Blogue de Lyne Robichaud

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02 septembre 2009

Des gens qui s’effondrent


Kirsty Templeton

Au Royaume-Uni, le cas tragique d’une jeune mère de 23 ans, Kirsty Templeton, qui s’est effondrée et qui est morte une heure seulement après s’être fait dire qu’elle avait la grippe porcine, a de quoi rester gravé dans nos esprits pendant un très long moment.

Ce n’est pas la première fois que nous entendons des histoires semblables de mort foudroyante causées par la grippe porcine en provenance du Royaume-Uni. Au début du mois d’août, il y a eu le décès de Jonathan Medler, 36 ans. Il s’est effondré chez lui et est mort foudroyé, lui aussi. Il s’agit de jeunes gens, apparemment en bonne santé, qui sont rapidement emportés dans la mort par le virus A/H1N1.

Cela me rappelle des histoires de la pandémie de grippe espagnole, que mon grand-père me racontait quand j’étais toute petite: des gens qui montaient en vie dans le tramway, et qui étaient décédés avant même d’arriver à destination.

Espérons que ces histoires-là demeureront relativement rares cette saison-ci.

16 août 2009

Les femmes enseignantes enceintes et leurs fœtus risqueront-ils leur vie cet automne?

Fatiha Idrissi Kaitouni n’avait que 23 ans. Photo TVA

Et qu’en sera-t-il de toutes les femmes enceintes, peu importe leur profession?

Le cas d’une Montréalaise enceinte âgée de 23 ans – Fatiha Idrissi Kaitouni - décédée peu de temps après son accouchement, a touché le cœur de nombreuses personnes. Ce drame a fait réagir les gestionnaires de commissions scolaires locales, mais les autorités provinciales du Québec sont restées de marbre.

Une amie m’a confié: «J'ai trouvé cette histoire tellement triste... Je suis reconnaissante à la famille de cette femme d'avoir accepté de divulguer les faits. Je crois personnellement que le fait de mettre un visage - et un nom et une histoire - sur une simple statistique, va faire réagir plus de gens que d'ordinaire

Le Figaro, La Dépêche et La Presse (et bien d'autres) ont rapporté hier que les décisions pour protéger les employées enceintes ne se sont pas fait attendre. «Les commissions scolaires de La Capitale et des Premières-Seigneuries, à Québec, mettront les salariées enceintes en congé à l'automne

Le président de la CSQ, Réjean Parent, a déclaré qu’il estime que les commissions scolaires de la province doivent mettre en congé leurs employées enceintes.

Les journalistes Andrew Halfnight et Max Harrold de The Gazette, ont rapporté que la commission scolaire Lester B. Pearson, située dans Montréal Ouest, attendait que le gouvernement du Québec émette des directives concernant les femmes enceintes.

[Traduction] «Nous allons voir s’il y a de nouvelles directives, soit du ministère de l’Éducation ou de la Santé publique,» a déclaré le porte-parole Marcus Tabarchnick à The Gazette.

Marie-Ève Bédard, une porte-parole du ministre de la Santé, Yves Bolduc, a déclaré qu’un énoncé de politique concernant le H1N1 sera annoncé le 24 août prochain.

Toutefois, le gouvernement ne demandera pas aux groupes à risque – incluant les femmes enceintes, les personnes âgées et celles aux systèmes immunitaires déficients – de se tenir loin des écoles et des hôpitaux, a-t-elle précisé. Au lieu de cela, le gouvernement leur rappellera les dangers inhérents.» (The Gazette, 16 août 2009)

Voici un exemple flagrant de manque de leadership, survenu quelques jours à peine après que Jean-Jacques Samson, du Journal de Québec, ait traité de «Pinocchio de la santé» le ministre Yves Bolduc, l’accusant de «manquer de leadership dans des dossiers chauds comme les préparatifs en prévision d’une pandémie de grippe A (H1N1) à compter de l’automne». [Journal de Québec, 16 août 2009]

