Blogue de Lyne Robichaud

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08 juin 2011

Perte de sens critique et d’analyse, et banalisation des questions liées à la transparence et l’éthique au gouvernement du Québec

Pierre Curzi
Quand un député déclare qu’il est rendu au bout de sa limite, qu’il ne peut plus se regarder en face dans un miroir la conscience tranquille, c’est que la dégradation de la relation entre le gouvernement et les citoyens a atteint un seuil critique.

Le député démissionnaire Pierre Curzi a dénoncé la distance entre les partis politiques du Québec et les citoyens.

Voici un extrait des textes lus hier par les députés Lisette Lapointe, Louise Beaudoin et Pierre Curzi au moment d'annoncer leur démission du Parti québécois, publiées dans Le Devoir, le 7 juin 2011: «Onde de choc au Parti québécois - «Mon seuil de tolérance éthique personnel a été atteint».
[Pierre Curzi] Je choisis de partir devant l'incapacité que j'ai à m'associer à une proposition qui prive les citoyens du droit plein et entier d'exercer leurs responsabilités civiques et juridiques.

Partisanerie et opportunisme: Je porte à un degré élevé la vie démocratique dans ce qu'elle a de plus significatif, c'est-à-dire la participation libre et entière des citoyens à la construction de leur société. Ce récent épisode de notre vie parlementaire a heurté de front cette valeur première et est un puissant révélateur de la distance qui s'est installée entre les partis politiques du Québec et les citoyens. Je pense que cela est en grande partie dû à ce que les partis politiques, notamment dans le cadre d'un bipartisme sclérosant, placent trop souvent leurs intérêts partisans et opportuns avant les intérêts de citoyens et de citoyennes.

Je quitte [le Parti québécois] sans joie. Les citoyens doivent reprendre en main leurs institutions démocratiques. Je veux désormais consacrer mon engagement politique à contribuer librement et sans rancœur aucune à cette reprise en main. Voilà.
De quelle façon compte s’y prendre Pierre Curzi pour «contribuer à la reprise en main»? Je répète inlassablement la même chanson comme un gramophone, un gouvernement ouvert permettrait de restaurer l’harmonie dans la relation entre le gouvernement du Québec et les citoyens.

Comment cela se fait-il que la solution d’un gouvernement ouvert n’émerge pas alors que l’Assemblée nationale nage en pleine crise démocratique?

Le premier ministre Jean Charest a repoussé à l’automne l’adoption du projet de loi 204 (qui cause tous ces remous). Les députés devaient se prononcer sur ce projet de loi avant le 10 juin. «Les libéraux sont divisés sur le projet de loi 204, sans toutefois s'entre-déchirer comme les péquistes», rapporte Marco Fortier de Rue Frontenac.

Transparence, participation et collaboration, permettraient d’établir une relation de co-création co-production. Les problématiques transformées en défis, soumises aux citoyens, offriraient l’occasion à des solutions inattendues d’émerger.

Hier, le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, s’est dit inquiet de voir l'Assemblée nationale «banaliser des questions liées à la transparence et l'éthique».
«À quoi on joue?», s’interrogeait-il. «Il y a ce sentiment que l'Assemblée nationale est en train de perdre son sens critique et d'analyse nécessaire à l'adoption d'une loi. Même si le contrat de gestion conclu entre la Ville de Québec et Quebecor n'est pas clair au plan de la transparence, il donne lieu à un «grand concert d'unanimité forcée», a déploré Bernard Généreux. «Les gens voient cela et c'est un très mauvais message. Ce qu'on est en train de faire va miner la crédibilité du monde municipal», a-t-il prédit.
Des problématiques, telles que la perte de sens critique et d’analyse, la banalisation des questions liées à la transparence et l’éthique, pourraient être évitées avec un gouvernement ouvert. Un gouvernement ouvert permettrait d’assurer la transparence dans les projets de loi et la conception de nouvelles politiques, offrirait l’occasion aux citoyens d’intervenir lorsque le sens critique, l’analyse et le respect de l’éthique laisseraient à désirer.

L’Assemblée nationale fait relâche pour l’été, le 10 juin clôture la fin des travaux parlementaires. Que prévoit l’équipe de Henri-François Gautrin, chargée du mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0, pour l’été? Le site Internet de consultation publique, prévu en mai, n’est pas encore lancé (à ma connaissance). L’équipe accuse un retard sur leur échéancier.

Les incidents de cette semaine démontrent qu’il y aurait lieu d’implanter une initiative de gouvernement ouvert au Québec. Tout le monde s'en porterait mieux.

12 février 2011

La manière de faire la politique a changé

La manière de faire la politique a changé.

Par ailleurs, l'embrigadement de la jeunesse tire à sa fin.

Générant des mouvements de révolte populaire en Tunisie, Égypte, et maintenant en Algérie, de même que dans d'autres pays, les médias sociaux sont devenus, combinés avec des outils de messagerie de téléphonie mobile, un puissant vecteur de changement social dont l’impact est suffisamment important pour induire de profonds changements politiques, tels la chute de régimes autoritaires.

«Le derniers des pharaons est tombé. Hosni Moubarak, à la tête depuis 1981 du plus peuplé des pays arabes, vient de démissionner sous la pression de la rue, après 18 jours de manifestations lancées par la jeunesse. Au fil des années, le raïs âgé de 82 ans avait glissé vers l’autoritarisme, garant de la stabilité d’un régime converti au libéralisme, menacé par l’islamisme et pivot régional.» (World News, 11 février 2011)

Contre toute attente, les nouvelles générations que l’on croyait apolitiques et désintéressés de la chose politique s’y intéressent désormais par le biais d'Internet. C’est leur nouvelle manière de participer à la gestion des affaires de la cité.

Phénomène de société, la popularité et l’engouement des jeunes générations pour les médias sociaux sont devenus autant d’outils d’exploitation pour l’ingénierie sociale et la modification de la perception subjective.

Ce que les gouvernements devraient arriver à comprendre et à faire désormais, c'est de canaliser toute cette énergie débordante ― l'empowerment individuel et l'empowerment communautaire ― dans un espace public sain: un Gouvernement ouvert.

Ceux qui ont cherché à censurer Internet se sont posés la question suivante: peut-on contrôler les pensées d’un grand nombre de personnes s’exprimant aléatoirement sur un vecteur le permettant techniquement?

L'Égypte est parvenu à presque tout débrancher. L'Algérie emboîte le pas de la censure: Facebook, Twitter, ont été bloqués.

Mais plutôt que d'aller dans le sens négatif, en réprimant la liberté d'expression, que se passerait-il si on expérimentait dans l'autre sens? Que se passerait-il si l'on explorait le domaine de la prise de conscience, qui se situe au-delà de notre esprit, intellect et ego?

Lorsque les gouvernements reconnaîtront qu'une conscience collective plus élevée conduit spontanément à un comportement moral et éthique, ils travailleront à bâtir de véritables collaborations avec les citoyens.

Même un aperçu partiel d'un niveau de conscience plus élevé a des effets bénéfiques pour l'individu: nous éprouvons de la joie, perspicacité, intuition, créativité et liberté de choix. En outre, il survient un éveil de l'amour, bonté, compassion, bonheur face à la réussite des autres, et équanimité.

La manière de faire la politique a changé.

Notre manière de penser le monde peut changer aussi.
 
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