Blogue de Lyne Robichaud

13 février 2009

Qu’ont en commun les leapfroggers, les iconoclastes, les goverati et Zonegrippeaviaire?

Mon ami Jay Deragon blogue aujourd’hui à propos du «leapfrogging» (qui consiste à brûler des étapes), la stratégie du saut d'obstacles en avant de la concurrence. Il prédit que le leapfrogging sera le point de basculement, qui permettra à l’ensemble de l’industrie d’accélérer au niveau mondial à travers les médias sociaux.
«Le leapfrogging exige que les dirigeants regardent au loin, bien au-delà des tendances et des possibilités actuelles, et qu’ils créent des stratégies imprévues et encore non envisagées dans les présentes dynamiques de marchés. Le leapfrogging exige de la foi en ce que l’on fait, et de la confiance dans les avancées technologiques, de même que la capacité d’envisager des possibilités encore non réalisées. Les véritables leaders sont ceux qui sont dotés d’un sens aïgu de l’avenir, et de la capacité de paver une route pour y faire cheminer l’ensemble de leur organisation, voire leur entière industrie, vers de nouvelles voies d'avenir qui seront développées par l’entremise des médias sociaux,» a indiqué Jay Deragon.

Ce qui me fait penser à des propos échangés ces derniers jours avec un lieutenant d’entreprise. Cette personne m’a demandé «Avez-vous une formation en communications?», et j’ai répondu «Non». Toutefois, cela ne m’a pas empêché de travailler pendant plus d’une décennie dans ce domaine (et même d’être rémunérée pour cela).

Je ne pense pas que le leapfrogging s’enseigne à l’université. On l’a ou on ne l’a pas. C’est une façon de penser, qui diffère des autres. Cela se développe sans doute avec la pratique, mais pour avoir creusé un peu la chose, et lu quelques ouvrages de neuroscientifiques (dont Iconoclast, de (mon ami) Gregory Berns), j’ai appris que le cerveau de certaines personnes est différent. Gregory Berns a indiqué que «le cerveau des iconoclastes est différent, et il diffère de trois façons distinctes. Chacune de ces trois fonctions se cartographie dans différents circuits du cerveau. Le cerveau de l’iconoclaste diffère dans la perception, la réaction à la peur, et l’intelligence sociale.»

À la question Pourquoi écrire un livre à propos des iconoclastes?, Gregory Berns a répondu:
«Parce que c’est le type de personne qui crée de nouvelles occasions dans chaque domaine, allant de la création artistique à la technologie aux affaires. L’iconoclaste incarne les traits de la créativité et de l'innovation, des choses qui ne sont pas facilement accomplies par des comités [de travail]. Il contourne l'autorité et les conventions. Il lève le nez aux règles. Mais dans un environnement adéquat, l’iconoclaste peut s’avérer un atout majeur pour toute organisation.»

Un brillant exemple d’iconoclaste québécois est Georges Brossard. Né en 1940 au Québec, il est reconnu (selon Wikipédia) comme étant un célèbre entomologiste et fondateur de l’Insectarium de Montréal. Comment savoir que Georges Brossard est un iconoclaste? Parce qu’il a d’abord entrepris une carrière de notaire jusqu’à l’âge de 38 ans. Et que sa passion pour l’entomologie s’est forgée lors de ses voyages. Il a étudié «par observation», indique Wikipédia, les insectes qu’il rencontra. En 1989, après avoir amassé plus de 250,000 spécimens, il a proposé au maire de la Ville de Montréal de l’époque, Jean Doré, de créer un insectarium à Montréal. Pierre Bourque était à ce moment directeur du Jardin botanique de Montréal. Doré et Bourque ont rapidement accepté son offre. George Brossard est fondateur de quatre autres insectariums à travers le monde, dont un à Shanghai et un autre en Afrique du Sud.

En 2004, son histoire a été immortalisée dans le film Le papillon bleu, basé sur un événement lui étant arrivé en 1987. Le rôle de Georges Brossard est joué dans ce film par William Hurt, alors que celui de la mère du jeune garçon atteint d’un cancer en phase terminale qu’il avait emmené avec lui dans la forêt tropicale pour réaliser son rêve de trouver un (papillon) morpho bleu, est joué par Pascale Buissière.

Image tirée du film Le papillon bleu. Photo source

Même s’il n’a jamais mis les pieds dans une université pour y étudier l’entomologie, Georges Brossard a néanmoins reçu les récompenses suivantes:
• En 1999, Membre de l’Ordre du Canada
• Médaille du jubilé de la Reine Elizabeth II
• Prix Léon-Provencher de la société d’entomologie de Québec
• Médaille Louis-Riel
• Doctorat Honoris Causa en sciences à l’Université du Québec à Trois-Rivières
• Doctorat Honoris Causa en sciences à l’Université McGill.
• En 2006, - Ordre national du Québec

Il y a une quinzaine d’années, un événement s’est produit dans ma vie, et cela a fait bifurquer ma carrière vers les communications. J’ai fait des études en architecture et en histoire de l’art à l’Université McGill. Je peignais beaucoup à cette époque (je faisais des œuvres de 14 pieds de hauteur), et il fallait pour cela que j’habite dans un lieu particulier, un atelier d’artiste avec des plafonds plus hauts que les résidences. J’étais installée dans un petit espace de 500 pieds carrés, situé au coin de la rue Wellington et McGill, à Montréal, dans ce qui est devenu plus tard la Cité du multimédia.

C’était en 1992. J’ai reçu un compte de surtaxe de la Ville de Montréal, qui considérait mon logis comme étant un commerce, et me taxait au même titre que les entreprises qui généraient des revenus de leurs activités commerciales.

Ce fut l’élément déclencheur qui me propulsa dans deux années de relations gouvernementales intenses. Je n’avais jamais vraiment touché aux textes de loi auparavant, mais j’ai découvert à cette époque que j’étais naturellement douée pour lire ces documents et y déceler les zones grises. Une disposition innée, en quelque sorte.

Claude Ryan. Photo source

Claude Ryan était ministre du gouvernement du Québec chargé de la fiscalité municipale à l’époque. Il est décédé en décembre 2004. C’était un homme construit tout en rigueur et il était reconnu pour son intégrité intellectuelle et morale. Ce fut une lutte longue et difficile, mais au bout de deux années, le gouvernement du Québec a consenti à deux amendements à la Loi sur la fiscalité municipale qui ont reconnu la nature des ateliers d’artistes. Ces modifications ont permis à toutes les municipalités du Québec d’exempter les artistes de la surtaxe et de taxes municipales.

Le gouvernement du Québec a remboursé deux années rétroactives de taxes municipales payées par l’ensemble de la communauté des artistes en arts visuels. Cela correspondait à 600,000$. Tous les artistes louant des espaces commerciaux ont été remboursés.

Plusieurs municipalités du Québec ont créé des règlements qui ont exempté les artistes du domaine des arts visuels.

Par la suite, plusieurs autres domaines ont été ajoutés à ces règlements. Ce qui fait qu’encore aujourd’hui, des artistes des métiers d’art, de la danse, de la littérature, et de la musique, en plus des arts visuels, qui louent des espaces commerciaux, ne sont pas taxés par les municipalités du Québec.

