Blogue de Lyne Robichaud

20 avril 2012

Le ROI de la création artistique a-t-il déjà été calculé?

Au Québec, on sépare les deux processus de conception.

Pour le secteur des arts visuels, d'une part il y a les "artistes professionnels" reconnus au sens de la Loi comme des créateurs, et d'autre part, euh... l'autre type de conception dont Michel Filippi fait référence dans un commentaire du rapport de mission "What is the value of cultural production" ne semble pas avoir d'équivalent dans le réseau des centres d'artistes, là où il s'effectue de l'innovation sauvage. Ce ne sont pas des galeries d'art, ni des centres d'exposition, donc la production culturelle demeure à diffusion limitée, dans l'enceinte du centre d'artiste, ou alors dans le cadre d'une tournée dans plus d'un centre d'artistes. Il est probable qu'une infime proportion de cette production (je dirais même pas du tout) se rend jusqu'aux industries culturelles.

Elles émergent, les nouvelles idées pures. Il y en a des multitudes, dans ce genre de réseau.

Le financement (c'est-à-dire les politiques publiques) sont conçues de telle sorte que les projets présentés par les artistes qui recevront un soutien financier du gouvernement doivent se réaliser à l'intérieur d'une année. Il a été indiqué dans un bilan (sur l'état des arts visuels) que cela nuisait grandement à la création et à l'innovation.

Par ailleurs, les infrastructures sont quasi existantes pour la diffusion de ces idées. Donc elles sont produites, et elles existent. Mais elles risquent de s'éteindre, après avoir été éphémèrement exposées dans les centres, faute d'avoir pu être captées pour une plus large diffusion et dissémination.

Les musées diffusent d'autres types d'oeuvres de création que ce qui est généré dans le réseau des centres d'artistes.

Ces artistes doivent exercer une certaine influence sur d'autres types de créateurs. Des concepteurs de jeux vidéo, ou des designer de mode, ou des architectes, etc. Il n'y a pas beaucoup d'argent investi dans ce secteur de création, les arts visuels étant le parent pauvre du budget alloué à la culture. Peut-être que des études ont eu lieu à ce sujet. Je n'ai jamais rien vu de tel. Ils ont calculé le revenu moyen des artistes, le pourcentage d'augmentation des cachets qui leur sont versés, les retombées économiques pour chaque dollar investi. Ce genre de choses. Mais à ma connaissance, il n'y a pas eu de tentative d'évaluation du véritable ROI de la création artistique (à part les retombées économiques) sur l'ensemble de la société, et par quels canaux et mécanismes cela s'effectue.

Le ministère de la Culture comporte des association régionales qui regroupent toutes les disciplines de création. Ces associations ont des sites Internet avec une page pour chaque artiste membre. Chacun des artistes doit par ailleurs de nos jours avoir construit son site Internet personnel. L'utilisation des médias sociaux gagne graduellement en popularité dans ce secteur. Mais j'imagine que cela doit avoir assez peu d'impact.

Aucun commentaire:

 
TwitterCounter for @Lyne_Robichaud