Pourtant, les autorités doivent certainement être au courant de l’étude américaine publiée dans The Lancet, qui conclut que les femmes qui attendent un enfant, atteintes de la grippe A, ont quatre fois plus de risques de souffrir de complications. [Pandemic H1N1 infection in pregnant women in the USA, 8 août 2009, Punam Mangtani, Tippi K. Mak, Dina Pfeifer, doi:10.1016/S0140-6736(09)61431-8]

Il n’y a simplement qu’à observer le nombre élevé de décès provoqués par la grippe porcine de femmes enceintes dans les pays Amérique du Sud, pour constater qu’elles constituent réellement une population à risque. Un grand nombre de pays à travers le monde ont rapporté de nombreux décès de femmes enceintes infectées par le H1N1.

Le gouvernement du Costa Rica a recommandé dernièrement aux femmes enceintes d’éviter les foules… et de ne pas magasiner. «Les femmes enceintes devraient éviter les endroits bondés comme les centres commerciaux, lieux de divertissement, restaurants et cinémas.» [Tico Times, 5 août 2009]

Le gouvernement du Royaume-Uni a quant à lui conseillé aux femmes de retarder la conception. [Traduction] «Nous conseillons à tous de bien planifier la grossesse – nous déconseillons aux femmes de concevoir. Les-mamans-en-devenir sont plus vulnérables à quelque type de grippe. Il est particulièrement important que qui que ce soit aux prises avec des problèmes existants de santé et qui pense à fonder une famille devrait d’abord en parler à son médecin, comme cela serait fait normalement.» [The Guardian, 19 juillet 2009]

Si les femmes enceintes enseignantes ne devraient pas travailler cet automne parce qu’elles sont à risque, alors… les femmes enceintes employées administratives dans des établissement d'enseignement ne devraient pas non plus travailler.

Je suis d’avis qu’au moment où surviendra la 2e vague de H1N1 pandémique, les femmes enceintes – peu importe leur profession - ne devraient pas aller travailler, et devraient éviter les lieux bondés.

Et si les femmes enceintes enseignantes, qui fréquentent des écoles qui sont considérées comme des lieux avec une concentration de virus, alors, les enfants ne devraient pas aller à l'école.

Qui va payer pour tout cela?

Le gouvernement n’a pas l’air pressé de se pencher sur ces questions.

Cet automne, les femmes enceintes iront travailler pour gagner leur vie, et elles pourraient risquer par le fait même leur vie et celle de leur fœtus. Combien de Fatihas et de bébés en devenir seront sacrifiés avant que ne soient mises en œuvre des mesures de prévention et de protection réalistes?

17 avril 2009

Réaliser le potentiel d’un gouvernement connecté: un document de Cisco portant sur le gouvernement 2.0

Paul Johnson

Via le blogue de Paul Johnson, ex-fonctionnaire vivant à Londres, travaillant présentement pour Cisco, à la tête de l’équipe du secteur public européen au sein de IBSC, le bras consultatif de stratégies mondiales de Cisco, voici la version finale d’un document de Cisco intitulé ‘Realizing the Potential of the Connected Republic. Web 2.0 Opportunities in the Public Sector’ (Réaliser le potentiel d’une République connectée. Opportunités Web 2.0 dans le secteur public).

Les auteurs de ce document de Cisco Internet Business Solutions Group (IBSG) sont Paul Johnson, Russell Craig, Martin Stewart-Weeks et Joan McCalla.
[Traduction] «L’adoption d’outils et de valeurs Web 2.0 a beaucoup à offrir au secteur public. Il existe des défis et des barrières, mais il s’agit d’une route que le secteur public a besoin d’emprunter. Non seulement cela peut-il contribuer à l'efficacité, mais cela peut permettre aux organismes du secteur public de fournir davantage d'innovation et de devenir plus souples face à l'imprévisible. Fondamentalement, cela peut transformer la relation entre les citoyens et les institutions publiques, et entre les citoyens et leurs représentants.»

