Blogue de Lyne Robichaud

28 février 2011

Christy Clark promet un Gouvernement ouvert en Colombie-Britannique

Massimo Bergamini de Interchange, un chef de file reconnu dans les relations gouvernementales et les communications, a publié un tweet choc aujourd’hui: ‘Newly-elected BC premier-designate @christyclarkbc promises what would amount to an #opengov revolution’.

Houla, il y a du Gouvernement ouvert dans l’air au Canada!

C'est incroyable! Le vent tournerait-il enfin? (tendre les bras au ciel)

Dans mon billet du 24 février dernier, j’ai mentionné que des fonctionnaires fédéraux s’étaient lassés que les décideurs branlent dans le manche, et avaient élaboré une politique pour faciliter l'accès des citoyens aux banques de données gouvernementales.

Nouvellement élue Premier ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark s'engage à être «le premier ministre le plus branché et réactif de l'histoire canadienne.»

«Comme première ministre, Christy Clark lancera son initiative de Gouvernement ouvert avec le défi d’impliquer les citoyens», peut-on lire sur le site Internet de Christy Clark.

Cela ne sera pas tellement difficile à briser comme record, puisque aucun premier ministre au Canada n’est vraiment branché…

Elle aurait pu promettre de devenir la toute première Premier ministre à implanter une gouvernance ouverte au Canada. Elle aurait pu se positionner en innovatrice extraordinaire et pionnière dans l’histoire canadienne. Les femmes leaders ne sont pas comme les hommes. Elles ne font pas un boucan lorsqu’elles posent des gestes fameux. D’autres auraient pu faire un vacarme sans pareil et tambouriner leurs exploits.

Nous n'en sommes pour le moment qu’à l’étape d’une promesse. (Alors retenons-nous de danser de joie. Mais avouons que c'est difficile de contenir l'euphorie et une profonde béatitude, quand on espère depuis si longtemps.) Toutefois, soulignons qu'il s’agit d’une première promesse de ce genre au Canada. On y est presque! Gouvernement ouvert, ah! on peut presque le palper...

Peut-être que d’autres provinces canadiennes se dépêcheront de s’intéresser au Gouvernement ouvert, maintenant qu’un Premier ministre s’est engagé dans cette voie?

Peut-être même que d’autres provinces canadiennes réfléchissent en ce moment à ce que signifie une gouvernance ouverte. Ce n’est qu’une question de mois avant qu’une (ou même plusieurs) province(s) canadienne(s) se transforme(nt) en Gouvernement ouvert.

Pour ce qui est du gouvernement fédéral, rajoutons d’autres mois supplémentaires à cet échéancier? À moins que les fonctionnaires fédéraux arrivent à éveiller les décideurs, et les convainquent qu’il est temps d’instaurer des changements.

Elle a un sourire radieux. Et des idées qui ont du panache. Plus de ceci svp, cela fait du bien!

26 février 2011

La solution pour le Québec: adopter une gouvernance ouverte

Par décret le 21 février dernier, la France a lancé Etalab, un portail de données brutes ouvertes. Hier, j’ai décrit le projet dans ce billet.

@LiberTIC m’a indiqué ce matin sur Twitter, «héberger leurs données, ce n’est pas exactement de l’accompagnement». Cet organisme sans but lucratif, qui fait la promotion et développe le gouvernement ouvert et les données ouvertes à Nantes en France, veut dire que Etalab est une solution partielle, un premier pas en avant, mais cela ne signifie pas que la France devient un Gouvernement ouvert, parce qu’il n’est pas encore question de participation ni de collaboration. Un souci de transparence vient d’être démontré par la volonté de «mettre librement à la disposition des données brutes dans un format exploitable», rapporte 01Net. Il manque les deux autres composantes pour que l’on puisse parler d’une véritable gouvernance ouverte en France.

Le Gouvernement du Québec ne s’est pas encore lancé dans une aventure de Gouvernement ouvert.

- Le Premier ministre Jean Charest ne cesse de répéter que le Québec se trouve au bon endroit au bon moment. Il l’a dit lors du premier colloque d’une série de quatre du Parti Libéral du Québec, devant 600 délégués réunis à Trois-Rivières. Il l’a dit aussi dans le discours d'ouverture de la seconde session de la 39e législature. «Jamais le Québec n'aura été dans une telle position pour se démarquer.»

- Dans le discours d'ouverture, Jean Charest a soutenu qu'il a accompli la mission économique pour laquelle il a été élu en 2008 et qu'il compte axer la deuxième moitié de son mandat sur la «relance». Le Premier ministre a réitéré l’engagement de son administration à maintenir le cap de l’équilibre budgétaire. Or le Vérificateur général a déposé dernièrement un rapport indiquant qu’il pourrait y avoir eu dépassement des dépenses prévues.

- L’impopularité du gouvernement Charest bat des records dans les sondages. L’équipe déploie une opération visant à regagner la confiance de la population.

