Blogue de Lyne Robichaud

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05 mai 2009

Le commissaire belge sur l'influenza, Marc Van Ranst, effectue un virage 2.0

Marc Van Ranst

Après Craig Vanderwagen (USA) et Thierry Saussez (France), Marc Van Ranst et la Belgique se lancent dans le web participatif et embrassent les médias sociaux. Voir mes billets précédents annonçant le virage de Craig Vanderwagen et celui de Thierry Saussez.

Le Commissaire interministériel sur l'influenza du gouvernement belge, Marc Van Ranst, a créé un nouveau groupe sur Facebook. Cela faisait longtemps que j'attendais cela! Je pressentais que Marc Van Ranst était mûr pour ce saut (depuis février dernier). Bravo, troisième nation au monde à prendre un virage 2.0 en lien avec questions pandémiques!


Mexicaanse griep H1N1 - Grippe mexicaine H1N1 - Mexikanische Grippe H1N1

Le commissariat interministériel influenza
Le commissariat interministériel influenza a été créé le 20 octobre 2005. Il s’agit d’un organe de coordination générale des actions et de concertation avec toutes les instances concernées, au niveau fédéral, régional et communautaire. Le commissariat établit également des contacts avec les instances européennes et les institutions internationales.

Grippe mexicaine H1N1
Il s’agit d’un nouveau virus humain composé d’une combinaison de gènes d’origines différentes : ils proviennent en partie de virus porcins, d’un virus aviaire et d’un virus humain. Ce virus a été détecté au Mexique pour la première fois le 18 mars 2009.

Call center: Pour toutes vos questions, notifications ou remarques, le call center influenza est accessible du lundi au vendredi de 9h à 17h au numéro gratuit
0800 99 777.

Michel Vermeulen

Ce groupe a été rejoint par 127 utilisateurs de Facebook (au 5 mai 2009 à 10h30 ET). Naturellement, le médecin et blogueur sur l'influenza Michel S.f. Vermeulen fait partie de ce groupe.

08 avril 2009

Un miracle pascal s'est produit: Bernard Drainville s'exprime enfin

Un miracle pascal s'est produit les amis: le député québécois Bernard Drainville a réagi à une vidéo où l'on voit Barack Obama parlant de pandémie, une information transmise via Twitter. IL A OSÉ UTILISER LE MOT "PANDÉMIE".
@BDrainvillePQ à @Lyne_Robichaud "Merci! Je retiens ceci: pour faire face à une éventuelle pandémie, ça prend des infrastructures publiques fortes. Logique!"

Bernard Drainville, merci, merci. J'ai tant attendu, tant espéré, vous savez. [Je suis en deuil] mais je pleure de joie.

À propos de la fameuse vidéo, l'ami Greg Dworkin (@DemFromCT) m'a indiqué sur Twitter: "We had that snippet pulled just for us by our video editor, Jed." Merci Jed pour ce travail d'édition, merci Greg d'avoir inclus cette vidéo dans ton billet intitulé 'Public Health Interview: Dr. Georges Benjamin'.

M. Drainville, vous êtes le tout premier député de l'Assemblée nationale du Québec à répondre à un "feed-back" de citoyen 2.0 concernant des questions de préparatifs pandémiques.

M. Drainville, vous devenez ainsi le troisième haut gestionnaire gouvernemental au monde à ouvrir une fenêtre de dialogue à propos de questions de pandémie, via les médias sociaux (après Craig Vanderwagen, HHS, États-Unis, et Thierry Saussez, Service de l'Information du Gouvernement, République de France). (Voir mes billets ici et ici.)

18 mois. Cela fait 18 mois que j'espère qu'un député du Québec se penchera sur les questions de pandémie. J'ai débuté mes démarches auprès des députés de l'Assemblée nationale le 27 septembre 2007. L'un d'eux a enfin osé s'exprimer (d'une façon qui fasse sens): le critique de l'opposition officielle en matière de santé.

Ce matin, après 7 jours d'interruption d'accès aux contenus (exceptionnellement en raison de mon deuil), nous reprenons les activités de diffusion et de traduction de l'information dans www.Zonegrippeaviaire.com, avec une bonne nouvelle. Quelqu'un nous a entendu. Quelqu'un nous a répondu.

Et cette fois, c'est différent. La réponse est POSITIVE. Elle se démarque de ce qu'ont déclaré d'autres politiciens québécois et hauts fonctionnaires auparavant.

Je me rappelle encore les paroles de mon ex-député, Sébastien Proulx (janvier 2008): "Tout est conforme [dans les préparatifs pandémiques de l'administration Charest], il n'y a pas lieu d'intervenir."

Et que dire des propos de Yves Pépin (juin 2008): "Nous ne vous reconnaissons pas pour ne pas avoir à reconnaître le reste des médias sociaux."

Bernard Drainville a repris le discours du président des États-Unis, Barack Obama, dans son tweet/réponse du 7 avril.

Il reste à voir si Bernard Drainville et le Parti Québécois prendront désormais l'habitude d'intervenir régulièrement à propos des questions de préparatifs pandémiques, pousseront sur l'administration Charest pour que le Québec déploie davantage d'efforts en vue d'une pandémie, et que les Québécoises et Québécois soient mieux informés du réel risque pandémique.

J'espère aussi que les autorités québécoises cesseront de considérer les citoyens 2.0 comme des tarés, des "pas crédibles et pas matures", et que de nombreux politiciens québécois déploieront leur imagination pour trouver prochainement des avenues de collaboration avec la communauté virtuelle, qui n'a cessé de construire Zonegrippeaviaire.com un peu plus à chaque jour, et ce depuis le 13 juin 2007.

