Blogue de Lyne Robichaud

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24 juin 2011

Sept impératifs de gestion: Agir avec intention stratégique

Voici un excellent article du Centre IMB pour les affaires gouvernementales (IBM Center for the Business of Government). Des notions élémentaires, il me semble, car si tous ne comprennent pas dans quelle direction le Tout souhaite avancer, il en résulte rapidement le chaos, et il est facile d'imaginer que le succès s'atteint difficilement dans de telles conditions. Lorsque la vision est au coeur des préoccupations et de toutes les actions, alors tout le monde marche dans la même direction.

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SEPT IMPÉRATIFS DE GESTION (SEVEN MANAGEMENT IMPERATIVES): AGIR AVEC INTENTION STRATÉGIQUE
Traduction par Lyne Robichaud de Ben-Yehuda Gadi, Centre IBM pour les affaires gouvernementales, publié le 23 juin 2011 à GovintheLab.com

Il s'agit aujourd'hui d'un impératif de gestion pour les cadres du gouvernement de maintenir leur mission au coeur de toute action. Maintenir l'attention sur l'intention stratégique de la mission est la clé (du succès).

Le gouvernement fédéral américain opère présentement dans une importante période , est confronté à des défis apparemment insolubles, notamment un déficit toujours croissant du gouvernement fédéral, l'incertitude économique, le chômage, et une infrastructure vieillissante. Ces défis sont au cœur des préoccupations de la gestion publique efficace. Comme Don Kettl l'a noté dans Réflexions sur la gestion du gouvernement du 21e siècle (Reflections on 21st Century Government Management), les nombreux problèmes rencontrés par le gouvernement offrent peu de temps pour réagir; ont un coût élevé d'échec; et ont tendance à être essentiels aux besoins des citoyens. En outre, la responsabilité de résoudre ces problèmes est souvent très diffuse.

Malgré les nombreux défis auxquels font face les chefs de gouvernement et gestionnaires actuels, il demeure une seule constante - l'importance critique de la réalisation de la mission d'une organisation avec une intention stratégique.

En quoi consiste l'intention stratégique?
Pour les leaders gouvernementaux et gestionnaires d'aujourd'hui, il est impératif de travailler à l'exécution de leur mission en ayant recours à l'intention stratégique. L'intention stratégique est axé sur la vision d'une organisation, ses objectifs, et les objectifs nécessaires pour accomplir sa mission; l'intention stratégique est marquée par la clarté de focalisation, une fin souhaitée, une flexibilité de moyens, avec les critères utilisés pour suivre les progrès. L'intention stratégique représente un besoin de penser à l'avance et de planifier le futur envisagé, en précisant la façon de prendre des mesures efficaces dans le présent.

Avantages d'agir avec l'intention stratégique

Lorsque les dirigeants du gouvernement agissent avec l'intention stratégique, ils peuvent mieux orienter leurs institutions et les aider:

* Anticiper les problèmes non routiniers. Plus en plus complexes, les problématiques de gestion publique d'aujourd'hui ne respectent pas les frontières administratives; en se concentrant sur l'intention stratégique – plutôt que sur des organigrammes – les leaders gouvernementaux seront en mesure d'affronter et de surmonter les situations d'urgence et circonstances exceptionnelles qui se présentent.

* Gérer les personnes et les ressources. Il est vital que les leaders et gestionnaires gouvernementaux d'aujourd'hui élaborent des moyens d'accéder à la réserve de talents en dehors du modèle traditionnel de carrière professionnelle de ces 30 dernières années. Selon James Thompson et Sharon Mastracci, ce modèle empêche grandement la souplesse de gestion lorsque, soit l'augmentation rapide de la demande nécessite davantage de personnel, ou soit des réductions budgétaires nécessitent moins (de ressources). Il est impératif que les gestionnaire gouvernementaux actuels reconnaissent la viabilité du régime de travail non standard, notamment à temps partiel, saisonnier, et des travailleurs sur appel, ainsi que du personnel temporaire et contractuel d'agences (de placement).

Utilisation des outils et des technologies visant à faciliter l'intention stratégique
Les cadres du gouvernement ont aujourd'hui une multitude d'outils et un vaste éventail de technologies qu'ils peuvent exploiter pour répondre à leurs missions. Compte tenu de ce nouvel environnement d'exploitation, il est impératif que les dirigeants du gouvernement visualisent ces outils et technologies à travers le prisme à la fois de leur mission et de l'intention stratégique.

Le monde a évolué à partir d'un univers centré sur le PC à un univers centré sur l'Internet; De nos jours, les dirigeants gouvernementaux devraient reconnaître que les tendances technologiques telles que l'informatique en nuage (cloud computing) modifiera sans doute la façon dont les institutions entrevoient les technologies de l'information (TI)

Un autre nouvel outil d'analyse stratégique est. d'après David McClure, administrateur associé aux Services gouvernementaux généraux (General Services Administration), «Nous avons créé un tsunami d'informations et de données. Nous devons être en mesure d'utiliser, tamiser, d'analyser, et d'obtenir la valeur de cette information, parce qu'il s'agit d'une mine d'or."

Conclusion
Tom Shoop a souligné dans l'édition de février 2011 de 'Government Executive' que «la clarté la mission est l'un des meilleurs élément prévisionnel de réussite, et des missions contradictoires peuvent mettre une institution à genoux. "Il s'agit d'un impératif de gestion pour les cadres gouvernementaux actuels pour garder la mission au coeur de leur actions. Maintenir l'attention sur l'intention stratégique de la mission est la clé (du succès).

Pour en savoir plus, lire le rapport du Centre, Sept impératifs de gestion (Seven Management Imperatives).
Auteur de ce billet: Centre IBM pour les affaires gouvernementales. Biographie: Le Centre IBM permet de connecter la recherche en gestion publique à la pratique. Il aide les cadres et gestionnaires du secteur public à améliorer l'efficacité du gouvernement avec des idées pratiques et une pensée originale. Il finance des recherches indépendantes réalisées par les plus grands esprits dans le monde universitaire et le secteur à but non lucratif.

20 novembre 2008

Des exercices de simulation de pandémie risquent de soulever de nombreuses problématiques


Jamie Grill, Tetra image, libre de droits, #82137051

Jusqu’à présent, la majorité des nations du monde se sont contentées de rédiger des plans de lutte à une pandémie, sans pousser trop en avant la réflexion. Le 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (voir Synopsis en français), piloté par David Nabarro, coordonnateur du système des Nations unies pour la grippe, a indiqué que seulement 35% des nations avaient amorcé des simulations pour mettre à l’épreuve leur planification.

David Nabaro a déclaré le 13 novembre dernier, lors d’une conférence prononcée au Centre for Strategic and International Studies, qu’il évaluait l’état de préparation mondial de pandémie à 40% de l’objectif global. Il a précisé qu’il est en mesure de défendre cette estimation, qui s’appuie sur les travaux réalisés dans le cadre 4e Rapport intérimaire mondial. Je vous invite à consulter mon billet à ce sujet.

Nous pouvons entrevoir que la prochaine étape de préparation en vue d’une pandémie sera donc de multiplier les tests et exercices de simulation, et de dégager des conclusions de ces activités. Le plus grand défi sera ensuite d’intégrer les apprentissages dans la planification, de réécrire et modifier les plans de lutte. C’est une chose d’identifier des problématiques, mais c’en est une autre de trouver des solutions…

Je remercie Anne d’avoir publié des notes dans Facebook à propos de deux études récentes en lien avec des exercices de simulations de pandémie. Ces études ont révélé des problématiques concernant les équipements de protection personnelle (PPE) et des guides de contrôle de l’infection.

Dans la pratique, il s’avère difficile d’intégrer ces éléments aux diverses tâches quotidiennes des professionnels de soins de santé. Les conclusions de ses deux études semblent défier certaines des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, et remettent même en question la manière dont les soins et services sont actuellement délivrés.

Ces études mettent le doigt sur quelque chose d’assez inquiétant. Comment s’articuleront les pistes de solutions? J’ai bien hâte de voir la suite, et j’espère que nous (humanité) réussirons à solutionner ces problématiques.

Personal protective equipment in an influenza pandemic: a UK simulation exercise
[Équipement de protection personnelle dans une pandémie d’influenza: un exercice de simulation au Royaume-Uni]

N.F. Phina, A.J. Rylandsb, J. Allanb, C. Edwardsb, J.E. Enstonec and J.S. Nguyen-Van-Tamd

Sommaire

[TRADUCTION] L’expérience demeure limitée quant aux impacts financiers et opérationnels que l’adoption d’un guide de contrôle de l’infection de l’influenza pandémie au Royaume-Uni aura sur l’utilisation d’équipement de protection personnelle (PPE), les patients et le personnel. Nous avons tenté de cerner ces questions lors d’un exercice réel survenu dans un hôpital du nord-est de l’Angleterre.

Lors de cette simulation de 24 heures, tout le personnel d’une unité de soins généraux graves a porté des PPE et a adopté les procédures décrites dans le guide de contrôle de l’infection d’influenza pandémique du Royaume-Uni. Des équipes d’infirmière de contrôle de l’infection ont observé et noté le comportement du personnel et leurs pratiques pendant la simulation, incluant l’attitude du personnel à propos de l’utilisation des PPE.

Quoique les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé sur la probable utilisation de PPE de haut calibre (masques FFP3) se sont avérées excessives, davantage de gants et de masques chirurgicaux que prévus ont été utilisés. En dépit de formation pré-simulation, plusieurs employés manquaient de confiance dans l’utilisation des PPE et concernant la marche à suivre des mesures de contrôle de l’infection. Ils ont découvert que les PPE étaient inconfortables, et que même les tâches les plus élémentaires prenaient plus de temps à être effectuées.

De grandes quantités de rebus cliniques ont été générées: 12 sacs additionnels (soit 570 litres) de plus par jour.

