Blogue de Lyne Robichaud

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16 juin 2011

Le gouvernement ouvert continue de stagner avec le départ de Vivek Kundra

Voici ma traduction de l'article de John F Moore publié chez GovintheLab le 16 juin 2011: "Open government continues to stall with the departure of Vivek Kundra".

Les compressions budgétaires + départs = mauvais pour le mouvement. Quel message cela envoie aux États ensevelis sous une culture du secret?

Comme d'habitude, John F Moore demeure optimiste, et trouve le moyen de transformer la situation. "It is bad in that we remain tech-focused, not organizational, strategic. This oculd be a good thing in long term", m'a-t-il dit aujourd'hui. «Il est mauvais dans ce que nous restions orientés sur la technologie, avec des lacunes en organisation et stratégies. Ceci devrait être une bonne chose, à long terme.»

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LE GOUVERNEMENT OUVERT CONTINUE DE STAGNER AVEC LE DÉPART DE VIVEK KUNDRA


En janvier, j'ai écrit un bref article expliquant pourquoi les attaques sur la transparence allait commencer. Une combinaison de mal définie ROI, la baisse des revenus conduisant à une réduction des dépenses, et les souvenirs douloureux de la décharge de câble Wikileak serait, je l'avais prédit, conduire à des pertes dans ce domaine. Cette année, nous avons vu les attaques, les gains et les pertes, de toute évidence lieu.

La valeur d'un gouvernement ouvert, le retour sur l'investissement, n'ont pas encore été clairement définis aux niveaux supérieurs de leadership. En fait, un gouvernement ouvert demeure principalement un effort axé sur la technologie, avec peu d'attention pour la plus grande image de ce qu'un gouvernement ouvert est être.

Avec une valeur mal communiquée et la technologie étant la pièce maîtresse, nous avons vu le fonds eGovernment tailladé et avons vu un flux constant de pertes de personnel au niveau des visionnaires de gouvernement ouvert aux États-Unis. Vivek Kundra, le Directeur de l'information fédéral, n'est que le dernier d'annoncer une transition de la fonction publique vers un poste à Harvard qui débutera en août, selon un communiqué de la Maison Blanche.

Nous allons probablement voir une augmentation des discussions sur l'importance d'un gouvernement ouvert, alors que nous nous dirigeons vers la fin de 2011. Les politiciens, axés sur l'élection de 2012, vont s'appuyer sur la transparence, les données ouvertes, et une efficacité accrue, dans le cadre de leurs discours de campagne et leurs promesses électorales. Cependant, si nous voulons enfin lancer un effort durable de gouvernement ouvert, nous devons d'abord reconnaître que, d'après ma définition d'un gouvernement ouvert:
Un gouvernement ouvert est une philosophie axée sur le citoyen et la stratégie qui croit les meilleurs résultats sont généralement dictés par des partenariats entre les citoyens et le gouvernement, et ce, à tous les niveaux. Un gouvernement ouvert est entièrement axé sur la réalisation des objectifs grâce à une efficacité accrue, une meilleure gestion, la transparence de l'information, et l'engagement des citoyens. Ceci s'appuie le plus souvent sur des technologies plus récentes pour atteindre les résultats souhaités. Ceci génère des approches commerciales et crée des technologies d'affaires pour le gouvernement.
Un gouvernement ouvert, cela permet d'améliorer la gestion, cela consiste en un changement culturel et organisationnel, et la technologie ne sert que de pilote, elle n'est pas l'objectif principal. Nos dirigeants doivent prendre un engagement bi-partisan envers de véritables modifications, qui soient mesurables. Ils doivent porter le gouvernement ouvert au cœur des débats et des politiques, comme une méthodologie à travers laquelle nous pouvons atteindre un gouvernement plus efficace. Si vous acceptez, s'il vous plaît, signez notre pétition et, avec suffisamment de voix à l'unisson, j'espère que nous pourrons créer des changements positifs.

Government in the Lab salue Vivek Kundra pour tout le travail qu'il a accompli, et le travail qu'il continuera de faire jusqu'à ce qu'il quitte son poste pour son nouveau rôle à Harvard. Le Directeur de l'information Vivek Kundra a dirigé les efforts pour sauver des milliards de dollars au gouvernement et a alimenté la conversation concernant le gouvernement ouvert. Nous vous remercions pour tout cela et nous réjouissons de votre travail à l'Université Harvard également.

