Blogue de Lyne Robichaud

Aucun message portant le libellé gouvernement 2.0; transparence. Afficher tous les messages
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17 juin 2011

Bidouilleur de la transparence au Brésil

N'éclatez pas de rire en lisant le titre de ce billet!

J'ai effectué une recherche sur le site de l'Institut québécois de la langue française pour trouver ce terme, «bidouilleur», la traduction de 'hacker', qui signifie une «personne passionnée d'informatique qui, par jeu, curiosité, défi personnel ou par souci de notoriété, sonde, au hasard plutôt qu'à l'aide de manuels techniques, les possibilités matérielles et logicielles des systèmes informatiques afin de pouvoir éventuellement s'y immiscer.»

Voici un article de Fondapol, 16 juin 2011 | 10h02, à propos de bidouilleurs au Brésil.

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HACKER DE LA TRANSPARENCE AU BRÉSIL

En mai dernier, les départements informatiques des administrations publiques brésiliennes ont organisé à Brasilia, en partenariat avec Consegi, constructeur de logiciels open source, une conférence sur le thème de l'"e-government" et de l'"open data". Un événement inédit dans le pays, d'un intérêt majeur aux yeux d'un grand nombre d'activistes de l'internet et du logiciel libre, venus sur place pour l'occasion, parmi lesquels Rufus Pollock (Open Knowledge Foundation), Nigel Shadbolt, (data.gov.uk), and David Eaves, (Vancouver's Open Government Motion). Ils ont témoigné de leur expérience de l'open government (OGD) et communiqué leur vision de la culture de l'ouverture. Outre ces personnalités connues, la conférence a accueilli un groupe de "hackers", identifiés sous l'étiquette "hackers de la transparence", composé de développeurs, de journalistes, d'étudiants, de militants du logiciel libre, de professeurs, de chercheurs, d'officiels du gouvernement, et aussi d'excellents évangélistes…

Leur organisation a vu le jour à la suite de la première édition, en 2009, du Transparency Hackday où il y avait eu des débats sur les usages des données d'information publique, jugées trop rares au Brésil, et les moyens innovants de les rendre accessibles à tous.

Cette année, ils arrivent très déterminés. Ils veulent faire valoir leurs idées et surtout leur conception des services publics. Il s'agit donc, pour ces activistes, de sensibiliser le plus grand nombre de citoyens à la nécessité d'imposer au pays une nouvelle méthode de gouvernement, plus ouverte, plus transparente.

Les moyens de persuasion dont ces hackers usent sont multiples. Ils ont décidé de recourir, si le besoin s'en faisait sentir, au piratage des sites gouvernementaux, voire à leur destruction et leur remplacement par des sites clonés. Des actions prévues pour prouver le caractère impérieux de la demande de transparence, notamment pour suivre la gestion des dépenses publiques et favoriser la diffusion et l'accès de tous aux données locales dans des formats ouverts ainsi qu'à toute information concernant la préparation des lois au Brésil. Ils comptent bien faire comprendre au gouvernement qu'il ne s'agit pas d'une demande ponctuelle mais bien d'une demande d'intérêt général à prendre en considération dans la durée, ce qui selon eux, favorisera l'ouverture et la participation de tous, conditions fondamentales de la démocratie moderne.

C'est ainsi qu'en marge de cette conférence de mai, le groupe des hackers a pu organiser un atelier "Transparency Hackday" regroupant non seulement les membres de leur organisation mais aussi tout citoyen intéressé, pour réfléchir et passer de la théorie à la pratique.

Plusieurs idées ont donc été collectivement produites, ayant toutes pour objectif de rendre la politique plus transparente. On peut noter, par exemple, que l'un des projets porte sur l'identification des entreprises (la base de données actuelle des hackers en compte 700) qui soutiennent financièrement les candidats aux élections. Le but est de repérer les effets de collusion entre argent et pouvoir. Un autre projet est la construction d'une plateforme collaborative, publique, destinée à recueillir des rapports d'abus de pouvoir ou de témoignages de corruption. Il y a aussi, parmi toutes ces idées, celle qui vise l'information publique sur la vie du parlement, sur les dispositifs législatifs, projets de loi en cours, étapes du vote, et tous les détails des procédures que seuls les politiques connaissent et que le public ne saurait encore ignorer longtemps…