Je suis fière d’avoir contribué à l’amélioration des conditions de vie et de reconnaissance des artistes au Québec. J'ai été nommée en 1993 directrice des communications du Regroupement des centres d'artistes autogérés du Québec (RCAAQ). La même année, j'ai été élue présidente du conseil d'administration de l'Association des artistes du domaine réputé des arts visuels du Québec (AADRAV). Les plans de relations gouvernementales que j'ai conçus, et qui ont été adoptés par ces deux organisations, ont conduit à l'atteinte des objectifs.

J’ai cessé mes activités artistiques en 1995. J’ai pris la décision de développer mes dons de communicatrice. J’ai pensé que cela aurait plus d’impact sur ma collectivité, si je réussissais à exploiter ces talents.

De 1995 à 2005, j'ai occupé des fonctions de consultante en communications au sein de diverses organisations et entreprises. J'ai travaillé chez Montréal International et aussi avec Marcel Junius à l'Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM).

J'ai travaillé aussi aux communications du Bureau de développement de l'École des Hautes études commerciales de Montréal, où j'ai appris l'art de parler à des milliers de diplômés en même temps (32,000 dans le cas des HEC à l'époque) - ce que l'on appelle les communications de masse -, et comment mettre en place des campagnes de financement de plusieurs millions de dollars. La directrice du développement de l'époque était Marie-Thérèse Chaput-Williams. J'ai participé à l'organisation de la première mission commerciale des HEC en Europe, "Euro-connexion '98".

J'ai ensuite été travailler aux communications de la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal, toujours en lien avec le développement, pour le Centre d'excellence pour la santé des femmes (CESAF). En 1999, j'ai été responsable des communications et des relations avec les communautés chez Micro-Accès Inc., une entreprise privée qui édite le portail de la famille et de l'enfance PetitMonde.com. C'est en suivant les conseils de la présidente de cette entreprise, Martine Michaud (qui elle aussi est passée par les arts avant d'en arriver aux technologies), que j'ai appris à gérer des portails verticaux d'information. On me voit ici photographiée avec l'équipe de PetitMonde. Ensuite, j'ai été gestionnaire des cinq sites Internet du Conseil des métiers d'art du Québec, qui organise notamment le salon des Salon des métiers d'art du Québec. J'ai créé deux portails d'information verticaux pour des organisations sans but lucratif du secteur culturel, avant de m'impliquer en tant qu'administrateur du forum américain FluTrackers, où j'ai construit l'arborescence de la section "Francophones des FluTrackers", avant de créer le site Zonegrippeaviaire à compter de mars 2007. J'exerce actuellement les fonctions de gestionnaire de médias sociaux, qui est un métier reconnu et de plus en plus en demande aux États-Unis.

Aujourd’hui, j’applique la même formule aux préparatifs pandémiques que celle que j’ai testée entre 1992 et 1995 sur les ateliers d’artistes. Cette fois-ci, les enjeux sont plus imposants, et ils s’appliquent non seulement aux Québécoises et aux Québécois, mais à tous les citoyens de la Francophonie, car le projet Zonegrippeaviaire.com que je pilote depuis juin 2007 rayonne auprès des nations qui parlent la langue française.

Pierre Bourque, ex-maire de Montréal. Photo source

En 1994, j’ai eu la chance de rencontrer Pierre Bourque, qui est devenu maire de la Ville de Montréal. Il s’agit du même Pierre Bourque qui a donné une chance à l’autodidacte Georges Brossard, afin que son rêve d’insectarium devienne une réalité.

J’ai commencé à créer le projet Zonegrippeaviaire en mars 2007. Le 13 juin 2007, le site a été mis en ligne, et il roule depuis ce temps. La petite communauté active qui y travaille a accumulé plus de 30,000 messages d’information. À l’automne 2007, j’ai terminé de rédiger le plan d’affaires du projet. J’ai imaginé une structure de goverati (un amalgame de secteurs sans but lucratif, corporatif et gouvernemental). J’ai réussi à ouvrir une porte en février 2008 et c’est à ce moment que le plan d’affaires de Zonegrippeaviaire a été remis aux autorités gouvernementales québécoises. Le 17 juin 2008, le gouvernement du Québec, après avoir complété le document «Les médias sociaux et la communication du risque», a rejeté toute collaboration avec la sphère du Flublogia et le site Zonegrippeaviaire, sous prétexte que les médias sociaux ne sont pas crédibles et qu’ils manquent de maturité, et pour ne pas avoir à reconnaître le reste des médias sociaux.

À l’automne 2008, aussitôt que le Quatrième rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire a été publié par l’ONU et la Banque mondiale, recommandant que des préparatifs multisectoriels (incluant sociaux) soient désormais développés, j’ai de nouveau pris contact avec les autorités gouvernementales. On m’a presque répondu que je ne savais pas lire (parce qu’on a déclaré ne pas avoir vu aucune nouvelle recommandation dans le rapport de l’ONU). La position de rejet des médias sociaux a été répétée, en rajoutant que les médias sociaux ne sont pas crédibles «parce que nous ne sommes pas des médecins.»

Presque deux années se sont écoulées depuis mars 2007, le moment où j’ai commencé à construire le projet Zonegrippeaviaire. Je continue d’avoir la foi en ce projet. Je suis convaincue qu’il s’agit de la formule gagnante qui permettra de mettre des préparatifs pandémiques sociaux sur les rails. Je suis convaincue que les décideurs ont pris les mauvaises décisions concernant ce projet, et j’espère que dans un avenir rapproché, dans l’intérêt de la population québécoise, et aussi pour le rayonnement bénéfique auprès de la Francophonie, ils changeront leur fusil d’épaule.

J’ai noté que dans son article portant sur la montée des goverati, Mark Drapeau a souligné que l’ex-CIO du Département de la Défense, Dr Linton Wells II, lui rappelle souvent que les batailles au sein du gouvernement sont souvent gagnées par les personnes les plus persistantes et obstinées.

Les goverati sont certainement des plus obstinés.

Et je pense que je fais partie de ces gens-là, moi aussi.

12 février 2009

PanFlu.gov fait face à de grands défis

Si vous visitez le site http://pandemicflu.gov/, vous ne pourrez pas manquer la grande fenêtre ouverte qui a été ajoutée en haut de la page d’accueil, qui se veut un appel aux commentaires et au «feed-back» à propos de ce site Internet.

Le gestionnaire de ce site, @AndrewPWilson, a également diffusé des appels répétés sur Twitter, en priant les gens de commenter le site. Il a même publié le nombre de commentaires reçus au cours d’une journée, afin d’encourager les gens à poursuivre cette séance de remue-méninges collective.

Ce site Internet diffuse une quantité impressionnante de documents en lien avec les préparatifs pandémiques américains. On y trouve aussi la série d’émissions PlanFirst diffusées par Internet, qui est unique aux États-Unis.

Il sera intéressant d’observer de quelle manière ce site se transformera, maintenant que grands changements ont été apportés avec l’entrée en poste du président Barack Obama. Les valeurs de transparence, collaboration et participation sont mises de l’avant par l’administration Obama. De quelle manière s'y prendront les gestionnaires du site pour les mettre bien en évidence dans PanFlu.gov?

