Blogue de Lyne Robichaud

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10 novembre 2010

Les politiciens s'humanisent grâce aux médias sociaux (Adriel Hampton)

Adriel Hampton. Photo: ©Jeremy Maurer

«Les médias sociaux humanisent notre capacité à reconnecter la démocratie», a indiqué Adriel Hampton, conférencier invité à Gravity Summit le 8 novembre 2010 (Brandman University, Chapman’s OC Campus, Orange County, California) à propos des médias sociaux et du gouvernement. Voir la présentation de Adriel Hampton sur son blogue WiredtoShare.

Dans un monde marqué par la méfiance et la suspicion envers le gouvernement, humaniser un politicien s'avère un excellent moyen de gagner la confiance des citoyens. On pourrait parler d’une bonne première impression, d’une certaine manière. Cela permet de réintégrer l’humain dans le rapport gouvernement/citoyen. Basé sur un échange One-to-One (avec une tendance naissante au One-to-Few), l’internaute n’est donc pas face à un «nom de marque» débitant de l’information, mais face à de réelles personnes travaillant pour le gouvernement, que l’on peut identifier dans le plus souvent des cas (nom, prénom, ministère, agence, etc.).

«C’est l’ère de la participation du consommateur. Le vieux modèle était Informer, persuader et rappeler. Le nouveau modèle est celui de Démontrer, impliquer et participer». (Mich Mathews, à la tête de Marketing Microsoft)

Adriel a cité plusieurs CIO et CEO en exemple. Notons celui du Canadien Chris Moore, CIO de la Ville de Edmonton, mentionné pour son excellente utilisation de Twitter pour s'engager avec les gens. Il a également évoqué le récent colloque Beyond 2010 s'étant déroulé simultanément à Edmonton et Birmingham (au Royaume-Uni).

Lors de cette conférence, Adriel Hampton a dressé une longue liste de projets pouvant être réalisés en lien avec les médias sociaux - par exemple, des outils permettant de poser des questions au conseil municipal, d'autres suscitant la participation au processus budgétaire, ou encore la ludification - qui peuvent réellement générer de l'empowerment des gens. Il a démontré qu'il existe de nombreuses possibilités de solutions de «co-création» entre les citoyens et un gouvernement.

«Cela devrait être plaisant d'être un citoyen», a souligné Adriel Hampton. Impliquez les gens au début du processus. Générez davantage d'auto-détermination. Pensez «Gouvernance!», a-t-il conclu avec enthousiasme.

19 janvier 2009

De la mélancolique démocratie, à la douteuse démocratie

Un billet rédigé aujourd’hui par l’amie Michelle Blanc, intitulé «Obama ouvre la voie du gouvernement 2.0», m’a fait songer à ce bouquin de Pascal Bruckner que j’ai lu une bonne douzaine de fois. Mais en cette veille du 22 janvier 2009, ce n’est plus de «Mélancolique démocratie» que je m’inquiète, mais de «démocratie» tout court. Pas pour nos voisins du sud, bien entendu! Mais pour nous, citoyens du Québec et du Canada.

Pour votre information, depuis le 12 janvier 2009, @BirdFluGov diffuse sur Twitter de l’information à propos de l’influenza aviaire et des préparatifs pandémiques. Les citoyens discutent directement avec le Health and Human Services sur cette plate-forme. Pour vous donner une petite idée de la cadence et de la vitesse à laquelle les choses évolueront, les trois premiers jours de sa participation sur Twitter, @BirdFluGov a émis 10 nouvelles (en plus de nombreux échanges avec des utilisateurs), alors que Pandémie Québec a diffusé 7 nouvelles au cours des 11 derniers mois sur son site Internet. J’attends toujours par ailleurs que se manifestent des réponses aux centaines de lettres que j’ai transmises aux décideurs du gouvernement du Québec depuis le mois de juillet 2008.

Je considère que le fait qu’un gouvernement se mette à diffuser ce type d’information dans les médias sociaux - sur une pandémie, ce qui n’est pas des plus roses, avouons-le -, est extrêmement révélateur de sa capacité de gestion. Plutôt que de faire l’autruche, et de penser que les gens seront effrayés par ces informations, cette nation prend le taureau par les cornes, et s’attaque à de DIFFICILES PROBLÉMATIQUES, en maximisant sur la participation citoyenne pour arriver à mettre de l’avant des mesures titanesques: les préparatifs pandémiques.

En voyant ce qui se passe aux États-Unis, moi aussi, je m’interroge de plus en plus à propos de notre obscure démocratie. Surtout que les autorités québécoises m’ont encore envoyé valser le 6 janvier dernier, et qu’il ne s’est apparemment manifesté en ce début d’année aucune ouverture pouvant faire entrevoir un revirement de situation de la perception des médias sociaux par le gouvernement du Québec.
Cette fois-ci, on m’a encore répété que les communautés évoluant via les médias sociaux «ne sont pas crédibles», mais on eu la délicatesse d’ajouter «parce qu’ils ne sont pas des docteurs». Cela commence à être agaçant à la longue de se faire sans cesse dénigrer…

Demain, je prévois donc une bonne quantité de papiers mouchoirs devant mon téléviseur. Mais pas pour les mêmes raisons que l’amie (américaine) Maryn McKenna, qui a indiqué dans Facebook «qu’elle se dépêchait à faire son travail, parce qu’elle était pas mal certaine qu’elle pleurerait pendant la plupart de la journée mardi» [getting her work done now 'cause she's pretty sure she's going to be crying most of Tuesday].

Pendant que nous regarderons nos voisins du sud s’épanouir, les Québécoises et Québécois qui souhaiteraient que les choses évoluent ont-ils une chance? Le “rêve américain” existe-t-il désormais uniquement pour celles et ceux qui habitent de l’autre côté de la frontière? Peut-être devrions-nous songer à déménager le Canada sur un autre continent, car nous pourrions être portés à penser que l’on ne ‘fit’ plus tellement par ici. Certains pourraient se sentir comme dans un étau, et trouver que cela commence à être des plus inconfortables.
 
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