Dans un mode de gouvernement ouvert, un élément essentiel du travail des décideurs et des gestionnaires gouvernementaux consiste à découvrir et à encourager les valeurs, les capacités et les idées créatives des citoyens. Par conséquent, une «communication saine» est fondamentale.
Si vous essayez de contrôler les personnes, cela se présente souvent sous la forme de critiques ou en rejetant leurs idées, elles risqueront de vous résister, ou elles capituleront. Elles manqueront de motivation pour vous aider à atteindre vos objectifs. Par contre, si vous accordez aux citoyens le pouvoir de prendre leurs propres décisions, ils seront plus enclins à vous aider et seront davantage susceptibles de faire don de leur énergie, de leur créativité et de leur dévouement à votre cause ou projet.
Pour arriver à faire cela, vous avez besoin d’être capable d’accepter et d'encourager les gens dans la direction qu’ils ont déjà choisi - même si celle-ci n'est pas la direction précise que vous préférez. Atteindre le juste équilibre entre le contrôle et l’acceptation peut s’avérer psychologiquement difficile pour des gestionnaires gouvernementaux - même si cela est volontiers accepté initialement comme étant nécessaire.
Il faut être en mesure d’accorder suffisamment de liberté pour laissez aux citoyens participants comprendre par eux-mêmes ce qui doit être fait et comment cela devrait être fait.
Au fur et à mesure que le gouvernement ouvert se développera, il reviendra de plus en plus aux citoyens – et non pas à quelqu'un situé tout en haut de la hiérarchie - de résoudre les problèmes et de saisir de nouvelles opportunités.
De plus en plus, les citoyens arriveront à développer leurs propres visions de ce que le gouvernement peut faire. Une bonne vision n'est pas juste un tas de mots qui sonnent bien. Il s'agit d'une image concrète d'un résultat qu’une personne est profondément engagée à atteindre. Cela signifie qu’une bonne vision est très importante pour une personne. Si une vision n'est pas connectée à des choses qui lui tiennent vraiment à cœur, il ne s’agit que de mots. Lorsqu’une personne est réellement engagée dans une vision qui est connectée avec ses propres valeurs profondes, il émerge alors une puissance surprenante pour faire avancer les choses.
Par conséquent, pour qu’un gouvernement ouvert «marche», c’est-à-dire pour que la collaboration s’effectue et qu’elle conduise à des résultats optimaux, il faut s’assurer de mettre en place un climat de respect des citoyens, à un tel point qu’il leur est accordé la liberté de développer leur créativité et, par conséquent, leur propre pouvoir d’agir (empowerment).
Blogue de Lyne Robichaud
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08 février 2012
29 juillet 2011
Connaître et RECONNAÎTRE les utilisateurs des médias sociaux
Je m'étais promis que je cessais mes activités, le temps que se matérialise un engagement au projet Gouvernement ouvert et Francophonie, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'intervenir.
Dans la consultation de Henri-François Gautrin sur le potentiel du Web 2.0, un membre (Jardinero) a écrit ceci à l'idée "Connaître les utilisateurs des médias sociaux":
"Il semblerait, selon une étude dont le lien apparaît ci-après que les gens placent des vidéos sur Youtube surtout pour épater la galerie et ceux qu'on aime bien alors que Facebook, c'est surtout pour le "gossip" (commérage)."ON S'EN FICHE si certains utilisent les médias sociaux pour épater la galerie ou pour le commérage. Pensez-vous que cela n'existe que dans les médias sociaux? Parmi les débats de l'Assemblée nationale, il n'y a pas d'épatage de gallerie? Peut-être qu'il y aura du comérage et de l'épatage de gallerie sur les sites de gouvernement ouvert, mais cela m'étonnerait. La majorité des commentaires seront en lien avec la politique, les agissements du gouvernement, les bonnes ou mauvaises décisions du gouvernement, les coupures budgétaires, les déclarations de tel ou tel ministre ou député, etc. Personne n'ira parler de ce que porte Lady Gaga sur la plate-forme du gouvernement ouvert du gouvernement du Québec. Ni de ce que fait Nathalie Simard. Et même si cela arrivait, ON S'EN FICHE.
Voici une réponse que j'ai publié sur le site de consultation.
Il y a des tas d'autres sujets dans cette consultation que je considère très peu éloquents, et qui mériteraient des réponses.