Un autre élément à surveiller sera la façon dont seront interprétées les recommandations de préparatifs multisectoriels indiquées dans le Quatrième Rapport intérimaire mondial sur la gestion de pandémie, publié en octobre 2008 par David Nabarro des Nations Unies en collaboration avec la Banque mondiale.

Ce document a fourni les grandes lignes directrices qui permettront aux États du monde entier de peaufiner leurs préparatifs en vue d’une pandémie. En plus du secteur de la santé, les experts des agences onusiennes recommandent désormais une approche multisectorielle comportant les dimensions sociale, économique et politique.

Donc nous avons trois valeurs clé importantes:
> transparence
> participation
> collaboration

Ainsi que trois autres éléments de gestion à développer:
> social
> économique
> politique,
> en plus du secteur déjà assez bien couvert de la santé.

Ce qui pourrait signifier entre autres que l’implication de la société civile et du secteur privé – qui était demeurée relativement limitée à ce jour – pourrait enfin prendre davantage de place dans les processus de planification.

Les États-Unis, avec leur important virage de gouvernement 2.0, seront certainement appelés à jouer un rôle clé auprès de la communauté internationale.

Le site PanFlu.gov faisait déjà beaucoup appel aux leaders communautaires et était ouvert aux échanges avec le grand public. Je suis persuadée que ces éléments seront encore plus présents dans le projet de refonte du site. Y aura-t-il un blogue, comme cela existe dans le site http://www.whitehouse.gov/? Le blogue sera-t-il aussi omniprésent que dans le site WhiteHouse.gov, qui affiche en plein centre de la page d’accueil?

En plus de l'aspect organisationnel des données et de l'esthétique graphique du site, il y a aussi des éléments en lien avec le service à la clientèle, qu'il vaut la peine de mentionner. Le service poli et courtois offert jusqu'à présent par PanFlu.gov a témoigné du respect aux citoyens qui ont collaboré. Je suis persuadée que les relations publiques seront un des éléments clé du nouveau site PanFlu.gov.

Les gestionnaires de PanFluGov ont un grand défi entre les mains. Ils doivent effectuer une importante chirurgie esthétique au site officiel du gouvernement américain portant sur les préparatifs pandémiques, dans un contexte d’actualités locales qui ont projeté au cours des derniers jours un très inquiétant flou existentiel autour des sommes dédiées à ce domaine dans le plan de relance économique. Voir mon billet à ce sujet.

Le 14 janvier 2009, soit huit jours avant l’entrée de Barack Obama à la Maison blanche, le Comité sur la Sécurité intérieur a publié un rapport intitulé “Getting Beyond Getting Ready for Pandemic Influenza” (Aller au-delà d'être prêt pour une pandémie d'influenza). Ce rapport avait certainement pour but de fournir les arguments pour justifier des investissements majeurs dans le domaine des préparatifs pandémiques.

Une enveloppe de 870 millions de dollars avait été budgétée dans le plan américain de relance économique. Mais d’intenses négociations entre membres du Sénat américain ont conduit ces derniers jours au retrait des 870 millions. Certains ont dit qu’ils avaient «coupé le gras» pour décrire les coupures apportées au plan de relance. Malheureusement, il a fallu que ces jeux politiques aient un lien avec le financement des préparatifs pandémiques. Je suis persuadée que les mordus de questions de pandémie ont dû éprouver une grande déception en observant la bataille qui fut livrée dernièrement dans les couloirs de la Maison blanche. Bien entendu, nous aurions souhaité que les 870 millions de dollars soient demeurés dans le plan de relance économique.

Le coup de ciseau drastique du Sénat américain dans l’enveloppe budgétaire des préparatifs pandémiques envoie un signal négatif au monde entier. Ce que plusieurs pourraient être portés à croire, c'est que les préparatifs pandémiques sont accessoires. Et d'autres nations pourraient s'aligner sur la mentalité (représentée par la sénatrice Collins).

Voilà toutes les raisons pour lesquelles je pense que les travaux de refonte du site PanFlu.gov seront cruciaux et garants du succès de l'avenir des préparatifs pandémiques multisectoriels à l'échelle mondiale. Les gestionnaires de ce site devront non seulement démontrer qu’ils sont encore en vie, mais que leur secteur est dynamique plus que jamais, malgré ce qui s'est passé, et qu'ils effectuent un travail exemplaire, malgré le couperet du Sénat qui leur est tombé dessus.

Les 870 millions de dollars seront probablement récupérés et reconfigurés dans un autre projet de loi, éventuellement. Espérons-le. Nous pourrions nous attendre à ce que d’autres rapports, du genre de celui publié par la Sécurité intérieure, voient le jour au cours des prochaines semaines, afin de fournir les armes nécessaires, en termes d'arguments, pour justifier l'enveloppe des quelque 900 millions de dollars.

Il ne fait aucun doute que les travaux de refonte du site PanFlu.gov seront déterminants.

10 février 2009

L’effet ciseau observé aux États-Unis se transformera-t-il en effet domino?

Barack Obama hausse le ton

870 millions de dollars, cela s’approche du milliard de dollars. C’est beaucoup d’argent.

C’est la somme qui était prévue dans le plan de relance économique des États-Unis, concocté par l’équipe de Barack Obama, pour des projets en lien avec les préparatifs pandémiques.

La sénatrice Susan Collins a déclaré que des idées comme 870 millions de dollars pour combattre la grippe aviaire devraient être éliminées [dumped]. À ceci, le blogeur Crawford Kilian a rétorqué dans un billet «Essayez donc de retourner l'économie en pleine pandémie, Sénatrice Collins!»

DemFromCT nous a appris dans son billet daté du 8 février (intitulé L’influenza et vous – Partie V) que «les 870 millions ont été retirés du plan de relance économique, POUR LE MOMENT (900 millions de dollars demeurent toutefois dans le projet de loi.»

Il semble exister un certain flou existentialiste à propos de ces 870 millions de dollars. Ils ont été coupés cette semaine du plan de relance économique, mais peut-on être assuré qu’ils seront relocalisés ailleurs ultérieurement?

Nous sommes en pleine crise économique mondiale, et ce que les États-Unis font avec leur budget de préparatifs pandémiques donnera le ton au reste du monde. Si ces millions de dollars s’évanouissent, cela pourrait donner lieu à des coupures dans les budgets de nombreuses nations.

L’importance (ou l’absence d’importance) accordée au financement des préparatifs pandémiques par les États-Unis influencera également le porte-feuille d’agences internationales. J’imagine que des gestionnaires tels que David Nabarro, le coordonnateur senior de l’influenza humain et aviaire aux Nations Unis, qui a notamment pour mandat de faire rentrer des millions de dollars en dons dans les coffres de l’agence, pourrait éprouver des difficultés majeures à renflouer les caisses des Nations Unies, si jamais les préparatifs pandémiques étaient sous-financés aux États-Unis. Ce qui pourrait être catastrophique à moyen terme, car cet argent sert à soutenir les pays démunis dans leur lutte contre le virus mortel H5N1. S’il n’y a pas suffisamment d’argent donné en aide internationale pour lutter contre une pandémie, alors les risques de pandémie risqueraient-ils d’augmenter?

