaine.

Vous vous sentez ainsi plus connectés à l'humanité, et soudainement, vous comprenez que votre place dans le monde, c'est faire quelque chose de plus pour générer davantage d'humanité.

Les gouvernements ne devraient-ils pas soutenir les idées qui inspireront les individus à davantage d'action? Et à l'avancement de la race humaine?

Une ouverture remarquable, combinée avec l'accès aux données, est la philosophie de base que chaque entité gouvernementale devrait respecter. Cela s'avère le point de départ pour l'engagement citoyen, de la participation et de la collaboration.

Il est nécessaire d'adopter une définition simple, mais vaste, du gouvernement 2.0: l'automisation (empowerment) des citoyens et des changements étendus.

Plusieurs administrations municipales et locales, dont certaines au Canada, ont commencé à mettre en place des portails de données numériques, où le public a accès à des données brutes, dont les gouvernements des États-Unis, du Royaume-Uni, l’Australie, le Mexique, l’Inde, la Finlande et la Nouvelle-Zélande.

Au Canada, les administrations municipales de Toronto et de Mississauga en Ontario, de Vancouver et de Nanaimo en Colombie-Britannique et d’Edmonton en Alberta ont mis en place des versions «bêta» (expérimentales) de portails de «données ouvertes». D’autres villes canadiennes, comme Ottawa et Calgary, ont aussi entrepris des démarches de libéralisation des données.

19 novembre 2008

Aux États-Unis, il est question du «premier président des médias sociaux», alors qu’au Québec, on regarde voler les mouches


Barack Obama. Photo source
If America recommits itself to science and innovation, then we can lead the world to a new future of prosperity and productivity. It’s about constantly raising the bar, so that we are more competitive.
«Si l'Amérique s'applique de nouveau à développer la science et l'innovation, alors nous pouvons conduire le monde à un nouveau futur de prospérité et de productivité. Il s'agit de constamment monter la barre d'un cran, afin de nous maintenir compétitifs.»
[Barack Obama – The Blueprint for change: Technology]
Le Los Angeles Times a publié hier (18 novembre) l'article 'Obama, the first social media president', dans lequel on peut trouver trois vidéos des discours de Barack Obama, dont celui portant sur la technologie.

S’il était possible d’avoir un semblable leadership, ici, au Québec, nous irions loin…

Pendant que nos voisins du sud se préparent à ce que soit nommé le tout premier 'Chief of technology officer', c’est une autre paire de manche du côté des Québécoises et des Québécois. Nathalie Collard, de La Presse, a écrit le 16 novembre dernier à propos de la présente campagne électorale provinciale:
«Les téléphones cellulaires sont silencieux, les télé-avertisseurs ne vibrent pas, les écrans d'ordinateur restent étrangement vides. Quelques pancartes électorales ont fait leur apparition sur les poteaux, et des messages publicitaires font leurs débuts à la télévision. On se croirait dans une campagne électorale des années 80, au siècle dernier...

D'accord, les chefs des partis politiques n'ont pas tous la fibre techno, on ne peut pas [le] leur reprocher. Mais leurs stratèges, eux? Comment se fait-il que les partis politiques n'ont pas embauché une équipe de petits génies de l'informatique pour concocter une campagne électorale virtuelle?

D'accord, nous ne sommes pas aux États-Unis et la campagne actuelle ne suscite pas le quart du dixième de la passion et de l'intérêt soulevés par la campagne américaine.

Justement, l'utilisation de la techno lui donnerait peut-être un peu de piquant?

Aux États-Unis, la seule diffusion de la soirée électorale, en particulier sur les ondes de CNN, était en soi une performance technologique: tableaux high-tech, cartes interactives, hologrammes futuristes... Pendant ce temps, au Québec, on discute durant des jours et des jours de la forme que prendra le débat: assis autour d'une table ou debout derrière un lutrin. Zzzzzz....»
Barack Obama a déclaré qu’il souhaitait «créer une démocratie transparente et connectée». Il veut permettre à la société civile de participer à des forums gouvernementaux.

Il a indiqué qu’il voulait «relâcher la puissance de la technologie», en fournissant un accès en ligne aux données gouvernementales, en posant des questions aux citoyens en temps réel, en permettant des commentaires à propos des lois avant qu’elles ne soient signées, en fournissant un accès universel à Internet, en branchant les écoles, les bibliothèques et les hôpitaux, en encourageant l’apprentissage technologique, et en employant la technologie pour solutionner les problèmes les plus pressants de la nation.

