Blogue de Lyne Robichaud

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24 septembre 2011

Rencontre du 23 septembre entre BC et Québec

Certains lieux de ce monde exercent une fascination sur notre imagination et nous font rêver. Ces lieux diffèrent d’une personne à l’autre. Pour certains, qui n’aiment pas les rigueurs de l’hiver, ils rêvassent de sable chaud et de plages ensoleillées. D’autres, qui sont mordus de planche à neige ou de ski, peuvent vous décrire toutes les pentes du monde, et certaines montagnes exercent sur eux un grand envoûtement.

Parfois, un immeuble ou une œuvre d’art provoque cette féérie. Dans le film «Les dernières vacances» (Last Holiday), Queen Latifah s’extasie devant le plafond d'une station balnéaire européenne, le Grand Hotel Pupp, Karlovy Vary (Carlsbad), en République tchèque. «Est-ce que ça ne vous donne pas envie de chialer (tellement que c’est beau)?», demande-t-elle.

En ce qui me concerne (ne riez pas, je vous en prie!), je me mets à rêver quand j’entends parler de ces lieux (fabuleux) où le gouvernement ouvert est plus avancé.

Cela m’est arrivé l’automne dernier, je me suis mise à rêvasser, lorsque j’ai entendu Chris Vein parler de gouvernement ouvert à San Francisco, de vision et d’inspiration, lors d’une conférence à Beyond Edmonton. [En octobre 2010, il était Chief Information Officer de San Francisco. Il est maintenant deputy U.S. chief technology officer for government innovation at the Office of Science and Technology Policy, Executive Office of the President.) Dans cette vidéo, Chris Vein explique comment s’y prendre pour arriver à créer des projets de gouvernement ouvert ("dream big, work hard and inspire") et en quoi San Francisco se distingue des autres villes.]

Aujourd’hui, j’ai assisté à une rencontre entre des représentants du gouvernement de la Colombie-Britannique et les membres de l’équipe de Henri-François Gautrin (gouvernement du Québec). Le témoignage des gestionnaires de la Colombie-Britannique (dont David Hume, Executive Director, Citizen Engagement) était inspirant, et m’a plongée dans le ravissement. Je suis contente d’avoir pu observer que les membres de l’équipe Gautrin étaient également sous le charme.

Ce ne sont pas tant les projets qui sont effectués qui éblouissent (cela ne fait que quelques mois que le gouvernement ouvert a été lancé en Colombie-Britannique) mais la façon de penser les projets par ces gestionnaires qui retient l’attention. Une attitude positive imbibe toutes leurs stratégies. Cela crée un contexte favorable, où tout se met à couler suffisamment harmonieusement pour permettre d’atteindre le succès avec peu d’investissement. C’est cela que je trouve «beau» dans le gouvernement ouvert, cette autre façon de faire les choses, avec un regard neuf et novateur, qui ouvre des fenêtres de possibles, et redonne de la crédibilité au gouvernement.

J’ai assisté aujourd’hui à un très beau moment, où quatre gestionnaires de Colombie-Britannique ont décrit comment ils sont parvenus à articuler une initiative de gouvernement ouvert, qui consiste en un heureux mélange de leadership, vision fournissant à l’organisation une ferme direction, volonté d’innover, choix de mettre la peur de côté, et conscience que ce qui se fait maintenant consolide l’avenir et apporte des solutions à des problématiques à long terme.

J’ai été privilégiée d’assister à ce témoignage, et je regrette que celui-ci n’ait pas été enregistré, afin que d’autres citoyens et gestionnaires gouvernementaux puissent s’en inspirer. La rencontre d’aujourd’hui m’a donné le goût de créer des capsules vidéo présentant les efforts déployés, ou encore de développer une série de "webcasts", qui mettrait en valeur les moyens trouvés et les solutions mises de l’avant. Cela donne aussi le goût d’organiser un événement annuel célébrant les meilleures pratiques, où des gens de l’espace canadien (et d’ailleurs) pourraient se réunir pour partager leurs expériences et découvrir ce que les autres accomplissent dans le domaine du gouvernement ouvert.

Aujourd’hui marque le début, espérons-le, d’une collaboration entre la Colombie-Britannique et le Québec, autour de questions concernant le gouvernement ouvert. Je suis reconnaissante d'avoir pu être là, pour assister à ce possible commencement.