Le journaliste Nicolas Bérubé explique dans La Presse que «Le programme original de 800 milliards n'était pas assez gros pour changer la donne et relancer l'économie, écrit Krugman. Or, les centristes ont fait de leur mieux pour s'assurer que le programme devienne plus faible et moins efficace.» «Pourquoi c'est arrivé? C'est la faute du président Obama, qui cherche à présenter un programme post-partisan qui fait plaisir à tout le monde. C'était sa meilleure chance d'obtenir une action réellement efficace et il l'a ratée», conclut le chroniqueur Paul Krugman du New York Times.

L’Agence France-Presse indique aujourd’hui que le président américain Barack Obama a prédit lundi une «catastrophe», advenant un échec d’adoption du plan de relance économique.

D'autres disent que le président américain semble avoir mis hier tout son poids dans la balance pour influencer un Sénat très divisé sur le plan de relance.

Il est dommage que les sommes prévues pour des préparatifs pandémiques aient dû être abandonnées dans le processus de relance économique aux États-Unis.

Cela ne me semble pas tellement de bon augure pour la santé des budgets mondiaux alloués à la menace pandémique. Si apparemment tout le poids du nouveau président américain n’a pas été suffisant pour convaincre de l’utilité et de la nécessité d’investir dans une préparation de pandémie, QUI, me direz-vous, QUEL POIDS ou influence politique réussira à maintenir les budgets dans ce domaine? Les enjeux sont très élevés, mais même le Sénat américain n'a pas l'air de le réaliser.

08 février 2009

Le bon «timing», qui évitera de sombrer dans un «pandémisme de façade»?

Nous sommes dans un contexte économique particulier, en pleine crise économique mondiale. On commence à lire le mot «récession» associé au Québec dans les journaux.

Cela fait un bout de temps que nous entendons parler aussi de changements profonds s’opérant au sein du milieu journalistique, avec la montée de l’utilisation d’Internet. L’an dernier, l’ex-ministre de la Santé fédéral américain, Mike Leavitt, avait participé à une conférence portant sur la blogosphère de la santé, et les conférenciers invité ont prononcé des discours visionnaires. Voir mes billets à ce sujet: Partie 1; Partie 2.

La crise économique a précipité la chute du modèle d’affaires des journaux, et cette semaine, il y a eu des réflexions de la part du blogeur Revere (d’Effect Measure) à propos de qui allait assurer la relève de la cueillette et de l’analyse de l’information dans le domaine spécialisé de l’influenza (voir ces billets de Revere: celui-ci et celui-ci). Nous avons eu droit à des révélations surprenantes, et avons pu nous réjouir que deux de nos collègues, les blogueurs américains Revere et DemFromCT ont été validés comme étant des sources «bonnes et fiables» [de contenu] par nul autre que le Dr Michael Osterholm, directeur du Center for Infectious Disease Research and Policy (CIDRAP), le top du top en matière d’autorité dans le domaine de l’influenza.

Cela est survenu le 5 février dernier. À noter à vos calendriers!

Le Dr Osterholm a annoncé qu’il validerait d’autres gens au cours de ses prochains éditoriaux dans CIDRAP Business Source.

Cette «validation» de membres actifs de la sphère du Flublogia survient deux semaines après la cérémonie d’inauguration du nouveau président des États-Unis, Barack Obama. À peine en poste, il a signé un Memorandum annonçant ses couleurs, en priant son administration de construire les programmes et les projets sur trois valeurs: transparence, participation et collaboration. L’administration Obama s’est lancée dans un virage 2.0 et nous avons pu observer la mise en place d’outils et d’éléments qui contribueront à façonner un gouvernement 2.0. Voir mon billet à ce sujet.

Une certaine forme de «validation» d’autres membres de la sphère du Flublogia s’observe également via les échanges avec des agences gouvernementales effectués sur plusieurs plate-formes 2.0. Et ce phénomène risque de s’accentuer au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

Je me demande s’il y a une relation entre la «validation» du Dr Michael Osterholm et le vent de changement apporté par Barack Obama. Cette «validation» aurait-elle pu avoir lieu AVANT le 20 janvier 2009? D’après les commentaires de Michael Osterholm, il semble davantage préoccupé par l’aspect économique du modèle d’affaires du milieu de la presse, ainsi que par les dommages collatéraux associés à la chute des ventes des journaux. Ces commentaires du Dr Michael Osterholm ont été cités par Revere, mais je pense qu'il est opportun de les répéter en ces pages:
Il ne fait aucun doute que l'effondrement du chiffre d'affaires des journaux s'avère dévastateur à la fois pour leurs actionnaires ainsi que leurs salariés. [saut de paragraphe] Ce qui me préoccupe le plus, ce sont les dommages collatéraux causés par la chute libre [de vente] des journaux. La fiabilité du renseignement des informations d'actualités dépend présentement des personnes qui recueillent l'information, et de la manière dont elles interprètent les événements et les situations qu'elle rapportent. Les journalistes formés à la vieille école qui ont parcouru d'innombrables miles avec leurs chaussures usées, avec des rédacteurs chevronnés, fournissent véritablement de l'information à valeur ajoutée, qui défient des mesures faciles ou descriptions en termes économiques.

Dans un monde de connectivité mondiale quasi instantanée, je pense que la disparition de l'ancien modèle de services et de compétences journalistiques signifiera pour vous la différence entre avoir des enquêtes professionnelles, contrôlées, et de l'information contrôlée, versus l'opinion de certains bloggeurs comme étant perçue à valeur égale. Dans le monde des affaires, où des informations opportunes sont souvent assimilées à de l'argent, qu'est-ce que vous faites pour compenser la perte du renseignement de la communauté, et même mondiale? (CIDRAP Business Source, 22 janvier 2009)

S'il n'y avait pas eu de crise économique mondiale, si le plan d'affaires des journaux ne s'était pas effondré entre temps, si les salaires de nos plus glorieux journalistes n'étaient pas menacés, aurions-nous pu apprendre à propos de la «validation» de certains de nos collègues blogeurs comme étant des «sources fiables» par des gens comme le Dr Michael Osterholm?

Bien entendu, je me réjouis de cette nouvelle. Mais cela me fait réfléchir sur ce que signifie au juste l'expression «préparatifs pandémiques sociaux». Il y a lieu de se demander ce que les grands planificateurs avaient derrière la tête, lorsqu'ils ont recommandé qu'il y ait désormais des préparatifs multisectoriels sociaux, économiques et politiques.

Nous assistons à un virage 2.0 sans précédent opéré par le gouvernement des États-Unis. Cela aura une influence sur les préparatifs pandémiques sociaux, car dès à présent des outils virtuels sont créés, mis en œuvre et améliorés par de nombreuses agences américaines. Les membres de la sphère du Flublogia se situent au coeur du balbutiement de ces activités virtuelles. Ils en font partie prenante. Ils sont des piliers de rayonnement. Ces expériences 2.0 pourraient servir à d’autres nations, éventuellement.

Mais si Barack Obama n’avait pas été élu, et si nous n’avions pas été plongés dans une crise financière majeure, aurions-nous observé une aussi rapide ascension de la sphère du Flublogia?

