Blogue de Lyne Robichaud

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05 janvier 2012

How can we drive change?

A few days ago, Johh F Moore, from Government in the Lab, asked me this question: “HOW CAN WE DRIVE CHANGE?“.

(That's a big question, John!)

Interestingly, at the same time, I was having a discussion at Edgeryders with the French experimental philosopher Michel Fillippi. He answered more or less the same thing I told John, but he used different words, he used philosopher’s words.

My answer to John --- an intuition --- was to highlight people (for instance, Edgeryders participants), and have them emerge as leaders.

Michel Fillippi's answer is to have the most numerous leaders emerge, and he explained why.

Here is what Michel Filippi told me, via the following Edgeryders status, http://edgeryders.ppa.coe.int/statuses/552):

(My translation) “We should seek for various possibilities, different leaderships. Why? The first reason behind (this method) is because it’s systemic. Every leader is to create a world, a system (as defined in the General Systems Theory). A system grows and becomes more unstable. Any system involves a becoming. Several competing systems allow individuals to engage in various futures and this prevents a system to seek its maximum state, therefore, prevents it to reach a maximum instability. Individuals must be taught not to seek unique solutions, not to aim to a state of perfection. We should also know that all creation, any system design, generates violence because a state of energy is being released, or the convening of power to make it work. Nothing is done in calmness, quietness. Therefore, (efforts should focus on) having the most numerous leaders emerge, while preventing one leader in particular from becoming dominant. (When in a process) of structuring, (it is preferable) to avoid convergence and develop even opposed themes. I think – as I have faith in philosophy -, that the debate on "Which people? Which kills, abilities, and so on?" "How the Real in which humans exist?", "What worlds are better?" What does everybody hate?" "What is a civilization?","What does 'being civilized' mean? ","For what, for whom, for what world are we willing to suffer, to die ", these are classics philosophical questions, but they are worth to be re-asked, and be explored again.“

Michel Fillippi continues:

“Yesterday, I visited an exhibition about Buckminster Fuller. There, I read a sentence in which I recognized myself, and I also recognized in it one of these blockages that you mentioned, Lyne, regarding the model. As the model is not externalized, it is not yet perceived as (being in the process) of building, therefore, the (implementing of) change is difficult. We must come to understand that our opinions, beliefs, desires, and perhaps even wishes that we consider to be the most real - a truth that comes from the core of being, the substance of our bodies, our essence itself -, are only constructions that we have absorbed without criticism, without us knowing it could become otherwise.

As for convergence, is a problem in innovation design. A trend of engineers and administrators is to converge as quickly as possible. It is a cognitive model that has been "swallowed" as truth, and indisputable as a procedure based on algorithms, mathematical. However, (it is better) at all costs, to converge as late as possible. Specifically, a design method such as C-K designed at by The School of Mines of Paris (Hatchuel), fight against convergence by using the mathematical notion of "forcing".”

In a few days, on January 9th, Edgeryders will launch its third campaign 'We the people'. One of the four missions of this campaign will focus on open government and open data. A discussion on leadership models and open government models will certainly be helpful to many of us. You are invited to participate to the Edgeryders new campaign, and in the meantime, you can also give a hand to John F Moore, by continuing the discussion on "How to drive change". http://edgeryders.ppa.coe.int/shine-some-light/mission_case/how-can-we-drive-change

01 décembre 2011

Pourquoi je crois en Edgeryders

Je réponds aux commentaires de Thanh Xian T. (de Paris, France), sur le groupe «Gouvernement ouvert» de LinkedIn.

Dans ce monde, s’accumulent la dette des pays, se déploient des guerres, s’aggravent les inégalités, l'injustice, et l'instabilité. Est-il possible d'apporter un changement réel? Est-il possible de contribuer à la résolution de grands problèmes à un niveau individuel? Je pense que oui.

Ce que je trouve formidable, c’est que les personnes du Conseil de l'Europe ayant conçu le projet Edgeryders l’ont compris, et que ces personnes s’efforcent du mieux qu'elles le peuvent en ce moment de mener à bien cette expérience collective.

Nous (la société) faisons face à de très nombreuses perturbations de toutes sortes et à beaucoup d'incertitude, ce qui signifie, je pense, que nous avons entre les mains une énorme quantité de possibilités. Ensemble, nous représentons une force qui peut exploiter une nouvelle intégrité sociale, avec des choix qui profitent au plus grand bien de tous, plutôt qu’à des individus sélectionnés.

Je crois que nous pouvons y arriver en parcourant cinq étapes:

1) Réaliser que le chaos et l'instabilité créent l’occasion pour un changement collectif.

2) Comprendre que le changement débute par une seule personne, mais s’amplifie, lorsque des groupes de personnes partagent des visions semblables.

Certains individus opèrent le changement à l’intérieur d’eux. Ensuite, lorsqu’ils communiquent leur changement et qu’ils se relient à d’autres gens ayant effectué une démarche semblable, à la fin, les choses se mettent à évoluer. Parce que c’est ainsi que cela se passe – on se débat, on expérimente, on échoue, et il survient quelque part des avancées créatives.

3) Être conscient que travailler pour le changement avec les autres peut conduire à une transition de phase.

Imaginez une transition de phase comme étant de l'eau bouillante se transformant en vapeur, ou encore un système de tempête qui éclaterait soudainement. Si un certain nombre de personnes se comportant d’une certaine façon constituent un champ unifié, lorsqu’une masse critique est atteinte, alors ce champ affecte le tout.

4) Percevoir l'instabilité et le changement comme une occasion d'être créatif, en regardant le chaos comme à travers un prisme, en se demandant, où se situe l’opportunité, pour nous, personnellement et individuellement, mais aussi collectivement?

