Blogue de Lyne Robichaud

07 juin 2010

Agent de changement?

Depuis ce printemps, je fréquente la Maison des familles Chemin-du-Roy, histoire de socialiser un peu avec d’autres parents. Une intervenante sociale m’a qualifiée «d’agent de changement». Cela m’a fait réfléchir...

En quoi suis-je un «agent de changement»?

J'ai réalisé que je soutiens, et que je provoque le changement.

Je me passionne pour le changement, je transmets mon enthousiasme aux autres et j’assure des responsabilités majeures dans sa conception et son application.

Je possède la faculté d'alimenter des débats, et d'être à l'écoute des autres.

Je possède la capacité d'assurer une courroie de transmission entre des décideurs et une communauté de citoyens.

J’anticipe le changement et valorise les ressources existantes pour réagir plus rapidement.

Je m'arme d'objectifs d'innovation, de création. Mes forces sont la réaction, la vitesse et la souplesse.

Je suis meneur d'hommes vers des modifications à créer, en attribuant à chacun ses mérites respectifs et en acceptant les autres avec leurs qualités ainsi que leurs défauts.

J’ai toujours misé sur la transparence et je ne fait pas de rétention d'informations, sauf en cas de nécessité absolue.

J’aime m’entourer de personnes ayant l'instinct du futur, et je leur fait sentir la nécessité du changement, en créant la confiance.

De 2006 à 2010, j’ai piloté le projet Zonegrippeaviaire.com (prévenir l'inévitable par l’empowerment des gens), probablement le premier projet de collaboration gouvernement / médias sociaux déposé officiellement auprès du gouvernement du Québec. Le gouvernement du Québec n’était pas disposé à accueillir les médias sociaux.

En mai 2007, Services Québec a répondu négativement par le biais d’une «étude de marché» portant sur les médias sociaux, concluant que les médias sociaux «ne sont ni matures ni crédibles», et qu’il «ne vaut pas la peine de dépenser ni temps ni argent» dans ceux-ci.

Ce qui fut dommage, et une bien mauvaise réponse, d'après moi, et déphasée, par rapport à une conjoncture mondiale du développement web.

Ty Pennington

Voici un autre indice que je suis un «agent de changement». Après le Dalai Lama, la seconde personne que j’admire le plus au monde est Ty Pennington, le chef d’équipe de l’émission de télévision de ABC, Extreme Makeover Home Edition. Je trouve qu'il s’agit du plus grand yelleur de tous les temps. Il se promène avec son porte-voix, et on l’entend souvent crier «There’s only one hour left before the family comes home.»

Ty Pennington arrrive à diriger ses projets de design et de construction avec brio, et en moins d’une semaine, en s’appuyant sur l’esprit de solidarité et l’esprit communautaire, une nouvelle maison est érigée pour une famille exemplaire, mais dans le besoin.

Dans cette vidéo, «Wishstory», Ty explique comment un cadeau qu’il a reçu de ses parents --- un marteau --- l’a motivé pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. «The belief of yourself that you get from that one tool, is what takes you all the way through life.»

Je travaille avec deux photographies de Ty Pennington à mes côtés. J’aurais appelé mon propre fils Ty, si je n’avais pas tant craint que tous les gens du Québec ne soient incapables de prononcer son prénom correctement.

Il m’arrive souvent de rêver à Ty Pennington. Dans mes rêves, nous discutons. Et au petit matin, le rêve était tellement réel que j’en suis abasourdie. Je me demande si lors du rêve, nous n’allons pas rencontrer d’autres gens, dans d’autres dimensions…

Après avoir fermé le site Zonegrippeaviaire --- j’ai mis la switch à off --- le 6 janvier 2010, j’ai fait le choix d’entreprendre de nouveau une production artistique. Parce que j’avais envie de faire des choses pour moi. J’espère qu'il surviendra du merveilleux pour moi.

Parallèlement, je continue de lire et de réfléchir, et je sais que tôt ou tard, je serai peut-être appelée à agir de nouveau au sein d’une communauté.

Ces derniers jours, j’ai recommencé à bloguer, après avoir lui un billet de Thierry Saussez, portant sur la notion de «moi-nous». Cette notion m’inspire beaucoup. Qui sait ce que l’avenir me/nous réserve?

03 juin 2010

En cheminement vers le «moi-nous»

Thierry Saussez


Je réponds au billet de Thierry Saussez, intitulé «Une société du soin?».

Thierry Saussez a conclu son billet ainsi: «La nouvelle génération peut promouvoir le moi-nous, s’accomplir individuellement dans un projet de vie qui soit respectueux des autres comme de la planète, dans une véritable communauté de destin.»

Certes, la nouvelle génération pourra promouvoir la notion de «moi-nous».

