Blogue de Lyne Robichaud

09 juin 2011

Le gouvernement du Québec collectionne les ratés. D'autres dépassements de coûts

Il y a un mois, le gouvernement du Québec s’est fait apostropher comme étant «l’État techno-cancre» pour son échec de gestion du dossier d’informatisation de la santé.

Le journaliste Pierre Bergeron rapportait dans La Presse: «Le verdict du vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, est sans appel. L'informatisation du réseau québécois de la santé ou le projet Dossier santé du Québec (DSQ) est un échec sur toute la ligne.»

J’ai rédigé une proposition de projet pilote de données ouvertes / gouvernement ouvert, contenant 5 suggestions, dont une portant sur les données du dossier santé. J’ai transmis cette proposition au leader parlementaire adjoint du gouvernement et au Vérificateur général du Québec. Il semblerait que le leader parlementaire adjoint omette le gouvernement ouvert dans son rapport d’analyse du potentiel du Web 2.0, prévu pour livraison vers la fin de l’année 2011. Je n’ai pas reçu de réponse du Vérificateur général.

Il y a eu ensuite la question des contrats d’Hydro-Québec, pointés par le Parti Québecois, où apparemment près de la moitié des contrats auraient eu un dépassement des coûts.

«Depuis l'an 2000, Hydro-Québec a accordé des contrats d'informatique qui ont coûté près de 1 milliard de dollars. Près de 40% d'entre eux ont dépassé les budgets prévus, ce qui, «en moyenne», a fait doubler la facture attendue», a rapporté Denis Lessard.

Hydro-Québec a dit que c’était des «avenants», pas des «dépassements». La ministre des Ressources naturelles a déclaré que cela «ne correspondait pas à la réalité. Personne ne sait en quoi consiste cette réalité, puisque personne n’a accès aux données. J’ai écrit à la ministre pour lui suggérer de libérer ces données dans un projet pilote de données ouvertes / gouvernement ouvert. Je n’ai pas reçu de réponse.

Cette semaine, 4 députés de l’Assemblée nationale ont démissionné du Parti Québécois (dans un premier temps, Louise Beaudoin (Rosemont), Pierre Curzi (Borduas) et Lisette Lapointe (Crémazie); et le lendemain, Jean-Martin Aussant (Nicolet-Yamaska). Le départ avec fracas des députés illustre parfaitement l'inconfort que suscite le projet de loi privé 204 sur l'amphithéâtre de Québec. «À quoi on joue?», a demandé lundi (6 juin 2011) le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux. «Il y a ce sentiment que l'Assemblée nationale est en train de perdre son sens critique et d'analyse nécessaire à l'adoption d'une loi.»

Un sondage CROP indique que six Québécois sur 10 sont en désaccord avec ce projet de loi, une proportion qui grimpe à 68 % à Montréal. Pour le vice-président de CROP, «les Québécois appuient surtout les députés démissionnaires et Amir Khadir de Québec solidaire. Je crois qu'ils ont l'impression qu'ils sont les seuls à défendre le bien commun», que «personne d'autre ne le défend».

Aujourd’hui (8 juin 2011), des documents obtenus en vertu de la loi d'accès à l'information par l’Action Démocratique du Québec indiquent que le ministère de la Justice prévoit un dépassement de coût de 24,1 M$ uniquement pour la phase 1 de l'informatisation de la justice. ll va coûter 37% plus cher que prévu pour la mise en place du projet.

Il y a présentement un mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0 au gouvernement du Québec, piloté par le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin. Un gouvernement ouvert, axé sur la transparence, participation et collaboration, permettrait d’y voir plus clair dans la gestion de ce gouvernement. En utilisant la technologie pour établir des liens entre les institutions gouvernementales et des réseaux de citoyens, le gouvernement du Québec pourrait ouvrir de nouvelles voies, pratiques et utiles pour le gouvernement et pour les citoyens, leur permettant ainsi de résoudre ensemble des problèmes. Avec un gouvernement ouvert, il devient possible de concevoir des politiques éclairées en utilisant les données en temps réel. Avec les données, il est possible de mesurer le rendement, déterminer ce qui fonctionne, et changer ce qui ne va pas. Malheureusement, le mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0 ne semble pas inclure pour le moment les possibilités qu’offrent les données ouvertes et le gouvernement ouvert.

Voici un article de TVA Nouvelles et Argent concernant le dépassement de coût de l’informatisation de la justice.