16 juin 2011

Financement de son parti: François Legault indique vouloir faire preuve de transparence

François Legault

Alors que le Directeur général des élections, Jacques Drouin, annonçait le 14 juin 2011, que le financement populaire des partis politiques est en baisse marquée, pour parer aux attaques de ses adversaires qui questionnent les dessous du financement de sa Coalition pour l’avenir du Québec, François Legault a indiqué qu’il envisage très sérieusement d’ouvrir ses livres sur la place publique.

«On n’a rien à cacher et on ne veut pas prêter flanc à des soupçons par rapport à notre financement, dit-on dans le clan Legault. Puisque les attaques provenant notamment du gouvernement touchent le financement du mouvement, on a l’intention d’être très transparent et d’ouvrir nos livres aux journalistes s’il le faut.»

Espérons que cette attitude de transparence, chez François Legault, donnera lieu à de bonnes habitudes, et qu’il embrassera le mouvement du gouvernement ouvert. Je vous invite par ailleurs à lire les nombreux échanges qui ont eu lieu aujourd’hui sur le site de la Coalition pour l’avenir du Québec, concernant un gouvernement ouvert.

Consultez l’article de Geneviève Lajoie, Journal de Québec, 15 juin 2011 21h25, «Financement, Legault disposé à ouvrir ses livres»

12 juin 2011

Tunisie: 3 ministères gouvernement ouvert avant la Constituante

D'ici la Constituante, 3 ministères vont adopter le gouvernement ouvert. Le président provisoire a ratifié un décret pour convertir tous les Ministères à ce mode gouvernance transparent d'ici 2 ans. Mais le gouvernement ouvert reste tributaire de l'émergence de l'E-Citizen. Interview exclusive Tekiano de Adel Gaaloul, secrétaire d'État à la technologie.

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TUNISIE: TROIS MINISTÈRES GOUVERNEMENT OUVERT AVANT LA CONSTITUANTE
Mercredi, 8 juin 2011 07:00 -=- Propos recueillis par Mohamed Jebri --- Tekiano

Le secrétaire d'état à la technologie M. Adel Gaaloul a prononcé l'allocution d'ouverture de l'évènement TunAndroid qui a eu lieu samedi 4 juin à Sousse. Dans son discours, il a parlé de 5 axes centraux pour donner un coup de fouet au secteur des NTIC's en Tunisie. Parmi les lignes directrices, le secrétaire d'état a parlé du rôle de l'administration qui doit assurer l'aspect «transparence» dans sa relation avec le Tunisien. Après la clôture de la journée, Tekiano a eu des bribes de conversation avec M. Gaaloul, qui relevons-le, a accueilli à cœur ouvert et sans rouspéter les questions qu'on lui a posées. Aussitôt avons-nous découvert un homme humble, souriant, chaleureux, et au verbe facile. Interview garantie 100% sans langue de bois.

Tekiano: Durant votre allocution, vous avez évoqué l'introduction prochaine du gouvernement ouvert en Tunisie. Quelle date prévoyez-vous pour son lancement?

Adel Gaaloul: D'abord, il me semble important de définir la notion du gouvernement ouvert. Ce mode est relatif à la transparence de nos établissements administratifs dans le rapport qu'ils entretiennent avec le citoyen. Il vient donc renforcer la confiance entre le gouverneur et le gouverné. Je dois aussi vous rappeler qu'il s'agit d'une notion qui a été mise en œuvre très récemment dans certains pays développés. Mais puisqu'on se réjouit désormais d'un nouveau climat de liberté en Tunisie, le président provisoire a ratifié un décret selon lequel nous avons prévu une période de 2 années pour que tous nos ministères rendent publics leurs rapports financiers.

Quelles en sont les contraintes actuellement?