Toutefois, dès maintenant, à mon avis, plusieurs types de personnes pourraient contribuer à l’implantation de cette notion, la faire cheminer vers un point de basculement, et peut-être arriver à contourner la tendance au «cœur sec qui rôde toujours», dont parle Thierry Saussez: je crois que les leapfroggers, les iconoclastes et les goverati pourraient arriver à faire rayonner le «moi-nous».

«Le leapfrogging exige que les dirigeants regardent au loin, bien au-delà des tendances et des possibilités actuelles, et qu’ils créent des stratégies imprévues et encore non envisagées dans les présentes dynamiques de marchés. Les véritables leaders sont ceux qui sont dotés d’un sens aïgu de l’avenir, et de la capacité de paver une route pour y faire cheminer l’ensemble de leur organisation, voire leur entière industrie, vers de nouvelles voies d'avenir qui seront développées par l’entremise des médias sociaux,» a indiqué Jay Deragon.

J’ai appris ces dernières années, qu’il existe une façon de penser, qui diffère des autres. Cela se développe sans doute avec la pratique, mais pour avoir creusé un peu la chose, et lu quelques ouvrages de neuroscientifiques (dont Iconoclast, du Dr Gregory Berns), j’ai appris que le cerveau de certaines personnes est différent. Le Dr Gregory Berns a indiqué que «le cerveau des iconoclastes est différent, et il diffère de trois façons distinctes. Chacune de ces trois fonctions se cartographie dans différents circuits du cerveau. Le cerveau de l’iconoclaste diffère dans la perception, la réaction à la peur, et l’intelligence sociale.»

Gregory Berns précise, à propos de ces personnes: «C’est le type de personne qui crée de nouvelles occasions dans chaque domaine, allant de la création artistique à la technologie aux affaires. L’iconoclaste incarne les traits de la créativité et de l'innovation, des choses qui ne sont pas facilement accomplies par des comités [de travail]. Il contourne l'autorité et les conventions. Il lève le nez aux règles. Mais dans un environnement adéquat, l’iconoclaste peut s’avérer un atout majeur pour toute organisation.»

Le terme «goverati» a été inventé par Dr Mark Drapeau, alors qu’il participait à un groupe de discussion du Social Media Club DC. «Essentiellement, les goverati sont des personnes familières avec le gouvernement et avec la manière dont il fonctionne, et qui comprennent les technologies des médias sociaux. Ces gens veulent se mettre en réseau les uns avec les autres, afin de favoriser de plus en plus de transparence, de participation et de collaboration du gouvernement.» […] «Tout comme les goverati exercent des pressions pour qu’ait lieu un gouvernement plus transparent, participant et collaboratif, ils utilisent simultanément les applications de réseautage social, pour lesquelles ils sont passionnés, pour réseauter les uns avec les autres, et pour devenir une force collective plus puissante que la somme de ses parties individuelles.»

Mark Drapeau a précisé: «Ce mouvement n’est pas limité qu’aux employés de la Génération Y, aux stagiaires collégiaux, et aux geeks.» «Les goverati utilisent également leurs réseaux sociaux pour planifier des événements informels qui les aident à échanger des idées et apporter de nouvelles personnes dans la bergerie.»

Le philosophe français Pascal Bruckner pense que l’individualisme (qui consiste à vouloir échapper aux conséquences de ses actes, cette tentative de jouir des bénéfices de la liberté sans souffrir d'aucun de ses inconvénients --- Extrait de La tentation de l’innocence) – l’état présent – est «la culmination d’un processus historique et qu’on se trouve à la fin de l’histoire.»

Je m’interroge: quels seraient les moyens pour agir? Comment s’y prendre pour passer de l’état présent à une société de «moi-nous»?

09 novembre 2009

6 traductions du Dr Henry Niman aujourd'hui (mise à jour1)


Le Dr Henry Niman a repris sa cadence folle, avec 6 billets publiés aujourd'hui (lundi 9 novembre 2009) - et la journée n'est pas encore terminée. Cela me rappelle le mois de décembre 2007, où je pitonnais fébrilement derrière lui, enfilant traduction après traduction... même le jour de Noël.

L'annonce d'aujourd'hui du ministère ukrainien de la Santé a de quoi faire dresser les cheveux sur la tête. Sensibles, abstenez-vous de lire le billet à propos des poumons totalement détruits...

Je commence à être étourdie à force de lire toujours les mêmes commentaires (que Niman répète tel un vieux gramophone). "La publication des séquences est en retard." En retard, en retard, en retard...

L'attente des données séquentielles me semble interminable.

Voici les traductions en français effectuées aujourd'hui:
>>> Le nombre rapporté de victimes en Ukraine grimpe à 155

>>> Polymorphismes de domaine de liaison du récepteur de 1918 dans le H1N1 en Ukraine?

