Blogue de Lyne Robichaud

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18 avril 2009

Promouvoir l'esprit civic "DIY" associé à la gouvernance 2.0

Tim O'Reilly

DIY, si vous vous demandez ce que signifie cet acronyme, c'est 'Do It Yourself'.

En français, l'équivalent - à mon avis - serait quelque chose comme "Débrouille-toi-tout-seul". [Disons que je suis un as dans ce genre-là. Depuis que je suis toute petite.]

Sur Twitter, j'ai vu passer aujourd'hui un billet rédigé par Tim O'Reilly, qui a retenu mon attention.

Pour les personnes qui ne le connaissent peut-être pas, Tim O'Reilly est reconnu comme étant l'initiateur de l'expression Web 2.0. Rien de moins!

Donc pour en revenir à ce billet intitulé "The Change We Need: DIY on a Civic Scale", Tim O'Reilly invitait les gens à la fin de son texte à lui faire parvenir des exemples de DIY. Il souhaitait se mettre dans l'esprit du Do-It-Yourself (et non pas dans l'esprit du temps des Fêtes) en lien avec l'idée d'un gouvernement 2.0.
[Traduction] "La technologie nous fournit de nouvelles façons de coordonner, de nouveaux moyens de régir et de réglementer, mais nous ne devons jamais oublier que ce ne sont-là que des moyens. Le but ultime est d'atteindre une société meilleure. Et cela commence avec nous.

Nous avons besoin de redécouvrir le gouvernement comme un catalyseur, et non pas un fournisseur de solutions, comme une plate-forme de notre propre innovation, un levier pour notre propre travail, et non pas comme le deus ex machina que nous nous sommes payés pour faire pour nous ce que nous pourrions faire nous-mêmes.

Si vous connaissez d'autres incroyables histoires de Do-It-Yourself civiques, faites-le moi savoir. Je tiens à mettre de l'avant la technologie dans mon militantisme en faveur d'un Gouvernement 2.0, mais je désire également mettre en valeur l'esprit Do-It-Yourself." [Tim O'Reilly]

Sur Twitter, j'ai indiqué à @Timoreilly que je pense que Zonegrippeaviaire.com est un excellent exemple de DIY, et il m'a invitée par la suite à publier un commentaire sur son blogue.

Voilà donc mon commentaire à Tim O'Reilly en anglais. Je crois par ailleurs que c'est la première fois que je publie quelque chose en anglais sur mon blogue (L'Ère du temps).
Lyne Robichaud [04.18.09 01:35 PM]

I really enjoyed your post about the civic spirit of DIY.

Zonegrippeaviaire.com, based in Quebec, Canada, is a DIY story (I suppose in French we would say «Débrouille-toi-tout-seul».

This site, runned by common citizens, provides open information about pandemic surveillance.

Quebec Government hired the firm BCP – among several projects - to set up a secret ‘Pandemic Watch Portal’, only accessible to 20 officials from Health and Human Services (ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec). BCP received up to $725,000/year since 2005.

This information was revealed to the public in May 2008, when reporter Denis Lessard from La Presse investigated (via the Access to Information Act) about Quebec’s bird flu surveillance activities. (Here is an English translation of this article: http://tinyurl.com/dffuab.)

The president of BCP, John Parisella, is also the actual communication consellor of Prime Minister of Quebec, Jean Charest.

DIY Zonegrippeaviaire.com translates bird flu and pandemic preparedness breaking news in French and blogs about these issues. The community of practice feeding the site Zonegrippeaviaire generates an average of 50 posts per day. The official gov site Pandémie Québec publishes less than 12 news per year.

Quebec Governement rejected DIY Zonegrippeaviaire in June 2008. Officials said social media are ‘not credible and not mature enough’. This decision is based on a document (written by Services Québec), entitled «Les médias sociaux et la communication du risque» (Social media and risk communication). This document was not published by the government. It was obtained via the Access to Information Act: http://tinyurl.com/9fd6p4.

This document concludes: Invest little time and money, and wait untill social media achieve both greater maturity and credibility.