Le Québec n’est pas encore un gouvernement ouvert, et il traverse présentement une grave crise de transparence. Samedi 24 septembre, des citoyens québécois manifesteront contre la corruption devant le bureau du premier ministre Jean Charest, à Québec et à Montréal.

Il reste deux mois et demi avant le dépôt du rapport Gautrin sur le potentiel du Web 2.0. La marche est plutôt haute, pour faire en sorte que le Québec passe de qu’il est présentement, et se transmue en quelque chose de complètement différent, en plus de traverser une crise assez considérable, pour arriver à cheminer vers une politique de gouvernement ouvert.

La condition essentielle pour réussir: le leadership.

Qu’est ce que cela signifie, dans les faits?

Il faudrait que l’expression «gouvernement ouvert» sorte de la bouche du premier ministre et d'autres hauts dirigeants du gouvernement. Pas juste une fois. De très nombreuses fois, à toutes les sauces. Il faudrait que des phrases inspirantes soient prononcées, qui parlent de transparence, d’être à l’écoute, d’accorder une valeur à la participation citoyenne et de demander leur collaboration, etc.

Tout est possible dans la vie. Et même Jean Charest et ses ministres peuvent modifier leurs pensées (et leurs paroles).

Monsieur Gautrin, le sable aura bientôt fini de s'écouler dans le sablier. Vous percevez très clairement quelle est votre mission. Je ne peux rien faire d’autre que de vous souhaiter bon succès.

"Next time, you will laugh more, you will love more, and you won’t be so afraid." C’est ce que le personnage qu’interprète Queen Latifah se promet, dans "Last Holiday". (Les films de filles, c'est parfois super!)

21 juin 2011

L'Ombudsman de l'Ontario appelle à un gouvernement ouvert

André Marin
Ce soir, j'ai félicité l'ombudsman de l'Ontario, André Marin, d'avoir demandé un gouvernement ouvert. Il m'a répondu sur Twitter: "Merci. Je vais continuer à faire la lutte", en parlant des "naysayers", suite à son gazouillis "Convinced more than ever that #opengov naysayers are wrong."

Voici le communiqué de presse, la traduction en français, du bureau de l'ombudsman de l'Ontario. Je trouve cette traduction un peu étrange... Il est question 'd'ouverture gouvernementale', plutôt que de 'gouvernement ouvert'. Bof, peu importe le vocabulaire, ce qui compte, c'est qu'une voix s'est élevée. Cela fait du bien d'entendre ce genre de discours au Canada, au niveau provincial.

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L'OMBUDSMAN APPELLE À L'OUVERTURE GOUVERNEMENTALE EN ONTARIO: RAPPORT ANNUEL 2010-2011
Date: 2011-06-21 - Salle de presse, Ombudsman

TORONTO (21 juin 2011) – L’Ombudsman de l’Ontario, André Marin, a invité le gouvernement de l’Ontario à suivre vigoureusement la tendance mondiale à l’ouverture gouvernementale, soulignant que bon nombre de ses enquêtes sur les organismes gouvernementaux avaient révélé un manque de transparence et de responsabilisation envers les Ontariens.

«L’Ontario a maintenant l’occasion de jouer un rôle devancier sur ce plan», affirme M. Marin dans le premier rapport annuel de son second mandat quinquennal d’Ombudsman. «Quand le processus décisionnel reste fermé, il y a dissimulation, au pire, ou manque d’efficacité, au mieux. La réputation du gouvernement s’en trouve ternie et les administrés sont frustrés et anxieux.»

La montée des médias sociaux et l’accès sans précédent du public à l’information en temps réel ont eu des répercussions partout sur la planète – renforçant les attentes du public envers la transparence au gouvernement, dit M. Marin. «Le temps est révolu où les gouvernements pouvaient contrôler leurs messages et choisir comment gérer l’information publique», affirme-t-il. Et il incite le gouvernement à penser de manière proactive et à diffuser l’information, au lieu de simplement réagir aux demandes.

L’Ombudsman a cité plusieurs exemples montrant comment son travail avait mis en évidence des décisions gouvernementales qui avaient tenu le public à l’écart – la plus connue de toutes étant le renforcement des pouvoirs policiers lors du sommet du G20, l’été dernier à Toronto. Comme l’atteste son rapport de décembre 2010, Pris au piège de la loi, la province a discrètement adopté un nouveau règlement en vertu d’une loi datant d’un temps de guerre et n’en a pas averti le public, contribuant ainsi à des violations massives des droits civils. Depuis, la province s’est engagée à supprimer la Loi sur la protection des ouvrages publics et à mieux informer le public à l’avenir.