Nous sommes en pleine campagne électorale provinciale, et il s’est élevé des revendications en faveur d’une gouvernance numérique. Michelle Blanc, expert québécois en stratégie de gestion et marketing Internet, a annoncé aujourd’hui qu’elle était invitée à participer à la très populaire émission «Tout le monde en parle» cette semaine. Michelle a reçu une pluie d’appuis et de commentaires, à la suite de cette annonce. Vincent a indiqué sur son blogue: «Je te fais confiance pour bien mener ta barque, afin [de] te faire apprécier [pour] ta franchise, ton humour, ton courage et [ton] professionnalisme.» Espérons que cette émission sensibilisera plus d’un décideur à la nécessité d’investir davantage dans la technologie au Québec.


Michelle Blanc assume son nouveau statut d'entrepreneure transsexuelle. Superbe photographie! Source Michelle Blanc

En ce qui concerne l'implantation d'une gouvernance axée sur les médias sociaux [voyez-vous mes yeux rouler vers le haut de mes orbites en ce moment même?]… il semble que ce ne soit pas pour demain. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que l'on entente le gouvernement du Québec encourager les citoyens à s'engager via les médias sociaux, et les inviter à former la pierre angulaire de la démocratie.

Je n’ai d’autre choix que de faire confiance au coureur, et espérer que les prestations de Michelle Blanc (et ses acolytes) suffiront à convaincre nos autorités gouvernementales québécoises rébarbatives au progrès technologique et à l’innovation.

18 novembre 2008

L’intérêt des chefs des partis politiques du Québec pour le Web 2.0 est inexistant

Le bruit commence à se répandre que l’intérêt des chefs des partis politiques du Québec pour le Web 2.0 est inexistant

Paru le mardi, 11 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Image source

Nous sommes le jour 7 de la campagne électorale générale qui se déroule présentement au Québec. Les Québécoises et les Québécois se rendront aux urnes le 8 décembre prochain. Alors que les divers partis politiques se démènent pour séduire l’électorat, naturellement, vous devinerez qu’il n’est pas tellement question dans les discours électoraux de préparatifs pandémiques, et encore moins de reconnaissance des médias sociaux.

En ce qui a trait aux préparatifs de pandémie, on peut comprendre que le sujet fait peur, bien qu’il s’agisse d’une des 13 «questions urgentes» avec laquelle le président des États-Unis nouvellement élu, Barack Obama, ainsi que le Congrès américain, seront appelés à faire face au cours de la prochaine année. Une pandémie est la menace Numéro 1 des nations, a indiqué dernièrement l’Union européenne. Mais à peu près personne ne s’en préoccupe, ici, au Québec. Étant donné que la question a été à peine effleurée lors de la dernière campagne présidentielle des États-Unis, je ne m’attends guère à ce que le sujet enflamme des débats animés au Québec.

Mais la question des médias sociaux, quant à elle, mériterait d’avoir une place au sein des grands débats d’idées de la présente campagne électorale, car le Web 2.0 aura une incidence majeure et influence sur la société, et risque de modifier la manière dont se joue la démocratie.

Lorsque certains éléments ne se retrouvent pas dans les plate-forme des partis, plusieurs personnes profitent de ces temps électoraux pour mettre à l’avant leurs préoccupations.

Nous avons pu observer dernièrement un mouvement en faveur d’un plan numérique, piloté par Patricia Tessier, consultante en Stratégie et Marketing Internet, dont j’ai déjà parlé dans la Gazette de Zonegrippeaviaire. La lettre ouverte de Patricia Tessier, adressée au premier ministre, analyse la situation concernant l’économie numérique au Québec. En quelques jours seulement, le groupe «M. Charest, le Québec a besoin d’un plan numérique» a récolté de nombreux appuis et mentions sur Facebook et dans les médias.

Cela a même conduit à la création d’un wiki consacré à cette question, une initiative de Martin Comeau: www.unplannumeriquepourlequebec.com. Il est intéressant de voir que les revendications ont conduit à la mise sur pied d’un média social, comme solution collective qui permettra de «recueillir les suggestions, une façon efficace de définir un projet numérique rassembleur et collé à la réalité de la nation québécoise

Ces derniers jours, Patricia Tessier s’est penchée sur la relation des partis politiques aux médias sociaux dans son blogue.