And exactly when that will be?

In the meantime, Quebecois newspapers propagate the media myth of the immature citizen (http://bit.ly/SXDe). [Translation] ‘Sure thing, it’s not tomorrow that we will see bloggors from Quebec play the role of citizen-reporters writing novel news, and being invited to press conferences, as it is the case in Europe and in United States. I think the model of citizen-media is not here.’

And why is that so?

I don’t believe that Quebecois citizens are more immature than any other citizens of the world. There are several excellent political bloggors in Quebec, and I think they are doing a great job as citizen-reporter. As my collegue bloggor Crawford Kilian (Crof's blog) mentioned last week: Being an active member of the Flublogian community of practice is a "tough job, probably beyond the capacity of a single individual."

07 février 2009

Chronologie d’implantation d'éléments en vue d’un déploiement de préparatifs pandémiques


Les choses vont tellement vite aux États-Unis que c’est littéralement de jour en jour que le développement s’effectue dans le domaine des préparatifs pandémiques, notamment en lien avec Internet. Voici quelques éléments que j’ai notés, que j’ai présentés en une chronologie d'événements des quatre dernières semaines:

SEMAINE 2 DE 2009
> Entrée de @BirdFluGov sur Twitter le 12 janvier.
> Le Comité sur la Sécurité intérieur a publié un rapport intitulé “Getting Beyond Getting Ready for Pandemic Influenza” (Aller au-delà d'être prêt pour une pandémie d'influenza) le 14 janvier. Voir mon billet à ce sujet.
> Article de Jean-Yves Nau dans Le Monde à propos des recherches du sociologue Michel Setbon, le 14 janvier. Michel Setbon pense que les autorités devraient répondre à cette question: «Comment faire pour que chaque citoyen fasse ce qui sera nécessaire pour briser le plus rapidement possible la chaîne de contagion interhumaine d'un nouveau virus grippal hautement pathogène?» Voir mon billet à ce sujet.

SEMAINE 3 DE 2009
> Cérémonie d'inauguration de Barack Obama le 20 janvier.
> Création groupe "Public Health Early Warning and Preparedness" sur Facebook par Jim Wilson, co-fondateur de l’entreprise de gestion de risque Veratect Corporation, le 21 janvier. Voir mon billet à ce sujet.
> @BirdFluGov commence à suivre des gens.
> Thierry Saussez (en France) échange avec une leader d'opinion sur Facebook le 24 janvier. M. Saussez a été nommé, le 16 avril 2008, au Conseil des ministres, aux postes de Délégué Interministériel à la Communication et Directeur du Service d'information du gouvernement. Il est chargé de veiller à la coordination des actions d’information et de communication du Gouvernement.

SEMAINE 4 DE 2009
> Plusieurs agences américaines sur Twitter (dont @femainfocus (FEMA), @USDA_CSREES (ministère de l'Agriculture), @diseasecontrol (CDC), Ready.gov, @RedCross (American Red Cross), @FDArecalls). Voir le billet de Michael Coston à ce sujet.
> Plusieurs salariés d’agences américaines sur Twitter eux aussi, dont @AndrewPWilson, le gestionnaire de l'équipe Web au ministère de la Santé (HHS).
> Un lien annonçant présence Twitter en page d'accueil de PanFluGov le 28 janvier.
> Craig Vanderwagen, un haut planificateur du gouvernement fédéral américain (Secrétaire assistant pour la préparation et la réponse, ministère de la Santé), commence à échanger ouvertement avec plusieurs blogeurs sur Facebook.

SEMAINE 5 DE 2009
> HHS annonce qu'il mise sur le pouvoir des médias sociaux le 3 février.
> Annonce du nouveau Social Media Center le 3 février.
> Marc van Ranst (Belgique), un expert et conseiller en virologie mondialement reconnu, commissaire interministériel du gouvernement fédéral belge de préparation pandémique, a rejoint le groupe créé par Jim Wilson sur Facebook.
> Diffusion Web du HHS de la rencontre du Comité national aviseur sur les vaccins (NVAC) le 4 février
> Les blogeurs DemFromCT et Revere sont validés par Michael Osterholm, directeur du CIDRAP, le 5 février.