14 mars 2009

Se rendre là où personne n’est encore allé: pousser l’expérience gouv2.0

Steve Ressler

Ces derniers mois, les membres de la sphère du Flublogia ont consolidé leurs liens en expérimentant avec de nouveaux outils de réseautage social, tels que Facebook et Twitter.

En se regroupant, ils ont formé une communauté.

En échangeant des informations, discutant et partageant leurs expériences, ils se sont transformés en communauté de pratique flublogienne. Wikipédia définit une communauté de pratique comme étant le processus d'apprentissage social émergeant lorsque des personnes ayant un centre intérêt commun collaborent mutuellement. Cette collaboration, qui doit se dérouler sur une période de temps notable consiste à partager des idées, trouver des solutions, construire des objets nouveaux.

La communauté de pratique flublogienne a noué des amitiés avec une poignée de hauts gestionnaires gouvernementaux de plusieurs nations.

Très récemment, quelques hauts gestionnaires gouvernementaux se sont mis à bloguer sur Facebook à propos des défis des préparatifs pandémiques. Craig Vanderwagen (des États-Unis) et Thierry Saussez (de la République française) ont ouvert une fenêtre de discussion avec la communauté de pratique flublogienne.

D’autres hauts gestionnaires et leaders gouvernementaux sont invités à suivre les traces de ces deux pionniers, et à participer à l’expérience 2.0. Plus il y aura d’individus impliqués dans la discussion, plus grandes seront les chances que ces échanges conduisent à de l’innovation dans le domaine des préparatifs pandémiques sociaux.

Steve Ressler, un employé de la Sécurité intérieure (Homeland Security) du gouvernement américain, a compris cela il y a plusieurs mois, en lançant (en juin 2008) un site de réseautage social – www.GovLoop.com - conçu et construit exclusivement pour les employés du secteur public (et ouvert au monde entier). Steve Ressler espère positionner ce site comme plaque tournante du secteur public: un endroit où les décideurs et les fonctionnaires échangeront des idées et exploreront de nouvelles opportunités. Ressler est également co-fondateur d’une organisation professionnelle connue sous le nom de Young Government Leaders (Jeunes dirigeants), dont le but est d’aider le gouvernement à évoluer dans l'ère du Web 2.0.

Ce réseau comporte actuellement plus de 7000 membres de plusieurs niveaux de gouvernement: fédéral, des États (ou provincial) et local. Les utilisateurs de GovLoop sont variés: on y compte des CIO (Chief Information Officers), de brillants administrateurs, de même qu’à peu près tous les types de personnel, en provenance des États-Unis, ainsi que du monde entier.

En peu de temps, les utilisateurs ont rédigé des centaines de billets, lancé des centaines de discussions via des groupes, ont affiché des événements, et ont partagé plus de mille photographies et vidéos. Les utilisateurs de GovLoop se réunissent et collaborent de façon à améliorer le gouvernement de l’intérieur. De récentes discussions et blogues ont porté sur des sujets tels que le Gouvernement 2.0, la budgétisation participative, la formation de nouveaux dirigeants, et il existe même un groupe se penchant sur une pandémie.

Meghan Harvey, une utilisatrice de GovLoop, a écrit dans un message intitulé ‘How GovLoop Helps Restore Faith’: «Si les gens situés au cœur d’un gouvernement sont dévoués, passionnés, et intelligents, alors comment le public ne pourrait-il pas avoir la foi dans les directives et mesures d’un pays?»

David Nabarro et son équipe, dans le Quatrième rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire, recommandait: «L’instauration d’une relation de confiance entre les populations et les autorités, en particulier en ce qui concerne les mesures de contrôle qu’elles prônent, jouera un rôle crucial pour permettre aux gens de se protéger contre la grippe aviaire pathogène et de limiter les conséquences potentielles de la maladie et d’autres maladies infectieuses émergentes.» (Synopsis, paragraphe 18)

Je suis fière des développements observés ces six derniers mois concernant des tentatives d’apprivoisement entre la société civile et des membres du secteur public, en lien avec les préparatifs pandémiques.

Réjouissons-nous de ces acquis.

Mais poussons également pour que ce bourgeonnement d’échanges se développe en un phénomène mondial, qui pourraient conduire à l’implantation de réels préparatifs pandémiques sociaux.

Mon hypothèse, en présentant l’outil de réseautage GovLoop.com aux gestionnaires de pandémie, est qu’en introduisant des outils de partage d’information favorisant une plus grande expérience 2.0, cela pourrait conduire à un essor 2.0 mondial dans le domaine des préparatifs pandémiques.

J’ai lancé aujourd’hui des invitations à mes amis gestionnaires et décideurs à s’inscrire à GovLoop.com, et à participer à cette expérience de réseautage. J’espère qu’ils répondront à cet appel et que fleurira la pratique 2.0 dans notre milieu. Après tout, nous sommes sur le point de célébrer l'arrivée du printemps. Un peu de nouveauté ferait le plus grand bien.

05 mars 2009

Le groupe Zonegrippeaviaire sur Facebook franchit le cap des 100 premières personnes

Il n'est pas facile de rallier des gens derrière ces deux mots «grippe aviaire».

Combinez cela à l'idée qu'il faudrait déployer davantage de préparatifs pandémiques, et vous aurez un aperçu des difficultés de mobilisation pour un groupe comportant ces deux éléments dans Facebook.

Après six mois de présence sur Facebook, le groupe [Zonegrippeaviaire] en faveur de plus de préparatifs en vue d’une pandémie, créé (curieusement) un 11 septembre (2008), a enfin atteint le 5 mars 2009 le cap des 100 premières personnes à avoir rejoint ce groupe.