Le document mentionne que trois valeurs sont particulièrement pertinentes:

- Collaboration
- Transparence
- Empowerment

Il s’agit d’un document très bien fait. Je vous invite à en prendre connaissance et à le lire au complet.

J’ai envie d’ajouter que cela devient de plus en plus pénible de tomber sur des contenus de ce genre, sachant pertinemment que les gouvernements du Québec et du Canada ne veulent pas vraiment entendre parler de ces valeurs.

À la longue, à force de voir les autres se développer et nous-mêmes piétiner sur place, cela donne aussi envie de pleurer.

Hier (16 avril), a eu lieu la conférence de presse de Tourisme Mauricie annonçant son nouveau blogue: http://blogue.tourismemauricie.com/. Cela s’est déroulé aux Forges du Saint-Maurice, à quelques kilomètres de chez moi. L’amie Michelle Blanc a été engagée comme consultante pour ce projet. Et je souligne le travail de l'ami Gabriel Raymond, employé de Tourisme Mauricie, un gars sympatique et très dynamique. Je suis persuadée que c'est grâce à son incroyable personnalité que ce projet de blogue a pu avoir eu lieu.

La vie est drôlement faite. Je trouve cela assez cynique que (probablement, à ma connaissance) le premier blogue du gouvernement du Québec survienne en Mauricie, le siège social de Zonegrippeaviaire.com, dont un projet de collaboration, transparence et empowerment a été rejeté en juin 2008 par le gouvernement du Québec. Je devrais me réjouir de cette nouvelle, mais j’en suis plus capable. Il y a trop de goût amer dans la bouche.

Et aussi parce que je considère que le gouvernement choisit un axe prioritaire plutôt facile en débutant par le secteur touristique, pas tellement compromettant. Les efforts en matière 2.0 à déployer dans cette avenue sont beaucoup moindres que ceux démontrés par d’autres nations.

J’ai lu dernièrement [indice de maturité des médias sociaux de John Cass et Jon Garfunkel] que le succès de l'implantation d’un gouvernement 2.0 ne se mesure pas nécessairement aux sommes d’argent investies pour développer des technologies (c'est-à-dire dans la création de blogues et de plate-formes). «La manière dont une entreprise [ou un gouvernement] fait participer le client et la communauté [les citoyens] en utilisant les médias sociaux est plus important que les technologies que l’entreprise [ou le gouvernement] déploie.» [John Cass]

À mes yeux, ce n’est pas parce qu’un blogue a été lancé chez Tourisme Mauricie que nous assistons nécessairement à une transformation du gouvernement du Québec en gouvernement 2.0. À mon avis, il existe une très grande distance et marge de manœuvre entre partager des expériences de voyage et faire mousser le tourisme québécois, et contribuer réellement à la gouvernance dans de nombreux dossiers via une participation publique par l’entremise d’outils 2.0 et l’empowerment des citoyens.

Même si Tourisme Mauricie a réussi à lancer un blogue, je ne suis pas sous l’impression que le gouvernement du Québec comprend qu’un virage gouvernemental 2.0 doit s’effectuer sur l’ensemble d'une administration. Dans mon billet d’hier portant sur la République française, j’ai indiqué que ce virage complet devient alors une «révolution», et j’ai cité ce passage d’un bulletin du ministère des Affaires étrangères et européennes de la République française:
«Mais on ne pourra parler de révolution «gov 2.0» que lorsque l'action d'évangélisation de Vivek Kundra et les multiples projets de rénovation des outils des agences gouvernementales auront été adoptés par tous, et à tous les niveaux de la pyramide décisionnelle.»

La question que je me pose est la suivante: Le gouvernement du Québec a-t-il réellement l'intention de multiplier les projets 2.0 et de faire adopter ceux-ci à tous les niveaux de la pyramide décisionnelle?

Cela reste à voir.

