Blogue de Lyne Robichaud

04 mai 2009

Quels groupes à risque retrouverons-nous dans le Guide Autosoins du gouvernement du Québec?


J'espère que le gouvernement du Québec modifiera son Guide Autosoins.

Ce document est un précieux secret d'État. Presque personne n'en a entendu parler.

Il est prévu dans la stratégie gouvernementale qu'il soit publié en phase 5 d'alerte pandémique.

Nous sommes passés en phase 4 le 27 avril 2009.

Puis nous sommes passés en phase 5 le 29 avril 2009.

Et la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, Margaret Chan, annoncé aujourd'hui qu'elle augmenterait l'alerte d'un dernier cran: LA DIRECTRICE DE L'OMS INDIQUE QUE LA PLEINE PANDÉMIE SERA DÉCLARÉE.

Et pendant ce temps, toujours pas de Guide Autosoins en vue sur le site de Pandémie Québec. J'ai regardé dans tous les racoins du site, et je ne l'ai pas trouvé.

La version de juin 2007 de ce document cible les personnes âgées et atteintes de maladies chroniques, et non pas les enfants et adultes en santé.

La journaliste Helen Branswell rapporte que les gens de 60 ans et plus seraient mieux protégés contre la grippe A (H1N1). Des recherches préliminaires laissent croire que les gens âgés de 60 ans et plus seraient dotés d'anticorps qui leur accorderaient une protection supplémentaire contre le virus de la grippe A (H1N1).

Une amie a indiqué sur Facebook qu'elle espérait que cette découverte "fera réagir les autorités québécoises, car si la grippe A (H1N1) devient pandémique, il faudra changer de cible vaccinale, et donc expliquer à la population pourquoi on vaccinera plutôt les jeunes."

J'espère qu'il n'est pas écrit dans le béton, ce fameux Guide Autosoins, et que les planificateurs québécois auront le courage de changer leurs groupes à risque.


Le problème avec un changement de groupes à risque, c'est qu'il implique un changement majeur dans la planification stratégique, afin que les nouveux groupes à risque soient protégés, et donc que des mesures - comme la fermeture d'écoles et de garderies - soient implantées.

Le plan québécois a planifié pour la continuité des opérations dans le milieu de l'éducation, et des garderies. Nous avons eu un exemple ce matin, avec le Collège Charlemagne: l'école n'a pas été fermée, même après qu'un de ses 1400 élèves ait contracté le virus lors d'un voyage au Mexique (voir Le Collège Charlemagne ouvert ce matin).

Un changement de groupes à risque signifierait qu'il faudrait qu'il y existe un plan B de lutte à une pandémie. Une autre possibilité serait que le gouvernement du Québec se dépêche pour écrire un plan B au cours des prochaines heures.

Le Collège Charlemagne demeure-t-il ouvert parce que nous ne sommes pas encore passés officiellement phase 6? Ou est-ce parce que l'on suit à la lettre le plan de lutte actuel? Les États-Unis se comportent déjà comme si nous étions en phase 6, alors rien n'empêche à la nation canadienne et québécoise d'agir en amont des décisions des agences onusiennes, si cela est fait dans le but de protéger la population.

Mais... il est certes beaucoup moins paniquant de faire croire aux citoyens que seules nos grand-mères et gens déjà très malades seront à risque avec le nouveau virus de grippe A (H1N1). Et cela exige la mise en oeuvre de moins de mesures drastiques.

Puisque le Guide Autosoins n'a jamais été publié, il n'y a jamais eu de discussion à son sujet, à part quelques billets et commentaires publiés dans Zonegrippeaviaire, et possiblement des discussions à huit-clos chez des associations de professionnels, dont monsieur et madame tout le monde n'en aura reçu aucun écho. La population québécoise n'a pas eu la chance de commenter le Guide Autosoins. Je l'ai déploré auparavant, et je le déplore encore. J'ai souvent parlé du Guide Autosoins, et j'ai souvent parlé des groupes à risque, que j'ai toujours considérés comme ayant été mal ciblés pour une pandémie grave (qui pourrait être semblable à celle de la grippe espagnole de 1918).

Comme l'a mentionné le Dr Henry Niman cette semaine dans L'OMS confirme une transmission humaine soutenue du H1N1 porcin, la grippe A (H1N1) comporte de nombreuses ressemblances avec le virus de la grippe espagnole:
"La pandémie est plutôt prévisible, et a beaucoup en commun avec la flambée de 1918, incluant le début à la fin du printemps en tant qu'infection légère, la cible d'adultes auparavant en santé, et l'origine en tant que H1N1 porcin. Au cours de l'été, le H1N1 porcin proliférera dans l'hémisphère sud et se recombinera avec du H1N1 de grippe saisonnière, ce qui conduira à un H1N1 encore plus virulent à l'automne."

J'ai bien hâte de voir ce qui va sortir de la boîte à surprise du gouvernement du Québec... Et une fois que le Guide Autosoins aura été imprimé en 4 ou 5 millions d'exemplaires, et distribué dans les boîtes aux lettres de chacun des ménages québécois, il sera trop tard pour faire changer ne serait-ce qu'une virgule.

Les groupes à risque n'est pas le seul élément qui devrait être modifié dans le Guide Autosoins. Mais c'est une autre histoire... que j'aborderai dans un autre billet (si jamais j'ai le temps).