Lorsque des leaders gouvernementaux commencent également à faire ceci, alors il émerge des possibilités.

5) Se poser ensuite les bonnes questions, afin que nous poursuivions les possibilités de changement.

Quelles sont mes compétences uniques en ce moment? Qu’est-ce qui me tient vraiment à cœur? Quelles personnes pourraient m’aider? Comment puis-je faire pour développer les bonnes relations pour moi? Existe-t-il des gens qui ont réussi à faire une différence dans cette situation?

Plus nous nous posons de ces questions, plus nous commençons à nous connecter avec d’autres personnes, plus il émerge un phénomène appelé l’intention collective – une collection de créativité émerge.

C'est ce que Edgeryders tente de faire: accompagner des gens à se poser des questions.

Il n’existe pas de situation parfaite.

Lorsque nous faisons un choix, nous changeons le futur.

Personnellement, j’ai trouvé à l'intérieur de moi ce lieu où rien n'est impossible. À travers les histoires racontées par des participants du projet Edgeryders, je découvre que d’autres personnes, éparpillées à travers le monde, ont elles aussi trouvé ce lieu. Je trouve cela absolument fascinant!

Nous n’en sommes pour le moment qu’au début de ce projet expérimental, qui se poursuivra jusqu’à la fin de mai 2012. Je me trouve extrêmement privilégiée d’en faire partie. Je suis persuadée qu’il émergera de cette expérience de nombreuses possibilités. Je donne la chance au coureur.

27 août 2011

Changement de culture et voix du Québec

Ces vingt derniers jours, je n'ai pas blogué. Je suis plus silencieuse que d'habitude (même que j'ai perdu un point Klout ces trois dernières semaines). Le rejet du projet Gouvernement ouvert et Francophonie par IDÉtr, et leur refus de me rencontrer en personne, m'ont considérablement ébranlée.

Ma semaine du 22 août a été parsemée de plusieurs éléments qui ont attiré mon attention, que je partage avec vous.

J’ai noté un petit geste de l’équipe @GautrinWeb2, que j'interprète comme une amorce de changement de culture, ce qui permet d’entrevoir avec espoir que le Québec est en VOIE d’affirmer sa VOIX (en matière de gouvernement ouvert). Et aussi de trouver prochainement une solution à mon dossier. Espérons-le!

ESPOIR ET OPTIMISME, LE LEGS DE JACK LAYTON
Tout d'abord, je désire souligner le départ d'un grand politicien, qui laisse un vide dans le paysage politique canadien. «En travaillant pour le changement on peu effectivement provoquer le changement. L’espoir est meilleur que la peur. Gardons espoir et restons optimistes. Et nous changerons le monde». Jack Layton, le chef de l’Opposition du Canada, a écrit ces encouragements dans une lettre d'adieu deux jours avant son décès. Cette lettre a bouleversé des milliers de citoyens, moi y compris. Cette lettre demeurera gravée dans le cœur des Canadiennes et des Canadiens. J’ai appris l’annonce du décès de Jack Layton lundi matin, en surfant dans les médias sociaux sur mon iPhone, de retour d’une rencontre avec le député de Maskinongé. Les funérailles nationales de Jack Layton ont été célébrées ce samedi après-midi (27 août), au Roy Thomson Hall, une salle de spectacles de Toronto (Ontario).

INTERVENTION DU DÉPUTÉ DE MASKINONGÉ
J’essaie toujours d’obtenir un appui des autorités québécoises au projet Gouvernement ouvert et Francophonie, malgré une décision défavorable de Innovation et développement des affaires de la Ville de Trois-Rivières (IDÉtr). J’ai demandé une révision de leur décision, et le directeur général de IDÉtr a souhaité prendre auparavant conseil auprès de la députée de Trois-Rivières. Mme Danielle St-Amand a transféré le dossier au député Jean-Paul Diamond, député de Maskinongé, le 16 août. Puisque IDÉtr ni la députée de Trois-Rivières ne m’ont accordé de rencontre (IDÉtr a pris une décision sans même m'interroger et me permettre de répondre à leurs questions), j’étais vraiment contente que Jean-Paul Diamond accepte de me parler en personne le 22 août dernier.

Mon objectif de rencontre avec le député de Maskinongé est de trouver une solution de démarrage du projet international de déploiement du gouvernement ouvert à travers la Francophonie.

M. Diamond a indiqué qu’il acceptait de s’occuper de ce dossier.

J’espère qu’il se créera rapidement une sorte de tandem entre M. Diamond et le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Henri-François Gautrin, qui pilote depuis octobre 2010 une analyse en cours sur le potentiel du Web 2.0. Le rapport final de cette analyse est attendu le 15 décembre 2011.

Le projet Gouvernement ouvert et Francophonie a été présenté il y a sept mois au gouvernement du Québec en février 2011. Il reste encore quatre mois avant le dépôt du rapport final de Henri-François Gautrin. Comment faire pour accommoder le démarrage de ce projet, avant la fin de l'année?

Pour le moment, aucune solution n'a encore été proposée, mais je tiens à souligner les efforts de messieurs Diamond/Gautrin pour tenter d'en trouver.

LA COLOMBIE-BRITANNIQUE EXPÉRIMENTE AVEC UN NOUVEAU TYPE DE LEADERSHIP
Pendant que les mois s’écoulent et que je demeure dans l’attente d’un engagement de la part du gouvernement du Québec (depuis le début de l’année), Christie Clark a eu le temps d’être élue à la tête du gouvernement de la Colombie-Britannique, déclarer son intention de devenir la première ministre la plus branchée au Canada, déclarer l’implantation d’un gouvernement ouvert, (entre autres) lancer la première plate-forme provinciale de données ouvertes avec un nombre impressionnant d’ensembles de données (juillet 2011) et produire cette remarquable vidéo sur le gouvernement ouvert (http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=3pq6V40uQYY#).