Il y a, certes, quelques contraintes inhérentes à l'infrastructure qui font que le gouvernement ouvert ne soit pas immédiatement mis en place. Mais au même titre, je pense qu'il faut souligner le long processus d'apprentissage par lequel doit passer le citoyen tunisien pour se familiariser avec ce concept. A mon avis, il nous faut 5 ans pour que le gouvernement ouvert aboutisse et débouche sur un rapport plus raffermi entre la société civile et son administration. Bouleverser le rapport de forces après 50 ans de dictature n'est pas aussi simple qu'on le croit. Et apprendre au citoyen tunisien de veiller lui-même sur ses intérêts et assumer entièrement ses responsabilités envers sa patrie, ça prend du temps...

Qu'en est-il des contraintes techniques ?

Le plus gros problème que nous rencontrons actuellement s'attache à l'identification des citoyens. L'implantation du gouvernement ouvert doit passer par l'attribution d'un login à chaque Tunisien afin de lui permettre de consulter les rapports de nos administrations et interagir en son nom sur le contenu. Nous n'avons pas banni la tyrannie pour donner lieu à une société d'anonymes. – Vous pouvez imaginez le volume de travail et les investissements que ça implique. Mais la bonne nouvelle c'est que le gouvernement est maintenant acculé, la décision a été prise et on ne peut pas revenir en arrière. La structure ministérielle qui sera formée à travers l'Assemblée Constituante n'a que deux années pour adhérer à ce mode de gouvernance.

Et le mot de la fin...

Ce que je peux vous promettre tout de suite, c'est que je vais mettre le projet en route avant de quitter le Ministère. D'ici l'élection de la Constituante, trois ministères vont adopter le gouvernement ouvert. Je veux également préciser que le gouvernement transitoire mise beaucoup sur le dynamisme et la vivacité de cette jeunesse qui a éjecté le dictateur et qui a fait de la Tunisie ce qu'elle est aujourd'hui...

11 juin 2011

Suggestion d'un gouvernement ouvert à Charles Sirois (CAQ)

Charles Sirois

J'ai transmis aujourd'hui une suggestion de gouvernement ouvert à Charles Sirois, co-fondateur (avec François Legault) de la Coalition pour l'avenir du Québec. Leur site ne permet pas plus de 1000 caractères dans les formulations de propositions ou de moyens d'actions.

Un sondage Léger Marketing-Le Devoir révèle aujourd'hui 11 juin 2011 que les Québécois veulent François Legault. En effet, la coalition de l'ex-ministre péquiste récolte 12 points de plus que le Parti Québécois (PQ) et 13 de plus que le Parti libéral du Québec (PLQ). Le Devoir indique que la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) récolte 33% des intentions de vote, le Parti québécois (PQ) 21%, le Parti libéral du Québec (PLQ) 20%, l'Action démocratique du Québec (ADQ) 11%, Québec solidaire (QS) 9% et le Parti vert du Québec (PVQ) 3%, après répartition des intentions de vote des indécis.

MA SUGGESTION
Publiée ici sur le site de la Coalition pour l'avenir du Québec

M. Sirois, vous indiquez: «Pour arriver à accroître la qualité, l’efficacité et la transparence de nos services publics, il nous faudra donc les décentraliser». Cela pourrait être notamment atteint par l'implantation d'un GOUVERNEMENT OUVERT au Québec, axé sur la transparence, participation et collaboration avec les citoyens. Un mandat d'analyse en cours du potentiel du Web 2.0 confié par Jean Charest à Henri-François Gautrin, écarte délibérément les possibilités de données ouvertes et gouvernement ouvert. Pourquoi? Yogi Berra recommande: «Quand vous voyez une fourchette sur la route, ramassez-la.» Le gouvernement actuel ne ramasse pas les fourchettes (qu'il voit pourtant clairement). Le Québec a autant de potentiel que n’importe quel autre pays, ayant pris le tournant d'un gouvernement ouvert. Il manque un leadership, une volonté d’améliorer la situation et de transformer le gouvernement. Lyne Robichaud, Trois-Rivières. (Je collabore avec GovintheLab.com)

08 juin 2011

Perte de sens critique et d’analyse, et banalisation des questions liées à la transparence et l’éthique au gouvernement du Québec

Pierre Curzi
Quand un député déclare qu’il est rendu au bout de sa limite, qu’il ne peut plus se regarder en face dans un miroir la conscience tranquille, c’est que la dégradation de la relation entre le gouvernement et les citoyens a atteint un seuil critique.