>>> Plus de 2000 travailleurs de la santé malades en Ukraine

>>> Les cas rapportés en Ukraine dépassent le million - 174 victimes

>>> Destruction totale des poumons chez les cas mortels de H1N1 en Ukraine

>>> Le silence de l'OMS à propos des séquences ukrainiennes soulève des préoccupations de pandémie



MISE À JOUR - 19h50


Comme je m'en doutais, Niman a publié d'autres billets par la suite. Sur NewsNow (Uk), il a battu des records de popularité, en décrochant 6 des 8 top nouvelles les plus consultées des 24 dernières heures.

Voici mes autres traductions:
>>> Décès d'un médecin causé par la pneumonie au Bélarus, près de la frontière ukrainiennne

>>> Chronologie du silence de l'OMS concernant les séquences ukrainiennes de H1N1

22 octobre 2009

Mon nouveau service de veille et d’analyse de l’information


Mon passage éclair chez Web escape agents m’a poussée à concevoir un nouveau produit de veille et d’analyse de l’information, destiné à répondre aux besoins du secteur économique.

Ce service précise le contexte de la crise pandémique, permet de prendre conscience des enjeux et d’identifier les conséquences pour l’avenir (menaces et opportunités).

Publiée deux fois par semaine (les mardis et jeudis), on trouve dans ma nouvelle revue de presse les rubriques suivantes: Scénarios de pandémie | Mesures gouvernementales ayant un impact positif sur l’économie | Mesures gouvernementales ayant un impact négatif sur l’économie | Problématiques propres au Québec | Actions en bourse | Secteurs impactés positivement | Nouveaux marchés | Secteurs impactés négativement | Préparatifs pandémiques d’entreprises.

J’espère que vous serez nombreux à vous abonner!

Consultez l’offre de ce service
Consultez un exemple de cette revue de presse

Pour en savoir plus, communiquer avec Lyne Robichaud: robichaud.lyne@hotmail.com
Skype: lynero

21 octobre 2009

Après un bref passage chez Web escape agents, en quête de nouveaux défis


J’ai le regret de vous informer que je ne suis plus en poste à titre d’analyste-pandémie chez Web escape agents, emploi que j’occupais depuis le 24 août 2009.

La décision de fermer le volet Québec de ce cabinet international de conseil en stratégie a été prise le 15 octobre dernier par Xavier Aucompte, le chef de projets. Des motifs économiques et stratégiques ont été invoqués. Je fais partie du nombre des employés québécois qui ont été remerciés de leurs services. Consultez ce billet du directeur de Montréal, Geoffroi Garon, annonçant son départ.

J’ai occupé ce poste pendant sept semaines. Il est dommage que les projets sur lesquels je travaillais n’aient pas eu le temps d’aboutir. Je considère néanmoins avoir eu une expérience bénéfique au sein de cette équipe, et avoir beaucoup appris sur les meilleures façons de planifier, et à mieux préparer pour se mesurer à toutes les éventualités.

En ce court laps de temps, j’ai eu l’occasion de rédiger un guide d’accompagnement (d’une centaine de pages) d’une démarche de planification de la continuité des opérations, destiné aux entreprises québécoises. Ce projet complété était sur le point d’être commercialisé. Consultez le sommaire du guide Préparez votre entreprise à la pandémie d'influenza, 6 octobre 2009.

J’ai également édité une newsletter/revue de presse quotidienne, qui faisait le tour de l’actualité mondiale concernant la pandémie de grippe A(H1N1) 2009, et qui couvrait les nouvelles portant sur la France, l’Europe, le Canada et le Québec, ainsi qu’ailleurs dans le monde; de même que les nouveautés scientifiques; la situation de la pandémie; les conséquences économiques; les préparatifs des entreprises; et les blogues spécialisés en influenza et pandémie. Ces informations concernant l’évolution de divers problèmes pandémiques devaient aider à développer une vision stratégique et améliorer les performances de planification pandémique du milieu économique québécois. Consultez des exemple de cette revue de presse: 5 octobre et 13 octobre 2009.

Cet objectif me tient toujours à cœur. C’est pourquoi je suis dès maintenant en quête de nouveaux défis. Je désire mettre à profit l’expérience issue de trois années passées à la tête d’un média social spécialisé en questions portant sur l’influenza et les préparatifs pandémiques (le site Zonegrippeaviaire.com), et me joindre à d’autres personnes qui ressentent l’urgence de travailler sur les défis majeurs auxquels nous sommes confrontés en tant qu’individus responsables.
Depuis que j’ai fondé Zonegrippeaviaire (lancé le 13 juin 2007), je promeus un changement social novateur qui mise sur la participation citoyenne et le Web 2.0 pour développer des préparatifs pandémiques sociaux. J’ai contribué au développement de la communauté de pratique Flublogienne (autant francophone qu’anglophone), en invitant des blogueurs, leaders d’opinion et citoyens, à utiliser diverses plates-formes sociales. J’ai cherché à créer un ensemble francophone (s’exprimant en langue de bonne qualité), efficace et varié, ainsi que des outils commerciaux qui permettront un changement nécessaire pour qu’aient lieu davantage de préparatifs pandémiques.