Un autre cas similaire a été exposé en détail dans le rapport fait par M. Marin en août 2010, La combine du RLISS, montrant que les Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) avaient illégalement tenu des réunions à huis clos dans un but «d’éducation» – contrairement à leur mandat d’engagement de la communauté. Depuis, tous les RLISS ont modifié leurs règlements et ont adopté de nouvelles directives d’engagement de la communauté.

Voici certains des autres domaines évoqués dans le rapport de l’Ombudsman qui se rapportent au thème de «l’ouverture gouvernementale»:

- Inspections des foyers de soins de longue durée (page 44): Les foyers affichaient en ligne les résultats d’inspection, comme promis, mais les renseignements donnés étaient souvent grossièrement obsolètes, inexacts et incompréhensibles.
- Surveillance du secteur MUSH (page 13): Contrairement à toutes les autres provinces, l’Ontario protège les municipalités, les universités, les conseils scolaires et les hôpitaux (de même que les foyers de soins de longue durée, les sociétés d’aide à l’enfance et la police) de la surveillance de l’Ombudsman – et le Bureau de M. Marin a donc dû rejeter 1 963 plaintes à propos de ces organismes cette année.
- Réunions municipales (page 57): La plupart des 45 cas étudiés par l’Ombudsman à propos des réunions à huis clos ont été aisément réglés, mais certains ont révélé que des incompréhensions subsistaient à propos de l’ouverture sur le plan local. Ainsi, la Ville de Latchford a avisé, à tort, ses citoyens que leurs plaintes à l’Ombudsman sur les réunions à huis clos seraient tout d’abord examinées par les responsables municipaux.
- Hydro One (page 70): Une femme, à qui Hydro One avait facturé par erreur un tarif commercial d’électricité pour sa consommation résidentielle, a été avisée par Hydro One qu’elle aurait dû remarquer elle-même la bévue d’Hydro One étant donné que la facture faisait référence à un tarif « régulier».

Comme les années précédentes, la mise en évidence de tels manques de transparence a mené en fin de compte à une meilleure gouvernance, dit M. Marin. Il en a cité des exemples, comme son enquête de 2006 sur les méthodes secrètes de la Société d’évaluation foncière des municipalités, son enquête de 2007 sur le désintérêt initial de la Société des loteries et des jeux de l’Ontario à examiner les cas de gagnants «liés à la Société», et son enquête de 2009 sur le plafond arbitraire de financement de l’Avastin, médicament anticancéreux.

«Le temps est venu pour le gouvernement de l’Ontario de ne plus se contenter de beaux discours sur la transparence», dit M. Marin. «Pour commencer, il pourrait ouvrir la porte à une surveillance accrue de l’Ombudsman sur le secteur MUSH.»

Le Bureau de l’Ombudsman a fait sa part pour privilégier vigoureusement l’ouverture depuis que M. Marin a été nommé en 2005. Tout en s’acquittant de son obligation de protéger la confidentialité des plaignants, le Bureau joue un rôle précurseur dans l’utilisation des médias sociaux, entre autres pour les enquêtes. Bientôt, il lancera sa propre application Web pour faciliter plus encore l’accès au public.

«Je ne doute absolument pas que le gouvernement de l’Ontario et ses administrateurs aspirent à l’ouverture et à la transparence», dit M. Marin. Et il les incite «à opter fermement pour l’ouverture et la transparence, pas uniquement dans le cadre d’une politique générale, mais en faisant de ces éléments leur croyance fondamentale – et leur plus grande contribution.»

11 juin 2011

Pourquoi continuons-nous à être confondus à propos du gouvernement 2.0?

John F Moore

Voici ma traduction en français d’un billet de John F Moore sur ce qu’est le gouvernement 2.0. Je préfère de beaucoup utiliser l’expression «gouvernement ouvert», à connotation moins prononcée envers la technologie.

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POURQUOI CONTINUONS-NOUS À ÊTRE CONFONDUS À PROPOS DU GOUVERNEMENT 2.0?

