Blogue de Lyne Robichaud

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08 mai 2009

Sommes-nous mûrs pour un WHO2? C'est ce que nous propose gsgs

L'ami Guenter Stertenbrink (gsgs), un passionné de mathématiques, casse-têtes, échecs, influenza, programmation, robotique et "futur éloigné", m'a contactée il y a deux jours pour me faire part de son idée de WHO2, une sorte de "Greenpeace for health".

"An ideal world would be able to separate the science from the politics. Unfortunately in our modern world, politics always gets involved with the wider implications that health crises cause, either global or domestic," a indiqué Guenter Stertenbrink.

Cela fait deux ans que je songe à cette même idée. À force d'observer les entités gouvernementales locales, régionales et internationales, ainsi que la communauté scientifique, j'en suis venue à la même conclusion que mon ami Guenter.

Nous assistons à une montée des goverati en ce moment. Alors je crois que cela pourrait être le bon timing pour créer davantage de transparence. La communauté de pratique Flublogienne est-elle prête à passer à un autre niveau de collaboration?

Afin d'appuyer Guenter Stertenbrink, j'ai effectué un retour sur FluTrackers.com. J'ai opté pour la même signature que celle de Twitter: mon nom d'utilisateur sur ce site est Lyne_Robichaud.

Voici mes commentaires publiés sur FluTrackers aujourd'hui. Je n'ai pas le temps de les traduire en français.

Gsgs, I agree with you idea: there is a need for an independant entity.

There are no Flublogian diplomats or ambassadors.

The Greenpeace model, built by environmentalists, is successful. Why not apply it to health?

These past 3 years, I observed the scientific community, UN agencies, and governments. The "scientific renaissance" announced by Keiji Fukuda on May 7, 2008 never really unfolded before our eyes. The same un-transparency seen for H5N1 could probably be repeated for A(H1N1).

"We are in a period in which information on a number of different aspects of influenza is just burgeoning. In many ways, we are in a kind of scientific renaissance, but the technical information about a number of different issues have really increased at a huge pace." [Dr. Keiji Fukuda, Coordinator of WHO's Global Influenza Program. Source: WHO to Update Guidelines for Possible Flu Pandemic, By Lisa Schlein, FluLab, May 7, 2008]

Recently, (my friend) Dr. Mark Drapeau, researcher at the Center for Technology and National Security Policy (CTNSP) (@cheeky_geeky) came up with a new expression: "goverati". Since the beginning of 2009 - associated to the increased implementation of Governement 2.0 - we are assisting to the rise of goverati.

What is a goverati? "It is made up of people with first-hand knowledge of how the government operates, who understand how to use social software to accomplish a variety of government missions, and who want to use that knowledge for the benefit of all.

The goverati includes not only government employees, but also people from think tanks, trade publications, and non-profits. And it includes high-profile thinkers outside of the government who have an interest in a more open, transparent, and efficient government," according to Dr. Mark Drapeau.

The Sunlight Foundation uses the power of the Internet to shine light on the interplay of money, lobbying, and government. It is also a succesful model that we could look into.

CrisisCamp 2009 (Gov2.0 related to health and emergency issues) will take place on June 12-14 2009 in Washington, DC. I invite everyone to participate via Twitter, follow @Crisiscamp, and discuss and promote the idea of a "Greenpeace for health".

04 janvier 2009

Les préparatifs pandémiques comparés à la tâche de Sisyphe

Sisyphe, par Franz von Stuck, 1920. Source

Dans la mythologie grecque, Sisyphe, fils d’Éole et fondateur de Corinthe, a dénoncé Zeus qui avait enlevé une jeune vierge, la fille d’Asope. Pour le punir, Zeus l’a condamné à rouler éternellement, dans le Tartare, un rocher au sommet d’une montagne sans jamais y parvenir: à peine Sisyphe arrive-t-il près de son but que le rocher roule vers le bas, et tout est à recommencer...

Dans un article publié le 1er janvier 2009, Helen Branswell rapporte les propos de Keiji Fukuda, à la tête du programme global d’influenza de l’Organisation mondiale de la santé:

«Et si nous commençons à baisser la garde et déplaçons notre attention sur quelque chose d’autre qui soit complètement différent, alors nous risquons vraiment de perdre beaucoup de travail, qui a été construit au cours des quatre dernières années.»