Les estimations d’utilisation de PPE réalisées lors de cette simulation défient les évaluations que de grandes quantités de PPE de haut niveau sont requises, avec de considérables implications des budgets de soins de santé. Un programme d’éducation continue de contrôle de l’infection est nécessaire.

Les soins de santé, en situation de pandémie, ne consistent pas simplement à appliquer un guide de contrôle de l’infection de l’influenza pandémique à la pratique courante; les hôpitaux auraient besoin de considérer changer la manière dont les soins et les services sont délivrés.
La seconde étude pointée par Anne dans Facebook est celle-ci (mais je n’ai pas traduit le texte, que je vous invite à consulter en anglais):
Respirator-Fit Testing: Does It Ensure the Protection of Healthcare Workers Against Respirable Particles Carrying Pathogens?

Les conclusions de ces études démontrent qu'il est nécessaire de tester les plans d'urgence, qui pourraient ne pas tenir la route si les États ne trouvent pas le moyen de les ajuster et d'y intégrer les apprentissages résultant des exercices de simulation (ce que David Nabarro ne cesse de répéter, d'ailleurs).

Je me demande ce que la dernière phrase de l'étude britannique signifie exactement, et quelles en sont les implications: «Les hôpitaux auraient besoin de considérer changer la manière dont les soins et les services sont délivrés».

Quant au grand nombre de déchets produits, ce genre d'information est intéressant. Il pourrait y avoir des interruptions de services de gestion des déchets en temps de pandémie. En fait, cette étude est des plus intéressantes, et j'espère que d'autres planificateurs (en dehors de ceux du Royaume-Uni), en prendront connaissance. Y compris des gens du Canada et Québec!

Repenser totalement la manière dont les soins sont délivrés... Je n'arrive toujours pas à visualiser cela dans ma tête... Je retiens que la manière actuelle est trop compliquée. A priori, gérer un virus mortel ultra contagieux ne sera pas simple. Revoir de A à Z nos systèmes modernes de santé n'est pas une mince tâche!

Autre question: Si des simulations indiquent que le type de planification proposé par l'OMS comporte des failles, combien d'années cela prendra-t-il avant que cette réalité ne soit intégrée dans les directives globales?


Si les gens oublient ce qu'ils apprennent en formation au bout de 6 mois, cela n'est pas de bon augure. Je croyais les médecins et infirmières particulièrement bons avec leur mémoire (ces gens ne doivent-ils pas retenir des milliers de données?) Au Québec, les infirmières ont demandé au ministre de la Santé de mettre sur pied une formation particulière pour les infirmières en soins de maladies infectieuses: ce programme collégial a été refusé... (voir
L'Ordre revient à la charge - Les infirmières veulent développer une spécialité en infectiologie - Le Devoir, 4 novembre 2008).

En réfléchissant à cette histoire d'oubli des formations qui concernent une pandémie, j'ai pensé que mon cerveau (je parle pour le mien évidemment!) a une fâcheuse tendance à oublier ce qui n'est ni nécessaire ni important.

Peut-être que les personnes formées ne considèrent pas l'information relative à une pandémie suffisamment importante pour s'en rappeler? Je me demande si l'attitude des autorités gouvernementales joue sur ce tableau. Par exemple, quand on ne CROIT PAS qu'une chose puisse nous arriver, pourquoi faudrait-il se RAPPELER de protocoles nouveaux et compliqués? Si des professionnels de la santé ne pensent pas que ces formations leur seront utiles, alors je peux comprendre pourquoi leur mémoire leur joue des tours.

18 novembre 2008

«Conseiller» le premier ministre en vue d'une pandémie

Paru le mercredi, 12 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


John Parisella, président de la firme BCP. Photo source

Hier, nous étions le 11 novembre. Au Canada, nous célébrons le Jour du souvenir le 11 novembre, une journée de commémoration annuelle observée en Europe et dans les pays du Commonwealth pour commémorer les sacrifices de la Première Guerre mondiale ainsi que d'autres guerres.

Mais le saviez-vous? Le 11 novembre est également une autre grande date commémorative pour les préparatifs pandémiques québécois. Car le 11 novembre est le premier jour du contrat de services de «planification stratégique, d’élaboration de plans, et de développement de concepts portant sur la pandémie d’influenza», liant la firme BCP (présidée par John Parisella, conseiller du premier ministre Jean Charest), avec le Ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Cela fait trois ans que ce contrat est renouvelé, le 11 novembre de chaque année. Voici ce qu'a révélé le journaliste Denis Lessard de La Presse, en mai dernier:
"En trois ans, Québec aura versé presque 2 millions à l'agence BCP, à Montréal, pour produire un plan de communication, des documents d'information et une vigie médiatique en cas de pandémie.

Le contrat, obtenu après une procédure d'appel d'offres à la fin de 2005, était renouvelable automatiquement, au gré du ministre Philippe Couillard, pour les deux années suivantes. La Presse l'a obtenu en vertu de la Loi sur l'accès à l'information gouvernementale.

Ce contrat prévoyait un plafond de 725 000$ par année, qui n'a pas été atteint en 2006 et 2007, soit 525 000$ et 575 000$ pour ces deux premières années. Le ministère a budgété 725,000$ pour la dernière tranche, payable jusqu'en 2008-2009. Les factures pouvaient grimper rapidement, jusqu'à 2 millions par année, si la pandémie devenait une réalité."
On ne sait pas trop si ladite entente sera reconduite cette année, puisqu'au départ, il devait s'agir d'un contrat d'une durée de trois années.

Donc, pour en avoir le coeur net, j'ai déposé, en ce 11e jour commémoratif du mois de novembre, une demande d'accès à l'information, pour savoir si la firme de M. Parisella pourra ou non bénéficier d'un autre 725,000$/an supplémentaire (ou davantage) pour l'année 2008-2009, et les années subséquentes.
"En vertu de l'article 9 de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, je souhaiterais savoir si le contrat entre la firme BCP (présidée par John Parisella, le conseiller du premier ministre Jean Charest) et le ministre de la Santé et des Services sociaux, qui se terminait le 10 novembre 2008, a été renouvelé. Pourrais-je en obtenir une copie? Il s’agit du contrat de services pour «concevoir et réaliser les activités portant sur la pandémie d’influenza en fonction des différentes phases».

Sinon, un projet de contrat de services de nature semblable a-t-il été défini dernièrement par appel d’offres? Quelle firme a été choisie pour fournir des conseils s’apparentant à ceux décrits dans le contrat BCP/MSSS?

Vous m’avez déjà fait parvenir copie du contrat pour les années 2005-2006, 2006-2007, ainsi que 2007-2008. Le contrat dont la durée s’étendait du 11 novembre 2007 au 10 novembre 2008 a été signé le 11e jour du mois de novembre 2007.

Dans le contrat BCP/MSSS, il est indiqué que la firme BCP devait être rémunérée «un maximum de 725,000$ pour la phase inter pandémique» pour de la «planification stratégique, l’élaboration de plans, et le développement de concepts». Quels ont exactement été les livrables d’activités portant sur la pandémie d’influenza de la firme BCP au cours de l’année 2007-2008? J’apprécierais être informée de tout document de planification en lien avec ces activités."
Par ailleurs, en consultant la revue de presse de la campagne électorale en cours, je suis tombée par hasard sur un article d'Infopresse, qui indique que la firme BCP a été mandatée pour réaliser la publicité de la campagne électorale du Parti libéral du Québec.
"BCP a créé la publicité du Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par le premier ministre sortant Jean Charest. La campagne repose sur la signature "L'économie d'abord, oui". BCP a assuré la stratégie publicitaire, la création audio et télé, et le placement médias, mais pas les publicités imprimées, ni ce qu'on appelle le "collatéral": dépliants, macarons, pancartes des candidats sur le terrain, etc. Le mandat de BCP ne comprenait pas non plus le web."
Le fait d'être à la tête de la campagne de publicité du Parti libéral du Québec n'a pas empêché le président de la firme BCP de signer une chronique dans le quotidien Le Devoir... qu'il a d'ailleurs signée en mettant un tout autre chapeau, celui de professeur associé à l'Université Concordia. Cette chronique a généré 23 commentaires de citoyens qui, pour la plupart, n'avaient pas l'air d'être trop contents de lire l'article de John Parisella, intitulé Le Québec stable. J'avoue que j'ai moi-même sursauté.

Toujours est-il que le métier de conseiller du premier ministre semble être assez lucratif, en plus de conférer une place de première loge dans les meilleurs quotidiens de la nation.

Les Français innovent avec l'expo "Epimemik"

Les Français innovent avec l'expo "Epimemik" et sensibilisent le public aux défis d'une pandémie

Paru le vendredi, 7 novembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com




Cinamon nous informe aujourd'hui dans Zonegrippeaviaire de la tenue d'une exposition vraiment emballante, en affichant ce lien pointant sur la Cité des sciences de Paris à propos de "Epidemik, l'exposition contagieuse".

Tout d'abord, je tiens à mentionner que l'architecture époustoufflante du site de la Cité des sciences et de l'industrie me fait penser à l'Exposition universelle de 1967, qui a eu lieu à Montréal. On y trouve notamment un dôme géodésique.


Géode et Cité des Sciences, Paris, France

Quoi de mieux qu'une exposition pour sensibiliser le public aux défis d'une pandémie? Les Français ont réalisé un tour de force en intégrant les problématiques de santé publiques liées aux épidémies ou pandémies dans une exposition destinée au grand public.

