Blogue de Lyne Robichaud

Aucun message portant le libellé pandémie d'influenza. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé pandémie d'influenza. Afficher tous les messages

19 avril 2009

Margaret Atwood anticipe des pénuries de denrées de base en Occident

Margaret Atwood

Quelle ne fut ma surprise quand j’ai vu passer les mots «pénurie», «Occident», et «denrées», au moment où j’ai lu un article annonçant la sortie d’un nouvel ouvrage d’une de mes auteures préférées, Margaret Atwood, que Le Devoir décrit comme «la grande romancière canadienne anglaise.»

Il s’agit d’un essai portant sur le phénomène de la dette, paru l'an dernier sous le titre Payback: Debt and the Shadow Side of Wealth chez House of Anansi. Comptes et légendes, la dette et la face cachée de la richesse, vient maintenant d'être publié en français chez Boréal.

Margaret Atwood a une réputation de prophétesse. Elle semble détenir une étrange capacité de prédiction de l'avenir.

Je trouve qu’elle décrit admirablement bien les choses telles qu’elles sont. Avec elle, point d'illusion.

Je me rappelle une lettre qu’elle a publié dans Le Devoir en octobre dernier – «Harper: déconnecté, dépassé» - au sujet de la listériose, du système de santé et du manque de transparence au Canada, qui m’a fait dresser le poil sur les bras.
«Pendant que des Canadiens et des Canadiennes mouraient de la listériose cet été, les «neocons» de Harper proposaient de confier à l'industrie alimentaire le contrôle de ses propres inspections -- une recette infaillible de coins ronds et de camouflage -- et de déréglementer l'étiquetage des aliments, de sorte que les fabricants puissent dire n'importe quoi sur les étiquettes. Même les fabricants de produits alimentaires du Canada ont trouvé cette idée «idiote».

[saut de paragraphe]

Harper s'est fait élire en promettant de consulter, d'être transparent, d'être responsable, mais il a accompli exactement le contraire. Il ne consulte personne d'autre que lui-même dans son miroir; il dirige le gouvernement le plus secret qu'on ait jamais vu au Canada; pour lui, la responsabilisation se résume à ceci: «Si je fais une erreur, vous êtes viré.» Les vrais leaders savent qu'ils sont les ultimes responsables, mais M. Harper possède un talent prodigieux pour renvoyer la balle. Il n'assumera pas ses propres actes, à moins d'être acculé au mur, et encore, en marmonnant.

Ma prédiction éclairée d'aujourd'hui est la suivante: Chers Canadiens et Canadiennes, si vous donnez aux «neocons» de Harper un gouvernement majoritaire, vous perdrez beaucoup de choses qui vous tiennent à coeur, vous ne gagnerez rien qui en vaille la peine et vous ne pourrez jamais, jamais vous le pardonner.»

Selon la Presse canadienne, Margaret Atwood «aborde [ses sujets] avec une intelligence, une intuition et une acuité qui vont beaucoup plus loin que ce que les textes de spécialistes nous en apprennent

Donc il ne faudrait donc pas s’étonner que Margaret Atwood ait intuitivement compris que l’Occident pourrait se retrouver avec des pénuries d’approvisionnement, si la crise économique s’aggrave, ou encore en cas de pandémie d’influenza.

L’écrivaine jette un regard étonnant sur la crise économique actuelle.

Elle parle de deux avenues possible: se préparer et prévenir [une pandémie], ou bien vivre comme la cigale dans Jean de La Fontaine, et user des ressources jusqu'à l'épuisement. Je considère qu'elle entrevoit clairement la différence entre les preppers et les non-preppers.

Voici un extrait d’un article publié par Le Devoir, «Margaret Atwood à l’heure des comptes», où il est question de pénuries de denrées de base en Occident:
«À l'heure actuelle, constate Margaret Atwood, le monde est au bord d'une crise plus grave que ce qu'il ne perçoit, et l'humanité pourrait, même en Occident où elle a vécu jusqu'à maintenant dans l'abondance, être privée de denrées de base à court terme. Devant cette éventualité, il y a deux avenues possibles, auxquelles le Scrooge nouveau est confronté: tenter d'améliorer son sort ou profiter des ressources jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Le choix lui revient.

Mais en entrevue, Margaret Atwood ne cède pas au pessimisme. L'espèce humaine a déjà traversé de très graves crises. Si l'humain trouve des solutions à ses problèmes, il les adoptera, car sa survie en dépend. En attendant, il doit apprendre à mieux régler ses comptes avec ses semblables et avec la vie.»