Cette semaine, le chevronné @fusedlogic a reçu Stephanie Cadieux, la ministre du Travail, des Services aux citoyens et du Gouvernement ouvert à l’émission Gov2TV. L’hôte de cette émission est Walter Schwabe. Il parcourt le monde pour découvrir comment le gouvernement utilise la technologie en ligne et l'Internet pour devenir plus transparent, efficace et réactif.

L’éditeur de gouvernement ouvert de O’Reilly Media, Alex Howard alias @digiphile a gazouillé cette déclaration de la ministre Cadieux: "To tackle problems, we need to engage the hearts, the souls, the minds of the smartest people" --- «pour s'attaquer aux problèmes, nous devons engager les cœurs, âmes, et esprits des personnes les plus intelligentes». Voir le billet de @digiphile à ce sujet: http://radar.oreilly.com/2011/07/british-columbia-open-government-data.html.

Avec cette déclaration, je trouve que la Colombie-Britannique se rapproche d'un style de soul of leadership, approprié dans un contexte de gouvernement ouvert. La Colombie-Britannique commence à décoder l'alchimie du cœur et d'un grand leadership.

Un véritable leadership commence au niveau spirituel. Il ne s'agit pas de popularité, de puissance ou d'entassement des profits, mais de réussir à parvenir à écarter l'égo de la route afin que les personnes qui composent une organisation puissent servir le plus grand bien. Une femme ministre, et de surcroît une personne en fauteuil roulant, a peut-être davantage de conscience et de chances d'exercer ce type de leadership?

Un accident de voiture à l'âge de 18 ans a changé le cours de sa vie. «J'ai les mêmes rêves que tout le monde, les mêmes chagrins... Sauf que j'utilise un autre mode de locomotion», a indiqué Mme Cadieux. Cette autre façon de se déplacer lui a permis de développer son cerveau pour penser autrement, ce qui pourrait expliquer qu'elle puisse envisager de diriger autrement.

«Dans notre monde toujours plus interconnecté, nous avons appris que ni le gouvernement ni le secteur privé peuvent trouver seuls des solutions aux problèmes. Nous devons travailler en partenariat et nous devons «gérer avec l'âme» pour atteindre nos objectifs communs», indique Deepak Chopra dans son récent livre.

Cette déclaration de la ministre Cadieux contraste avec la réponse que j'ai reçue de IDÉtr. On m'a dit que je suis «trop bonne». Il s'agirait d'une des raisons du rejet de mon projet.

LA RÉPONSE DE LA CHEF DE L’OPPOSITION
Le 23 août, j’ai assisté à Trois-Rivières à la première assemblée citoyenne organisée par le Parti Québécois. Mme Marois a dit qu’elle souhaitait «redonner de l’intégrité au gouvernement, en faisant le ménage des institutions gouvernementales ce qui devrait redonner de la confiance aux citoyens, en éliminant la bureaucratie et le dédoublement des structures.» Tout cela pourrait être atteint par le biais d’un gouvernement ouvert. J’ai demandé à la chef de l’opposition, Pauline Marois, d’aller plus loin dans ses réflexions, en adoptant la philosophie du gouvernement ouvert. Elle a répondu qu’il «ne faut pas négliger ces questions, mais que cela prendra une révolution». Il y a lieu d’espérer que le Parti Québécois développe une approche de gouvernement ouvert et qu’aient lieu des interventions de membres de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale cet automne, en lien avec le mandat d’analyse sur le potentiel du Web 2.0.

AMORCE VERS UN CHANGEMENT DE CULTURE, ET LA «VOIX» DU QUÉBEC
Visitez, commentez, suggérez des idées et votez pour des idées http://www.consultationgautrinweb2.gouv.qc.ca.

Le vent tournerait-il? Il y a lieu de le croire.

Premièrement, on m’a accordé une audience. Le député de Maskinongé à accepté de me rencontrer le 22 août, et a dit qu’il allait se pencher sur mon dossier. Une fenêtre de collaboration pourrait s’ouvrir.

Deuxièmement, l’équipe Gautrin commence à reconnaître les initiatives de citoyens. En fin d’après-midi, vendredi (26 août), l’équipe @GautrinWeb2 a gazouillé ceci, à @CapitaleOuverte: «Bravo pour votre initiative et votre engagement!»
(http://twitter.com/#!/GautrinWeb2/status/107146160023670784)

Je considère que ces félicitations sont une marque de reconnaissance des efforts d’un "grass-roots movement" déployés par des citoyens, pour que la Ville de Québec libère ses données. Cela pourrait être lu comme étant un pas vers le «changement complet des mentalités», qui est nécessaire à l’articulation d’un gouvernement ouvert, a déclaré Henri-François Gautrin, dans un reportage du 9 août de la SRC à propos de son mandat d’analyse.

En mode veille, être à l’écoute signifie s’efforcer d’aller au-delà des attentes, afin de créer un environnement propice à l’évolution. Se contenter de recueillir les idées sur la plate-forme de consultation, ce n’est pas suffisant. Les citoyens le font sentir depuis le début de la mise en ligne de la consultation publique, dans leurs commentaires et gazouillis.

Une démonstration de reconnaissance constitue un excellent point de départ.

Celles et ceux qui suivent avec intérêt les travaux de l’équipe Gautrin espèrent qu’une stratégie, un plan d’action, ou des éléments de vision, leur soient dévoilés, d’ici au 15 décembre prochain. Quelque chose - quelque espoir - à quoi s’accrocher, qui permette d’entrevoir vers quoi s’enligne la vision de Henri-François Gautrin.

