Blogue de Lyne Robichaud

07 juin 2011

Un gouvernement ouvert au Québec transmuerait la crise actuelle de démocratie

Louise Beaudoin
Trois députés du Parti Québécois (au gouvernement du Québec) ont démissionné avec fracas: Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe. Ils demeurent députés, et siègeront comme indépendants.

Je fais des pieds et des mains depuis quelque temps pour tenter de faire comprendre au leader parlementaire adjoint du gouvernement, Henri-François Gautrin, qui est mandaté pour analyser le potentiel du Web 2.0 par le premier ministre du Québec, Jean Charest, qu’avant toute chose, avant de se pencher sur les détails technologiques (diverses plates-formes de médias sociaux, etc.), il y a un sérieux travail d'introspection à effectuer au gouvernement du Québec. Un changement majeur d’attitude serait nécessaire parmi les élus et gestionnaires gouvernementaux. J’ai blogué dernièrement à propos de «déconnexion totale» et de déni (ici et ici), d’infaillibilité gouvernementale, et de problèmes de transparence. J'ai expliqué en quoi est importante la sagesse populaire (j'appelle cela la conscience collective).

J’ai écrit il y a deux semaines au conseiller politique de monsieur Gautrin pour rappeler à leur équipe que leur tâche d’analyse est «vachement» importante, étant donné que le taux d’insatisfaction de la population a atteint 70% dans les récents sondages.

Cette déclaration (ci-dessous) de la députée Louise Beaudoin confirme à quel point la situation est critique. Une initiative de gouvernement ouvert permettrait d’atténuer la crise et de restaurer un semblant d’harmonie entre le gouvernement du Québec et les citoyens. Vu l'ampleur de la situation, mieux vaudrait compenser par une mesure de fort calibre (puissance maximale, quoi), comme une transformation en gouvernement ouvert.

«Je fais de la politique depuis 40 ans et je n’ai jamais vu une population aussi négative envers la classe politique. Ce qui se dit sur les blogues, dans les médias sociaux, le reflet des sondages… La langue de bois, faire de la politique comme si on était à la guerre, ça ne passe plus. Il faut dénoncer cette vieille façon de faire. Il y a une crise de la démocratie. Les citoyens se sentent étrangers par rapport à leur député. Et vous savez quoi? Oui, on le vit au PQ, mais cette image négative de la politique, c’est surtout la faute de Jean Charest et des Libéraux. Ils sont responsables de la dégradation de la vision des gens envers la classe politique.», a déclaré Louise Beaudoin.

S’il y a «dégradation de la vision des gens envers la classe politique», de quelle façon compte-t-on s’y prendre au gouvernement du Québec pour que cette dégradation soit transmuée en amélioration et épanouissement de la relation entre le gouvernement et les gens? Je le répète, une initiative de gouvernement ouvert répondrait directement à cette problématique. Je le répète, c’est maintenant que le gouvernement du Québec doit se pencher sur ces questions cruciales, car il y a sur la table un mandat d’analyse. (Je ne suis pas tellement fan de baseball, mais cette citation me plaît énormément.) Le gouvernement devrait suivre ce conseil de Yogi Berra: «Quand vous voyez une fourchette sur la route, ramassez-la.»

Jusqu’à présent, l’équipe de M. Gautrin ne ramasse pas de fourchette de données ouvertes ni de gouvernement ouvert. Ils voient ces fourchettes, ils les voient très clairement, ils sont tentés de les prendre. Mais ils ne les ramassent pas encore. Ce serait vraiment dommage que leurs efforts d’analyse déployés – de longs mois de travaux − ne donnent pas des résultats optimaux.

Le gouvernement du Québec a autant de potentiel que n’importe quel autre pays ayant pris le tournant du gouvernement ouvert. On est capables! Il faudrait seulement qu’il y ait un leadership, une volonté d’améliorer la situation. Il n’est pas trop tard pour donner une nouvelle direction aux travaux d’analyse du potentiel du Web 2.0. Ramassez les fourchettes! Tiens, ce qui me fait penser que je n’ai pas encore essayé les poupées vaudou avec des aiguilles, vous savez, représentant l'esprit d'une personne, employées pour jeter des sorts. Peut-être que ça marcherait pour les faire changer de direction? Qu’en pensez-vous? Fourchettes… aiguilles… whoa... Ramassez les fourchettes!

04 juin 2011

Qu'en est-il d'un «printemps américain»? (Deepak Chopra)

Deepak Chopra
On entend beaucoup parler d'un «printemps arabe». Les grands puissances industrielles se sont réunies le 26 mai lors d'un sommet du G8 en France, dominé par la révolte dans le monde arabe, le soutien de la lutte populaire pour la démocratie et la recherche d'un moyen de sortir la Libye de la guerre. Les pays du G8 s'engagent à verser 20 milliards de dollars d'aide au pays arabes post-autocratiques qui ont renversé les chefs d'État et qui se dirigent vers la démocratie. Bien sûr, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a contredit le président français Nicolas Sarkozy (comme d'habitude). Harper a déclaré le 26 mai que le Canada considère que l'aide doit venir des institutions financières.

Deepak Chopra est un conférencier et écrivain sur la spiritualité et la médecine corps-esprit, auteur de plus de 60 livres, dont «The Soul of Leadership, Unlocking Your Potential for Greatness» (je l'ai lu et vous le recommande). En 2010, il a reçu le Prix humanitaire Starlite «pour sa force mondiale à propos de l'empowerment de l'Humain, son enseignement contribuant à améliorer le bien-être et pour apporter la lumière dans le monde.» Chopra est récipiendaire du Prix 2010 Goi Peace (pour la paix).

Il a publié le 23 mai dans SFGate San Francisco Chronicle, un article à propos du leadership de Barack Obama, intitiulé "How about an American Spring?". Voici ma traduction en français de cet article.

************************

QU'EN EST-IL D'UN PRINTEMPS «AMÉRICAIN»?