- Le Premier ministre a aussi demandé aux députés de l’Assemblée nationale de faire preuve de civisme, lors des travaux de l'Assemblée. Lucien Bouchard a déclaré cette semaine à cet effet: «Comprenez-moi, je suis en empathie avec les politiciens, ils travaillent tout le temps, ils ont des nuits sans sommeil, ils se font attaquer pour chaque décision et ce qu'ils font n'est absolument pas valorisé. Il faut revaloriser le projet politique.»

La solution qui répondrait à chacun des éléments énumérés ci-dessus, serait de transformer l’appareil gouvernemental actuel en Gouvernement ouvert:

- Aucune nation ni aucun pays francophone n’a encore adopté la philosophie de Gouvernement ouvert. Les villes de Nantes, Rennes et Paris ont ouvert leurs données. La République française a lancé Etalab. Mais le Québec peut se positionner en leader mondial francophone: en donnant l’exemple en devenant la première nation francophone à implanter un Gouvernement ouvert, et en incitant d’autres pays de la Francophonie à suivre ses pas.

- L’optimisation des dépenses et le maintien de l’équilibre budgétaire peut s’effectuer par l’innovation et la «co-production» avec les citoyens et les communautés. Les effets positifs d’une gouvernance ouverte sont notamment l’efficacité et la réduction des dépenses.

- En axant la gouvernance sur la transparence, la participation et la collaboration, le gouvernement du Québec se mettrait à l’écoute des besoins des citoyens. Il consoliderait sa relation avec ceux-ci, et deviendrait un catalyseur de créativité. Le foisonnement des idées, combiné à la sagesse des foules, pourrait assurer une gestion saine.

- Pour arriver à implanter avec succès un nouveau type de gouvernance – cela ne se fait pas en claquant des doigts, il faut se départir d’anciennes habitudes pour adopter le changement - les dirigeants de l’administration actuelle devront laisser derrière eux leur ancienne manière de gouverner. Ils devront apprendre à penser autrement. Ils devront apprendre à se comporter autrement pour valoriser l’autre, mais également valoriser une nouvelle forme de gouvernance.

La France lance Data.gouv.fr, portail de données publiques de l’État français

Au début du mois de février 2011, la Ville de Paris a annoncé un projet de données ouvertes. Consultez le site opendata.paris.fr. Une poignée de collectivités pionnières n'avaient pas attendu l'État pour partager leurs données publiques en ligne comme Brest et Rennes.

Par décret daté du 21 février 2011, la France se lance dans l’aventure d’ouverture de ses données.

L’ex-conseiller du Premier ministre François Fillon, Séverin Naudet, 35 ans (qui avait été nommé le 1er avril 2010 conseiller technique (multimédia) au cabinet du Premier ministre) va diriger la mission Etalab, chargée de la «création d’un portail unique interministériel destiné à rassembler et à mettre à disposition librement l’ensemble des informations publiques de l’État, de ses établissements publics administratifs et, si elles le souhaitent, des collectivités territoriales et des personnes de droit public ou de droit privé chargées d’une mission de service public». Sévérin Naudet a été nommé pour un mandat de trois ans.

Séverin Naudet n'a pas encore formé son équipe, et aucun budget n'est pour l'instant débloqué, l’évaluation financière n’étant pas encore terminée, rapporte Acteurs publics.

Etalab «contribue à répondre aux recommandations du rapport remis par Franck Riester, député de Seine et Marne, en février 2010, sur le thème de l'amélioration de la relation numérique à l'usager», a indiqué TheWebConsulting.

La réutilisation des données publiques représente un potentiel théoriquement infini d'activité économique, de revenus et d'innovation. «Le portail doit permettre d’encourager l’innovation grâce à la mise à disposition de données dans un format exploitable, permettant de créer des services applicatifs», a souligné Séverin Naudet.

Avec Etalab, la France rejoindra d’ici la fin de 2011, le groupe des pays ayant créé leur portail unique d’informations publiques. Le Canada ne fait malheureusement pas encore partie de cette liste.

25 février 2011

Leçon no.5 de leadership: transcender la critique pour choisir le changement

Dans mes billets précédents, j'ai exploré de façon générale en quoi consiste une nouvelle forme de leadership, sans toutefois illustrer mes découvertes par des exemples concrets. Pour ce cinquième billet, je procéderai différemment en utilisant en exemple le gouvernement du Québec, parce que cette administration se trouve sous mes yeux. Toutefois, je tiens à préciser que le tout s'applique à n'importe quel gouvernement, car la majorité des politiciens ont adopté des comportements semblables.

Pour qu'ait lieu une transformation dans la gouvernance, une transition de l'ancien modèle de leadership, vers un Gouvernement ouvert, les leaders doivent se rendre compte qu'ils doivent modifier leur façon de se comporter.

Les critiques constantes envers l'autre (et les autres partis) génèrent la peur d'agir.

La peur d'agir conduit à une absence d'action.

L'absence d'action mène ultimement au vide politique.