J'ai lu un article publié aujourd’hui à propos de «l'environnementalisme de façade» du gouvernement fédéral canadien (et provincial québécois), ce qui signifie que les gouvernements qui se sont succédés depuis 40 ans à Ottawa ont fait semblant de lutter contre la pollution et le réchauffement climatique, d'après un rapport dévoilé cette semaine.

La lecture de cette expression m'a poussée à faire un parallèle avec les préparatifs pandémiques. S'il n'y avait pas eu ce contexte économique particulier, je me demande si nous aurions eu du «pandémisme de façade»? Jusqu'à quel point aurait-on fait semblant de mettre au point des préparatifs sociaux en vue d'une pandémie? Car nous ne pouvons pas prétendre que jusqu'à ce jour, les efforts réels pour inciter à qu'aient lieu des préparatifs pandémiques individuels se soient avérés retentissants. Il faut creuser, et beaucoup, avant de tomber sur des directives. Les flubies connaissent par coeur sur le bout de leur doigts la plupart des mesures mises de l'avant par les nations du monde. Toutefois, celles-ci ne sont pas connues pas le commun des mortels. Tout le monde connaît le prix courant du timbre poste, ou encore le numéro de téléphone à composer en cas d'urgence de santé, mais tout le monde sait-il combien de semaines de réserve d'approvisionnement il est recommandé d'avoir prévu en cas de situation d'urgence/pandémie? Seul un très petit pourcentage de la population est au courant des dernières tendance en matière de gestion de pandémie.

Rien dans les changements que nous observons ces dernières semaines ne garantit que des gouvernements ne continueront pas à faire semblant d'appliquer à l'égard des préparatifs pandémiques une stratégie qui consiste à rassurer l'opinion publique en dérangeant le moins possible les habitudes et les profits des acteurs économiques traditionnels. L'autre billet que j'ai rédigé aujourd'hui porte justement sur ce sujet.

Mais le fait que la sphère du Flublogia gagne de jour en jour en respect et en reconnaissance est un bon indice que des enjambées significatives pourraient un jour avoir lieu dans le domaine des préparatifs sociaux.

Maintenant que des membres de la sphère du Flublogia ont été reconnus comme étant fiables, et que l’implantation du gouvernement 2.0 s’effectue en accéléré aux États-Unis, j’ai confiance qu’un grand tapage social puisse avoir un jour lieu (avant le déclenchement d'une pandémie), qui permettra de sensibiliser des millions de gens à la réelle menace de pandémie. L’époque, le «timing», aideront à mettre sur les rails des préparatifs pandémiques sociaux qui pourraient cette fois-ci s’avérer bien réels, et non pas uniquement de façade.

Québec a des atouts en main, sauf qu’il joue mal son jeu


Le 2 février 2009, Pandémie Québec a publié le «Coffre à outils des gestionnaires».

Étant donné que j’ai l’impression qu’il s’agit d’un remâchage de vieilles stratégies qui datent de plusieurs années, je n’ai pas encore pris le temps de lire ces documents au complet.

J’en ai lu quelques-uns et certaines phrases – qui m'apparaissent comme de véritables tentatives de lavage de cerveau collectif – (notamment dans la fiche «Pandémie, source de stress?») m’ont tellement déplu que je n’ai même pas eu la tentation ni l’envie d’en lire davantage. Par exemple, le gouvernement voudrait que l'on «mentionne à ses proches que, contrairement à ce qui a été le cas pour les précédentes pandémies, les autorités ont pu, cette fois-ci, bien se préparer.» La notion d'être bien préparé ou pas, c'est plutôt relatif, en plus de ne pas être tellement politically à la mode ces jours-ci, puisque la plupart des États les mieux préparés disent qu'ils ne sont pas préparés... Cet argument, que le gouvernement espère que nous dirons à nos personnes les plus chères pour les rassurer, n'a rien pour me rassurer, moi. Je ne suis pas d'accord de diffuser le message «assis-toi sur tes lauriers, ne pense à rien, parce que le gouvernement pense à ta place». Je suis désolée, mais ce genre de discours-là, je trouve cela totalement inapproprié dans un contexte où il faudrait plutôt responsabiliser chacun des citoyens, tout mettre en oeuvre pour augmenter l'empowerment des individus. Cette phrase-là dit exactement le contraire. J'ai été tellement choquée que je n'ai pas poursuivi ma lecture.

J’essaierai de regarder tout cela à tête reposée, une journée où je serai vraiment de très bonne humeur.

La publication du «Coffre à outils» n’a pas eu lieu en page d’accueil du site Pandémie Québec. Cela est paru uniquement dans la section réservée aux professionnels de la santé.

Une question que je me pose constamment, est pour quelle raison le gouvernement du Québec ne rend-il pas public son fameux «Guide autosoins», qui est destiné au grand public? La plupart des milieux ont eu droit à l’accès à l’information: le gouvernement a publié plusieurs guides spécifiques à divers secteurs de la société. Mais pas le guide pour les citoyens.

Ayant déjà eu connaissance du contenu du «Guide autosoins», qui a été publié à l’été 2008 par plusieurs groupes professionnels, comme par hasard quelques jours avant la démission de l’ex-ministre de la Santé Philippe Couillard, je sais que le Québec recommande dans ce document-là d’avoir 2 semaines de réserve en approvisionnement de nourriture, eau et autres biens de consommation.

Ceci correspond à la recommandation actuelle du gouvernement fédéral des États-Unis, et de la République française. Les recommandations varient d’un État américain à l’autre, ou d’un gouvernement local à l’autre, allant de 2 semaines jusqu’à 3 mois de réserve (le comté Nez Percé en Idaho, qui héberge le site GetPandemicReady, le site le plus avancé au monde en termes de conseils en préparatifs individuels).

Une amie m’a fait remarquer que dans le site Pandémie Québec, section «Ma Santé», dans l'onglet vert «Je prends soin de moi et je garde le moral», on trouve sous l'onglet orange «Je m'organise», les conseils suivants:
«Une bonne organisation permet de réduire les obligations de dernière minute, dévoreuses d'énergie et sources de stress:

- Je me tiens constamment informé de l'état de la situation et des consignes de santé publique en vigueur, par exemple en ce qui a trait aux écoles et aux garderies, et des meilleurs conseils en matière de santé physique. Pour ce faire, plusieurs sources fiables d'information sont à ma disposition.
- Je dispose d'une réserve suffisante de biens essentiels (eau et nourriture de base, matériel d'usage quotidien, médicaments…) comblant mes besoins en termes de confort et de santé POUR AU MOINS DEUX SEMAINES. Ainsi, je suis prêt à faire face à de possibles retards d'approvisionnement dans les commerces, et je ne m'épuise pas alors que j'ai peut-être d'autres priorités.
- Je limite mes déplacements en privilégiant les transactions et les achats par téléphone ou par Internet, lorsque ces transactions sont sécurisées.
- J'évite les lieux publics de grande affluence ou je réduis mon temps passé en ces lieux au strict minimum.»

Bon!!!!!!!! Voilà ce qu’on voulait entendre!!!!!!!!!!!!!