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D’AUTRES RATÉS À L’INFORMATIQUE POUR LE GOUVERNEMENT
Alain Laforest et Gérard Samet, TVA Nouvelles et Argent, 8 juin 2011 | 17h59

L'informatisation de la justice, annoncée il y a 12 ans, connaît d'important dépassement de coûts et de délais. Il va coûter 37% plus cher que prévu pour la mise en place de la phase 1, qui n'est pas encore en fonction.

Le nouveau système informatique, doit permettre aux juges, avocats, greffiers, procureurs, policiers et même aux services correctionnels, d'échanger de l'information pour améliorer l'administration de la justice.

Selon des documents obtenus en vertu de la loi d'accès à l'information par l’ADQ, le ministère de la Justice prévoit un dépassement de coût de 24,1 M$ uniquement pour la phase 1.

Douze ans après l'annonce, la phase 1 de ce projet de 197 M$, n'est complétée qu'à 30%. En 2001, le gouvernement s'était pourtant donné jusqu'en 2006 pour rendre ce système opérationnel. Cinq ans plus tard, après 31 M$, sa mise en place accumule des ratées.

«Pensez que ça a de l'allure quand il y a 31 Hells Angels au large, qu'on dépense autant d'argent pour un système informatique qui ne fonctionne pas», souligne la critique adéquiste en matière de justice, Sylvie Roy.

La présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne, admet que la situation n’est pas normale. L'adoption jeudi de la loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles «va éviter la répétition de ce genre de dépassement de coûts», dit-elle.

«Grâce à cette loi, ajoute la ministre, quelqu'un va coordonner et être imputable du respect des différentes étapes des projets informatiques».

Elle souligne qu’elle a exigé du ministère de la Justice que le projet d’informatisation soit amputé si sa mise en application doit entraîner un dépassement de coûts.

Le vérificateur avait des doutes
Dans son rapport de 2009, le Vérificateur général du Québec parlait d'un projet géré sans souci d'économies, reprochant au ministère de la Justice de ne pas mettre en application plusieurs saines pratiques de gestion.

Un an plus tard, le vérificateur adjoint a constaté que le ministère est incapable de s’engager à respecter les coûts et les échéanciers dans la mise en place de son nouveau système informatique.

De l'information cachée?
Dans un rapport de janvier 2011 déposé à l'Assemblée nationale, les responsables du projet confirment que la totalité du contrat a été accordée à une nouvelle firme pour compléter les travaux d’une autre compagnie dont le contrat a été annulé.
Des informations qu'on ne retrouve pas dans les documents remis à l'ADQ en mars. Sylvie Roy se scandalise: «On a enlevé un contrat de 41 M$ mentionné en deux endroits dans un document, c'est inadmissible de la part du ministre de la Justice. Je vais réclamer une enquête» dit-elle.

Un dépassement de coûts

TVA nouvelles a appris que la firme dont le contrat a été annulé est DMR.

Selon sa porte-parole, Caroline Seney, «le contrat a été rompu par le gouvernement pendant l’année 2008, six mois après que nous ayons remporté l’appel d’offres du ministère de la Justice».

Selon elle, lorsque DMR a remporté le contrat en 2008, rien n’avait été fait depuis l’annonce de 1997. DMR a réalisé l’architecture du système et a émis des recommandations après analyse détaillée.

Selon ses conclusions, il était impossible de respecter le budget alloué, sans dépassements, pour satisfaire aux demandes du Ministère. «Le gouvernement a alors annulé notre contrat et est reparti en appel d’offres». C’est la société LGS, une filiale d’IBM, qui a remporté le contrat.

08 juin 2011

Comment pouvons-nous identifier et former les leaders de gouvernement ouvert?

Après avoir vu mon billet d'hier portant sur mes suggestions de formation, en réponse à la question de forum de discussion dans GovintheLab.com «Quels sont les besoins en formation?», Daniel Morgan (@dsmorgan77) m'a pointé cette excellente information sur Twitter:

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COMMENT POUVONS-NOUS IDENTIFIER ET FORMER DES LEADERS DE GOUVERNEMENT OUVERT?
(Traduction libre de l'anglais au français par Lyne Robichaud de Open Government Playbook, "How Do We ID and Train OpenGov Leaders")

Cette session a eu lieu au cours Sommet communautaire de gouvernement ouvert (OpenGov Community Summit) du 24 mai 2010, organisé par le Conseil du Trésor.