Dans «Campagne électorale provinciale et Web 2.0» (publié le 10 novembre 2008), Patricia Tessier a d’abord défini en quoi consiste le phénomène des médias sociaux, avec statistiques à l’appui. La blogueuse nous confie par ailleurs une sorte de manuel d’instructions sur la façon de ce comporter dans cet univers virtuel

La blogueuse va plus loin aujourd’hui, dans «L’intérêt des chefs pour le 2.0 est inexistant!», et analyse la «présence anémique des partis politiques québécois sur les réseaux sociaux

Les habitués de ce site sont déjà au courant du déni des médias sociaux par l’administration Charest (car cela fait déjà six mois que j’en parle dans quasiment chacun de mes billets. Que voulez-vous, la situation me désole! Et alors que les mois passent, l'impasse gouvernementale persiste quant à elle, et les décideurs demeurent enfermés dans leur mutisme.

Je suis soulagée de constater que d’autres personnes se penchent elles aussi sur la position des autorités gouvernementales à propos du Web 2.0.


Qui sait? Peut-être qu'à force d'en parler et de dénoncer le manque d'intérêt des décideurs québécois, pourrons-nous arriver à modifier les mentalités et renverser les positions?

Voici les commentaires que j’ai affichés à la suite du billet signé aujourd’hui par Patricia Tessier:
Non seulement l’intérêt de l’administration Charest pour le Web 2.0 est-il inexistant, mais cette administration s’est prononcée contre les médias sociaux en mai dernier.

Un document rédigé en mai 2008 par Services Québec, obtenu par Zonegrippeaviaire.com par le biais de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, et intitulé «Les médias sociaux et la communication du risque», conclut:
«La majorité des applications du web 2.0 n’en sont qu’à leurs premières versions et comportent des lacunes importantes, notamment en matière de réglementation et d’éthique. Il est donc suggéré d’expérimenter «SANS TROP Y INVESTIR DE TEMPS ET ARGENT avant [qu’elles] aient atteint à la fois une plus grande maturité et une plus grande crédibilité.»
Le 17 juin 2008, M. Yves Pépin, directeur de la coordination de l’information et des mesures d’urgences de Services Québec, a déclaré que l’administration Charest ne reconnaîtrait pas la sphère du Flublogia, «parce que nous ne voulons pas avoir à reconnaître les autres médias sociaux.»

Cette décision va à l’encontre des recommandations du Centre de biosécurité et de bioterrorisme de l’Université de Pittsburg, aux États-Unis, qui sont pourtant mentionnées dans le document «Les médias sociaux et la communication du risque»:
«Une étude supportée par le National Center for the Study of Terrorism and Responses to Terrorism (START) des États-Unis a démontré qu’en situation de crise telle une pandémie, l’engagement de la communauté peut augmenter les capacités des dirigeants à gouverner durant la crise, améliorer l’utilisation et la distribution des ressources disponibles durant la crise et réduire les pertes et l’impact engendrés par la crise(32). Cette étude recommande donc aux gouvernements de favoriser non seulement la consultation, mais aussi l’engagement de la collectivité à titre de partenaire complémentaire aux grandes organisations publiques, tant pour la préparation de la crise que pour la gestion de la crise elle-même.

En effet, selon l’article Community Engagement: leadership tool for catastrophic health event, l’infrastructure civique, - composée de la sagesse publique collective et de la capacité de la collectivité à résoudre des problèmes, des associations volontaires qui se forment spontanément à partir d’intérêts communs ou pour la protection du bien-être collectif, ainsi que des associations de services sociaux qui veillent au bien-être de divers groupes sociaux – est essentielle à la bonne gestion d’un événement de santé publique. La mise à profit des capacités de l’infrastructure civique implique l’instauration d’un dialogue structuré entre les autorités publiques et la communauté, l’implication de la communauté dans la résolution des problèmes liés à la préparation et à la gestion de la crise, et la participation de la communauté pour ce qui est des actions posées pour prévenir, gérer et régler la crise.» [Monica SCHOCH-SPANA et all. «Community engagement: leadership tool for catastrophic health events», Biosecurity and Bioterrorism: Biodefense Strategy, Practice and Science, vol. 5, no. 1, 2007, p. 1]
L’administration Charest met délibérément des bâtons dans les roues pour empêcher l’apport des médias sociaux dans des dossiers d’importance capitale pour le Québec, tels que les préparatifs en vue d’une pandémie.