02 mai 2009

Veratect, les médias sociaux et la transparence des données de grippe A(H1N1)


Je ne connais pas encore les raisons exactes pour lesquelles Veratect Corporation - dont la devise est "Empowering A World At Risk" - a stoppé ses tweets à propos des données sur les cas humains mondiaux de grippe A(H1N1). [Voir @Veratect sur Twitter.]

Il était environ une heure du matin cette nuit (2 mai) lorsque j'ai remarqué que les feeds avaient cessé. Je suis Veratect tant bien que mal depuis le début de son projet Twitter, traduisant dans Zonegrippeaviaire.com ce que je peux en français quand j'ai du temps. Veratect a publié 1,224 tweets depuis une semaine. D'habitude, j'ai plusieurs pages de tweets en retard. Puis cette nuit, je suis remontée jusqu'au tout dernier tweet. Je me suis couchée là-dessus, un peu abasourdie par cet arrêt. J'ai pensé: "Tiens, ils sont allés se coucher. Bizarre."

Puis ce matin, la corporation a annoncé qu'elle se concentrera sur les cas confirmés américains uniquement. Très curieux, puisque l'entreprise couvre les nouvelles internationales depuis le début.
"Due to the progression of the ongoing Influenza A (H1N1) event worldwide, ...Veratect will focus Twitter posts on confirmed cases of Influenza A (H1N1) in the United States."(about 3 hours ago)

Pour une fois que nous goûtions à de la transparence et que nous pouvions suivre en temps réel les données sur les cas humains, j'espère que cela ne s'arrêtera pas d'un coup sec. Parce que je ne suis pas certaine que mon coeur puisse le prendre. Il y a belle lurette que j'ai enterré l'idée de la transparence au Canada et au Québec, mais je n'ai jamais cessé de croire que cela puisse exister ailleurs sur la planète.

Celles et ceux qui ont passé - tout comme moi - des années à suivre les structures gouvernementales mondiales et locales dans leurs préparatifs pandémiques ont observé de très nombreuses situations où les données publiées étaient nébuleuses. Nous devinions que l'on ne nous donnait pas toujours l'heure juste. Plus d'une fois, nous avons dû nous contenter d'une part de pizza, et n'avons jamais pu contempler le portrait global.

Peut-être que je me trompe et que ma théorie de main-mise sur les données par une quelconque autorité est dans le champ, et que si Veratect a cessé ses activités sur Twitter, c'est en réalité parce qu'il n'y a plus un seul cas humain de grippe A(H1N1) survenant à nulle part sur la Terre - la transmission interhumaine ne survenant dans aucune autre "région", à l'exception des États-Unis (et du Mexique). Le virus aurait brusquement arrêté sa course d'un coup sec, un peu après minuit cette nuit... ???

Ce matin, j'ai par hasard eu très envie de relire l'article du Dr Mark Drapeau, qui recommandait aux autorités gouvernementales il y a deux semaines, d'être un "rat social": "Be Real, Authentic, Transparent", a-t-il indiqué dans Federal Computer Week (Drapeau: Web 2.0 best practices already surface). J'ai vu qu'il y avait un récent article portant sur les médias sociaux et la grippe A(H1N1). Et c'est ainsi que je suis tombée sur cet article à propos des activités de Veratect sur Twitter.

Voici l'article du Computer Federal Week. Je n'ai pas le temps de le traduire en français. Vous remarquerez que l'article parle aussi du blogueur Scott McPherson.


Swine flu news infects social media
May 01, 2009 | Federal Computer Week

There’s no doubt about it: Talk about the swine flu — dare we say it? — has gone viral.

Jessica Mintz, a technology writer for the Associated Press, reports that a company called Veratect is using a combination of computer algorithms and human experts to comb the Web and other sources for signs of possible outbreaks around the world.

“The idea fueling Veratect and similar companies is that blogs, online chat rooms, Twitter feeds and news media and government Web sites are full of data that public health agencies could use to respond faster to problems like outbreaks of swine flu,” Mintz writes.

The company provides full reports to government agencies and private corporations that are concerned about the health and economic risks that such threats pose around the world.

Veratect also posts information on a public Twitter feed. It is worth noting that neither the company nor Twitter were around during the original health scares about Severe Acute Respiratory Syndrome (SARS) and H5N1 avian influenza.

During the past decade, federal health officials have developed a number of Internet-based systems for gathering and correlating information from hospitals, health clinics and local health officials, making it possible to get early indications of potential outbreaks.

But social networking has added a whole new component to response efforts, particularly when it comes to getting the word out to the public.

The Washington Post’s Jose Antonio Vargas reports that the Centers for Disease Control and Prevention and the Health and Human Services Department have turned to Twitter, YouTube and other sites to disseminate information about H1N1. The heads of CDC, HHS and the Homeland Security Department also staged a virtual town hall on CDC and HHS Web sites, inviting the public to submit questions via e-mail.

The catch, of course, is that the viral nature of social media also means that misinformation can spread far and wide before health officials can counter it.

That is what concerns Evgeny Morozov, who is currently writing a book about the impact of the Internet on global politics.

Twitter is helping to facilitate “an unnecessary global panic about swine flu,” Morozov writes in a post on Foreign Policy’s net.effect blog. Rather than inform people, Twitter has provided “misinformed and panicking people…with a platform to broadcast their fears,” resulting in “only more fear, misinformation and panic.”