Ce nombre de personnes est plutôt restreint, pour Facebook, où nous sommes habitués à voir des groupes constitués de milliers de personnes, voir même de centaines de milliers de personnes.

Zonegrippeaviaire a atteint presque le double de personnes, à comparé au groupe (créé par des Américains) intitulé Public Health Early Warning and Preparedness, qui a attiré à ce jour 57 personnes sur Facebook.

Ces résultats démontrent à quel point le phénomène mondial connu sous le nom de la «flu fatigue» a fait son œuvre, détruisant tout intérêt pour les questions de pandémie. Pour en savoir plus sur la «flu fatigue», consultez ce billet du blogueur canadien Crawford Kilian: Branswell, «Cinq ans de lassitude à propos de l’influenza», et celui du journaliste du Monde, Jean-Yves Nau, «Michel Setbon, Le public croit de moins en moins en une pandémie».

Bien entendu, le fait que les autorités québécoises aient refusé de collaborer avec des membres de la sphère du Flublogia et de reconnaître le site Zonegrippeaviaire.com, pour ne pas avoir à reconnaître le reste des médias sociaux, ne joue pas en la faveur de la popularité de ce groupe.

En décembre 2008, David Nabarro, coordonnateur senior de l’influenza humain et aviaire aux Nations Unies, a rejoint ce groupe. Voir mon billet à ce sujet.

Deux mois plus tard, Craig Vanderwagen, secrétaire adjoint à la préparation et à l'intervention dans le cadre de la requalification de l'Office de la santé publique d'urgence des États-Unis, est devenu le premier haut gestionnaire de pandémie d’une nation à rejoindre ce groupe. Voir mon billet à ce sujet.

Ces derniers jours, nous pouvons noter que les personnes suivantes se sont jointes aux rang du groupe Zonegrippeaviaire sur Facebook:

Bernard Motulsky

BERNARD MOTULSKY, professeur au Département de communication sociale et publique, est le nouveau titulaire de la Chaire de relations publiques et communications marketing de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Fondée en 2002 par Danielle Maisonneuve, la Chaire de relations publiques et communication marketing contribue au développement de la profession de communicateur à travers ses recherches, ses publications et ses activités de rayonnement.

Bernard Motulsky possède une expérience de plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication et des relations publiques. Il a débuté sa carrière comme rédacteur et journaliste avant de devenir professeur de communication à l'Université Laval. Il a occupé par la suite plusieurs postes, en particulier au sein du Groupe Cossette, au gouvernement du Québec, à la Bourse de Montréal et à l'Université de Montréal où il a été directeur général des communications jusqu’en 2006. Détenteur d’une maîtrise et d'un doctorat (Ph.D.) en philosophie, il agit également comme consultant.

ANDREW P. WILSON fait partie de l’équipe des médias sociaux du ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS). Le HHS vient tout juste de dévoiler son nouveau site des médias sociaux, le tout premier site de cette nature au monde, un petit bijou qui a de quoi rendre jaloux les citoyens non-Américains, qui, j'en suis persuadée, meurent d'envie d'avoir des AndrewPWilsons dans les rangs de leurs autorités gouvernementales respectives. Vous pouvez consulter le billet du blogueur Michael P. Coston à ce sujet: HHS Unveils New Media Website.

Pete Blackshaw, de Advertizing Age, l’a interviewé Andrew P. Wilson le 5 février 2009, et à dit à propos de lui: «Il s’avère qu’Andrew, officiellement responsable de l’Internet au HHS, est le vrai ‘deal’. Alors que je l’ai suivi pendant plusieurs jours (et vice versa), j’ai senti qu’une nouvelle approche était en train d’émerger dans la manière dont le gouvernement utilise les outils Web 2.0 pour se rapprocher des consommateurs et des principales parties prenantes. Il placote, tisse des liens et intervient. Il aide les gens avec des questions et préoccupations au sujet de la salmonelle.»

Andrew P. Wilson a déclaré dans cette entrevue: «Mon impression est que le président Obama comprend la valeur des médias sociaux. Non pas comme un outil, mais comme un moyen de dialoguer avec le public. De mon expérience personnelle, je vois des gens qui travaillent très, très fort pour faire une différence. Nous espérons que ces nouveaux outils pourront aider à élargir la portée.» Vous êtes invités à le suivre sur Twitter (vous verrez à quel point il est formidable): @AndrewPWilson

GUY THERRIEN est conseiller aux communications à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. Il est propriétaire de Guy Therrien Communication. Auparavant, il a été responsable des communications à l’Association québécoise de prévention du suicide. Son blogue s’intitule Nomade sur mon divan.

Pour avoir échangé plusieurs fois avec Guy Therrien, j’ai remarqué qu’il est très au fait des stratégies gouvernementales de préparation de pandémie du gouvernement du Québec. Guy Therrien est sur Twitter lui aussi. Vous pouvez le suivre à @Gtherrien.

Je vous en prie, faites comme ces gens, et joignez-vous au groupe [Zonegrippeaviaire] en faveur de plus de préparatifs en vue d’une pandémie.

01 mars 2009

Thierry Saussez se positionne comme premier haut gestionnaire francophone à initier un dialogue 2.0 à propos de la grippe aviaire

Thierry Saussez

Les idées pour bloguer ne me manquent pas cette semaine, toutefois, c’est le temps qui me fait défaut. J’ai effectué deux ballades en ambulance ces derniers jours (j’accompagnais deux différents membres de ma famille à l’urgence). La seconde personne est dans un état grave, et les prochaines semaines seront certainement occupées et éprouvantes pour toute ma famille.

