Voici un billet rédigé spécialement pour le nouveau blogue 'Democratieouverte.org', qui présente Edgeryders à la communauté francophone.
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Que se passe-t-il lorsque quelqu'un a une idée innovante qui contribuerait à rendre le monde meilleur? Cette idée est-elle encouragée? De quelles façons se comportent les gouvernements face aux idées nouvelles? Les personnes qui innovent arrivent-elles à gagner leur vie suffisamment bien? Apparemment, ce n'est pas le cas. Les grands penseurs sont pauvres. Même que toute une génération n'arrive pas à atteindre son plein potentiel.
Le groupe de réflexion Edgeryders tente de déchiffrer en quoi consiste la précarité lors de circonstances inhabituelles. Edgeryders, un projet conjoint du Conseil de l'Europe et de la Commission européenne, est dirigé par la Division pour le développement de la cohésion sociale et alerte précoce du Conseil de l'Europe.
Le paradoxe est que la jeune génération actuelle est probablement plus que jamais créative, généreuse, idéaliste, et collaboratrice. Des jeunes créent leur propre emploi, semblant tout droit sorti de nulle part, avec des projets d'entreprises entièrement nouvelles. Ils vivent en dehors des sentiers battus. Ils vivent et pensent autrement. Ils véhiculent des valeurs différentes. En intégrant ces capacités, cette génération s'affaire à construire le monde dans lequel nous vivrons demain.
Par le biais de «petits paquets de recherche», les participants de Edgeryders sont appelés à réfléchir sur plusieurs grandes problématiques. Avec ce que l'on pourrait qualifier d'approche adaptative, le Conseil de l'Europe se penche sur chacune de ces expériences, qui sont validées grâce à l'évaluation par les pairs, et les utilisera pour proposer à la Commission européenne et à ses États membres une nouvelle stratégie.
Dans un premier temps, COMPRENDRE. Le Conseil de l'Europe cherche à constater que les luttes des jeunes, si difficilement traversées pour arriver à mettre quelque chose sur pied, indiquent qu'il s'agit de préoccupations profondes, et correspondent à ce que ces gens veulent vraiment. Que font ces jeunes dès maintenant pour construire le monde que nous habiterons dans 20 ans? La première partie de l'exercice consiste à repenser les objectifs des politiques publiques.
Dans un second temps, AIDER. Créer des conditions pour que les stratégies - qui exigent présentement beaucoup d'ingéniosité et d'abnégation, et ne sont accessible qu'à une minorité - deviennent viables pour la moyenne des jeunes. Cette partie de l'exercice consiste à repenser la conception des politiques elles-mêmes.
Et troisièmement, S'ABSTENIR. S'il n'est pas possible de leur venir en aide, cesser de mettre des bâtons dans les roues, arrêter de projeter sur ces gens un modèle qui ne leur convient plus.
Dans plusieurs des histoires des participants Edgeryders, nous pouvons entrevoir une trame de fond, «Je suis seul maintenant, mais je ne le serai plus dans l'avenir». Le ton général est grave, parfois même associée à de la tristesse, étant donné que certains ou la plupart vivent dans la précarité, et qu'ils se sentent personnellement responsables de nos transitions. Suffisamment responsables pour être en mesure d'effectuer des changements qui sont parfois douloureux.
La troisième campagne Edgeryders, intitulée "We the people" (http://edgeryders.ppa.coe.int/campaign/we-people), lancée le 9 janvier 2012, comporte un volet d'analyse portant sur le gouvernement ouvert (la mission "Spotlight: open government" http://edgeryders.ppa.coe.int/we-people/spotlight-open-government). Plusieurs participants se sont penchés sur les problématiques qui concernent le développement des données ouvertes et du gouvernement ouvert. Les problématiques propres au milieu francophone ont été abordées, mais il y aurait lieu de continuer d'en discuter, d'approfondir et de chercher des solutions, par le biais de ce groupe de réflexion, étant donné que les recommandations seront déposées à 47 États membres, dont plusieurs sont francophones.
Je participe à Edgeryders avec un double chapeau:
- Je fais partie de l'équipe qui pilote ce projet, à titre de Engagement manager. Mon rôle est d'inciter des citoyens à participer, et les guider sur la plate-forme Edgeryders et le déroulement du projet à travers le temps, une fois qu'ils sont inscrits.