26 mars 2009

Il est impératif que l'État québécois développe une meilleure vision à long terme


Je reponds à un billet du député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, critique de l'opposition officielle, en matière de santé, intitulé "Un budget sans vision et courage".

Monsieur Dranville, vous soulignez que “toutes les décisions difficiles sont remises à plus tard”. Je suis contente que vous ayiez mentionné cela.

Vous parlez aussi de pots cassé­s. Assurément, si la présente administration n’arrive pas à démontrer une meilleure capacité de vision à LONG TERME, la société québécoise se retrouvera avec de très graves problématiques sur les bras dans un avenir pas si lointain que cela.

Je rappelle de nouveau que le spectre de la pandémie pend toujours comme une épée de Damoclès au-dessus de l’humanité, et que le Québec n’y échappera pas, même si cela ne fait pas l’affaire des dirigeants de l’État. La pandémie d’influenza se produira à un moment ou un autre, et chaque jour qui passe nous rapproche de cette crise sanitaire mondiale. Une pandémie n’attendra pas que le Québec ait eu le temps d’y penser. Les virus ne consultent pas les journaux et ne lisent pas les communiqués de presse. Et ce n’est pas parce qu’elle ne s’est pas encore produite qu’une pandémie n’arrivera jamais.

L’ONU a averti: “Préparez-vous au grand choc écomomique.”

“La plupart de pays se sont concentrés sur la pandémie comme cause potentielle de catastrophe et ont effectué quelque planification. Mais la qualité de leurs plans est inégale et trop peu d’entre eux ont porté attention aux CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES”, a déclaré David Nabarro à BBC radio.

“Les conséquences économiques pourraient s’élever à 2 trillions de dollars américains - jusqu’à 5 pour cent du produit intérieur brut”, a-t-il dit, réitérant des évaluations antérieures de la Banque mondiale et de l’ONU. Je considère que cette évaluation est très conservatrice. Les conséquences d’une pandémie sur notre monde moderne et interconnecté sont quasiment inimaginables.

Avec une dette alourdie, un affaiblissement à moyen terme des infrastructures de santé et d’éducation, des plans de pandémie totalement désuets et planifiant pour le scénario le plus insignifiant, et une population délibérément maintenue dans l’ignorance des enjeux réels, je redoute le pire pour l’avenir du Québec. Il serait grand temps que l’État prenne ses responsabilités.

20 février 2009

À propos du ministre de la Santé Yves Bolduc, et du temps d’attente dans les urgences

Bernard Drainville

«La première responsabilité du ministre de la Santé, c’est d’être le capitaine de l’énorme navire amiral qu’est le système de santé québécois. Renoncer à se donner des cibles, c’est se satisfaire du strict minimum. Renoncer à se donner un objectif, c’est renoncer à se donner une destination. C’est naviguer sans gouvernail. C’est abdiquer ses responsabilités et, surtout, manquer à son devoir de leadership», a déclaré le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, dans son billet intitulé «Yves Bolduc et les urgences: Comment atteindre un objectif qu’on ne se fixe pas?».

Je félicite M. Drainville pour ce billet. Je vous invite par ailleurs à consulter régulièrement son blogue.

Davantage de leadership de la part du tsar de la Santé au Québec est espéré, et il est impératif que la problématique d’engorgement des urgences soit solutionnée. La saison de l’influenza bat son plein en ce moment, et notre système de soins de santé est débordé. Qu’en sera-t-il en temps de pandémie?

Une infrastructure de santé publique plus solide et bien gérée résisterait mieux au choc que causera une pandémie d’influenza.

Nous pouvons observer que les décideurs à la tête de l’actuel «navire amiral» qu’est le système de santé québécois manquent de rigueur et de méthode, dans leur manière de gérer les projets. La règle du strict minimum, qui est soulevée par Bernard Drainville, m’apparaît comme étant généralisée à l’ensemble des dossiers.

