Blogue de Lyne Robichaud

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04 octobre 2010

Enjeux d'un governement 2.0

L'entrepôt top secret du gouvernement, d'après le film Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, créé par George Lucas en 2008


Selon des Nations Unies, la bonne gouvernance a huit caractéristiques:
- axée sur le consensus;
- participatif;
- suivant la règle de droit;
- efficace;
- responsable;
- transparent;
- réactif;
- équité et l'inclusion.

Nous pouvons par conséquent déduire que le gouvernement 2.0 s'avère une 'bonne gouvernance'.

La gouvernance a pour but de fournir l'orientation stratégique, de s'assurer que les objectifs sont atteints, que les risques sont gérés comme il le faut et que les ressources sont utilisées dans un esprit responsable. Elle veille en priorité au respect des intérêts des ayants droits (citoyens, pouvoirs publics, partenaires) et à faire en sorte que leurs voix soient entendues dans la conduite des affaires.

L'évolution vers la transparence des données publiques afin de transformer la démocratie représente l'une des plus importantes tendances en matière de gestion publique dans le monde.

Mais encore faut-il savoir comment gérer tous les aspects qu'implique la transparence d'un gouvernement.

Tout dépend de la capacité des gouvernements de passer d'orateurs à causeurs.

L'ouverture du gouvernement au moyen de la divulgation de données brutes sur les transactions représente une forme d'ouverture fondamentalement nouvelle qui soumettra les gouvernements à une surveillance et à un niveau d'obligation de rendre compte sans précédent, tout en offrant la possibilité d'améliorer les services publics.

Davantage de transparence:
- conduit à un public mieux informé;
- met l'accent sur l'obligation de rendre compte;
- réduit les risques de corruption;
- a pour effet de renforcer les communautés;
- contribue à l'amélioration des marchés.

S'ils désirent que leur démarche d'implantation du gov2.0 soit efficace, les gouvernements doivent être ouverts à la transparence. Les organismes ne doivent pas mettre les données en ligne discrètement. Ils doivent plutôt avertir le public de ce qu'ils font et pourquoi, tout en essayant d'obtenir sa participation et son engagement.

Même si les gouvernements ont toujours besoin de gérer de nombreux services et canaux d'information, ils pourront miser sur les talents et la créativité en dehors de leurs compétences afin de promouvoir une meilleure connaissance, une meilleure compréhension, et de meilleurs résultats.

Les gouvernements n'ont plus besoin d'être les seuls arbitres à décider des données importantes pour les utilisateurs ou de la manière dont elles doivent être présentées. Désormais, les gouvernements peuvent créer d'immenses mémoires de données disponibles, pour un coût relativement peu élevé, et laisser les utilisateurs concevoir des applications novatrices.

Encourager l'innovation en:
- exploitant la créativité des citoyens;
- brisant la structure traditionnelle des gouvernements;
- générant une saine concurrence;
- changeant la culture.

Lorsque les représentants du gouvernement commencent à traiter leurs données comme une ressource publique, les possibilités d'habitation de citoyens développeurs et de collaboration avec ces derniers se multiplient.

Afin d'améliorer l'utilité des données gouvernementales en ligne, les gouvernements doivent développer les compétences analytiques nécessaires au partage du volume croissant de données non structurées disponibles en ligne. Si l'ouverture des données publiques transforme véritablement la manière dont le gouvernement fonctionne, l'analyse des données devra être alors une compétence essentielle de la plupart des organismes.

18 novembre 2008

Est-il survenu des décès de listériose non déclarés au Québec?

Est-il survenu des décès de listériose non déclarés au Québec? Assistons-nous à une appropriation québécoise du scénario indonésien de camouflage des cas?

Paru le mardi, 26 août 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com

À 7h30 ce matin, j’ai reçu un étrange appel téléphonique. Un ami (agent d’immeuble), qui compte parmi ses clients un employé du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, m’a averti de faire très attention à toutes les viandes. Il a même recommandé de n’en consommer aucune d’ici Noël, «le temps qu’ils (les autorités) fassent le ménage», m’a-t-il précisé.

Son client, qui travaille au MSSS, l’a informé qu’il est survenu plusieurs décès causés par la listériose AU QUÉBEC, mais que ces cas ont été diagnostiqués sous une autre maladie, afin de ne pas affecter l’économie.

Avez-vous déjà entendu pareille histoire quelque part? Cela sonne à mes oreilles, en tous cas, comme celles qui nous parviennent de l’Asie, en particulier de l’Indonésie, ayant trait à la grippe aviaire.

Je vous confie ces informations sous toute réserve, étant donné que je n’ai aucun moyen de les confirmer. Comme indique souvent le blogueur américain Michael Coston: Calveat Lector, ce qui signifie en anglais, «Let the reader beware». L’ami en question n’est pas un mordu de grippe aviaire, et il n’est même pas au courant de ce qui se passe en Indonésie, encore moins des subtils subterfuges et habiles stratégies de camouflage de cas suspectés de H5N1. J’ai donc été très abasourdie d’entendre de sa bouche un scénario en tout point semblable à celui qui se trame en Indonésie, où de nombreux cas suspectés de H5N1 sont souvent diagnostiqués pour de la fièvre dengue, par exemple. Dernièrement, l’Indonésie a modifié sa politique de reportage des cas, en annonçant que les cas de grippe aviaire ne seraient annoncés que périodiquement, dans le but d’améliorer l’image de la nation (et notamment de protéger l’économie).