Tous ceux qui ont admiré d'un bout à l'autre l'idéalisme du président Obama devraient repartir inspirés par la grandeur d'âme de son discours portant sur le «printemps arabe». Cela a servi à rassurer sa base libérale qu'il ne se contentait pas uniquement de poursuivre la politique de Bush au Moyen-Orient (c'est-à-tuer tous les terroristes, ignorer les droits humains, laisser à la dérive Israël, et garder le pétrole à flot). Il a mis le régime conservateur israélien au préavis, avec quelques alliés mineurs comme le Yémen et à Bahreïn. Ce sont les points qui pourraient faire en sorte que les pouvoirs en place se sentent nerveux pendant cinq minutes. Le reste du discours, portant sur la réforme au Moyen-Orient, s'est avéré plus problématique.

Obama a fait référence à son discours de 2009 à propos du Caire, qui se voulait une branche d'olivier tendue au monde musulman, ce qui aurait poussé les belligérants de Bush à adopter une position de «choc des civilisations». Aussi louables qu'aient pu être ces déclarations il y a deux ans, le laps de temps qui en a découlé a produit l'inertie.

Guantanamo demeure une épine dans le pied, l'Irak continue de chanceler; l'Afghanistan demeure chaotique, le Pakistan est un État acheté avec des pots de vin, essentiellement parce qu'ils ont la bombe atomique. Face à cette inertie, que peuvent faire des idéaux? Si on leur demandait, s'ils souhaitaient soutenir des mouvements de liberté en Arabie saoudite, par exemple, en échange de l'essence à 6 $ le gallon, l'Américain moyen accueillerait probablement avec joie des idéaux élevés.

Comme dans de nombreux domaines, tels que les soins de santé, l'immigration et la politique énergétique, Obama a combiné un visionnaire-en-chef avec un professeur-en-chef. Il excelle dans ces rôles, mais un président mondial a besoin qu'une nation mondiale le suive. Je ne suis pas sûr que nous en sommes vraiment là pour le moment. La politique réactionnaire a régné lors de l'élection de 2010, l'économie vacille dangereusement; les gens se retiennent (drawing in their horns). Même dans les moments opportuns, il serait difficile pour un visionnaire d'inverser les tendances d'extrême droite qui ont dominé la politique américaine depuis l'ère Reagan. En d'autres termes, sans un «printemps américain», le printemps arabe est toujours laissé à lui-même. Ce pays va continuer à soutenir les despotes et les familles royales du Moyen-Orient, nous allons exiger le libre écoulement du pétrole, ce qui revient au même que capituler totalement à d'oligarques du pétrole qui détiennent la rançon du monde; et nous n'allons pas cesser d'être le plus grand marchand d'armes du monde.

Ce n'est pas l'idéalisme qui est en cause ici, c'est l'auto-contradiction. Vous ne pouvez pas faire la paix et la guerre en même temps, être réactionnaire et visionnaire, être favorable à la réforme et à des despotes. Obama a besoin de se faufiler à travers ces contradictions. Compte tenu de son caractère, je crois qu'il essaie. Son idéalisme sonne vrai. Mais d'innombrables idéalistes se sont fracassé la tête contre les dures réalités. Le meilleur espoir que je puisse démontrer maintenant, c'est l'Inde, un endroit qui est en plein essor, même si le gouvernement est corrompu, la corruption est un mode de vie, des millions de citoyens sont analphabètes, il y mijote l'intolérance religieuse sous la surface, les élites gardent jalousement leur secret, et l'inégalité des sexes en est choquante. Obama a mentionné toutes ces choses dans son discours, et il est encourageant de constater que les peuples dépossédés du monde, en commençant par si peu, faisant face à ces obstacles déchirants, peuvent encore s'élever. La puissance silencieuse de l'idéalisme peut être en mesure d'accomplir davantage que ce que les réalistes endurcis peuvent réaliser. Espérons-le, surtout en ce moment incertain.

Deepak Chopra est l'auteur de plus de 60 livres sur la santé, réussite, relations et spiritualité, y compris "The Soul of Leadership». En savoir plus en vous, visitez www.deepakchopra.com ou www.choprafoundation.org. Suivez Deepak sur Twitter: http://twitter.com/DeepakChopra.

How about an "American Spring"? (Deepak Chopra)

Deepak Chopra
There is much talk about an "Arab spring". The world's great industrial powers met on May 26 at a G8 summit in France, dominated by revolt in the Arab world, backing the popular struggle for democracy and seeking a way out of the Libyan war. G8 countries will pledge $20bn in aid to post-autocratic Arab countries that have toppled heads of state and moved towards democracy. Of course Premier of Canada, Stephen Harper, has to contradict The French President Nicolas Sarkozy (as usual). Harper declared on May 26 that Canada considers the aid should come from financial institutions. [in French]

Deepak Chopra is an Indian public speaker and writer on spirituality and mind-body medecine, author of more than 60 books, including 'The Soul of Leadership, Unlocking Your Potential for Greatness'. In 2010, he received the Humanitarian Starlite Award "for his global force of human empowerment, well-being and for bringing light to the world." Chopra is the recipient of the 2010 GOI Peace Award.

He published an article on May 23, in the SFGate San Francisco Chronicle, about Barack Obama's leadership, entitled "How about an American Spring?"

*********************************
By Dr Deepak Chopra
May 23, 2011, SFGate

HOW ABOUT AN AMERICAN SPRING?

Anyone who has admired President Obama's idealism all along should come away inspired by the high-mindedness of his "Arab spring" speech. It served to reassure his liberal base that he wasn't solely continuing the Bush policy in the Middle East (i.e., kill every terrorist, ignore human rights, let Israel drift, keep the oil flowing). It put the conservative Israeli regime on notice, along with some minor allies like Yemen and Bahrain. Those were the points that might cause the powers that be to feel nervous for five minutes. The rest of the speech, a lofty high five for reform in the Middle East, was more problematic.

Obama referred to his 2009 Cairo speech that extended an olive branch to the Muslim world, reversing Bush's belligerent "clash of civilizations" stance. Lofty as those declarations were two years ago, the intervening time has been one of inertia.

Guantanamo remains a thorn in our side; Iraq continually totters; Afghanistan remains chaotic; Pakistan is a client state bought off with bribes basically because they have the atom bomb. In the face of such inertia, what can ideals do? If asked whether they would support freedom movements in Saudi Arabia, for example, in exchange for gasoline at $6 a gallon, the average American would jump ship on lofty ideals.