Notes sur la session

• En général, il a été convenu qu'il n'existe pas un seul ensemble de compétences pour les leaders de gouvernement ouvert. Toutefois, le groupe a dans l'ensemble convenu qu'un leader de gouvernement ouvert doit posséder les compétences essentielles suivantes:

― CAPACITÉ DE BÂTIR DES CONSENSUS: Le gouvernement ouvert est le dernier cri en matière de destruction de silos, nécessitant une coordination entre les propriétaires d'entreprise, les décideurs politiques, les avocats et les affaires publiques. Sans de fortes compétences de bâtisseur de consensus, un leader en gouvernement ouvert ne génère pas de succès.

― CAPACITÉ DE RÉSOLUTION DE PROBLÈMES: Le gouvernement ouvert est une méthode, pas seulement un ensemble d'outils. La résolution de problèmes doit permettre de disséquer les affaires de l'institution gouvernementale, afin d'être en mesure de comprendre où la participation, la collaboration et la transparence, apportent de la valeur aux opérations de l'appareil gouvernemental. Les solutions de gouvernement ouvert peuvent être perçues comme un élément perturbateur et / ou créateur ― le leader capable de résoudre des problèmes en gouvernement ouvert est un innovateur et cette personne embrasse ce genre de solutions.

― QUI S'Y CONNAÎT EN INFORMATION: Puisqu'un gouvernement ouvert est associé à des données / informations, un leader en gouvernement ouvert devrait être familier avec la multitude de règles et de règlements qui vont de pair avec l'information (ce qu'on appelle communément la «paperasserie», qualité de l'information, gestion des documents, règles de respect de la vie privée et de confidentialité, etc.). Les dirigeants de gouvernement ouvert n'ont pas besoin d'être des experts dans ces questions ― mais ils ont besoin de savoir où aller pour aborder et régler ces questions.

― PENSEUR / ANALYSTE DES SYSTÈMES: Les dirigeants en gouvernement ouvert doivent être en mesure de percevoir comment les méthodes d'injection de gouvernement ouvert dans les affaires de l'agence peuvent être liées à des mesures de mission/performance axées sur les résultats.

•Les compétences en gouvernement ouvert peuvent avoir tendance à se recouper avec l'expertise du secteur privé dans les domaines de la sensibilisation et la commercialisation. Ces domaines devraient être étudiés afin de mieux comprendre les compétences professionnelles et comportementales qui vont de pair avec de tels rôles. En outre, certains organismes peuvent déjà posséder ces compétences ―EPA, DOT ont du personnel qui se rendent sur le terrain et ont l'habitude d'engager régulièrement des liens avec le public.

― Quelles sont les types d'emploi pour ces rôles?

― Quelle est la formation typique de ces personnes?

― Peut-on extraire des avis de nomination ou objectifs de performance l'information qui permette de déterminer quel genre de compétences recherchent les institutions gouvernementales dans ces sortes de rôles?

• Les dirigeants ou leaders de gouvernement ouvert doivent être capables d'agir en agents de changement. Une leçon apprise à la DOT est que se contenter d'être ouvert n'est pas suffisant. DOT a publié son plan stratégique pour obtenir des commentaires par le biais de IdeaScale. Mais traditionnellement, les gens intéressés par les dossiers de DOT ne surveillent pas le site Internet de DOT: ces gens regardent le Registre fédéral. Un leader de gouvernement ouvert qui s'y connaît en information reconnaît les tendances du public en vertu de la façon actuelle de faire des affaires, et aide l'institution à voir comment orienter le public afin de l'impliquer d'une nouvelle façon.

• En général, les questions culturelles doivent être intégrées:

― Trop souvent, les choses sont considérées uniquement d'un point de vue programmatique. Les dirigeants ou leaders de gouvernement ouvert sont axés sur les citoyens et peut voir comment les programmes s'emboîtent ensemble de telle sorte d'avoir un impact sur les citoyens. Les dirigeants et leaders en gouvernement ouvert comprennent comment les affaires fonctionnent et sont en mesure de démontrer comment faire pour être axé sur les citoyens et orienté vers le public.

― Les processus de gestion actuels en ressources humaines / performance sont dissuasifs. Les dirigeants ou leaders de gouvernement ouvert doivent favoriser une culture de l'innovation où l'échec est autorisé, où l'innovation est récompensée, et où les gens viennent travailler prêts à faire leur travail OUVERTEMENT.

― Tout le monde a besoin d'une formation dans un langage commun clair.