Je partage l'opinion du député de Marie-Victorin à propos de la navigation sans gouvernail. Cela fait des mois que je réclame un plus grand leadership, de la vision, du courage, et de la volonté de la part du chef de la Santé du Québec. Plusieurs observateurs entrevoient que si les dossiers continuent d’évoluer à pas de tortue et que si les responsables demeurent figés dans la torpeur (pour reprendre l'expression du billet de Bernard Drainville daté du 13 février dernier), les Québécoises et les Québécois se retrouveront dans un terrible pétrin, lorsque se déclenchera la pandémie d’influenza. Et elle arrivera. Les pandémies arrivent. Elles sont inévitables. Et la pandémie frappera le Québec, que cela fasse l’affaire ou non des hauts responsables de l’administration, et qu’ils aient eu ou non le temps de s’organiser avant qu’elle ne frappe. Attendez un peu de voir l’état des urgences à ce moment-là…

C’est pourquoi il est URGENT de consolider, par tous les moyens possibles, l’infrastructure de soins de santé du Québec. Réduire le temps d’attente dans les urgences assurerait une certaine mitigation du système.

19 janvier 2009

Le gouvernement du Québec a enfin fait quelque chose?

RÉJOUISSONS-NOUS! Le premier bulletin d'information de 2009 - intitulé Info-Pandémie d'influenza - annonce que le guide destiné aux citoyens sera publié à un moment donné (mais naturellement pas encore de lien sur ce document).

C'était prévu en Phase V uniquement dans la stratégie gouvernementale. Serait-ce qu'ils ont changé d'idée???

En tout cas, avec ce bulletin, on pourrait penser que les autorités se sont déniaisées, et qu'elles ont enfin décidé de fournir de l'info à la population.

Pas tout à fait, puisque le fameux Guide d'autosoins, personne n'en a encore vraiment vu la couleur.


Se soigner en temps de pandémie grâce au guide autosoins

INFO PANDÉMIE D'INFLUENZA | Le Bulletin d'information du ministère de la santé et des services sociaux du Québec


Naturellement, on pourrait se poser des questions sur le fait que les gestionnaires du site Pandémie Québec annoncent qu'ils vont publier le guide destiné aux individus dans la section du site réservée aux professionnels des soins de la santé.

Écrire un bulletin pour annoncer qu'on sait pas quand les citoyens vont enfin pouvoir lire leur guide, pouvons-nous qualifier cela de communications efficaces? Ce n'est pas un concours qu'ils annoncent! C'est de l'information pour survivre à une pandémie. Nous n'avons pas besoin de suspense pour avoir le Grand Dévoilement. Un tapis rouge avec ça?

Je ne sais pas ce qu'il faut penser de cet exercice de communications. Lorsque l'ex ministre de la Santé Philippe Couillard a démissionné (à la fin de juin 2008), ce document a été passé en-dessous de la table et il a filtré au grand public. Cela est arrivé il y a plusieurs mois, et le gouvernement n'a pas encore réagi.

Pourquoi les gestionnaires du site ne mettent pas leur bulletin en page d'accueil de Pandémie Québec, dans la section Actualités? Tiennent-ils à ce que les citoyens aient accès à cette information, OU NON? Pourquoi n'ont-ils pas publié le lien à leur document dans ce bulletin?

MISE À JOUR 22 JANVIER 2009 À 8h00
Je ne sais pas si "filtrer" est la bonne expression ou non. Ce n'est pas le gouvernement qui a initialement publié le Guide d'autosoins, mais plusieurs groupes de professionnels de la santé. Ce n'était donc pas une publication officielle. Je doute que le gouvernement ait donné son accord pour que ce document soit publié sur un autre site que le sien, vu le discours de "un seul et unique site, et rien d'autre" qui ne cesse d'être répété à Zonegrippeaviaire depuis le mois de janvier 2008. Je suis persuadée que cela ne faisait pas partie de la stratégie gouvernementale de publier d'abord ce document ailleurs que sur l'unique site officiel. À mes yeux, cela représente une sorte de protestation et de relâchement du contrôle de l'information, qui s'est effectuée 2 semaines avant l'annonce officielle de la démission du ministre de la Santé, Philippe Couillard.

15 janvier 2009

Se surpasser afin d’être prêts pour une pandémie d’influenza

LEADERSHIP.

VISION.

COURAGE.

VOLONTÉ.

Avons-nous démontré cela, dans nos efforts déployés à ce jour en vue d’une pandémie?

La Sécurité intérieure des États-Unis vient de publier un rapport intitulé ‘Getting Beyond Getting Ready for Pandemic Influenza’ dans lequel se trouvent quinze recommandations destinées aux membres du Congrès ainsi qu’à la nouvelle Administration Obama, dans le but de pousser la Nation américaine à se dépasser dans ses préparatifs pandémiques.