Par John F Moore, GovintheLab.com

Andrea Di Maio a récemment écrit un billet ihttp://www.blogger.com/img/blank.gifntitulé "Gartner Symposium Does Not Paint a Pretty Picture for Government 2.0" («Le Symposium Gartner ne peint pas une belle image du gouvernement 2.0»), qui résume son point de vue à propos du Symposium Gartner. Vous devriez le lire et revenir ici ensuite. Je vous attends pendant ce temps…

L’essentiel de ma réponse à Andrea, c'est que nous continuons de penser le gouvernement 2.0 comme étant axé sur la technologie et nous persistons à attendre de nos directeurs de l’information qu’ils exercent un leadership. Le gouvernement 2.0 n'est pas du tout que de la technologie; la technologie en est tout simplement le catalyseur.

En se référant à ma définition du gouvernement 2.0, je dis toujours aux gens qu'il s'agit d'une approche axée sur les buts stratégiques du gouvernement. Il atteint les objectifs grâce à une efficacité accrue, une meilleure gestion, la transparence de l'information et l'engagement des citoyens, et le plus souvent en mettant à profit les technologies nouvelles pour atteindre les résultats souhaités.

Le gouvernement 2.0, ce n’est pas non plus l'utilisation des médias sociaux, le déploiement de solutions d’informatique en nuage (cloud computing) ou l'ouverture des données. Cela est souvent utilisé dans le cadre de solutions tactiques pour atteindre les objectifs dans les implantations réussies, bien entendu, mais ce ne sont pas là les objectifs. Nous observons le succès lorsque les gouvernements locaux et les organismes adoptent une approche stratégique. Nous n'avons qu'à regarder au ministère de la Défense, le Département d'État, le ministère des Services aux anciens combattants, le ministère de la Santé et des Services sociaux, Manor Texas, San Francisco, Boston, Washington DC, et tant d'autres pour voir des exemples de réussites en matière de gouvernement 2.0.

J'ai écrit à propos de cela auparavant, mais je vais l’écrire encore et encore, jusqu'à ce que j'entende tout le monde le répéter. Souhaitons-nous voir le gouvernement 2.0 réussir? Si nous voulons qu’il réussisse, nous devons:
• Arrêter de nommer des directeurs de l’information en charge d’initiatives de gouvernement 2.0. Nommons plutôt des chefs d'agences ou de municipalités. Ils devraient travailler de concert avec les services principaux, tels que l'informatique, par l'intermédiaire du directeur de l’information, mais la dimension affaires du gouvernement devrait être responsable.
• Définir clairement les objectifs à atteindre. Si vous voulez que toute organisation ait du succès, il faut d'abord comprendre où celle-ci s’en va.
− Communiquer ces objectifs au public, à l'intérieur et à l'extérieur de l'organisation.
• Exercer une meilleure gestion. Trop souvent, les objectifs, la mission, ne sont pas bien compris par toute l'organisation. Des méthodologies de gestion de meilleure qualité sont un élément essentiel de cette transformation.
− Les gens se concentreront sur des objectifs par rapport auxquels ils sont évalués. Formuler des objectifs clairs et récompenser / sanctionner les équipes et les individus en fonction des résultats.
• Utiliser la technologie pour atteindre les objectifs.
− Transparence de l’information. Des ensembles de données ouvertes sont produits chaque jour pour être partagés dans les rouages internes, que le gouvernement possède à propos de la santé, l’éducation, le transport, et plus encore.
− La participation citoyenne. L'utilisation des médias sociaux en combinaison avec d'autres canaux de communication comme la télévision, l’impression papier, et les réunions en personne ouvrent de nouvelles possibilités.
− Tirer parti des technologies plus récentes. L’informatique en nuage (cloud computing), QR-Codes, réseaux sociaux, et beaucoup, beaucoup plus, jouent un rôle clé dans la réalisation des résultats souhaités.
− Exploiter les technologies anciennes, y compris le courriel, le téléphone et le courrier postal, le cas échéant. Bien que les jouets flambant neuf soient parfaits pour des problèmes plus techniques, les anciennes technologies peuvent également convenir dans d'autres situations.

Le plus tôt nous dépasseront notre mise au point myope sur la technologie, le plus tôt nous pourrons reconnaître les modèles de réussite qui sont déjà en cours de création aujourd'hui. De quelles façons nos leaders d'opinion peuvent-ils aider?
 
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