Lucien Bouchard (ex-premier ministre du Québec de 1996 à 2001) constate la situation au Québec: «Ça s'explique par le vide politique. Et le vide politique, ce n'est pas François Legault qui l'a créé, c'est les deux autres partis [le Parti Libéral du Québec et le Parti Québécois]. Ils ont peur de la réaction chaque fois qu'il faut demander un effort. Regardez comment les libéraux ont retraité après le dernier budget. Le PQ, lui, s'approche du pouvoir et ne veut surtout pas déplaire. Mais les gens ne sont pas fous, ils voient bien ce qui se passe.»

Un autre son de cloche, une explication en d'autres mots, mais qui mène au même constat, provient de François Bonnardel, député adéquiste de Shefford. Il a indiqué: «C'est un gouvernement fatigué, sans âme, qui n'est nullement en mesure d'entreprendre les défis politiques auxquels devra s'attaquer le Québec au cours des 20 prochaines années.»

L'un parle de vide, alors que l'autre parle d'absence d'âme.

Lucien Bouchard fournit la solution aux leaders: «Comprenez-moi, je suis en empathie avec les politiciens, ils travaillent tout le temps, ils ont des nuits sans sommeil, ils se font attaquer pour chaque décision et ce qu'ils font n'est absolument pas valorisé. Il faut revaloriser le projet politique.»

Voilà, ce n'est pas moi qui l'a dit! Quelqu'un a eu le courage de se lever et de parler. La solution est d'arrêter de critiquer et de valoriser. Lucien Bouchard ajoute «le projet politique». Je pense que les politiciens doivent d'abord apprendre à valoriser, tout court. Et le projet politique suivra naturellement, s'ils réussissent à modifier leur façon de penser.

Une fois que l'on prend conscience de cela, il y a quelques étapes à franchir sur la voie de la valorisation, avant d'être en mesure d'accueillir le changement. Les politiciens, pour se départir de leur mécanisme habituel ― de leur propension à attaquer chaque décision ― devraient entreprendre une démarche de transformation, en trois étapes.

Transcendance
Lorsqu'elles sont en difficulté, les personnes cherchent naturellement une tentative d'évasion. Elles souhaitent supprimer leurs craintes: en recherchant la distraction, niant le problème, blâmant les autres, cherchant un bouc émissaire, en remplaçant cela par un sentiment plus acceptable, comme la colère, et ainsi de suite. Mais aucune de ces tactiques ne fonctionne vraiment. Pour dissiper les critiques, vous devez vous rendre dans un endroit situé au-delà des conflits. Cet endroit existe vraiment. Le défi est de trouver cet endroit à l'intérieur de vous-même.

Vous transcenderez la négativité chaque fois que les choses suivantes se produiront:
• Assis avec vous-même, plongez à l'intérieur. Laissez votre dialogue intérieur se calmer.
• Vous ressentirez un sentiment d'empathie pour quelqu'un d'autre
• Vous serez capable de donner de vous-même
• Vous arriverez à vous intéresser à quelqu'un d'autre et à l'apprécier
• Vous ferez face à une situation en dépassant votre propre point de vue
• Vous vous laisserez inspirer par quelqu'un ou par quelque chose
• Vous ressentirez de la foi et de la confiance en quelque chose de plus grand que vous
• Vous serez capable de lâcher-prise
• Vous agirez moralement, au lieu de égoïstement

Objectivité
Les personnes ont tendance à se répéter à elles-mêmes de fausses solutions, au point où il devient difficile de voir d'une autre façon. Les mécanismes de déni et de répression sont puissants. Les gens se parlent en se faisant croire qu'ils n'ont pas de problème ou que leur négativité est sous contrôle. En réalité, il existe un dénominateur commun à toutes les fausses solutions: le manque d'objectivité.

Vous devez arriver à démontrer un degré d'objectivité avant de pouvoir faire face à des problèmes.

Vous ferez preuve d'objectivité lorsque les choses suivantes se produiront:
• Vous rechercherez une nouvelle perspective d'une personne en qui vous avez confiance
• Vous constaterez que votre problème est répétitif - vous réaliserez que vous vous êtes déjà trouvé dans une situation semblable auparavant
• Vous rechercherez des moments de calme
• Vous serez capable de rire de vous-même
• Vous apercevez la même situation chez quelqu'un d'autre
• Vous ferez confiance à un conseiller qui a aidé d'autres personnes dans votre situation
• L'espoir deviendra pour vous une réelle possibilité, et non pas une promesse vide
• Vous découvrirez votre puissance intérieure, et renoncerez à la victimisation

Changement
Une fois que vous atteindrez un certain degré d'objectivité, une route commencera à s'ouvrir, et en la suivant, vous arriverez à transcender les situations. C'est à ce moment que le changement deviendra possible, parce que vous aurez désormais une attitude axée vers les solutions. Pour en arriver là, vous devez remplacer les critiques par de l'appréciation de l'autre, de l'optimisme, de la compassion, de la bonté, de la tolérance, et de l'acceptation. Tout cela fait partie de la conscience, et à un moment ou un autre, tout le monde est en mesure d'en faire l'expérience, mais de façon fugace.