Je suis persuadée que de nombreux autres domaines au Québec pourraient bénéficier d’un avancement notable, si seulement les autorités gouvernementales québécoises se donnaient la peine d’accepter le changement, et cherchaient à créer des ponts avec les communautés virtuelles utilisant la technologie Internet des médias sociaux pour s’impliquer dans la résolution de problématiques collectives.

Le Québec a besoin d’un plan numérique, ainsi qu'un plan multisectoriel de planification de pandémie

Le Québec a besoin d’un plan numérique, ainsi qu'un plan multisectoriel de planification de pandémie et de reconnaissance du rôle des médias sociaux

Paru le dimanche, 2 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com



Ultra F., Digital Vision, libre de droits, #82245837

Il y a six jours, la bloggueuse montréalaise Patricia Tessier passait à l’action et signait une lettre ouverte adressée au premier ministre du Québec – intitulée Monsieur Charest – Le Québec a besoin d’un plan numérique - visant une gouvernance numérique, afin de «non seulement rattraper le retard, mais devenir une nation qui prendra sa place et se distinguera dans la nouvelle économie».

Une excellente initiative, qui a récolté en peu de jours de nombreux appuis, avec près de 200 personnes ayant rejoint le groupe associé à cette lettre sur Facebook, une quarantaine de bloggeurs ayant mis la main à la pâte de la diffusion de la lettre, et plusieurs mentions dans les médias.


Jean Charest. Photo Jacques Nadeau, Le Devoir. Source

Dans moins de 72 heures, il est probable que le premier ministre Jean Charest annoncera la tenue d’une élection générale provinciale au Québec. Je suis persuadée que Patricia Tessier et ses acolytes, dont plusieurs excellent en communications, arriveront à faire cheminer leur démarche au cours de la campagne électorale provinciale.

Patrice-Guy Martin, dans un article publié dans Direction informatique, qui se penche notamment sur la démarche de Patricia Tessier, indique qu’il faut prêcher par l’exemple: «Nous avons tous un environnement sur lequel nous avons un pouvoir d’influence ou d’action. C’est dans ce périmètre que nous sommes véritablement des agents de changement. Sachons utiliser ce pouvoir. Il est plus grand que nous le croyons. Il serait sage que nos gouvernements poussent dans ce sens. Il serait encore plus sage de commencer à agir sans nécessairement les attendre.»

Le pouvoir d’action, c’est justement ce sur quoi Zonegrippeaviaire.com s'appuie. Nous prenons notre rôle d’information et d’empowerment des citoyens en vue d’une pandémie très au sérieux. Étant donné que les préparatifs pandémiques sont l’affaire de tout le monde, et en particulier des gouvernements, nous sommes allés cogner à la porte du gouvernement du Québec au printemps dernier, et nous lui avons demandé de nous considérer comme un partenaire de développement de la planification de pandémie, et comme faisant partie de la solution d’approche à une pandémie. La réaction du gouvernement a été le déni des médias sociaux. Zonegrippeaviaire.com n'est pas à sa première lettre adressée au premier ministre Jean Charest (et je dois souligner que les réponses brillent par leur absence). Nous souhaitons, nous aussi – comme Patricia Tessier et ceux et celles qui l’appuient - non seulement que le gouvernement du Québec rattrape le retard, mais qu’il devienne une nation qui prendra sa place et se distinguera dans le domaine des préparatifs en vue d’une pandémie. Cela permettrait de limiter les dégâts à notre économie, et de diminuer le nombre de victimes qui seront emportées par un virus pandémique et les dommages collatéraux causés par une pandémie d'influenza.

Je considère qu’il est tragique que les autorités provinciales québécoises et fédérales canadiennes n’aient pas encore trouvé une formule de collaboration et n’arrivent pas à reconnaître le rôle du Web participatif (ou médias sociaux) comme levier de mitigation de la société. Pourtant, ce rôle est souligné dans le document «Les médias sociaux et la communication du risque», signé en mai dernier par la Direction de la coordination de l’information et des mesures d’urgence de Services Québec.

Le déclenchement des élections provinciales entraînera sans doute la paralysie du gouvernement jusqu’au printemps 2009 (le temps que la campagne électorale se déroule, puis qu’un nouveau cabinet ministériel soit formé, puis que ces personnes prennent la pleine possession de leurs dossiers). Pendant que les autres nations du monde continueront de développer leurs planification de pandémie, nous pouvons anticiper que le Québec prendra encore plus de retard dans ce domaine.