12 juin 2011

Tunisie: 3 ministères gouvernement ouvert avant la Constituante

D'ici la Constituante, 3 ministères vont adopter le gouvernement ouvert. Le président provisoire a ratifié un décret pour convertir tous les Ministères à ce mode gouvernance transparent d'ici 2 ans. Mais le gouvernement ouvert reste tributaire de l'émergence de l'E-Citizen. Interview exclusive Tekiano de Adel Gaaloul, secrétaire d'État à la technologie.

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TUNISIE: TROIS MINISTÈRES GOUVERNEMENT OUVERT AVANT LA CONSTITUANTE
Mercredi, 8 juin 2011 07:00 -=- Propos recueillis par Mohamed Jebri --- Tekiano

Le secrétaire d'état à la technologie M. Adel Gaaloul a prononcé l'allocution d'ouverture de l'évènement TunAndroid qui a eu lieu samedi 4 juin à Sousse. Dans son discours, il a parlé de 5 axes centraux pour donner un coup de fouet au secteur des NTIC's en Tunisie. Parmi les lignes directrices, le secrétaire d'état a parlé du rôle de l'administration qui doit assurer l'aspect «transparence» dans sa relation avec le Tunisien. Après la clôture de la journée, Tekiano a eu des bribes de conversation avec M. Gaaloul, qui relevons-le, a accueilli à cœur ouvert et sans rouspéter les questions qu'on lui a posées. Aussitôt avons-nous découvert un homme humble, souriant, chaleureux, et au verbe facile. Interview garantie 100% sans langue de bois.

Tekiano: Durant votre allocution, vous avez évoqué l'introduction prochaine du gouvernement ouvert en Tunisie. Quelle date prévoyez-vous pour son lancement?

Adel Gaaloul: D'abord, il me semble important de définir la notion du gouvernement ouvert. Ce mode est relatif à la transparence de nos établissements administratifs dans le rapport qu'ils entretiennent avec le citoyen. Il vient donc renforcer la confiance entre le gouverneur et le gouverné. Je dois aussi vous rappeler qu'il s'agit d'une notion qui a été mise en œuvre très récemment dans certains pays développés. Mais puisqu'on se réjouit désormais d'un nouveau climat de liberté en Tunisie, le président provisoire a ratifié un décret selon lequel nous avons prévu une période de 2 années pour que tous nos ministères rendent publics leurs rapports financiers.

Quelles en sont les contraintes actuellement?

Il y a, certes, quelques contraintes inhérentes à l'infrastructure qui font que le gouvernement ouvert ne soit pas immédiatement mis en place. Mais au même titre, je pense qu'il faut souligner le long processus d'apprentissage par lequel doit passer le citoyen tunisien pour se familiariser avec ce concept. A mon avis, il nous faut 5 ans pour que le gouvernement ouvert aboutisse et débouche sur un rapport plus raffermi entre la société civile et son administration. Bouleverser le rapport de forces après 50 ans de dictature n'est pas aussi simple qu'on le croit. Et apprendre au citoyen tunisien de veiller lui-même sur ses intérêts et assumer entièrement ses responsabilités envers sa patrie, ça prend du temps...

Qu'en est-il des contraintes techniques ?

Le plus gros problème que nous rencontrons actuellement s'attache à l'identification des citoyens. L'implantation du gouvernement ouvert doit passer par l'attribution d'un login à chaque Tunisien afin de lui permettre de consulter les rapports de nos administrations et interagir en son nom sur le contenu. Nous n'avons pas banni la tyrannie pour donner lieu à une société d'anonymes. – Vous pouvez imaginez le volume de travail et les investissements que ça implique. Mais la bonne nouvelle c'est que le gouvernement est maintenant acculé, la décision a été prise et on ne peut pas revenir en arrière. La structure ministérielle qui sera formée à travers l'Assemblée Constituante n'a que deux années pour adhérer à ce mode de gouvernance.

Et le mot de la fin...

Ce que je peux vous promettre tout de suite, c'est que je vais mettre le projet en route avant de quitter le Ministère. D'ici l'élection de la Constituante, trois ministères vont adopter le gouvernement ouvert. Je veux également préciser que le gouvernement transitoire mise beaucoup sur le dynamisme et la vivacité de cette jeunesse qui a éjecté le dictateur et qui a fait de la Tunisie ce qu'elle est aujourd'hui...

30 novembre 2010

‘Disruptive technology’ et gov2.0: Pouquoi cette connotation négative?


Cette semaine, Gov20Radio recevait Lovisa Williams, et je me faisais une joie de l’écouter parler. Lorsque le titre de l’émission a été annoncé, j’ai trouvé cela fort étrange: ‘Disruptive technology’. De quoi s’agissait-il?