This pathological pattern also complicates the work of people monitoring Twitter with hopes of identifying meaningful patterns in all the chatter. The conversation ultimately feeds on itself, creating far more noise than content. As a result, "tracking the frequency of Twitter mentions of swine flu as a means of predicting anything thus becomes useless,” he writes.

As might be expected, all of the buzz about the swine flu has not eluded the notice of spammers. Security experts say spammers are sending out messages with subject lines such as “US swine flu fears” in hopes of luring recipients to click on links to malware sites or open malicious attachments, InformationWeek reports.

Cisco Systems' IronPort anti-spam service said swine-flu spam has accounted for as much as 4 percent of global spam recently, the magazine reported.

The virtues of a home office

Telework proponents, meanwhile, say organizations should be prepared to have employees work from home, Network World reports. Telework could help organizations contain the spread of the flu in their offices or keep operating in the event that health officials announce building closures, said Chuck Wilsker, president and chief executive officer of the Telework Coalition in Washington, D.C.

According to a recent report by the Office of Personnel Management, 60 percent of federal agencies include telework in their plans for emergency operations, but only about 7 percent of federal employees telework on a regular basis, InformationWeek reports.

Finally, ComputerWorld blogger Scott McPherson wonders if cloud-computing technology is up to the task of helping organizations continue operating in the event of a severe pandemic.

For example, he asks: “Should we consider moving all e-mail operations to the cloud, and leave it to Google or Yahoo or whomever to manage our volume? Should we engage them only when we fall down?”

"In the case of peak demand, will voice over IP, videoconferencing and other Internet-based technologies “be effective — or even operational — in the face of a pandemic?”


DERNIÈRE HEURE - MISE À JOUR - 10h45

Le tweet de Veratect annonçant que cette corporation allait se concentrer sur les cas humains américains a apparemment été supprimé, et la corporation a publié à la place il y a quelques minutes:
"Due to the progression of the influenza A (H1N1) event, Veratect will focus Twitter posts on confirmed influenza A (H1N1 cases worldwide,...in addition to community-transmission of the virus as described by health officials. #swineflu #H1N1" (9 minutes ago)

Hourra! Go go go Veratect!

Puis Veratect a enchaîné avec un tweet portant 39 cas au Mexique et des cas en Israël, Italie et Suisse.

Fiiiouuuu. J'ai vraiment eu peur, et senti le sol se dérober sous mes pieds, pendant 9 longues heures.

30 avril 2009

Mention de mon profil Twitter dans Radio-Canada

L'ami @koudonk a réussi à publié sa liste des émetteurs de nouvelles de grippe A(H1N1) sur @Radio_Canada. J'y suis! http://tinyurl.com/ctvr3y Sur cette liste, au Canada, il y a moi, et l'Agence de la santé publique du Canada, qui émet sur Twitter depuis le 28 avril dernier. Ils ont publié 9 notes à date.

Il était temps que Santé publique Canada se décide enfin à être actif sur Twitter. Ils ont un autre compte d'utilisateur, qui est resté sans aucune note depuis des mois.

Le gouvernement du Québec ne s'est pas encore lancé sur Twitter. J'attends toujours que Pandémie Québec se pointe le bout du nez.
HAE - Santé
30 avril 2009 [ 18 h 01 ] Par Sophie-Hélène Lebeuf (sophie-helene.lebeuf@radio-canada.ca) | Radio-Canada

[Extrait]

Sur Twitter

Cette semaine, je vous ai mentionné quelques organismes qui diffusent des informations sur Twitter.

Éric Lauzon (Koudonk) a recensé des organismes et des particuliers qui transmettent les développements sur Twitter. Il eu la gentillesse de me transmettre sa liste par courriel:

En français:

Au Canada:
Twitter.com/ASPC_GC
Twitter.com/RC_Regions
Twitter.com/RCInternational
Twitter.com/radio_canada
Twitter.com/cybvoyage
Twitter.com/lagrippeporcine

Au Québec:
Twitter.com/ASPC_GC
Twitter.com/Lyne_Robichaud

En France:
Twitter.com/grippeporcine
Twitter.com/grippe_porcine
Twitter.com/lagrippeporcine
Twitter.com/francediplo

En Suisse:
Twitter.com/swissinfo
Twitter.com/genevenews
Twitter.com/lematinch
Twitter.com/tsr_ch
Twitter.com/20minutes_ch
Twitter.com/RomandieNews

En Belgique:
Twitter.com/belgium_fr
Twitter.com/RTBFinfo
Twitter.com/le_soir
Twitter.com/rtlinfo
Twitter.com/actu24

En anglais:

Twitter.com/whonews (Organisation mondiale de la santé)
Twitter.com/stopswineflu
Twitter.com/trackswine
Twitter.com/H1N1Info
Twitter.com/newscientist (revue scientifique du même nom)
Twitter.com/JamesJanega (journaliste au Chicago Tribune)
Twitter.com/sanjayguptacnn (médecin, qui est reporter pour CNN)
Twitter.com/mexicoreporter

Il y a aussi Twitter.com/healthmap et Twitter.com/CDCemergency (Centers for Disease Control and Prevention in the United States), dont je vous avais déjà parlé.