Un article signé aujourd’hui par Alexandre Shields dans le quotidien Le Devoir parle de «crise majeure» et rapporte que la situation a empiré hier:
«Le bilan des décès associés aux viandes contaminées de l'entreprise Maple Leaf s'est passablement alourdi hier, puisque l'on parle maintenant de 12 morts, sur un total de 26 cas avérés de listériose. Et au moins une trentaine d'autres personnes pourraient avoir été infectées par la bactérie Listeria monocytogenes, dont une dizaine au Québec, selon ce qu'ont fait valoir les autorités sanitaires canadiennes.»
Alors que les autorités canadiennes ne rapportent qu’une dizaine de patients infectés au Québec, mon ami m’a parlé de «plusieurs décès», qui seraient survenus dans la belle province.

Le journaliste Alexandre Shields a inclus dans son article la citation suivante, qui laisse entendre qu’il pourrait y avoir davantage de cas:
«Nous nous attendons à ce que le nombre de cas suspects ou confirmés augmente pendant que l'enquête se poursuit et que nous continuons à tester des échantillons», a en outre indiqué le ministre canadien de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Gerry Ritz, au cours d'un point de presse tenu en fin de journée à Ottawa.
Il paraîtrait que cette «crise majeure» a provoqué l'un des plus importants rappels de viande de l'histoire canadienne, a indiqué Alexandre Shields, de quoi inquiéter les consommateurs. Le journaliste du Devoir a donné des précisions sur la situation financière de Maple Leaf, l’entreprise touchée par cette crise de listériose:
«Les marchés boursiers ont d'ailleurs réagi négativement hier, puisque l'action de l'entreprise [Maple Leaf] a perdu 10% de sa valeur à la Bourse de Toronto, terminant la journée à 8,80$. Le titre pourrait poursuivre sa chute aujourd'hui, puisque les autorités sanitaires ont fait état du bilan alourdi à 12 décès après la fermeture des marchés.

[…]

L'industrie canadienne de la viande est la plus importante industrie du secteur de la transformation alimentaire au Canada avec quelque 67,000 employés et des ventes annuelles brutes de porc, de boeuf, de veau, d'agneau et de volaille de plus de 20,5 milliards. L'année dernière, le Canada a exporté plus de 1,3 milliard de boeuf et plus de 2,4 milliards de porc à plus de 150 pays.

Le géant Maple Leaf Foods, avec quelque 23,000 employés, a réalisé des ventes de 5,2 milliards de dollars en 2007.»

Sheila Fraser. Photo source

Ne perdons pas de vue, par ailleurs, que le gouvernement du Québec n’a pas signé d’entente avec le gouvernement fédéral concernant le partage des données en lien avec des épidémies. Voici ce qu’a déclaré la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, dans son dernier rapport, en mai dernier:
«L'Agence de la santé publique du Canada n'a pas réalisé des progrès satisfaisants à l'égard des recommandations axées sur les orientations stratégiques, la qualité des données, la mesure des résultats et le partage des données. Afin d'obtenir continuellement des données de surveillance, l'Agence doit compter sur la bonne volonté des provinces et des territoires. Cependant, en raison de lacunes dans les accords de partage de données conclus avec eux, il n'est pas garanti qu'elle obtienne des données exactes et complètes en temps opportun.»
D’après Sheila Fraser, rien ne garantit donc que le gouvernement du Québec fournisse des données EXACTES ET COMPLÈTES au gouvernement du Canada. Est-ce ce qui est en train de se produire? Les propos qui m’ont été rapportés par mon ami sont-ils plus réels que les données que l’on peut lire dans les journaux locaux? Il n’est pas possible de vérifier, mais on peut rester vigilant, et se poser de sérieuses questions sur la véritable transparence du gouvernement du Québec, la même administration qui n’a pas voulu reconnaître le Flublogia et le site Zonegrippeaviaire, sous prétexte de ne pas avoir à composer avec le reste des médias sociaux, ou en d’autres mots, pour ne pas avoir à établir de dialogue véritable avec sa population et pour garder le contrôle absolu de l’information.

Faites attention à vous! Il serait peut-être sage de s’inspirer des consignes aux voyageurs qui sont appliqués à la grippe aviaire, concernant la manipulation et la consommation de la viande (Conseils de santé aux voyageurs, décembre 2007, Agence de la santé publique du Canada):
- Lavez-vous les mains! Les voyageurs sont informés de suivre des mesures d'hygiène strictes et de bien se laver les mains souvent, car les microbes qui causent les maladies, comme les virus et les bactéries, se retrouvent fréquemment sur les mains.

- Assurez-vous que les plats à base de viande, soient bien cuits.

- Surveillez votre état de santé.
Voici d’autres consignes s’appliquant à la listériose, émises par Santé Canada:
- Lire et suivre les instructions de toutes les étiquettes pour la préparation et la conservation des aliments;

-Après avoir manipulé des aliments, en particulier des aliments crus comme la viande, bien nettoyer toutes les surfaces utilisées avec un désinfectant pour la cuisine (suivre le mode d'emploi sur le contenant) ou une solution d'eau de javel (5 ml d'eau de javel dans 750 ml d'eau), et rincer à l'eau;

-Pour éviter la contamination croisée, nettoyer les couteaux, les planches à découper et les ustensiles utilisés pour les aliments crus avant de les utiliser de nouveau;

- Évitez les saucisses à hot dog, particulièrement si elles sont mangées sans être réchauffées. Listeria peut être présente en plus grand nombre dans le liquide contenu dans les paquets que dans les saucisses.

- Éviter de répandre le liquide sur d'autres aliments, les planches à découper, les ustensiles, la vaisselle et les surfaces servant à préparer les aliments. Se laver les mains après avoir manipulé les saucisses.
Selon Santé Canada, les symptômes de Listeria peuvent se manifester subitement:
  • vomissements;
  • nausées;
  • crampes;
  • diarrhée;
  • violents maux de tête;
  • constipation; ou
  • fièvre persistante.
 
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