Il peut s’avérer très coûteux pour les entreprises de mener un combat contre la grippe pandémique. Il a été dit que l’approvisionnement pourrait être perturbé et que les employés essentiels pourraient être touchés, ce qui mettrait en péril des opérations commerciales, s’il n’y a pas de préparation adéquate. Mais cela peut être évité avec un plan réaliste de planification de la continuité des opérations, et des mesures de continuité complètes et adéquates.

Aujourd'hui, malgré tous les efforts déployés au cours des dernières années, je considère que nous demeurons insuffisamment préparés à toute pandémie ou épidémie majeure, qu'elles surgissent de nouvelles maladies infectieuses, d’attaques bio-terroristes ou d'un accident survenu en laboratoire. Nous n'avons pas les meilleurs systèmes de surveillance des maladies, et nous ne sommes pas en mesure de composer avec une «intensification» de la demande en soins dans nos hôpitaux et divers établissements de santé. Nous n'avons pas suffisamment de lits, d’appareils respiratoires artificiels ou de personnel chevronné dans le domaine des soins de santé.

La pandémie de grippe A(H1N1) 2009 ne sera pas la dernière à laquelle nous nous mesurerons, et pourrait même ne pas être la pire pandémie à laquelle nous serons confrontés dans les années à venir. Nous pourrions entrer dans une ère de pandémies, a indiqué le 2 mai 2009 Larry Brilliant dans le Wall Street Journal. Il a déclaré: «Si nous ne prenons pas au sérieux les facteurs qui pourraient faire de la prochaine décennie, l'Âge des pandémies, nous régresserons, et ajouterons des maladies mortelles (à la liste actuelle), au lieu d’en soustraire». Voilà ce qui me motive, jour après jour, à œuvrer pour que davantage de préparatifs pandémiques aient lieu de par le monde, et au Québec, dans la province canadienne où je vis.

Je suis à la recherche d’un poste dans une grande entreprise qui a besoin d’une vision au jour le jour – et à long terme - du déploiement du virus A(H1N1), sans oublier les dommages économiques et collatéraux que cause actuellement, et que causera la présente pandémie.

Je suis disponible à titre d’analyste, consultante, conseillère en veille d’informations en lien avec la pandémie de grippe actuelle et autres pandémies potentielles. J’ai aussi la capacité de gérer des médias sociaux et portail d’information vertical. Je suis douée pour l'analyse des situations, l'amélioration des structures organisationnelles et la gestion de dossiers complexes. Rapide, efficace, créative, intuitive, je préconise la qualité. Intègre, humaniste, je suis en faveur de plus de préparatifs en vue d'une pandémie d'influenza ou d'autres maladies émergentes.

On peut me rejoindre par courriel à zonegrippeaviaire@hotmail.com ou par Skype (lynero).

06 octobre 2009

Un guide, volet Québec, pour aider les entreprises québécoises à mettre sur pied un PCO, s’appuyant sur les directives officielles


Nous entrons dans la deuxième vague de la pandémie de grippe A(H1N1) 2009. Mettons-nous quelques instants dans la peau d’un chef d’entreprise québécois, qui se pose de nombreuses questions sur la situation actuelle. [Ici, la forme masculine est employée pour désigner autant les dames entrepreneures que les messieurs entrepreneurs.]

Que faire pour limiter les dégâts et éviter la propagation de la maladie dans l’entreprise? Que faire si la pandémie provoque une augmentation de la demande en services? Que faire si c’est l’inverse qui se produit? Que faire si près de la moitié des employés tombent malades en même temps? Quelles sont les obligations des employeurs? Que dire aux employés? Quelles mesures préconiser? Avons-nous un plan pour nous mesurer à la pandémie?

Supposons qu’après s’être interrogé sur les risques pandémiques, le chef d’entreprise réalise qu’il a besoin d’une planification particulière pour s’assurer que son entreprise traversera au mieux la vague de pandémie.

Cela s’appelle un Plan de continuité des opérations (PCO).

Le chef d’entreprise se renseigne, et il découvre que le gouvernement du Québec a mis à la disposition des entreprises québécoises, en juin 2007, un document énumérant les diverses étapes à franchir pour en arriver à compléter un Plan de continuité des opérations.

