Blogue de Lyne Robichaud

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27 juin 2009

Le décès en 24 heures d'une ontarienne de 6 ans passe inaperçu


Quand j’ai lu l’article du Star, j’ai recommencé plusieurs fois pour être certaine que je ne m’étais pas trompée. Mais j'avais bien lu: mourir d'une grippe en vingt-quatre heures, c'est presque de la science fiction!
«L'enfant (de 6 ans) a eu de la fièvre et a commencé à vomir le dimanche, 14 juin, et est décédée le lendemain. Une autopsie a été pratiquée et les résultats du laboratoire ont révélé, vendredi dernier, qu’elle avait en effet le virus. Elle est la quatrième ontarienne à mourir du virus [H1N1].»

Une fillette âgée de 6 ans est morte en 24 heures de la grippe porcine à Brandon, en Ontario. Il me semble que ce décès est passé inaperçu. Ce décès était-il trop bouleversant pour être repris par les fils de presse et largement publié?

Que se passe-t-il? Les journalistes se sont-ils posé des questions? Des recommandations ont-elles été émises pour étouffer l'affaire?

Aux États-Unis, des enfants plus âgés que cela sont morts après une plus longue durée, et la nouvelle de leur mort a déferlé dans les médias. Les «experts» se sont posé des questions face à l’absence de «conditions» de santé pré-existantes, les autorités ont mené des enquêtes, les parents se sont inquiétés que la même chose se produise pour leurs enfants.

Au Québec: apparemment rien. Il n’y a pas eu la moindre réaction. Ni ailleurs, à l'exception de l'article du Star, publié le 23 juin dernier.

L’amie Gaby a traduit en français dans Zonegrippeaviaire l’article du Star, afin que des francophones aient connaissance de ce décès et se posent des questions.

Ce même article indique que les autorités québécoises ne donnent pas de détails à propos des récents décès annoncés et ne donnent pas la peine de répondre aux questions des journalistes.
«Les responsables de la santé du Québec ont publié hier, en fin d’après-midi, une déclaration pour annoncer deux nouveaux décès dans la province. Ils ne donnent pas de détails et n'ont pas retourné les appels.»

Si vous trouvez qu’il soit «normal» qu’une enfant de 6 ans meure au bout de moins d’une journée d’une grippe qui est censée être bien «bénigne», de mon côté, je trouve que cela est assez troublant, et encore plus troublant le silence... de mort à la suite de ce décès. La mort de Michael Jackson a de quoi soulever l’intérêt des foules. Mais pas celle d’une petite ontarienne...

03 décembre 2008

Les césariennes et naissances prématurées en hausse au Canada

Photo: Agence Reuters

J'ai accouché de mon premier enfant à 40 ans.

Le Devoir rapporte qu'une étude explique la hausse des césariennes et des naissances prématurées au Canada ainsi:
«Cela pourrait s'expliquer par l'âge plus avancé des femmes qui accouchent et par le fait que c'est pour donner naissance à un premier enfant, une situation qui est plus susceptible de nécessiter une césarienne.»

Mon inquiétude est que lors d'une pandémie, les soins obstétriques soient considérablement compromis si jamais le système de santé ne parvenait pas à tenir le coup sous le fardeau de la crise. Comment feront alors les femmes pour accoucher?

Je serais certainement morte si je n'avais pas eu de césarienne, et mon enfant également.


Il n'y a présentement pas de mesures spéciales prévues - à ma connaissance - pour les femmes enceintes et leurs futurs enfants dans les plans québécois et canadiens.


Les femmes ne cesseront pas d'accoucher pendant une pandémie... Cela me fait penser à un article publié hier sur Facebook par mon ami Michel S.f. Vermeulen, un médecin belge, à propos du manque de soins appropriés aux patients de la pandémie de VIH/Sida en Afrique: «Une solution consiste pratiquement à «euthanasier» toute la population pauvre malade qui ne peut pas payer les soins de santé. Solution qui ne résout rien sauf si on devient cynique comme Lénine en disant que le problème c’est l’homme, parce que, dès qu’il meurt, les problèmes s’arrêtent aussi.» Je vous recommande la lecture de ce texte, qui fait dresser les cheveux sur la tête: Afrique: Pourquoi éviter l’économisme dans la problématique du VIH-SIDA en Afrique subsaharienne?

J'ai répondu hier à Michel: «La lutte contre le sida porte les stigmates du déni. Ce qui me fait faire un parallèle avec une pandémie d'influenza. Ce qui a présentement lieu pour la pandémie de VIH/sida pourrait-t-il se produire à plus grande échelle pour une pandémie d'influenza???»

Pendant une pandémie d'influenza, les femmes enceintes canadiennes et québécoises auront probablement les moyens de se faire soigner. Le problème sera ailleurs. Les femmes auront-elles accès à un système capable d'absorber les nombreuses tâches de soins associés à la naissance? Ce n'est pas en niant la possibilité que ces problèmes émergent lors d'une pandémie que nous allons trouver les solutions. Si les femmes enceintes et leurs foetus meurent en grand nombre pendant une pandémie en raison d'un probable effondrement du système de soins de santé, et si les adultes actifs et si les enfants dont le virus est si friant, meurent aussi en grand nombre, emportés par le virus pandémique, quel genre de société aurons-nous pour la reconstruction, pour l'après-pandémie? Quel avenir nous réserverons-nous?

Le nombre de césariennes et de bébés prématurés en hausse au Canada
Mercredi, 3 décembre 2008 | Par Lisa-Marie Gervais | Le Devoir


À quelques exceptions près, mamans et bébés se portent plutôt bien. Publié hier, le nouveau rapport sur la santé périnatale du Système canadien de surveillance périnatale de Santé Canada a révélé les tendances et les différences observées entre les provinces et territoires pour 29 indicateurs concernant la maternité et les nouveau-nés sur dix ans (1995-2005).

Conclusions? Moins de mortalités maternelle et infantile, mais plus de césariennes et de naissances prématurées au Canada.
Ainsi, selon les statistiques utilisées par l'Agence canadienne de santé publique -- basées notamment sur les données de l'état civil, celles des hôpitaux et de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de Statistique Canada --, le quart des naissances survenues à l'hôpital en 2004-05 ont nécessié une césarienne, contre 17% dix ans plus tôt. En revanche, à 22 %, le taux de césariennes chez les Québécoises est légèrement moins élevé.

Selon Catherine McCourt, médecin analyste à l'Agence, l'augmentation du nombre de césariennes au Canada pourrait s'expliquer par l'âge plus avancé des femmes qui accouchent et par le fait que c'est pour donner naissance à un premier enfant, une situation qui est plus susceptible de nécessiter une césarienne. «L'obésité est aussi un important facteur, même s'il n'est pas nécessairement reflété dans les données que nous avons», a-t-elle souligné.
Les changements apportés aux pratiques médicales pourraient également être à la source de cette augmentation, notamment l'utilisation accrue de la surveillance électronique du foetus et le recours à la césarienne pour les présentations par le siège. «Il y a aussi le fait que certaines femmes vont demander elles-mêmes la césarienne.

C'est une tendance, mais qu'il est impossible de quantifier dans cette enquête», a pour sa part précisé Juan Andrés León, également médecin à l'Agence canadienne de santé publique.

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