Mon amie a fait remarquer «qu'il faut chercher longtemps sur le site pour trouver cette information. Le gouvernement ne semble pas vouloir demander aux citoyens de faire leurs deux semaines de réserves tout de suite!»

C’est ça le problème: la stratégie du camouflage-par-en-arrière de l’information. Expliquez-moi à quoi ça sert de NE PAS marteler des informations cruciales qui pourraient servir à aider des gens, AVANT le déclenchement d’une pandémie. Expliquez-moi aussi à quoi ça sert de ne pas mettre ces informations bien en évidence, puisque lorsque surviendra le début d’une pandémie, cela a été largement démontré par de nombreux experts de renommée mondiale, qu’il pourrait très certainement y avoir une pénurie de denrées et interruption des chaînes d’approvisionnement dès les PREMIERS jours d’une pandémie. Comment voulez-vous que les citoyens stockent une réserve de 2 semaines de vivres en plein chaos et pénurie de denrées?

La panique, cette chère panique que nos autorités craignent tant, elle risquerait d'être très considérablement amplifiée si les denrées s’épuisent rapidement comme glace au soleil quelques jours après le début du déclenchement d’une pandémie.

À moins qu'on nous joue la même carte que ce qui se passe en ce moment avec la Caisse de dépôt et de placement du Québec? Les informations concernant des pertes considérables de 38 milliards de dollars ont été retenues pendant des mois. Radio-Canada a rapporté que "Québec ne commente pas". Mario Dumont (chef de l'Action démocratique du Québec) croit que les chiffres du déficit de la Caisse auraient dû être dévoilés avant les élections de novembre/décembre 2008. Questionné sur l'authenticité du montant du déficit publié dans la La Presse, il a répondu que «si les chiffres étaient erronés, le gouvernement aurait déjà émis un communiqué».

Les chiffres auraient dû être dévoilés aux citoyens AVANT les élections.

Je pense que c'est un peu la même chose avec la question de la réserve individuelle. Cette directive devrait être répétée aux citoyens AVANT le déclenchement d'une pandémie.

Le gouvernement du Québec a peut-être prévu l’équivalent des recommandations américaines et françaises en matière de réserve individuelle, sauf qu’à peu près personne n’est au courant. Alors je considère que ce genre de planification-là, cela ne vaut pas grand-chose.

Tant que le grand public ne recevra pas des directives claires et répétées des douzaines de fois, afin que le message rentre dans la tête des gens, je considère que la planification échoue.

On s’en fiche pas mal de ce qui est écrit dans les plans du gouvernement du Québec. Ce qui compte, ce n'est pas tant le plan comme tel, mais la résultante de la planification, c'est-à-dire par exemple ce qu’il y a d’accumulé dans les garde-manger des ménages québécois. C’est la capacité qu'aura ou non chacun des individus, à se comporter de telle sorte que les infections du virus pandémique ne se répandront pas comme de la poudre à canon dévastatrice à travers la société québécoise.

Ne perdons pas non plus de vue cette phrase du 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de pandémie: «Des études ont confirmé que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance sous la forme d’une modification efficace du comportement reste un défi.» (Synopsis, paragraphe 18). Rien ne prouve que les gens vont écouter le gouvernement quand le gouvernement voudra qu'il les écoute...

En ce moment, je considère qu’il y a peu de mitigation parmi la société québécoise, parce que les gens n’ont pas été informés suffisamment à propos des choses concrètes qu’ils devraient faire AVANT le déclenchement d’une pandémie.

Le gouvernement du Québec pourrait se positionner parmi les leaders en matière de planification de pandémie. Il a des atouts en main, sauf qu’il joue mal son jeu.

07 février 2009

Chronologie d’implantation d'éléments en vue d’un déploiement de préparatifs pandémiques


Les choses vont tellement vite aux États-Unis que c’est littéralement de jour en jour que le développement s’effectue dans le domaine des préparatifs pandémiques, notamment en lien avec Internet. Voici quelques éléments que j’ai notés, que j’ai présentés en une chronologie d'événements des quatre dernières semaines:

SEMAINE 2 DE 2009
> Entrée de @BirdFluGov sur Twitter le 12 janvier.
> Le Comité sur la Sécurité intérieur a publié un rapport intitulé “Getting Beyond Getting Ready for Pandemic Influenza” (Aller au-delà d'être prêt pour une pandémie d'influenza) le 14 janvier. Voir mon billet à ce sujet.
> Article de Jean-Yves Nau dans Le Monde à propos des recherches du sociologue Michel Setbon, le 14 janvier. Michel Setbon pense que les autorités devraient répondre à cette question: «Comment faire pour que chaque citoyen fasse ce qui sera nécessaire pour briser le plus rapidement possible la chaîne de contagion interhumaine d'un nouveau virus grippal hautement pathogène?» Voir mon billet à ce sujet.

SEMAINE 3 DE 2009
> Cérémonie d'inauguration de Barack Obama le 20 janvier.
> Création groupe "Public Health Early Warning and Preparedness" sur Facebook par Jim Wilson, co-fondateur de l’entreprise de gestion de risque Veratect Corporation, le 21 janvier. Voir mon billet à ce sujet.
> @BirdFluGov commence à suivre des gens.
> Thierry Saussez (en France) échange avec une leader d'opinion sur Facebook le 24 janvier. M. Saussez a été nommé, le 16 avril 2008, au Conseil des ministres, aux postes de Délégué Interministériel à la Communication et Directeur du Service d'information du gouvernement. Il est chargé de veiller à la coordination des actions d’information et de communication du Gouvernement.

SEMAINE 4 DE 2009
> Plusieurs agences américaines sur Twitter (dont @femainfocus (FEMA), @USDA_CSREES (ministère de l'Agriculture), @diseasecontrol (CDC), Ready.gov, @RedCross (American Red Cross), @FDArecalls). Voir le billet de Michael Coston à ce sujet.
> Plusieurs salariés d’agences américaines sur Twitter eux aussi, dont @AndrewPWilson, le gestionnaire de l'équipe Web au ministère de la Santé (HHS).
> Un lien annonçant présence Twitter en page d'accueil de PanFluGov le 28 janvier.
> Craig Vanderwagen, un haut planificateur du gouvernement fédéral américain (Secrétaire assistant pour la préparation et la réponse, ministère de la Santé), commence à échanger ouvertement avec plusieurs blogeurs sur Facebook.

SEMAINE 5 DE 2009
> HHS annonce qu'il mise sur le pouvoir des médias sociaux le 3 février.
> Annonce du nouveau Social Media Center le 3 février.
> Marc van Ranst (Belgique), un expert et conseiller en virologie mondialement reconnu, commissaire interministériel du gouvernement fédéral belge de préparation pandémique, a rejoint le groupe créé par Jim Wilson sur Facebook.
> Diffusion Web du HHS de la rencontre du Comité national aviseur sur les vaccins (NVAC) le 4 février
> Les blogeurs DemFromCT et Revere sont validés par Michael Osterholm, directeur du CIDRAP, le 5 février.


Qu'arrivera-t-il en semaine 6 de 2009 et les semaines suivantes?

Encore plus de consolidation aux États-Unis en vue d'un déploiement de préparatifs pandémiques (dont sociaux).