Qu'arrivera-t-il en semaine 6 de 2009 et les semaines suivantes?

Encore plus de consolidation aux États-Unis en vue d'un déploiement de préparatifs pandémiques (dont sociaux).

Après les changements observés depuis le 20 janvier aux États-Unis, les espoirs sont désormais tournés vers les nations de l'Union européenne dans l’espoir qu’un autre pays se lancera dans un virage 2.0. Il faut bien que cela vienne de l’Europe, car ce ne sera évidemment pas le Canada (et la province du Québec) qui seront les seconds au monde à développer une relation 2.0 avec leurs citoyens, étant donné que le Québec a rejeté le 17 juin 2008 la sphère du Flublogia sous prétexte que les «médias sociaux ne sont pas crédibles ni suffisamment matures». Aucun élément permet d’entrevoir que cette position ait changé.

En cette époque difficile de crise financière mondiale, au cours des deux ou trois prochaines années, comme l’a fait remarquer Scott McPherson, les nations pourraient ne plus se permettre d'injecter des sommes considérables dans l'acquisition d'antiviraux et d'autres équipements, en ce qui concerne les préparatifs pandémiques. Maintenir l'état de préparation en vue d'une pandémie pourrait s'avérer laborieux.

Toutefois, des préparatifs sociaux seraient beaucoup moins coûteux à mettre sur pied. Les communications pourraient donc jouer un rôle considérable au cours des prochaines années dans ce domaine.

Pour toutes ces raisons, plusieurs espèrent qu'un virage social sera observé d'ici peu quelque part (autre qu’aux États-Unis) sur la planète. Sans doute en Europe?

22 janvier 2009

D’autres enjambées flublogiennes dans les médias sociaux

De jour en jour, le développement de la sphère du Flublogia se poursuit dans les médias sociaux. Voyons ce que 24 heures de Facebook et Twitter ont produit.

Du côté de Facebook
Un nouveau groupe a été créé dans Facebook le 21 janvier 2009 par Jim Wilson, qui se définit comme CTO/CSO et co-fondateur de l’entreprise de gestion de risque Veratect Corporation: Public Health Early Warning and Preparedness. Ce groupe compte au 22 janvier à 18h30 un total de 38 membres, ce qui est un succès retentissant, croyez-moi, vu le sujet. En raison du phénomène connu sous le nom de «flu fatigue», rallier des gens autour d’une discussion de grippe aviaire en fait fuir plus d’un! Le groupe se décrit ainsi:
«Ce groupe discute des défis et des questions concernant une alerte précoce d’influenza pandémique et de préparatifs en vue d’une pandémie, de même que d’autres sujets de discussion impliquant des changements opérationnels en santé publique.»

Je suis bien contente que le terme «alerte précoce» se soit retrouvé dans la définition du groupe.

Pour le moment, le groupe est à l’étape du recrutement, et nous verrons en temps opportun de quelle manière s’articuleront les échanges. Le créateur du groupe a déjà nommé plusieurs modérateurs (des capitaines, en français), dont la moitié sont des leaders d'opinion des plus actifs dans le monde du Flublogia.

Ce qui est intéressant avec ce groupe, c'est qu’il est chapeauté par un leader d’opinion issu d’une entreprise privée, avec de l’expérience en «méthodologie de biosurveillance et ayant dirigé une équipe d’analystes chargée de surveiller des menaces biologiques de toutes sortes affectant les animaux et les humains à travers le monde». Cette vision de la biosécurité, combinée avec l’approche sociale des membres de la sphère du Flublogia, produira certainement des résultats intéressants. C’est à suivre!

Du côté de Twitter
Nous accueillons deux nouveaux membres francophones actifs du Flublogia: @Nathacat et @drmsfvermeulen.

@BirdFluGov a annoncé qu’il commençait à suivre des utilisateurs. ‘In case you noticed, we have begun following. More to come on this today or tomorrow.’ Il s’agit de 9 ‘following’ pour le moment, dont plus de la moitié sont liés à la sphère du Flublogia.