Je prends toutefois quelques minutes pour vous informer d’une bonne nouvelle.

Il y a quelques jours, je vous ai avisés que Craig Vanderwagen était devenu le tout premier haut gestionnaire de pandémie d’une nation à ouvrir sur Facebook une fenêtre de dialogue avec la communauté de pratique flublogienne. Voir mon billet à ce sujet.

Craig Vanderwagen s’est également distingué cette semaine en rejoignant le groupe Zonegrippeaviaire sur Facebook. Il a suivi les pas de David Nabarro, coordonnateur senior pour l’influenza humain et aviaire aux Nations Unies, qui s’était joint à ce groupe au début de décembre 2008. Voir mon billet à ce sujet.

Le 28 février 2009, soit deux semaines – jour pour jour – après que Craig Vanderwagen ait innové en commençant à partager des éléments de réflexion et d’information sur Facebook, c’est maintenant au tour de Thierry Saussez de se lancer dans une exploration expérimentale en passant par une plate-forme sociale. Il a publié une note intitulée «À propos de la grippe aviaire», dans laquelle il explique que le Service qu’il chapeaute comporte un «département dédié aux situations d’urgence.»

Thierry Saussez a été nommé, le 16 avril 2008, par le Conseil des ministres, aux postes de Délégué Interministériel à la Communication et Directeur du Service d’information du Gouvernement (République française). Il est chargé de veiller à la coordination des actions d’information et de communication de ce gouvernement.

Le Service d’information du Gouvernement (SIG) est chargé d’analyser l’évolution de l’opinion publique et le contenu des médias; de diffuser aux élus, à la presse et au public des informations sur l’action gouvernementale; de coordonner la politique de communication, en particulier en matière de campagnes d’information et d’études d’opinion.

Le Figaro indiquait en avril 2008 à propos de Thierry Saussez qu’un «communicant» avait été nommé pour éviter les «couacs», et soulignait que Thierry Saussez «est souvent cité parmi les membres du «premier cercle» des proches de Nicolas Sarkozy, dont il fut l'un des mentors. À son actif, la stratégie de forte présence médiatique déployée par l'actuel chef de l'État lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, entre 2002 et 2007

Récapitulons.

Nous observons que deux hauts gestionnaires, de deux nations (États-Unis et République française), de deux continents (Amérique et Europe), s’exprimant avec deux langues différentes (l’anglais et le français), et ayant à leur actif une grande expérience dans deux domaines respectifs (la planification de mesures d’urgences et les communications gouvernementales), ont déployé des efforts de rapprochement avec les communautés virtuelles actives sur Facebook.

Ces deux leaders ont débuté leur expérience 2.0 à deux semaines d’intervalle.

Il s’agit d’une bonne chose pour le rayonnement de l’information dans la francophonie en général, que le virtuose des communications de la République française ait initié un balbutiement d’échanges à propos de la grippe aviaire sur une plate-forme de réseautage social.

Bien entendu, vous devinerez que j’aurais souhaité que des hauts gestionnaires du gouvernement du Québec soient parmi les premiers à marcher sur de nouveaux sentiers 2.0 en lien avec les préparatifs pandémiques. Je me réjouis des premiers pas de la République française, mais cela ne se fait pas sans un pincement au cœur, en raison de l’absence d’intérêt ces douze derniers mois de la part des instances québécoises pour le projet Zonegrippeaviaire.com, pourtant basé au Québec. Zonegrippeaviaire est le seul forum en lien avec les préparatifs pandémiques à avoir initié à ce jour une présence sur Facebook, et à avoir contribué à consolider des liens sociaux entre des individus de plusieurs pays et de différents milieux sur cette plate-forme sociale.

Les hauts gestionnaires d’autres nations sont invités à la table de discussion, à joindre leur voix dans le flux des conversations, qui créeront au fil du temps un maillage complexe d'actions entre des acteurs issus de nombreux milieux.

Je pense que Craig Vanderwagen et Thierry Saussez devaient devenir des amis sur Facebook. Ils pourraient ainsi mettre en commun leurs informations et mieux surveiller le fil des conversations.

Je suis très emballée par ce qui se passe et j’ai hâte de voir de quelle manière évoluera l’expérience participative de ces deux spécialistes de la gestion gouvernementale. Observons bien ce qu’ils feront et décideront au cours des prochains mois. Car ces deux leaders sont en train de poser les premières pierres de préparatifs pandémiques sociaux, avec comme catalyseur les médias sociaux. Se prêteront-ils au jeu? Effectueront-ils une sorte de danse, en se répondant l’un l’autre, en partageant leurs préoccupations et leurs défis respectifs? Miseront-ils sur la vitalité des communautés? Parviendront-ils à mettre à profit les forces de la solidarité?

Ces leaders ne seront pas à court de défis.

Si ces deux hommes deviennent amis prochainement (et partagent ensuite plusieurs amitiés), il pourrait se créer un heureux mariage entre la planification de pandémie et les communications gouvernementales. Cela pourrait donner lieu à de nombreux échanges d’idées et de connaissances, et éventuellement, même porter fruit.

27 février 2009

Craig Vanderwagen rejoint Zonegrippeaviaire sur Facebook

Craig Vanderwagen

Craig Vanderwagen a rejoint le groupe "[Zonegrippeaviaire] En faveur de plus de préparatifs en vue d'une pandémie" sur Facebook.

Premier et actuel secrétaire adjoint à la préparation et à l'intervention dans le cadre de la requalification de l'Office de la santé publique d'urgence (en vertu de la Loi sur la protection civile en vue d'une pandémie et de tous les dangers 2006 | Pandemic & All Hazards Preparedness Act), Craig Vanderwagen a été le second secrétaire adjoint de la santé publique d'urgence au ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS).