• La valeur du gouvernement ouvert n'est pas quelque chose à sens unique. Cela doit être considéré comme un puissant outil éducatif, conçu non seulement pour inciter à participer, mais aussi pour informer l'ensemble des citoyens.

• La formation devrait être un processus itératif. Étant donné la nature changeante des technologies, des méthodes et des principes du gouvernement ouvert, il ne suffit pas d'avoir une formation «au début» et d'envoyer des leaders sur le terrain. La formation devrait être mise à jour avec de nouvelles informations, opportunités, etc.

• Il faut mettre l'accent sur ce que signifie vraiment être sensible [à l'écoute et ouvert]. Certains dirigeants peuvent avoir des idées préconçues sur la réactivité qui ne correspondent pas nécessairement avec ce que le public comprend / juge approprié comme signification de ce concept.

• La formation devrait inclure des éléments afin d'aider les dirigeants ou leaders à comprendre comment mettre en œuvre [des initiatives de gouvernement ouvert, et pas seulement se contenter de planifier. Même dans ces premières étapes de gouvernement ouvert, les institutions gouvernementales se rendent compte qu'une fois que le plan est «fait», la mise en œuvre n'est pas être abordée avec le même type d'engagement que celui ayant eu lieu pour l'élaboration du plan.

• De précieuses informations ne se limitent pas seulement à de précieux ensembles de données. Les dirigeants ou leaders doivent réfléchir à ce que le public considère comme étant de précieuses informations, au-delà de ce qui peut être stocké dans un ensemble de données. Un exemple de ceci est qu'il peut être important pour le public de comprendre ce que l'institution gouvernementale effectue dans un vocabulaire de langue courante [plain English]. Ce type d'information a le potentiel d'encourager une participation accrue des citoyens.

• Les dirigeants ou leaders doivent comprendre quel est leur public-cible [audience] et examiner les données du marché de la même manière que le secteur privé connaît son marché. Se contenter de publier des informations et espérer que les gens viendront participer n'est pas suffisant. Il doit y avoir une sensibilisation active pour encourager le cycle de partage de l'information et permettre une rétroaction.

• Faîtes participer les employés plus jeunes ou les nouveaux employés pour obtenir une nouvelle perspective sur ce que le gouvernement ouvert signifie pour eux. Mettez en place un mentorat bilatéral afin de tirer pleinement profit des nouveaux employés / employés de niveaux inférieurs [de l'organigramme], en même temps que la formation des gestionnaires de rang supérieur. Les deux groupes peuvent apprendre les uns des autres.

What are open government training needs?

My suggestions of training steps for high officials and government employees:

> TRANSFORMATIONAL LEADERSHIP. How to BEHAVE in an open government.

Government officials often fall into denial, blame others to avoid taking responsibilities, are afraid of transparency, are sometimes accused of corruption, etc. What type of behavior, what values are associated with the open government philosophy? What behaviors contribute to creating transparency, participation and collaboration? What can be changed, to make the transition from the old behavioral patterns, to a transformation into an open government?

> EMPOWERMENT, EMPOWERMENT, AND EMPOWEMENT
. How to PERFORM in an open government.

Emphasis on individual, community and organisational empowerment. A continuous training program, every 3-4 months, because empowerment is a way of life. See my post "The effect of empowerment in an Open Government philosophy" about guru of customer service, John Tschohl, on empowerment trainings in businesses (and governments)

> EFFECTIVE MANAGEMENT OF THE WISDOM OF CROWDS. How to SOLVE problems in an open government.

What is exactly the wisdom of crowds? (I call it collective consciousness.) Where does it come from? How does it work? How can it be managed effectively by governments, via participative and collaborative open government platforms? Once the mechanisms of wisdom of crowds are understood, governments can start exploring ways to establish co-creation and co-production relationships with citizens, to improve services and solve problems.

> OPEN GOVERNMENT BUSINESS MODEL. How to IMPLEMENT an open government.

Once the necessary leadership, and management skills are in place, then I would go into greater details, explaining what is the full spectrum of possibilities with open data and open government platforms.

Loss of critical thinking / capacity analysis, trivialization of issues related to transparency & ethics at government of Quebec

Pierre Curzi

When an MP declares he reached his personal limit, he can no longer look at himself in a mirror with a clear conscience, impairment of the relationship between the government and citizens has reached a threshold.

Resigned MP Pierre Curzi denounced the growing distance between political parties and citizens of Quebec.