David Nabarro. Photo Getty Images source

Les élections provinciales tombent plutôt mal, à un moment clé où les agences onusiennes en sont arrivées à un important tournant de leur vision de la gestion de pandémie. Le Quatrième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (voir le synopsis en français) publié à la mi-octobre, avec David Nabarro, coordonnateur du système des Nations Unies pour la grippe, à la barre des travaux de ce rapport, propose de nouvelles directives internationales qui pousseront les décideurs et les planificateurs de pandémie des États du monde à retourner à leurs plans de pandémie et à les faire évoluer. Ce qui s’annonce, à l’échelle mondiale, est donc un changement majeur dans la gestion de pandémie: Au cours de l’année 2009, [les pays] veilleront à mettre au point des protocoles, des cadres d’action et des indicateurs en vue d’une préparation multisectorielle [sociale, économique et politique] à une pandémie, et l’on proposera des mécanismes en vue de son financement approprié.»


Mike Leavitt. Photo source

Naturellement, je souhaiterais que ces questions deviennent des enjeux électoraux, mais je suis réaliste et je sais que cela n’arrivera probablement que dans mes rêves les plus fous, en raison de l'apathie des médias et de la société en général envers ces questions. Le sujet d'une pandémie ne cadre pas très bien dans une campagne électorale car cela n'a pas le potentiel de générer des masses de votes. Comme l'a mentionné le ministre américain de la Santé, Mike Leavitt, la semaine dernière lors d'un séminaire diffusé sur Internet: «Il n'est pas facile de parler d'une pandémie». Toutefois, son administration s'est positionnée en leader et soutient l'importance des préparatifs individuels. «Nous devons continuer à utiliser chaque occasion pour parler de l'état de préparation individuel. Oui, le gouvernement doit jouer un rôle, que ce soit au fédéral ou local… mais les gens ont une responsabilité et c'est en joignant leurs actions que cela déterminera finalement si nous sommes préparés ou pas.» Il est à souhaiter que le gouvernement du Québec adopte lui aussi un discours d'encouragement des préparatifs individuels, et en vienne à reconnaître et soutenir la communauté virtuelle Zonegrippeaviaire.

Suivons de près le momentum créé par les démarches visant une gouvernance numérique. Qui sait, peut-être surviendra-t-il des occasions de faire valoir la nécessité d’une préparation multisectorielle en vue d’une pandémie et le rôle des médias sociaux au cours de la campagne électorale provinciale qui s’annonce.

Monsieur Charest - Le Québec a besoin d'un plan numérique

Paru le mardi, 28 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Patricia Tessier

Le Regroupement YulBiz Montréal a rédigé la lettre ci-dessous au premier ministre Jean Charest, pour lui demander une politique claire concernant la nouvelle économie.

J'ai rejoint le groupe Monsieur Charest - Le Québec a besoin d'un plan numérique sur Facebook, et je vous invite à appuyer cette initiative.

La signature de la lettre aura lieu ce soir au Yulbiz à 18h00 au Café Méliès, à Montréal.
Monsieur le Premier Ministre,

Tout récemment, l'indice du commerce électronique au Québec et Recherche Internet Canada (RIC) publiaient respectivement un rapport sur l’état de l’utilisation d’Internet au Québec et au Canada. Suite à la publication de ces rapports, force est de constater que le Québec est nettement en retard par rapport au reste du Canada. Par exemple, avec 64% d’internautes à l’été 2007, le Québec était 19 points derrière l’Alberta qui revendiquait la première place avec un taux de pénétration de 83%. Le rapport nous démontre aussi que l’on retrouve un écart de 15% dans les niveaux d’adoption entre les Canadiens anglophones et francophones (82% contre 67%).

Par ailleurs, l'Indice du comerce électronique au Québec rapporte qu’il y a eu pour 3,5 milliards de dollars d’achats en ligne sur un an au Québec (septembre 2007 - août 2008). Toutefois, au moins le tiers de ces achats s’effectue à l’étranger.

• 87 millions de dollars avaient abouti dans les coffres de détaillants ou departiculiers non canadiens en mars dernier (36 % des achats totaux),
• 146 millions de dollars en mai (58 %),
• 103 millions de dollars en juillet (33 %).

Une des raisons principales est qu’il y a peu d’offres québécoises. Uniquement 52% des PME disent avoir leur propre site internet. Et de celles-ci seulement :

• 30% y proposent du service après vente,
• 26% acceptent des commandes en ligne,
• 7% reçoivent des paiements en ligne.