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Connaître et RECONNAÎTRE LES UTILISATEURS DES MÉDIAS SOCIAUX
Premièrement, continuer de penser que les citoyens sont «immatures et non crédibles» --- une ancienne mentalité correspondant à l'ancienne façon de gérer, où les instances gouvernementales s'imaginent qu'elles sont l'autorité et que les citoyens sont les demandeurs --- ce n'est pas du tout la bonne attitude à entretenir, et vous devez vous débarrasser de cette façon de concevoir les choses si vous souhaitez récolter quelque succès. Vous devez d'abord modifier votre façon de considérer ce qu'est le gouvernement, et de considérer ce que sont les citoyens par rapport au gouvernement. Le rôle du gouvernement change, avec l'avènement du Web 2.0 et la philosophie du gouvernement ouvert. Il passe d'un rôle de producteur à CO-PRODUCTEUR. Par conséquent, cela signifie que vous devrez apporter des changements considérables dans votre façon de travailler, de planifier, d'encadrer, et de communiquer et de collaborer.
Collaborer avec les citoyens signifie PARTAGER les avantages, les coûts, les risques et les responsabilités, pour améliorer les services. La collaboration ouvre de nouvelles possibilités. Les efforts de développement visant à associer directement des utilisateurs (individus) et des groupes de citoyens, dans la planification et la prestation des services publics, sont décrits comme étant une «co-production». Il s'agit d'un terme générique désignant une panoplie de termes plus spécifiques, tels que co-conception, co-création, co-livraison, co-gestion, co-décision, co-évaluation, et co-examen, qui reflètent les différentes étapes de possible participation citoyenne.
Il y a toutes sortes de gens qui utilisent les médias sociaux. Parmi les gens que vous rencontrerez, il y en aura des quantités notables qui seront intelligents, qui sauront s'exprimer avec qualité. Il y aura plein de gens avec d'excellentes idées, un bon jugement, des connaissances étendues dans leurs domaines, et de riches expériences de vie et professionnelles. Chaque personne est unique, et contribuera de sa manière unique de s'exprimer.
Un gouvernement qui sait comment susciter la participation citoyenne et animer avec brio des communautés, obtiendra une bonne participation citoyenne.
Les gestionnaires et décideurs gouvernementaux doivent apprendre à créer des environnements propices au rayonnement de l'empowerment des citoyen(ne)s:
• Communiquez vos projets, présentez ce que vous faites sous toutes les sauces, afin d'éveiller l'intérêt de plusieurs publics.
• Les citoyens sont des êtres humains, et non pas des numéros. Il s'agit de gens avec des aspirations, des rêves, et partageant de riches expériences de vie. Reconnaissez les forces et saluez leurs qualités. Appréciez-les, et faites-leur savoir qu'ils sont appréciés.
• Encouragez le foisonnement des idées. Applaudissez la créativité et l'initiative.
• Restez à l'écoute et engagez-vous pleinement dans les conversations. Vous serez ainsi en mesure de repérer les communautés d'influence et de déceler leurs besoins, leurs défis et leurs perceptions.
• Contribuez constamment avec un contenu à valeur ajoutée. Vous devez devenir une ressource pour votre communauté.
• Connectez les gens entre eux, introduisez-les. Suscitez les collaborations et relations d'affaires.
• Ciblez les éléments de frustration et sachez reconnaître les indices de satisfaction pour comprendre comment établir des liens affectifs avec les membres de votre communauté.
• Incarnez toujours les valeurs et qualités que vous souhaitez représenter et inculquer.
• Mesurez, qualifiez et évaluez régulièrement votre présence en ligne.
Dans le contexte actuel d'explosion des communications, un gouvernement ne peut s'attendre à ce que le public vienne à lui. Au contraire, un gouvernement se doit d'aller là où préfèrent être le public. C'est au gouvernement à trouver de nouvelles façons de collaborer avec le public.
Il est logiquement économique et stratégique pour un gouvernement de profiter pleinement des sites Internet existants et plateformes de médias sociaux, où le public cible passe déjà du temps. L'objectif du gouvernement devrait être de passer à des tactiques proactives plutôt que de mettre passivement des contenus sur une étagère (de site Internet) et d'attendre que le public les trouvent.
Le gouvernement devrait considérer:
• L'utilisation accrue des technologies mobiles, y compris les programmes de service de messagerie SMS et applications Smartphone, tout en garantissant un offre continue de produits pour les médias traditionnels comme la presse et la radio.