«Faire ceci [les préparatifs pandémiques] encore et encore est véritablement… c’est comme si nous étions Sisyphe,» a-t-il comparé, en faisant référence au mythe grecque d’un personnage condamné à une tâche que ne peut jamais être complétée.


Photo: AP, par Jacques Brinon. Source

Ces propos contrastent avec ceux de David Nabarro, coordonnateur senior de l’influenza pour les Nations Unies, prononcés le 13 novembre dernier lors d’une conférence au Centre for Stategies and International Studies. David Nabarro a indiqué avoir évalué que l’état de préparation mondial de pandémie s’élève à environ 40% de l’objectif global (d’après le nombre de nations ayant testé leurs plans de lutte).

De quelle manière devons-nous interpréter la métaphore de Keiji Fukuda? Nous traversons une crise économique, et dans ce contexte, le premier gestionnaire de l’ONU ne cachait pas son inquiétude à propos du maintient des budgets des nations dédiés aux préparatifs en vue d’une pandémie.

Si les gestionnaires des agences onusiennes ne réussissent pas à faire renouveler les enveloppes budgétaires, et à convaincre les nations à continuer d'investir dans des activités locales de préparatifs pandémiques, le travail des quatre dernières années sera-t-il à recommencer?

Le mois dernier, je me suis entretenue au téléphone avec une responsable des maladies infectieuses au gouvernement du Québec. Quand je lui ai parlé des recommandations de préparatifs multisectoriels (sociaux) publiées dans le 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire, elle m’a dit ne pas être au courant de ce document. Mais elle a affirmé, toutefois «Le Québec n’a pas besoin de faire d’autres préparatifs dans le domaine social. Nous avons fait tout cela déjà, l’an dernier.» J’étais stupéfiée d’entendre que le Québec aurait devancé de plusieurs années les directives des agences onusiennes. Ben voyons donc!

Tout de même, cette réaction du gouvernement du Québec donne un bon aperçu du genre de réponse que recevront les gestionnaires de pandémie des agences onusiennes.

Si les plus hauts gestionnaires comparent désormais les préparatifs pandémiques à la tâche jamais complétée de Sisyphe, ce rapprochement du Panthéon de l’Olympe ne me plait guère. Beaucoup moins, en fait, que la nouvelle de l’ascension à la 44ième position de la liste de l’élite globale de Newsweek. On sait que Margaret Chan, la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, avait réussi à se hisser dans cette liste sélective des 50 personnes les plus puissantes au monde.

Que penser de cette tâche de Sisyphe? David Nabarro planifiait de faire augmenter les préparatifs pandémiques à 60%, voire 70%, de l’objectif global d’ici à la tenue de la prochaine réunion ministérielle sur la gestion de pandémie. Le pourcentage de l’état global des préparatifs chutera-t-il en 2009?

Il va falloir faire preuve d'un leadership extrêmement fort, et maintenu dans le temps, pour réussir ce tour de force.

18 novembre 2008

Le changement de paradigme concernant le partage de l’information scientifique souhaité par Keiji Fukuda de l'OMS s’est-il réalisé?

Paru le lundi, 6 octobre 2008, dans la Gazette de Zonegrippeaviaire.com


Dr Keiji Fukuda, New York Times. Source

Ce matin, j’ai consulté comme d’habitude le blogue A Relationship Economy de mon ami Jay Deragon, qui a 25 années d'expérience à son actif en tant que consultant stratégique. Chaque jour, Jay rédige des billets d’une qualité exceptionnelle. Dans celui d’aujourd’hui, il décortique la théorie du changement de John Sculley (ex-PDG d'Apple, de 1983 à 1993), intitulée «changement isoquantique», qui consiste en une avancée technologique tellement considérable qu’elle modifie dramatiquement la manière dont les gens font des choses, et réoriente complètement la conception de la façon dont les choses doivent être effectuées.

Cela m’a fait penser à établir un parallèle entre mon expérience de ces dernières semaines sur Facebook, et la déclaration du Dr Keiji Fukuda (coordonnateur du programme mondial d'influenza à l’OMS) du mois de mai dernier, qui souhaitait pousser les chercheurs du domaine de l’influenza vers un changement de paradigme.