Voici comment le Musée décrit l'exposition:
"Épidémik met en scène les épidémies passées et à venir. Celles qui ont marqué l'histoire de l'humanité et celles qui menacent. Elle donne à comprendre les enjeux sanitaires, sociaux, économiques et politiques soulevés par les crises épidémiques et le rôle que chacun, citoyen ou décideur, peut jouer pour prévenir et lutter contre ces maladies. Épidémik revisite en images l'histoire qui unit les épidémies et les hommes (1re partie de l'exposition), puis elle plonge ses visiteurs dans un jeu de simulation de crises épidémiques contemporaines (2e partie de l'exposition)."
Le lien affiché par Cinamon pointe vers ce communiqué:
Grippe à Singapour, 2015
Cité des sciences.fr

Singapour, 2015. Un nombre élevé de cas mortels de grippe a été relevé en Asie. Ils sont dus à un virus de type H5N1 humanisé. L’épidémie s’étend et menace Singapour!

Sur le plateau de jeu, vous êtes citoyen ou décideur. Dans les deux cas, il faut lutter contre l’épidémie.

Citoyen, vous devez survivre à l’épidémie. Parviendrez-vous à obtenir un diagnostic de votre état de santé avant que tous les médecins de la ville ne soient débordés? Laisserez-vous votre place aux personnes fragiles dans l’accès aux premiers vaccins, ou bien exigerez-vous un tirage au sort?

Décideur, vous devez définir une stratégie pour gérer la crise. Choisirez-vous de distribuer des médicaments préventifs, alors que le virus peut développer des résistances et rendre ces traitements inefficaces? Allez-vous réquisitionner tout le personnel médical pour assurer les soins, et l’exposer du coup aux risques d’infection?
Les rôles que nous propose cette exposition sont bien campés: en tant que citoyen, il faut arriver à survivre. En tant que décideur, il faut ramer et manoeuvrer dans une crise majeure, et faire des choix difficiles. Il s'avère que mesurer les enjeux d'une pandémie est tout un art, et seuls une poignée d'États du monde ont réussi à développer une planification sophistiquée, en favorisant des approches novatrices. Pas plus tard que cette semaine (lundi 3 novembre), le coordonnateur des Nations Unies pour la grippe, le Dr David Nabarro, soulignait que les plans sur papier ne sont pas suffisants: "En prévoyant pour une préoccupation extraordinaire comme l'influenza pandémique, ce n'est pas assez d'avoir écrit un plan et de l'avoir fait endosser par tout le monde. Vous devez également le vérifier, le tester et vous assurer qu'il fonctionne, et ensuite le réviser sur la base de l'assimilation."

David Nabarro a également indiqué que sur les 148 pays qui ont fourni des données dans le cadre du 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (Responses to Avian Influenza and State of Pandemic Readiness: Fourth Global Progress Report), à propos de leurs plans et leurs stratégies en vue d'une pandémie, 53% des nations avaient testé leurs plans au cours de la dernière année, et que seulement un quart d'entre elles avaient effectué des simulations à tous les niveaux de leur gouvernement. Moins de 40% ont démontré avoir incorporé les leçons apprises lors des simulations de pandémie.

À mon avis, chaque État du monde devrait déployer une équipe composée de décideurs, planificateurs de mesures d'urgence, et même de quelques citoyens, à la Cité des sciences de Paris en France, pour visiter cette exposition et s'amuser quelques heures dans l'un ou l'autre des rôles (citoyen et décideur). Car autant les choses ne sont pas simples pour les décideurs, imaginez ce que ce sera pour le citoyen, qui sera confronté à l'impératif suivant: Survit ou crève. Les membres de l'équipe pourraient s'assurer de tenir les deux rôles dans cet exercice d'exposition-simulation. Une fois cela complété, les équipes pourraient ensuite se réunir pour discuter de leur visite et analyser d'après les expériences et réflexions recueillies, s'il n'y aurait pas lieu d'apporter des mises à jour à leurs plans de lutte actuels.

Que j'aimerais visiter cette exposition! Amis parisiens, laissez-nous savoir ce que vous en pensez si vous y allez.

Faute de ne pouvoir se déplacer à Paris, en guise de mince consolation, nous pouvons toujours jouer au Quizz épidémique de l'exposition "Epidemik".

Personne n'est prêt pour une pandémie de grippe, y compris le gouvernement du Québec

Paru le jeudi, 23 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Joseph Sohm-Visions of America, Stockbyte. Libre de droits, sb10069737bk-001

J'adore le titre de l'article ci-dessous, et juste pour cela, cela vaudrait quasiment la peine de l'encadrer: "Personne n'est prêt contre une pandémie de grippe". Cela me fait vraiment plaisir de le voir écrit noir sur blanc. Car cela a été mon mantra depuis des mois, et j'aurais dû tenir un album de scrapbooking dans lequel j'aurais pu coller la photographie de la tête déconcertée de la plupart de mes interlocuteurs, lorsque je leur ai parlé de notre présent manque de préparatifs pandémiques. Les réactions adverses de la majorité d'entre eux étaient absolument estomaquantes, et la myriade de grimaces dont j'ai été témoin aurait fait un superbe album de souvenirs. J'aurais vraiment dû avoir cette idée d'album de scrapbooking plus tôt! Zut et rezut...

Ce titre d'article, qui est publié de surcroît dans un média québécois - Canoë.com - contraste avec la retentissante déclaration d'une porte-parole du MSSS en avril dernier, qui a déclaré avec fierté "Nous sommes prêts" pour une pandémie, et "On sait comment soigner une pandémie d’influenza car c’est une grippe. Ça se soigne avec des antiviraux". Une message d'une simplicité candide et quasiment enfantine.


Dr David Nabarro. Photo source

En tout cas, j'espère que le Dr David Nabarro, le coordonnateur du système des Nations Unies pour la grippe, a les nerfs solides, et qu'il va continuer à parler haut et fort à propos des nouvelles directives de gestion de préparation d'une pandémie, et que d'autres personnalités du milieu se joindront à lui. Parce que le défi de faire bouger les administrations de tous les États du monde et de les faire avancer dans une même direction est gigantesque. Jusqu'à présent, il est vrai que beaucoup de travail a été effectué, mais il en reste encore autant, sinon davantage, à être entrepris.


Dr. Bill Raub ----- Dr Michael Osterholm -- Maggie Fox -- Michael Leavitt

J'ai bien hâte d'entendre ce qu'auront à dire la semaine prochaine Bill Raub, le conseiller scientifique du ministre américain Michael Leavitt, le Dr Michael Osterholm, directeur du CIDRAP, et aussi Maggie Fox, éditrice de la section santé de Reuters, qui ont été invités pour participer à l'excellente série de séminaires portant sur les préparatifs pandémiques, réalisée par le HHS (le ministère de la santé fédéral des États-Unis). L'événement aura lieu le 29 octobre prochain à 13 heures et sera diffusé sur Internet. Il est prévu que le ministre Leavitt lui-même se joigne à la discussion avec les autres conférenciers. Cela risque d'être un moment historique pour les "flubies"! À ne pas manquer! Ce qu'il y a de très "social" à propos de cette série de séminaires, c'est que tout le monde peut et est invité à transmettre ses questions aux conférenciers. Les séminaires ne sont pas visionnés à huit clos, et sont rendus disponibles sur Internet. Tout le monde peut donc les regarder.

J'espère que les autorités québécoises, qui sont emmitoufflées bien confortablement dans leur petite bulle protectrice, finiront un de ces jours par entendre le nouveau message des agences internationales à propos de la gestion de pandémie et modifieront leur planification. Combien d'années cela leur prendra-t-il? Je ne parierai pas avec vous, de peur de perdre ma chemise.

Afin que la population québécoise ait véritablement l'impression que la gestion de pandémie est un dossier multisectoriel, il faudrait que ce dossier cesse d'être lancé dans les mains du minitère de la Santé et des Services sociaux. Par exemple, Zonegrippeaviaire a écrit plusieurs fois au premier ministre Jean Charest, et chaque fois, les lettres ont été dirigées vers le ministre de la Santé. (Notez que nous n'avons reçu aucune réponse, par ailleurs!) Cela fait des mois que je réclame un tsar de pandémie, et je pense que cette suggestion serait la solution idéale pour entreprendre une relance des préparatifs du Québec dans la nouvelle direction recommandée dans le 4ième Rapport intérimaire sur la gestion de la grippe aviaire.

Personne n'est prêt contre une pandémie de grippe
22 octobre 2008 | Par Canoë.com

Un nouveau rapport de l’ONU est tombé mardi comme un pavé dans la marre. Bien que la plupart de pays aient conçu des plans d’action pour faire face à une éventuelle pandémie de grippe, ceux-ci n’ont pas été testés suffisamment, ce qui laisse craindre, avance l’ONU, qu’ils soient inefficaces.

Dans un rapport publié mardi, l’ONU indique qu’à l’heure actuelle, «53% des pays ont annoncé avoir testé leurs plans et seulement 38% disent avoir tenu compte des leçons apprises au moment du test».

À trois jours de la sixième Conférence ministérielle internationale sur la grippe aviaire qui se tiendra du 24 au 26 octobre 2008 à Charm el-Cheikh en Égypte, le Dr David Nabarro, qui a fait pour l’ONU le point sur l’état de la menace d’une pandémie, a insisté sur le fait qu’«une bonne préparation est d’autant plus indispensable que le coût économique d’une épidémie pourrait être pharaonique», a-t-il averti.

Le Dr David Nabarro estime cependant que le monde gère mieux le virus qu’en 2005. En soulignant que les pays devraient accepter de partager leurs informations ouvertement et rapidement, il a toutefois laissé entrevoir qu’à ce chapitre, les interactions entre les pays sont un peu tendues.

«Certains sont réticents à partager leurs informations, d’autres ont tendance, en cas de contamination, à blâmer leurs voisins. Il est impératif que, dans ce cadre, la confiance s’établisse entre les pays», a-t-il souligné.