Vous saurez que le changement peut s'opérer lorsque les choses suivantes se produiront:
• Vous serez indulgent envers vous-mêmes
• Vous comprendrez sans juger
• Vous abandonnerez de vieilles rancœurs
• Vous réaliserez que le pardon est possible, en particulier vous pardonnez à vous-mêmes
• Vous cesserez de blâmer
• Vous vivrez au présent
• Vous mettrez fin aux relations toxiques
• Vous recherchez un environnement émotionnellement sain
• Vous ferez des plans pour un avenir meilleur et vous vous y conformerez
• Vous trouverez le courage d'affronter les sentiments de peur
• Vous apprendrez à être seul, vous apprécierez simplement d'être
• Vous développerez une plus grande vision de la vie
• Vous écouterez votre intuition et chercherez à la cultiver
• Vous cesserez de vous définir par l'argent, le pouvoir et les possessions.

Les solutions concrètes au changement proviennent d'un choix.

Dans un contexte de Gouvernement ouvert, où il faut arriver à implanter un modèle fondé sur la co-création, ou la co-production, si les politiciens ne changement pas leur façon de penser, s'ils persistent à s'accrocher à attaquer chaque décision, ils échoueront lamentablement et ne parviendront pas à mettre en place une véritable gouvernance ouverte. Car pour ne pas brider la créativité - la co-créativité ou la co-production - les idées de tous doivent pouvoir cohabiter sans jugement de valeur. La pensée critique doit être transformée en une critique constructive et proactive.

24 février 2011

Libre-accès aux données gouvernementales canadiennes... par des fonctionnaires... et non par les décideurs

Patrick Woodbury, LeDroit
Nous l'avons vu ces derniers temps, lorsqu'une masse d'individus en a assez d'une situation, ces gens s'unissent par des liens de médias sociaux, passent à l'action, et changent le cours des choses. En quelques semaines, les Tunisiens ont chassé un dictateur. Et d'autres peuples ont suivi le pas.

Au Canada, on aura beau chialer, néanmoins, nous sommes privilégiés. Nous vivons dans une société industrialisée, un des pays du G20. Les probabilités sont peu élevées que nous assistions à des manifestations au Canada comme celles qui ont lieu en Afrique du nord et ailleurs dans le monde.

Le premier ministre Jean Charest de la province du Québec, a d'ailleurs déclaré avec fierté le 23 février 2011 lors du discours d'inauguration de la seconde session de la 39e législature: «Dans nos débats, nous jetons souvent sur nous-mêmes un regard sévère. Pourtant, dans l'addition des plus et des moins, il est incontestable que le Québec est parmi ce que l'humanité a de mieux à offrir.»

Toutefois, même au Canada, on assiste à d'étranges manifestations d'empowerment d'individus.

Mais dans notre cas, ce ne sont pas les citoyens qui se mettent à l'œuvre.

Ce sont des fonctionnaires!

Ils en ont eu assez d'attendre les décideurs, qui branlent dans le manche, et tardent à mettre les politiques de Gouvernement ouvert en place.

Stephanie Levitz de La Presse Canadienne a rapporté le 29 janvier dernier que des fonctionnaires veulent donner l'accès aux banques de données gouvernementales:
«Des fonctionnaires élaborent une politique pour faciliter l'accès des citoyens aux banques de données gouvernementales, même si les politiciens traînent des pieds dans ce dossier.

Contrairement aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, il n'existe pas de politique fédérale officielle au Canada en ce qui a trait à l'accès des citoyens aux données gouvernementales, financées avec les fonds publics.

Des fonctionnaires ont jugé qu'il était temps d'apporter des changements à cette situation.»
Vraiment remarquable!

Ces fonctionnaires ont mis au point une stratégie pour donner libre-accès aux données gouvernementales.

Je retiens cet exemple exceptionnel d'empowerment organisationnel, une forme autodidacte en quelque sorte, qui s'est produite en dépit de la piètre performance des dirigeants.

Décideurs gouvernementaux fédéraux: allo, y a-t-il quelqu'un qui observe ce qui se passe? Vous devriez lire ma première leçon de leadership: savoir observer et écouter attentivement. Quand vous déciderez-vous à agir en leaders? Quand adopterez-vous le changement et implanterez-vous une gouvernance ouverte au Canada?

22 février 2011

Leçon no.4 de leadership: L'action éclairée

Après avoir bien observé les situations et écouté attentivement ce que les gens ont à dire à propos de leurs besoins (leçon no.1 de leadership), après avoir réussi à établir des liens affectifs avec les personnes de son entourage (leçon no.2 de leadership), puis en ayant pris conscience de ce qu'il y a de plus important, c'est-à-dire sa propre conscience (leçon no.3 de leadership), un leader est prêt à passer à l'action.

C'est par l'entremise de l'action qu'une vision de leader vient à se matérialiser.

Chaque situation appelle une action éclairée. En tant que leader, vous devez identifier le rôle que vous êtes appelé à jouer. Si vous êtes conscient, votre rôle se dessinera de lui-même à vous. Les visionnaires remportant du succès sont en mesure de remplir n'importe quel rôle - leur flexibilité leur provient de la souplesse de leur âme.