Here's a sample of texts read yesterday by MPs Lisette Lapointe, Louise Beaudoin and Pierre Curzi in announcing their resignation from the Parti Quebecois, published in Le Devoir on June 7, 2011: "Shockwave at Parti Quebecois - My personal ethics threshold of tolerance has been reached". («Onde de choc au Parti québécois - «Mon seuil de tolérance éthique personnel a été atteint»)
[Pierre Curzi] I choose to leave the Party because of my inability to concur with a proposal which deprives citizens of a full right to exercise their civic and legal responsibilities.

Partisanship and opportunism: I perceive democratic life as being elevated, to something most significant, that is to say, the full and free participation of citizens in shaping their society. This latest episode of our parliamentary life collided head first with these values, and is a powerful indicator of the growing distance between political parties and citizens of Quebec. I think this is largely due to the fact that political parties, in particularly in the context of a sclerosing bipartisanship, too often put their partisan interests and opportunism before the interests of citizens and citizens.

Joyless, I leave the [Parti Québécois]. Citizens must take control of their democratic institutions. I will now spend my political commitment to contribute freely and without any bitterness to recovery charge. There you go.
How is Pierre Curzi intending to "contribute to the recovery charge"? I repeat endlessly the same song as a gramophone, an open government would restore harmony in the relationship between the Quebec government and citizens.

How come this solution of an open government does not emerge when the National Assembly is sinking in a democratic crisis?

Premier Jean Charest has pushed back to the fall the adoption of Bill 204 (which causes all these gyrations). MPs were to vote on the bill before June 10. "Liberals are split on Bill 204, without tearing each other apart as the PQ does", reports Marco Fortier in Rue Frontenac.

Transparency, participation and collaboration would establish a relationship of co-creation co-production between the government and citizens. Problems would be turned into challenges, citizens would be invited to collaborate and this would offer an opportunity for unexpected solutions to emerge.

Yesterday, the president of the Quebec Federation of Municipalities (FQM), Bernard Généreux, expressed concerns about the National Assembly "trivializing the issues related to transparency and ethics".

"What game are we playing?" he wondered. "There is this feeling that the National Assembly is losing its critical thinking and capacity analysis, necessary for the adoption of a law. Even if the management agreement between the City of Quebec and Quebecor is not clear in terms of transparency, it gives rise to a "grand concert of forced unanimity", lamented Bernard Généreux. "People see that and it's a very bad message. What we are doing is undermining credibility of the municipal world," he predicted.

Issues such as loss of critical thinking and capacity analysis, trivialization of issues related to transparency and ethics, could be avoided with an open government. An open government would ensure transparency in legislation as well as in developing new policies and programs, would provide an opportunity for citizens to intervene when critical thinking, capacity analysis and ethical issues would be undermined.

The National Assembly is taking a break for the Summer, June 10 is the closing end of parliamentary activities. What does Henri-François Gautrin’s team, responsible for an analysis mandate of the potential of Web 2.0, planning for the summer? Their new website for public consultation, expected to be launched in May 2011, is running late. The team is behind on timeline.

This week’s incidents show there is a need to implement an open government initiative in Quebec. Everyone would benefit from it.

Perte de sens critique et d’analyse, et banalisation des questions liées à la transparence et l’éthique au gouvernement du Québec

Pierre Curzi
Quand un député déclare qu’il est rendu au bout de sa limite, qu’il ne peut plus se regarder en face dans un miroir la conscience tranquille, c’est que la dégradation de la relation entre le gouvernement et les citoyens a atteint un seuil critique.

Le député démissionnaire Pierre Curzi a dénoncé la distance entre les partis politiques du Québec et les citoyens.

Voici un extrait des textes lus hier par les députés Lisette Lapointe, Louise Beaudoin et Pierre Curzi au moment d'annoncer leur démission du Parti québécois, publiées dans Le Devoir, le 7 juin 2011: «Onde de choc au Parti québécois - «Mon seuil de tolérance éthique personnel a été atteint».
[Pierre Curzi] Je choisis de partir devant l'incapacité que j'ai à m'associer à une proposition qui prive les citoyens du droit plein et entier d'exercer leurs responsabilités civiques et juridiques.