Après les changements observés depuis le 20 janvier aux États-Unis, les espoirs sont désormais tournés vers les nations de l'Union européenne dans l’espoir qu’un autre pays se lancera dans un virage 2.0. Il faut bien que cela vienne de l’Europe, car ce ne sera évidemment pas le Canada (et la province du Québec) qui seront les seconds au monde à développer une relation 2.0 avec leurs citoyens, étant donné que le Québec a rejeté le 17 juin 2008 la sphère du Flublogia sous prétexte que les «médias sociaux ne sont pas crédibles ni suffisamment matures». Aucun élément permet d’entrevoir que cette position ait changé.

En cette époque difficile de crise financière mondiale, au cours des deux ou trois prochaines années, comme l’a fait remarquer Scott McPherson, les nations pourraient ne plus se permettre d'injecter des sommes considérables dans l'acquisition d'antiviraux et d'autres équipements, en ce qui concerne les préparatifs pandémiques. Maintenir l'état de préparation en vue d'une pandémie pourrait s'avérer laborieux.

Toutefois, des préparatifs sociaux seraient beaucoup moins coûteux à mettre sur pied. Les communications pourraient donc jouer un rôle considérable au cours des prochaines années dans ce domaine.

Pour toutes ces raisons, plusieurs espèrent qu'un virage social sera observé d'ici peu quelque part (autre qu’aux États-Unis) sur la planète. Sans doute en Europe?

05 février 2009

Qui posera les questions?

Revere (du Weblog Effect Measure) a écrit un billet intitulé «L’influenza et les affaires journalistiques» (en anglais, Flu and the news business).

Une question qui m’a sauté aux yeux, dans ce billet, est: «Cela pourrait signifier, dans ce cas, se borner à reproduire les mots des autorités gouvernementales à propos de problématiques de l'industrie avicole et du domaine de la santé publique. Cela pourrait également signifier ne plus poser de questions, parce qu'il y a beaucoup trop peu de journalistes avec la connaissance appropriée de sujets spécialisés et trop peu de temps pour traquer celles et ceux qui pourraient fournir des questions de fonds.»

L’été dernier, Le Devoir a rapporté que «le premier ministre Stephen Harper menace la démocratie en voulant contrôler toute information en provenance des différents ministères de son gouvernement», a indiqué un expert.

«Le gouvernement ne veut pas de mauvaises surprises dans les médias, mais il ne veut pas non plus de bonnes surprises. Il veut simplement tout contrôler,» a dit Michel Drapeau

Ensuite, au mois d’août 2008, nous avons entendu parler que l’administration Harper était accusée de vouloir cacher les conséquences des changements climatiques. (voir cet article et celui-ci):
«Pourquoi tant de discrétion pour un enjeu d'une telle taille? Hier, en choeur, mouvements environnementalistes et partis d'opposition se sont interrogés sur la grande timidité avec laquelle le gouvernement de Stephen Harper a rendu public cette semaine un volumineux rapport sur les conséquences sanitaires des changements climatiques au pays.»

«C'est un stratagème totalement absurde et irresponsable», a commenté hier Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD). «Cette technique ancienne, largement utilisée dans les dernières années, vise bien sûr à cacher le plus possible la réalité de la crise environnementale aux Canadiens et son effet sur leurs familles.» Pour Jack Layton, toute cette mise en scène ressemble passablement à celle d'«un médecin qui refuserait de transmettre les résultats d'une analyse à son patient», a-t-il dit.

Ce que je me demande est: Si nous avons pu observer une tendance à cacher la réalité à propos des conséquences des changements climatiques aux Canadiennes et Canadiens, pourrait-il y avoir également une tendance à cacher la réalité concernant des foyers d’infection de grippe aviaire?

En juin 2008, le gouvernement du Québec a refusé une collaboration avec la sphère du Flublogia. Un document, obtenu via la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, conclut que les médias sociaux ne valent pas la peine de dépenser temps ni argent, parce qu’ils manquent de crédibilité et de maturité (voir Les médias sociaux et la communication du risque | Direction de la coordination de l’information et des mesures d’urgence
Gouvernement du Québec).

Si nous devons obtenir de moins en moins de reportages de niveau professionnel à propos de l’influenza et des préparatifs pandémiques au Canada, et si les autorités fédérales et provinciales ont démontré par le passé une tendance au contrôle de l’information à propos de la santé publique, et si la sphère du Flublogia se fait refuser une collaboration et est rejetée, alors avons-nous des raisons d’être inquiets?

QUI POSERA LES QUESTIONS???

03 février 2009

L'Agence des services frontaliers du Canada n'a pas de plan en cas d’urgence

Un poste frontière canadien (archives). Photo: PC/Richard Lam


Des nouvelles pareilles, cela ne donne pas tellement envie de taper des mains d’éblouissement. En fait, nous pouvons nous poser de très sérieuses questions sur les prétendus préparatifs pandémiques du Canada, lorsque nous apprenons que les postes frontaliers n’ont rien prévu en cas de situation d’urgence majeure, et notamment en cas de pandémie d’influenza.

Je savais que le Canada était le pays le moins bien préparé à affronter une pandémie parmi les nations développées, mais je ne pensais pas que c’était à ce point-là!

Voici ce que rapporte Radio-Canada à ce sujet.
Pas de plan d’urgence
30 janvier 2009 | Société Radio-Canada

L'Agence des services frontaliers du Canada n'a pas de plan stratégique en cas d'urgence majeure, selon un rapport interne, même si tous les organismes fédéraux sont tenus d'en avoir un. Cette situation inquiète certains spécialistes.

Chaque organisme fédéral doit avoir un plan d'urgence pour protéger ses employés et ses biens, et pour maintenir l'offre de services essentiels en cas de catastrophe naturelle, comme les inondations et les pandémies, ou en cas de désastre d'origine humaine, comme les attentats terroristes ou les déversements de produits dangereux.

Or, l'Agence des services frontaliers du Canada n'a pas de plan stratégique en cas d'urgence, selon un rapport interne daté d'octobre 2008. Jean-Bernard Guindon, ancien directeur de la sécurité civile à la Ville de Montréal, n'en revient pas. «C'est quelque chose d'absolument invraisemblable», soutient-il.

Selon lui, cette agence doit absolument prévoir comment elle maintiendrait ses activités de surveillance des frontières, des ports et des aéroports en situation de crise. « Que les personnes qui entrent au Canada, qui sont porteuses de maladies infectieuses, ou les terroristes qui sont porteurs de matériels dangereux puissent être détectés aux frontières. Si ça ne se fait pas avec la plus grande compétence possible, quand on aura une urgence reliée à tout ça, on en paiera le prix très élevé», estime-t-il.

Le professeur Stéphane Leman-Langlois, spécialiste du terrorisme à l'Université de Montréal, qualifie lui aussi de surprenante l'absence d'un plan d'urgence. Il signale qu'en cas de maladies contagieuses, par exemple, plusieurs employés refuseront de travailler. «Qu'est-ce qu'on va faire ? C'est quoi le plan B ? C'est ça les préparatifs d'urgence. Un plan B, c'est quand tout commence à lâcher un peu partout», explique-t-il.