Un rêve (un projet, un objectif) commence comme une simple possibilité. Lentement, cette possibilité se développe et se transforme en une vague d'énergie - une sorte de sentiment d'alignement avec votre but. Ceci exige de la pratique et de la confiance en soi. Les leaders qui réussissent se fient à ce qui provient du plus profond de leurs entrailles. Ces leaders analysent les faits, mais ils savent également qu'ils doivent plonger profondément en eux-mêmes et ils attendent patiemment que les réponses émergent. Les réponses leur proviennent parfois au milieu de la nuit, parfois sous la douche, parfois quand ils font une promenade ou quand ils prennent un verre. Les réponses ne nous parviennent pas toutes de la même manière. C'est pourquoi il est si important de se faire confiance et d'apprendre à reconnaître le sentiment profond à l'intérieur soi, avant de se lancer dans l'action, étant donné que l'action appropriée est fondée sur la conscience.

Par ailleurs, un leader visionnaire ne se contentera pas de construire des équipes de personnes compétentes et qualifiées. Aussi important que cela paraisse, il est encore plus vital de démontrer au groupe - et au monde en général - que vos actions sont authentiques. Lorsque vous vous adressez à un groupe, faites en un engagement personnel. Promettez d'investir votre temps, votre attention, votre énergie, vos contacts personnels, et même des ressources financières (si cela est approprié), etc. Soyez précis. Votre groupe mérite de connaître exactement de quelle manière vous allez vous investir.

Assurez-vous de tenir le groupe informé à chaque étape de progrès sur la trajectoire de votre objectif. Assurez-vous que chacun réalise que vous êtes ouvert aux commentaires. Et assurez-vous que personne ne soit laissé de côté.

• Incitez le groupe à dépasser sa portée afin que tout le monde voit que la vision est à l'œuvre et qu'elle peut se réaliser.

• Mesurez chaque étape vers la réalisation de l'objectif. Des objectifs mesurables sont tangibles, visibles. L'information doit être partagée et connue par l'ensemble du groupe. Évitez d'être imprécis et vague.

• Les accords devrait être la base des décisions. Allez de l'avant avec l'accord de tous ceux qui participent. Évitez des actions unilatérales et des règles arbitraires.

• Enregistrez les progrès réalisés. Que chacun sache qu'il ou elle fait partie d'une histoire qui se dévoile, d'un voyage. Évitez les procédures dépourvues de sens et laissées au hasard.

• Des délais devraient être fixés pour l'attente de l'objectif. Ces limites ne sont pas des contraintes. Ces délais permettent à chaque membre de trouver son propre rythme, tout en restant conscient d'une date de fin de projet déterminée. Évitez les projets ne comportant pas de limites fixes.

16 février 2011

Leçon no.3 de leadership: être conscient

Je vous invite à lire les deux premiers billets de cette série concernant le leadership: Leçon no.1 Observer et écouter; et Leçon no.2 Établir des liens affectifs.

Dans l’ancien mode de leadership, nous pouvons constater tant de peur et de pensées de pénurie - des gens aux prises avec un environnement concurrentiel, rattrapés par la soif et le désir - et pourtant jamais satisfaits. En plus de cela, la plupart des dirigeants sont engagés dans un tourbillon incessant au rythme effréné, un environnement professionnel intense d’une complexité accrue, des marchés de plus en plus concurrentiels – le tout dans un contexte de pression croissante. Ouf!

Alan Greenspan a prononcé ces paroles en septembre 1999, que je trouve absolument désolantes et fatalistes: «C’est la nature humaine. À moins que quelqu'un ne trouve un moyen de changer la nature humaine, nous aurons plus de crises.»

Ce n’est pas cela, «la nature humaine». Nous ne sommes pas voués à de perpétuelles crises. Si nous voguons de crises en crises, c’est que nous n’avons pas compris quelque chose.

Pour qu’une philosophie de Gouvernement ouvert soit implantée avec succès, un nouveau type de leadership est nécessaire: un leader plus conscient. Un leader qui soit inspiré, et désireux d’effectuer le cheminement intérieur nécessaire qui inspirera des équipes vers la performance optimale – et qui ne se laissera pas prendre au piège de l'ego et de l’avidité.

Être conscient… «Mais être conscient de quoi?», me demanderez-vous?

Tout simplement, être conscient de soi-même…

Il s'agit de découvrir l’essence – et de naviguer à partir de cette base – de l'intérieur, d'une façon qui soit alignée sur les objectifs généraux d’une organisation ou d’une administration gouvernementale.

Être conscient, ce n’est pas la même chose que penser. Le monde est si complexe que même une personne des plus intelligentes ne pourrait arriver seule – ou même à l’aide d’une équipe - à calculer toutes les possibilités d’une situation.

Pour devenir un leader avisé, il faut être le plus conscient possible. Les trajectoires ne cessent de changer à chaque instant, plusieurs chemins se dessinent. Lequel emprunter? La conscience nous indique lequel est le bon.

En tant que leader, votre propre conscience affecte toutes les personnes autour de vous, puisque les gens que vous dirigez et les personnes que vous servez dépendent de votre compréhension des situations. Alors il faut plonger à l’intérieur de soi pour trouver les bonnes réponses.