Le député démissionnaire Pierre Curzi a dénoncé la distance entre les partis politiques du Québec et les citoyens.

Voici un extrait des textes lus hier par les députés Lisette Lapointe, Louise Beaudoin et Pierre Curzi au moment d'annoncer leur démission du Parti québécois, publiées dans Le Devoir, le 7 juin 2011: «Onde de choc au Parti québécois - «Mon seuil de tolérance éthique personnel a été atteint».
[Pierre Curzi] Je choisis de partir devant l'incapacité que j'ai à m'associer à une proposition qui prive les citoyens du droit plein et entier d'exercer leurs responsabilités civiques et juridiques.

Partisanerie et opportunisme: Je porte à un degré élevé la vie démocratique dans ce qu'elle a de plus significatif, c'est-à-dire la participation libre et entière des citoyens à la construction de leur société. Ce récent épisode de notre vie parlementaire a heurté de front cette valeur première et est un puissant révélateur de la distance qui s'est installée entre les partis politiques du Québec et les citoyens. Je pense que cela est en grande partie dû à ce que les partis politiques, notamment dans le cadre d'un bipartisme sclérosant, placent trop souvent leurs intérêts partisans et opportuns avant les intérêts de citoyens et de citoyennes.

Je quitte [le Parti québécois] sans joie. Les citoyens doivent reprendre en main leurs institutions démocratiques. Je veux désormais consacrer mon engagement politique à contribuer librement et sans rancœur aucune à cette reprise en main. Voilà.
De quelle façon compte s’y prendre Pierre Curzi pour «contribuer à la reprise en main»? Je répète inlassablement la même chanson comme un gramophone, un gouvernement ouvert permettrait de restaurer l’harmonie dans la relation entre le gouvernement du Québec et les citoyens.

Comment cela se fait-il que la solution d’un gouvernement ouvert n’émerge pas alors que l’Assemblée nationale nage en pleine crise démocratique?

Le premier ministre Jean Charest a repoussé à l’automne l’adoption du projet de loi 204 (qui cause tous ces remous). Les députés devaient se prononcer sur ce projet de loi avant le 10 juin. «Les libéraux sont divisés sur le projet de loi 204, sans toutefois s'entre-déchirer comme les péquistes», rapporte Marco Fortier de Rue Frontenac.

Transparence, participation et collaboration, permettraient d’établir une relation de co-création co-production. Les problématiques transformées en défis, soumises aux citoyens, offriraient l’occasion à des solutions inattendues d’émerger.

Hier, le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, s’est dit inquiet de voir l'Assemblée nationale «banaliser des questions liées à la transparence et l'éthique».
«À quoi on joue?», s’interrogeait-il. «Il y a ce sentiment que l'Assemblée nationale est en train de perdre son sens critique et d'analyse nécessaire à l'adoption d'une loi. Même si le contrat de gestion conclu entre la Ville de Québec et Quebecor n'est pas clair au plan de la transparence, il donne lieu à un «grand concert d'unanimité forcée», a déploré Bernard Généreux. «Les gens voient cela et c'est un très mauvais message. Ce qu'on est en train de faire va miner la crédibilité du monde municipal», a-t-il prédit.
Des problématiques, telles que la perte de sens critique et d’analyse, la banalisation des questions liées à la transparence et l’éthique, pourraient être évitées avec un gouvernement ouvert. Un gouvernement ouvert permettrait d’assurer la transparence dans les projets de loi et la conception de nouvelles politiques, offrirait l’occasion aux citoyens d’intervenir lorsque le sens critique, l’analyse et le respect de l’éthique laisseraient à désirer.

L’Assemblée nationale fait relâche pour l’été, le 10 juin clôture la fin des travaux parlementaires. Que prévoit l’équipe de Henri-François Gautrin, chargée du mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0, pour l’été? Le site Internet de consultation publique, prévu en mai, n’est pas encore lancé (à ma connaissance). L’équipe accuse un retard sur leur échéancier.