La «voix» d'une organisation est révélatrice de sa culture. La culture organisationnelle, dans le domaine des études organisationnelles et de la gestion, est décrite comme étant la psychologie, les attitudes, les expériences, les croyances et les valeurs (valeurs personnelles et culturelles) d'une organisation. La culture organisationnelle est définie aussi comme «la collecte spécifique des valeurs et des normes partagées par les personnes et les groupes dans une organisation et qui contrôlent la façon dont ils interagissent les uns avec les autres et avec les intervenants à l’extérieur de l'organisation.»

Veuillez noter que cette définition met l'accent sur la façon dont les personnes interagissent les unes avec les autres ainsi qu’avec les intervenants extérieurs à l'organisation. L'interaction entre les gens est en grande partie facilitée par les communications. Les communications se traduisent par des attitudes, des actions et le ton des conversations. De nos jours, les attitudes, gestes et ton des conversations sont devenus «open source», alimentés par la puissance des médias sociaux.

Les gens (pour un gouvernement, des employés, des citoyens) consistent en la puissance de toute organisation, et à moins d’être investis d’empowerment individuel, ces gens se sentent impuissants.

Unifiés autour d’une cause, d’une mission ou d’un objectif commun, des personnes peuvent et vont faire des choses hors du commun. Des choses peu fréquentes - telles que vaincre l'impossible, explorer l’inattendu et sortir hors du cadre, de ce qui n’est pas planifié -, de ces choses, en marge de situations rares, survient l'innovation.

Je considère que davantage de communication ferait le plus grand bien à tout le monde, en ce qui concerne le projet GautrinWeb2. J’ai proposé trois axes simples à développer à M. Gautrin cette semaine.

Le premier ministre Jean Charest a initié une démarche, en octobre 2010, en confiant un mandat d’analyse à Henri-François Gautrin. Le premier ministre est directement responsable des dossiers jeunesse. Des communiqués fréquents d’ici à la fin de l’année seraient souhaitables.

Si les dirigeants gouvernementaux ne parviennent pas d'abord à changer leur propre culture (ou pour reprendre les mots de Henri-François Gautrin, à instaurer un «changement complet des mentalités»), ils ne parviendront pas à puiser dans les «open source» de la culture des médias sociaux. Tenter de le faire, sans préalablement modifier leur propre culture, est une voie vers l'échec.

Par conséquent, des démonstrations tangibles de changement de culture sont souhaitables, dès maintenant.

Par ailleurs, la «voix» du Québec doit s’affirmer au cours des prochains mois, notamment par:
- La mobilisation des citoyens à participer à l’analyse sur le potentiel du Web 2.0 et à collaborer avec le gouvernement;
- La mobilisation de ses propres institutions gouvernementales, ainsi que la mobilisation des municipalités du Québec, à s’engager dans une démarche conduisant à la libération des données et à l’adoption d’une gouvernance ouverte;
- Se rallier aux autres gouvernements déjà engagés dans cette voie dans l’espace canadien;
- La mobilisation des pays ayant le français en partage en leur proposant d’adopter le gouvernement ouvert comme mode privilégié de gouvernance (via le projet Gouvernement ouvert et Francophonie);
- Se rallier aux autres gouvernements à travers le monde, notamment en développant un volet complémentaire francophone au Open Government Partnership.

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DERNIÈRE HEURE --- 8 septembre 2011
RÉPONSE FINALE DU GOUVERNEMENT
Le député de Maskinongé, Jean-Paul Diamond, a répondu le 1er septembre 2011 ceci: "Il n'y a pas de solutions. Il n'existe rien au gouvernement du Québec qui permette de démarrer ce projet".

21 juin 2011

Lettre à François Legault: La philosophie du gouvernement ouvert

Un grand merci, M. Legault, d'avoir accepté de vous prêter à l'exercice de lecture de mon billet portant sur le gouvernement ouvert, que Mario Asselin vous a proposé, lors de votre rencontre en personne avec lui. (Voir mon billet à ce sujet, en français; en anglais)

J'espère sincèrement que les questions de données ouvertes et de gouvernement ouvert vous intéressent, et que vous vous préparez à poser des gestes percutants dans ce domaine.

Objectif
Mon objectif est que le gouvernement du Québec se transforme prochainement en gouvernement ouvert, que l'ensemble des composantes gouvernementales adopte la philosophie du gouvernement ouvert.

Définition du gouvernement ouvert
Mon collègue de Government in the Lab, John F Moore, définit ainsi le gouvernement ouvert:
Une philosophie axée sur le citoyen et une stratégie selon laquelle les meilleurs résultats sont généralement le fruit de partenariats entre les citoyens et le gouvernement, et ce à tous les niveaux. Cette philosophie est entièrement orientée vers la réalisation des objectifs grâce à une efficacité accrue, une meilleure gestion, la transparence de l'information et l'engagement des citoyens, et mettant le plus souvent à profit les technologies nouvelles pour atteindre les résultats souhaités. Il s'agit d'apporter au gouvernement des technologies et des approches inspirées du monde des affaires.
D'abord, une question de leadership
Pour qu'il y ait un gouvernement ouvert, cela prend d'abord et avant tout du LEADERSHIP. Un leadership très fort.