Entre temps, tant mieux si les États-Unis, et le Royaume-Uni, et l’Australie, et la République française (et probablement d’autres nations) font des progrès en matière d’implantation d’un gouvernement 2.0.

Quand donc cela arrivera-t-il enfin au Canada et au Québec? Je crains que cela ne soit pas pour demain, ni l’année prochaine, ni l’autre année d’après, ni la suivante non plus...

15 janvier 2009

Les patrons d’entreprises britanniques prennent la menace de pandémie à la légère

Deux mois après que le gouvernement britannique ait publié le registre des menaces à la nation, en insistant sur le fait qu’une pandémie d’influenza est considérée comme étant la menace No.1, supplantant toutes les autres menaces (dont les inondations, les catastrophes naturelles et le terrorisme), nous apprenons qu’un sondage effectué auprès des patrons d’entreprises britanniques a révélé que cette information n’avait pas poussé les entreprises à se préparer à une pandémie.
Les entreprises principales se détournent, aveuglées, à la menace pandémique

Les patrons britanniques ignorent les avertissements gouvernementaux à propos de la menace d'une pandémie d'influenza, d'après le Business Continuity Forum.

Un récent sondage auprès de 1500 leaders d'entreprises par une organisation conseil indépendante a révélé une "culture répandue d'ignorance et de déni parmi les patrons britanniques à propos de cette menace," a-t-elle indiqué. Trois quart des patrons britanniques ne soutiennent pas l'idée de planifier afin de protéger leurs entreprises ou leurs employés, si jamais une pandémie venait à frapper.

Cela fait suite à la publication du Registre de risque national par le gouvernement en novembre dernier, qui déclarait qu'une pandémie d'influenza constitue la plus grande menace à la nation, portant le potentiel d'infecter la moitié de la population du Royaume-Uni et de tuer jusqu'à 750,000 personnes.

Le Business Continuity Forum a prétendu que sa recherche souligne la vulnérabilité auxquelles les entreprises s'exposent elles-mêmes. Plus d'un tiers (36%) des patrons n'ont aucun plan pour faire face à une absence d'employés, et seulement 11% des entreprises ont établi des réserves d'antiviraux afin de protéger leurs employés.

Russell Price, président de Continuity Forum, a déclaré: "Il y a un état de paralysie parmi les entreprises du Royaume-Uni, lorsqu'il s'agit de planification pandémique, et une telle paralysie est exactement ce à quoi plusieurs entreprises s'exposent. Alors que l'économie continue de ralentir, il est surprenant et inquiétant de constater qu'autant d'entreprises s'exposent volontairement à de tels considérables risques financiers."

Des entreprises qui prétendent être préparées, deux-tiers d'entre elles ont admis que leurs plans ne seront pas complétés avant une année et demie et la plupart ont rapporté ne pas avoir testé leurs plans dernièrement.

Pourtant, la publication du Registre de risque national a été bien diffusée. Les patrons de grandes entreprises ont certainement dû en avoir connaissance. C’était la première fois qu’une nation admettait publiquement que le risque pandémique est le plus important, parmi une brochette d’autres menaces.

Les autorités britanniques vont devoir retourner à leurs stratégies de communication, si elles souhaitent que davantage de préparatifs de pandémie s’effectuent au sein des entreprises.

Les États-Unis ont eux aussi publié de nombreux guides destinés au secteur privé au cours des derniers mois. Toutefois, chacun est libre d’agir ou non. Ce qui pourrait constituer un problème en temps de pandémie, et fragiliser l’économie, si le niveau de préparation n’est pas suffisant.

Avec l’arrivée en poste du nouveau président Barack Obama, d’ici quelques jours, surviendra-t-il un leadership fort? Il est évident que le monde entier a besoin d’un renouveau dans le domaine des préparatifs en vue d’une pandémie, car c’est davantage que de l’essoufflement que nous pouvons observer: cela s’apparente à l’agonie. Si rien de spectaculaire n’est fait, et si des actions soutenues et répétées n’ont pas lieu pour promouvoir la nécessité de maintenir et de développer les préparatifs pandémiques, ma foi, nous pourrions nous attendre au pire au cours des prochaines années. Les efforts déployés à ce jour pourraient n’avoir été qu’une mode passante, enterrée et oubliée.