Connaissez cette chose par laquelle tout le reste devient connu: la conscience.

«Connais-toi toi-même.» Si vous vous connaissez, vous avez connu tout le reste. Sachez que, en sachant cela, vous connaissez tout le reste. Combien de fois dans votre vie avez-vous entendu dire que les réponses ne viennent pas de l’extérieur? L’avez-vous compris? Avez-vous réellement compris ce que cela veut dire? Une fois que vous aurez constaté cela, tout le reste sera automatiquement ajouté à vous, vous n'aurez pas besoin d'aller chercher en dehors, car tout viendra à vous. Apprenez donc cela en premier.

Se connaître, ce n’est pas savoir quelle est sa couleur préférée, être en mesure d’énumérer la liste de ses qualités et de ses défauts. Il s’agit ici de connaître sa véritable nature, un cheminement vers la découverte et la culture d'un soi authentique – la nature fondamentale de la puissance, de la performance réelle et de l'épanouissement, car les attributs de la conscience sont: perspective auto-centrée, auto-motivation, cohérence, intuition et perspicacité, créativité, inspiration et transcendance.

Un leader conscient passe sa vie à développer sa conscience. Un leader conscient engage des ressources pour soutenir les gens de son équipe, entreprise, ou administration gouvernementale dans la poursuite du développement humain – la prise de conscience de soi. Ceci donne pour résultats l’augmentation du rendement et de la productivité. C’est ainsi qu’un leader conscient crée une dynamique, une escalade des performances, et inspire un engagement renouvelé en faveur de l'organisation, de sa vision et de sa culture. Cela rejoint aussi ce que j’ai décrit comme étant l’empowerment organisationnel.

Je vous ai parlé dans ce billet de reconnaître la conscience. Comment y arriver? Alors là, ça c’est une autre histoire…

15 février 2011

Leçon no.2 de leadership: établir des liens affectifs

Lors d'un billet précédent, j'ai commencé à explorer en quoi consiste une nouvelle forme de leadership qui s'harmonise avec la nouvelle façon de faire de la politique par le biais des médias sociaux, ainsi qu'avec une philosophie de Gouvernement ouvert.

Dans un premier temps, j'ai souligné que la principale qualité d'un bon leader du XXIe siècle demeure d'abord et avant tout sa capacité d'écoute. Un bon leader doit être capable de bien observer les situations et d'être à l'écoute des gens.

Je poursuis mon exploration de ce en quoi consiste un bon leadership.

Traditionnellement, les dirigeants ont cherché à exercer l'autorité, le contrôle et la puissance. À long terme, cette stratégie ne réussit pas, puisque lorsqu'ils sont motivés par la peur, les gens exécutent leurs tâches soit à contrecœur, ou même pas du tout.

Les employés activement désengagés grugent le résultat net d'une organisation, tout en brisant l'esprit de leurs collègues dans ce processus. Sur le marché du travail américain, Gallup estime à plus de 300 milliards de dollars, dans le Gallup Management Journal (GMJ), le coût en perte de productivité.

Gallup a basé son estimation de la perte de productivité d'après les questions suivantes:
1. Est-ce que je sais ce qu'on attend de moi?
2. Ai-je le matériel et l'équipement dont j'ai besoin pour faire mon travail?
3. M'accorde-t-on la possibilité de faire ce que je fais de mon mieux chaque jour?
4. Au cours des sept derniers jours, ai-je reçu de la reconnaissance ou des éloges à propos de mon bon travail?
5. Mon superviseur, ou quelqu'un au travail, semblent-il se soucier de moi en tant que personne?
6. Y a t-il quelqu'un au travail qui encourage mon développement?
7. Au travail, mes opinions semblent-elles compter?
8. Est-ce que la mission de mon entreprise fais en sorte que je perçois que mon travail est important?
9. Mes collègues de travail sont-ils engagés à effectuer un travail de qualité?
10. Ai-je un meilleur ami au travail?
11. Au cours des six derniers mois, quelqu'un m'a-t-il parlé de mes progrès?
12. Cette dernière année, ai-je eu l'occasion au travail d'apprendre et de grandir?
Ce qu'il y a d'intéressant avec ces questions, c'est que Gallup démontre clairement qu'il faut maîtriser des compétences de base dans la compréhension des attitudes et du comportement humain.

J'ai indiqué dans mon billet précédent que «l'élément essentiel d’un bon leader demeure un incessant développement de la conscience». Donc, de nos jours, un leadership efficace doit faire appel à la conscience. Ce qui signifie que la base du pouvoir (son énergie) d'un dirigeant inspiré ne provient pas des autres, mais de son propre être: son chemin doit être guidé par sa conscience. Quand les autres ressentent que vous êtes prêt à donner de vous-même ― que vous êtes conscient ―, votre influence en tant que leader s'élargira considérablement.

La seconde qualité du leadership, après le sens de l'observation et de l'écoute, consiste en la capacité à établir liens affectifs.

Quand les gens sont émotionnellement lié à vous, ils veulent avoir un contact avec vous. Ils veulent être de service et ils souhaitent partager votre vision. Alors peut se développer une motivation profonde. Dans ces conditions, des loyautés durables se forment.