As in so many areas, such as health care, immigration, and energy policy, Obama combined visionary-in-chief with professor-in-chief. He's good in those roles, but a global President needs a global nation to follow him. I'm not sure that we are really there yet. Reactionary politics held sway in the 2010 election; the economy teeters precariously; people feel like drawing in their horns. Even in good times it would be hard for any visionary to reverse the right-wing trends that have dominated American politics since the Reagan era. In other word, without an American spring, the Arab spring is still on its own. This country will keep supporting despots and royal families in the Middle East; we will demand the free flow of oil, which is the same as capitulating totally to the oil oligarchs that hold the world ransom; and we won't stop being the world's largest arms dealers.

It's not idealism that is at fault here; it's self-contradiction. You can't be at peace and war simultaneously, reactionary and visionary, friendly to reform and despots. Obama needs to thread his way through these contradictions. Given his character, I believe that he's trying. His idealism rings true. But countless idealists have broken their heads against hard realities. The best hope I can take away now is India, a place that is thriving even though the government is corrupt, bribes are a way of life, vast millions are illiterate, religious intolerance simmers beneath the surface, elites jealously guard their privilege, and gender inequality is shockingly rampant. Obama mentioned all those things in his speech, and it's heartening to realize that the dispossessed people of the world, starting with so little, facing such heartbreaking obstacles, can still rise. The silent power of idealism may be able to accomplish more than hardened realists realize. Let's hope so, especially at this uncertain moment.

Deepak Chopra is the author of over 60 books on health, success, relationships and spirituality, including "The Soul of Leadership." Learn more by logging on to www.deepakchopra.com or www.choprafoundation.org. To follow Deepak on Twitter, go to http://twitter.com/DeepakChopra.

03 juin 2011

L'infaillibilité gouvernementale ne va pas de pair avec un gouvernement ouvert

Jean-Marc Fournier
Le concept d'infaillibilité pontificale me tapait sur les nerfs dès l'âge de 7-8 ans. (Je n'ai jamais compris en quoi ce concept était acceptable.) Il en est de même pour l'infaillibilité gouvernementale, qui ne va pas de pair avec la philosophie de gouvernement ouvert, puisque pour arriver à solutionner des problématiques grâce à la participation et la collaboration des citoyens, il faut d'abord et avant tout qu'un gouvernement soit capable de reconnaître qu'il existe des problématiques. Un gouvernement ne peut faire appel à l'aide des citoyens et transformer des problèmes en défis, s'il y a déni face à des situations ou des problèmes.

Hier, le journaliste politique au Journal de Québec Taïeb Moalla @Moalla, a signé un article intitulé «Hells Angels, 'Pas d'échec de la part du gouvernement'», dans lequel il cite les propos du ministre de la Justice et leader parlementaire du gouvernement du Québec, Jean-Marc Fournier,: «Non. Non. Non, il n’y a pas d’échec de la part du gouvernement.»

@Moalla a d'abord publié les propos du ministre dans un gazouillis, puis l'article est paru quelque temps plus tard. @Normand55 a ajouté ce commentaire au gazouillis: «Pas un échec mais une FAILLITE TOTALE».

Je le répète encore, le déni est une stratégie de défense qui mène à éviter, sinon à nier une réalité. La personne qui pratique le déni conserve le savoir de la réalité tout en lui substituant une perception imaginaire. Cette personne possède alors deux visions incompatibles mais dénuées de tout lien, ce qui permet au moi d'exister sur deux registres différents, avec d’un côté la réalité perçue, et de l’autre côté, la réalité reconnue, contraire à la perception.

Effectuons ensemble un petit exercice mental. Imaginez une situation où surviendrait un déni gouvernemental lors de discussions avec des citoyens sur des plates-formes de médias sociaux. Pensez-vous que les gens vont discuter longtemps, que les échanges seront plaisants, et que la relation qui s'établira, entre le gouvernement et les citoyens, sera positive et constructive? Si les intervenants gouvernementaux existent sur deux registres différents, les citoyens le détecteront intuitivement. Ils remarqueront que les intervenants ne sont pas sincères, authentiques et transparents.

J'ai reçu hier une invitation sur Facebook de Alain Destexhe, un homme politique belge libéral. «Rejoignez-moi sur ma page Facebook le 12 juin de 20h à 23h», propose-t-il.

Effectuons ensemble un second exercice mental. Imaginez que ce soit le ministre de la Justice du gouvernement du Québec, Jean-Marc Fournier, qui lance cette invitation pour le dimanche 5 juin. Êtes-vous en mesure d'anticiper quels seront les commentaires des participants/usagers de Facebook?

Les réponses que formulent présentement les députés, dans les débats à l'Assemblée nationale, différeront-elles de celles que ces députés publieront dans les médias sociaux?

Il y a présentement sur la table un mandat d'analyse du potentiel du Web2.0, piloté par le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin.

Étudier et analyser le potentiel du Web 2.0, scruter ce que peuvent accomplir les nouvelles technologies, proposer des avenues par le biais des médias sociaux, c'est passionnant, n'est-ce pas? Il faudrait aussi que les acteurs gouvernementaux s'écoutent parler, observent comment ils se comportent actuellement, afin d'être en mesure de proposer des solutions pour modifier leur approche, et l'adapter au contexte du Web2.0.

Le déni qui se traduirait dans les actes, dans un contexte Web 2.0, ne permettrait pas l'amélioration de la relation entre le gouvernement et les citoyens.

Le déni ne peut coexister dans un contexte de gouvernement ouvert. Dans le déni, tout échec est intolérable: il conduirait à un bouleversement de la façon de vivre. La peur de la déchéance résultant d’une défaite constitue le motif principal de l’évitement. Or, un gouvernement ouvert est en constante transformation, le changement via l'innovation et le recours aux nouvelles technologies est le moteur de cette façon de gérer une administration ou un gouvernement. Les problèmes (évitements, échecs, défaites) sont transmués en réussite.

Admettre ses limites, y faire face concrètement et renoncer par conséquent aux illusions de toute-puissance qui aident à maintenir l'équilibre, voilà le genre d'implications existentielles qui devraient être analysées dans le mandat sur le potentiel du Web 2.0.