- Je fais également partie de la catégorie des «penseurs pauvres». J'ai proposé un projet de gouvernement ouvert, une grande vision de développement qui s'étendait à toute la Francophonie et au-delà. Ce projet a été rejeté. Je me suis fait refuser l'accès à un programme d'emploi pour travailleurs autonomes: un membre de l'Assemblée nationale du gouvernement du Québec a statué, le 1er septembre 2011, contre ma candidature à ce programme: «Il n'y a pas de solution», a-t-il déclaré.
Dans l'espoir que ce genre de réponse cesse de sortir de la bouche des décideurs gouvernementaux, que les idées nouvelles soient mieux accueillies, et que les politiques publiques appuient l'innovation et le développement du gouvernement ouvert, je poursuis mon mandat avec diligence. J'invite la communauté francophone à participer activement à ce groupe de réflexion. Le projet se poursuit jusqu'à la mi-juin 2012.
Pour en savoir plus à propos du projet, vidéo de présentation (avec sous-titres en français)
Adresse de la plate-forme: http://edgeryders.ppa.coe.int
Blogue de Lyne Robichaud
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27 janvier 2012
13 février 2011
Leçon no.1 de leadership: Observer et écouter
Dans des billets précédents (ici et ici), j’ai mentionné que la manière de faire de la politique avait changé. Les médias sociaux sont devenus un puissant vecteur de changement social dont l’impact est suffisamment important pour induire de profonds changements politiques. Le type de changement demandé est directement lié au leadership.Au cours des prochains billets, j’explorerai des avenues de nouveau leadership qui pourraient répondre aux attentes des acteurs utilisant les médias sociaux comme vecteur de changement. Ce nouveau type de leadership conviendrait à une philosophie de Gouvernement ouvert.
Pour devenir l'âme d'un groupe – dans mon billet précédent, j’ai utilisé l’expression «symbole d’un rêve collectif» −, un leader doit bien percevoir ce que chacun a besoin et ensuite mettre ses perceptions en action. Notez que ce qui compte, ce n'est pas de penser à être réélu, ou de s'inquiéter de sa popularité. Ce qui compte, c'est de répondre aux besoins des gens.
Répondre aux besoins des gens, cela exige une immersion dans la situation – c’est-à-dire qu’il faut mettre les mains à la pâte – pour arriver à lire ce qui se passe. Voilà pourquoi il est crucial que les politiciens et les gestionnaires gouvernementaux apprennent à bien maîtriser les médias sociaux et les incorporent à leur routine quotidienne de travail. Pour s’immerger dans une situation, les leaders gouvernementaux doivent communiquer avec les citoyens. Pourquoi? Parce que les gens ne se promènent pas toujours avec des pancartes sur le front sur lesquelles leurs besoins sont écrits en toutes lettres. C’est plutôt le contraire. Et quand ils sont rendus à se promener avec des pancartes, c'est qu'ils n'ont pas été écoutés. Par conséquent, les leaders gouvernementaux doivent apprendre à lire à travers les gens.
Comment fait-on cela, lire à travers les gens?
Dans un premier temps, en observant, en regardant bien ce qui se passe.
Mais être à l'écoute est très important lorsqu’il s'agit de comprendre la situation dans laquelle vous êtes, et ce qui est criant, ce qui doit être absolument accompli. Dans presque toutes les estimations de ce qui constitue un véritable leader, la même qualité est toujours mentionnée: il faut être un bon auditeur.
Ce n'est pas le charisme, la confiance en soi, l'ambition ou l'ego qui sont les plus importants. Ces qualités sont identifiées chez les dirigeants de premier plan, mais aucune d'entre elles n’est essentielle. L'élément essentiel d’un bon leader demeure un incessant développement de la conscience: ce qui commence par regarder et écouter attentivement.
Les situations se chevauchent. Les conditions changent constamment. Un excellent leader doit demeurer flexible, tout en regardant et en écoutant, afin de faire ressortir le véritable besoin qu’il ou elle doit arriver à remplir.
• Ne pas interrompre.
• Observer attentivement le langage du corps (dans la vraie vie, naturellement).
• Montrer que vous avez de l'empathie. Ne pas critiquer. Ne pas argumenter. Et ne surtout pas − au grand jamais − ne surtout pas être condescendant.
• Comprendre le contexte ou la vie de l'autre personne.
• Établir des communications interpersonnelles sans pour autant envahir l'espace privé.
• Offrir votre propre point de vue, mais pas trop, ni trop tôt.
• Être à l’écoute en faisant appel simultanément à quatre niveaux de perception: corps, esprit, cœur et âme.
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