20 novembre 2008

Des exercices de simulation de pandémie risquent de soulever de nombreuses problématiques


Jamie Grill, Tetra image, libre de droits, #82137051

Jusqu’à présent, la majorité des nations du monde se sont contentées de rédiger des plans de lutte à une pandémie, sans pousser trop en avant la réflexion. Le 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (voir Synopsis en français), piloté par David Nabarro, coordonnateur du système des Nations unies pour la grippe, a indiqué que seulement 35% des nations avaient amorcé des simulations pour mettre à l’épreuve leur planification.

David Nabaro a déclaré le 13 novembre dernier, lors d’une conférence prononcée au Centre for Strategic and International Studies, qu’il évaluait l’état de préparation mondial de pandémie à 40% de l’objectif global. Il a précisé qu’il est en mesure de défendre cette estimation, qui s’appuie sur les travaux réalisés dans le cadre 4e Rapport intérimaire mondial. Je vous invite à consulter mon billet à ce sujet.

Nous pouvons entrevoir que la prochaine étape de préparation en vue d’une pandémie sera donc de multiplier les tests et exercices de simulation, et de dégager des conclusions de ces activités. Le plus grand défi sera ensuite d’intégrer les apprentissages dans la planification, de réécrire et modifier les plans de lutte. C’est une chose d’identifier des problématiques, mais c’en est une autre de trouver des solutions…

Je remercie Anne d’avoir publié des notes dans Facebook à propos de deux études récentes en lien avec des exercices de simulations de pandémie. Ces études ont révélé des problématiques concernant les équipements de protection personnelle (PPE) et des guides de contrôle de l’infection.

Dans la pratique, il s’avère difficile d’intégrer ces éléments aux diverses tâches quotidiennes des professionnels de soins de santé. Les conclusions de ses deux études semblent défier certaines des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, et remettent même en question la manière dont les soins et services sont actuellement délivrés.

Ces études mettent le doigt sur quelque chose d’assez inquiétant. Comment s’articuleront les pistes de solutions? J’ai bien hâte de voir la suite, et j’espère que nous (humanité) réussirons à solutionner ces problématiques.

Personal protective equipment in an influenza pandemic: a UK simulation exercise
[Équipement de protection personnelle dans une pandémie d’influenza: un exercice de simulation au Royaume-Uni]

N.F. Phina, A.J. Rylandsb, J. Allanb, C. Edwardsb, J.E. Enstonec and J.S. Nguyen-Van-Tamd

Sommaire

[TRADUCTION] L’expérience demeure limitée quant aux impacts financiers et opérationnels que l’adoption d’un guide de contrôle de l’infection de l’influenza pandémie au Royaume-Uni aura sur l’utilisation d’équipement de protection personnelle (PPE), les patients et le personnel. Nous avons tenté de cerner ces questions lors d’un exercice réel survenu dans un hôpital du nord-est de l’Angleterre.

Lors de cette simulation de 24 heures, tout le personnel d’une unité de soins généraux graves a porté des PPE et a adopté les procédures décrites dans le guide de contrôle de l’infection d’influenza pandémique du Royaume-Uni. Des équipes d’infirmière de contrôle de l’infection ont observé et noté le comportement du personnel et leurs pratiques pendant la simulation, incluant l’attitude du personnel à propos de l’utilisation des PPE.

Quoique les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé sur la probable utilisation de PPE de haut calibre (masques FFP3) se sont avérées excessives, davantage de gants et de masques chirurgicaux que prévus ont été utilisés. En dépit de formation pré-simulation, plusieurs employés manquaient de confiance dans l’utilisation des PPE et concernant la marche à suivre des mesures de contrôle de l’infection. Ils ont découvert que les PPE étaient inconfortables, et que même les tâches les plus élémentaires prenaient plus de temps à être effectuées.