Les incidents de cette semaine démontrent qu’il y aurait lieu d’implanter une initiative de gouvernement ouvert au Québec. Tout le monde s'en porterait mieux.

14 mai 2011

Nostalgie de la transparence au Canada

Suzanne Legault, Commissaire à l'information

Les résultats du scrutin de l'élection générale fédérale le 2 mai: les Conservateurs sont élus en majorité.

Et maintenant, une douzaine de jours plus tard, cette décision de la Cour Suprême du Canada, qui permettra aux premiers ministres du Canada et leurs ministres de garder leurs secrets.

La culture du silence régnait déjà auparavant. Tout porte à croire que les possibilités de gouvernement ouvert viennent d'être étouffées dans l'œuf.

Le gouvernement Harper (quelques jours avant le déclenchement des élections générales fédérales), a annoncé un gouvernement ouvert, le 18 mars 2011.

Avec cette décision de la Cour Suprême - et cela ouvre la porte à une modification de la Loi sur l'accès à l'information - , «c'est un pas en arrière», a déclaré la Commissaire à l'information, Suzanne Legault.

La Cour Suprême a décidé que les agendas n'ont pas à être dévoilés au public. Les premiers ministres et leurs ministres n’auront pas non plus à rendre publics leurs itinéraires passés, leurs notes personnelles et leurs courriels internes. Cette décision fait en sorte que les cabinets des ministres et le bureau du premier ministre ne sont pas soumis à la Loi sur l’accès à l’information.

«Je voudrais voir un engagement très fort pour renverser cette tendance à la baisse que nous voyons, parce que, à mon avis, nous sommes vraiment au plus bas», a déclaré Suzanne Legault. «Nous ne pouvons pas descendre plus.»

Nous ne pouvons pas nous enfoncer davantage dans la culture du secret et du silence.

L'engagement très fort dont parle Suzanne Legault peut-il survenir? Les premiers ministres du Canada et leurs ministres peuvent faire ce qu'ils veulent désormais. Ils ont le champ libre. Le lait tombe: adieu, veau, vache, cochon, couvée (La laitière et le pot au lait). S'il y a eu rêverie de gouvernement ouvert au Canada, s'affranchissant par moment de la réalité, le tout s'est dissipé avec le moment présent.

Peut-être que des provinces canadiennes mettront en place des initiatives de gouvernement ouvert, mais en ce qui concerne le niveau fédéral, autant se résigner: faites taire vos rêves, refoulez vos espérances. Manquez d'air.

Place véritablement à l’angoisse de l’incertitude, puisque nous devrons vivre en ne sachant pas comment et quand nous en sortiront. Alors que nous devrions être dans un monde ouvert, nous savons ce que nous allons perdre.

Il faut, dans une société décente, des règles qui permettent de sauvegarder le bien-être de la collectivité. Nous ne pouvons pas laisser des individus déchaîner leurs appétits sans conséquences graves pour la collectivité.

Portons désormais le fardeau de la nostalgie de la transparence.

05 mai 2011

Démocratie en surveillance accorde une note «modérée» de 75 au Canada

Il y a de temps à autre surviennent des "wake-up calls", qui sont là pour évaluer la performance et pour rappeler les pays à l'ordre.

Le Canada est dégringolé de la 11ième à la 19ième position (sur 100 pays évalués) depuis 2007, indique le nouveau rapport intitulé 2010 Global Integrity Report.

Ce rapport accorde pour 2010 une note «modérée» de 75 (sur 100) au Canada, alors qu’en 2008, il allouait 80% au gouvernement fédéral.


L’organisme Démocratie en surveillance (Democracy Watch) a indiqué que le pays devrait légiférer pour mettre fin aux dons secrets, aux cadeaux et au lobbying. La culture du silence qui frappe le Canada depuis plusieurs années est montrée du doigt: il règne un secret excessif généralisé, a-t-il été souligné. Qu'en est-il aussi des nominations partisanes, des conflits d'intérêt, des appels arbitraires à l'élection? Démocratie en surveillance souligne la nécessité de renforcer la protection des dénonciateurs et ce qui favoriserait la bonne gouvernance.