Dans quelques jours, nous passerons probablement en phase 6

L'Ami Calmant qui a beaucoup plus d'humour que moi, et qui me fait toujours rire aux éclats (j'admire sa capacité de jouer avec les mots et de répondre des boutades qui me mettent absolument bouche bée), m'a demandé cette nuit:
"Toi qui es aux avant-postes du combat, crois-tu qu'en me réfugiant dans une porcherie de la Basse Lanaudière, j'augmenterais mes chances d'échapper à la Fin du Monde?

Premier avantage: on y est caché comme dans une botte de foin.
Second avantage: l'augmentation immédiate des anticorps porcins."

Il n'y en a pas deux comme lui! Merci Christian pour tous les beaux clins d'oeil que tu m'as transmis au cours de l'année, et surtout pour tes encouragements. Quand j'étais découragée, tu as trouvé les bons mots qui m'ont poussée à continuer, malgré l'absence d'intérêt de la part des autorités québécoises pour le projet Zonegrippeaviaire et la nécessité de sensibiliser les citoyens à la réelle menace d'une pandémie.

Il était 2h51 du matin quand j'ai pris connaissance son message, et j'étais encore assise devant mon clavier, à contempler ce qui s'en vient.

Je retiens mes larmes, parce que je trouve que le manque de sensibilisation pour que les individus se préparent est flagrant, décevant, irresponsable de la part des autorités, et d'une tristesse inconsolable. Une personne du gouvernement du Québec m'a confié il y a deux jours: "Il a été décidé de ne pas diffuser trop d'informations afin de ne pas alerter la population et risquer que cette même population ne nous prenne plus au sérieux une fois le risque de pandémie déclaré."

Très mauvaise stratégie, qui nous coûtera cher.

L'absence de préparatifs individuels senmble faire partie d'une stratégie gouvernementale et mondiale.

Lorsque l'Organisation mondiale de la santé a modifié sa définition des niveaux d'alerte (phases pandémiques) en juin 2008, il était évident que c'était dans un but de limiter les préparatifs pandémiques, puisqu'il ne s'écoulerait que quelques jours entre le passage des niveaux 4 à 6. J'en ai parlé dans Zonegrippeaviaire, via mes traductions du Dr Henry Niman. Je me rappelle à l'époque qu'il avait analysé la question de long en large. Donc ce n'est pas comme si nous n'étions pas au courant du danger. Voir "La transmission interhumaine du H5N1 dicte un nouveau système d'alerte de pandémie" et "Le nouveau système d'alerte de pandémie de H5N1 contrôle la panique".

Nous sauterons dans la phase 6 très prochainement. Henry Niman l'a prédit il y a 10 mois, mais il nous l'a re-prédit hier. Voir "L'OMS confirme une transmission humaine soutenue du H1N1 porcin".

Ce qui fait que les citoyens ne seront pas prêts. Le gouvernement n'aura pas le temps de leur dire quoi faire.

Tendre à l'autosuffisance en tout me semble une stratégie gagnante dans les circonstances. Ainsi peu importe ce qui se passera, il sera possible de retomber sur ses pieds.

Autosuffisance en masques, médicaments, nourriture, eau, éclairage (bougies, lampes), chauffage (autre que l'électricité), communications (walkie-talkie).

Créer une solide communauté autour de soi, des gens sur qui on peut compter, m'apparaît également un élément crucial.

Je ne sais pas ce qui nous attend, mais attendons-nous à ce que ce soit majeur. Celles et ceux qui seront prendront leurs responsabilités (leur vie en main), et qui seront capables de transformer l'information en empowerment, pourraient devenir des leaders dans leur famille, leur communauté.

Personne n'a d'expérience en pandémie. Celles et ceux ayant vécu en 1918 sont tous pour la majorité décédés. Nos gouvernements n'en ont pas plus que nous. N'oublions pas cela.

Pour Claude Évin, président de la Fédération hospitalière de France, «les pandémies révèlent l’échelle des valeurs d’une société, par sa capacité à prendre en charge tous ses membres et à porter un projet collectif qui ne se résume pas à la somme désordonnée des actions individuelles».


À partir de maintenant, nous entrons dans la gueule de la pandémie. Nous serons seuls: le gouvernement ne pourra suffire aux énormes besoins.

Alors débrouillons-nous!

Consultez la section Démarches des individus. Complétez vos préparatifs pandémiques d'ici aux prochains jours.

Et bonne chance.

27 avril 2009

27 avril 2009

Ce sera toute une journée aujourd'hui.

Tout d'abord, l'Organisation mondiale de la santé a devancé d'une journée la réunion de son comité d'experts. La rencontre était prévue demain, mais aura lieu aujourd'hui. Attendons-nous à ce que le niveau d'alerte pandémique soit augmenté. Au moins à la phase 4. J'aimerais encore mieux la phase 5.

[C'est mon anniversaire aujourd'hui, en passant. Quel drôle de coïncidence!]

Je n'ai pas beaucoup de temps pour bloguer (même la nuit): je me concentre pour alimenter le site Zonegrippeaviaire.com en contenu d'heure en heure, et sur ma présence sur Twitter.