La peur de la défaite ou de l'échec peut prendre la forme d’un manque de confiance en soi. C'est pourquoi je le répète encore, pour cheminer vers une transformation vers le Web2.0 (et ultimement, espérons-le, vers un gouvernement ouvert), il est nécessaire d'inclure des plans de formation axés sur l'empowerment individuel, communautaire et organisationnel, et s'assurer que la valorisation soit au cœur des processus.

La personne qui sera nommée «tsar de gouvernement ouvert» ― si jamais un jour le gouvernement du Québec faisait le choix d'effectuer cette transformation ― devra aviser l'ensemble des intervenants du gouvernement, élus et employés gouvernementaux, qu'un changement d'attitude est nécessaire pour faire en sorte que réussisse n'importe quelle initiative en lien avec le Web 2.0 et/ou des plates-formes de données ouvertes et de gouvernement ouvert. Si le Québec n'évolue pas vers un gouvernement ouvert, même en ce qui concerne des initiatives de Web 2.0, ce changement d'attitude serait souhaitable.

01 juin 2011

Government of Quebec: The door opens to "conventional wisdom"?

In recent months, Government in the Lab’s team has been in communication with the office of Henri-François Gautrin, Deputy House Leader of the Government of Quebec, and his closest advisers. They have been working since October 2010 on an analysis mandate of the potential of the Web 2.0.

On May 2, they allowed their mandate to be announced via GovintheLab’s Newsletter (Open Government and Francophonie No. 3).

On May 31, they answered a few interview questions and provided details about their currents thoughts, and what they are preparing in upcoming months.

Please note that this is an upstream in process publication of information about the progress of the mandate. The French Republic announced the creation of Etalab, before budgets were defined and elements were all in place. The Government of Canada launched an open data / open government pilot project on March 17 and 18, 2011 (and included few new data sets). The new President of the Treasury Board, Tony Clement, said recently that he supports Stockwell Day’s initiative, and that he wants to try to pursue some of his initiatives in this area. Hopefully, the experience of providing upstream information will be positive for the Government of Quebec, and it will become a habit for departments and agencies to enable citizens to have time to interact in a creative process leading to new programs and policy improvements.

Responses provided yesterday by Gautrin’s team are brief, but they offer some hints, and announce steps to be undertaken before the delivery of the final report, expected in late 2011. There are still a few months from there to allow for communications and interactions with the Government of Quebec, to propose ideas and suggestions.

I see a progression in their thinking. I sometimes observe complicated skating figures in discussions, which will hopefully lead to recommendations on open data and open government. M. Gautrin’s team has been open until now.

The words "transparency, collaboration and participation" - mantra of the open government movement - were not really part of the vocabulary of Gautrin’s team, a few months ago. For example, I searched in vain for the word "transparency"(the pillar of open data and open government), in their documents, last February. How the Government of Quebec intends to become more transparent is not yet articulated. It would be helpful if this important element were to be shortly defined. If there is a concern at the Government of Quebec for greater transparency, this could be demonstrated by launching an open data and open government initiative.

The concept of communication was well established (last February). The interaction dimension with citizens requires, in my opinion, more analytical work. Gautrin’s team speaks of "conventional wisdom" (sagesse populaire), or wisdom of crowds, which is very good sign.
"Interactions with citizens: This is primarily to get feedback from citizens on policies and programs put forward by the government. It also allows managers to benefit from the conventional wisdom to put forward new programs or new ideas."
The door opens gradually, leaving more space for a co-production co-analysis, co-creation type of relationship between the government and citizens. Since the concept of interaction is present in the analysis, it provides a glimpse that work could be undertaken to define how this interaction can take place. For now, the analysis documents refer to social media such as Facebook. Hopefully, Gautrin’s team will recommend to use open data and open government platforms to develop a positive and creative co-production relationship with citizens.

It is not clear how the Government of Quebec will make the transition from the current relationship to a relationship based on participation and interaction with citizens. For the magic of conventional wisdom (or wisdom of crowds) to taking place, there must be a harmonious ambiance in collaborative teams, so that all parties feel comfortable and creative work takes place in respect of the Other. Flexibility is also necessary, to allow ideas and unexpected contributions to be listened to, and integrated into the process. To make this possible, government managers must be able to contemplate reality without branching off into denial. Interaction with citizens leads to more liability and responsibility. Interaction is a bidirectional relationship (preferably as equals, if creativity is to flourish). Therefore, elected officials and government managers also need to demonstrate liability and responsibility. See my series of posts on leadership: Observe and listen (Lesson No.1); Establish emotional links (Lesson No.2), Being conscious (Lesson No.3); Enlightened action (Lesson No.4).

Analytical work in progress could go further by evaluating mechanisms that create - through the wisdom of crowds - the idea of a government (that is to say at all levels of government, in all spheres, projects, programs and policies). What is the wisdom of crowds? (I call it collective consciousness or collective intelligence.) How does this works? How can it be handled in a conscious and effective manner? Henri-François Gautrin has been a physicist before his mandates as an elected official: he should be able to understand these issues.

The old scientific paradigm that defined matter as the essential reality has been replaced by a new model of quantum physics. Government leaders who want to effectively manage "conventional wisdom" or collective consciousness should be able to juxtapose the foundations of quantum physics to their vision: it would help them understand why interaction with citizens is so important, and how to develop it. "We are not in the physical world. The physical world is within us. We create the physical world and experience it in our imagination. Thus, we design, build, and finally, our ideas become reality”, explains Deepak Chopra in ”What Is The Connection Between Quantum Mechanics and Healing”. Thus citizens, using appropriate platforms and Web 2.0 tools, can be guided to solve problems. This is what OpenIdeo succeeds in doing.

Government of Quebec’s analysis should include, in priority, recommendations that focus on transformational leadership. The potential of Web 2.0 is not just a matter of technology. Non-technical issues are (in my opinion) much more considerable. There should also be analysis about appropriate behavior, which encourages interaction and allows for development of relationships. For interactions to take place, politicians, government managers and employees attitude need to be transformed. Training plans to use Web 2.0 should be provided. But there should also be training plans based on empowerment, to explain to elected officials and government employees what is conventional wisdom - what is its nature - , and how the government can foster individual, community and organizational empowerment, gain from its advantages and develop the relationship with citizens. See my series of posts: Components promoting individual, community and organizational empowerment, and what promotes valuing the Other.