«Malgré sa réputation de constituer une des démocraties les plus propres du globe, le Canada doit faire face à des défis en matière de lutte à la corruption», peut-on lire dans ce rapport.

Le rapport indique également que le gouvernement canadien traîne de la patte en matière d'accès à l'information. Les renseignements d'intérêts publics ne sont pas fournis dans les délais requis et dans une «forme intelligible». Voilà qui devrait encourager le Canada à mieux performer dans la libération des données gouvernementales, espérons-le.

La note la plus basse qu'accorde Démocratie en surveillance au Canada est de 61, pour la mise en œuvre de la législation. Presque toutes les lois nécessaires à l'intégrité d'un système de gouvernement efficace ont été prévues au cadre juridique. Cependant, des lacunes et des failles dans les lois, et une application faible, portent atteinte au système. Ce qui justifie la faible note de 61.

La proclamation de «gouvernement ouvert» du Canada ne correspond pas à des actions transparentes. Le gouvernement du Canada a mis en place un portail de données ouvertes, annoncé le 17 mars 2011. Plus le 18 mars, il a annoncé un renforcement en gouvernement ouvert. Le contrat de licence du portail de données ouvertes comportait d'importantes failles. Les incursions récentes du Canada dans le «gouvernement ouvert » ont peu d'effet sur le secret systémique des données et les processus de prise de décision. Le 2 mai 2011, les Conservateurs ont été réélus avec une majorité, ce qui n'est pas de bon augure pour la transparence.

Pour plus d'information, consultez le communiqué du 4 mai de Democracy Watch, et visitez le site du Global Integrity Report.

25 avril 2011

Données ouvertes, nouvelle façon de faire les affaires (Banque mondiale)

Au cours de la dernière année, la Banque mondiale est devenue un chef de file de la transparence, selon le classement de la publication basée au Royaume-Uni ‘Publish What You Fund (Publiez ce que vous financez) – La campagne mondiale de transparence pour l'aide au développement’.

L'utilisation des données triplé: la Banque mondiale a publié des données supplémentaires, des outils communs de visualisation de données avec les pays, mis au point une cartographie pour l'application des résultats, développé quatre applications pour l'iPhone, ainsi qu’un nouvel outil pour le suivi des flux d'aide.

«Les données ouvertes consistent vraiment en un changement – il s’agit d’un programme de transformation - pour nous tous», a déclaré Shaida Badiee, directrice du Groupe des données de développement de la Banque mondiale. «C'est une nouvelle façon de faire des affaires, et pour réussir il faut vraiment travailler ensemble. Nous avons vu que l'impact des données ouvertes est extrêmement élevé et important pour résoudre les problèmes de développement.»

Le Groupe des données de développement maintient les principales bases de données économiques et sociales de la Banque mondiale et publie chaque année le World Development Indicators, le World Atlas de la Banque, et le Global Development Finance.

Shaida Badiee travaille en étroite collaboration avec les organismes partenaires clés sur le relèvement du profil des meilleures statistiques pour la gestion des résultats de développement, l'harmonisation des travaux statistiques, et de soutien pour le renforcement des capacités aux pays en développement.

15 octobre 2010

Tout va changer: Beyond 2010 Edmonton

À quelques jours du grand rassemblement Beyond 2010, organisé par la ville de Edmonton, en Alberta, je fredonne, pleine d’espoir, «Tout va changer», une chanson de Michel Fugain que j’écoutais quand j’étais petite.

Tout va changer ce soir
On prend un nouveau départ
La neige a blanchi le monde
Les enfants sont pleins d'espoir
Tout va changer demain
Tu n'as qu'à ouvrir les mains
Pour que de là-haut te tombent
En rafales une pluie de cadeaux
Sous un torrent d'étoiles
Demain il fera beau.

J’ose espérer que le foisonnement des idées, combiné avec la multiplication des rencontres et l’enthousiasme partagé par chacun des participants, créeront un environnement propice au développement du gouvernement 2.0 au Canada, ainsi qu’ailleurs dans le monde.