De grandes quantités de rebus cliniques ont été générées: 12 sacs additionnels (soit 570 litres) de plus par jour.

Les estimations d’utilisation de PPE réalisées lors de cette simulation défient les évaluations que de grandes quantités de PPE de haut niveau sont requises, avec de considérables implications des budgets de soins de santé. Un programme d’éducation continue de contrôle de l’infection est nécessaire.

Les soins de santé, en situation de pandémie, ne consistent pas simplement à appliquer un guide de contrôle de l’infection de l’influenza pandémique à la pratique courante; les hôpitaux auraient besoin de considérer changer la manière dont les soins et les services sont délivrés.
La seconde étude pointée par Anne dans Facebook est celle-ci (mais je n’ai pas traduit le texte, que je vous invite à consulter en anglais):
Respirator-Fit Testing: Does It Ensure the Protection of Healthcare Workers Against Respirable Particles Carrying Pathogens?

Les conclusions de ces études démontrent qu'il est nécessaire de tester les plans d'urgence, qui pourraient ne pas tenir la route si les États ne trouvent pas le moyen de les ajuster et d'y intégrer les apprentissages résultant des exercices de simulation (ce que David Nabarro ne cesse de répéter, d'ailleurs).

Je me demande ce que la dernière phrase de l'étude britannique signifie exactement, et quelles en sont les implications: «Les hôpitaux auraient besoin de considérer changer la manière dont les soins et les services sont délivrés».

Quant au grand nombre de déchets produits, ce genre d'information est intéressant. Il pourrait y avoir des interruptions de services de gestion des déchets en temps de pandémie. En fait, cette étude est des plus intéressantes, et j'espère que d'autres planificateurs (en dehors de ceux du Royaume-Uni), en prendront connaissance. Y compris des gens du Canada et Québec!

Repenser totalement la manière dont les soins sont délivrés... Je n'arrive toujours pas à visualiser cela dans ma tête... Je retiens que la manière actuelle est trop compliquée. A priori, gérer un virus mortel ultra contagieux ne sera pas simple. Revoir de A à Z nos systèmes modernes de santé n'est pas une mince tâche!

Autre question: Si des simulations indiquent que le type de planification proposé par l'OMS comporte des failles, combien d'années cela prendra-t-il avant que cette réalité ne soit intégrée dans les directives globales?


Si les gens oublient ce qu'ils apprennent en formation au bout de 6 mois, cela n'est pas de bon augure. Je croyais les médecins et infirmières particulièrement bons avec leur mémoire (ces gens ne doivent-ils pas retenir des milliers de données?) Au Québec, les infirmières ont demandé au ministre de la Santé de mettre sur pied une formation particulière pour les infirmières en soins de maladies infectieuses: ce programme collégial a été refusé... (voir
L'Ordre revient à la charge - Les infirmières veulent développer une spécialité en infectiologie - Le Devoir, 4 novembre 2008).

En réfléchissant à cette histoire d'oubli des formations qui concernent une pandémie, j'ai pensé que mon cerveau (je parle pour le mien évidemment!) a une fâcheuse tendance à oublier ce qui n'est ni nécessaire ni important.

Peut-être que les personnes formées ne considèrent pas l'information relative à une pandémie suffisamment importante pour s'en rappeler? Je me demande si l'attitude des autorités gouvernementales joue sur ce tableau. Par exemple, quand on ne CROIT PAS qu'une chose puisse nous arriver, pourquoi faudrait-il se RAPPELER de protocoles nouveaux et compliqués? Si des professionnels de la santé ne pensent pas que ces formations leur seront utiles, alors je peux comprendre pourquoi leur mémoire leur joue des tours.