C’est le Guide à l’intention des entreprises pour la planification de la continuité des opérations en cas de pandémie d’influenza (consulter le document PDF)

Ce document concis de 16 pages, contient un Aide-mémoire pour la planification de la continuité des opérations. Les éléments sont regroupés en six chapitres. Il y a 38 points en tout.

Voici les six étapes de planification recommandées par le gouvernement du Québec:
1) Prévoyez les effets d’une pandémie sur votre entreprise
2) Prévoyez les effets d’une pandémie sur vos employés et vos clients
3) Élaborez les politiques à mettre en œuvre en cas de pandémie
4) Affectez des ressources à la protection de vos employés et de vos clients
5) Communiquez avec vos employés et tenez-les informés
6) Coordonnez vos actions avec celles d’organisations pour aider votre communauté.

Le chef d’entreprise lit les 38 points très attentivement. Puis il pose le document sur son bureau devant lui, et se demande par quel bout commencer… Surtout que le temps presse! La deuxième vague de pandémie cogne déjà à nos portes. Le chef d’entreprise se rend compte également qu’il ne saisit pas tout à fait ce que signifie chacun des points recommandés.

Une démarche de planification de la continuité des opérations peut prendre jusqu’à 18 mois à être mise en œuvre au sein d’une entreprise. Existe-t-il des méthodes qui permettraient d’accélérer ce processus?, se demande avec perplexité le chef d’entreprise.

Mon collègue Xavier Aucompte (le chef de projets de Web escape agents), et moi-même, nous sommes penchés sur le document du gouvernement du Québec, en particulier sur l’Aide-mémoire pour la planification de la continuité des opérations, et avons tenté de nous mettre dans la peau des chefs d’entreprise du Québec.

D’une part, nous sommes conscients qu’il n’est pas évident, pour un néophyte de la planification de la continuité des affaires et de la gestion de pandémie, de se lancer dans un processus complexe visant à maintenir une activité ininterrompue de l’entreprise pendant une pandémie de grippe, qui a été à juste titre qualifiée de maladie «glissante», et qui peut muter rapidement et de manière imprévisible. Ce qui signifie que la planification des épidémies de grippe doit être souple et doit être revue régulièrement, alors que les preuves de propagation de la maladie et concernant la gravité s'accumulent.

D’autre part, nous constatons qu’il n’est pas évident non plus d’enligner des démarches de planification basées sur les quelques lignes suggérées par le gouvernement. On reste un peu sur sa faim, en parcourant les recommandations officielles...

C’est pourquoi nous avons effectué un exercice: nous avons repris, point par point, chacun des éléments suggérés par le gouvernement du Québec. Nous avons documenté nos stratégies de planification, et avons dressé la liste de toutes les choses à planifier et à mettre en œuvre -- point par point.

J’ai trouvé que le gouvernement du Québec avait innové (par rapport à d’autres nations), en incluant tout un chapitre portant sur les communications dans ses recommandations aux entreprises. Le gouvernement du Québec fait allusion au stress, à l’anxiété, aux communications culturellement et linguistiquement appropriées. Ces éléments ne sont pas couverts ailleurs. Ces dernières semaines, vous avez sans doute entendu parler des sacs mortuaires, livrés à certaines réserves autochtones éloignées, par le gouvernement du Canada? Les sacs mortuaires étaient un exemple flamboyant de problématique de communications culturellement appropriées. Ce chapitre sur les communications s’avère donc des plus pertinents, et je lève mon chapeau à ceux et celles qui ont conçu le document officiel et qui ont insisté pour développer cet aspect de la planification de la continuité des opérations.

Le guide préparé par Web escape agents concernant les recommandations du gouvernement québécois aux entreprises, sera disponible d’ici quelques jours.

N’hésitez pas à nous contacter pour le commander. Pour info: Geoffroi Garon, directeur Montréal, téléphone: (514) 373-8454, poste 101, geoffroi.garon@webescapeagents.com, http:///www.webescapeagents.com; http://www.reseaupandemie.com

25 septembre 2009

Peut-être que les entreprises ne se préparent pas parce qu’on n’a pas vraiment pris le temps de les préparer

Je réponds ici à un billet de Xavier Aucompte intitulé «Pandémie H1N1: Les obligations des dirigeants et DRH d'entreprises. Pourquoi autant d’entreprises ne se préparent pas?» dans le Blog des managers 2.0 (B-r-ent.com).

Je ne suis pas du tout étonnée que 80% des Français (et cela pourrait probablement s’appliquer à la majorité des autres nationalités) ne s’inquiètent pas au sujet de la grippe A/H1N1. Si 20% des gens se soucient actuellement de la menace pandémique, c’est environ 10% de plus qu’en 2007-2008 (L’intérêt pour la pandémie est peu élevé, révèle un sondage canadien).