Pour créer de tels liens, vous devez être prêts à construire de vraies relations. Vous devez partager de vous-même. Vous devez démontrer un intérêt personnel envers les autres. Vous devez être capable de reconnaître quelles sont les forces des autres. Vous devez démontrer que vous appréciez les autres.

• Véritable intérêt pour l'autre: Ne vous contentez pas de saluer distraitement les gens quand vous les croisez. Prenez le temps de démontrer de l'intérêt envers eux. Regardez les gens droit dans les yeux. Oubliez tout le reste, et soyez tout simplement gentil, et ouvert.

• Volonté de construire une relation: Vous démontrerez votre volonté de construire une relation lorsque vous considérerez les autres comme vos égaux. La condescendance est absolument à proscrire. Lorsque vous dirigez avec votre conscience, vous reconnaissez que les autres sont vos égaux, car à ce niveau, il n'y a pas d'autre réalité: la conscience étant un champ unifié, nous sommes tous reliés les uns aux autres. Par conséquent, toutes les âmes sont égales.

• Renforcement des forces des autres: Pour arriver à renforcer les forces des autres, premièrement, vous devez être capable de percevoir les forces des autres. Vous devez observer et écouter. Deuxièmement, vous devez constamment valoriser vos collègues et les gens autour de vous. Les meilleurs dirigeants se concentrent sur les points forts de leurs partisans et collègues. Ils construisent une équipe en évaluant bien qui fait quoi. Ils encouragent chaque personne à développer ses meilleures qualités. Mais cela va plus loin. Les gens veulent être félicités pour leur points forts: vous devez être capable de leur faire personnellement des éloges et de démontrer une réelle appréciation de qui ils sont. Vous devez être capable de complimenter les autres.

• Augmentation de l'estime de soi des autres: Un leader s'assure que les personnes de son entourage sont appréciées pour leurs forces. Vous faites de votre mieux pour aider les personnes autour de vous à ressentir qu'elles sont appréciées, et qu'elles ont toutes les raisons de s'apprécier elles-mêmes.

Pour arriver à faire tout cela, au niveau le plus élémentaire de votre être, vous devez afficher saine énergie émotionnelle. Afin d'établir efficacement des liens affectifs avec les autres, vous devez être émotionnellement libre. Qu'est-ce que cela signifie? Vous devez avoir débarrassé votre esprit de culpabilité, de ressentiment, de toutes plainte et de tout reproche, de colère et d'agressivité.

Un patron qui a l'air bête, pensez-vous qu'il s'attire les gens autour de lui? Un politicien qui ne cesse de pointer les défauts, les failles et les manquements des autres n'arrivera pas à construire de liens affectifs significatifs.

Une fois que vous avez compris quelle est la valeur de l'intelligence émotionnelle, vous pouvez développer vos compétences qui relieront les gens entre eux. Cela nécessite d'établir des liens affectifs et de donner de vous-même.

13 février 2011

Leçon no.1 de leadership: Observer et écouter

Dans des billets précédents (ici et ici), j’ai mentionné que la manière de faire de la politique avait changé. Les médias sociaux sont devenus un puissant vecteur de changement social dont l’impact est suffisamment important pour induire de profonds changements politiques. Le type de changement demandé est directement lié au leadership.

Au cours des prochains billets, j’explorerai des avenues de nouveau leadership qui pourraient répondre aux attentes des acteurs utilisant les médias sociaux comme vecteur de changement. Ce nouveau type de leadership conviendrait à une philosophie de Gouvernement ouvert.

Pour devenir l'âme d'un groupe – dans mon billet précédent, j’ai utilisé l’expression «symbole d’un rêve collectif» −, un leader doit bien percevoir ce que chacun a besoin et ensuite mettre ses perceptions en action. Notez que ce qui compte, ce n'est pas de penser à être réélu, ou de s'inquiéter de sa popularité. Ce qui compte, c'est de répondre aux besoins des gens.

Répondre aux besoins des gens, cela exige une immersion dans la situation – c’est-à-dire qu’il faut mettre les mains à la pâte – pour arriver à lire ce qui se passe. Voilà pourquoi il est crucial que les politiciens et les gestionnaires gouvernementaux apprennent à bien maîtriser les médias sociaux et les incorporent à leur routine quotidienne de travail. Pour s’immerger dans une situation, les leaders gouvernementaux doivent communiquer avec les citoyens. Pourquoi? Parce que les gens ne se promènent pas toujours avec des pancartes sur le front sur lesquelles leurs besoins sont écrits en toutes lettres. C’est plutôt le contraire. Et quand ils sont rendus à se promener avec des pancartes, c'est qu'ils n'ont pas été écoutés. Par conséquent, les leaders gouvernementaux doivent apprendre à lire à travers les gens.

Comment fait-on cela, lire à travers les gens?

Dans un premier temps, en observant, en regardant bien ce qui se passe.

Mais être à l'écoute est très important lorsqu’il s'agit de comprendre la situation dans laquelle vous êtes, et ce qui est criant, ce qui doit être absolument accompli. Dans presque toutes les estimations de ce qui constitue un véritable leader, la même qualité est toujours mentionnée: il faut être un bon auditeur.