Il s'agit du tout premier haut fonctionnaire gestionnaire de pandémie d'une nation (les États-Unis) à avoir rejoint ce groupe sur Facebook.

Craig Vanderwagen est également le premier haut gestionnaire de pandémie d'une nation à avoir ouvert une fenêtre de dialogue avec la communauté de pratique flublogienne sur Facebook. Voir mon billet à ce sujet.

En décembre 2008, David Nabarro, coordonnateur senior de l'influenza humain et aviaire aux Nations Unies, avait rejoint Zonegrippeaviaire sur Facebook, invitant ainsi les planificateurs de pandémie et les décideurs des pays du monde à faire de même.

Ross Upshur

Au Canada, Ross Upshur, un grand nom de la recherche canadienne en santé publique, pilotant présentement l'équipe CanPrep.ca, également directeur du Joint Centre for Bioethics de l'Université de Toronto, a rejoint le groupe Zonegrippeaviaire sur Facebook.

Aucun décideur ou planificateur de pandémie canadien ou québécois n'a toutefois encore accordé d'appui à ce groupe.

94 personnes ont rejoint le groupe Zonegrippeaviaire sur Facebook à ce jour, comparativement à 54 personnes pour le groupe "Public Health Early Warning and Preparedness", ce qui constitue un nombre acceptable, étant donné le peu d'information circulant dans les médias à propos de la réelle menace de pandémie et du phénomène mondial appelé "flu fatigue" qui s'est malheureusement emparé des populations de la planète.

Plusieurs gens de la sphère du Flublogia ont rejoint ce groupe sur Facebook. Les blogueurs américains Michael P. Coston / Fla_Medic, Greg Dworkin / DemFromCT, Debi Brandon / SophiaZoe, Maryn McKenna, Catherine Mitchell, ainsi que le blogueur canadien Crawford Kilian / Crof (de la province de Colombie-Britannique), et le blogueur belge Michel S.f. Vermeulen se sont joints au groupe. Le groupe compte aussi plusieurs leaders d'opinion de la sphère francophone et anglophone du Flublogia. Il y a aussi des gens impliqués dans des organisation "grass-root", tels que Justin Kamen de Student Prep America.

Emma Fitri, une journaliste du Jakarta Post (en Indonésie) qui rapporte souvent à propos de la grippe aviaire, de même que Maggie Fox, éditrice, sciences et santé, chez Thompson Reuters, font partie du groupe. Du côté des médias électroniques, Rodolphe Isvelin, chef de centre chez France 3 (à Rouen en France), a rejoint le groupe.

Plusieurs Québécois connus et bien implantés dans leurs milieux respectifs ont rejoint le groupe: Vallier Lapierre, un journaliste spécialisé en technologies de l’information appliquées au monde des affaires, et éditeur du blogue Tous complices; Pierre Bouchard, consultant (agence Indico) et conférencier en gestion de la réputation, communication d’entreprise et relations publiques; de même que Marc Snyder, consultant en communications spécialisé en communications corporatives, en relations publiques et relations de presse, en gestion de crise et en politique à Montréal; Sébastien Paquet, chercheur canadien, professeur (à l'Université du Québec à Montréal) et blogeur connu pour ses travaux portant sur l'infrastructure des réseaux Internet avec Phillip Pearson.

Des consultants en gestion de pandémie du milieu des affaires ont rejoint le groupe Zonegrippeaviaire sur Facebook. Mats Espander est directeur de Espander - Life Science Partners AB, en Suède. Il offre des services de consultation dédiés aux entreprises concernant les préparatifs pandémiques. Harlan Dolgin, de Dolgin Consulting, offre des services de consultation en continuité des affaires, gestion de situations d'urgence et planification de pandémie au Missouri, États-Unis. Erik Yvan Fivaz est cadre dirigeant au sein d'une compagnie britannique (internationale) de gestion de risques, basée en Suisse, qui offre notamment des services de planification de pandémie.

Le cap des 100 premiers individus devrait être franchi prochainement.

Tout le monde est invité à rejoindre ce groupe.

24 février 2009

Communauté, communauté de pratique et équipe collaborative

Une COMMUNAUTÉ est un groupe d’individus partageant un certain niveau de liens personnels avec d’autres personnes, pour une raison quelconque, allant de l’amitié, aux affaires, à la famille, à la résidence, à la culture, à la religion, à la politique, etc.

Les communautés sont généralement formées au sein de réseaux. Ainsi, une utilisation professionnelle des réseaux peut accélérer la naissance ou la croissance de communautés.

Les contributions des membres sont encouragées et forment la substance même de la communauté. Sans activité, il n'existe pas de communauté. Toutefois, il n’est pas nécessaire que tous les membres participent à chaque activité et à chaque fois qu'il survient quelque chose. Une communauté permet à ses membres d'être aussi actifs qu’ils le souhaitent à propos de ce qu’ils choisissent. La politique de l'activité fait donc partie d'une communauté (c'est-à-dire que certains membres sont plus visibles que d'autres, alors que certains apparaissent comme des leaders, d'autres comme des adeptes, et d'autres comme des auditeurs neutres).

Ces trois derniers mois, ce qui est désigné comme étant la «sphère du Flublogia» est devenue une COMMUNAUTÉ sur deux plates-formes de réseautage (Facebook et Twitter).