For conventional wisdom to be actually put to good, it takes more than Facebook and Twitter accounts. Hopefully Gautrin’s team will succeed in explaining this and convince the rest of the government to follow them in a transformation project. A transformation in open government would offer the highest possible form of relationship between the Government of Quebec and citizens.

Months fly by rapidly. Will Gautrin’s team display enough agility and flexibility to take into account in its analysis the entire field of possibilities regarding the "potential of the Web 2.0"?

Gouvernement du Québec: la porte s’entrouvre vers la «sagesse populaire»?

Depuis quelques mois, l’équipe de Government in the Lab est en communication avec le bureau de Henri-François Gautrin, le leader parlementaire adjoint du gouvernement du Québec, et ses proches conseillers, qui s’affairent depuis le mois d’octobre 2010 à un mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0.

Le 2 mai, ils ont autorisé que soit annoncé leur mandat (via l’info-lettre no.3 de Government in the Lab).

Le 31 mai, ils ont répondu à quelques questions d’interview et fourni des détails à propos de leurs réflexions, et ce qu’ils préparent au cours des mois à venir.

Notez qu’il s’agit d’une publication d’information à propos de l’avancement des dossiers, en amont du processus. La République française a annoncé la création d’Etalab, avant même que les budgets soient définis, et que tous les éléments soient mis en place. Le gouvernement du Canada a lancé le projet pilote de données ouvertes / gouvernement ouvert, les 17 et 18 mars 2011 (en incluant peu de nouveaux ensembles de données) et le nouveau président du Conseil du trésor, Tony Clement, a indiqué dernièrement qu'il soutient l'initiative de Stockwell Day, et qu'il souhaite chercher à poursuivre quelques-unes de ses initiatives dans ce domaine. Espérons que cette expérience de diffusion d’information en amont sera positive pour le gouvernement du Québec, et que cela deviendra une habitude, dans l’ensemble des ministères et agences, afin de permettre aux citoyens d’avoir le temps d’interagir dans les processus de création de nouveaux programmes et définition/amélioration des politiques.

Les réponses fournies hier sont brèves, mais elles offrent quelques pistes d’information, et annoncent les étapes à franchir d’ici au dépôt du rapport final, prévu vers la fin de l’année 2011. Il reste quelques mois d’ici là pour socialiser avec le gouvernement du Québec et leur transmettre des idées et suggestions.

J’observe une progression dans leurs réflexions. J'assiste parfois à de compliquées figures de patinage dans les échanges, qui espérons-le, mèneront à des recommandations concrètes concernant les données ouvertes et le gouvernement ouvert. L'équipe de M. Gautrin a fait preuve d'ouverture jusqu'à présent.

Les mots «transparence, collaboration et participation» – mantra du mouvement du gouvernement ouvert -, ne faisaient pas vraiment partie intégrante du vocabulaire de l’équipe de M. Gautrin, il y a quelques mois. Par exemple, j’ai cherché en vain le mot «transparence» (le pilier des données ouvertes et du gouvernement ouvert), dans leurs documents, en février dernier. De quelle façon le gouvernement du Québec compte s’y prendre pour devenir davantage transparent n’est pas encore articulé. Il serait souhaitable que cet important élément soit défini prochainement. S'il existe un souci pour davantage de transparence, ceci pourrait être démontré par le lancement d'une initiative de données ouvertes et de gouvernement ouvert.

La notion de communication était déjà bien établie en février dernier. La dimension d'interaction avec les citoyens nécessite, à mon avis, davantage de travail d'analyse. L'équipe de M. Gautrin parle de «sagesse populaire», ou sagesse des foules (wisdom of crowds), ce qui est très bon signe.
Les interactions avec les citoyens: Il s’agit au premier chef d’obtenir les réactions des citoyens sur les politiques et les programmes mis de l’avant par le gouvernement. Cela permet aussi aux dirigeants de bénéficier de la sagesse populaire pour mettre de l’avant de nouveaux programmes ou de nouvelles idées.
La porte s’entrouve peu à peu, et laisse davantage d’espace pour des relations de type co-production, co-analyse, co-création entre le gouvernement et les citoyens. Étant donné que la notion d'interaction est présente dans l'analyse, cela permet d'entrevoir que du travail pourrait être effectué pour définir de quelles façons puisse avoir lieu cette interaction. Pour le moment, les documents d'analyse font référence à des médias sociaux tels que Facebook. Il serait souhaitable que l'équipe de M. Gautrin recommande d'avoir recours à des plates-formes de données ouvertes et de gouvernement ouvert pour développer une relations (positive et créatrice) de co-production avec les citoyens.

Ce n'est pas clair non plus comment le gouvernement du Québec effectuera la transition entre la relation actuelle vers une relation axée sur la participation et l'interaction avec les citoyens. Pour que la magie de la sagesse populaire s'opère, il faut qu'il y ait de l'agrément dans les équipes collaboratives, afin que l'ensemble des parties se sente à l'aise et que cela s'effectue dans le respect de l'autre. Il faut aussi de la souplesse, pour permettre aux idées et contributions inattendues d'être écoutées, et intégrées dans les processus. Pour que ceci soit possible, l'ensemble des intervenants du gouvernement doit être capable de contempler la réalité, sans bifurquer vers le déni. L'interaction avec les citoyens conduit à davantage de responsabilité civile. L'interaction étant une relation bi-directionnelle (de préférence d'égal à égal, si on souhaite que fleurisse la créativité), les élus et les gestionnaires gouvernementaux doivent eux aussi démontrer de la responsabilité. Voir ma série sur le leadership: observer et écouter (leçon no. 1); établir des liens affectif (leçon no.2); être conscient (leçon no.3); l'action éclairée (leçon no.4).

Les travaux d'analyse en cours pourraient porter plus loin, en évaluant les mécanismes qui permettent de créer - par le biais de la sagesse populaire - l'idée d'un gouvernement (c'est-à-dire à tous les niveaux du gouvernement, dans toutes sphères, les projets, programmes et politiques). Qu'est-ce que la sagesse populaire? (J'appelle cela la conscience collective, ou intelligence collective.) Comment cela fonctionne-t-il? Comment peut-on gérer cela de façon consciente et efficace? M. Gautrin étant un physicien (avant d'effectuer ses mandats d'élu), il devrait être en mesure de comprendre ces questions.