Ce n'est pas le charisme, la confiance en soi, l'ambition ou l'ego qui sont les plus importants. Ces qualités sont identifiées chez les dirigeants de premier plan, mais aucune d'entre elles n’est essentielle. L'élément essentiel d’un bon leader demeure un incessant développement de la conscience: ce qui commence par regarder et écouter attentivement.

Les situations se chevauchent. Les conditions changent constamment. Un excellent leader doit demeurer flexible, tout en regardant et en écoutant, afin de faire ressortir le véritable besoin qu’il ou elle doit arriver à remplir.

• Ne pas interrompre.
• Observer attentivement le langage du corps (dans la vraie vie, naturellement).
• Montrer que vous avez de l'empathie. Ne pas critiquer. Ne pas argumenter. Et ne surtout pas − au grand jamais − ne surtout pas être condescendant.
• Comprendre le contexte ou la vie de l'autre personne.
• Établir des communications interpersonnelles sans pour autant envahir l'espace privé.
• Offrir votre propre point de vue, mais pas trop, ni trop tôt.
• Être à l’écoute en faisant appel simultanément à quatre niveaux de perception: corps, esprit, cœur et âme.

En quoi consiste le leadership du vingt-et-unième siècle?

Dans des billets précédents, j’ai exploré quelles sont les composantes de l’empowerment individuel, l’empowerment communautaire et l’empowerment organisationnel.

Un important changement s’est produit à travers le monde ces dernières semaines.

Une nouvelle façon de faire de la politique est observée.

J’ai mentionné dans ce billet, que les médias sociaux ont bouleversé la façon de faire de la politique, étant donné que les nouvelles générations, que l’on croyait apolitiques et désintéressés de la chose politique, s’y intéressent désormais par le biais d'Internet. Les médias sociaux sont utilisés par ces générations comme un puissant vecteur de changement social dont l’impact est suffisamment important pour induire de profonds changements politiques.

Le type de changement dont il est question concerne le leadership.

L’ancien type de leadership exalte le pouvoir, et le recours au pouvoir a été directement lié à des abus. Lorsque les forts et impitoyables montent sur la scène politique, nous nous trouvons dirigés par des rois et des généraux, des autocrates et des dictateurs, des premiers ministres et des présidents avides de pouvoir.

Puisqu’un important changement s’est produit, il serait approprié de se demander quel type de leadership répond à ce changement.

Il faudrait s’interroger sur la manière dont peut se briser le moule. Il est urgent que soit défini comment éviter de répéter le même schéma. Les gouvernements se sont-ils demandé en quoi consiste le leadership du vingt-et-unième siècle?

Les prochains grands chefs devraient être des symboles d’un rêve collectif – puisque les médias sociaux produisent désormais un phénomène de conscience collective. Ce qui signifie que les leaders devraient représenter le rêve de ceux qu’ils dirigent. Les gens se tourneront vers un leader, ils seront attirés par sa capacité de les traiter avec dignité et de répondre à leurs besoins avec habileté.

Le Gouvernement ouvert, comme l'a défini John Moore, est «une philosophie axée sur le citoyen et une stratégie selon laquelle les meilleurs résultats sont généralement le fruit de partenariats entre les citoyens et le gouvernement, et ce à tous les niveaux. Cette philosophie est entièrement orientée vers la réalisation des objectifs grâce à une efficacité accrue, une meilleure gestion, la transparence de l'information et l'engagement des citoyens, et mettant le plus souvent à profit les technologies nouvelles pour atteindre les résultats souhaités. Il s’agit d’apporter au gouvernement des technologies et des approches inspirées du monde des affaires.»

John Moore indique aussi que «ces objectifs et ces approches sont nécessaires dans le monde entier.»

Pour qu’aient lieu ces «partenariats» avec les citoyens, je suis d'avis qu'il faut qu’il y ait du respect. Le respect est le sentiment de considération, d'égard, que l'on peut avoir envers un individu ou dans notre cas, une société. Il se manifeste par une attitude de déférence et le souci de ne pas porter atteinte à l'objet du respect, ni le heurter inutilement. Le respect est une valeur plus profonde que la simple politesse, car il est débarrassé de toute hypocrisie. Le respect mutuel constitue l'un des fondements de la paix sociale et des relations interpersonnelles.

Le leadership du vingt-et-unième siècle – aussi incroyable que cela puisse vous paraître − devra être axé sur la conscience collective, parce que nous vivons désormais dans un monde connecté. Pas uniquement connecté par l’Internet, mais connecté aussi à un autre niveau, celui de la conscience collective, qui est un champ unifié.

Un véritable leadership ne devrait pas être associé à la popularité, au pouvoir ou à l'entassement des bénéfices. Un véritable leader devrait être en mesure d’enlever son ego du chemin, afin que cette personne puisse servir le plus grand bien.

Le respect (la considération envers autrui) et la compassion redéfiniront le pouvoir dans les relations et les organisations gouvernementales.
 
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