En octobre 2008, j’ai encouragé plusieurs membres de cette blogosphère à s’inscrire à Facebook, afin de rester en contact avec des collègues, d'apprendre des autres et de lutter contre l'isolement social. Dix personnes ont répondu à l’appel. Ensuite, ces personnes se sont liées entre elles, et avec d’autres membres de cette blogosphère déjà inscrites sur Facebook. Graduellement, la toile de liens d'amitié s'est consolidée. En peu de temps, une COMMUNAUTÉ est née. Un noyau dur, composé environ d'une centaine d'individus, partagent présentement une moyenne de dix amis en commun (et ce nombre s’élève à autant que 98 amis communs).

Une COMMUNAUTÉ DE PRATIQUE est une communauté de professionnels dont le but est de créer et de partager des connaissances à propos d'une pratique commune à tous les membres. Son objectif est de favoriser l'innovation incrémentale.

Les gens du Flublogia actifs sur Facebook et Twitter ne l’ont peut-être pas encore réalisé, mais après avoir formé une COMMUNAUTÉ, ils sont devenus aussi une COMMUNAUTÉ DE PRATIQUE, lorsque des individus de plusieurs pays différents ont franchi la barrière des langues et ont commencé à partager leurs idées, informations, connaissances et expériences.

Une ÉQUIPE COLLABORATIVE a pour but de produire un produit final. Il s'agit d'un groupe de personnes définies par un résultat final commun.

Les gens du Flublogia ne sont pas encore devenus une équipe collaborative, par le biais d’une utilisation des médias sociaux et de divers outils et plates-formes de réseautage social. Mais cela m'apparaît comme la prochaine étape logique.

Une poignée de hauts fonctionnaires (gestionnaires de pandémie) se sont ouverts aux members du Flublogia sur Facebook, en nouant des amitiés. J’ai observé que David Nabarro, le coordonnateur senior pour l’influenza humain et aviaire des Nations Unies, est devenu ami avec six membres de cette blogosphère, au cours des deux derniers mois. Marc Van Ranst, commissaire interministériel du gouvernement fédéral de la Belgique pour les préparatifs pandémiques, est devenu ami avec cinq membres du Flublogia.

Mais jusqu’à présent, je n’ai pu observer que ces planificateurs de pandémie de haut niveau aient réellement engagé des conversations ouvertes à propos des préparatifs pandémiques. Il y a eu des échanges privés toutefois, mais le flux des conversations n’a pas eu lieu publiquement.

Jusqu’au 14 février 2009 (le Jour de la Saint-Valentin, par ailleurs!).

Ce jour-là, Craig Vanderwagen (la première personne à avoir été nommée Secrétaire adjoint pour les préparatifs de situation d’urgence du ministère américain de la Santé et des Services sociaux) a fait ce que je considère être l’équivalent de marcher sur la lune. Ce haut fonctionnaire, après avoir noué des amitiés avec une dizaine de membres de la sphère du Flublogia (le nombre le plus élevé d’amitiés observé à ce jour), le 14 février, a commencé à bloguer sur Facebook, par le biais de notes. Il a partagé son avis à propos d’un aperçu de défis et de projets à venir. En faisant cela, il a permis qu’ait lieu une discussion à propos de ces éléments.

Par conséquent, Craig Vanderwagen est à mon avis le premier haut gestionnaire de préparatifs pandémiques à avoir ouvert une fenêtre de dialogue avec la COMMUNAUTÉ DE PRATIQUE flublogienne.

Au cours des prochaines semaines, il sera intéressant d’observer comment les hauts gestionnaires de pandémie développeront leur collaboration avec cette communauté de pratique.

Éventuellement, il sera peut-être question qu’une ÉQUIPE COLLABORATIVE émerge naturellement. Ceci pourrait notamment contribuer à favoriser l’innovation.

Un exemple concret d’équipe collaborative expérimentale consiste à mon avis en Government 2.0 Camp (sur Twitter @Gov20Camp):
«Governement 2.0 Camp est une non-conférence sur l’utilisation des médias sociaux et des outils technologiques Web 2.0, afin de créer un gouvernement américain plus efficace et une meilleure collaboration à tous les niveaux (local, étatique et fédéral).»

Je vais observer attentivement les travaux de cette équipe au cours des prochaines semaines. Vous pouvez consulter cette vidéo qui explique en quoi consistera ce Camp. Consultez cette page Internet pour en savoir plus à propos de Government 2.0 Camp. L’ami Andrew P. Wilson (un membre de l’équipe Internet du HHS) m’a confirmé hier qu’il participera à cet événement, qui se déroulera le 27 mars 2009. Vous pouvez suivre Andrew sur Twitter: @AndrewPWilson.

Le 23 février 2009, la Maison Blanche a annoncé la nomination d’une équipe Internet:
«Lundi après-midi, la Maison Blanche a annoncé une nouvelle série de personnel de haut niveau, y compris une liste de positions high-tech du président, et une équipe de nouveaux médias Internet.

Plusieurs membres clé du personnel de la Maison Blanche, d’après un communiqué de presse de Robert Gibbs, géreront les grands portefeuilles Internet et la sensibilisation à la «participation de citoyens» en ligne.

La liste des nominations comprend plusieurs anciens collaborateurs de la campagne présidentielle de Barack Obama, dont naturellement, l’ancienne conseillère Web du président, Nancy Pelosi, ainsi qu’un ancien employé de Google qui a travaillé à titre de modérateur de plate-forme pour cette entreprise.

Le bureau de presse de la Maison Blanche avait déjà fait des vagues, il y a un mois, du moins selon les standards de Washington, lorsque le président Obama a invité le Huffington Post à sa première conférence de presse. Lors d’une invitation lancée aux blogeurs pour assister à une récente conférence de presse de la Maison Blanche, un agent des nouveaux médias a déclaré que demander à des blogeurs d’assister à des conférences de presse présidentielles pourrait devenir une «nouvelle tradition».