Source: http://sante.canoe.com

Bilan du mandat de l'ex-ministre Philippe Couillard

Bilan du mandat de l'ex-ministre Philippe Couillard: un dossier majeur s'est dès le départ trompé de cible. Un dérapage substantiel pourrait aussi avoir eu lieu avec les préparatifs pandémiques

Paru le samedi, 13 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Photo: Pedro Ruiz, source

Martine Letarte dresse aujourd'hui dans Le Devoir un bilan du mandat de cinq ans de l'ex-ministre Philippe Couillard, à la tête la Santé du Québec. Ce que je retiens de cet article, c'est que malgré l'important travail réalisé de réforme de grands réseaux intégrés de services, certains affirment que le ministre s'est trompé de cible.

Il est possible que dès le départ, l'analyse de ce dossier n'ait pas été enlignée dans la bonne direction. Un travail gigantesque a été effectué par la suite, mais toujours pas dans le bon sens...

Je ne suis pas une spécialiste de la réforme des réseaux intégrés de services de santé au Québec. Je note toutefois que pour ce dossier majeur, il est survenu un dérapage magistral. Nous pouvons observer qu'il persiste encore trop d'attente aux urgences (j'en sais quelque chose pour l'avoir vérifié moi-même il y a une dizaine de jours).

La réforme des réseaux intégrés de services est passée à côté de la plaque, comme l'a indiqué le Dr Réjean Hébert, doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke: "Pour améliorer la situation aux urgences, on doit s'occuper de tout ce qui vient avant et de tout ce qui vient après, donc les soins de première ligne et la réadaptation. Ainsi, il n'y a pas eu de révolution dans les urgences."

J'entrevois de mon côté un dérapage majeur dans le dossier de la planification de pandémie (un dossier initié pendant le mandat de Philippe Couillard), parce que le gouvernement du Québec ne se préoccupe pas de "tout ce qui vient avant et après". Cela se passe exactement comme pour la réforme des réseaux intégrés de services de santé. Je prévois par conséquent que la planification de pandémie du gouvernement du Québec s'en va dans le mauvais sens, notamment parce que la mitigation des communautés est totalement négligée et que le citoyen n'est pas inclus dans le processus des préparatifs pandémiques.

Les planificateurs québécois de pandémie se concentrent sur des mesures d'intervention pharmaceutique (ils se bornent par exemple à acheter des médicaments: antiviraux, vaccins, infections secondaires), alors que les interventions non pharmaceutiques sont gravement négligées.

Les interventions non pharmaceutiques sont plus compliquées à mettre en oeuvre et nécessitent davantage de travail de planification et d'intervention. Les interventions non pharmaceutiques exigent aussi beaucoup d'esprit créatif, de leadership, de même qu'une volonté de collaboration et de communication avec la population. Pour impliquer les citoyens dans un tel processus complexe, il faut d'abord arriver à reconnaître que les citoyens jouent un rôle important et vital dans une situation de crise majeure de santé publique, comme l'est une pandémie d'influenza. Il faudrait que les planificateurs de pandémie et les décideurs arrivent à faire confiance aux citoyens, et qu'ils cessent de penser que les citoyens sont stupides et qu'ils ne comprennent rien à rien...

Voici l'article faisant le bilan des réalisations de l'ex-ministre Philippe Couillard, publié aujourd'hui dans Le Devoir.
Philippe Couillard au ministère de la Santé - Un bilan controversé
Samedi 13 et dimanche 14 septembre 2008 | Par Martine Letarte | Le Devoir

«Cinq ans, c'est long et c'est du jamais vu!»

Cinq ans à la tête du ministère de la Santé et des Services sociaux. Un record de longévité qu'a établi Philippe Couillard, neurochirurgien de formation. Mais, sur le terrain, quel bilan de ses réalisations dressent ses anciens collègues des facultés de médecine? Le Devoir a posé la question à François Béland, professeur au département d'administration de la santé de la faculté de médecine de l'Université de Montréal, et à Réjean Hébert, doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke.

D'entrée de jeu, les deux experts interviewés ont voulu saluer la longévité de l'ex-ministre de la Santé. «Cinq ans, c'est long et c'est du jamais vu! Le ministre de la Santé est à la tête d'une entreprise de 20 ou 25 milliards et Philippe Couillard aura au moins réussi à y apporter un peu de stabilité», indique M. Béland.

«Philippe Couillard a fait preuve d'un sens politique exceptionnel en réussissant à imposer et à maintenir la santé parmi les priorités du gouvernement. Il a aussi réussi à bien informer la population», croit pour sa part le Dr Hébert.

La réforme Couillard

Toutefois, lorsqu'ils regardent les réalisations de Philippe Couillard, les deux spécialistes sont plus critiques. D'abord, tous deux considèrent la réforme Couillard comme une réalisation majeure de son mandat. En résumé, cette réforme a créé de grands réseaux intégrés de services, les CSSS, en fusionnant les CLSC avec les CHSLD et, dans plusieurs cas, avec l'hôpital de la région.

«Comme les budgets ont aussi été fusionnés, cela devait permettre une plus grande souplesse. L'idée n'était pas mauvaise, mais le problème, c'est que les CSSS ne jouissent pas actuellement d'une liberté d'action. Par exemple, un CSSS ne peut décider actuellement de fermer des lits dans son CHSLD pour investir davantage dans les soins à domicile. Pourtant, dans la logique de la réforme Couillard, les CSSS devraient avoir cette liberté de bouger leurs sous selon leurs besoins», affirme François Béland.

De plus, le spécialiste croit que le réseau continue de souffrir énormément de cette réforme. «Le réseau est très essoufflé actuellement.»

Le Dr Hébert est du même avis. «Les fusions ont créé beaucoup de remous. Le système de santé est maintenant embourbé dans une réforme de structure, au lieu de concentrer ses énergies dans la qualité des soins offerts. Il y a beaucoup de démotivation auprès du personnel et de perte du sentiment d'appartenance à leur établissement. Peut-être que, à long terme, on verra les effets bénéfiques de la réforme Couillard, mais ce n'est pas le cas présentement», affirme-t-il.

Peu médecins de famille, trop d'attente aux urgences

Les deux spécialistes s'entendent aussi pour dire que la réforme Couillard n'a pas suffisamment mis l'accent sur le développement des Groupes de médecine familiale (GMF).

«La réforme prévoyait une meilleure intégration des médecins de famille aux CSSS, mais le ministre n'est pas allé assez loin dans cette direction. De plus, il est évident qu'il n'y a pas assez de GMF, entre autres parce que le processus bureaucratique pour en créer est beaucoup trop lourd. Aussi, les GMF n'ont pas suffisamment de ressources à leur disposition: ils manquent surtout d'infirmières praticiennes», croit François Béland.

Aux yeux du Dr Hébert, Philippe Couillard s'est tout simplement trompé de cible.

«Comme le grand problème était l'engorgement des urgences dans les hôpitaux, il a voulu régler le problème en s'attaquant aux hôpitaux. Or, pour améliorer la situation aux urgences, on doit s'occuper de tout ce qui vient avant et de tout ce qui vient après, donc les soins de première ligne et la réadaptation. Ainsi, il n'y a pas eu de révolution dans les urgences, comme le dénonçait l'opposition ce printemps.»

En mai dernier, Bernard Drainville, le porte-parole du Parti québécois en matière de santé, a annoncé que, selon les données du Centre de coordination nationale des urgences, les temps d'attente étaient toujours aussi longs qu'il y a cinq ans dans les urgences des hôpitaux du Québec.

(Suite)

Source: www.ledevoir.com

Mike Leavitt rencontre 27 ministres européens de la santé en France

Mike Leavitt rencontre 27 ministres européens de la santé en France, et déclare que la menace de pandémie est "toujours réelle"

Paru le vendredi, 12 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Mike Leavitt. Photo source

Le ministre américain de la santé, Mike Leavitt a été invité au début de la semaine, à une rencontre des ministres de la santé des 27 États membres de l'Union européenne, qui s'est déroulée à Angers en France.

Ce n'est pas demain la veille que nous verrons Mike Leavitt être invité au Canada pour venir discuter de la grippe aviaire et de préparatifs pandémiques... Les poules risquent d'avoir des dents avant que cela se produise!

Mais même si nous savons que de telles invitations n'arriveront que dans nos rêves les plus fous, nous sommes toutefois en mesure d'apprécier les organisations et les nations qui ont assez de plomb dans la tête et de professionalisme pour planifier du mieux qu'elles le peuvent en vue d'une pandémie d'influenza.

Il y a quelques semaines, le Royaume-Uni a déclaré qu'une pandémie était désormais considérée comme la menace NUMÉRO 1 de la nation, et supplantait toutes les autres menaces.

Didier Houssin
Photo AFP/JACK GUEZ (source)

La semaine dernière, le délégué interministériel à la Lutte contre la grippe aviaire de l'Union européenne, Didier Houssin, a déclaré quelque chose équivalent à la position des Britanniques: "Une pandémie grippale reste la principale menace qui pèse sur l'Europe en matière de santé".

La rencontre des 27 ministres de la santé permettra sans doute de niveler l'état de préparation de chacun des États membres de l'Union européenne. Cette stratégie assurera au continent européen une force égale de combat face à la menace de pandémie, et évitera que certains pays soient davantage touchés par un virus mortel, et viennent compromettre les mesures et infrastructures des autres pays limitrophes.


Julie Gerberding. Source photo

Il est difficile d'oublier cette citation de Julie Gerberding, experte en maladies infectieuses, directrice du Centre for Disease Control (CDC) aux États-Unis: "Nous sommes seulement aussi forts que notre lien plus faible." L'Union européenne semble apparemment déterminée à appliquer cette stratégie de renforcement et de mitigation de sa communauté d'États membres.