J'ai pris quelques minutes pour commenter un billet signé par l'ami Philippe Martin. Je vous invite à le lire. Il réalise que la crise économique mondiale, ce n'est rien à comparé à l'impact qu'aura une pandémie sur l'économie. Je suis contente qu'il ait réalisé cela. Mais combien d'autre l'ont compris? Les entreprises québécoises ne sont pas prêtes à traverser une pandémie. Je suis persuadée que la plupart n'ont pas vraiment de plans de continuité réalistes qui les aideront à tenir la route.

Plusieurs personnes m'ont recommandée sur Twitter, dont @PhilippeMartin le 17 avril dernier, et l'amie Michelle Blanc ce matin:
@MichelleBlanc LA source d'infos sur la grippe aviaire au Québec est définitivement @Lyne_Robichaud

Hier, j'ai aussi reçu (en privé) des remerciements du gouvernement américain, qui m'ont fait monter les larmes aux yeux:
@USAgov Thanks for helping spread the word about swine flu!

Si seulement un peu de gratitude avait pu être observée aussi du côté des autorités québécoises. Nous allons sombrer dans une pandémie sans qu'aucun geste de collaboration n'ait été proposé à Zonegrippeaviaire?

Heureusement, je n'ai pas trop le temps d'être désolée. Je suis trop prise dans un tourbillon de nouvelles à gérer.

24 avril 2009

Ce qui m’a occupée dernièrement et qui m’occupera prochainement

L'avatar de @CrisisCamp sur Twitter

Ce qui m’a occupée ces 3 dernières semaines

Il y a 22 jours, mon père est décédé.

Certaines personnes se sont inquiétées de voir mon blogue dénudé de billets présentant les récentes actualités (elles sont assez nombreuses ces derniers temps). Merci beaucoup de votre intérêt.

Imaginez-moi assise devant des piles de plusieurs centimètres d’épaisseur, à faire le tri dans les papiers de succession: résidence, voiture, impôts, assurances, etc. Il faut passer par là pour croire que c’est une expérience pas toujours facile à traverser, car les souvenirs que l’on pense enfouis depuis longtemps dans un tiroir de notre esprit resurgissent sans crier gare.

Imaginez-moi également en train de vider la résidence de mon père, triant objets et vêtements. C’est fou les babioles que l’on accumule au fil des années. Je me suis promis après cela de donner ce printemps tous les vêtements que je n’ai pas portés depuis plus de 2 ans.

Donc ces activités ont occupé une bonne partie de mon temps ces 3 dernières semaines.

J’ai fait aussi pas mal de scrapbooking, histoire d’immortaliser mes beaux souvenir et m’appliquer à une activités créatrice positive.

Ce qui occupera ces six prochaines semaines

L’amie Heather Blanchard (@poplifegirl sur Twitter) m’a suggéré hier de mettre sur pied un CrisisCamp Canada (@crisiscamp sur Twitter), qui se déroulerait en simultané de celui prévu à Washington du 12 au 14 juin prochain. CrisisCamp rassemblera des gens en gestion de crises humanitaires. Le Royaume-Uni organisera un chapitre britannique à l'événement, et vu mon intérêt pour tout ce qui concerne CrisisCamp, elle a songé que quelque chose de semblable pourrait avoir également lieu sur le territoire canadien.

Cette proposition m’a donné le vertige, et je ne suis pas certaine que dans le contexte actuel post-funérailles-deuil, à six semaines de l’événement, j’arrive à mettre sur pied un chapitre canadien et à générer un niveau de participation acceptable.

J’entrevois qu’il n’y aurait probablement pas eu un chat gouvernemental québécois pour y participer (ou «rat», pour reprendre l’expression de rat social» suggérée dernièrement dans un article du Dr Mark Drapeau ou @cheeky_geeky publié dans Federal Computer Week: «Soyez un rat social, Réel, Authentique, Transparent», a t-il conseillé aux autorités gouvernementales - et cela s'applique à tout le monde).

Pour ne pas en rajouter à mon présent état de chagrin et de désappointement, j’ai préféré suggérer une autre avenue qui aurait de meilleures chances de succès: une sorte de chapitre CrisisCamp orienté Flublogia, c’est-à-dire impliquant la communauté de pratique flublogienne mondiale.

L’idée a semblé plaire aux organisateurs de CrisisCamp.

Alors je vous annonce que je vais probablement me greffer aux activités d'organisation et déployer des efforts pour informer la communauté flublogienne de la tenue de CrisisCamp, en espérant que de nombreuses personnes de plusieurs pays répondront à l’appel et participeront virtuellement (et même physiquement) les 12, 13 et 14 juin prochain.

Je suis convaincue qu’un niveau acceptable de participation pourra être atteint en s’adressant à ce groupe-cible.

CrisisCamp 2009 est décrit par les organisateurs comme se voulant une suite aux discussions ayant eu lieu à Gov2.0Camp, qui s'est déroulé à Washington il y a quelques semaines. Pour en savoir plus sur Gov2.0Camp, consultez ceci, ceci, ceci, et ceci. L’événement s’est hissé parmi les sujets les plus populaires sur Twitter, et je me suis classée No.4 top trendsetter de #gov20camp, d’après Two Popular. J'ai entendu décrire Gov2.0Camp comme étant le Woodstock du 21e siècle, ou encore la plus grande non-conférence de l'histoire.

J’ai déjà reçu plusieurs commentaires positifs de membres du Flublogia (francophones et angophones) concernant CrisisCamp.

Je vous donne rendez-vous du 12 au 14 juin prochain. Ne soyez pas surpris si vous recevez une invitation à ce événement!