Le Canada et les provinces canadiennes sont à des années-lumière des réflexions tenues et des actions posées par les États-Unis en vue d’une pandémie.

Ce rapport, qui va pousser la nouvelle Administration Obama à franchir des frontières jamais atteintes dans le domaine des préparatifs pandémiques, fait paraître le Canada comme un vieux fossile de l’ère jurassique (en raison de son manque de préparatifs et du manque de vision et de leadership de ses gestionnaires).
Rapport: La nation n'est pas prête pour une pandémie d'influenza

14 janvier 2009 (WASHINGTON) – Aujourd'hui, le président du Comité sur la Sécurité intérieur, Bennie G. Thompson (D-MS) et l'ancien président du sous-comité pour les menaces émergentes, cybersécurité, et sciences et technologies, James R. Langevin (D-RI), ont publié un rapport intitulé “Getting Beyond Getting Ready for Pandemic Influenza” (Aller au-delà d'être prêt pour une pandémie d'influenza).

Ce rapport analyse l'état de préparation de la nation et ses capacités de réponses en cas de flambée d'influenza pandémique. Le rapport identifie seize faiblesses de l'approche de l'administration Bush sortante aux préparatifs en vue d'une pandémie d'influenza. De plus, le rapport fournit quinze recommandations critiques au Congrès, à la prochaine Administration, ainsi qu'aux secteurs publics et privés, concernant ce qu'ils peuvent faire afin d'atteindre un état de préparation national pour combattre cette menace.

Le président Thompson a publié la déclaration suivante avec le rapport:

"Il est possible que la prochaine pandémie d'influenza résultera en des centaines de milliers, à des millions, de décès - même ici, aux États-Unis. De plus, l'influenza pandémique pourrait détruire la sécurité de notre nation et la sécurité intérieure. Toutefois, malgré ces conséquences horribles, nous ne sommes toujours pas préparés en tant que Nation à supporter pleinement l'impact dévastateur d'un tel événement biologique étendu.

Le changement de leadership présidentiel présente une nouvelle occasion pour s'assurer que la Nation est prête à faire face à une pandémie d'influenza dans une position de force. Le Comité de la Chambre sur la Sécurité intérieure attend de travailler avec l'Administration Obama afin de faire face à cette menace et atteindre un étant de préparation national.

La volonté d'affronter et de vaincre l'influenza pandémique consiste en une aussi grande mission que tout champ de bataille mondial. Notre succès repose sur le maintien de la lutte, jusqu'à ce que la pandémie de grippe soit surmontée.

La journée que j’entendrai des déclarations ressemblant vaguement aux propos publiés dans ce rapport, émanant de la bouche de décideurs canadiens et provinciaux, je pleurerai de joie.

Mais ceci n’est pas pour demain.

Même que je ne crois plus que cela arrivera du tout.

Réjouissons-nous pour nos amis américains: des nouvelles perspectives les attentent, et ils cumuleront de meilleures chances de traverser une pandémie en limitant les dégâts, s’ils poursuivent leurs efforts et arrivent à développer davantage leurs préparatifs pandémiques.

Quand à nous – Canadiens – préparons-nous à souffrir et à pâtir, car si les États-Unis sont considérés comme n’étant pas encore prêts, alors, n’allez surtout pas penser que l’état de préparation pandémique poussera comme des ailes au Canada, c’est-à-dire par pure magie.

La recette gagnante c’est: LEADERSHIP. VISION. COURAGE. VOLONTÉ.

Extrait de la conclusion de ce rapport:

"Atteindre l'état de préparation national pour une pandémie d'influenza nécessitera:
>>> Un leadership fort venant de la Maison Blanche;
>>> Une vision solide continue venant de la part du Congrès;
>>> Le courage de parler de circonstances horribles et des décision quasiment impossibles à imaginer; ainsi que
>>> La volonté de déployer tous les efforts que nous pouvons maintenant afin de sauver autant de vies que possible dans le futur.

Nous devons cela aux citoyens de notre grande Nation et aux citoyens du monde de nous tenir prêts à combattre une pandémie d'influenza lorsque celle-ci se produira."

Nous avons encore beaucoup de croûtes à manger avant que ces valeurs ne transparaissent dans les paroles et actions de nos décideurs.
 
TwitterCounter for @Lyne_Robichaud