Xavier Aucompte pose dans ce billet une question vraiment existentielle, concernant l’indifférence et l’apathie des populations aux grandes problématiques mondiales, dont les pandémies font partie. Cela fait des années que je me pose la même question, et je n’ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante. Je crois que ce n’est pas nécessairement lié directement à la pandémie, mais qu’entre en jeu un certain nombre de facteurs associés à notre mode de vie moderne. On pourrait parler du déni pendant longtemps, et couvrir des pages entières, sans arriver à des solutions répondant au déni actuel. Il s’agit d’un sujet fascinant que de tenter de cerner les mécanismes de réaction des gens face au danger.

De tous les «experts» mondiaux, la personne qui, à mon avis, se penche sérieusement sur cette problématique, est le communicateur de risques Peter M. Sandman. Après avoir observé les comportements, il a classé les réactions des gens dans un certain nombre de catégories. (Il s’agit des Inattentifs; Navigateurs; Railleurs; Dupes; Attentifs; Fanatiques; Dénieurs - Vendre l’état de préparation à une pandémie, à la famille et aux amis). J’ai noté qu’il y avait certaines catégories pour lesquelles c’était foutu, en quelque sorte, qu’il n’y a absolument rien à faire pour tenter de les convaincre de la menace pandémique. Il est dommage que ce genre d’information ne soit pas largement partagé et diffusé, car ces données pourraient grandement aider les gestionnaires d’entreprises à mieux communiquer avec leurs employés.

Peut-être que les messages initiaux concernant la pandémie ont été trop rassurants? L’attention des gens ne dure que quelques jours – la plupart sont incapables d’exercer une vision à long terme. Le moment crucial d’attention mondial est survenu vers le 25 avril dernier, entre deux changements de phases (de la phase 4 à la phase 5). Sur Twitter, par exemple, «swine flu» s’est classé numéro 1 parmi les sujets les plus populaires pendant quelques journées consécutives. Mais on a dit à ce moment-là aux gens que le virus de la grippe porcine était semblable à la grippe saisonnière. On a leur a dit aussi qu’il mourait chaque année X personnes de la grippe saisonnière. Puisque le ciel ne leur est pas tombé sur la tête dans les quelques jours qui suivirent le déclenchement de la pandémie, les gens sont passés à autre chose.

Un autre élément à considérer est le fait que la pandémie est arrivée avant que les préparatifs pandémiques mondiaux aient eu le temps d’être complétés. En novembre 2008, David Nabarro, le chef d’orchestre mondial des préparatifs, coordonnateur de la grippe humaine et aviaire à l’ONU, a estimé que l’état de préparation mondial avait atteint seulement 40% (David Nabarro évalue l’état de préparation mondial de pandémie à 40% de l’objectif global). Il a dit également qu’il fallait qu’ait lieu davantage de préparatifs pandémiques «sociaux, économiques et politiques» (Le nouveau rapport de l’ONU recommande une planification multisectorielle). La pandémie est arrivée entre-temps, en avril 2009, et les plans de Nabarro ont été bousculés par la réalité. S’il n’y avait pas eu le déclenchement de la pandémie dans l'intervalle, de nombreux plans d’action auraient peut-être pu être déployés auprès des entreprises du monde entier…

Par ailleurs tout le travail en amont qui était (probablement) planifié auprès des entreprises n’a pas vraiment eu le temps d’être orchestré (comme cela a été pratiqué par l’ONU auprès des gouvernements des nations du monde, par exemple).

La population mondiale n’a jamais été intégrée non plus dans les préparatifs pandémiques.

Il était question à cette époque (automne 2008) à l’ONU, de développer la communication. L’ONU a indiqué dans un rapport sur les préparatifs pandémiques mondiaux que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance constitue un réel défi. «Des approches de la communication à long terme en vue des modifications comportementales sont nécessaires, en particulier des approches adaptées aux contextes sociaux, économiques et culturels de la population. La communication en vue des modifications comportementales est un composant complémentaire essentiel de chaque aspect des activités dans le domaine de la grippe aviaire et humaine. Les populations doivent disposer des connaissances et des moyens nécessaires à la mise en pratique des recommandations. L’instauration d’une relation de confiance entre les populations et les autorités, en particulier en ce qui concerne les mesures de contrôle qu’elles prônent, jouera un rôle crucial pour permettre aux gens de se protéger contre la grippe aviaire pathogène et de limiter les conséquences potentielles de la maladie et d’autres maladies infectieuses émergentes. Des études ont confirmé que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance sous la forme d’une modification efficace du comportement reste un défi.» (Responses to Avian Influenza and State of Pandemic Readiness: Fourth Global Progress Report]. Synopsis en français, paragraphe 18)