19 avril 2009

Margaret Atwood anticipe des pénuries de denrées de base en Occident

Margaret Atwood

Quelle ne fut ma surprise quand j’ai vu passer les mots «pénurie», «Occident», et «denrées», au moment où j’ai lu un article annonçant la sortie d’un nouvel ouvrage d’une de mes auteures préférées, Margaret Atwood, que Le Devoir décrit comme «la grande romancière canadienne anglaise.»

Il s’agit d’un essai portant sur le phénomène de la dette, paru l'an dernier sous le titre Payback: Debt and the Shadow Side of Wealth chez House of Anansi. Comptes et légendes, la dette et la face cachée de la richesse, vient maintenant d'être publié en français chez Boréal.

Margaret Atwood a une réputation de prophétesse. Elle semble détenir une étrange capacité de prédiction de l'avenir.

Je trouve qu’elle décrit admirablement bien les choses telles qu’elles sont. Avec elle, point d'illusion.

Je me rappelle une lettre qu’elle a publié dans Le Devoir en octobre dernier – «Harper: déconnecté, dépassé» - au sujet de la listériose, du système de santé et du manque de transparence au Canada, qui m’a fait dresser le poil sur les bras.
«Pendant que des Canadiens et des Canadiennes mouraient de la listériose cet été, les «neocons» de Harper proposaient de confier à l'industrie alimentaire le contrôle de ses propres inspections -- une recette infaillible de coins ronds et de camouflage -- et de déréglementer l'étiquetage des aliments, de sorte que les fabricants puissent dire n'importe quoi sur les étiquettes. Même les fabricants de produits alimentaires du Canada ont trouvé cette idée «idiote».

[saut de paragraphe]

Harper s'est fait élire en promettant de consulter, d'être transparent, d'être responsable, mais il a accompli exactement le contraire. Il ne consulte personne d'autre que lui-même dans son miroir; il dirige le gouvernement le plus secret qu'on ait jamais vu au Canada; pour lui, la responsabilisation se résume à ceci: «Si je fais une erreur, vous êtes viré.» Les vrais leaders savent qu'ils sont les ultimes responsables, mais M. Harper possède un talent prodigieux pour renvoyer la balle. Il n'assumera pas ses propres actes, à moins d'être acculé au mur, et encore, en marmonnant.

Ma prédiction éclairée d'aujourd'hui est la suivante: Chers Canadiens et Canadiennes, si vous donnez aux «neocons» de Harper un gouvernement majoritaire, vous perdrez beaucoup de choses qui vous tiennent à coeur, vous ne gagnerez rien qui en vaille la peine et vous ne pourrez jamais, jamais vous le pardonner.»

Selon la Presse canadienne, Margaret Atwood «aborde [ses sujets] avec une intelligence, une intuition et une acuité qui vont beaucoup plus loin que ce que les textes de spécialistes nous en apprennent

Donc il ne faudrait donc pas s’étonner que Margaret Atwood ait intuitivement compris que l’Occident pourrait se retrouver avec des pénuries d’approvisionnement, si la crise économique s’aggrave, ou encore en cas de pandémie d’influenza.

L’écrivaine jette un regard étonnant sur la crise économique actuelle.

Elle parle de deux avenues possible: se préparer et prévenir [une pandémie], ou bien vivre comme la cigale dans Jean de La Fontaine, et user des ressources jusqu'à l'épuisement. Je considère qu'elle entrevoit clairement la différence entre les preppers et les non-preppers.

Voici un extrait d’un article publié par Le Devoir, «Margaret Atwood à l’heure des comptes», où il est question de pénuries de denrées de base en Occident:
«À l'heure actuelle, constate Margaret Atwood, le monde est au bord d'une crise plus grave que ce qu'il ne perçoit, et l'humanité pourrait, même en Occident où elle a vécu jusqu'à maintenant dans l'abondance, être privée de denrées de base à court terme. Devant cette éventualité, il y a deux avenues possibles, auxquelles le Scrooge nouveau est confronté: tenter d'améliorer son sort ou profiter des ressources jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Le choix lui revient.

Mais en entrevue, Margaret Atwood ne cède pas au pessimisme. L'espèce humaine a déjà traversé de très graves crises. Si l'humain trouve des solutions à ses problèmes, il les adoptera, car sa survie en dépend. En attendant, il doit apprendre à mieux régler ses comptes avec ses semblables et avec la vie.»

18 avril 2009

Promouvoir l'esprit civic "DIY" associé à la gouvernance 2.0

Tim O'Reilly

DIY, si vous vous demandez ce que signifie cet acronyme, c'est 'Do It Yourself'.

En français, l'équivalent - à mon avis - serait quelque chose comme "Débrouille-toi-tout-seul". [Disons que je suis un as dans ce genre-là. Depuis que je suis toute petite.]

Sur Twitter, j'ai vu passer aujourd'hui un billet rédigé par Tim O'Reilly, qui a retenu mon attention.

Pour les personnes qui ne le connaissent peut-être pas, Tim O'Reilly est reconnu comme étant l'initiateur de l'expression Web 2.0. Rien de moins!