En ce qui concerne le gouvernement du Québec, j'ai pu vérifier lors d'une rencontre ayant eu lieu le 30 mai dernier avec deux hauts fonctionnaires en charge de la planification de pandémie, qu'ils n'ont aucune idée, ni aucun outil, qui leur permettrait de déterminer où en est rendu l'état de préparation de chacune des agences provinciales, et l'ensemble des municipalités du Québec. Le gouvernement du Québec n'a pas d'outil qui lui permette de comparer l'état de préparation des diverses régions administratives de son territoire.

Le gouvernement du Québec ne sait pas non plus où il se situe par rapport aux autres provinces canadiennes, et encore moins par rapport aux autres nations développées du monde entier. Le gouvernement du Québec est convaincu d'être "bon" et plusieurs s'imaginent qu'il figure parmi les meilleurs, et que ses préparatifs en vue d'une pandémie sont excellents. Les fonctionnaires du gouvernement ne cessent de répéter qu'ils reçoivent des louanges pour leurs travaux de planification. On ne sait pas trop d'où proviennent au juste cette pluie de louanges, mais les gens qui ont parti ces rumeurs ont fait du bon travail (mais ceux qui ont parti cela sont des vraiment bons leaders d'opinion), car cette perception erronée de l'avancement des préparatifs du Québec en vue d'une pandémie semble être partagée par de nombreux employés du gouvernement, répartis dans plusieurs ministères de l'appareil gouvernemental.

Aux États-Unis, des fondations (Trust for America’s Health (TFAH) et Infectious Diseases Society of America (IDSA)) travaillent depuis des années à mettre sur pied un système de comparaison entre les divers États qui composent les États-Unis d'Amérique. Les États reçoivent annuellement une note (sur une échelle de 1 à 10) pour leur état général de préparation. Plusieurs éléments sont évalués et les États savent en quoi ils excellent et dans quels domaines ils affichent des lacunes et nécessitent des améliorations.

À ma connaissance, il n'existe pas de système de cette nature au Canada, qui permettrait d'avoir un portrait global de l'avancement de l'état de préparation des provinces et territoires canadiens.


Les trois chef d'États nord-américains. Photo source

Le Canada fait partie d'un regroupement continental (nord-américain), et des accords ont été conclus avec les États-Unis et le Mexique à propos des préparatifs en vue d'une pandémie. Le partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité comporte des clauses de coopération portant sur la grippe aviaire. Mais depuis le sommet du mois d'août dernier, qui s'est déroulé à Montebello, au Québec, il n'y a pas eu à ma connaissance d'information récente publiée dans les médias à propos de ce qu'il est advenu de cet accord. Le communiqué officiel du PSP datant du mois d'août 2007 a mentionné que "beaucoup de progrès ont été réalisés pour relever les défis auxquels font face nos trois pays nord-américains". Je trouve qu'il est difficile d'évaluer en quoi consiste exactement l'expresssion "beaucoup de progrès", et si "beaucoup de progrès" dans ce dossier a eu lieu ou non depuis un an.

Voici un article du Figaro, qui rapporte les propos de Mike Leavitt lors de sa visite en France. Le ministre de la santé a rappelé que la menace de la grippe aviaire pesait toujours, et que l'épée de Damoclès pend encore au-dessus de nos têtes, même si nous n'en entendons pas vraiment parler dans l'actualité...
Grippe aviaire: menace "toujours réelle"
9 septembre 2008 | AFP, Le Figaro

Le secrétaire américain à la Santé, Michaël Leavitt, a estimé aujourd'hui que la menace d'une pandémie liée au risque de mutation du virus de la grippe aviaire H5N1 était "toujours aussi réelle", même si elle suscite moins d'intérêt qu'au moment de son apparition en 2003.

"Le virus continue de se répandre dans le monde, il ne suit pas le gré des médias et la menace est toujours aussi réelle qu'il y a quelques années", a déclaré le ministre à l'usine Sanofi-Pasteur de Val-de-Reuil (Eure).

Il a notamment visité une unité en cours de qualification qui pourrait être mobilisée pour fabriquer en grande quantité des vaccins en cas de pandémie.

Le secrétaire à la Santé a souligné que les actions de préparation comme celles menées par Sanofi en France ou aux États-Unis ne visaient pas que le virus H5N1 mais les pandémies "en général".

Source: www.lefigaro.fr

Le phénomène des médias sociaux pourrait ébranler la théorie des 6 degrés de séparation

Le phénomène des médias sociaux pourrait ébranler la théorie des 6 degrés de séparation. Quel impact cela pourrait-il avoir sur la planification d'une pandémie?

Paru le lundi, 8 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Hans Neleman, Digital Vision, #200530210-001. Libre de droits

Un billet de Nicolas G. paru dans PCInpact.com rapporte qu’une récente étude portant sur les médias sociaux, réalisée par le Groupe O2, une société paneuropéenne de télécommunications du domaine de la téléphonie, a révélé que la théorie des six degrés de séparation entre toute personne [Stanley Milgram et Jeffrey Travers, 1969] est ébranlée par l’intégration des médias sociaux dans notre existence.
D’après les travaux de Jeff Rodrigues du Groupe O2, «Il existe trois réseaux essentiels: la famille, les amis et le travail. Sur les réseaux sociaux, cependant, on partage des éléments de notre vie qui sont axés sur les loisirs, le quartier où l'on vit, la religion, la sexualité et la politique. Ainsi, la chaîne des six degrés par les échanges de point de vue sur ces cinq éléments tend à s'amoindrir et se résume à trois niveaux de séparation.

[…]

Quarante-cinq ans après l'étude de Stanley Migram, les résultats tendent à montrer que la manière dont nous interagissons désormais n'a jamais été aussi simple pour lier contact et nous construire des réseaux».
Je trouve que les conclusions de cette étude sont vraiment emballantes. Dans un contexte de préparatifs en vue d’une pandémie, le fait de savoir que les degrés de séparation entre les personnes sont réduits par les médias sociaux pourrait peut-être aider les planificateurs de mesures d’urgence et les gestionnaires de crise à convaincre un plus grand nombre de personnes à se préparer en vue d’une pandémie.

Peut-être avez-vous remarqué qu’il existe un seuil d’environ 10% de réponse à des campagnes de prévention de mesures d’urgence.

En ce moment, nous traversons une crise de listériose au Canada. Les autorités québécoises ont publié le 6 septembre dernier un communiqué de presse pour réitérer à la population que «la listériose est une maladie sérieuse, qui entraîne fréquemment une hospitalisation, et parfois des décès. Le ministère de la Santé et des Services sociaux rappelle l'importance de prendre certaines précautions pour éviter cette maladie.»

Je n’ai pas en main les statistiques concernant le degré de prise au sérieux de la situation et de conformité aux directives gouvernementales de la population depuis le début de la crise de listériose, mais en me basant sur les commentaires publiés dans des sites Internet de grands quotidiens, j’en déduis que ma théorie du 10% pourrait s’appliquer à la présente situation.



Lorsque le gouvernement suisse a recommandé à sa population de stocker 50 masques par personne en vue d’une pandémie, un sondage réalisé au début de 2008 par le Bureau fédéral de la santé a révélé que «seulement un Suisse sur dix s'est donné la peine de stocker des masques de protection pour être utilisés en cas de pandémie de grippe.» C’est ce qu’a indiqué Michael Coston dans son billet Des trous dans le plan pandémique suisse.

Par ailleurs, un autre billet de Michael Coston, datant de la même époque (février 2008) et intitulé L’intérêt pour la pandémie est peu élevé, révèle un sondage canadien, parle aussi de 10% de gens sensibilisés: «Seulement un sur 10 a élaboré en quelque sorte au plan de secours, que ce soit sur la manière dont leur famille y ferait face, si jamais une pandémie devait se produire.»

Je vais le répéter ENCORE UNE FOIS: le fait d’avoir rejeté la sphère du Flublogia et le site Zonegrippeaviaire n’était vraiment pas une décision stratégique. M. Yves Pépin, directeur de la coordination de l’information et des mesures d’urgence, le 17 juin dernier, a décidé qu'il ne serait pas reconnus par le gouvernement du Québec, «parce qu’il ne voulait pas avoir à reconnaître les autres médias sociaux». Cette décision s’est appuyée sur le document de Services Québec «Les médias sociaux et la communication du risque».

Pourtant, à la lumière des conclusions de l’étude réalisée par le Groupe O2, et les pourcentages de participation des citoyens répondant aux directives de divers États, je suis bercée par l’espoir que les médias sociaux pourraient peut-être venir à bout des obstacles qui empêchent les gens de se conformer aux directives de prévention et de préparation en vue d’une pandémie.

Il y a tellement de facteurs qui empêchent les gens d’écouter (apathie, indifférence, perte de confiance dans les autorités gouvernementales, peur de la grippe aviaire, peu de disposition pour la prévoyance et la vision à long terme, etc.), que je me dis que toutes les chances et solutions permettant d’augmenter le pourcentage de participation de la population aux directives de santé publique devraient être considérées par les autorités gouvernementales. Y compris les médias sociaux, qui réduisent apparemment de moitié les six degrés de séparation, et qui donc (selon ma logique) devraient augmenter de 50% la participation citoyenne aux mesures d’urgence…

Au lieu de 10% de participation, en utilisant le levier des médias sociaux, on arriverait peut-être à convaincre 20%, ou peut-être même davantage de gens. Face à la menace d’une pandémie, où des millions de personnes pourraient être emportées par le virus à travers le monde, ce sont des facteurs non négligeables qui devraient être intégrés dans les stratégies de planification.

Ce qui est fait depuis longtemps aux États-Unis, alors qu’au Canada, même avec un très gros marteau, il n’y aurait peut-être pas moyen de faire rentrer cela dans la caboche de n’importe quel décideur ou planificateur de pandémie!