L'Agence des services frontaliers n'a pas fait de commentaire officiel sur cette question. Toutefois, selon le rapport interne, elle s'engage à combler les lacunes en partie d'ici mars prochain et le reste en 2010.

Les États-Unis misent sur la puissance des médias sociaux

John Foxx, Stockbyte. Libre de droits, # 71086535

J’ai reçu un avis de @Health_IT sur Twitter ce matin, rapportant que le ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis (HHS) utilisera les outils de médias sociaux comme levier pour livrer de l’information sur le foyer d’éclosion de Salmonella Typhimurium:
«La puissance des médias sociaux est utilisée par le ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS), et son Agence de l’Alimentation et des Médicaments (Food and Drug Administration, FDA), ainsi que ses Centres pour le contrôle et la prévention de la maladie (CDC), pour disséminer de l’importante information à propos du retrait de certains produits de beurre d’arachide et contenant du beurre d’arachide, qui sont associés avec les récents foyers d’éclosion de Salmonella Typhimurium.

L’effort de rayonnement dans les médias sociaux est dirigé par le nouveau Centre des médias sociaux du ministère HHS, qui fait la promotion d’une utilisation collaborative des outils des médias sociaux afin de mieux communiquer de l’information relative à la santé et aux services sociaux. Plusieurs de ces ressources sont disponibles à la fois en anglais et en espagnol.»

La leader d’opinion et bloggeuse américaine Catherine Mitchell a écrit à ce sujet dans son statut de Facebook: «Je pleure… parce que le message est en train de se répandre. Parce que Dieu nous a béni avec la sagesse, les connaissances, la force et le temps pour nous préparer [avant une pandémie].»

Je n’ai pas tellement le cœur aux Alleluia! Disons que je serais plutôt portée à «pleurer» sur l’absence de vision et de leadership des autorités québécoises concernant les médias sociaux et toute la préparation pandémique en générale.

Par ailleurs, toujours sur Twitter, j’ai appris via @AndrewPWilson que le gouvernement américain prépare un ‘Government Camp 2.0’ à Washington, les 27 et 28 mars prochain. La description de ce «camp» s’appuie sur le principe de collaboration et met de l’avant la voix des citoyens:
«Notre gouvernement des États-Unis est une démocratie qui est, d’après ses principes fondamentaux, est constituée par le peuple, pour le peuple. Le format de non-conférence applique les mêmes principes de collaboration que ceux de la démocratie de notre nation, et ainsi, cela s’avère le format idéal pour le sujet de Gouvernement 2.0.»

Le camp est défini ainsi:
«Le Camp Gouvernement 2.0 est une non-conférence à propos de l’utilisation des médias sociaux et des technologies Web 2.0 afin de créer un gouvernement américain plus efficace, décisif et collaboratif, et ce, à tous les niveaux (local, d’état, et fédéral).»

Les médias sociaux sont utilisés chez nos voisins du Sud comme leviers de sensibilisation de la population aux menaces de santé publique. Ils servent présentement à développer des préparatifs pandémiques sociaux et ces outils 2.0 contribueront à la mitigation de la société américaine.

Le gouvernement du Québec s'est positionné contre la sphère du Flublogia en juin 2008, sous prétexte que les médias sociaux ne sont «pas crédibles ni suffisamment matures». Les États-Unis se donnent présentement les moyens de traverser une pandémie. Nous risquons beaucoup: des milliers de victimes et des torts inimaginables à notre économie. Il serait temps de se pencher sérieusement sur ces questions!

01 février 2009

Il faudrait cesser d’accorder les préparatifs pandémiques avec Pierre et le loup

Michel Setbon, sociologue. Photo source

Le virtuose journaliste Jean-Yves Nau rapporte dans Le Monde, que Michel Setbon vient «d'achever une recherche sociologique sur l'impact sur la population des différentes annonces et initiatives prises par les autorités sanitaires pour préparer les Français à une prochaine pandémie grippale.»

Michel Setbon, directeur de recherche au CNRS, est sociologue de la santé publique et des risques sanitaires. Il est l’auteur du livre «Risques, sécurité sanitaire et processus de décision» publié chez Broché en 2004.

Selon Michel Setbon, «le public croit de moins en moins à une pandémie»:
«Paradoxalement, les connaissances sont assez précises, concrètes et adaptées pour ce qui est de la partie animale. Les choses se compliquent et deviennent plus confuses quand on commence à parler de la possibilité de pandémie grippale hautement pathogène.

Il existe clairement un phénomène d'érosion de la crédibilité accordée aux messages d'alerte à la pandémie grippale. Cette tendance ne concerne pas que la France. Elle est universelle.

Car plus l'incertitude se prolongera quant à la survenue de cet événement régulièrement annoncé, et moins la population sera préparée à réagir de manière adaptée et selon le tempo le plus efficace. Pour le dire autrement, nous sommes en train de revivre, dans notre modernité soucieuse d'anticipation, les situations illustrées dans Pierre et le loup.»

Voilà une belle manière de décrire le phénomène mondial de la «flu fatigue».

Michel Setbon pense que les autorités devraient répondre à cette question: «Comment faire pour que chaque citoyen fasse ce qui sera nécessaire pour briser le plus rapidement possible la chaîne de contagion interhumaine d'un nouveau virus grippal hautement pathogène?». Ceci soutient les efforts déployés par les membres de la sphère du Flublogia, qui réfléchissent depuis de nombreuses années à comment les choses pourraient se passer en temps de pandémie, et tentent d'augmenter l'empowerment des individus. Plus que jamais, des efforts devraient être déployés pour développer des préparatifs pandémiques sociaux. Il est grand temps que des actions soient déployées à l'échelle mondiale, pour contrer le phénomène de la «flu fatigue».

Il me semble que c'est assez élémentaire: les citoyens seront sur le front de la pandémie. Je ne comprends pas comment il se fait que cela n'ait pas encore été admis par les planificateurs de pandémie. Lorsque ceux-ci cesseront de percevoir les populations comme des «objets passifs», alors il y aura des chances que des mesures plus réalistes, visant à donner des moyens concrets aux gens de traverser une telle crise, soient mis en oeuvre. Tant que nous (citoyens) serons perçus comme des moutons dociles, se contentant d'agir comme des automates, je ne vois pas comment cela pourrait conduire à la mitigation de sociétés.

Ces qualités devraient être encouragées. Ce sont à mon avis les qualités d'un survivant de pandémie:
Autonomie | Bienveillance | Bon sens | Capacité à convaincre | Capacité à gérer le stress | Capacité à travailler en équipe | Capacité d’adaptation | Capacité d’analyse | Capacité d’organisation | Capacité de vision à long terme | Combativité | Confiance en soi | Connaissances en soins d’urgence | Connaissances en jardinage | Courage | Créativité | Curiosité | Débrouillardise | Diplomatie | Don de soi | Dynamisme | Efficacité | Endurance | Énergie | Esprit d’analyse | Esprit de décision | Générosité | Habileté manuelle | Hospitalité | Individualisme | Intuition | Logique | Maîtrise de soi | Ouverture d’esprit | Prévenance | Prudence | Rapidité | Résistance | Responsabilité | Rigueur | Ruse | Sens de l’initiative | Sens des priorités | Volonté de fer
 
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