• La consolidation des producteurs de contenu dans un groupe de développement de contenu pour créer du contenu sous forme écrite, et en formats numériques audio et vidéo.
• La création d'une unité de gestion des talents afin d'identifier et de recruter des experts comme des écrivains, des blogueurs, et des conférenciers.
• LA CRÉATION D'UNE UNITÉ DE RECHERCHE SUR LE PUBLIC, qui serait chargée de fournir des recherches et analyses sur les auditoires, canaux, et utilisation des produits du gouvernement.
13 février 2011
En quoi consiste le leadership du vingt-et-unième siècle?
Dans des billets précédents, j’ai exploré quelles sont les composantes de l’empowerment individuel, l’empowerment communautaire et l’empowerment organisationnel. Un important changement s’est produit à travers le monde ces dernières semaines.
Une nouvelle façon de faire de la politique est observée.
J’ai mentionné dans ce billet, que les médias sociaux ont bouleversé la façon de faire de la politique, étant donné que les nouvelles générations, que l’on croyait apolitiques et désintéressés de la chose politique, s’y intéressent désormais par le biais d'Internet. Les médias sociaux sont utilisés par ces générations comme un puissant vecteur de changement social dont l’impact est suffisamment important pour induire de profonds changements politiques.
Le type de changement dont il est question concerne le leadership.
L’ancien type de leadership exalte le pouvoir, et le recours au pouvoir a été directement lié à des abus. Lorsque les forts et impitoyables montent sur la scène politique, nous nous trouvons dirigés par des rois et des généraux, des autocrates et des dictateurs, des premiers ministres et des présidents avides de pouvoir.
Puisqu’un important changement s’est produit, il serait approprié de se demander quel type de leadership répond à ce changement.
Il faudrait s’interroger sur la manière dont peut se briser le moule. Il est urgent que soit défini comment éviter de répéter le même schéma. Les gouvernements se sont-ils demandé en quoi consiste le leadership du vingt-et-unième siècle?
Les prochains grands chefs devraient être des symboles d’un rêve collectif – puisque les médias sociaux produisent désormais un phénomène de conscience collective. Ce qui signifie que les leaders devraient représenter le rêve de ceux qu’ils dirigent. Les gens se tourneront vers un leader, ils seront attirés par sa capacité de les traiter avec dignité et de répondre à leurs besoins avec habileté.
Le Gouvernement ouvert, comme l'a défini John Moore, est «une philosophie axée sur le citoyen et une stratégie selon laquelle les meilleurs résultats sont généralement le fruit de partenariats entre les citoyens et le gouvernement, et ce à tous les niveaux. Cette philosophie est entièrement orientée vers la réalisation des objectifs grâce à une efficacité accrue, une meilleure gestion, la transparence de l'information et l'engagement des citoyens, et mettant le plus souvent à profit les technologies nouvelles pour atteindre les résultats souhaités. Il s’agit d’apporter au gouvernement des technologies et des approches inspirées du monde des affaires.»
John Moore indique aussi que «ces objectifs et ces approches sont nécessaires dans le monde entier.»
Pour qu’aient lieu ces «partenariats» avec les citoyens, je suis d'avis qu'il faut qu’il y ait du respect. Le respect est le sentiment de considération, d'égard, que l'on peut avoir envers un individu ou dans notre cas, une société. Il se manifeste par une attitude de déférence et le souci de ne pas porter atteinte à l'objet du respect, ni le heurter inutilement. Le respect est une valeur plus profonde que la simple politesse, car il est débarrassé de toute hypocrisie. Le respect mutuel constitue l'un des fondements de la paix sociale et des relations interpersonnelles.
Le leadership du vingt-et-unième siècle – aussi incroyable que cela puisse vous paraître − devra être axé sur la conscience collective, parce que nous vivons désormais dans un monde connecté. Pas uniquement connecté par l’Internet, mais connecté aussi à un autre niveau, celui de la conscience collective, qui est un champ unifié.
Un véritable leadership ne devrait pas être associé à la popularité, au pouvoir ou à l'entassement des bénéfices. Un véritable leader devrait être en mesure d’enlever son ego du chemin, afin que cette personne puisse servir le plus grand bien.
Le respect (la considération envers autrui) et la compassion redéfiniront le pouvoir dans les relations et les organisations gouvernementales.
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