Concernant les communications en entreprise, un sondage plutôt consternant vient tout juste d’être publié aux États-Unis. La plupart des travailleurs n'ont pas eu de directives de leurs employeurs à propos de la saison de grippe à venir, selon une enquête nationale dévoilée le 21 septembre 2009 par Mansfield Communications Inc. 69% des répondants déclarent n’avoir reçu aucune communication concernant les politiques en milieu de travail se rapportant au H1N1, pas même des informations relatives au lavage des mains ou aux congés de maladie. «Le fossé entre les connaissances diffusées et la pratique est alarmante. Près de la moitié des répondants ont déclaré qu'ils continueraient à s'engager dans des activités publiques avec pleine connaissance de leur infection. De toute évidence, il y a beaucoup à faire pour sensibiliser les travailleurs de l’Amérique, et aider les gens à agir de façon appropriée afin de contenir la propagation du H1N1.» (No communication to workers from employers about policies in the workplace pertaining to H1N1: study)

Tout cela nous démontre qu’il reste une tâche titanesque à abattre côté communications et sensibilisation. L’information conduit à l’empowerment.

Je vous invite à vous abonner à la newsletter d’information que j’édite (il s’agit d’une revue de presse quotidienne sur la pandémie, avec analyse des situations les plus percutantes). On peut s’abonner directement sur le site de RéseauPandémie.com. Par ailleurs, ne manquez pas de consulter le forum Zonegrippeaviaire.com. C’est une véritable mine d’or d’information sur la pandémie et la marche des virus d’influenza à travers le monde.

22 septembre 2009

Le chef manitobain Ken Chalmers n'aime pas jouer aux dés avec la vie des gens

Ken Chalmers

Les propos du chef Ken Chalmers m'ont impressionnée. Il semble être abasourdi par les décisions concernant les ouvertures d'écoles. Nous devrions porter attention à ces paroles sages...

Manitoba chief wants to lock down community against swine flu [Un chef manitobain de Premières nations veut isoler sa communauté contre la grippe porcine]
19 septembre 2009 | Par Aldo Santin | Winnipeg Free Press - The Calgary Herald

[TRADUCTION] Un nouveau cas du virus de la grippe A(H1N1) au Manitoba a poussé le chef d'une réserve des Premières nations à élaborer des plans pour isoler la communauté jusqu'à ce que ses membres soient vaccinés. Le chef Ken Chalmers de la réserve Birdtail Sioux a indiqué qu'il y a 21 femmes enceintes dans la communauté et 140 enfants d'âge scolaire. Chalmers a dit qu'il envisage de fermer l'école communautaire. «Nous savons que le virus se propagera rapidement dans toute la communauté, s'il rentre dans l'école», a souligné Chalmers. «Je ne sais pas pourquoi l'école a ouvert. Nous jouons aux dés avec la vie de nos enfants.»

13 septembre 2009

Analyste-pandémie chez Web escape agents


C'est avec joie que j'ai accepté, le 24 août dernier, le poste d'analyste-pandémie chez Web escape agents (qui gère également le RéseauPandémie.com), un "cabinet international de conseil en stratégie, conduite du changement et assistance à maîtrise d’ouvrage qui accompagne les organisations dans leur recherche de performance, de transformation et d’innovation via les usages et outils 2.0". Depuis le temps que je m'intéresse au développement des virus d'influenza et à l'impact des pandémies sur les sociétés humaines, contribuer aux préparatifs pandémiques d'entreprises et d'organisations s'inscrit dans la foulée des objectifs que j'ai visés, lorsque je me suis lancée dans la grande aventure du Flublogia il y a quelques années.

Lorsque je regarde en arrière, je suis incroyablement fière du travail abattu ces trois dernières années. Les utilisateurs du forum Zonegrippeaviaire.com ont construit une véritable bibliothèque virtuelle de contenus portant sur l'évolution des virus d'influenza et d'autres maladies infectieuses. Toutefois, ce sont surtout les informations concernant les mesures prises par les nations du monde, les entreprises, les institutions d'enseignement et les collectivités, pour lutter contre les épidémies et les pandémies, qui sont à mon avis les éléments les plus intéressants. À travers le monde, des gestionnaires ont longuement réfléchi, observé la marche des virus, et analysé les situations. Ils ont proposé une panoplie de solutions pour limiter l'impact de la menace pandémique sur les opérations des organisations et des entreprises, mais également sur la vie des gens.