Un mois après l’entrée en poste du président Barack Obama, les États-Unis poursuivent inexorablement leur virage 2.0. Cela aura une incidence sur le développement de préparatifs pandémiques sociaux.

Voici un rappel du Quatrième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire de David Nabarro:
«Des approches de la communication à long terme en vue des modifications comportementales sont nécessaires, en particulier des approches adaptées aux contextes sociaux, économiques et culturels de la population. Les populations doivent disposer des connaissances et des moyens nécessaires à la mise en pratique des recommandations. L’instauration d’une relation de confiance entre les populations et les autorités, en particulier en ce qui concerne les mesures de contrôle qu’elles prônent, jouera un rôle crucial pour permettre aux gens de se protéger contre la grippe aviaire pathogène et de limiter les conséquences potentielles de la maladie et d’autres maladies infectieuses émergentes.» (Synopsis, paragraphe 18).

Je me réjouis à propos des récents développements observés, ainsi que du contexte actuel en général. J’ai l’impression que les recommandations de l’ONU pourraient finalement être transposées dans un modèle pratique.

Du progrès a été effectué ce dernier mois par les agences américaines, dans la manipulation et l'expérimentation avec différents outils de médias sociaux. Le fait que Craig Vanderwagen ait ouvert une fenêtre de dialogue avec des leaders d’opinion du Flublogia sur Facebook est encourageant. Il ouvre la voie à quelque chose de nouveau. L’administration Obama est en train d’établir de nombreuses nouvelles normes. Tous ces éléments convergent et pourraient contribuer à produire de réels préparatifs pandémiques sociaux.

Un nom sur cette planète a le pouvoir d'obtenir l'attention des dirigeants d'entreprises. Ce nom-là est McKinsey, qui publie la fameuse McKinsey Quaterly. Dernièrement, ils ont publié un article intitulé ‘Six ways to make Web 2.0 work' (dont j'ai parlé dans mon billet "Six éléments de gestion Web 2.0 qui ont du succès, d'après McKinsley". Ces recommandations peuvent très bien s'appliquer aux gouvernements également. Plusieurs considèrent ces recommandations comme étant un point de basculement, qui propulsera les entreprises dans un virage 2.0 massif.

La raison pour laquelle j'évoque McKinsey dans ce billet, c'est que sa règle Numéro 1 est: Le passage à une culture «bottom-up» a besoin d’être soutenu par le haut.

Par conséquent, si nous appliquons la formule gagnante McKinsey, la mise en oeuvre de préparatifs «bottom-up» pandémique sociaux a besoin d'être soutenue par le haut.

J'espère que le soutien par le haut en question - c'est-à-dire émanant de très hauts gestionnaires de pandémie, tels que Craig Vanderwagen et David Nabarro - dont nous avons tant besoin pour mettre sur les rails des préparatifs sociaux, ne tardera pas à se matérialiser.

15 février 2009

Les multiples dangers des dominos économiques menacent les préparatifs pandémiques


Vendredi 13 (pour les superstitueux), l’éditeur de CIDRAP News, Robert Ross, a signé un article à propos du plan de relance économique américain allégé de l’enveloppe budgétaire dédiée aux préparatifs pandémiques de près d'un milliard de dollars. Robert Ross a conclu: «Il semblerait que le Congrès américain ferme les yeux sur les préparatifs de santé publique aux niveaux d’état et local

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas la petite histoire, la somme de 870 millions de dollars a été retirée du plan de relance économique. Le blogeur DemFromCT a résumé la situation dans ce billet.

Samedi 14 février (c’était le jour de la Saint-Valentin), Craig Vanderwagen, l’assistant du ministre de la Santé américain chargé des préparatifs de mesures d’urgence, a rédigé une note dans Facebook à propos de l’enveloppe budgétaire des préparatifs pandémiques du plan de relance économique américain. Il a indiqué: «Nous espérons que le Congrès américain tiendra compte de ces crédits dans l’enveloppe budgétaire régulière du ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS), où ces sommes ont été soumises sous forme de modification [amendement] en août 2008, et qui sont actuellement à l’étude.»


Cette situation me fait penser à la campagne de communications à propos du secret de la Caramilk, ou encore au secret de l’énigmatique sourire de la Joconde de Léonard de Vinci. Tout le monde se demande ce que cela signifie. C’est un peu la même chose avec l’enveloppe budgétaire dédiée aux préparatifs pandémiques. On ne sait pas trop ce qu’il en est, et les préoccupations à propos de ces sommes d’argent sont élevées. On se demande entre autres si ces sommes ont été flushées pour de bon, ou si elles se matérialiseront via une autre enveloppe budgétaire quelconque.

Plusieurs s’inquiètent que l’effet ciseau se transforme en effet domino mondial. Alors que la crise financière mondiale se métamorphose en une récession mondiale, les décideurs sont confrontés avec de graves décisions. Tous les yeux sont désormais tournés vers les États-Unis. Je suis persuadée que ce qu’il se passera au cours des prochaines semaines (c’est-à-dire la manière dont ces questions seront gérées) aura un impact considérable sur le maintien (ou non) des budgets de préparation de pandémie de diverses nations à travers le monde.

«C’est cela», m'a répondu en français Craig Vanderwagen sur Facebook.

Il y a lieu de noter cette réponse, car bien qu’elle ne comporte que deux mots, ces deux mots-là veulent dire beaucoup.