Tout d’abord, attardons-nous sur des synonymes de ‘disruptive’: disorderly, distracting, disturbing, off-base, out-of-line, out-of-order, rowdy, troublemaking, troublesome, unsettling, upsetting. En français, ce mot se traduit par «perturbateur». Il s’agit d’un mot à connotation extrêmement négative.

Si vous étiez n’importe quel employé gouvernemental, et qu’on vous présentait cette expression de «technologie perturbatrice», quelle serait votre réaction initiale? Vous reculeriez sur votre chaise. Vous auriez peur. Vous seriez rébarbatif à tout ce qui se dirait à ce sujet par la suite, et il s’inscrirait dans votre esprit une attitude rebutante face à cette nouveauté. Quelle idée épouvantable d’appeler les médias sociaux et une façon de penser de cette manière!

Cela m’étonne que cette expression se retrouve dans le vocabulaire courant d’une équipe diplomatique aussi qualifiée et influente que celle du U.S. Department of State's Public Diplomacy and Public Affairs Bureau. Hier, j’ai parlé de leur approche (constructive) de communications adaptée aux contextes sociaux, qui s’avère une stratégie gagnante.

Ce n’est qu’une apparente question de mauvais vocabulaire, et non pas un sérieux problème de fond. Car Lovisa Williams a expliqué qu’au-delà des ‘tweeting diplomats’, ‘disruptive technology’ signifiait «tout ce qui perturbe la façon dont vous pensez et comment vous travaillez».

Renversons cela en positif, et on obtient: «Tout ce qui contribue à percevoir différemment, enlever les limitations et modifier la manière dont vous travaillez».

Madame Williams a donné en exemple la messagerie texte, les vidéos ainsi que les outils multimédia. «Repenser notre façon de concevoir le travail que nous faisons, les processus, ainsi que notre mission. Perturber la nature même de la façon dont les gens font ce travail.»

Cela va donc au-delà des médias sociaux. On entre dans une forme différente de pensée. La pensée iconoclaste. Il y aurait lieu de modifier cette expression, pour valoriser davantage les efforts du U.S. Department of State.

Car ce n’est pas très courant qu’un gouvernement intègre des éléments iconoclastes dans ses processus. Habituellement, c’est le contraire: tout est une procédure, et n’importe quelle action ou projet doit s’inscrire dans cette structure rigide.

Avec la volonté d’implanter une gouvernance 2.0, on dit adieu à l’ancienne forme verticale monolithique de gestion gouvernementale. Il faut couper le plancher sous nos pieds et réinventer la manière dont s’effectue le travail et les relations avec les gens.

Le neuroscientifique Gregory Berns, dans son livre Iconoclasts, explique en quoi consiste penser différemment. Il est possible d’entraîner son cerveau à entrevoir les choses différemment et cela a un effet libérateur sur la créativité.

«Les iconoclastes sont en mesure de faire des choses que les autres disent ne peut être faites, parce que les iconoclastes perçoivent les choses différemment des autres. Cette différence de perception joue un rôle crucial dans les premières étapes d'une idée. Cela influe sur la façon dont les iconoclastes gèrent leurs craintes, et cela se manifeste dans la façon dont ils présentent leurs idées aux masses de non-iconoclastes», indique Berns.

Comment les gens différents pensent et se comportent peut s’expliquer par la façon dont fonctionne les connections dans leur cerveau. Par conséquent, alors que la plupart d'entre nous pensent que les iconoclastes sont des gens qui sont différents des autres parce qu’ils disent que des choses différentes peuvent être accomplies, Gregory Berns est plus spécifique. Il dit que le cerveau de l'iconoclaste est différent - de trois manières différentes: la perception, la réaction à la peur, et L'INTELLIGENCE SOCIALE.

Par conséquent, une pensée iconoclaste dans un contexte de gouvernement 2.0 est un atout de taille.

À la question «Avez-vous une description de tâches d’un gestionnaire de communautés?», la réponse fut entièrement de style iconoclaste. «Non. Nous ne nous limitons pas à une description en particulier. Nous essayons de ne pas mettre trop de restrictions en ce qui a trait aux personnes qui devraient être responsables d’une communauté. Il pourrait même s’agir d’une équipe de personnes, mandatées pour gérer une communauté.»

Une réponse qui démontre qu’il existe une équipe iconoclaste implantée au sein du U.S. Department of State, car selon le Dr Gregory Berns, «peu de gens possèdent les trois traits (caractéristiques d’un iconoclaste), mais par la diversification, des équipes de travail peuvent arriver à atteindre toutes les facettes (de cette façon différente de penser)».

Chassez au plus vite cette très vilaine expression de ‘disruptive technology’ de votre vocabulaire!
 
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