Nous sommes d’avis que les investissements dans l’économie numérique accroissent la compétitivité de l’ensemble des autres secteurs de l’économie et que la préparation d’un plan de développement de l’économie numérique est un impératif pour le gouvernement québécois.

Nous avons identifié quatre priorités :

1) Permettre à tous les Québécois d’accéder aux réseaux et aux services numériques et éliminer les barrières liées à la sécurité des transactions en ligne.

2) Accroître l’adoption et diversifier les usages d’Internet dans les entreprises, en particulier les PME.

3) Garantir la formation aux usages des technologies de l’information dès le plus jeune âge.

4) Implanter une gouvernance numérique.


CITOYENS

Le gouvernement québécois doit garantir l’accès à tous les Québécois à Internet haut débit partout dans la province. L’Internet haut débit constitue aujourd’hui, comme l’eau, le téléphone ou l’électricité, une commodité essentielle.

Parallèlement, il est critique de renforcer la confiance numérique. Uniquement 47% des adultes québécois considèrent les transactions effectuées par carte de crédit sur Internet très ou assez sécuritaire alors que les problèmes réels de sécurité sont plus rares que dans le cas des transactions hors Internet.

Finalement, des mesures doivent être développées pour assurer la protection de la liberté d'expression des citoyens. Un individu confiant participera activement aux débats politiques et à l’activité économique et contribuera ainsi à la santé de notre société.


PME

Alors que le développement des PME est l’une des clés de notre avenir économique, celles-ci ne disposent souvent pas des ressources ou des connaissances nécessaires pour évaluer les bénéfices qu’elles pourraient retirer des investissements en TIC et non pas, non plus, l’expertise requise pour définir une stratégie cohérente avec leur stratégie d’affaires.

Le faible taux de participation des entreprises québécoises à l’économie numérique et l’exode des dollars d’achat des Québécois sont inquiétants pour l’avenir de notre économie. Il apparaît primordial que l’offre de services numériques doit être renforcée au Québec. Pour atteindre cet objectif, les entreprises doivent trouver un environnement favorable au développement des outils numériques notamment par une sensibilisation accrue des PME et une aide financière à l’investissement.


ÉDUCATION

L’introduction d’une formation, dès le plus jeune âge, répond à la nécessité de donner, à chaque enfant, des compétences qui sont devenues aujourd’hui indispensables pour réussir tant au niveau professionnel que social.

À cet égard, il est pertinent de garantir la disponibilité d'un accès à Internet haut débit et WiFi dans chaque école et université, d’améliorer les synergies des universités avec les entreprises en général et les entreprises de haute technologie en particulier et de créer des incubateurs d'entreprises.

Finalement, la numérisation accrue et la disponibilité en ligne des contenus académiques et leur libre accès sont des incontournables.


GOUVERNEMENT

L’efficacité des actions « numériques » du gouvernement passera par une mise en œuvre concertée et non par un écartèlement des efforts et des budgets entre différents ministères. Il nous appert critique que ce rôle soit regroupé sous un seul ministre avec une capacité d’agir de façon transversale.

L’administration publique doit moderniser l'accès au travail parlementaire en implantant des outils additionnels d’information, de transaction et d’échange. La transparence doit être à l’ordre du jour et le gouvernement doit ainsi démontrer qu’il a confiance au fait que les citoyens sont d’importants contributeurs à notre système démocratique.

Il est aussi impératif que le gouvernement québécois soit un porte-parole de la neutralité du net et s’assure qu’Internet demeure ouvert et accessible à tous.

Finalement, il est important que le gouvernement provincial supporte et guide les gouvernements municipaux en matière de politiques numériques. En effet, ces derniers sont des acteurs importants du développement de l’économie numérique locale.

En conclusion, sans actions claires du gouvernement, nous croyons que le Québec court le risque de maintenir son retard et d’être laissé pour compte dans l’économie de demain. Nous vous demandons de planifier, au plus tôt, un exercice de réflexions et un plan de mise en œuvre pour stimuler l’économie numérique au Québec afin que nous puissions, non seulement rattraper le retard, mais devenir une nation qui prendra sa place et se distinguera dans la nouvelle économie.

Veuillez agréer, Monsieur Charest, nos salutations les plus distinguées.

Regroupement YulBiz Montréal
Patricia Tessier - Consultante, Stratégie Marketing & Internet

Source: http://patriciatessier.blogspot.com
 
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