Les changements de paradigme exigent des modifications du comportement traditionnel, puisque nous sommes forcés de repenser nos habitudes. Le phénomène de «Renaissance scientifique» dont parlait Fukuda au printemps dernier est-il palpable?

Depuis que j’ai pris connaissance de la déclaration de Fukuda il y a cinq mois, j’observe le milieu scientifique dans l’espoir de trouver des indices, ou des pistes de tendance, qui pourraient faire croire que le changement de paradigme souhaité par le virtuose de l'influenza de l'OMS serait en train de se produire. Je ne sais pas si je me trompe, mais j’ai l’impression que j’observe un phénomène inverse: soit une fâcheuse tendance vers un black-out de l'information et un repli vers le silence.

Oui, il y a eu quelques heureuses tentatives vers un plus grand partage de l’information. Nous avons assisté à des efforts très louables de la part des scientifiques japonais, qui ont publié plusieurs séquences de H5N1, ce qui a permis d'observer un déplacement du virus de la grippe aviaire vers le nord, se rapprochant dangereusement du continent de l’Amérique du nord. Le Dr Henry Niman indiquait à ce sujet le 19 mai dernier: «L'OMS a demandé qu'ait lieu davantage de collaboration concernant la recherche à propos du H5N1. De telles collaborations peuvent commencer par la publication des séquences retenues indiquées ci-dessus. Le Japon a montré l'exemple publiant promptement des séquences de cygnes chanteurs provenant de Hokkaido. Il est temps que les pays avoisinants emboîtent le pas

Il y a eu d’autres gestes de partage, comme la publication de 150 différentes variétés de virus d'influenza, qui ont été libérées à la fin du mois de mai dernier par le ministère de l’Agriculture des États-Unis (USDA), des collaborateurs scientifiques, gouvernementaux, industriels et universitaires.

Toutefois, j’ai l’impression que mon expérience de ces trois dernières semaines sur Facebook est un bon indicateur de la réticence des scientifiques à s’ouvrir à de nouvelles formes de partage de l’information. J’ai lancé de nombreuses invitations à des «gens du Flublogia» de partout dans le monde et de tous les milieux, y compris celui de la recherche sur l’influenza, à me rejoindre sur Facebook. Plusieurs personnes ont répondu dans l’affirmative, sauf les chercheurs...

Facebook pourrait être perçu par plusieurs comme du ‘small talk’, mais je suis persuadée que ce système génère en fait des effets de réseautage qui s’améliorent au fur et à mesure que les gens les utilisent. Cela conduit à une exploitation de l’intelligence collective, englobant chacune des manières dont les gens sont reliés entre eux au réseau, créant un effet de synergie. C'est la sagesse des foules qu'a décrit mon ami James Surowiecki dans son livre The Wisdom of Crowds. Bien entendu, il faut avoir osé y participer pour espérer que l’effet de synergie se produise, et que la magie de la sagesse collective y opère.

Jay Deragon indique que tous ces machins sociaux ont permis d’accélérer le changement. «Le changement survient de l’apprentissage de nouvelles façons de faire de vieilles choses et d’en créer de nouvelles. La puissance des fleuves conversationnels au sujet de n'importe quoi et de tout accélère le changement.» Revere, dans Effect Measure, mentionnait le 15 mai dernier que «les scientifiques de l'influenza opèrent toujours selon les vieilles règles. Cela n'est plus suffisant

Les chercheurs du domaine de l’influenza gagneraient peut-être à se dérider un peu et à faire un tantinet de ‘small talk’ sur Facebook ou sur d’autres systèmes de réseautage de leur choix. Ils pourraient être surpris de voir se poindre un de ces jours le changement de paradigme tant attendu dans le domaine de l’étude de l’influenza. Les applications pratiques de ces recherches scientifiques sont cruciales pour la mise en œuvre de préparatifs pandémiques mondiaux. «Ce que nous espérons améliorer est une sorte de partage et flux d'information, et l'amener à un autre niveau», a déclaré Keiji Fukuda (Reuters, 9 mai).
 
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