Partisanerie et opportunisme: Je porte à un degré élevé la vie démocratique dans ce qu'elle a de plus significatif, c'est-à-dire la participation libre et entière des citoyens à la construction de leur société. Ce récent épisode de notre vie parlementaire a heurté de front cette valeur première et est un puissant révélateur de la distance qui s'est installée entre les partis politiques du Québec et les citoyens. Je pense que cela est en grande partie dû à ce que les partis politiques, notamment dans le cadre d'un bipartisme sclérosant, placent trop souvent leurs intérêts partisans et opportuns avant les intérêts de citoyens et de citoyennes.

Je quitte [le Parti québécois] sans joie. Les citoyens doivent reprendre en main leurs institutions démocratiques. Je veux désormais consacrer mon engagement politique à contribuer librement et sans rancœur aucune à cette reprise en main. Voilà.
De quelle façon compte s’y prendre Pierre Curzi pour «contribuer à la reprise en main»? Je répète inlassablement la même chanson comme un gramophone, un gouvernement ouvert permettrait de restaurer l’harmonie dans la relation entre le gouvernement du Québec et les citoyens.

Comment cela se fait-il que la solution d’un gouvernement ouvert n’émerge pas alors que l’Assemblée nationale nage en pleine crise démocratique?

Le premier ministre Jean Charest a repoussé à l’automne l’adoption du projet de loi 204 (qui cause tous ces remous). Les députés devaient se prononcer sur ce projet de loi avant le 10 juin. «Les libéraux sont divisés sur le projet de loi 204, sans toutefois s'entre-déchirer comme les péquistes», rapporte Marco Fortier de Rue Frontenac.

Transparence, participation et collaboration, permettraient d’établir une relation de co-création co-production. Les problématiques transformées en défis, soumises aux citoyens, offriraient l’occasion à des solutions inattendues d’émerger.

Hier, le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, s’est dit inquiet de voir l'Assemblée nationale «banaliser des questions liées à la transparence et l'éthique».
«À quoi on joue?», s’interrogeait-il. «Il y a ce sentiment que l'Assemblée nationale est en train de perdre son sens critique et d'analyse nécessaire à l'adoption d'une loi. Même si le contrat de gestion conclu entre la Ville de Québec et Quebecor n'est pas clair au plan de la transparence, il donne lieu à un «grand concert d'unanimité forcée», a déploré Bernard Généreux. «Les gens voient cela et c'est un très mauvais message. Ce qu'on est en train de faire va miner la crédibilité du monde municipal», a-t-il prédit.
Des problématiques, telles que la perte de sens critique et d’analyse, la banalisation des questions liées à la transparence et l’éthique, pourraient être évitées avec un gouvernement ouvert. Un gouvernement ouvert permettrait d’assurer la transparence dans les projets de loi et la conception de nouvelles politiques, offrirait l’occasion aux citoyens d’intervenir lorsque le sens critique, l’analyse et le respect de l’éthique laisseraient à désirer.

L’Assemblée nationale fait relâche pour l’été, le 10 juin clôture la fin des travaux parlementaires. Que prévoit l’équipe de Henri-François Gautrin, chargée du mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0, pour l’été? Le site Internet de consultation publique, prévu en mai, n’est pas encore lancé (à ma connaissance). L’équipe accuse un retard sur leur échéancier.

Les incidents de cette semaine démontrent qu’il y aurait lieu d’implanter une initiative de gouvernement ouvert au Québec. Tout le monde s'en porterait mieux.

07 juin 2011

La démocratie en péril, selon les démissionnaires du Parti Québécois

Voici un article de Jean-Marc Salvet, publié dans Le Soleil le 7 juin 2011 à 05h00: «La démocratie en péril, selon les démissionnaires du PQ».

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LA DÉMOCRATIE EN PÉRIL, SELON LES DÉMISSIONNAIRES DU PQ

(Québec) Les trois nouveaux «députés souverainistes indépendants» ont lancé un cri d'alarme en claquant la porte du caucus du Parti québécois. Attention danger, ont-ils dit: la démocratie est en péril.

«On est rendus, je crois, à l'extrême [limite] de plusieurs institutions», a déclaré Pierre Curzi. Il affirme qu'il faut désormais tout remettre en question. Tout changer pour rebrancher les citoyens sur la politique.

«Le temps est venu d'essayer de modifier ces institutions-là pour leur redonner leur crédibilité, leur redonner un véritable sens», a-t-il poursuivi.

Pour Louise Beaudoin, la façon de faire de la politique, désormais, tue... la politique.

La députée de Rosemont s'interroge sur «la partisanerie qui rend souvent aveugle, qui nous force à toujours être dans la certitude, jamais dans le doute».