Donc pour en revenir à ce billet intitulé "The Change We Need: DIY on a Civic Scale", Tim O'Reilly invitait les gens à la fin de son texte à lui faire parvenir des exemples de DIY. Il souhaitait se mettre dans l'esprit du Do-It-Yourself (et non pas dans l'esprit du temps des Fêtes) en lien avec l'idée d'un gouvernement 2.0.
[Traduction] "La technologie nous fournit de nouvelles façons de coordonner, de nouveaux moyens de régir et de réglementer, mais nous ne devons jamais oublier que ce ne sont-là que des moyens. Le but ultime est d'atteindre une société meilleure. Et cela commence avec nous.

Nous avons besoin de redécouvrir le gouvernement comme un catalyseur, et non pas un fournisseur de solutions, comme une plate-forme de notre propre innovation, un levier pour notre propre travail, et non pas comme le deus ex machina que nous nous sommes payés pour faire pour nous ce que nous pourrions faire nous-mêmes.

Si vous connaissez d'autres incroyables histoires de Do-It-Yourself civiques, faites-le moi savoir. Je tiens à mettre de l'avant la technologie dans mon militantisme en faveur d'un Gouvernement 2.0, mais je désire également mettre en valeur l'esprit Do-It-Yourself." [Tim O'Reilly]

Sur Twitter, j'ai indiqué à @Timoreilly que je pense que Zonegrippeaviaire.com est un excellent exemple de DIY, et il m'a invitée par la suite à publier un commentaire sur son blogue.

Voilà donc mon commentaire à Tim O'Reilly en anglais. Je crois par ailleurs que c'est la première fois que je publie quelque chose en anglais sur mon blogue (L'Ère du temps).
Lyne Robichaud [04.18.09 01:35 PM]

I really enjoyed your post about the civic spirit of DIY.

Zonegrippeaviaire.com, based in Quebec, Canada, is a DIY story (I suppose in French we would say «Débrouille-toi-tout-seul».

This site, runned by common citizens, provides open information about pandemic surveillance.

Quebec Government hired the firm BCP – among several projects - to set up a secret ‘Pandemic Watch Portal’, only accessible to 20 officials from Health and Human Services (ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec). BCP received up to $725,000/year since 2005.

This information was revealed to the public in May 2008, when reporter Denis Lessard from La Presse investigated (via the Access to Information Act) about Quebec’s bird flu surveillance activities. (Here is an English translation of this article: http://tinyurl.com/dffuab.)

The president of BCP, John Parisella, is also the actual communication consellor of Prime Minister of Quebec, Jean Charest.

DIY Zonegrippeaviaire.com translates bird flu and pandemic preparedness breaking news in French and blogs about these issues. The community of practice feeding the site Zonegrippeaviaire generates an average of 50 posts per day. The official gov site Pandémie Québec publishes less than 12 news per year.

Quebec Governement rejected DIY Zonegrippeaviaire in June 2008. Officials said social media are ‘not credible and not mature enough’. This decision is based on a document (written by Services Québec), entitled «Les médias sociaux et la communication du risque» (Social media and risk communication). This document was not published by the government. It was obtained via the Access to Information Act: http://tinyurl.com/9fd6p4.

This document concludes: Invest little time and money, and wait untill social media achieve both greater maturity and credibility.

And exactly when that will be?

In the meantime, Quebecois newspapers propagate the media myth of the immature citizen (http://bit.ly/SXDe). [Translation] ‘Sure thing, it’s not tomorrow that we will see bloggors from Quebec play the role of citizen-reporters writing novel news, and being invited to press conferences, as it is the case in Europe and in United States. I think the model of citizen-media is not here.’

And why is that so?

I don’t believe that Quebecois citizens are more immature than any other citizens of the world. There are several excellent political bloggors in Quebec, and I think they are doing a great job as citizen-reporter. As my collegue bloggor Crawford Kilian (Crof's blog) mentioned last week: Being an active member of the Flublogian community of practice is a "tough job, probably beyond the capacity of a single individual."

17 avril 2009

Réaliser le potentiel d’un gouvernement connecté: un document de Cisco portant sur le gouvernement 2.0

Paul Johnson

Via le blogue de Paul Johnson, ex-fonctionnaire vivant à Londres, travaillant présentement pour Cisco, à la tête de l’équipe du secteur public européen au sein de IBSC, le bras consultatif de stratégies mondiales de Cisco, voici la version finale d’un document de Cisco intitulé ‘Realizing the Potential of the Connected Republic. Web 2.0 Opportunities in the Public Sector’ (Réaliser le potentiel d’une République connectée. Opportunités Web 2.0 dans le secteur public).

Les auteurs de ce document de Cisco Internet Business Solutions Group (IBSG) sont Paul Johnson, Russell Craig, Martin Stewart-Weeks et Joan McCalla.
[Traduction] «L’adoption d’outils et de valeurs Web 2.0 a beaucoup à offrir au secteur public. Il existe des défis et des barrières, mais il s’agit d’une route que le secteur public a besoin d’emprunter. Non seulement cela peut-il contribuer à l'efficacité, mais cela peut permettre aux organismes du secteur public de fournir davantage d'innovation et de devenir plus souples face à l'imprévisible. Fondamentalement, cela peut transformer la relation entre les citoyens et les institutions publiques, et entre les citoyens et leurs représentants.»

Le document mentionne que trois valeurs sont particulièrement pertinentes:

- Collaboration
- Transparence
- Empowerment

Il s’agit d’un document très bien fait. Je vous invite à en prendre connaissance et à le lire au complet.