De grands esprits provenant de plusieurs continents, ayant défendu et mis de l’avant le Gouvernement 2.0, se retrouveront pour discuter et rêver de l’avenir. La Ville de Edmonton a réuni une impressionnante brochette de conférenciers dont, entre autres, le Dr Mark Drapeau − il a inventé le terme «goverati» si ma mémoire est bonne −, Carolina Millan (du Chili), Peter Hinssen (de Belgique), et Adriel Hampton (de San Francisco, États-Unis).

J’ai l’impression que quelque chose d’important pourrait se produire lors de cet événement, car plusieurs des conférenciers s’aventureront hors de leur zone de confort pour explorer des sentiers non battus.

C'est un nouveau Adriel Hampton que nous découvrirons à Beyond 2010. Il parlera de science fiction, société numérique et d'avenir de la gouvernance. Ce leader du gouvernement 2.0, déterminé à construire harmonieusement l'avenir, tentera de mobiliser les chefs d’entreprises de même que les leaders gouvernementaux, en misant sur l’imagination et la créativité comme tremplins pour solutionner des problématiques mondiales.

Ne perdons pas de vue que Beyond 2010 se déroule au Canada, un pays où l’on compte présentement sur les doigts de la main les oasis de gouvernement 2.0 (implantées uniquement au niveau municipal pour le moment).

Un «nouvel obscurantisme» sévit au Canada (de même que dans plusieurs autres pays): une tentation du secret issue de terreaux sur lesquels les appareils gouvernementaux cultivent la noirceur. Aujourd’hui, chercher à comprendre le monde est devenu une activité à risque. En effet, on risque fort de se heurter à des palissades gouvernementales infranchissables. Croyez-moi, j’y ai goûté. Le gouvernement ne fait pas confiance aux gens. Au cours des dernières années où j’ai piloté des relations gouvernementales, j’ai constaté que le gouvernement pense que chaque information va lui nuire et que les citoyens ne sont pas assez intelligents pour faire la part des choses. «On a tenu ça mort», des informations concernant les cas de grippe n'étaient pas divulguées, pouvait-on lire à propos de la censure d'information de la part du gouvernement du Québec, plus d'un an après l’avènement de la seconde vague de pandémie de A(H1N1).

J’ai cessé depuis longtemps de découper et de collectionner les articles de presse - cela était beaucoup trop démoralisant - indiquant que le chef du pays «menace la démocratie en voulant contrôler toute information en provenance des différents ministères de son gouvernement.» Quand on s’attaque à la libre circulation des idées, c’est le projet démocratique que l’on met finalement en péril. La démocratie, c’est un processus, pas un état stationnaire. Pour continuer à avancer, il faut davantage de transparence, des données et des débats ouverts.

Ce contexte est bel et bien réel au Canada. Et il constitue un énorme obstacle à l’épanouissement du gouvernement 2.0 au pays. À Beyond 2010, je m’attends à ce que notre hôtesse, la Ville de Edmonton, non seulement profite de l’occasion pour réitérer son ouverture et sa transparence, mais qu’elle se positionne également en collaboratrice et partenaire des goverati et experts du gouvernement 2.0 qui seront présents. Des villes telles que Edmonton, Toronto, Mississauga, Vancouver, Nanaimo, Ottawa, et Calgary, ayant entrepris un virage de gouvernement 2.0, ont un important rôle à jouer dans l’implantation d’une «cybergouvernance» aux paliers canadiens (fédéral et provincial). Le leadership vient d’en haut. «Leadership comes from the top». Je me réjouis que plusieurs municipalités canadiennes aient adopté une gouvernance 2.0. Toutefois, la gestion du Canada s’en porterait mieux si cette vision venait d’abord des plus hautes instances du pays. Je souhaite entendre parler de gouvernement 2.0 de la bouche des leaders gouvernementaux fédéraux et provinciaux.

«Le changement survient de l’apprentissage de nouvelles façons de faire de vieilles choses et d’en créer de nouvelles. La puissance des fleuves conversationnels au sujet de n'importe quoi et de tout accélère le changement.» (Jay Deragon, A Relationship Economy) Je compte sur la Ville de Edmonton pour faire jaillir l'énergie des «fleuves conversationnels».

Tout va changer, espérons-le.
(Je participerai à Beyond 2010, le 20 et 21 octobre 2010.)
 
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