Lors de sa première journée de gouverne, le président Barack Obama a signé le Mémorandum sur la transparence et le gouvernement ouvert (Memorandum on Transparency and Open Government), appelant à «un niveau sans précédant de transparence du gouvernement» et à la création d'institutions publiques régies par les valeurs de transparence, participation du public et collaboration. Ce fut une des toutes premières choses, un des premiers gestes, qu'il a posé en tant que président des États-Unis. (Voir Memorandum for the Heads of Executive Departments and Agencies, Transparency and Open Government, 21 janvier 2009)

En septembre 2010, le président Barack Obama a donné un élan au mouvement international au gouvernement ouvert, lorsqu'il a invité chaque nation à «rendre le gouvernement plus ouvert et plus responsable.» Le président a exhorté les pays de l'Organisation des Nations Unies à «parvenir à des engagements spécifiques visant à promouvoir la transparence; à lutter contre la corruption; à dynamiser l'engagement civique; et à exploiter les nouvelles technologies afin que nous renforcions les fondements de la liberté dans nos propres pays, tout en vivant à la hauteur des idéaux qui peuvent éclairer le monde». (Remarks by the President to the General Assembly, New York, NY, 23 septembre 2010.)

C'est cela, un leadership fort... C'est poser des gestes symboliques, et avoir le discours qui va avec.

Comment reconnaît-on un leader de gouvernement ouvert?
Je suis persuadée que vous possédez les COMPÉTENCES ESSENTIELLES d'un bon leader de gouvernement ouvert, qui sont:

- CAPACITÉ DE BÂTIR DES CONSENSUS. Le gouvernement ouvert est le dernier cri en matière de destruction de silos, nécessitant une coordination entre les propriétaires d'entreprises, les décideurs politiques, les avocats et les affaires publiques. Sans de fortes compétences de bâtisseur de consensus, un leader en gouvernement ouvert ne génère pas de succès.

- CAPACITÉ DE RÉSOLUTION DE PROBLÈMES. Le gouvernement ouvert est une méthode, pas seulement un ensemble d'outils. La résolution de problèmes doit permettre de disséquer les affaires de l'institution gouvernementale, afin d'être en mesure de comprendre où la participation, la collaboration et la transparence, apportent de la valeur aux opérations de l'appareil gouvernemental. Le leader capable de résoudre des problèmes en gouvernement ouvert est un innovateur et cette personne embrasse ce genre de solutions.

- PENSEUR / ANALYSTE DES SYSTÈMES. En mesure de percevoir comment les méthodes d'injection de gouvernement ouvert dans les affaires des institutions gouvernementales peuvent être liées à des mesures de mission/performance axées sur les résultats. Les dirigeants et leaders en gouvernement ouvert comprennent comment les affaires fonctionnent et sont en mesure de démontrer comment faire pour être axé sur les citoyens et orienté vers le public.

- QUI S'Y CONNAÎT EN INFORMATION. Puisqu'un gouvernement ouvert est associé à des données / informations, un leader en gouvernement ouvert devrait être familier avec la multitude de règles et de règlements qui vont de pair avec l'information (ce qu'on appelle communément la «paperasserie», qualité de l'information, gestion des documents, règles de respect de la vie privée et de confidentialité, etc.). Savoir où aller pour aborder et régler ces questions.

- AGENT DE CHANGEMENT. Les dirigeants ou leaders de gouvernement ouvert doivent être capables d'agir en agents de changement.

- COMPRÉHENSION DE LA CULTURE DE L'INNOVATION. Les dirigeants ou leaders de gouvernement ouvert doivent favoriser une culture de l'innovation où l'échec est autorisé, où l'innovation est récompensée, et où les gens viennent travailler prêts à faire leur travail OUVERTEMENT.

- CAPACITÉ D'ÉCOUTE. Il faut mettre l'accent sur ce que signifie vraiment être sensible [à l'écoute et ouvert]. Certains dirigeants peuvent avoir des idées préconçues sur la réactivité qui ne correspondent pas nécessairement avec ce que le public comprend / juge approprié comme signification de ce concept.

- CAPACITÉ DE SENSIBILISATION ET DE MOBILISATION. Un leader en gouvernement ouvert doit comprendre quel est leur public-cible [audience] et examiner les données du marché de la même manière que le secteur privé connaît son marché. Se contenter de publier des informations et espérer que les gens viendront participer n'est pas suffisant. Il doit y avoir une sensibilisation active pour encourager le cycle de partage de l'information et permettre une rétroaction. Par ailleurs, le gouvernement ouvert doit être considéré comme un puissant outil éducatif, conçu non seulement pour inciter à participer, mais aussi pour informer l'ensemble des citoyens.

Au cœur de tout
Un gouvernement ouvert, ce n'est surtout pas uniquement qu'une question de technologie. Adopter une approche stratégique devrait être la pierre angulaire de toute initiative. Et par ailleurs, un gouvernement ouvert devrait être au cœur de tout ce que fait un gouvernement ou une administration publique.

Pourquoi? Parce qu'un gouvernement devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques devraient être transparents. L'ouverture donne aux citoyens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie, et comment y participer.

Dans un contexte de gouvernement ouvert, il faut toujours se demander si la législation permet la participation active et constructive, en utilisant les capacités et l’enthousiasme des citoyens, pour le bien collectif. Il ne suffit pas de simplement jeter aux citoyens un problème sur Facebook ou Twitter. Un processus doit être conçu pour compléter l'outil de gouvernement ouvert, qui assure une participation significative et gérable pour les fonctionnaires et le public.

Un gouvernement ouvert est une philosophie. Pour les gens du gouvernement, cela signifie que le gouvernement ouvert doit devenir un mode de vie, en le gardant constamment en tête - comme un fonds d'écran dans l'esprit - et en l'incorporant dans chacun des gestes posés.

M. Legault, si vous, et la Coalition pour l'avenir du Québec, adoptez la philosophie du gouvernement ouvert, vous enclencherez un très important processus de leadership transformationnel.

Mon collègue John F Moore et moi-même, de Government in the Lab, demeurons à votre disposition.