Le vieux paradigme scientifique qui définissait la matière comme étant la réalité essentielle a été remplacé par un nouveau modèle de physique quantique. Les leaders gouvernementaux qui souhaitent gérer efficacement la «sagesse populaire» ou conscience collective devraient arriver à juxtaposer les fondements de la physique quantique à leur vision: cela les aiderait à comprendre pourquoi l'interaction avec les citoyens est importante, et comment faire pour la favoriser. «Nous ne sommes pas dans le monde physique. Le monde physique est en nous. Nous créons le monde physique et son expérience dans notre imagination. C'est ainsi que nous concevons, construisons, et que finalement, nos idées deviennent réalité», explique Deepak Chopra dans 'What is the connection between quantum mechanics and healing'. C'est ainsi que les citoyens, à l'aide de plates-formes et d'outils Web 2.0 appropriés, peuvent être guidés pour solutionner des problématiques. C'est ce que réussit notamment à accomplir le site OpenIdeo.

Il serait souhaitable que l'analyse du gouvernement du Québec comporte des recommandations prioritaires qui porteront sur le leadership transformationnel. Le potentiel du Web 2.0, ce n'est pas uniquement qu'une question de technologies. Les questions non-techniques, s'avèrent (à mon avis), beaucoup plus importantes. Il devrait y avoir aussi des réflexions sur les comportements appropriés, ce qui favorise l'interaction, et permet l'épanouissement des relations. Pour qu'ait lieu une interaction, l'attitude des élus, des gestionnaires et des fonctionnaires nécessite d'être modifiée. Des plans de formation d'utilisation du Web 2.0 devraient être prévus. Mais il devrait y avoir aussi une formation axée sur l'empowerment, pour expliquer aux élus et employés gouvernementaux en quoi consiste la sagesse populaire, quelle est sa nature, et de quelle façon le gouvernement peut favoriser l'empowerment (individuel, communautaire et organisationnel) afin d'en tirer les avantages et développer sa relation avec les citoyens. Voir ma série: composantes favorisant l'empowerment individuel, communautaire, organisationnel, et ce qui favorise la valorisation.

Afin que la sagesse populaire soit réellement mise à contribution, il faut davantage que des pages Facebook et des comptes Twitter. Espérons que l'équipe de M. Gautrin arrivera à articuler cela et à convaincre le reste du gouvernement de les suivre dans un projet de transformation. Une transformation en gouvernement ouvert offrirait la plus haute forme de relation possible entre le gouvernement du Québec et les citoyens.

Les mois filent rapidement. L'équipe de M. Gautrin saura-t-elle faire preuve de suffisamment d’agilité et de souplesse pour prendre en compte dans son analyse la totalité du champ des possibles, en ce qui concerne le «potentiel du Web 2.0»?

Interview: Government of Quebec, about the potential of Web 2.0

Last month Government in the Lab announced (in Newsletter no.3) that the Government of Quebec is undertaking an analysis mandate of the potential of Web 2.0. The Deputy House leader, Henri-François Gautrin, kindly answered our questions.

1 - WHAT IS THE ANALYSIS MANDATE ABOUT THE POTENTIAL OF WEB 2.0?

Web 2.0 is based on three principles:

Decentralization: There is no formal structure in terms of both content and technology.

Participation: Web 2.0 exists because of the Internet.

Simplicity of use and technological breakthrough.

The Premier (Jean Charest) gave me the mandate to analyze the implications for Quebec society, especially for the Government, of using the increasingly popular Web 2.0 and social networks, and to propose strategic actions so that Quebec can draw on every possible advantage.

2 - WHAT WORK HAS BEEN ACCOMPLISHED TO DATE BY YOUR TEAM, AND WHAT IS PLANNED FOR UPCOMING MONTHS?

I proceed in four steps for the project:

* Consultation with people associated with government action.

* Discussions with Quebec citizens via the Internet (public community).

* A closed consultation on the Internet (private community).

* A conference.

We are currently setting up a website, which should be operational in early June 2011.

The conference is scheduled for early September.

The final report is to be submitted to the Prime Minister and the Government by the end of 2011.

3 - WHAT IS, ACCORDING TO YOU, A GOOD RELATIONSHIP BETWEEN THE GOVERNMENT AND CITIZENS?

A good relationship between government and citizens based on the use of Web 2.0 should improve:

* communications with citizens

* interactions with citizens

* services to citizens

Communications with citizens: increase citizen accessibility to government information. The use of blogs or microblogging, like Twitter, even Mashups, fall into this category. The goal is to bring government information closer to communication tools used by citizens, rather than requiring them to visit many Web pages.

Interactions with citizens: This is primarily to get feedback from citizens on policies and programs put forward by the government. It also allows managers to benefit from the wisdom of crowds to put forward new programs or new ideas.

It also allows officials to make their suggestions to improve the efficiency of their departments or agencies in how they fulfill their mission. I am thinking here, in particular, of using social media like Facebook.

4 - TRANSPARENCY, PARTICIPATION AND COLLABORATION WITH CITIZENS, THROUGH OPEN DATA AND OPEN GOVERNMENT, ARE THEY BEING CONSIDERED IN THIS CURRENT MANDATE?


Besides transparency, participation and collaboration with citizens, the use of Web 2.0 tools should:

* improve citizen participation, particularly in regards of policy making

* improve relevance and quality of services to citizens.

* enable access and more efficient use of government information

* improve internal operations and collaboration between different departments and agencies.

31 mai 2011

Interview: Gouvernement du Québec, à propos du potentiel du Web 2.0

Le mois dernier, Government in the Lab a annoncé (dans l’infolettre no.3) que le gouvernement du Québec travaille sur un mandat d’analyse du potentiel du Web 2.0. Le leader parlementaire adjoint, Henri-François Gautrin, le leader parlementaire adjoint du gouvernement du Québec, a eu l'amabilité de répondre à nos questions.

1- EN QUOI CONSISTE LE MANDAT D'ANALYSE DU POTENTIEL DU WEB 2.0?


Le Web 2.0 repose sur trois grands principes:

La décentralisation: Il n’y a pas de structure formelle tant au niveau du contenu qu’à celui de la technologie.

La participation: Le Web 2.0 n’existe que grâce aux internautes.