Un article signé par Didier Heinderich (dans le Magazine de la communication de crise et sensible), intitulé «La crise entre risques et opportunités dans un monde en devenir» a retenu mon attention, et j’ai noté certains passages. Cet article commence par une citation d’Albert Camus, qui fouette comme une gifle:
« Nous sommes dans les nœuds de la violence et nous y étouffons. Que ce soit à l’intérieur des nations ou dans le monde, la méfiance, le ressentiment, la cupidité, la course à la puissance sont en train de fabriquer un univers sombre et désespéré où chaque homme se trouve obligé de vivre dans le présent, le mot seul d’«avenir» lui figurant toutes les angoisses, livré à des puissances abstraites, décharné et abruti par une vie précipitée, séparé des vérités naturelles, des loisirs sages et du simple bonheur.» [Albert Camus, La crise de l’homme, le 28 mars 1946]

Didier Heinderich décrit ensuite les dangers de la crise économique mondiale. Mais puisque tout est interdépendant, les bouleversements sociétaires qui nous affectent présentement auront un impact sur l’état de préparation du monde entier face à une pandémie. De sa plume distinguée, Didier Heinderich nous avertit à propos de plusieurs éléments concernant la crise actuelle:
Perte de confiance envers l’État et la politique
«La perte de confiance peut se révéler dangereuse à l’heure où l’intervention des États est indispensable dans la gestion de la crise, dans la régulation et le rétablissement de la confiance. La vitalité de la démocratie et des oppositions est également plus que nécessaire afin d’éviter les dérives des gouvernements acculés, dos au mur, face aux multiples attentes.

Perte de sens
À force de communication non suivi d’effet, à force de marier habilement les mots pour faire résonner chaque intervention comme autant de slogans, à force de raccourcis, à force d’indignations feintes, à force d’amalgames réalisés pour brouiller les repères et à force de storytelling alibis, les mots sont titrisés par autant de hedges funds de la communication qui misent exclusivement sur le court terme. Chaque idée véritablement nouvelle qui prend corps dans la société, à l’image du développement durable, est rapidement pervertie par la communication qui s’en empare pour la gadgétiser. Il en résulte une perte de sens et de repères jusqu’au discrédit de toute parole. Pire, toute communication responsable, pédagogique, utile à la gestion de crise se veut insipide pour l’individu hypermoderne abonné au zapping, à la communication-produit-de-loisirs dans une société que l’analyse et le doute ennuient, dans une société prête à sacrifier les intellectuels pour mieux dissimuler ses turpitudes.

Autoritarisme et repli sur soi
Le danger n’est pas uniquement économique et peut être également démocratique: les périodes de crise sont souvent propices à un autoritarisme exacerbé, réponse simpliste mais électoralement efficace. Le moindre fait divers, les manifestations contre des licenciements, l’hostilité à l’encontre de mesures draconiennes, les violences liées au désespoir peuvent devenir autant de prétextes à la promulgation de lois d’exception tout comme à la fermeture et au contrôle des frontières dans de nombreux pays. Le pire est que l’autoritarisme a généralement pour effet d’amplifier les crises tout en étant applaudi par une large part de populations en quête de boucs émissaires.»

En plus de l’effet domino pouvant jouer directement sur les budgets d’opération des nations, qui pourraient être tentées d'effectuer des coupures drastiques dans les préparatifs pandémiques, s’ajoutent donc aussi les préoccupations décrites par Didier Heinderich.

Je ne connais pas les circonstances qui ont poussé les Américains à inclure l’enveloppe budgétaire substantielle de quelque 900 millions de dollars dédiée aux préparatifs pandémiques dans le plan de relance économique. Mais la résultante, je la constate: elle est désastreuse. Je pense que les autorités américaines vont devoir concocter une monumentale stratégie politique et de relations publiques afin d'arriver à renverser le message négatif qui a été envoyé par le Congrès américain ces derniers jours au monde entier, à propos de l'idée et de la nécessité de se préparer à une pandémie d'influenza. Rappelez-vous la conclusion de Robert Ross.

Les prochaines semaines seront donc cruciales. Car la gaffe du plan de relance économique met en péril la totalité des préparatifs pandémiques effectués à ce jour. Si les budgets de pandémie se tarissent de par le monde, les défenses de l’Humanité vont tomber, au moment même où le virus H5N1 est en train de gagner la partie dans la bataille féroce que les humains lui ont livré depuis des années. Voir à ce sujet un troublant (et long) billet de Scott McPherson.

«Dire la vérité même si ça coûte, surtout si ça coûte,» disait le fondateur du Monde, Hubert Beuve-Mery. Les Américains seront-ils capables de réparer les choix maladroits liés au plan de relance économique? Réussirons-ils à éviter l'effet domino qui pourrait provoquer l’effondrement des préparatifs pandémiques à travers le monde?

La présente situation concernant le plan de relance économique est vraiment incroyable. Cela fait des années que les États-Unis se positionnent en leader mondial et poussent le monde entier à se préparer à une pandémie. Et voilà qu’une manœuvre politique risque tout faire s’effondrer, et de positionner l’Humanité dans une situation de très grande vulnérabilité face aux virus candidats au déclenchement d’une pandémie.

Vallier Lapierre

L’ami @VallierLapierre (qui a une plume admirable, lui aussi --- je vous invite à découvrir son blogue Tous complices) me répondait hier sur Twitter: «Dans le contexte actuel, ça ressemblerait aux dix plaies d'Égypte. Nous vivons une époque vraiment formidable.» Dans le sens de «très grand, important, redoutable, terrible», oui, je suis d'accord. Mais ce n'est pas, à mon avis, une époque magnifique, merveilleuse, phénoménale, prodigieuse, remarquable. À vous de choisir...
 
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