En Mauricie [Québec], il paraîtrait qu’un «copin» veille sur nous

Paru le samedi, 6 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

Hier, j’ai blogué au sujet de l’affichette «les culottes baissées», que j’ai trouvée dans les toilettes de la salle d’urgence d’un hôpital de la région Mauricie / Bois-Francs.

Cette affichette comporte un recto, une autre affichette, qui fait la promotion du COPIN.



Les autorités de la Mauricie, qui ont conçu cette affichette, ont joué sur le mot «copain», qui signifie ami, camarade, pour présenter leur Comité de planification et d’intervention (le COPIN) des mesures d’urgences du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières.

Tout comme pour l’outil «les culottes baissées», la publicité pour le COPIN est de bonne qualité, et elle présente de manière claire et punchée un comité de travail, afin d’en faire connaître la mission. La métaphore du copain se veut rassurante, mais dans mon cas, il va me falloir plus qu’une affichette pour me rassurer sur la réelle capacité de planification et de gestion du COPIN.

Tant mieux s’il existe un copain à notre service, un comité de planification et d’intervention de mesures d’urgences à l’hôpital de ma région! J’espère de tout cœur que ces gens vont réussir à mettre sur pied des mesures efficaces qui tiendront la route en temps de pandémie.


Imagezoo / Images.com, # 71559894 libre de droits

Cela pourrait commencer par exemple par revoir des choses toutes simples, comme penser à améliorer le confort des malades qui doivent passer des heures interminables en salle d’urgence. Les chaises sur lesquelles les gens sont conviés à s’asseoir dans la salle d’urgence n’ont pas été conçues pour période d’attente excessive. Entre le moment où les salles d’urgence ont été construites, il y a de cela de nombreuses années, et aujourd’hui, le temps d’attente dans les hôpitaux a atteint des niveaux record. Et ce phénomène s’amplifie d’une année à l’autre. Nous entendons parler de plus en plus souvent, dans de nombreux pays du monde, de salles d’urgence débordées en raison de simple grippe saisonnière. Si le problème d’engorgement des urgences ne peut être solutionné, celui des chaises-torture pourrait-il être analysé? En ce qui me concerne, j’ai dû passer plus de neuf heures correspondant à une nuit blanche complète sur une de ces fameuses chaises en plastique, et je peux témoigner qu’elles sont un véritable supplice pour les muscles et le dos.

La saison de grippe saisonnière dans notre hémisphère nord n’est même pas encore commencée, et déjà, nous recevons des nouvelles en provenance de pays de l’hémisphère sud concernant des souches de grippe saisonnière mal assorties à la cible du vaccin. Un foyer d’éclosion d'une telle souche inattendue a causé des temps d’attente de 20 heures en Australie, a rapporté hier le Dr Henry Niman.

L’affichette au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières mentionne que le COPIN va «s’assurer de prendre en charge RAPIDEMENT les victimes». D’après ce que j’ai vécu cette semaine avec mon séjour de 9 heures à la salle d’urgence, j’envisage difficilement comment, COPIN pas COPIN, mon hôpital régional va réussir à passer de son présent mode de fonctionnement, à un mode pandémie, et absorber une montée subite de cas en un tour de main. J’ai interrogé des personnes assises dans la salle d’urgence, et plusieurs était là depuis la veille et quand j’ai quitté l’établissement, elles n’en avaient pas encore terminé.

Le temps d’attente de 20 heures n’est pas qu’un phénomène passager survenant uniquement en Australie: il s’applique également en ce moment même au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, et nous ne sommes même pas encore entrés officiellement dans la saison de grippe saisonnière de 2008/2009. En temps de pandémie d’influenza, j’ai plutôt l’impression que nous aurons une situation pire que tout ce que nous pourrions envisager, avec plusieurs jours d’attente de soins pour les plus chanceux, et aucun accès à des soins professionnels pour la majorité de la population. Que ce soit dans l'hôpital même ou dans des lieux d'accueil qui pourraient recevoir les malades atteints de la grippe aviaire.


L’affichette maintient que le COPIN va «identifier les risques et mettre en place les mesures nécessaires pour minimiser l’impact». Un peu de pratique serait utile, encore là, en contrôlant mieux les présents cas à risque. J’étais assise à environ 1 mètre d’une dame dans la quarantaine, avec des difficultés respiratoires, qui se plaignait d’avoir contracté une pneumonie, après que tous les membres de sa famille aient été aussi malades qu’elle. Elle ne portait aucun masque de protection et elle toussait sans arrêt. La boîte de masques de protection à l’entrée de la salle d’urgence était vide. La boîte de gants de caoutchouc dans les toilettes était vide également.

Aucune infirmière ou employé de l’hôpital n’est venu vérifier l’état des patients au cours de la nuit. Entre 11h15 et 5h50 le lendemain matin, aucun patient n’a été appelé aux urgences. Où était passé le médecin? S’il était occupé à d’autres urgences (ou qu’il n’existait pas…), j’aurais apprécié que quelqu’un nous informe de la situation. Le supplice de la chaise de plastique aurait été plus facile à endurer, avec un minimum d’information. Nous aurions eu moins l'impression d'être laissés à nous-mêmes, si quelque membre du personnel infirmier était venu s'informer de notre état de santé.

Au moins, pour le lavage des mains, les stratégies recommandées par les autorités semblent fonctionner, car j’ai vu de très nombreuses personnes utiliser le savon désinfectant dans les distributrices installées devant les toilettes de la salle d’urgence.

C’est une bonne chose que le COPIN existe dans ma région. C’est une bonne chose aussi qu’un outil de communication ait été conçu pour présenter le COPIN à la population de Mauricie / Bois-Francs. J’espère sincèrement que le COPIN va réussir à atteindre les objectifs de sa mission et qu’en temps de pandémie, il sera à la hauteur de ce qu’il affirme être en mesure de réaliser.

En Mauricie [Québec], on nous recommande de ne pas nous «faire prendre les culottes baissées»

En Mauricie [Québec], on nous recommande de ne pas nous «faire prendre les culottes baissées»… mais on ne nous précise pas pour combien de temps il faut stocker une réserve de vivres et de matériel!

Paru le vendredi, 5 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

Je devrais visiter les toilettes des salles d’urgence d’hôpitaux plus souvent... À part des germes potentiels, virus et autres microbes, et beaucoup de papier de toilette jonchant le plancher, on y trouve parfois des choses intéressantes... Je suis ainsi tombée par hasard sur une très belle affichette qui recommande de stocker des vivres et des biens essentiels en cas de situation d’urgence. Mon enfant a bouchonnée l’affichette en petite boule, le temps d’une minute de distraction, alors je m’excuse pour la mauvaise qualité de reproduction de cet outil de communication.



Observez que sur cette affichette, la pandémie de grippe arrive en Numéro 1 (tiens donc!) de l’énumération de ce qu’est une situation d’urgence: pandémie de grippe, inondation, verglas, panne d’électricité prolongée). Certaines sections des autorités gouvernementales québécoises auraient-elles donc compris que la pandémie de grippe est la menace No. 1 de la nation? C’est ce qu’ont pourtant affirmé publiquement le gouvernement britannique, de même que l’Union européenne.

Il s’agit d’une bien jolie affichette, mais le problème principal avec cette publicité, c’est qu’elle ne dit absolument pas pour combien de temps il faut stocker des vivres et des biens essentiels. Ce que je trouve extrêmement curieux. On ne retrouve pas les 72 heures habituellement recommandées par les autorités gouvernementales canadiennes. On ne retrouve pas non plus les 2 semaines recommandées dans le futur Guide d’autosoins en cas de pandémie d’influenza, pas encore publié par le gouvernement du Québec, et prévu pour distribution en 5 millions d’exemplaires au moment du déclenchement d’une pandémie.

Aux États-Unis, on peut lire des recommandations officielles publiques variant entre 2 semaines à 3 mois. Le site Internet géré par Nez Perce County, en Idaho, Get Pandemic Ready, recommande 3 mois de stockage de nourriture et autres biens essentiels.

Par ailleurs, des chercheurs de l’Université de Sydney ont expliqué pour quelles raisons il est préférable de stocker des denrées et autres produits avant le déclenchement d’une pandémie, et ils ont prédit que l’Australie allait manquer de tout en moins de 2 semaines après le déclenchement d’une pandémie, étant donné que le marché agro-alimentaire est contrôlé par des entreprises ayant le monopole de la fabrication et de la distribution. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose, en lien avec notre situation canadienne? Comme Maple Leaf Foods et la présente crise de listériose, par exemple?

L’expert en influenza, le directeur du CIDRAP de l’Université du Minnesota, Dr Michael Osterholm, a prédit pour sa part que nous manquerions de tout DÈS LES PREMIERS JOURS d’une pandémie:
«Je crois que la prochaine pandémie de grippe, même de nature la plus modérée, serait l'un des événements les plus catastrophiques de santé publique de notre histoire. J'arrive à cette conclusion en raison de: l'envergure de la population mondiale actuelle (approximativement 6,5 milliards, comparée à 1,2 milliards en 1918), la probabilité d'un manque de réserve de vaccins efficaces au début de la pandémie, et l'existence de l'économie «juste-à-temps» [just-in-time], qui signifie que nous épuiserons la plupart des produits et services essentiels, comme les médicaments et les vaccins, d'autres fournitures médicales, et même la nourriture, dès les premiers jours de la pandémie».
Je ne sais pas à quelle date cette affichette jouant sur la métaphore des «culottes baissées» a été produite. Il n’y a pas de petit texte écrit en minuscule indiquant la date, ou encore comme pour les règlements d’annonces de voitures, de descriptions qu’il faut lire avec une loupe donnant des détails de l’offre. À l’exception de la mention du design graphique effectué par Julie Plamondon, et de 7 logos affichés en bas de la publicité, je n’ai trouvé aucun autre indice à propos de la date de création de l’affiche ou encore du nombre de jours de stockage de vivres et autres biens. Les 7 logos démontrent qu’il s’agit d’une publicité LOCALE destinée au public-cible de la région administrative de la Mauricie et du Centre-du-Québec:
- Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec
- Centre de services en déficience intellectuelle de la Mauricie et du Centre-du-Québec
- Domrémy Mauricie / Centre du Québec, centre de réadaptation en dépendance
- Centre hospitalier régional de Trois-Rivières
- Centre de santé et de services sociaux de l’Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec
Je trouve qu'avoir pensé et pris le temps de produire cette affichette est une excellente initiative, et que l’image choisie pour illustrer le texte permet de comprendre le message en un quart de seconde. J’espère que nous verrons de nombreux autres outils de ce genre, plein de fraîcheur, de couleurs vives et attrayants à consulter. Il s’agit d'un bon travail de graphisme et de publicité. Le seul GROS problème, à mon avis, c’est que cette affichette n’indique pas le nombre de jours de réserve stratégique individuelle. Et malheureusement, pour cette raison, malgré tous les autres aspects positifs que j'ai identifiés, je dois vous indiquer que je pense que c’est un flop.