28 octobre 2010

La diversité détermine l’adaptation au changement (Empire Avenue)

Il faut de tout pour faire un monde. La diversité est la clé de l’évolution humaine. D’un point de vue scientifique, nous savons que le maintien de la diversité génétique détermine la capacité d’une population à s’adapter aux changements futurs.

Ce même principe s’applique à l’évolution de micro-systèmes, tels que celui de Empire Avenue. Cela prend de la diversité pour qu’un système évolue, et il faut l’encourager et veiller à sa conservation.

L’étude des populations/variétés permet de:
(1) comprendre le rôle des mécanismes naturels et des pratiques de gestion des acteurs dans l’évolution des populations/variétés conduites en gestion dynamique;
(2) identifier des pratiques de gestion et des conditions de culture qui permettent la conservation de la diversité et le maintien du potentiel évolutif dans un réseau d’échanges.

J’entrevois quatre axes de recherche:
1. Comprendre les mécanismes évolutifs à l’origine de la différenciation des populations;
2. Étudier un système de gestion et analyser le lien entre les pratiques de gestion et la diversité;
3. Co-construire avec les utilisateurs des programmes de diversification des populations;
4. Étudier l’impact et mesurer la diversité.

Duleepa Wijayawardhana

La semaine dernière, Duleepa Wijayawardhana, CEO de Empire Avenue, était conférencier au colloque Beyond 2010 Edmonton. Il a indiqué que Empire Avenue connaissait beaucoup plus de succès auprès des utilisateurs que ce qui a été fixé dans les prévisions des concepteurs. Environ le tiers des projets prévus ont été complétés jusqu’à présent, a expliqué «Dups» (avec un nom aussi compliqué, tout le monde se replie sur son surnom).

Je ne souhaite aucunement critiquer le travail admirable des gestionnaires de Empire Avenue. Tout le monde fait de son mieux, j’en suis convaincue. Cependant, je pense qu’il est important de prendre une pause de réflexion et d’essayer d’analyser ce qui s’est passé cette semaine. Plusieurs super-utilisateurs de Empire Avenue ont complètement décroché et ont supprimé leur compte d’utilisateur. Ce fut le cas notamment pour Javier Lopez Agudelo (e)JAVI1, Darcy Kieran (e)SCUBA et @Dragon_flaming:}~ (e)SLEEP. Nous avons assisté à une sorte de suicide collectif. Et ceci n’est pas une protestation anodine, car (e)SLEEP occupait la première position mondiale (Top People Shares). Ces trois personnes occupaient également des fonctions d'administrateurs d'une communauté (The Dragon's Cave).

Lorsque le principal utilisateur décroche, cela envoie un message négatif et risque d’entacher la réputation du système.

Cela me déçoit beaucoup que ces deuils coïncident avec une dynamique particulièrement positive qui s'est développée par le biais de l'événement Beyond2010 à Edmonton. Le directeur IT de la Ville de Edmonton, Jordan Hodges@jordanshodges (e)JORDNH s'est penché sur le phénomène des connexions dans son blogue Alifeintheday: Connections (#Beyond2010, #EAv, #tweetups).

Cet élément de son billet a attiré mon attention: "After the tweetup as we were saying our goodbyes Pam Broviak (@pbroviak made an insightful comment. She said that when we have social media connections with people and we have to say goodbye, it isn't ever really goodbye since we already have an ongoing relationship. This was the first time in my life that a goodbye wasnt such a permanent thing." Ceci démontre l'épaisseur (la profondeur) des liens/relations qui se créent grâce à Empire Avenue. Nous nous sentons si près des gens que nous y côtoyons qu'ils occupent en permanence une place dans notre esprit. Lorsque nous les rencontrons en personnes, nous nous sentons bien en leur présence, et nous savons qu'ils seront encore présents à nos côtés le lendemain et tous les surlendemains.

Il est survenu de très nombreuses rencontres en personne à Edmonton la semaine dernière. Les gens ne se sont pas contentés de se serrer la main. Ils ont fait des activités ensemble. Le groupe The Cabal s'est réuni (photo de (e)ADRIEL). Il y a eu une visite dans un parc Jurassique (voir aussi cette photo du chapeau de (e)RANGER et que dire de (e)ADRIEL en train d'éclore dans un oeuf!), un déjeuner chez Cora, une visite d'édifices gouvernementaux (voir aussi cette incroyable photo de (e)ALLIE d'une réflexion dans un miroir), une soirée tweet-up (voir également cette photo de (e)ALLIE et (e)RANGER), et j'en passe. Moi aussi j'ai eu le bonheur d'apprécier les rencontres que j'ai eues, notamment avec Adriel Hampton et Jordan Hodges. Tous ces moments privilégiés, agréables, en bonne compagnie, cela forge des souvenirs inoubliables et contribue à la consolidation de relations durables et solides. Et tout cela est arrivé notamment grâce à Empire Avenue.

Il y a quelques semaines, j’ai demandé un «prêt bancaire» à Dups à titre de 'first follower' de (e)SLEEP et administratrice de la Cave. Cette communauté compte plus de 210 membres, et pour leur parler - pour arriver à gérer avec efficacité des communications de masse - je suis obligée d'acheter (à titre personnel) de leurs actions. La semaine dernière, j'ai rencontré Dups en personne à Edmonton (à Beyond2010), et je lui ai formulé par la suite une demande par écrit de développement d’outils, qui favoriserait l'épanouissement des communautés dans Empire Avenue.

La section «Rewards» commence tranquillement à se garnir dans Empire Avenue.

J’ignore en quoi consiste le plan d’affaires de Empire Avenue, mais je vous avoue que je brûle d’envie de le lire et de l’éplucher de A à Z. Cela me ferait de la bonne lecture de chevet! Y a-t-il quelque chose de prévu dans ce plan-là qui viendrait appuyer l’évolution de la diversité des utilisateurs et des communautés, et aiderait à la maintenir? Et si oui, à quel moment cela arrivera-t-il? Serait-il possible de se pencher sur ces éléments dès aujourd’hui?