Un autre élément intéressant publié aujourd’hui par @BirdFluGov concerne sa vision d’interaction sur Twitter: ‘Posted a page sketching out how we envision interacting on Twitter (for now)' http://tinyurl.com/cy5ke4. Il s’agit d’une version préliminaire qui évoluera certainement au fil des semaines. Nous sommes tous des débutants dans cette grande aventure des médias sociaux, et c’est donc un peu tous de la même manière - à tâtons - que la sphère du Flublogia, et son grand frère @BirdFluGov, évoluent. @BirdFluGov parle d’une «expérience en cours».

Je crois que ce qui se passe en ce moment est très important. Cela me fait penser aux premiers humains qui ont marché sur la lune. Il s'agit de la toute première fois que des gens ordinaires, des citoyens, ont l'occasion de discuter d'égal à égal avec une administration gouvernementale, et de participer activement à l'élaboration de stratégies de communications qui pourraient avoir un impact majeur sur la mitigation des sociétés face à une pandémie.

C'est ce dont les personnes qui se sont dépassées pour que des préparatifs pandémiques aient lieu à l'échelle mondiale, et que des gens connus sous le nom de flubies, rêvent depuis des années. Ce n'est plus du domaine du rêve: nous sommes à l'aube d'une collaboration sans précédent entre la société civile et des autorités gouvernementales. Les enjeux sont tellement élevés qu'ils me donnent le vertige lorsque j'y pense.

Ce réflexe de coucher les accords et les pistes de développement sur papier au fur et à mesure que les événements surviennent me semble la bonne manière d'avancer. Il est important de positionner des balises d'une étape à l'autre, afin que tous sachent dans quelle direction évoluent les réflexions (si nous souhaitons marcher d'une même voix, de plus en plus nombreux, telle une onde se déplace à la surface de l'eau). Puisque les choses bougent très rapidement dans le monde virtuel, je me réjouis que @BirdFluGov ait pris la peine de rédiger quelques lignes au sujet de sa présence sur Twitter.

Par ailleurs, ce ne sont pas uniquement les mordus des préparatifs pandémiques qui observent les agissements de @BirdFluGov. Il y a par exemple les éditeurs de magasines en technologie de l'information, et les stratèges en développement et marketing Web, qui suivent de près ce qui se passe. Car ce qui sera entrepris aux États-Unis pourrait servir de modèle à de nombreuses autres nations du monde. Et comme l'a fait remarquer David Nabarro (le coordonnateur senior de l'influenza humain et aviaire à l'ONU), les efforts déployés pour développer les préparatifs mondiaux sont "si admirables qu'ils pourraient être cités en exemple". Ils pourraient s'appliquer à d'autres problématiques importantes. Alors ce dialogue qui s'amorce entre les citoyens virtuels (je ne dis pas Américains, car je n'en suis pas une - il faut bien que je me case quelque part!) et @BirdFluGov pourrait avoir une portée au-delà de ce que nous pouvons entrevoir au moment présent.

Voici une traduction de
‘PandemicFlu.gov is now on Twitter’ (PandemicFlu.gov est maintenant présent sur Twitter).

Qu’est-ce Twitter?
Twitter est un service de messagerie sociale gratuit, qui permet aux utilisateurs de communiquer en temps réel. Chaque message est composé de 140 caractères de long ou moins, et est appelé un «tweet». Les tweets peuvent être transmis et reçus, à partir d’ordinateurs et d'appareils mobiles. Twitter permet de contrôler combien de messages vous recevez en vous permettant de choisir les utilisateurs que vous souhaitez «suivre». D’autres personnes peuvent vous suivre afin de recevoir vos mises à jour. 'Twitter in Plain English' est une excellent vidéo, brève (2:25 minutes), qui fournit davantage d’information élémentaire à propos de Twitter.

Comment PandemicFlu.gov planifie-t-il d’utiliser Twitter?