Elle se questionne «sur le ton guerrier que l'on se croit obligés d'employer; sur la manière de se comporter avec des adversaires que l'on a tendance à considérer comme des ennemis; sur l'unanimisme imposé et sur la rigidité implacable de la ligne de parti».

Ce qui était valable naguère ne l'est plus du tout, laisse-t-elle entendre. Ce qui fonctionnait ne fonctionne plus.

Tous ces «maux», ceux qu'elle énumère, font «mourir» la politique, ici et ailleurs, a-t-elle dit.

Tout changer

Ce cynisme, dont on parle depuis plus de 10 ans, Pierre Curzi l'estime en partie alimenté par un «bipartisme sclérosant». Les formations politiques «placent trop souvent leurs intérêts partisans et opportuns avant les intérêts de citoyens et de citoyennes».

Il faut tout changer, ont clamé les démissionnaires, lundi, à la suite de bien d'autres. À la suite de François Legault, par exemple, et de tant d'autres partout ailleurs en Occident (et pour bien d'autres raisons également dans le reste du monde).

Beaucoup, depuis une génération, se demandent si nos sociétés ne sont pas arrivées au bout d'une certaine logique; si le parlementarisme, les institutions parlementaires et les partis politiques ne devraient pas se réinventer. Mais personne ne sait encore quelles autres formules mettre en place.

«Il faut tout changer. Tout changer, pas pour tout détruire, mais pour tout sauver», a écrit l'essayiste Jean-Claude Guillebaud dans La force de conviction, paru en 2005.

Comme d'autres, les démissionnaires de lundi cherchent. Et se demandent comment.

Mon billet sur le gouvernement du Québec Top5 en mai 2011 chez GovintheLab


Je suis ravie de vous informer que mon billet 'Le gouvernement du Québec réfléchit-il à un gouvernement ouvert?' paru chez GovintheLab.com est numéro 5 au palmarès Top5 pour le mois de mai 2011.

Pas mal du tout, pour une francophone.

An open government in Quebec could transform the current democracy crisis

Louise Beaudoin
Three members of Parti Quebecois (government of Quebec) resigned this Monday: Louise Beaudoin, Pierre Curzi and Lisette Lapointe. They keep their parliamentary seat as independents.

I have been doing a lot of flapping arms sideways for some time to try to bring the Government Deputy House Leader, Henri-François Gautrin, appointed to analyze the potential of Web 2.0 by Quebec Premier Jean Charest, to understand that before turning on to technological details (various social media platforms, etc..), there is a serious introspection work to be undertaken by the government. A major change in attitude would be required among elected officials and government managers. I recently blogged about "total disconnection" and denial (here and here), government infallibility, and transparency issues. I explained how important the wisdom of crowds really is (I call it collective consciousness).

Two weeks ago, I wrote to Mr. Gautrin's political adviser to remind them that their analysis task is "holy cow" (vachement) important, given that the rate of dissatisfaction of the population has reached 70% in recent surveys.

This statement (below) from parliament member Louise Beaudoin confirms how critical the situation has become. An open government initiative would probably contribute to ease this crisis and restore a semblance of harmony between the government of Quebec and citizens. Given the magnitude of the situation, it would be wise to compensate by a strong action (maximum output), like a transformation into an open government.
"I've been doing politics for 40 years and I've never seen people so negative towards the political class. What is said on blogs, social media, surveys ... reflect a language of wood, making policy as if we were at war. This kind of behavior is no longer tolerated. We must condemn this old way of doing things. There is a democracy crisis. Citizens feel alienated from their MP. And you know what? Yes, we feel it too at Parti Québécois, but this negative image of politics is primarily Jean Charest' fault, and the Liberals. They are responsible for the impairment of people's vision towards the political class.", said Louise Beaudoin.
If there is "impairment of people's vision towards the political class", how is the government of Quebec intending to transmute this impairment into an improved and harmonious relationship between the government and citizens? Again, I repeat it, an open government initiative would directly address this issue. Again, I repeat it, the government of Quebec must address these critical issues now, because there is an analysis mandate on the tale. (I'm not really a baseball fan, but I really like this quote.) The government should follow Yogi Berra's advice: "When you see a fork on the road, pick it up."

So far, Gautrin's team does not pick up open data or open government forks. They see the forks, they see them very clearly, they are tempted to pick them up. But they are not picking them up yet. What a pity if their analysis efforts - months of work - did not produce optimal results.