À la demande de (e)SLEEP, je reprends le flambeau de la communauté qu’elle a créée: The Dragon’s Cave. L’équipe d’administrateurs a décidé de changer de nom. Nous nous appelons désormais The Phoenix’s Nest. Nous occupons la seconde place en termes de popularité parmi l’ensemble des communautés de Empire Avenue.

Cela ne m’intéresse pas de partager éventuellement le même sort que la dragonne: je n’ai nulle envie de supprimer mon identité sur Empire Avenue. Je n’ai pas envie non plus de me brûler et de ployer sous le poids de la tâche. Adriel Hampton (e)ADRIEL m'a confié ceci: "The level of effort she was exerting was unsustainable. I know from experience."

Je considère que le départ massif des super-utilisateurs survenu cette semaine est un véritable gâchis, une déplorable perte de talents et d’énergie. Ces utilisateurs sont de vraies personnes: ces êtres humains ont contribué à l’enrichissement des maillons de réseautage tissés via Empire Avenue. De nombreux utilisateurs de Empire Avenue ont ressenti un sentiment de vide après leur départ. J’ai passé une journée à répondre à une centaine de demandes d’information à leur sujet, sur toutes les plates-formes de médias sociaux, en privé et en public. Ces super-utilisateurs perdus sont des personnes uniques et merveilleuses. Ces personnes ne peuvent être remplacées dans la toile du réseautage de Empire Avenue.

Y aurait-il moyen de faire une place, dans les plans de développement à court terme de Empire Avenue, pour des outils d’entraide qui auraient pour but de prêter main forte aux super-utilisateurs à la tête des communautés? Comment faire pour épauler les super-utilisateurs et favoriser l'épanouissement des liens de réseautage? Qu'est-ce qui pourrait être entrepris dès maintenant, à moyen et à long terme?

15 octobre 2010

Tout va changer: Beyond 2010 Edmonton

À quelques jours du grand rassemblement Beyond 2010, organisé par la ville de Edmonton, en Alberta, je fredonne, pleine d’espoir, «Tout va changer», une chanson de Michel Fugain que j’écoutais quand j’étais petite.

Tout va changer ce soir
On prend un nouveau départ
La neige a blanchi le monde
Les enfants sont pleins d'espoir
Tout va changer demain
Tu n'as qu'à ouvrir les mains
Pour que de là-haut te tombent
En rafales une pluie de cadeaux
Sous un torrent d'étoiles
Demain il fera beau.

J’ose espérer que le foisonnement des idées, combiné avec la multiplication des rencontres et l’enthousiasme partagé par chacun des participants, créeront un environnement propice au développement du gouvernement 2.0 au Canada, ainsi qu’ailleurs dans le monde.

De grands esprits provenant de plusieurs continents, ayant défendu et mis de l’avant le Gouvernement 2.0, se retrouveront pour discuter et rêver de l’avenir. La Ville de Edmonton a réuni une impressionnante brochette de conférenciers dont, entre autres, le Dr Mark Drapeau − il a inventé le terme «goverati» si ma mémoire est bonne −, Carolina Millan (du Chili), Peter Hinssen (de Belgique), et Adriel Hampton (de San Francisco, États-Unis).

J’ai l’impression que quelque chose d’important pourrait se produire lors de cet événement, car plusieurs des conférenciers s’aventureront hors de leur zone de confort pour explorer des sentiers non battus.

C'est un nouveau Adriel Hampton que nous découvrirons à Beyond 2010. Il parlera de science fiction, société numérique et d'avenir de la gouvernance. Ce leader du gouvernement 2.0, déterminé à construire harmonieusement l'avenir, tentera de mobiliser les chefs d’entreprises de même que les leaders gouvernementaux, en misant sur l’imagination et la créativité comme tremplins pour solutionner des problématiques mondiales.

Ne perdons pas de vue que Beyond 2010 se déroule au Canada, un pays où l’on compte présentement sur les doigts de la main les oasis de gouvernement 2.0 (implantées uniquement au niveau municipal pour le moment).

Un «nouvel obscurantisme» sévit au Canada (de même que dans plusieurs autres pays): une tentation du secret issue de terreaux sur lesquels les appareils gouvernementaux cultivent la noirceur. Aujourd’hui, chercher à comprendre le monde est devenu une activité à risque. En effet, on risque fort de se heurter à des palissades gouvernementales infranchissables. Croyez-moi, j’y ai goûté. Le gouvernement ne fait pas confiance aux gens. Au cours des dernières années où j’ai piloté des relations gouvernementales, j’ai constaté que le gouvernement pense que chaque information va lui nuire et que les citoyens ne sont pas assez intelligents pour faire la part des choses. «On a tenu ça mort», des informations concernant les cas de grippe n'étaient pas divulguées, pouvait-on lire à propos de la censure d'information de la part du gouvernement du Québec, plus d'un an après l’avènement de la seconde vague de pandémie de A(H1N1).

J’ai cessé depuis longtemps de découper et de collectionner les articles de presse - cela était beaucoup trop démoralisant - indiquant que le chef du pays «menace la démocratie en voulant contrôler toute information en provenance des différents ministères de son gouvernement.» Quand on s’attaque à la libre circulation des idées, c’est le projet démocratique que l’on met finalement en péril. La démocratie, c’est un processus, pas un état stationnaire. Pour continuer à avancer, il faut davantage de transparence, des données et des débats ouverts.