Notre présence sur Twitter est une expérience en cours. Nous planifions de fournir des mises à jour lorsque l’information est publiée sur le site Internet de PandemicFlu.gov, et lorsque des reportages «crédibles» à propos de la grippe aviaire sont disponibles dans les médias. [Les guillemets placés sur le mot crédible sont de ma part, vous comprendrez pourquoi un peu plus loin dans mon texte.] Il existe plusieurs autres utilisations potentielles de cet outil, et nous encourageons toutes les personnes qui ont des idées à faire une suggestion en nous transmettant un tweet.

Suivrons-nous en retour?

Nous reconnaissons le fait que les nouveaux outils tels que Twitter tirent beaucoup de leur valeur dans les deux sens, lorsqu’ils permettent à des conversations d’avoir lieu. Toutefois, participer à des nouveaux forums ajoute de nouvelles responsabilités supplémentaires sans toutefois bénéficier de ressources supplémentaires. Afin de nous aider à gérer notre charge de travail pendant que nous expérimentons avec ces nouveaux outils, notre présente approche est de ne suivre uniquement que les utilisateurs qui nous ont transmis des réponses utiles et pertinentes, directement dans notre profil Twitter.

Qu’en est-il des hashtags?
Les hashtags (#) facilitent l’organisation des tweets sur Twitter en des groupes définis par l’utilisateur autour d’un sujet général, faisant en sorte que les conversations sont plus faciles à suivre. Des individus de la communauté PanFlu (des préparatifs pandémiques) ont suggéré que nous utilisions les hashtags #prep et #panflu dans nos profils Twitter. Pour le moment, notre intention est d’utiliser #planfirst en relation avec notre série de diffusion Web PlanFirst. Pour constater de quelle façon ces éléments fonctionnent, effectuez une recherche sur #planfirst dans Twitter.

Je m’étonne que @BirdFluGov se soit lancé dans cette aventure twitteresque sans avoir accumulé au préalable des montagnes d’études et d’analyses!

D’après ce document, la présence du gouvernement américain est en effet une tentative, une expérience nouvelle. Chose certaine, ce n’est probablement pas de cette manière que les autorités québécoises procéderaient...

Mais je n’ai rien contre cette approche, les deux mains à la pâte. C’est très différent de ce que nous connaissons (en sol canadien et québécois et probablement ailleurs également), rafraîchissant, … humain même. À l'opposé du style de document «Les médias sociaux et la communication du risque», publié par Services Québec au printemps 2008, qui concluait que les médias sociaux ne sont ni crédibles ni suffisamment matures pour mériter que le gouvernement du Québec y consacre temps ou argent.

Nous n’avons pas l’impression que les autorités gérant @BirdFluGov sont assises en haut de leur tour d’ivoire.

Je suis convaincue qu’avec cette attitude, @BirdFluGov réussira à stimuler une participation citoyenne et à mettre sur les rails les préparatifs sociaux en vue d'une pandémie. Le défi demeure toutefois titanesque! 24 heures à la fois...

21 janvier 2009

Avec une présence accrue du Flublogia dans les médias sociaux, surgissent des questionnements

Il se passe des choses extraordinaires depuis le début de l’année 2009 en lien avec le Flublogia dans Twitter: nous pouvons observer une participation accrue de gens de cette sphère, en plus bien entendu de l’arrivée très appréciée de @BirdFluGov, la toute première administration gouvernementale à diffuser de l’information sur la marche des virus de la grippe aviaire à travers le monde de même que sur les préparatifs pandémiques.

Une communauté composée de plus d'une douzaine d’individus émet ainsi quotidiennement de plus en plus d’informations via plusieurs plate-formes de médias sociaux. Ces gens sont suivis par des centaines de personnes, alors l’information commence à rayonner dans ces divers réseaux sociaux.

Car ces gens ont lié des amitiés entre eux, bien entendu – et je suis très heureuse que la sphère du Flublogia se soit consolidée au cours des derniers mois. Mais ces gens comptent aussi parmi leurs amis et «followers» des non-flubies (on pourrait quasiment parler de «moldus», comme dans Harry Potter), c’est-à-dire des personnes pas nécessairement habituées à consulter de l’information à propos d’une pandémie.