The government of Quebec has as much potential as any other country that has taken an open government turn. Yes, we can! Leadership and a strong willingness to improve the situation are however missing. It is not too late to give a new direction - new soul of leadership - to the investigative work regarding the potential of Web 2.0. Pick up the forks! Hey, this reminds me that I have not tried yet voodoo dolls with needles, you know, representing the spirit of a person, used to cast spells. Maybe it would work on them to make them change direction? What do you think? Forks ... needles ... whoa ... Pick up the forks!

Le Canada s'engage à un gouvernement ouvert dans le «discours du Trône»

Voici ma traduction en français de l’article de John F Moore "Canada commits to open government in Speech of the Throne", publié dans GovintheLab.com.

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LE CANADA S’ENGAGE À UN GOUVERNEMENT OUVERT DANS LE «DISCOURS DU TRÔNE»

(Le 3 juin 2011), le Gouverneur général David Johnston a ouvert le 41e Parlement du Canada avec le traditionnel discours du Trône. Ce discours est conçu pour préciser le programme du gouvernement. Un engagement clair de livraison, en ce qui a trait à un gouvernement ouvert, a été formulé lorsque le gouverneur général a déclaré:
«Notre gouvernement veillera également à ce que les citoyens, le secteur privé et d'autres partenaires aient un accès amélioré aux rouages du gouvernement par le biais de données ouvertes, l'information ouverte et un dialogue ouvert.»
Reste à voir quelle est la capacité du gouvernement à tenir cette promesse. La 40ième législature a été précipitée à sa fin suite à des allégations répétées de corruption, le gouvernement ayant souvent cherché à opérer de manière moins ouverte. Au cours de la 41ième législature, le gouvernement du Canada devra démontrer la capacité et la volonté de réfléchir de façon stratégique, en ce qui concerne le gouvernement ouvert, s’il souhaite transformer cette promesse en valeur réelle pour le gouvernement et les citoyens canadiens.

Une année en 90 jours: «Soyez agiles», recommande Beth Noveck

Les gestionnaires de projets Internet savent que le temps est relatif. Ils savent que sur Internet, une année (de 365 jours) équivaut en fait à une période de 90 jours. Ce qui signifie que les gestionnaires planifient des activités (concours, événements en direct, participation à des événements réels) ou des renouvellements (de design, changement au contenu, ajouts de sections, animations dans les forums, etc.) en fonction de ce laps de temps. Ne pas agir, dans un site Internet, pendant 90 jours, peut se traduire par des pertes importantes d’achalandage et d’image.

Nous sommes à l’ère des médias sociaux. Nous sommes à l’ère du temps d'Internet. Alors il faut être conscient que le temps étant relatif – tout le monde sait cela, n’est-ce pas? – les actions gouvernementales devraient s’ajuster en fonction de cette perception de l’écoulement du temps, le temps subjectif, et non pas en fonction du temps objectif (indiqué par l’horloge invariable). La théorie de la relativité nous indique que la mesure du temps est différente d'un référentiel à un autre, mais qu’il existe une simultanéité objective locale.

Les interactions de la matière dans l’espace (définis comme phénomènes physiques) nécessitent un degré de liberté (une dimension): le temps. En physique, le temps subjectif peut, en première approche, être défini comme l'altération psychologique du temps objectif. La durée (c’est-à-dire, l'impression subjective du temps) dépend particulièrement des émotions ressenties par la personne qui l'évalue.

Nous sommes à l’ère des médias sociaux, qui produisent l’effet d’une simultanéité objective locale.

Les gouvernements soucieux d’améliorer leur relation avec les citoyens devraient réaliser qu’ils ne bougent pas assez vite, et faire des efforts pour agir plus rapidement. C’est ce que recommande Beth Noveck, la gourou américaine du gouvernement ouvert, ex-responsable adjointe pour la technologie de l'initiative Gouvernement ouvert (Deputy Chief Technology Officer) des États-Unis, et qui vient d’être engagée par le gouvernement britannique, dans un témoignage survenu le 2 mars 2011 devant le Comité permanent sur l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique (ETHI) de la Chambre des communes du Canada:
Soyez agiles - Si possible, favorisez les innovations qui peuvent être mises en œuvre dans un délai de 90 jours ou moins. Obligez les organisations à agir plus rapidement, découragez la bureaucratie et encouragez le remue-méninge créatif et l'innovation. Le besoin de rapidité encourage une volonté d'aller vers les autres, y compris dans le secteur public.
 
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