Blogue de Lyne Robichaud

25 mai 2011

La libération des données concernant les contrats d’Hydro-Québec permettrait d’y voir clair

Nathalie Normandeau
La pagaille a éclaté aujourd’hui entre députés de l’Assemblée nationale et le conseil d’administration d’Hydro-Québec, à propos d’une question de dépassement des dépenses des contrats de cette société d’État, qui ont été l’objet d’intenses échanges.

Le journaliste Denis Lessard de La Presse rapportait aujourd’hui que 40% des contrats informatiques d’Hydro-Québec dépassent les budgets prévus.
«Pour l'informatique, 2011 contrats totalisent des engagements de 990 millions de dollars. Mais 761 contrats, soit 38%, ont dépassé le budget prévu. D'une valeur initiale de 369 millions au total, ils ont nécessité 391 millions de financement supplémentaire pour être réalisés. Quand un projet dépasse ses budgets du double, à Hydro-Québec, il est simplement «dans la moyenne» puisque les excédents sont en moyenne de 106%», indique Denis Lessard.
Sur la base d'un communiqué diffusé par Hydro-Québec aujourd’hui, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a rétorqué au député de Jonquière et critique du Parti Québécois en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, que les dépassements des coûts allégués «ne correspondent pas à la réalité». Alors que le Parti Québécois réclame de donner au Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, le mandat d'aller vérifier les livres d'Hydro-Québec, la ministre a eu une réaction de déni --- comme cela se voit malheureusement souvent chez les dirigeants du gouvernement Charest.

«Il n'y a pas de dépassements de coûts, si on n'a pas les chiffres initiaux, c'est qu'il y a des ajouts qui sont faits en cours de route!», rapporte Denis Lessard.

Si les données concernant les contrats d’Hydro-Québec (et les autres contrats de l’ensemble des ministères et sociétés d’État) étaient libérées dans un catalogue de données ouvertes sur une plate-forme data.qc.ca, élus, gestionnaires, et la population, pourraient y voir clair. Tout le monde en effet pourrait voir en quoi consiste exactement la réalité. Mais puisque ces données ne sont pas publiques, le déni, phénomène de refus de prendre en compte une part de la réalité, peut avoir lieu. En psychiatrie, on parle des possibilités thérapeutiques de travailler avec le déni. Les possibilités, pour un gouvernement, de mettre fin au déni, sont d’accorder davantage de transparence.

«Il est temps que le Vérificateur général ait accès aux livres de la société d'État et examine les procédés», a déclaré Sylvain Gaudreault.

Le gouvernement du Québec devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques devraient être transparents. Un gouvernement ouvert offre aux citoyens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie, et comment ils pourraient y participer.

Le gouvernement du Québec en soi n'a pas toutes les réponses. Un gouvernement ouvert offre la possibilité d'utiliser la technologie (Web 2.0) afin de découvrir des solutions créatives aux défis, qu'une poignée de gens à Québec ne sont pas nécessairement en mesure d'inventer. Nombreux seraient les citoyens québécois disposés à participer si on leur en offrait l'occasion, pour le bien public, de mettre à profit leur talents, compétences, expertise et enthousiasme.

On peut lire dans le communiqué de l’Opposition officielle:
Le député de Jonquière n'en revient pas du communiqué de presse émis aujourd'hui par la société d'État qui souhaite faire passer des dépassements de coûts de 400 millions de dollars comme étant anodins. «Nous voulons une société d'État efficace et bien gérée, pas une société d'État qui veut laisser croire que 400 millions de dollars en dépassements de coûts, c'est normal. Quand le déboursé final dépasse de 40 % la valeur initiale du contrat, c'est qu'il y a un problème, a-t-il insisté. Par ailleurs, il est troublant de constater que la majorité des contrats accordés l'a été sans appel d'offres. Encore une fois, pour Thierry Vandal, c'est normal», a ajouté M. Gaudreault.

Pour connaître les positions opposées concernant les contrats d’Hydro-Québec, consultez le communiqué de la société d’État, ainsi que le communiqué de l’Opposition officielle.

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