J’ai envie d’ajouter que cela devient de plus en plus pénible de tomber sur des contenus de ce genre, sachant pertinemment que les gouvernements du Québec et du Canada ne veulent pas vraiment entendre parler de ces valeurs.

À la longue, à force de voir les autres se développer et nous-mêmes piétiner sur place, cela donne aussi envie de pleurer.

Hier (16 avril), a eu lieu la conférence de presse de Tourisme Mauricie annonçant son nouveau blogue: http://blogue.tourismemauricie.com/. Cela s’est déroulé aux Forges du Saint-Maurice, à quelques kilomètres de chez moi. L’amie Michelle Blanc a été engagée comme consultante pour ce projet. Et je souligne le travail de l'ami Gabriel Raymond, employé de Tourisme Mauricie, un gars sympatique et très dynamique. Je suis persuadée que c'est grâce à son incroyable personnalité que ce projet de blogue a pu avoir eu lieu.

La vie est drôlement faite. Je trouve cela assez cynique que (probablement, à ma connaissance) le premier blogue du gouvernement du Québec survienne en Mauricie, le siège social de Zonegrippeaviaire.com, dont un projet de collaboration, transparence et empowerment a été rejeté en juin 2008 par le gouvernement du Québec. Je devrais me réjouir de cette nouvelle, mais j’en suis plus capable. Il y a trop de goût amer dans la bouche.

Et aussi parce que je considère que le gouvernement choisit un axe prioritaire plutôt facile en débutant par le secteur touristique, pas tellement compromettant. Les efforts en matière 2.0 à déployer dans cette avenue sont beaucoup moindres que ceux démontrés par d’autres nations.

J’ai lu dernièrement [indice de maturité des médias sociaux de John Cass et Jon Garfunkel] que le succès de l'implantation d’un gouvernement 2.0 ne se mesure pas nécessairement aux sommes d’argent investies pour développer des technologies (c'est-à-dire dans la création de blogues et de plate-formes). «La manière dont une entreprise [ou un gouvernement] fait participer le client et la communauté [les citoyens] en utilisant les médias sociaux est plus important que les technologies que l’entreprise [ou le gouvernement] déploie.» [John Cass]

À mes yeux, ce n’est pas parce qu’un blogue a été lancé chez Tourisme Mauricie que nous assistons nécessairement à une transformation du gouvernement du Québec en gouvernement 2.0. À mon avis, il existe une très grande distance et marge de manœuvre entre partager des expériences de voyage et faire mousser le tourisme québécois, et contribuer réellement à la gouvernance dans de nombreux dossiers via une participation publique par l’entremise d’outils 2.0 et l’empowerment des citoyens.

Même si Tourisme Mauricie a réussi à lancer un blogue, je ne suis pas sous l’impression que le gouvernement du Québec comprend qu’un virage gouvernemental 2.0 doit s’effectuer sur l’ensemble d'une administration. Dans mon billet d’hier portant sur la République française, j’ai indiqué que ce virage complet devient alors une «révolution», et j’ai cité ce passage d’un bulletin du ministère des Affaires étrangères et européennes de la République française:
«Mais on ne pourra parler de révolution «gov 2.0» que lorsque l'action d'évangélisation de Vivek Kundra et les multiples projets de rénovation des outils des agences gouvernementales auront été adoptés par tous, et à tous les niveaux de la pyramide décisionnelle.»

La question que je me pose est la suivante: Le gouvernement du Québec a-t-il réellement l'intention de multiplier les projets 2.0 et de faire adopter ceux-ci à tous les niveaux de la pyramide décisionnelle?

Cela reste à voir.

Entre temps, tant mieux si les États-Unis, et le Royaume-Uni, et l’Australie, et la République française (et probablement d’autres nations) font des progrès en matière d’implantation d’un gouvernement 2.0.

Quand donc cela arrivera-t-il enfin au Canada et au Québec? Je crains que cela ne soit pas pour demain, ni l’année prochaine, ni l’autre année d’après, ni la suivante non plus...

Une autre conférence à saveur gouvernement 2.0 à Washington: eDemocracyCamp


[Traduction] «La parade des conférences Gov 2.0 se poursuit, avec la tenue de eDemocracyCamp ce week-end, qui aura lieu juste avant le début de la conférence Politiques en ligne IPDI. eDC en est à sa seconde édition, et se tiendra de 8 à 17 heures dimanche, dans l’édifice Media and Public Affairs de l’Université George Washington. Il s’agit du même lieu où s’est déroulé le Transparency Camp. Étant donné qu’il s’agit d’un bar camp, la participation à cet événement est gratuite. Vous pouvez vous inscrire et consulter l’horaire de l’événement ici

Le site Internet de eDemocracyCamp indique que cet événement se concentrera sur une e-participation (utilisant Internet pour soutenir une participation publique). Le but de l’événement est de réunir des autorités gouvernementales, chercheurs, développeurs, praticiens, et citoyens ordinaires dans ce qui se veut une collaboration intense d’une journée et partage des connaissances.

Les utilisateurs de Twitter semblent utiliser les hashtags suivants en lien avec cet événement: #edemcamp #gov20 #opengov

Je vais tenter de faire de mon mieux pour couvrir à distance cet événement sur Twitter et Facebook.
 
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