Ce contexte est bel et bien réel au Canada. Et il constitue un énorme obstacle à l’épanouissement du gouvernement 2.0 au pays. À Beyond 2010, je m’attends à ce que notre hôtesse, la Ville de Edmonton, non seulement profite de l’occasion pour réitérer son ouverture et sa transparence, mais qu’elle se positionne également en collaboratrice et partenaire des goverati et experts du gouvernement 2.0 qui seront présents. Des villes telles que Edmonton, Toronto, Mississauga, Vancouver, Nanaimo, Ottawa, et Calgary, ayant entrepris un virage de gouvernement 2.0, ont un important rôle à jouer dans l’implantation d’une «cybergouvernance» aux paliers canadiens (fédéral et provincial). Le leadership vient d’en haut. «Leadership comes from the top». Je me réjouis que plusieurs municipalités canadiennes aient adopté une gouvernance 2.0. Toutefois, la gestion du Canada s’en porterait mieux si cette vision venait d’abord des plus hautes instances du pays. Je souhaite entendre parler de gouvernement 2.0 de la bouche des leaders gouvernementaux fédéraux et provinciaux.

«Le changement survient de l’apprentissage de nouvelles façons de faire de vieilles choses et d’en créer de nouvelles. La puissance des fleuves conversationnels au sujet de n'importe quoi et de tout accélère le changement.» (Jay Deragon, A Relationship Economy) Je compte sur la Ville de Edmonton pour faire jaillir l'énergie des «fleuves conversationnels».

Tout va changer, espérons-le.
(Je participerai à Beyond 2010, le 20 et 21 octobre 2010.)

07 juin 2010

Agent de changement?

Depuis ce printemps, je fréquente la Maison des familles Chemin-du-Roy, histoire de socialiser un peu avec d’autres parents. Une intervenante sociale m’a qualifiée «d’agent de changement». Cela m’a fait réfléchir...

En quoi suis-je un «agent de changement»?

J'ai réalisé que je soutiens, et que je provoque le changement.

Je me passionne pour le changement, je transmets mon enthousiasme aux autres et j’assure des responsabilités majeures dans sa conception et son application.

Je possède la faculté d'alimenter des débats, et d'être à l'écoute des autres.

Je possède la capacité d'assurer une courroie de transmission entre des décideurs et une communauté de citoyens.

J’anticipe le changement et valorise les ressources existantes pour réagir plus rapidement.

Je m'arme d'objectifs d'innovation, de création. Mes forces sont la réaction, la vitesse et la souplesse.

Je suis meneur d'hommes vers des modifications à créer, en attribuant à chacun ses mérites respectifs et en acceptant les autres avec leurs qualités ainsi que leurs défauts.

J’ai toujours misé sur la transparence et je ne fait pas de rétention d'informations, sauf en cas de nécessité absolue.

J’aime m’entourer de personnes ayant l'instinct du futur, et je leur fait sentir la nécessité du changement, en créant la confiance.

De 2006 à 2010, j’ai piloté le projet Zonegrippeaviaire.com (prévenir l'inévitable par l’empowerment des gens), probablement le premier projet de collaboration gouvernement / médias sociaux déposé officiellement auprès du gouvernement du Québec. Le gouvernement du Québec n’était pas disposé à accueillir les médias sociaux.

En mai 2007, Services Québec a répondu négativement par le biais d’une «étude de marché» portant sur les médias sociaux, concluant que les médias sociaux «ne sont ni matures ni crédibles», et qu’il «ne vaut pas la peine de dépenser ni temps ni argent» dans ceux-ci.

Ce qui fut dommage, et une bien mauvaise réponse, d'après moi, et déphasée, par rapport à une conjoncture mondiale du développement web.

Ty Pennington

Voici un autre indice que je suis un «agent de changement». Après le Dalai Lama, la seconde personne que j’admire le plus au monde est Ty Pennington, le chef d’équipe de l’émission de télévision de ABC, Extreme Makeover Home Edition. Je trouve qu'il s’agit du plus grand yelleur de tous les temps. Il se promène avec son porte-voix, et on l’entend souvent crier «There’s only one hour left before the family comes home

Ty Pennington arrrive à diriger ses projets de design et de construction avec brio, et en moins d’une semaine, en s’appuyant sur l’esprit de solidarité et l’esprit communautaire, une nouvelle maison est érigée pour une famille exemplaire, mais dans le besoin.

Dans cette vidéo, «Wishstory», Ty explique comment un cadeau qu’il a reçu de ses parents --- un marteau --- l’a motivé pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. «The belief of yourself that you get from that one tool, is what takes you all the way through life.»

Je travaille avec deux photographies de Ty Pennington à mes côtés. J’aurais appelé mon propre fils Ty, si je n’avais pas tant craint que tous les gens du Québec ne soient incapables de prononcer son prénom correctement.

Il m’arrive souvent de rêver à Ty Pennington. Dans mes rêves, nous discutons. Et au petit matin, le rêve était tellement réel que j’en suis abasourdie. Je me demande si lors du rêve, nous n’allons pas rencontrer d’autres gens, dans d’autres dimensions…

Après avoir fermé le site Zonegrippeaviaire --- j’ai mis la switch à off --- le 6 janvier 2010, j’ai fait le choix d’entreprendre de nouveau une production artistique. Parce que j’avais envie de faire des choses pour moi. J’espère qu'il surviendra du merveilleux pour moi.

Parallèlement, je continue de lire et de réfléchir, et je sais que tôt ou tard, je serai peut-être appelée à agir de nouveau au sein d’une communauté.

Ces derniers jours, j’ai recommencé à bloguer, après avoir lui un billet de Thierry Saussez, portant sur la notion de «moi-nous». Cette notion m’inspire beaucoup. Qui sait ce que l’avenir me/nous réserve?
 
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