Et j’ai l’impression que c’est délibéré. Cela cache-t-il une situation inconfortable entre deux chaises qu’occupe l’agence régionale de la Mauricie / Centre-du-Québec? Le 72 heures de réserve n’est pas suffisant pour répondre aux situations d’urgence mentionnées dans l’affichette. Donc les planificateurs ne l’ont pas mentionné. Les 2 semaines de réserve (qui correspondent au Guide d’autosoins), étant donné que le gouvernement du Québec n’a pas été encore suffisamment stratégique pour le recommander aux citoyens Québécois, les agences régionales qui souhaiteraient agir quand même auprès de leur population afin de mieux préparer les gens aux situations d’urgence se retrouvent dans de beaux draps, avec les mains liées.

On assiste alors à la création d’outils de communication vagues et beaucoup moins efficaces que ce qu’ils pourraient l’être, s’ils osaient recommander des vrais chiffres. C’est notamment le cas pour cette affichette, qui n’ose pas déclarer à combien de jours la réserve individuelle devrait correspondre. À mon avis, c’est encore un autre exemple de «gaspillage de temps et d’argent» pour produire des outils incomplets qui ne veulent pas dire grand-chose pour le commun des mortels. Ce genre d'outils n’aura probablement aucun impact de protection efficace et de réelle mitigation des communautés visées, étant donné qu’il échoue à fournir les informations les plus importantes, les données vitales qui pourraient faire toute la différence en situation d’urgence, entre un certain état de confort relatif et la panique, et peut-être même entre la vie et la mort.

Le plan d’action du comité de planification de pandémie du Québec comporte dix projets pour 2008-2009

Paru le mercredi, 27 août 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

Une demande d'accès à l'information de Zonegrippeaviaire a été reçue le 17 juillet 2008 par le responsable de l'accès aux documents du ministère de la Sécurité publique. Cette démarche visait à obtenir un document s'intitulant "Rapport du comité interministériel de préparatifs en cas d'une pandémie d'influenza - Perspectives d'action pour 2008".

J'ai reçu le 27 août 2008 le "Plan d'action sommaire 2008-2009 provenant du Sous-comité de planification gouvernementale en cas de pandémie d'influenza".




Le Rapport interministériel concernant le plan gouvernemental «Pandémie grippale». Perspectives pour 2008 de la République française compte 90 pages.

Celui du gouvernement du Québec tient sur une page...


Dix projets sont identifiés.

Il y en a neuf en fait, mais pour faire un chiffre rond, j’ai compté la note en bas du document, concernant un focus-group portant sur le site Pandémie Québec qui doit avoir lieu à l’automne 2008, comme un projet à part entière. Cela aurait pu être un projet d'envergure, s'il avait inclus les médias sociaux... Yves Pépin m’avait informée de ce projet, mais je croyais qu’il allait se débrouiller pour trouver une manière de composer avec l’existence de la sphère du Flublogia entre temps. Ce qui n’est pas arrivé, comme vous le savez. Le 17 juin dernier il a tout simplement décidé de ne plus jamais avoir à nous parler, en décrétant que le Flublogia et le site Zonegrippeaviaire ne seraient pas reconnus pour ne pas avoir à reconnaître les autres médias sociaux. Le document «Les médias sociaux et la communication du risque» a fermé la porte jusqu’aux calendes grecques, le temps que les applications web 2.0 se développent à l’échelle de la planète. Si nous sommes chanceux, peut-être que le gouvernement du Québec daignera se pencher sur notre cas lorsque le monde entier passera en mode web 3.0? Donc le gouvernement va faire son petit projet de focus-group, et ignorer complètement l’existence du Flublogia et de la communauté virtuelle de Zonegrippeaviaire. Les 310 commentaires qui ont été produits jusqu'à présent par les utilisateurs de Zonegrippeaviaire à propos du site Pandémie Québec, des divers outils de sensibilisation développés par le gouvernement et des plans de lutte, ne seront pas pris en considération, parce qu’un fonctionnaire a décidé qu’il était moins compliqué de rejeter le Flublogia et de s’en tenir au plan d’action prévu, que d’essayer de composer avec les préoccupations de la population.

Un des projets du plan d’action sommaire est décrit comme une «actualisation du site Internet» (Pandémie Québec). La mise en ligne est prévue pour décembre 2008. Ce ne sera pas un luxe de revoir le contenu de ce site. Encore là, nous ne serons pas conviés à collaborer à ce projet-là.

Un autre projet consiste à «actualiser le plan gouvernemental et la mise à jour des outils». Il s’agit d’une révision des domaines de la santé, de l’agroalimentaire et des communications. Le document indique l’objectif suivant: «Faire évoluer le plan gouvernemental pour couvrir les cas de maladies infectieuses». Hein? Peut-être que je ne comprends pas bien, mais une pandémie d’influenza, n’est-ce pas en soi une situation de couverture de cas de maladies infectieuses? Peut-être qu’il s’agit d’autres maladies infectieuses secondaires ou parallèles aux vagues de la pandémie? Michael Osterholm, directeur du CIDRAP, a déclaré le 31 janvier dernier: "L'impact d'une pandémie de grippe, a-t-il dit, pourrait inclure des pannes massives d'énergie autour du monde, une montée subite d'autres maladies infectieuses mortelles, d'innombrables morts associées aux manques d'approvisionnement médical et de traitements, et davantage." Je doute que les planificateurs de pandémie du Québec soient des fans de Michael Osterholm et qu'ils aient pris connaissance de cette déclaration. Je voudrais tant me tromper. Si des travaux d'actualisation du plan gouvernemental sont prévus pour inclure la montée subite d'autres maladies infectieuses mortelles, comment se fait-il qu'il n'y ait pas de travaux pour tenter de trouver des solutions aux pannes massies d'énergie et au manque d'approvisionnement en général? Avec les trois phrases de description mentionnées dans le plan d'action concernant le projet d'actualisation du plan gouvernemental, il est difficile de se faire une idée de la direction que prendra les travaux. Il me semble que le projet formulé dans le plan d'action 2008-2009 est un tantinet simpliste, et qu'il manque grandement d'envergure.

Il n’y a pas l’air d’avoir de projet prévu pour pousser la réflexion sur l’impact d’une pandémie sur la société et l’économie, et pour tenter d’envisager comment réagira notre système d’approvisionnement juste-à-temps dans un contexte où il pourrait survenir de graves pénuries d’énergie et de main-d’œuvre.

Pas de travaux ne sont prévus non plus pour réfléchir aux réserves stratégiques, compter et vérifier si la réserve actuelle comporte suffisamment de produits, et ce qu’il faudrait y ajouter. Pas de réflexion sur la nécessité d’impliquer les communautés et les individus dans la constitution de réserves stratégiques.

Rien non plus n’est prévu pour comparer les travaux de préparation du Québec d’une région administrative à une autre, par rapport aux autres provinces canadiennes, et par rapport aux autres nations développées du monde entier.

Rien non plus n’est prévu pour mitiger la population. Aucun projet n’est prévu pour favoriser les préparatifs pandémiques individuels.

Il n’y a pas de réflexion prévue portant sur la mise à jour des interventions pharmaceutiques.

Il n’y a pas de réflexion prévue portant sur le développement des interventions non pharmaceutiques.

Il doit y avoir une liste impressionnante de choses qui devraient être mises en oeuvre dans les préparatifs pandémiques du Québec, que je n'ai pas mentionnées dans ce billet.

Le dernier projet du plan d'action 2008-2009 consiste en un «bilan de l’utilisation et des retombées des outils de sensibilisation développés et des activités réalisées dans la dernière année». Yves Pépin avait parlé d’un bilan gouvernemental. Je suis trop découragée pour tenter d’imaginer de quoi aura l’air ce bilan de l’utilisation et des retombées…

Si les planificateurs et les décideurs du gouvernement du Québec souhaitent que nous les prenions au sérieux, qu’ils commencent par travailler de manière plus adaptée aux préoccupations mondiales, avancées scientifiques et tendances mondiales de préparatifs pandémiques. Un programme d’échange culturel entre la République française, les Nations Unies et les États-Unis ferait sans doute le plus grand bien à nos planificateurs de pandémie. Ils gagneraient à se tourner vers l’extérieur et à observer comment travaillent d’autres administrations et d’autres États. Côtoyer des leaders les aideraient grandement à mieux orienter leur planification de pandémie.


Si l’enveloppe budgétaire ne permet pas aux planificateurs de se rendre à Paris, ou à Washington, notre communauté virtuelle aurait été enchantée de fournir de l’information et de pouvoir échanger avec les membres du comité de planification de pandémie. Cela n’aurait pas coûté très cher de tendre l’oreille aux préoccupations des citoyens québécois et d'admettre que plusieurs d'entre nous sommes capables de contribuer de manière positive au processus de planification pandémique. Comme la publicité de Mastercard l’indique , ce genre de dialogue véritable, «ça n’a pas de prix». Il est regrettable que nos planificateurs soient trop bouchés pour s’en rendre compte.