Des partenariats ont été conclus au fil des mois entre Zonegrippeaviaire et plusieurs blogueurs et auteurs américains, reconnus pour leur vision et leur compréhension des enjeux: Crawford Kilian, Michael Coston, Scott McPherson, Dr Henry Niman, Peter M. Sandman, Greg Dworkin, Revere d'Effect Measure, etc. Des centaines de billets ont été traduits en français par des utilisateurs de Zonegrippeaviaire - et je leur lève mon chapeau pour ce travail de moine fait "à la main". Je souligne en particulier les réalisations de ma collègue administratrice Gaby, qui m'a soutenue depuis le début des activités de Zonegrippeaviaire, et qui s'est entre autres démenée ces derniers mois pour traduire de nombreux (et longs!) billets de Peter M. Sandman.

À souligner également, les billets publiés dans la Gazette du forum, où plusieurs auteurs ont contribué, dont Fanfan, Druide, Muscade, Gaby, Zoizo, DRMSFV, A1&A2, cinamon et Lyro. Ces billets ont récolté plus de 52,550 lectures: ce fil de discussion s'avère donc ce qui est le plus lu dans le forum.

Je considère que j'ai eu beaucoup de chance ces dernières années de côtoyer, et d'être entourée, par des personnes très généreuses, qui ont démontré une capacité très élevée d'empathie pour Autrui. Tout au long de ma route, j'ai croisé des individus qui m'ont enseigné, m'ont aidée, soutenue, touchée. Les personnes qui composent la communauté de pratique flublogienne ont un coeur d'or, et elles sont dotées d'une compassion peu commune. J'admire leurs nombreuses qualités et leur profond engagement social.

Je me consacre à mes nouvelles fonctions d'analyse de pandémie avec passion et enthousiasme. Mon rôle chez Web escape agents s'appuie sur les avancées réalisées dans Zonegrippeaviaire, tout en me permettant de développer des produits et services conseils aux entreprises et organisations. En parallèle à mes tâches au sein de l'équipe de Web escape agents, je vais continuer de gérer le forum Zonegrippeaviaire. Depuis mon entrée dans l'équipe, nous avons conçu une "newsletter" quotidienne, une revue de presse comportant les faits saillants de la journée, et répertoriant des articles dans 7 secteurs (France et Europe, Canada et Québec, ailleurs dans le monde, science et situation de pandémie, conséquences économiques, pour les entreprises, et blogues). Chacun des articles est commenté, et les extraits d'articles publiés en anglais sont traduits en français. Je vous invite à vous abonner à cette newsletter (le coût est modique). Consultez un exemple ici. Pour en savoir plus sur les produits et services de Web escape agents, consulter le communiqué intitulé "H1N1 et entreprises: la solution pour répondre à la pandémie rapidement pour les entreprises et organisations".

Xavier Aucompte

Je suis des plus reconnaisantes au fondateur de Web escape agents, Xavier Aucompte, pour le respect qu'il a manifesté envers le travail accompli par les utilisateurs du forum Zonegrippeaviaire. C'est un plaisir de collaborer avec des coéquipiers aussi éclairés et expérimentés que Xavier, Philippe Chataignier, Geoffroi Garon, Cyril Caltelnaud, Luc Lefebvre et Julie Desrosiers.

Les mots me manquent pour remercier adéquatement les dirigeants de Web escape agents de m'avoir fait une place dans leur équipe, et de me donner la chance de poursuivre cette expérience extraordinaire d'observation des pandémies, et de contribuer ainsi à rendre l'avenir meilleur par davantage de préparatifs pandémiques.

06 septembre 2009

Cassandre

Mario Dumont

Quelqu’un m’a dit dernièrement: «Bravo Lyne, quel boulot! Dur, dur de faire la Cassandre, n'est-ce pas?»

J’avoue que ce ne fut pas facile de jouer la Cassandre pendant toutes ces années, en effet.

Dans la mythologie grecque, plus Cassandre voit l'avenir avec précision, moins on l'écoute…

Dernièrement, Mario Dumont a dénoncé l'immobilisme de la société québécoise et notre propension à nous complaire dans le confort et l'indifférence (voir «Un Québec totalement paralysé», 31 août 2009. Lucien Bouchard l'avait dit avant lui et beaucoup d'autres le crient sur toutes les tribunes téléphoniques de la province. Cette phrase prononcée par Mario Dumont a attiré mon attention, et elle me tourne dans la tête depuis que je l’ai lue: «Je pense qu'il y a une certaine inconscience de l'ampleur des problèmes financiers, démographiques et autres.»

On peut dire que j’ai pris conscience, via mon engagement dans le projet Zonegrippeaviaire.com ces dernières années, qu’il y a eu – et il y a encore - une «certaine inconscience» à propos de la menace pandémique au Québec.

Une pandémie réveillera-t-elle les Québécois?

Peut-être que oui!!!?
 
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