Blogue de Lyne Robichaud

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06 décembre 2010

La passion est l'ingrédient magique de la gestion de communautés virtuelles


Depuis sa conférence au Gravity Summit du 8 novembre dernier (voir mon billet à ce sujet: «Les politiciens s'humanisent grâce aux médias sociaux»), Adriel Hampton a parlé des gestionnaires de communautés (en ligne) dans ses émission de Gov20Radio. Il a mentionné qu'il y avait plusieurs gestionnaires de communautés au Gravity Summit, mais que la majorité d'entre eux se trouvaient dans une phase de création de leur communauté.

Adriel Hampton semble chercher à établir ce que serait un gestionnaire idéal. Il interroge ses invités, il leur demande de creuser le sujet. Cela forme un fil conducteur des deux dernières émission.

À l'émission du 28 novembre 2010, Lovisa Williams a parlé de 'disruptive technology'. J'ai établi une analogie avec la pensée iconoclaste dans ce billet «'Disruptive technology' et gov2.0», étant donné que sa définition fut «tout ce qui perturbe la façon dont vous pensez et comment vous travaillez».

La pensée iconoclaste se forge par la perception, la réaction à la peur, et L'INTELLIGENCE SOCIALE. L'intelligence sociale est la compétence d'une personne à comprendre son environnement de façon optimale et de réagir de manière appropriée pour une conduite socialement réussie.

Hier (5 décembre 2010), Gov20Radio recevait Nic Adler, propriétaire de The Roxy Theatre, une émission intitulée 'Social Strip'.

The Roxy est une boîte de nuit légendaire située sur le Sunset Strip, à West Hollywood, en Californie. The Roxy a été inauguré le 23 septembre 1973 par Elmer Valentine et Lou Adler. L'historique de The Roxy est pavée de canons de la musique. Le plancher de danse ouvert de The Roxy et ses superbes installations de son offrent aux fans (admirateurs) l'une des expériences de divertissement les plus intimes.

La page Facebook de The Roxy comporte près de 94,000 admirateurs. Leur stratégie de gestion des médias sociaux récolte un succès phénoménal, et Adriel Hampton a cherché à percer leur secret.

Nic Adler a succédé à son père Lou dans cette entreprise familiale (Ann Johansson pour le New York Time)

«La passion --- l'énergie --- le dévouement (à un projet, à un travail, à une carrière) qui mènent au succès, se retrouvent à la fois chez les utilisateurs de médias sociaux et les artistes de l'industrie de la musique», a indiqué Nic Adler.

La passion est l'énergie - affective, physique, mentale, psychique, et souvent spirituelle - qui nous pousse à concentrer nos efforts.

Ainsi, la passion est l'énergie. La question importante est, vers quelle fin cette passion est-elle dirigée?

Mais l'intention complète l'équation de la passion. C'est l'ingrédient magique qui donne à la passion sa raison d'être. Sans l'intention comme ancrage, la passion n'a pas de système de guidage interne ou externe. L'intention est l'ancre, le phare, la direction, la boussole qui nous guide pour prendre des décisions qui permettent à nos vies et nos carrières d'aller de l'avant.

Le cœur est le moteur de l'intention, et non pas l'esprit ou l'ego. Quand quelqu'un a leur cœur à son travail, le sens abonde. Il sont - et se sentent - utiles dans leur travail de même que dans le reste de leur vie.

Un étude publiée en août 2010, effectuée par Jacques Forest, Geneviève A. Mageau, Claude Sarrazin, Estelle M. Morin , à propos de la passion dans le travail, avait pour conclusion que la passion est liée à la vitalité et à l'engagement. «La passion harmonieuse est liée positivement à la santé mentale, aux trois éléments d'état psychologique optimal de flow (à savoir la concentration, le contrôle et l'expérience autotélique), à la vitalité et à l'engagement affectif. Ces relations sont partiellement explicables par la satisfaction des besoins psychologiques de base que sont l'autonomie, la compétence et l'affiliation sociale.» (Étude “Work is my passion”: The different affective, behavioural, and cognitive consequences of harmonious and obsessive passion toward work)

La passion est l'ingrédient magique de la gestion de communautés virtuelles.

Les personnes qui pensent différemment (iconoclastes) et celles qui sont passionnées par ce qu'elles font, sont sans doute susceptibles de rencontrer le succès dans leurs stratégies de gestion de communautés dans les médias sociaux.

@TheRoxy's "Sunset Strip" Twitter list
284 membres dans le pool groupe de Flickr
Près de 94,000 admirateurs, page Facebook

30 novembre 2010

‘Disruptive technology’ et gov2.0: Pouquoi cette connotation négative?


Cette semaine, Gov20Radio recevait Lovisa Williams, et je me faisais une joie de l’écouter parler. Lorsque le titre de l’émission a été annoncé, j’ai trouvé cela fort étrange: ‘Disruptive technology’. De quoi s’agissait-il?