Combien de respirateurs avons-nous au Québec pour affronter une pandémie?

Le Japon multiplie par 10 son budget de pandémie et planifie 3,600 respirateurs de plus. Combien de respirateurs avons-nous au Québec pour affronter une pandémie?

Paru le mercredi, 27 août 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Un respirateur. Photo source

Le Japon est parti sur une lancée de préparatifs de pandémie. Nous avons appris dernièrement que les Japonais vont débuter cet automne un projet d’immunisation des premiers répondants avec un vaccin pré-pandémique, qui sera par la suite administré à toute la population, soit environ 20 millions de personnes.

De notre côté, le Canada a fait savoir qu’il n’achèterait pas de vaccins pré-pandémiques. C’est ce qu’a révélé la journaliste Helen Braswell le 18 mai dernier: «Les autorités canadiennes se sont abstenues [d’acheter le vaccin Prepandrix de GlaxoSmithKline], en disant qu’elles préféraient s’en tenir au présent contrat du Canada qui accorde au pays un accès privilégié à quelque vaccin que ce soit produit à l’usine de GlaxoSmithKline une fois que sera déclenchée une pandémie.»

Le Japon a ensuite annoncé qu’il planifiait doubler sa réserve de Tamiflu. «Le Japon devrait augmenter la réserve de médicaments pour la grippe, afin de couvrir environ 60 millions de personnes, ou la moitié de sa population, pour lutter contre une pandémie possible qui pourrait tuer des millions de personnes, a recommandé un panel du gouvernement.»

Par ailleurs, le Japon a fait don de 500,000 doses de Tamiflu à ses voisins de l’Asie: «Le Japon a accepté de fournir 500,000 doses additionnelles de Tamiflu aux pays de l'Asie du Sud-Est, soulevant des préoccupations additionnelles en ce qui concerne la situation en Indonésie. L'expédition précédente de 500,000 doses de Tamiflu a été stockée à Singapour, qui est adjacent à Sumatra du nord.»

Le Canada a quant à lui publié dernièrement le rapport du Conseil du RPSP et les recommandations sur l’utilisation d’antiviraux à des fins prophylactiques pendant une pandémie d'influenza, Le Conseil du RPSP a nommé un Groupe de travail sur l’utilisation d'antiviraux à des fins prophylactiques (GTAP) afin d’examiner le bien-fondé de l’utilisation d’antiviraux à des fins préventives durant une pandémie d’influenza. La conclusion du GTAP, concernant l’utilisation étendue d’antiviraux à des fins prophylactiques pendant une pandémie, est que «cela n’est pas justifiable pour le moment». Ces arguments sont tous acceptables, surtout en contexte d’une propagation de 100% de la résistance au Tamiflu dans la grippe saisonnière (H1N1) observée dernièrement en Afrique du Sud et en Australie, sauf que pendant que la possibilité des antiviraux est écartée, quoi d’autre est suggéré? Il faudrait chercher à savoir de quelle manière les premiers répondants seront protégés au Canada lors d’une pandémie…

Le Japon a ensuite annoncé qu’il s’associait à deux autres pays, la Chine et la Corée du Sud, pour orchestrer cet automne une simulation de pandémie.

Avez-vous déjà entendu parler d’une simulation de pandémie ou d’un projet de simulation de pandémie au Canada ou au Québec? Nous avons eu droit à de nombreuses répétitions de cliniques d’administration massive de vaccins, mais pas de répétition générale, de simulation où tous les acteurs seraient appelés à se pratiquer à faire face à une pandémie.

Ne perdons pas de vue non plus que nous n’aurons aucun vaccin pré-pandémique au Canada. Et qu’il n’est pas certain non plus que nous voyions la couleur d’un vaccin pandémique avant de très longs mois après le déclenchement d’une pandémie, voire même une année. Les autorités sont persuadées que les vaccins seront disponibles «trois mois après» l’apparition de la souche pandémique, mais elles ont oublié un élément majeur dans leur planification: l’impact d’une pandémie sur les systèmes d’approvisionnement et notre économie juste-à-temps. Cela pourrait influencer sur le temps de livraison d’un vaccin.

Ensuite, le Japon a annoncé qu’il allait multiplier par 10 son budget de planification de pandémie, passant à 60 milliards de yens (soit 534 millions de dollars américains).

À combien s’élève le budget de planification pandémique au Canada, et au Québec? Des augmentations d’enveloppes budgétaires sont-elles prévues?

Aujourd’hui, le 27 août, Michael Coston rapporte que le Japon annonce qu’il prévoit l’achat de 3,600 respirateurs supplémentaires en 2009, soit une dépense de 2 milliards de yens, ou environ 5,000$ par respirateur.

Je ne suis pas en mesure de vous donner des précisions sur la situation canadienne, mais j’ai vu passé des données récentes en ce qui a trait aux projets du gouvernement du Québec. Mais malheureusement, ce n’est pas dans les habitudes du gouvernement de nous informer à ce sujet. La source provient d’une association de professionnels, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, un document daté du 2 au 6 juin 2008 intitulé «Pandémie d’influenza: avancement des travaux».

On peut lire en page 11 de ce document:
«Le ministère effectue actuellement un appel d’offre pour l’achat de respirateurs dans le but d’en arriver à un ratio d’un respirateur pour chaque lit de soins intensifs au Québec.»
La quantité de respirateurs qui sont prévus être achetés, bien qu’elle ne soit pas précisée (comme d’habitude…) est plus facile à calculer que les termes associés à la providence divine, auxquels nous (la population) avons habituellement droit. Il est probable que le gouvernement du Québec ne s’adresse pas dans les mêmes termes aux professionnels de la santé qu’il ne le fait pour la population québécoise. Il suffira de savoir cette fois-ci combien de lits de soins intensifs existent actuellement au Québec, et nous pourrons estimer plus ou moins combien de respirateurs sont prévus être achetés.

Admettons que le nombre de respirateurs souhaités est beaucoup plus simple à déterminer que ce qui correspond à une «manne» de vaccins ou encore à des «ententes pour s'assurer d'en avoir toujours en quantité suffisante». Un article du Devoir du 12 juillet dernier citait le vocabulaire de providence divine de la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux: «Des compagnies pharmaceutiques ont déjà conclu des ententes avec le gouvernement fédéral pour produire une manne de vaccins lorsque la souche pandémique sera connue.»

Un article du Soleil du 11 août dernier citait Pierre Laflamme, coordonnateur du comité du MSSS sur la pandémie, concernant un investissement de 50 millions de dollars supplémentaires en achat d’antibiotiques pour le traitement des infections secondaires en cas de pandémie de grippe aviaire: «On a signé des ententes pour s'assurer d'en avoir toujours en quantité suffisante».

Pour l’investissement de 50 millions de dollars dépensés pour acheter des antibiotiques en prévision de la pandémie de grippe au Québec, si cette nouvelle n’est pas affichée sur le site de Pandémie Québec, cela peut laisser croire à la population que la nouvelle n’est pas entérinée par le gouvernement du Québec. Pour comprendre cette situation, j’ai contacté M. Pierre Laflamme, par téléphone, et dès qu’il a su qui j’étais [administratrice d’un média social], il a raccroché après m’avoir dit qu’il me mettrait en communication avec le Service de presse du MSSS, et depuis, personne ne m’a contactée. Pierre Laflamme a toutefois pris le temps de m’informer que le MSSS n’avait publié aucun communiqué de presse pour annoncer l’investissement, puisque cette nouvelle avait été diffusée sous forme d’entrevue avec le journaliste du Soleil. À mon point de vue, même si le MSSS n’a pas publié de nouvelle officielle à cet effet, cela devrait être mentionné sur leur site, parce que les gens ne le sauront pas, si ce n’est pas mentionné ni par le ministère de la Santé, ni par Pandémie Québec.

Autre question: est-ce que la firme BCP a planifié un «plan de communication» ou établi un plan de match de relations publiques concernant l’annonce du 50 milions d’investissement? À quoi sert la firme BCP et quel travail effectue-t-elle pour le 725,000$ en «planification stratégique» qui lui est versé chaque année?

Retournons aux respirateurs… À propos de l’annonce japonaise d’acquisition de respirateurs, le blogueur américain Michael Coston a indiqué:
«Bien entendu, ce n'est pas tout de posséder les respirateurs. Les patients assistés par respirateur exigent des professionnels hautement qualifiés pour surveiller et ajuster leurs systèmes de soutien à la vie.

De quelle manière les Japonais planifient de combler ces besoins n'est pas mentionné dans cet article.»

À ce propos, le document de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec a identifié une problématique majeure. Alors que l’estimation des besoins en nombre d’inhalothérapeutes en temps de pandémie au Québec s’élève à 228 (d’après le document de la FIQ), pour le moment, seulement 10 volontaires se sont proposés pour le maintien des activités pendant la pandémie. La FIQ a indiqué une note dans son document: «218 infirmières ont été rajoutées aux dix inhalothérapeutes pour combler le manque d’effectif chez ces derniers». Mon analyse de la deuxième partie du document suivra prochainement, et je reparlerai alors des inhalothérapeutes. En attendant, vous pouvez lire la première partie de mon analyse du document de la FIQ, ici.

Il serait utile que les autorités canadiennes et québécoises prennent le temps de rédiger un communiqué de presse pour faire le point sur la situation concernant l’avancement des préparatifs pandémiques et fournissent des précisions sur les projets en cours, de même que ceux prévus à moyen terme. Ces informations devraient être affichées dans le site Pandémie Québec, et accessibles en tout temps.
 
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