Par ailleurs, on peut remarquer que parmi les amis des flubies, il y a de nombreux leaders d’opinion très actifs dans leurs sphères respectives, et donc ainsi, peu à peu, le message à propos des préparatifs pandémiques se répand dans tous les milieux de la société.

Ce phénomène de rayonnement social auquel nous assistons présentement est donc des plus importants: c’est à partir d’un noyau dur que s’effectue un balbutiement de préparation pandémique sociale.

En plus, en cette troisième semaine de 2009, un autre phénomène social a eu lieu: des membres du Flublogia ont pris l’initiative de suggérer des standards d’utilisation et se réunissent virtuellement pour échanger sur des sujets. Cela a donné lieu à l’utilisation de hashtag: #panflu pour tout ce qui a trait à l’information sur les virus, et #prep pour tout ce qui concerne les préparatifs pandémiques. @BirdFluGov a également suggéré #planfirst pour diffuser de l’information sur la série d’émissions PlanFirst WebCast, qui sont régulièrement diffusées via Internet.

La présence de @BirdFluGov sur Twitter aura certainement pour effet accélérer le rythme de l’information sur les questions de pandémie exposée aux citoyens. Il sera intéressant d’observer si @BirdFluGov se contentera d’émettre de l’information, ou si il s’engagera dans un dialogue véritable avec la population, en suivant des individus, et en observant ce que ces gens-là disent sur Twitter.

Il sera intéressant de voir si des agences onusiennes lanceront elles aussi une présence sur Twitter. J’aimerais que ce soit le cas, au minimum pour observer le développement de la sphère du Flublogia. Je crois que ce qui se passe en se moment est des plus importants, et l’observation des échanges et des conversations permettrait de mettre sur pied des campagnes de communication efficaces, à travers le monde, en plusieurs langues.

La poignée d’individus actifs actuellement deviendront des centaines, puis des milliers d’individus, à moyen terme. Certaines personnes souhaiteraient recevoir des directives des autorités gouvernementales sur la manière de se comporter, et sur la façon de procéder pour diffuser de l’information à propos des préparatifs pandémiques. À ce que je sache, aucune directive n’est venue lorsque les communautés virtuelles ont construit les forums de discussion portant sur les questions de virus d’influenza et de pandémie. Je ne m’attends donc pas à ce que les autorités fournissent des conseils pour développer d'autres plate-formes de médias sociaux.

Je crois que c’est à nous, citoyens, de nous débrouiller pour faire évoluer les comportements, et nous créer des outils collectifs pour mieux gérer les situations difficiles. Les autorités gouvernementales (mondiales, ou locales) pourraient toutefois soutenir cette démarche, car il s'agit d'un service collectif qui permettrait à de grands pans de la société de faire évoluer les préparatifs sociaux. Par exemple, nous pourrions rédiger des capsules ou des messages-types pour pourraient aider des individus à répondre à des attaques verbales ou à autres situations compromettantes.

L’idéal, bien entendu, serait un dialogue véritable avec les autorités et les planificateurs de pandémie. Toutefois, vu la disparité des comportements entre divers nations, il ne sera pas possible pour les citoyens de tous les pays de pouvoir discuter ouvertement de ces problématiques de développement liées aux préparatifs sociaux. Espérons que certaines nations se positionneront en leaders, et veilleront à développer des outils pour aider les citoyens dans leurs tâches de diffusion de l’information. Voilà un autre exemple concret de collaboration de participation citoyenne avec le secteur public.

Tant mieux si prochainement des actions sont posées pour définir un ensemble de règles pour guider la sensibilisation et l’empowerment des citoyens en vue d'une pandémie. Les agences onusiennes, ou les nations qui sont parvenues à un niveau plus avancé dans leurs relations avec les citoyens, pourraient peut-être créer une sorte d'entité mandatée pour définir un soutien aux communautés virtuelles et réelles? Faisons confiance aux coureurs, et voyons ce qui émergera de la présente explosion de la sphère du Flublogia dans les médias sociaux.
 
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