La simplicité d’utilisation et l’ouverture technologique

Le Premier Ministre (Jean Charest) m’a confié le mandat d’analyser les incidences pour la société québécoise, et en particulier pour le gouvernement, de l’utilisation de plus en plus répandue du Web 2.0 et des réseaux sociaux et de lui proposer des stratégies d’action afin que le Québec puisse en tirer tous les avantages possibles.


2- QUELS TRAVAUX ONT ÉTÉ EFFECTUÉS À CE JOUR PAR VOTRE ÉQUIPE, ET QU'ENVISAGEZ VOUS POUR LES PROCHAINS MOIS?

Je procède en quatre étapes pour la réalisation du projet:

* une consultation auprès des personnes associées à l’action gouvernementale.

* un échange sur Internet avec les internautes québécois (communauté publique).

* une consultation fermée sur Internet (communauté privée).

* un colloque.

Actuellement, nous sommes à mettre en place un site Internet qui devrait être fonctionnel début juin 2011.

Le colloque est prévu pour début septembre.

La remise du rapport final au Premier Ministre et au gouvernement se fera pour la fin de l’année 2011.


3- EN QUOI CONSISTE D'APRÈS VOUS, UNE BONNE RELATION ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LES CITOYENS?

Une bonne relation entre le gouvernement et les citoyens basée sur l’utilisation du Web 2.0 devrait améliorer:

* les communications avec les citoyens

* les interactions avec les citoyens

* les services aux citoyens

Les communications avec les citoyens: Il s’agit d’augmenter l’accessibilité des citoyens à l’information gouvernementale. L’utilisation des blogs ou de miniblogs, comme Twitter, voire des Mashups rentrent dans cette catégorie. Le but est de rapprocher l’information gouvernementale des outils de communications utilisés par les citoyens, plutôt que de les obliger à fureter sur de nombreuses pages Web.

Les interactions avec les citoyens: Il s’agit au premier chef d’obtenir les réactions des citoyens sur les politiques et les programmes mis de l’avant par le gouvernement. Cela permet aussi aux dirigeants de bénéficier de la sagesse populaire pour mettre de l’avant de nouveaux programmes ou de nouvelles idées.

Cela permet aussi aux fonctionnaires de faire valoir leurs suggestions pour améliorer l’efficacité de leurs ministères ou organismes dans la façon dont ils remplissent leur mission. Je pense ici particulièrement à l’usage des médias sociaux comme «Facebook».

Les services aux citoyens: Je pense ici aux applications qui utilisent les informations éparpillées dans les banques de données pour les agglutiner en fonction du besoin exprimé par le citoyen.


4- LA TRANSPARENCE, LA PARTICIPATION ET LA COLLABORATION AVEC LES CITOYENS, PAR LE BIAIS D'INITIATIVES DE DONNÉES OUVERTES ET DE GOUVERNEMENT OUVERT, SONT-ILS ENVISAGÉS DANS CE PRÉSENT MANDAT?

Outre la transparence, la participation et la collaboration avec les citoyens, l’utilisation des outils du Web 2.0 devrait permettre:

* d’améliorer la participation des citoyens, particulièrement en ce qui concerne l’élaboration des politiques

* d’améliorer la pertinence et la qualité des services aux citoyens.

* de permettre un accès et une utilisation plus efficaces de l’information gouvernementale

* d’améliorer le fonctionnement interne et les collaborations entre les différents ministères et organismes du gouvernement.

25 mai 2011

Lettre à la ministre Nathalie Normandeau à propos de la libération des données concernant les contrats de Hydro-Québec

Madame Nathalie Normandeau
Ministre des Ressources naturelles et de la Faune, ministre responsable du Plan Nord, et vice-première ministre
Gouvernement du Québec

Madame la Ministre et Vice-première ministre,

Sur la base d'un communiqué diffusé par la société d'État Hydro-Québec, vous avez indiqué hier au député de Jonquière et critique du Parti Québécois en matière d'énergie, Monsieur Sylvain Gaudreault, que les dépassements des coûts allégués concernant les contrats d'Hydro-Québec «ne correspondent pas à la réalité».

Il est difficile pour les élus de l'Assemblée nationale, les gestionnaires gouvernementaux et les citoyens québécois, de comprendre en quoi consiste exactement cette réalité, puisque les données concernant les contrats d'Hydro-Québec ne sont pas accessibles.

La libération de ces données (il s'agirait ici apparemment de 2011 contrats en informatique totalisant des engagements de 990 millions de dollars, d'après une référence de Denis Lessard, La Presse) sur une plate-forme data.qc.ca permettrait d'y voir plus clair.

Par ailleurs, la libération de ces données en format fonctionnel, cohérent et comparable faciliterait grandement la tâche de gestion des élus, gestionnaires gouvernementaux et autres, et permettrait d'analyser plus facilement ces données. Il serait possible de déterminer, par exemple, s'il est exact que 761 contrats de ces contrats (soit 38%) ont dépassé le budget prévu. Bref, avec une libération de ces données gouvernementales, il deviendrait possible à tous de voir ce qui fonctionne. Il se présenterait également au gouvernement du Québec des opportunités pour corriger ce qui fonctionne moins bien.

S'il existe une problématique de gestion en lien avec ces contrats, en transformant celle-ci en défi, dans une initiative de gouvernement ouvert, sur une plate-forme ouvert.qc.ca, il serait possible de solutionner cette problématique par un apport créatif en demandant à des employés gouvernementaux et des citoyens québécois de collaborer (co-analyser et co-créer): il émergerait probablement des pistes de solution inattendues.

Un gouvernement ouvert offre la possibilité d'utiliser la technologie du Web 2.0 afin de découvrir des solutions créatives aux défis, qu'une poignée de gens à Québec ne sont pas nécessairement en mesure d'inventer.

Le gouvernement du Québec devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques devraient être transparents. Un gouvernement ouvert offre aux citoyens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie, et comment ils pourraient y participer.

Le premier ministre du Québec, Monsieur Jean Charest, a confié, en octobre 2010 à Monsieur Henri-François Gautrin, un mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0 afin d'améliorer les relations entre le gouvernement et les citoyens. Ce mandat culminera à la fin de l'année 2011 par le dépôt d'un rapport.

Pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour y ajouter des recommandations portant sur les données ouvertes et le gouvernement ouvert?

La présente est pour vous démontrer qu'il existe de nombreuses données gouvernementales en lien avec vos fonctions (ministères, sociétés d'État, etc.), qui gagneraient, pour toutes les parties, à être libérées.

Étant donné qu'il s'effectue présentement un mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0, l'occasion devrait être saisie par les hauts décideurs du gouvernement du Québec, d'analyser toutes les possibilités - y compris celles offertes par les données ouvertes et le gouvernement ouvert - afin de maximiser la relation à développer entre le gouvernement du Québec et les citoyens.

La présente est pour vous demander de démontrer un leadership fort, un souci et un réel intérêt pour les questions relatives aux données ouvertes et gouvernement ouvert: en discutant de ces questions avec votre collègue M. Henri-François Gautrin; en voyant avec les membres de l'équipe de Jean Charest comment vous pourriez préparer le lancement d'une initiative de données ouvertes et de gouvernement ouvert. Il y a présentement sur la table de travail un mandat d'analyse du potentiel du Web 2.0. Vous pourriez utiliser ce mandat comme tremplin afin de conduire à l'enclenchement du processus de transformation de la culture du gouvernement du Québec en gouvernement ouvert.

Le 20 mai dernier, Tony Clement, le nouveau président du Conseil du trésor et ministre de l’Initiative fédérale du développement économique dans le Nord de l’Ontario, a fait vœu de reprendre le flambeau du dossier des données ouvertes --- c'est-à-dire les portails data.gc.ca et ouvert.gc.ca (référence, Bill Curry, Globe&Mail).

Que fait actuellement le gouvernement du Québec pour rendre l'État plus transparent, participatif et collaboratif? Grâce à la volonté de hauts dirigeants tels que vous, le leadership transformationnel nécessaire peut émerger, et donner lieu à des actions concrètes conduisant à une initiative de données ouvertes et de gouvernement ouvert.

Lyne Robichaud
Gestionnaire de projet - Gouvernement ouvert et Francophonie
Government in the Lab et Link4Dev

La libération des données concernant les contrats d’Hydro-Québec permettrait d’y voir clair

Nathalie Normandeau
La pagaille a éclaté aujourd’hui entre députés de l’Assemblée nationale et le conseil d’administration d’Hydro-Québec, à propos d’une question de dépassement des dépenses des contrats de cette société d’État, qui ont été l’objet d’intenses échanges.

Le journaliste Denis Lessard de La Presse rapportait aujourd’hui que 40% des contrats informatiques d’Hydro-Québec dépassent les budgets prévus.
«Pour l'informatique, 2011 contrats totalisent des engagements de 990 millions de dollars. Mais 761 contrats, soit 38%, ont dépassé le budget prévu. D'une valeur initiale de 369 millions au total, ils ont nécessité 391 millions de financement supplémentaire pour être réalisés. Quand un projet dépasse ses budgets du double, à Hydro-Québec, il est simplement «dans la moyenne» puisque les excédents sont en moyenne de 106%», indique Denis Lessard.
Sur la base d'un communiqué diffusé par Hydro-Québec aujourd’hui, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a rétorqué au député de Jonquière et critique du Parti Québécois en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, que les dépassements des coûts allégués «ne correspondent pas à la réalité». Alors que le Parti Québécois réclame de donner au Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, le mandat d'aller vérifier les livres d'Hydro-Québec, la ministre a eu une réaction de déni --- comme cela se voit malheureusement souvent chez les dirigeants du gouvernement Charest.

«Il n'y a pas de dépassements de coûts, si on n'a pas les chiffres initiaux, c'est qu'il y a des ajouts qui sont faits en cours de route!», rapporte Denis Lessard.

Si les données concernant les contrats d’Hydro-Québec (et les autres contrats de l’ensemble des ministères et sociétés d’État) étaient libérées dans un catalogue de données ouvertes sur une plate-forme data.qc.ca, élus, gestionnaires, et la population, pourraient y voir clair. Tout le monde en effet pourrait voir en quoi consiste exactement la réalité. Mais puisque ces données ne sont pas publiques, le déni, phénomène de refus de prendre en compte une part de la réalité, peut avoir lieu. En psychiatrie, on parle des possibilités thérapeutiques de travailler avec le déni. Les possibilités, pour un gouvernement, de mettre fin au déni, sont d’accorder davantage de transparence.

«Il est temps que le Vérificateur général ait accès aux livres de la société d'État et examine les procédés», a déclaré Sylvain Gaudreault.

Le gouvernement du Québec devrait travailler à la vue de tous. Ses contrats, subventions, lois, règlements et politiques devraient être transparents. Un gouvernement ouvert offre aux citoyens l'information qu’ils ont besoin de savoir à propos de comment fonctionne leur démocratie, et comment ils pourraient y participer.

Le gouvernement du Québec en soi n'a pas toutes les réponses. Un gouvernement ouvert offre la possibilité d'utiliser la technologie (Web 2.0) afin de découvrir des solutions créatives aux défis, qu'une poignée de gens à Québec ne sont pas nécessairement en mesure d'inventer. Nombreux seraient les citoyens québécois disposés à participer si on leur en offrait l'occasion, pour le bien public, de mettre à profit leur talents, compétences, expertise et enthousiasme.

On peut lire dans le communiqué de l’Opposition officielle:
Le député de Jonquière n'en revient pas du communiqué de presse émis aujourd'hui par la société d'État qui souhaite faire passer des dépassements de coûts de 400 millions de dollars comme étant anodins. «Nous voulons une société d'État efficace et bien gérée, pas une société d'État qui veut laisser croire que 400 millions de dollars en dépassements de coûts, c'est normal. Quand le déboursé final dépasse de 40 % la valeur initiale du contrat, c'est qu'il y a un problème, a-t-il insisté. Par ailleurs, il est troublant de constater que la majorité des contrats accordés l'a été sans appel d'offres. Encore une fois, pour Thierry Vandal, c'est normal», a ajouté M. Gaudreault.

Pour connaître les positions opposées concernant les contrats d’Hydro-Québec, consultez le communiqué de la société d’État, ainsi que le communiqué de l’Opposition officielle.
 
TwitterCounter for @Lyne_Robichaud