18 novembre 2008

En Mauricie [Québec], on nous recommande de ne pas nous «faire prendre les culottes baissées»

En Mauricie [Québec], on nous recommande de ne pas nous «faire prendre les culottes baissées» mais on ne nous précise pas pour combien de temps il faut stocker une réserve de vivres et de matériel!

Paru le vendredi, 5 septembre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

Je devrais visiter les toilettes des salles d’urgence d’hôpitaux plus souvent... À part des germes potentiels, virus et autres microbes, et beaucoup de papier de toilette jonchant le plancher, on y trouve parfois des choses intéressantes... Je suis ainsi tombée par hasard sur une très belle affichette qui recommande de stocker des vivres et des biens essentiels en cas de situation d’urgence. Mon enfant a bouchonnée l’affichette en petite boule, le temps d’une minute de distraction, alors je m’excuse pour la mauvaise qualité de reproduction de cet outil de communication.



Observez que sur cette affichette, la pandémie de grippe arrive en Numéro 1 (tiens donc!) de l’énumération de ce qu’est une situation d’urgence: pandémie de grippe, inondation, verglas, panne d’électricité prolongée). Certaines sections des autorités gouvernementales québécoises auraient-elles donc compris que la pandémie de grippe est la menace No. 1 de la nation? C’est ce qu’ont pourtant affirmé publiquement le gouvernement britannique, de même que l’Union européenne.

Il s’agit d’une bien jolie affichette, mais le problème principal avec cette publicité, c’est qu’elle ne dit absolument pas pour combien de temps il faut stocker des vivres et des biens essentiels. Ce que je trouve extrêmement curieux. On ne retrouve pas les 72 heures habituellement recommandées par les autorités gouvernementales canadiennes. On ne retrouve pas non plus les 2 semaines recommandées dans le futur Guide d’autosoins en cas de pandémie d’influenza, pas encore publié par le gouvernement du Québec, et prévu pour distribution en 5 millions d’exemplaires au moment du déclenchement d’une pandémie.

Aux États-Unis, on peut lire des recommandations officielles publiques variant entre 2 semaines à 3 mois. Le site Internet géré par Nez Perce County, en Idaho, Get Pandemic Ready, recommande 3 mois de stockage de nourriture et autres biens essentiels.

Par ailleurs, des chercheurs de l’Université de Sydney ont expliqué pour quelles raisons il est préférable de stocker des denrées et autres produits avant le déclenchement d’une pandémie, et ils ont prédit que l’Australie allait manquer de tout en moins de 2 semaines après le déclenchement d’une pandémie, étant donné que le marché agro-alimentaire est contrôlé par des entreprises ayant le monopole de la fabrication et de la distribution. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose, en lien avec notre situation canadienne? Comme Maple Leaf Foods et la présente crise de listériose, par exemple?