Tout d’abord, attardons-nous sur des synonymes de ‘disruptive’: disorderly, distracting, disturbing, off-base, out-of-line, out-of-order, rowdy, troublemaking, troublesome, unsettling, upsetting. En français, ce mot se traduit par «perturbateur». Il s’agit d’un mot à connotation extrêmement négative.

Si vous étiez n’importe quel employé gouvernemental, et qu’on vous présentait cette expression de «technologie perturbatrice», quelle serait votre réaction initiale? Vous reculeriez sur votre chaise. Vous auriez peur. Vous seriez rébarbatif à tout ce qui se dirait à ce sujet par la suite, et il s’inscrirait dans votre esprit une attitude rebutante face à cette nouveauté. Quelle idée épouvantable d’appeler les médias sociaux et une façon de penser de cette manière!

Cela m’étonne que cette expression se retrouve dans le vocabulaire courant d’une équipe diplomatique aussi qualifiée et influente que celle du U.S. Department of State's Public Diplomacy and Public Affairs Bureau. Hier, j’ai parlé de leur approche (constructive) de communications adaptée aux contextes sociaux, qui s’avère une stratégie gagnante.

Ce n’est qu’une apparente question de mauvais vocabulaire, et non pas un sérieux problème de fond. Car Lovisa Williams a expliqué qu’au-delà des ‘tweeting diplomats’, ‘disruptive technology’ signifiait «tout ce qui perturbe la façon dont vous pensez et comment vous travaillez».

Renversons cela en positif, et on obtient: «Tout ce qui contribue à percevoir différemment, enlever les limitations et modifier la manière dont vous travaillez».

Madame Williams a donné en exemple la messagerie texte, les vidéos ainsi que les outils multimédia. «Repenser notre façon de concevoir le travail que nous faisons, les processus, ainsi que notre mission. Perturber la nature même de la façon dont les gens font ce travail.»

Cela va donc au-delà des médias sociaux. On entre dans une forme différente de pensée. La pensée iconoclaste. Il y aurait lieu de modifier cette expression, pour valoriser davantage les efforts du U.S. Department of State.

Car ce n’est pas très courant qu’un gouvernement intègre des éléments iconoclastes dans ses processus. Habituellement, c’est le contraire: tout est une procédure, et n’importe quelle action ou projet doit s’inscrire dans cette structure rigide.

Avec la volonté d’implanter une gouvernance 2.0, on dit adieu à l’ancienne forme verticale monolithique de gestion gouvernementale. Il faut couper le plancher sous nos pieds et réinventer la manière dont s’effectue le travail et les relations avec les gens.

Le neuroscientifique Gregory Berns, dans son livre Iconoclasts, explique en quoi consiste penser différemment. Il est possible d’entraîner son cerveau à entrevoir les choses différemment et cela a un effet libérateur sur la créativité.

«Les iconoclastes sont en mesure de faire des choses que les autres disent ne peut être faites, parce que les iconoclastes perçoivent les choses différemment des autres. Cette différence de perception joue un rôle crucial dans les premières étapes d'une idée. Cela influe sur la façon dont les iconoclastes gèrent leurs craintes, et cela se manifeste dans la façon dont ils présentent leurs idées aux masses de non-iconoclastes», indique Berns.

Comment les gens différents pensent et se comportent peut s’expliquer par la façon dont fonctionne les connections dans leur cerveau. Par conséquent, alors que la plupart d'entre nous pensent que les iconoclastes sont des gens qui sont différents des autres parce qu’ils disent que des choses différentes peuvent être accomplies, Gregory Berns est plus spécifique. Il dit que le cerveau de l'iconoclaste est différent - de trois manières différentes: la perception, la réaction à la peur, et L'INTELLIGENCE SOCIALE.

Par conséquent, une pensée iconoclaste dans un contexte de gouvernement 2.0 est un atout de taille.

À la question «Avez-vous une description de tâches d’un gestionnaire de communautés?», la réponse fut entièrement de style iconoclaste. «Non. Nous ne nous limitons pas à une description en particulier. Nous essayons de ne pas mettre trop de restrictions en ce qui a trait aux personnes qui devraient être responsables d’une communauté. Il pourrait même s’agir d’une équipe de personnes, mandatées pour gérer une communauté.»

Une réponse qui démontre qu’il existe une équipe iconoclaste implantée au sein du U.S. Department of State, car selon le Dr Gregory Berns, «peu de gens possèdent les trois traits (caractéristiques d’un iconoclaste), mais par la diversification, des équipes de travail peuvent arriver à atteindre toutes les facettes (de cette façon différente de penser)».

Chassez au plus vite cette très vilaine expression de ‘disruptive technology’ de votre vocabulaire!
 
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