L’expert en influenza, le directeur du CIDRAP de l’Université du Minnesota, Dr Michael Osterholm, a prédit pour sa part que nous manquerions de tout DÈS LES PREMIERS JOURS d’une pandémie:
«Je crois que la prochaine pandémie de grippe, même de nature la plus modérée, serait l'un des événements les plus catastrophiques de santé publique de notre histoire. J'arrive à cette conclusion en raison de: l'envergure de la population mondiale actuelle (approximativement 6,5 milliards, comparée à 1,2 milliards en 1918), la probabilité d'un manque de réserve de vaccins efficaces au début de la pandémie, et l'existence de l'économie «juste-à-temps» [just-in-time], qui signifie que nous épuiserons la plupart des produits et services essentiels, comme les médicaments et les vaccins, d'autres fournitures médicales, et même la nourriture, dès les premiers jours de la pandémie».
Je ne sais pas à quelle date cette affichette jouant sur la métaphore des «culottes baissées» a été produite. Il n’y a pas de petit texte écrit en minuscule indiquant la date, ou encore comme pour les règlements d’annonces de voitures, de descriptions qu’il faut lire avec une loupe donnant des détails de l’offre. À l’exception de la mention du design graphique effectué par Julie Plamondon, et de 7 logos affichés en bas de la publicité, je n’ai trouvé aucun autre indice à propos de la date de création de l’affiche ou encore du nombre de jours de stockage de vivres et autres biens. Les 7 logos démontrent qu’il s’agit d’une publicité LOCALE destinée au public-cible de la région administrative de la Mauricie et du Centre-du-Québec:
- Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec
- Centre de services en déficience intellectuelle de la Mauricie et du Centre-du-Québec
- Domrémy Mauricie / Centre du Québec, centre de réadaptation en dépendance
- Centre hospitalier régional de Trois-Rivières
- Centre de santé et de services sociaux de l’Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec
Je trouve qu'avoir pensé et pris le temps de produire cette affichette est une excellente initiative, et que l’image choisie pour illustrer le texte permet de comprendre le message en un quart de seconde. J’espère que nous verrons de nombreux autres outils de ce genre, plein de fraîcheur, de couleurs vives et attrayants à consulter. Il s’agit d'un bon travail de graphisme et de publicité. Le seul GROS problème, à mon avis, c’est que cette affichette n’indique pas le nombre de jours de réserve stratégique individuelle. Et malheureusement, pour cette raison, malgré tous les autres aspects positifs que j'ai identifiés, je dois vous indiquer que je pense que c’est un flop.

Et j’ai l’impression que c’est délibéré. Cela cache-t-il une situation inconfortable entre deux chaises qu’occupe l’agence régionale de la Mauricie / Centre-du-Québec? Le 72 heures de réserve n’est pas suffisant pour répondre aux situations d’urgence mentionnées dans l’affichette. Donc les planificateurs ne l’ont pas mentionné. Les 2 semaines de réserve (qui correspondent au Guide d’autosoins), étant donné que le gouvernement du Québec n’a pas été encore suffisamment stratégique pour le recommander aux citoyens Québécois, les agences régionales qui souhaiteraient agir quand même auprès de leur population afin de mieux préparer les gens aux situations d’urgence se retrouvent dans de beaux draps, avec les mains liées.

On assiste alors à la création d’outils de communication vagues et beaucoup moins efficaces que ce qu’ils pourraient l’être, s’ils osaient recommander des vrais chiffres. C’est notamment le cas pour cette affichette, qui n’ose pas déclarer à combien de jours la réserve individuelle devrait correspondre. À mon avis, c’est encore un autre exemple de «gaspillage de temps et d’argent» pour produire des outils incomplets qui ne veulent pas dire grand-chose pour le commun des mortels. Ce genre d'outils n’aura probablement aucun impact de protection efficace et de réelle mitigation des communautés visées, étant donné qu’il échoue à fournir les informations les plus importantes, les données vitales qui pourraient faire toute la différence en situation d’urgence, entre un certain état de confort relatif et la panique, et peut-être même entre la vie et la mort.

L'Angleterre change de cap et augmente ses estimations de morts

Paru le 28 octobre 2007 dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Banana Stock, Jupiter (libre de droits)

Aujourd'hui 28 octobre 2007, le Telegraph de Londres publie la nouvelle que l'Angleterre a révisé - dans un document ultra secret -, sa prévision de morts. L'estimation des Anglais a plus que doublé et est maintenant estimé à 650 000 dédès.

L'utilisateur Adam a signalé cette nouvelle dans Zonegrippeaviaire.
En anglais: 650,000 would die from bird flu, says Govt.

Ce qui est intéressant avec cette nouvelle, c'est que les États commencent à réviser leurs prévisions et à ajuster leurs mesures d'urgence EN FONCTION DES NOUVEAUX développements du virus H5N1.

Si les élus québécois ne veulent pas être accusé d'être "20 ans en retard", il faudrait peut-être sortir son crayon et se mettre tout de suite au boulot pour réviser l'ensemble des scénarios et mesures envisagées en cas de pandémie!
 
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